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Moyens d’existence des ménages sont affectés négativement par l’insécurité et la COVID-19

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Août 2020
Moyens d’existence des ménages sont affectés négativement par l’insécurité et la COVID-19

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  • Messages clé
  • Situation Actuelle
  • Suppositions Mis à Jour
  • Perspectives Estimée Jusqu''en janvier 2021
  • Messages clé
    • La baisse relative des cas positifs de la COVID-19 ont permis la réouverture des frontières du pays au trafic de fret et de personnes. L’amélioration attendue des mouvements de personnes et des biens en dépit de son impact positif sur l’économie du pays, fait craindre un risque d’importation de cas positifs surtout qu’une recrudescence des cas est observée ailleurs dans le monde.

    • L’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires reste suffisant à travers le pays malgré les perturbations des flux liées à la persistance de l’insécurité dans les zones du centre et du nord du pays. Les prix des céréales similaires à inférieurs à la moyenne quinquennale de même que les termes de l’échange chèvre/céréales en hausse, sont favorables à un accès moyen des ménages aux denrées.

    • L’évolution de la campagne agropastorale est moyenne à bonne dans le pays. Les réalisations en céréales sont inférieures de 5 pourcent par rapport à juillet 2019 et en forte baisse d’environ 80 pourcent pour le coton au profit des céréales en substitution. La hausse de 19 pourcent des production de céréales (CPS/SDR) attendue par rapport à la moyenne est favorable à une disponibilité alimentaire moyenne dans le pays.

    • L’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) en cours dans la région Liptako Gourma et de Stress (Phase 2 de l’IPC) dans le Sahel occidental et par endroits dans le nord du pays et les centres urbains se poursuivront jusqu’en septembre 2020. La disponibilité de la propre récolte en octobre, la baisse des prix des céréales et l’amélioration des termes d’échange seront favorables à un accès moyen de la majorité des ménages aux vivres. Par conséquent, la majorité des ménages sera en Minimale (Phase 1 de l’IPC) à partir d’octobre.


    Situation Actuelle

    Situation sécuritaire

    La persistance de l’insécurité volatile marquée par des incidents sécuritaires dans les régions du centre et du nord du pays, continue d’engendrer des perturbations sur les activités socio-économiques des zones concernées. La tendance des incidences sécuritaires est en nette hausse depuis le début de l’année avec 87 incidents répertoriés en janvier 2020 contre 234 pour 390 décès en fin juillet 2020 (ACLED). Les dégradations des moyens d’existence à travers les vols de bétail, les destructions des biens, l’inaccessibilité des menages à leurs champs et les perturbations de marchés, affectent négativement la capacité des ménages à satisfaire leurs besoins alimentaire et non alimentaire. Les difficultés d’accès aux services sociaux de base, les déplacements inhabituels de populations estimées en fin juin à 268831 personnes déplacées et les difficultés d’accès humanitaires réhaussent la vulnérabilité des ménages pauvres dans ces zones particulièrement le Liptako-Gourma et certains endroits des régions de Gao et de Tombouctou.

    Situation de la COVID-19

    L’évolution de la pandémie de la COVID-19 présente une courbe descendante du nombre de cas actif. En fin juillet, le nombre de cas actif en traitement était de 474 cas contre 583 en fin juin 2020. Cette tendance ne doit pas cacher les faiblesses dans le dépistage qui concerne notamment les personnes malades et les cas suspects au niveau des centres de santé. Au 25 août, le nombre cumulé de cas positif depuis le début de la crise est de 2713 cas dont 2 041 guéris et 125 décès. Le District de Bamako avec 1240 cas et les régions de Tombouctou avec 569 cas et de Mopti avec 247 cas regroupent les maximums de cas. Au regard de la tendance baissière observée, les frontières aériennes et terrestres sont ouvertes à ce jour. En dépit des dispositions sanitaires édictées aux postes frontaliers, la crainte d’importation de cas positif n’est pas à écarter.

