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Prix élevés des denrées alimentaires réduisent leur accès aux ménages pauvres

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Avril 2022
Prix élevés des denrées alimentaires réduisent leur accès aux ménages pauvres

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  • Messages clé
  • SITUATION ACTUELLE
  • SUPPOSITION MIS À JOUR
  • PERSPECTIVE ESTIMÉE JUSQU’EN SEPTEMBRE 2022
  • Messages clé
    • La baisse de la production de céréales de 10 pourcents par rapport à la moyenne quinquennale a réduit la disponibilité de céréales sur les marchés. L’approvisionnement des marchés est inférieur à la moyenne mais reste tout de même suffisant pour satisfaire la demande de consommation. Les récoltes de contre-saisons de riz attendues de mai à juin amélioreront la disponibilité dans les zones de périmètres irrigués à travers le pays.

    • L’accès des ménages aux vivres s’est dégradé à cause de la hausse atypique des prix des denrées alimentaires de 20 à plus de 70 pourcents par rapport à la moyenne quinquennale, et à des niveaux historiques des deux dernières décennies. La baisse marquée des termes de l’échange bétail/céréales de 20 à plus de 30 pourcents réduit le pouvoir d’achat des ménages pastoraux.

    • La soudure pastorale en cours est difficile pour le bétail dans les zones du nord du pays et du Sahel occidental qui connaissent une dégradation précoce des pâturages et des points d’eau et qui se trouve accentuée par les difficultés d’accès à certains pâturages. En outre, la faible disponibilité et la hausse du prix des l’aliments du bétail limitent l’accès des éleveurs à cette denrée, ce qui rend difficile l’entretien des laitières et réduit les revenus des ménages éleveurs.

    • Une dégradation de la situation alimentaire dans la zone du Liptako Gourma à cause des difficultés d’accès des pauvres aux vivres est de plus en plus observée et engendre des recours atypiques aux stratégies de réduction des dépenses non- alimentaires voire alimentaires. Ainsi, les ménages pauvres des zones d’insécurité du nord, de la zone du Liptako Gourma se retrouvent en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) d’avril à septembre 2022. Quant aux ménages pauvres des centres urbains, de la zone du Sahel Occidental et de la vallée du fleuve Niger qui connaissent une dépendance plus marquée que d’habitude aux marchés pour leur approvisionnement en vivres ; ils se retrouveront en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) d’avril à septembre 2022.


    SITUATION ACTUELLE

    Progrès saisonnier : Les perspectives de production sont inférieures à la moyenne dans l’ensemble. Les récoltes pour les cultures maraichères sont en cours et sont globalement similaires à une année moyenne. La vente des produits procure des revenus moyens aux exploitants excepté dans les zones d’insécurité où les récoltes sont inférieures à la moyenne à cause de la réduction des superficies exploitées. Quant aux cultures de riz irrigué et de décrue, la campagne évolue au niveau des périmètres irrigués et au niveau des lacs et mares de décrue. Les superficies cultivées sont inférieures à la moyenne à cause de l’insécurité dans la zone de l’office du Niger pour le riz et à cause du faible niveau de remplissage des lacs, et les mares pour les cultures de décrue. Les activités d’entretien en cours constituent des opportunités d’emplois et de nourriture pour les ménages pauvres dans les zones des périmètres irrigués, des zones de lacs de Tombouctou et Mopti. La hausse du prix de l’engrais en lien avec la crise Ukrainienne et les sanctions CEDEAO et l’insécurité réduiront les productions attendues notamment pour le riz irrigué.

    Conditions pastorales : La dégradation précoce des pâturages et des points d’eau à cause du déficit de production de biomasse, des fortes concentrations de troupeaux liées aux perturbations des mouvements de bétail dans les zones d’insécurité, des feux de brousse dans les zones pastorales du nord du pays, la hausse du prix des aliments de bétail de 20 pourcents et aussi la décente précoce des troupeaux transhumants dans la bande du sahel occidental, affectent négativement l’alimentation du bétail dans ces zones. Les troupeaux sont dans les zones habituelles de la saison sèche dans la bande du fleuve et au niveau des points d’eau permanents. La situation zoo-sanitaire est calme dans l’ensemble et la campagne de vaccination se poursuit avec l’appui de certains partenaires humanitaires comme le CICR et la FAO. La baisse habituelle de la production de lait se poursuit à cause de la soudure pastorale en cours mais elle est plus marquée dans les zones pastorales du nord du pays et du sahel occidental qui connaissent des difficultés d’alimentaion. Par conséquent, les revenus pastoraux tirés de la vente du bétail et des produits animaliers sont inférieurs à la normale dans ces régions.

