Perspectives sur la sécurité alimentaire

L’impact de la COVID-19 rehausse la vulnérabilité des ménages pauvres à l’insécurité alimentaire

Juin 2020 - Janvier 2021

Juin - Septembre 2020

Carte des résultats estimés plus probables de la sécurité alimentaire, juin 2020: La plupart du pays est en Minimal (Phase 1 de l'IPC) sauf que des zones du nord du Kayes, Koulikoro, Segou, l'ouest de Mopti, le sud de Tombouctou, et le sud-ouest et le nord-est de Gao. L'est de Mopti et l'est de Gao sont en Crise (Phase 3 de l'IPC)

Octobre 2020 - Janvier 2021

Carte des résultats estimés plus probables de la sécurité alimentaire, octobre 2020 à janvier 2021: La plupart du pays est en Minimal (Phase 1 de l'IPC) sauf que l'est de Mopti et l'est de Gao sont en Stress (Phase 2 de l'IPC)

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • L’extension du COVID-19 à toutes les régions et les difficultés de suivi des personnes contacts, constituent des préoccupations dans le pays et qui mettent à l’épreuve les structures sanitaires déjà limitées en termes de capacité de prise en charge. Les perturbations économiques qui en résultent, rehaussent la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire en milieu urbain et dans les zones vivant de transfert de migrants.

  • La campagne agricole 2020/21 a démarré dans le pays grâce à l’installation des pluies en fin mai. Les prévisions de pluies normales à excédentaires sont favorables à une production agropastorale moyenne à supérieure à la moyenne. Les prévisions de production en hausse de 6 pour cent par rapport à 2020 et de 18,5 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années (Cellule de Planification et de Statistique/Développement Rural (CPS/DR)), favoriseront un bon approvisionnement des marchés en céréales.

  • La soudure précoce au Sahel occidental, du Liptako-Gourma, et par endroits dans le nord du pays et la baisse des revenus, amènent les ménages pauvres à recourir aux stratégies d’adaptation plus ou moins négatives selon les zones pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquents, ils seront en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) pour la zone du Liptako Gourma et de Stress (Phase 2 de l’IPC) dans le Sahel occidental et le nord du pays de juin à septembre.

  • Les récoltes moyennes à supérieures à la moyenne attendues en octobre 2020 de même que la baisse des prix et l’amélioration des termes d’échange bétail/céréale, amélioreront l’accès des ménages aux vivres. Par conséquent, la majorité des ménages du pays sera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) d’octobre à janvier 2020. Quant aux ménages du Liptako Gourma, les déplacés et les victimes des inondations, ils traineront encore les séquelles de la dégradation de leurs moyens d’existence et par conséquent seront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) à pire.

Contexte National

Situation actuelle

Impact de la COVID-19 : La pandémie de la COVID-19 se poursuit au Mali et est présente dans toutes les régions du pays particulièrement dans celle de Tombouctou, où le nombre de cas a connu une hausse importante au cours du mois. Au 28 juin 2020, le cumul des cas confirmés depuis le début de l’épidémie de la COVID-19 au Mali était de 2147 cas et un taux de létalité de 5,3 pourcent. Les restrictions fortes du Gouvernement, depuis avril 2020 portant sur la fermeture des hôtels, des espaces publics (bar, espaces culturels) et la réduction des horaires de travail le tout sous un couvre-feu de 21 heures à 6 heures du matin ont réduit le niveau des activités économiques (l’artisanat, le transport, le commerce, l’hôtellerie) dans le pays et particulièrement dans les centres urbains. Elles constituent la principale cause de la perte d’emploi pour 50,4 pourcent des ménages à Bamako et 39,4 pourcent en milieu rural (Rapport INSTAT/Banque Mondiale, mai 2020). Aussi, la baisse des transferts monétaires des migrants de l’extérieur du pays pour plus des deux tiers des ménages (64,5 pourcent) selon mVAM de mai 2020, a réduit les capacités des ménages qui en dépendent, principalement dans le sahel occidental et dans la vallée du fleuve Niger, de satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires et non alimentaires. Selon l’enquête INSTAT/BM, 53,3 pourcent des ménages sont inquiets de ne pas avoir assez à manger du fait du manque de ressource ou d’argent. Elle est suivie du fait de manger une nourriture pas bonne par 45,6 pourcent des ménages. Un ménage sur dix (9,9 pourcent) a vécu l’expérience physique de la faim. La vente d’actifs pour 16,9 pourcent des ménages, les activités génératrices de revenus supplémentaires pour 10,2 pourcent, la mobilisation de l’épargne pour 10,1 pourcent et le recours à l’aide d’amis ou de la famille pour 9,7 pourcent des ménages sont les principales stratégies développées par les ménages pour atténuer l’impact de la crise. En dépit de l’assouplissement des mesures de restriction, les activités économiques tardent à atteindre le niveau moyen aussi bien dans le pays que dans les pays d’accueil des migrants.

