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Situation alimentaire toujours difficile dans le nord du Mali

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Juin 2012
Situation alimentaire toujours difficile dans le nord du Mali

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  • Messages clé
  • Mise à jour de la perspective à septembre 2012
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    • Une reprise timide des activités économiques et le retour des déplacées dans certaines zones dans le nord du pays (Kidal) signalent une douce amélioration localisée.  Pourtant, les difficultés d’accès humanitaire continuent à  retarder la livraison d’assistance au nord et on attend la continuation d’insécurité alimentaire aigue aux niveaux de Crise parmi les ménages ruraux et agricoles en zones 3, 4, et 6 jusqu'a la fin de la période de la perspective (septembre). Des interventions d'urgence supplémentaires sont nécessaires pour protéger les vies humaines et les moyens d’existence.

    • Au nord du pays, le manque/accès difficile aux intrants agricoles, bras valides, et l’insécurité générale continuent à renforcer une incertitude au déroulement  et succès de la campagne agricole, surtout dans les zones rizicoles de Tombouctou/Gao. Normalement le travail agricole pendant cette période permet l’accès alimentaire pour les ménages pauvres et les stocks annuels familiaux sont rétablis après les récoltes en octobre.  

    • Les niveaux actuels des prix des céréales très élevés par rapport à la moyenne quinquennale  sur les marchés continuent à fragiliser le pouvoir d’achat des ménages pauvres et très pauvres. Le mois de carême prévu en juillet constitue un mois de forte consommation alimentaire, donc une augmentation de demande qui pourrait augmenter à nouveau les prix du mil.

    • Les pluies précoces ont créé des conditions favorables à la prolifération des criquets. L'observation des groupes de criquets en Algérie, la Libye, le Niger, et le nord du Mali, soulève des préoccupations concernant l'impact potentiel de criquets pèlerins sur la production agricole surtout si les efforts de lutte seront entravés par l'insécurité.


    Mise à jour de la perspective à septembre 2012

    Contexte Nationale

    La situation politique reste sans le renouvellement de conflit à grande échelle au nord, hors des tensions entre les groupes rebelles à Tombouctou, Kidal et Gao à partir de mi-juin. Les tensions localisées entre les groupes rebelles préfigurent la possibilité d’une reprise du conflit actif. Quand même, le flux des déplacés internes s’est réduit et l’on parle de plus en plus de retours spontanées dans la région de Kidal. Selon OCHA, plus de 158,000 des déplacées internes, dont plus de 25,000 sont autour de Mopti, continuent à nécessiter l’appui pour assurer l’accès alimentaire, et des enquêtes sont toujours en cours pour évaluer leur nombre et niveau de besoin. Plus de 47,000 déplacées dans le sud du pays qui ont perdu leurs moyens d’existence sont confrontés de même que certaines familles d’accueil à des difficultés d’accès à la nourriture.  Les appuis quoi qu’insuffisants sont en cours ou annoncés en faveur de ces populations déplacées dans des zones où la situation alimentaire est très difficile.

    Dans le cadre de la relance de l’agriculture le gouvernement a élaboré un ambitieux plan de campagne agricole 2012-2013 qui table sur une production céréalière annuelle d’environ 9,5 millions de tonnes, par rapport à 5 millions de tonnes dans une année moyenne.  Cette production devrait être propulsée par les subventions des intrants agricoles, et le démarrage de la saison pluvieuse en mai/juin car, selon ACMAD,  on attend une probabilité forte des précipitations déficitaires à normales dans la partie ouest et sud du pays.  Cependant, les pluies précoces et localisées  dans les régions sud du pays ont déjà commencé, signalant le début de la saison agricole pour le riz, le mais et le coton dans les zones  de moyens d’existence 10 et 11. La menace d’une probable infestation de criquets pèlerins annoncé par le FAO pourrait avoir des conséquences désastreuses sur la campagne agricole.  Le risque est modéré à élevé dans le nord du pays, y compris Tamesna Plaines, de l'Adrar des Iforas,  et Timétrine, où les groupes des adultes  grégarigènes étaient déjà observés en mai/juin. Selon OCHA, en raison de la menace acridienne, des partenaires se sont réunis avec le Centre de Prévention Nationales de Lutte Anti acridienne pour examiner la réponse nécessaire à protéger les zones à risque au nord et au sud.  Cependant le risque est amplifié par l’insécurité et l’absence du matériel roulant du service de protection et la manque de capacité, ressources, et organisation à mobiliser une campagne de contrôle.

