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Situation alimentaire en amélioration dans le nord

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Août 2012
Situation alimentaire en amélioration dans le nord

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  • Messages clé
  • Mise à jour de la perspective à septembre 2012
  • Messages clé
    • L’amélioration des appuis humanitaires et des conditions climatiques dans le nord et le sahel occidental ont permis de soulager une bonne partie des populations en crise en juillet qui se retrouvent en situation de IPC Phase 2 : Stress, surtout dans les zones pastorales. Des interventions d'urgence sont nécessaires pour protéger les moyens d’existence. 

    • La mise à disposition à l’heure des intrants agricoles aux coopératives rizicoles du nord permettra une exploitation optimale des périmètres et augmentera les opportunités d’emplois  pour les pauvres d’ici décembre. 

    • Les prix restent globalement supérieurs de 40 à 80 % de la moyenne aux marchés mais continuent à être approvisionnés normalement malgré une baisse saisonnière plus accentuée dans le sahel occidental. Au nord, les importations de denrées de substitution d’Algérie assurent un accès plus important que d’habitude et à des prix réduits. 

    • La situation du criquet pèlerin reste calme mais préoccupante avec les bonnes conditions écologiques observées dans leurs zones de reproduction. Les opérations de prospection sont en cours au niveau de la ligne de front par les équipes constituées mais la faiblesse des moyens financiers et logistiques entrave l’exécution correcte.

    • Les importantes pluies de la première décade d’août ont occasionné des dégâts  sur les habitats et sur les cultures, notamment dans les régions de Ségou et Mopti, ou la situation risque de réduire la production agricole. 


    Mise à jour de la perspective à septembre 2012

    Contexte Nationale

    La situation politique en termes de stabilité et sécurité nationale reste globalement statu quo, sans grand remous au nord et avec la récente mise en place d’un gouvernement. Les retours de populations déplacées pour les terroirs d’origine s’intensifient au niveau des régions du nord, même si les déplacements continuent. Selon le ministère des actions humanitaires, environ 64,700 déplacées sont recensées dans les différentes régions du sud du pays. Les appuis en vivres et non vivres aux déplacées et aux ménages d’accueil dans le sud du pays se poursuivent.

    Campagne Agricole

    Globalement au sud et au nord, le progrès agricole continue normalement malgré des défis localisés d’accès aux semences, avec une bonne perspective pour la production céréalière, mais moins optimiste pour le riz de submersion libre. Les réalisations au sud du pays sont à plus de 93% des prévisions pour les cultures sèches (mil, sorgho, maïs) et à plus de 60% pour le riz, et sont supérieures à celles de 2011 à la même période. Des noyades de parcelles souvent à blanc sont observées au niveau des bas-fonds notamment dans les cercles de Diéma, Nara, San, Mopti, Djenne et Tominian, et les premières récoltes de maïs frais sont disponibles au niveau des régions du sud.  La mise en place des intrants subventionnés se poursuit avec un taux d’exécution supérieur à celui de 2011 soit 73% contre 49% en 2011 à la même période. Des appuis en semence et en engrais ont été faits par l’Etat et des partenaires au développement dans les zones ciblées qui étaient dans un besoin pressant de semence. La relance des activités agricoles dans les régions du nord consécutive aux importants appuis en intrants aux périmètres rizicoles de la part de l'Etat et des partenaires comme signaler dans les hypothèses pour la perspective, offrira des opportunités d'emplois agricoles pour les ménages pauvres et faciliteront l’accès des pauvres aux denrées cédées à des prix en forte baisse sur les marchés. La production rizicole attendue en décembre- améliorera la disponibilité  alimentaire et les revenus à travers les ventes habituelles de production.