La fermeture des frontières terrestre et aérienne entre les pays a réduit les flux commerciaux même si ces mesures ne concernent pas officiellement le transport de fret/marchandise. En plus, le Gouvernement a pris des mesures d’interdiction sur l’exportation de certaines denrées alimentaires ; ce qui a limité le niveau d’exportation des produits locaux en plus de l’annulation de la plupart des commandes vers les pays européens pour certains produits de rente (le bétail, les fruits, les produits artisanaux). La baisse est surtout ressentie sur les produits alimentaires (céréales, fruits), et beaucoup moins sur le bétail (8 pourcent des recettes d’exportation).

Les pertes d’emploi temporaires liées à la fermeture des sociétés et unités industrielles dans les pays d’accueil des migrants à cause de la COVID-19 limitent les capacités d’envois de fonds vers les pays d’origine. Selon mVAM de mai 2020, environ 65,4 pourcent des ménages déclarent une baisse de revenus issus de la migration et de manière forte pour plus du tiers (35,8 pourcent).

Productions agropastorales : L’installation des pluies se poursuit dans le pays ce qui relance la nouvelle campagne agricole et l’amélioration des conditions d’élevage. Le cumul de pluies au 20 juin, est normal à excédentaire à travers le pays excepté par endroits dans les régions de Gao, Tombouctou et Ménaka et de Kidal. Les récoltes de contre-saison de maraichage sont terminées et ont été jugées moyennes à bonnes dans l’ensemble. Quant aux contre-saisons de céréales (riz, blé), pour lesquelles les récoltes sont en cours, les perspectives de production sont moyennes dans l’ensemble ; ce qui améliorera la disponibilité en ces denrées dans les zones concernées. L’évolution des cultures de décrue (mil, sorgho, riz, niébé) se poursuit normalement au niveau des zones lacustres de Tombouctou et de Mopti. L’installation de la nouvelle campagne agricole est en cours à travers le transport de fumure organique, le nettoyage des champs, le labour et les semis ; ce qui constituent des opportunités de revenus et de nourriture pour les ménages pauvres dans les zones agricoles. Toutefois, la persistance de l’insécurité dans la zone du Liptako Gourma réduira le niveau des réalisations à la suite de l’impossibilité pour les populations d’accéder à leurs exploitations.

L’amélioration des conditions d’élevage grâce aux pluies enregistrées met fin à la soudure pastorale dans les zones agricoles du Sud du pays et cela à travers un début de reconstitution des pâturages et des points d’eau. L’embonpoint du bétail est moyen dans l’ensemble ; ce qui explique le niveau moyen des productions animales. Un début de remontée des troupeaux vers les zones de concentration habituelle des troupeaux est observé dans les zones du Sud du pays mais timide dans le Sahel occidental où la soudure pastorale a été plus difficile et où les conditions d’élevage restent mauvaises. L’insécurité continue de perturber les mouvements des troupeaux dans les zones du centre et du nord du pays. La situation zoo-sanitaire est calme dans l’ensemble, la campagne de vaccination du bétail se poursuit avec l’appui de certains partenaires humanitaires.

Production de pêche : La hausse habituelle des captures est observée grâce à la levée des mises en défens et aux pêches collectives dans les mares. Les captures sont jugées moyennes dans l’ensemble excepté par endroits dans le delta du Niger à Mopti où des perturbations sont signalées en lien avec l’insécurité qui sévit dans la zone. 