    Nord du Mali (Régions de Tombouctou, Gao et Kidal)

    Dans le cadre de l’appui aux populations des zones occupées, les caravanes humanitaires deviennent légèrement plus  fréquentes, avec le transport escorte récente de 700 MT de vivres en destination des zones vulnérables au nord. Selon OCHA, plus de 43,000 beneficiaires ont recu l’assistance alimentaire d’urgence compter de juin 21. Les appuis sont très limités par rapport aux immenses besoins des populations et la distribution ne serait pas équilibrée avec les forces d’occupation. Ainsi, l’accès alimentaire des ménages pauvres et très pauvres reste toujours en crise (figure 1) dans les zones de moyens d’existence 2, 4 des régions de Tombouctou, Gao et Kidal et  restera à ce niveau d’insécurité alimentaire jusqu'à septembre au moins. Cette situation de crise alimentaire affecte également les populations du cercle de Douentza (Mopti).

    Pour la campagne agricole 2012-2013 dans les régions du nord (Tombouctou et Gao), quelques  appuis sont en cours ou annoncés par certains partenaires tels que le FAO et les ONGs, dont un qui aurait déjà fourni une cinquantaine de moto pompes à des périmètres irrigués de la région de Tombouctou et contractualisé avec des prestataires privés pour l’encadrement des paysans.  Cependant, on peut s’attendre à que ces appuis de partenaires isolés à l’absence de ceux du gouvernement ne puissent mettre à l’échelle les moyens de production nécessaires surtout au niveau de la production de riz  irrigué qui nécessite beaucoup d’investissement, surtout en hydrocarbures également prisés par les rebelles.  Si le statu quo se poursuit à juillet/août, la production rizicole pourrait n’être que 30 pour cent de la production d’une année normale.  Dans ce cas, les populations de la zone de moyens d’existence 3: riz fluvial et élevage transhumant et 6 delta zones lacs des régions de Tombouctou et Gao seront les plus affectées, particulièrement les ménages pauvres et très pauvres qui dépendent également des revenus du  travail  agricole qui seront en baisse d’environ 50 pour cent.  Par conséquent, même si les précipitations et les niveaux des rivières sont normaux dans ces zones en 2012, les résultats de la sécurité alimentaire sont peu susceptibles de s'améliorer de manière significative entre juin et septembre à cause de la baisse des revenus  du travail agricole qui permet l’accès alimentaire pour les pauvres pendant cette période, étant donné  le faible fonctionnement des marchés.  On attend que les pauvres et très pauvres, surtout dans les zones agropastorales restent en IPC Phase 3 : Crise jusqu'à septembre. Des interventions d'urgence supplémentaires sont indispensables pour protéger les vies humaines et les moyens d’existence.

    Dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal  sous occupation des rebelles, le fonctionnement des marchés reste encore timide autant pour les céréales que pour le bétail. En conséquence, les ménages pauvres et très pauvres dont l’essentiel de l’alimentation en cette période provient normalement des achats sur les marchés n’ont pas la capacité de constituer des stocks importants. Le travail local qui constitue la principale source de revenus (40 à 60 pour cent )pour les ménages pauvres et très pauvres a été fortement réduit à cause de la perturbation de toutes les activités économiques. Aussi, le bétail base de l’économie, traverse une période de soudure difficile dans les zones pastorales du nord avec des cas de misères physiologiques suivis de quelques cas de mortalité. Cette situation combinée à la rébellion contribue à la baisse saisonnière plus marquée des prix des animaux, principale source (80 à 85 pour cent) des revenus  des ménages moyens et aisés de ces zones. A cela, s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat lié à la dégradation des termes d’échange bétail contre céréales au vu du niveau très élevé des prix des céréales.