    Si globalement, la tendance saisonnière se maintenait plus ou moins normalement, certaines zones du sud connaitront des pertes de cultures et de production à cause du mauvais accès aux semences particulièrement pour les ménages pauvres et très pauvres. En plus, le cumul pluviométrique est excédentaire et supérieur à celui de 2011 dans la plupart des stations particulièrement dans les régions de Mopti et Ségou ou des pertes de superficies de cultures sont enregistrées à cause des abondantes pluies enregistrées au début de mois qui ont occasionné des noyades de cultures. Cette situation conduit à une baisse des productions agricoles dans ces régions, en rendant difficile les opérations d'entretiens (baisse de rendement) et en réduisant les superficies récoltables. Ces cas de noyade localisés au début du mois commencent à toucher plusieurs zones surtout : les cercles de Ségou, Yorosso, Koutiala,Nara, Dioila, Kayes et Diema.

    Le retard dans certains appuis en semence notamment pour le riz dans les régions du nord (surtout autour du Mopti) risque d’affecter les rendements compte tenu du retard pris par rapport au calendrier agricole de cette culture. Dans le delta du Niger, ce retard augmente le risque de noyade avec l’avancée de la crue et l’excès d’eau dans les casiers. Pour le riz flottant, une réduction d’environ de 30% des superficies par rapport à l’habituel est à signaler à cause de l’insuffisance de semence, car les ménages qui sèment normalement 3 sacs n’arrivent à accéder qu’à 2 sacs. Les évaluations des pertes de superficies par les services techniques sont en cours au niveau des différentes zones victimes des inondations.

    Une nette amélioration des conditions d’élevage est observée dans les zones pastorales du nord et du sahel permettant de soulager les populations par la bonne disponibilité en lait. La biomasse végétale est nettement meilleure à celle de 2011 et à une année moyenne dans la plupart des zones de moyen d’existence.  Les troupeaux ont regagné comme d’habitude les zones habituelles de pâturages d’hivernage excepté dans le delta du Niger à Tenenkou et Youwarou et la bande du fleuve de Tombouctou et Gao ou un léger retard dans la remontée des troupeaux a été observé à cause de l’insécurité dans la zone. Les prix des animaux sont en amélioration par rapport aux mois antérieurs et surtout en cette période de fête. Sur le marché de Nara, une hausse d’environ de 17% du prix de la chèvre par rapport au mois passé est constatée. Il en est de même pour les bovins qui affichent une hausse d’environ 30% sur le marché de Mopti. Ainsi, une amélioration des termes de l’échange est observée par rapport au mois passé même dans les régions du nord.

    La menace d’une invasion de criquets pèlerins préoccupe l’état au plus haut niveau. Un déploiement d’équipes de prospection dans les régions de Mopti, Koulikoro et de Kayes est fait par le centre national de lutte contre le criquet pèlerin pour parer à d’éventuelles invasions. Un besoin urgent de fonds et de moyens de déplacement se pose pour rendre efficace ledit plan estimé à environ à 1,2 milliard sur lesquels 600 millions sont promus par l’état et la FAO. Déjà, des prospections dans les régions de Mopti et de Koulikoro sont en cours à travers la redynamisation des brigades de veille existantes. L’amélioration des conditions écologiques aggrave le risque particulièrement pour l’Adrar des Iforas, le Timétrine et le Tamesna, où des groupes d’individus adultes avec ponte sont observés.

    Nord du Mali (Régions de Tombouctou, Gao et Kidal)

    L’intensification des appuis humanitaires constatée dans les régions du nord attenue les difficultés alimentaires des populations bénéficiaires. Il faut noter aussi, la bonne disponibilité laitière notamment pour les populations nomades du grand nord et les envois des excédents de vivres des déplacées de Mopti et des pays voisins aux parents restés sur place. Le programme d’assistance alimentaire du CICR pour tiers des populations des trois régions du nord soit environ 500,000 personnes et de déstockage du bétail sont en cours, qui permettra d’améliorer le revenu de la vente de bétail. Le PAM prévoit une double distribution de la ration complète compte tenu du retard pris dans les activités et surtout de la soudure en cours pour les populations de la LZ 3 et 4.  Ces différents programmes qui s’étaleront jusqu’en décembre contribueront en plus des bonnes conditions d’élevage à réduire les difficultés pour les pauvres de toutes les zones de moyen d’existence du nord pendant les mois d’août et particulièrement pour les populations pastorales de la LZ1 et 2 qui retrouvent une situation relativement normale (IPC Phase 1 : Minimal). Pour la zone de riz fluvial et élevage transhumant (LZ3 de Tombouctou et Gao), la continuation des programmes permettra la progression de crise à une situation de stress à partir de septembre.