Fonctionnement des marchés et prix : L’approvisionnement des marchés en céréales est suffisant dans l’ensemble en dépit des baisses de flux pour les denrées alimentaires importées (riz, pâtes alimentaires, huiles, lait en poudre) liées aux mesures de restriction de lutte contre la COVID-19. Le déstockage habituel des paysans pour les besoins financiers de la nouvelle campagne agricole, les récoltes des contre-saisons et de plus en plus l’assouplissement des mesures de restriction entre les pays contribuent à la hausse des offres sur les marchés à des niveaux moyens. Toutefois, des perturbations de flux liées aux difficultés de mouvement des populations sont observées notamment dans les bandes frontalières à cause de la COVID-19 et aussi de l’insécurité persistante dans les zones du centre et du nord du pays.

Le prix de la principale céréale consommée en fin mai au niveau des capitales régionales par rapport à la moyenne quinquennale est en légère hausse de +14 pourcent à Kayes pourcent, de +6 pourcent a Gao pourcent, de +4 pourcent a Kidal pourcent et en baisse de -18 pourcent à Mopti, -14 pourcent à Sikasso et Ségou, -13 pourcent à Tombouctou et à -9 pourcent à Koulikoro. Ce niveau de prix est dans l’ensemble similaire ou inférieur à celui de l’année dernière à la même période.

L’offre de bétail sur les marchés est stable ou en baisse dans l’ensemble à cause des mesures liées à la COVID-19 qui limitent les demandes vers l’extérieur du pays et aussi à cause de la soudure pastorale globalement normale qui n’incite pas à des ventes inhabituelles excepté dans les zones du Sahel occidental et des zones d’insécurité. Les prix du bétail sont moyens à supérieurs à la moyenne sur les marchés agricoles du sud du pays mais similaires ou en baisse par rapport à la moyenne sur ceux des régions de Mopti, de Gao et de Tombouctou pour les gros ruminants à cause de la baisse des demandes ; ce qui réduit le revenu des ménages pastoraux. Le prix en fin mai de la chèvre qui est l’animal le plus vendu par les ménages pauvres, est par rapport à la moyenne quinquennale en baisse de -6 pourcent à Gao, -5 pourcent à Bourem, en hausse de +11 pourcent à Douentza, +28 pourcent à Mopti, +19 pourcent à Goundam, +25 pour cent à Ménaka et similaire à la moyenne à Gourma Rharous et Tombouctou ; ce qui est favorable à un revenu pastoral moyen à supérieur à la moyenne pour les ménages aisés qui disposent encore des effectifs contrairement aux pauvres qui sont limités à cause de leurs effectifs très réduits à la suite des fortes sollicitations depuis l’avènement de la crise en 2012. Les termes de l’échange par rapport à la moyenne sont en augmentation à Tombouctou (12 pourcent ), Ménaka (24 pourcent) et en baisse à Gao (12 pourcent ), Bourem (7 pourcent) et Ansongo (8 pourcent).

Accès à la nourriture : L’accès des ménages en cette période de soudure reste un défi pour les ménages pauvres des zones du Liptako-Gourma et du sahel Occidental, qui, en plus de l’épuisement précoce de leurs stocks, connaissent des baisses de revenus liées aux perturbations sécuritaires et/ou à la baisse des transferts des migrants. Environ 28 pourcent des ménages (mVAM mai 2020) ont connu des difficultés d’accès à la nourriture au cours du mois à cause principalement de la baisse de revenus et de l’augmentation des prix des denrées (19.8 pourcent). L’évolution des prix des denrées de base reste favorable à un accès des ménages aux denrées. Cependant, la baisse globale des revenus particulièrement pour les transferts monétaires pour lesquels elle est jugée forte pour 37.8 pourcent des ménages, affecte négativement les capacités d’accès des ménages aux marchés.

Mouvement de population : Le retour des bras valides vers leurs terroirs d’origine se poursuit dans les zones agricoles du pays. Des perturbations dans leurs mouvements avec les pays voisins ont été signalées à cause des mesures de restriction dans le cadre de la lutte contre la COVID-19. La levée progressive des confinements a permis une reprise des mouvements. Dans le Centre et le Nord du pays, la persistance des incidents sécuritaires continue d’engendrer des mouvements inhabituels de population à la recherche de zones plus sécures. En fin mai 2020, plus de 250 998 personnes déplacées ont été enregistrées dont plus de 40 pourcent dans la seule région de Mopti et où des arrivées de réfugiés du Burkina Faso sont également signalées et aussi du Niger dans la zone de Ménaka et de Gao.