    Pêche : Les captures de poissons se poursuivent activement  à la faveur de la levée des mises en defens aux pêches collectives et à la decrue sur les cours d’eau. Les captures moyennes en cours procurent des revenus jugés moyens à importants aux ménages pêcheurs excepté dans les zones d’insécurité où l’activité est perturbée.

    Situation sécuritaire :  La persistance des incidents sécuritaires continue de perturber les activités économiques dans la zone du Liptako Gourma, par endroits dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal et le nord de Ségou et Koulikoro. Les vols de bétail, les destructions des biens, la limitation de l’accès aux champs dégradent significativement les moyens d’existence des ménages et les exposent davantage à l’insécurité alimentaire. Selon les données du ACLED, une hausse de 31 pourcents du nombre d’incidents sécuritaires par rapport au premier trimestre de 2021 est observée particulièrement dans la bande du Liptako Gourma à la frontière avec le Niger où l’on note une intensification des attaques dans le sud de Ménaka ayant entrainé des mouvements de personnes. Le nombre de personnes déplacées en février 2022 est estimé à 362 907 personnes déplacées (62 254 ménages) contre 350 866 personnes (62 476 ménages) en janvier 2022.

    Marché et Prix : L’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires se poursuit à un niveau inférieur à la moyenne à cause de la baisse globale de production de céréales d’environ 10 pourcents par rapport à la moyenne (Cellule de la Planification et des Statistiques/Secteur du Développement Rural) et la baisse des flux commerciaux avec les marchés extérieurs en lien avec les sanctions de la CEDEAO. La hausse du prix des céréales se poursuit sur les marchés du pays à cause de la baisse des offres, l’effet ramadan et la hausse du prix du transport exacerbée par les dernières augmentations des prix du carburant. Par rapport à la moyenne quinquennale, le prix du mil, la principale céréale de base, au niveau des marchés des capitales régionales est en hausse de 14 pourcents à Kidal, 19 pourcents à Tombouctou, 29 pourcents à Ménaka, 35 pourcents à Gao, 43 pourcents à Kayes, 51 pourcents à Koulikoro, 61 pourcents à Mopti, 72 pourcents à Sikasso et 80 pourcents à Ségou ; ce qui réduit les capacités d’accès des ménages aux nourritures.

    L’offre de bétail reste perturbée dans les zones d’insécurité ; ce qui réduit les flux vers les principaux marchés. Les prix du bétail en dépit des conditions pastorales difficiles par endroits, sont similaires à supérieurs à la moyenne quinquennale dans l’ensemble à cause de la baisse des offres, de la hausse de la demande et aussi du prix élevé de l’aliment de bétail. Le prix de la chèvre, par rapport à la moyenne quinquennale, est supérieur sur les marchés pastoraux suivis : 5 pourcents à Mopti, 13 pourcents à Nara, 32 pourcents à Rharous, 31 pourcents à Gao, 37 pourcents à Tombouctou et Bourem. Malgré tout, les termes de l’échange chèvre/mil sont dans l’ensemble en dégradation par rapport au mois passé à cause du prix très élevé des céréales. Ils sont par rapport à la moyenne quinquennale inférieurs à Bourem (-5 pourcents), Nara (-32 pourcents), Rharous et Mopti (-35 pourcents) et stable ou en légère amélioration à Ménaka (+2 pourcents), Gao (-3 pourcents) et à Tombouctou (+11 pourcents) ; ce qui réduit l’accès des ménages éleveurs aux vivres.


    SUPPOSITION MIS À JOUR

    La situation actuelle n’a pas fondamentalement affecté les hypothèses utilisées pour développer du Scenario de FEWS NET le plus probable pour la période d’avril à septembre 2022. Cependant, elle pourrait connaitre des changements liés à la flambée des prix des denrées alimentaires au Mali et de la crise ukrainienne. Dans ce cadre, les mises à jour sont les suivantes.