    Malgré la reprise des activités économiques grâce à l’assouplissement des mesures barrières, elles restent à un niveau inférieur à la normale, particulièrement pour le secteur informel qui emploie un nombre élevé des travailleurs urbains qui, reste très affecté à travers la réduction des demandes et des emplois ; ce qui réduit en dessous de la moyenne les revenus des ménages liés à ces activités. Il en est de même pour les transferts monétaires qui restent inférieurs de plus de 30 pourcent pour plus de la moitié des ménages qui en reçoivent (mVAM juillet 2020). Un relatif retour au travail plus observé en juillet par rapport au mois de mai soit 11 pourcent des actifs en arrêt d’activité à cause de coronavirus contre 12,7 pourcent en mai et particulièrement à Bamako et les capitales régionales où ce taux est respectivement de 12,1 contre 16,1 pourcent et de 9,7 contre 15,8 pourcent (Banque Mondiale, Juillet 2020). Même si, l’impact de la COVID-19 reste faible directement sur la campagne agricole en cours, elle limite tout de même les capacités de certains ménages à disposer comme d’habitude de la main d’œuvre et des intrants agricoles à cause de la baisse de revenus notamment dans les zones de transferts de migrant qui en ont beaucoup recours.

    Progrès saisonnier

    L’évolution de la campagne agricole est jugée moyenne à bonne dans le pays grâce aux pluies normales à excédentaires enregistrées en fin de la deuxième décade d’août. Les réalisations pour les cultures sèches sont pratiquement terminées et se poursuivent pour le riz. En fin juillet, les réalisations étaient inférieures d’environ 5 pourcent par rapport à juillet 2019 pour les céréales et en baisse d’environ 80 pourcent (170909 ha contre 777249ha en juillet 2019) pour le coton à cause du boycott par les paysans, lié à la baisse du prix d’achat proposé (Direction Nationale de l’Agriculture). En dépit de la reconversion des superficies de coton en céréales ou en légumineuses qui est favorable à une hausse de production pour ces derniers, on s’attend à une baisse de revenus des producteurs de coton par rapport à une année normale. Dans les cercles de Koro, de Bankass et Bandiagara, les déplacements de population, l’inaccessibilité aux champs à cause de l’insécurité ont réduit les superficies cultivées par rapport à une année moyenne. Les opérations agricoles (désherbage, épandage d’engrais) en cours offrent des opportunités moyennes de revenus et de nourritures aux ménages pauvres.

    La reconstitution des points d’eau et la régénération des pâturages se poursuivent activement à travers le pays. La production de biomasse est normale à excédentaire dans l’ensemble avec toutefois des points de léger déficit par endroits dans les régions de Gao et Ménaka ; ce qui a permis une amélioration significative de l’accès des animaux à l’alimentation. La reprise de la production de lait jugée moyenne à bonne améliore la consommation des ménages pasteurs et leurs revenus à partir de la vente du lait et des produits laitiers (beurre, fromage). La situation zoo -sanitaire est calme et la campagne de vaccination contre les principales maladies se poursuit.

    Marché et Prix

    Le fonctionnement des marchés se poursuit normalement en dépit des crises sécuritaire et sanitaire, même si des perturbations de flux liées à l’insécurité dans le centre et le nord du pays continuent à être signalées. L’approvisionnement des marchés reste suffisant dans l’ensemble pour les denrées locales (céréales, légumes) et les produits importés à la faveur de l’assouplissement des mesures restrictives liées à la COVID-19. La hausse saisonnière des prix des céréales se poursuit sur les différents marchés avec une amplitude moindre que les autres années à la faveur de la bonne disponibilité des céréales. En fin juillet, Les prix des principales céréales au niveau des capitales régionales sont stables dans l’ensemble par rapport au mois passé. Ces prix sont par rapport à la moyenne quinquennale, en hausse de 12 pourcent à Kayes (sorgho) ; stable à Ségou (-2 pourcent pour le mil), Gao (1 pourcent pour le mil) et Ménaka (5 pourcent pour le mil) ; en baisse de 9 pourcent à Koulikoro (mil), Sikasso (-17 pourcent pour le maïs), Mopti (-9 pourcent pour le mil) et Tombouctou (-17 pourcent pour le mil). Ces niveaux de prix sont favorables à un accès moyen des ménages aux denrées. Les marchés à bétail fonctionnent normalement dans l’ensemble exception faite des zones d’insécurité où des perturbations persistent. L’approvisionnent est correct dans l’ensemble. Les prix sont moyens à supérieurs à la moyenne quinquennale. Les termes de l’échange chèvre/mil par rapport à la moyenne quinquennale, sont similaires à Gao ; en hausse de 7 pourcent à Rharous, 10 pourcent à Bourem et de plus de 30 pourcent à Ménaka et Tombouctou; ce qui est favorable à l’accès des ménages éleveurs aux marchés.