Assistances humanitaires : Les assistances alimentaires principalement sous forme de cash transfert ont eu lieu à l’endroit des populations pauvres et des déplacés par le Gouvernement et les agences humanitaires de janvier à nos jours. Ainsi, 717 279 personnes ont été concernées par des assistances mensuelles dont 313473 pour le seul mois d’avril principalement dans les régions de Ménaka, Gao, Kayes, Mopti, Tombouctou et Kidal (cluster SA, juin 2020). Le Plan National de Réponse en cours consiste à une assistance en vivres de juin à septembre à environ 1.6 millions de personnes, tandis que les appuis aux moyens d’existence pourront concerner près de 2.5 millions de personnes.

Situation sécuritaire : La situation sécuritaire reste marquée par la poursuite des incidents sécuritaires qui affectent négativement l’environnement socio-économique dans les régions du Centre et du Nord du pays. Selon OCHA, au niveau national, 367 incidents ont été enregistrés en mai 2020 contre 144 en janvier, 351 en février et 332 en avril. Plus de 75 pour cent des incidents rapportés en mai (soit 282 incidents) ont eu lieu dans les régions de Mopti (175 cas) et de Ségou (107 cas), au centre du pays. La réduction des opportunités d’emplois et des revenus par rapport à la moyenne pour les ménages de la zone aux moyens d’existence sous pression voire en déficit de protection, limitent les capacités des ménages à satisfaire leurs besoins alimentaire et non alimentaire. Les difficultés d’accès aux services sociaux de base (santé, éducation, marchés,) et dans la mise en œuvre des assistances humanitaires, dégradent davantage les conditions de vies des ménages des zones concernées et particulièrement des ménages déplacés. En fin mai plus de 250998 personnes déplacées internes (Rapport CMP fin avril 2020) et 45749 réfugiés provenant du Niger, du Burkina et de la Mauritanie, Cote d’ivoire (UNHCR mai 2020) qui habitent en Mali.

Suppositions

Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire de juin à janvier 2021 se base sur des suppositions fondamentales, par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