    • Evolution des prix des denrées alimentaires : La tendance à la hausse précoce des prix dès la période de récolte s’est poursuivie jusqu’en avril, période habituelle de hausse saisonnière des prix. Cette tendance devrait se maintenir jusqu’en septembre avec toutefois, une baisse de rythme après le Ramadan qui constitue une période habituelle de forte demande. Le niveau des prix supérieurs à plus de 25 pourcents par rapport à la moyenne quinquennale, niveaux historiques pour les produits locaux depuis environ deux décennies, devraient se maintenir à cause de la poursuite des sanctions de la CEDEAO, de l’insécurité qui affecte aussi les flux commerciaux et de la hausse du prix du transport ; ce qui réhaussera le nombre de personne en besoin.
    • Impact de la crise Russo/ukrainienne : La hausse des prix du blé à la suite de la crise en cours dans cette partie du monde et la hausse des cours mondiaux du baril de pétrole impacteront négativement la disponibilité en ces produits manufacturés et importés et maintiendront leurs prix à la hausse ; ce qui réduira leur accès aux ménages pauvres notamment dans les centres urbains et les régions du nord où ils sont très consommés. Aussi, la baisse de la disponibilité des fertilisants qui proviennent principalement de la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine à près de 60 pourcents et la hausse du prix attendue de plus de 50 pourcents en mars 2022 occasionnée à cet effet, engendreront pour la nouvelle campagne agricole qui démarre, une baisse des productions agricoles à cause des difficultés d’accès des producteurs à ces produits.

    PERSPECTIVE ESTIMÉE JUSQU’EN SEPTEMBRE 2022

    La baisse de la production de céréales de 10 pourcents à cause des aléas climatiques et de l’insécurité, et celle des flux commerciaux née des sanctions de la CEDEAO, de l’impact de la crise russo-ukrainienne sur le prix du pétrole, les transports et l’offre de certaines denrées importées comme l’huile, la farine de blé, ont réduit les disponibilités alimentaires par rapport à une année normale. Selon l’enquête mVAM du premier trimestre 2022, 9 pourcents des ménages avaient un score de consommation alimentaire pauvre (SCA), 6 pourcents présentaient une faim modérée et 18 pourcents développaient des stratégies d’adaptation de crise consistant à des réductions des dépenses non- alimentaires essentielles, à la vente d’actifs productifs et à la dépendance de l’assistance des parents/amis de la communauté. L’accès des ménages pauvres aux vivres est de plus en plus difficile à cause de la hausse atypique des prix des denrées alimentaires particulièrement dans les zones d’insécurité du nord du pays, la zone du Liptako Gourma et le Sahel occidental où les ménages connaissent une dégradation des moyens d’existence et une forte dépendance aux marchés pour leur approvisionnement. En plus, la baisse des revenus à cause des incidents sécuritaires et celle des termes de l’échange bétail/céréales de plus de 20 pourcents par rapport à la moyenne réduisent l’accès des ménages aux vivres. Par conséquent, les ménages pauvres de ces zones se retrouveront en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) d’avril à septembre 2022.

    Dans le sahel occidental de Kayes et Koulikoro, l’épuisement précoce des stocks à la suite de la mauvaise production agricole a engendré une soudure précoce pour les ménages pauvres dans la zone. Ainsi, les ménages pauvres connaissent une dépendance accrue aux marchés dans un contexte de prix des céréales de base supérieur de plus 40 pourcents par rapport à la moyenne. Le recours à l’intensification des activités de mains d’œuvre, de migration, aux emprunts d’argent et de vivres et à la réduction des dépenses non- alimentaires, engendrent une dégradation de la consommation alimentaire. Par conséquent, ils sont en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) qui se poursuivra jusqu’en septembre 2022. Cependant, elle pourrait connaitre une dégradation en crise pour les plus pauvres en absence d’assistance humanitaire. Il en sera de même pour les pauvres dans les centres urbains qui connaissent une réduction de revenus à cause de la baisse des activités économiques.

    Figures Terms of trade  in selected markets in March 2022 (kg/animal)

    Figure 1

    Figure 1

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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