    Inondations

    Les fortes pluies enregistrées en juillet-août ont engendré des dégâts légers à importants sur les biens d’équipements, des habitats, des greniers de céréales, les cultures et sur le bétail à travers le pays particulièrement dans le District de Bamako, les régions de Kayes, Sikasso, Mopti et Kidal. La dégradation des moyens d’existence qui en découle affecte négativement les capacités des ménages estimés à plus de 10 000 personnes (OCHA, juillet), à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires en cette période de soudure.


    Suppositions Mis à Jour

    La situation actuelle n’a pas fondamentalement affecté les hypothèses utilisées dans le développement du Scenario de FEWS NET  le plus probable pour la période de juin 2020 à janvier 2021. Cependant, elle pourrait connaitre des changements liés à l’évolution de la situation socio-politique en cours au Mali. Dans ce cadre, l’hypothèse suivante a été élaborée.

    Evolution de la situation socio-politique : Les troubles socio-politiques en cours dans le pays ont amené la CEDEAO et certains pays amis à prendre des mesures contraignantes pour un retour à l’ordre constitutionnel normal. Les restrictions financières et des mouvements de population qui en résultent impacteront négativement l’environnement socio-économique du pays. Le renchérissement du coût de la vie et le fonctionnement au ralenti des activités économiques réduiront les capacités des autorités à satisfaire les engagements sociaux (assistances alimentaires, santé, satisfaction des revendications sociales) et financiers (investissements) et celles des ménages à satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires ; ce qui rehaussera leur vulnérabilité. Toutefois, les négociations en cours avec les nouvelles autorités qui ont pris la portée des dites mesures, permettront de limiter l’impact négatif de ces mesures sur les populations.


    Perspectives Estimée Jusqu''en janvier 2021

    Les ménages agropastoraux pauvres du sud du pays traversent une soudure normale grâce aux revenus moyens issus des sources habituelles de revenus et aux récoltes en vert du maïs et d’arachide par endroits, du riz de contre-saison, qui permettent un accès moyen aux denrées alimentaires et qui sont à des prix similaires ou en baisse par rapport à la moyenne quinquennale. Par conséquent, l’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) en cours se poursuivra jusqu’en fin septembre 2020.

    Dans le Liptako-Gourma, et par endroits dans le nord du pays et du Sahel occidental, les ménages pauvres ont recours à des stratégies d’adaptation atypiques et de dépendance de l’assistance humanitaire pour satisfaire leurs besoins alimentaire et non alimentaire. La situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) pour ceux du Liptako Gourma particulièrement pour les déplacés et de Stress (Phase 2 de l’IPC) qu’ils traversent devrait se poursuivre jusqu’en septembre 2020.

    À partir de septembre, la disponibilité moyenne des récoltes en vert, des produits de cueillette, de lait et les appuis humanitaires amélioreront l’accès des ménages aux vivres et limiteront le recours aux stratégies d’adaptation négatives avant les récoltes principales attendues en octobre. L’accès à la propre production et des produits issus de la rémunération en nature de même que l’amélioration des termes de l’échange bétail/céréales permettront à la majorité des ménages de se retrouver en Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en janvier 2021 exception faite aux ménages pauvres des zones de conflit communautaire du Liptako Gourma (Koro, Bankass, Ménaka), les déplacés et les victimes des inondations qui seront en Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Figures Prices of main cereals on the markets of the regional capitals at the end of July 2020 (XOF/kg): close to or less than averag

    Figure 1

    Figure 1.

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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