  • Restrictions liées à la COVID-19 : En dépit d’une augmentation continue du nombre de cas dans le pays, un assouplissement des mesures a été faite à travers la suspension du couvre-feu et l’ouverture même partielle des écoles. Ces nouvelles dispositions réduiront l’impact de la COVID-19 sur certaines activités économiques à l’intérieur du pays. Toutefois, l’expansion probable de la pandémie, le changement de comportement social des individus pour préserver leur santé individuelle pourraient entrainer de facto une limitation des activités dans plusieurs secteurs et maintenir la baisse significative des revenus.
    • Recette d’exportation du pays : En dépit de la volonté des pays pour la reprise des échanges, la reprise timide et les nombreuses restrictions sanitaires qui persistent continueront limiter le niveau des exportation des produits locaux en plus de l’annulation de la plupart des commandes vers les pays européens pour certains produits de rente (fruits, bétail, céréales) ; ce qui réduira les recettes d’exportation du pays pendant la période.
    • Transferts monétaires des migrants : Selon la Banque Mondiale, la baisse des transferts devrait atteindre 20 pourcent à partir des Etats Unis et de 40 pourcent à partir de l’Union Européenne qui, avec les pays de l’Afrique Central, constituent les principales destinations des migrants du pays. La baisse des revenus des migrants liée à la faible reprise des activités économiques et les difficultés d’envois liées à l’interdiction des transports voyageurs réduiront de plus de moitié les transferts vers le pays.
  • Situation sécuritaire et mouvement des populations : Les perturbations sécuritaires se poursuivent dans les régions du Nord et du centre où des attaques armées sont régulièrement enregistrées malgré l’intensification des patrouilles et des opérations militaires en cours. La dispersion des groupes armés qui en a résulté, a engendré une multiplication des foyers de tension. Selon FEWS NET, la volatilité de la situation sécuritaire devrait se poursuivre de juin à janvier dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal, le Nord de Ségou et particulièrement dans celles de Ménaka et Mopti (Liptako-Gourma) où les conflits communautaires sont fréquents. Les mouvements inhabituels de population qui en résultent devraient se poursuivre au rythme de la situation sécuritaire pour laquelle des négociations se poursuivent.
  • Pluviométrie/crue : Les prévisions consensuelles de NOAA NMME, IRI, et de PRESAS de juin 2020 nous indiquent une forte probabilité de cumul pluviométrique normal à excédentaire au Mali particulièrement dans le centre où une situation excédentaire est attendue. Aussi, l’installation précoce des pluies selon les mêmes prévisions est favorable à un démarrage à temps du calendrier agropastorale dans le pays. Une bonne répartition dans le temps et dans l’espace des hauteurs de pluie reste nécessaire afin d’assurer un bon niveau de production agricole pour la campagne en cours. Il en est de même pour les différents fleuves qui desservent le Mali dans les bassins du fleuve Niger et de celui du Sénégal sur lesquels on s’attend à des écoulements moyens à supérieurs à la moyenne.
  • Invasion acridienne : La situation du criquet pèlerin reste calme dans l’ensemble avec toutefois des individus adultes isolés dans le Nord-Est du pays dans la zone du Timétrine et de Tin Ekar. Selon le bulletin Fao (http://www.fao.org/ag/locusts/common/ecg/562/en/DL499e.pdf) sur le criquet pèlerin, une reproduction à petite échelle aura lieu dans ces zones habituelles de présence durant les mois prochains. Au regard des conditions actuelles, notamment celles favorables au maintien du criquet pèlerin dans les zones de préoccupation (Arabie, Afrique de l’Est, soudan) une invasion acridienne de grande ampleur au Sahel est pour le moment peu probable mais elle n’est toutefois pas improbable. Compte tenu des situations favorables en ce moment et qui vont prévaloir au Sahel et vu la localisation actuelle des criquets, même si des essaims devraient arriver dans le Sahel, ils ne seraient pas massifs de sorte à compromettre sérieusement les récoltes.
  • Productions agricoles : Les préparatifs pour la nouvelle campagne agricole sont en cours à travers le pays. Les prévisions saisonnières favorables sur les facteurs climatiques (pluies, crue) et la poursuite du programme national de subvention des intrants agricoles (semences, engrais) par l’état, la poursuite des programmes d’aménagement hydroagricoles, augurent d’une production céréalière moyenne à supérieure à la moyenne dans le pays en octobre 2020. Il en sera de mêmes pour les cultures de décrue dans la zone de Lacs de Tombouctou et de Mopti où la crue moyenne de 2019 a permis une hausse des superficies réalisées. Les récoltes moyennes à supérieures à la moyenne sont attendues en août/septembre pour les cultures de décrue, octobre/novembre pour le mil/sorgho, maïs de saison et décembre/janvier pour le riz si toutefois les autres conditions défavorables notamment l’impact négatif de la COVID sur l’approvisionnement en intrants, la mobilité de l’encadrement et les infestations régulières y compris la chenille légionnaire sont maitrisées. Les appuis en intrants agricoles notamment dans les régions du nord par la FAO, le CICR et d’autres ONG dans le cadre de la résilience renforceront les capacités de production des ménages bénéficiaires. Toutefois, on s’attend à des baisses localisées de production dans le Liptako Gourma où les conflits limiteront l’accès aux champs pour certains ménages.
  • Productions animales/mouvement du bétail : La soudure pastorale normale dans la plupart des zones agropastorales de même que l’installation à temps des pluies qui relancent la reconstitution habituelle des conditions d’élevage sont favorables à une reprise normale des productions animales (lait, beurre, viande) à partir de juin à juillet. Le pic de la production sera atteint en août-septembre et sera à des niveaux moyens.
  • Transhumance : Les troupeaux sont au niveau des zones de concentration de saison sèche autour des points d’eau permanents (puits, mares et fleuves). Un début de remontée vers les pâturages d’hivernage est observé grâce à la reconstitution des conditions d’élevage. Les perturbations observées dans les zones de conflit se poursuivront avec moins d’intensité grâce à l’amélioration des conditions d’élevage qui favoriseront une large dispersion.
  • Soudure agropastorale : La soudure agropastorale qui commencera en juin sera normale pour la majorité des populations du pays grâce à un accès moyen des ménages aux denrées alimentaires à la faveur des bonnes récoltes de 2019. Cependant, la dépendance aux marchés d’un à deux mois plus que d’habitude des ménages pauvres des zones de mauvaise production de Mopti, Tombouctou et de Gao qui connaissent une baisse de revenus par rapport à la moyenne engendrera une soudure plus longue d’un mois et plus qu’en année normale. Il en est de même pour les ménages pauvres des centres urbains du pays et des zones vivant de transferts de migrant à cause des impacts négatifs des mesures de lutte contre la COVID-19 qui ont réduit les revenus des ménages à travers la réduction des activités économiques et de la baisse des transferts de plus de 20 à 40 pourcent pour plus de deux tiers des ménages.
  • Les marchés et les prix