    La campagne agricole dans les régions de Tombouctou et Gao fait l’objet de grands appuis aussi bien en semences qu’en engrais et en carburant. Ainsi, 41 MT de semence de riz, 100,000 litres de gasoil et 300 MT d’engrais pour 500 ha viennent d’être livrés aux coopératives des trois grands périmètres de Tombouctou. D’autres petits périmètres ont été également fournis en intrants. Ainsi, des opportunités d’emplois et d’amélioration de l’accessibilité aux marchés s’offrent aux populations de la zone 3 (riz fluvial et élevage transhumant). Ces dons de semence qui ne concernent que les périmètres irrigués restent insuffisants par rapport aux besoins énormes dans la bande du fleuve, mais ces appuis en intrants en plus des dons de vivres permettront aux ménages pauvres de zone 3 d’atténuer la situation de crise qu’elles connaissent durant les mois d’août et de septembre à partir des revenus et des repas tirés des travaux agricoles.

    Le bon approvisionnement des marchés du nord surtout en produits importés d’Algérie (pâtes alimentaires, semoules de blé, lait, huile, date, riz) et à des prix moindres que d’avant la rébellion constitue une aubaine pour les populations de ces régions. Les prix des céréales connaissent une baisse de niveau par rapport au mois passé suite au bon niveau d’approvisionnement et aux appuis humanitaires en cours, pourtant ils restent nettement supérieurs à la moyenne de plus de 70% et à ceux de 2011 de 30 à plus de 50%. Les revenus tirés de la vente du bétail importants pour une bonne frange des populations connaissent une légère amélioration à la faveur des bonnes conditions d’élevage. Les termes de l’échange chèvre/mil restent nettement inferieurs à la moyenne de plus de 30% et en hausse de 13 à 28% de celui du mois passé.

    Sud du Pays

    Les installations des cultures sont pratiquement terminées dans les différentes zones agricoles du sud du pays, en avance par rapport à celle de 2011-2012. Les travaux d’entretien et de repiquage sont en cours pour les cultures sèches et le riz. Ces opérations constituent une opportunité d’emplois plus que d’habitude pour les ménages pauvres en termes de revenus et de source de nourriture. Cette disponibilité en travail permet aux ménages pauvres et très pauvres d’améliorer leur accessibilité aux denrées sur les marchés jusqu’en fin août. En fin août, la disponibilité des produits de soudure (maïs vert, le niébé, le voandzou) amélioreront d’avantage la situation alimentaire des populations dans les zones 4, 5, 8, 9, 10, 11, 12. Ainsi, de la situation de stress en août, ces ménages seront dans une situation de sécurité alimentaire minimale en septembre. Cependant, les ménages pauvres du delta du Niger (LZ6) et de la bande du sahel occidental de Nara qui trainent les séquelles d’une très mauvaise production agricole de 2011 auront toujours besoins d’appui compte tenu des efforts consentis pour combler leur déficit alimentaire. Le pâturage et les conditions d’abreuvement se sont nettement améliorés dans toutes les zones du sud et la disponibilité laitière est jugée bonne dans l’ensemble, ce qui améliore la qualité de la diète pour les ménages d’éleveurs et voire le revenu tiré de la vente de lait et des sous produits laitiers. Les marchés à céréales connaissent une baisse des offres comme d’habitude en ce début du mois d’août, les prix restant pratiquement stables par rapport au mois passé sur les principaux marchés de consommation. Cependant, des baisses de prix plus ou moins importantes de 5% à 15% notamment pour le riz et le maïs sont observées sur certains marchés.  La majorité des ménages pauvres et très pauvres des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et Mopti resteront en stress jusqu’en fin août. 

    Figures Calendrier saisonnier

    Figure 1

    Calendrier saisonnier

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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