    Sud du Pays

    Dans les zones agricoles du sud du pays, les préparatifs des champs se poursuivent avec des semis sous humidité ou à sec dans le sud du pays et la mise en place de pépinières dans la zone Office du Niger. La campagne agricole 2012-2013 accuse un léger retard à cause de pluies moins précoces par rapport l’année dernière. Le plan de campagne agricole du ministère de l’agriculture très ambitieux prévoit une production céréalière de 9.6 tonnes métriques de céréales contre 5.7 MT en 2011et 6.4 MT en 2010 avec une forte intensification du riz et du maïs à travers la mise en valeur de nouvelles superficies aménagées  (16,000 ha en maîtrise totale et partielle) et la vulgarisation de semences hybrides de maïs à haut rendement. Dans le cadre de la poursuite de la relance du secteur coton, les objectifs de production sont fixés à près de 500,000 tonnes de coton graine contre 433 tonnes en 2011/2012 et certains facteurs plaident en faveur de cette relance à savoir le maintien du prix aux productions à 255 XOF le Kg pour la deuxième année consécutive et le paiement à temps de l’argent aux producteurs.  Cependant, la subvention des intrants agricoles annoncée par le gouvernement, évalué a  presque 5% plus hausse que normale, connait un déficit de financement car seulement entre 20-60% des besoins financiers sont acquis et cela pourrait affecter surtout les céréales sèches (mil, sorgho) et contribuer à la non atteinte probable des objectifs de production.   

    Habituellement, le mois de juin marque la fin de la soudure dans les zones pastorales où la régénération du couvert herbacé s’amorce pour se généraliser à partir du mois de juillet. Cette année, à cause du déficit important de la biomasse fourragère en 2011-2012 et du léger retard dans l’installation de l’hivernage en 2012, les animaux traversent une période de soudure difficile surtout dans le sahel occidental et dans le delta central du Niger (Mopti et Tombouctou) avec des cas de misères physiologiques suivis de quelques cas de mortalité.  Cependant, dans une bonne partie du sud du pays, l’état du pâturage et des conditions d’abreuvement s’est amélioré à la faveur des pluies enregistrées au cours des mois de mai et juin. Toutefois, le niveau de régénération de la biomasse est globalement inférieur à celui de l’an passé à la même période.

    Dans les zones de moyens d’existence  4, 6, 8 et 9 des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et Mopti qui ont connu des déficits importants de production et/ou de biomasse en 2011, les ménages pauvres et très pauvres sont confrontés depuis avril 2012 à des difficultés d’accès à la nourriture (précarité/stress : figure 2) à cause de la baisse des opportunités de travail local et du niveau élevé des prix des céréales.  Les différents appuis alimentaires et non alimentaires en cours ou programmés, le retour des bras valides avec des ressources jugées moyennes et les opportunités de travail local en ce début de campagne agricole 2012-2013 permettront d’atténuer les difficultés des ménages pauvres et très pauvres entre juin et septembre et empêcher la précarité /stress d’évoluer vers la crise.

    Les marchés du sud du pays sont beaucoup moins approvisionnés en céréales que d’habitude. Toutefois, on ne signale pas de rupture d’approvisionnement. Dans les mois à venir, les disponibilités sur ces marchés devraient se réduire davantage pour les céréales sèches à cause de la faiblesse des stocks paysans et communautaires tandis que les mesures d’importations exonérées de riz prolongées jusqu’au 8 août et la production de la contre saison de riz pourraient maintenir des niveaux satisfaisants d’offres pour cette spéculation.  La hausse des prix devrait se poursuivre pour les mil/sorgho tandis qu’une tendance à la stabilisation est prévisible pour le riz du moins celui importé de qualité inférieure (25 pour cent de brisure).  S’agissant des marchés à bétail, les prix moyens des animaux sur les marchés du sud du pays sont stables ou en baisse, ce qui s’inscrit dans une évolution saisonnière normale. Toutefois, dans tout le pays y compris les zones occupées, les termes de l’échange chèvre/mil sont  en détérioration, car les termes d’échange ont baissé de plus de 50 pour cent par rapport à la moyenne des  cinq dernières années de façon générale.  

    Dans le sud des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti où des appuis alimentaires sont prévus pour les quelques de  poches de déficit de production, la situation alimentaire des ménages sera toujours en stress jusqu’en septembre 2012. 

    Figures Calendrier saisonnier et événements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et événements critiques

    Source: FEWS NET

    Activité acridienne observée  (Mai 23-Jun 27)

    Figure 2

    Activité acridienne observée (Mai 23-Jun 27)

    Source: FAO, NOAA/FEWS NET, FEWS NET

    Carte des zones de moyens d’existence

    Figure 3

    Carte des zones de moyens d’existence

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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