  • Approvisionnement des marchés en vivres : Le fonctionnement des circuits habituels d’approvisionnement des marchés se poursuit avec toutefois une baisse des flux commerciaux pour les produits importés à cause du ralentissement des mouvements des pays d’exportations et au niveau des ports dans le cadre du respect des mesures d’hygiène. Quant aux circuits d’approvisionnement locaux, ils se poursuivent normalement en absence de mesures de confinement. Toutefois, la baisse de fréquentation des marchés réduit les disponibilités sur les marchés, ce qui induit par endroits des fluctuations d’offre des denrées en cette période de baisse saisonnière des offres. Ces fluctuations sont plus observées dans les régions du Nord à cause de l’insécurité qui perturbe par moment les flux commerciaux. La bonne disponibilité en céréales sur les marchés à travers le pays grâce à la bonne production de céréales de 2019 et le niveau des stocks moyens à supérieurs à la moyenne, contribuera à un bon approvisionnement des marchés en céréales de juin à octobre. Les nouvelles récoltes moyennes à bonnes attendues en octobre/novembre induiront la hausse habituelle des offres de céréales sur les marchés. Quant aux denrées importées, leur disponibilité sera fonction de l’évolution de la situation de la COVID-19 au niveau des marchés d’approvisionnement.
  • Prix des denrées alimentaires de base : La tendance saisonnière de hausse des prix des céréales est observée mais moins marquée qu’en année normale grâce à leur bonne disponibilité et à la baisse de la demande pour les unités industrielles et les exportations en lien avec les conséquences de la COVID-19 à travers le pays. Les prix des céréales de base sont similaires à inférieurs à la moyenne au niveau des zones de production et similaires à supérieurs à la moyenne dans les zones de consommation. Selon le système de projection de prix du FEWS NET, les prix des céréales seront inférieurs à similaires à la moyenne sur les principaux marchés. Cependant, la baisse des flux pour les denrées importées (riz, lait, huile, farine de blé, sucre) a rehaussé les prix de ces denrées par rapport à la moyenne de 5 à 15 pourcent voire plus de 20 pourcent dans les régions du Nord. Les mesures d’exonération du Gouvernement ont permis de limiter la hausse et de maintenir les prix à un niveau moyen dans les zones du Sud où le contrôle des services du Commerce est présent. La hausse observée et qui est liée aux mesures de restriction dans le cadre de la COVID-19 devrait s’estomper à partir de juin grâce à l’assouplissement desdites mesures dans les pays d’importation.
  • Prix du bétail : La baisse saisonnière du prix des animaux est observée sur les marchés à cause de la dégradation habituelle de leurs embonpoints. Les mauvaises conditions d’élevage dans la bande su sahel occidental de Kayes, l’insécurité dans le centre et le nord du pays en plus de la fermeture des frontières avec les pays voisins, ont réduit les demandes de bétail sur les marchés et qui ont engendré des baisses de prix du bétail notamment pour les bovins. Les prix du bétail similaires à légèrement supérieurs à la moyenne à cause des demandes pour le Ramadan connaitront leur amélioration saisonnière grâce à la reconstitution des conditions d’élevages favorables à un regain d’embonpoint du bétail. Les perturbations de l’accès des ménages aux marchés dans les zones d’insécurité de Mopti et de Ménaka et la volonté des ménages concernés de procéder à des ventes d’urgence réduiront le niveau des prix en dessous de la moyenne dans ces zones. 
  • Assistance humanitaire : L’assistance alimentaire en vivres et en non-vivres se poursuit à travers tout le pays pour les ménages en insécurité alimentaire estimées à plus de 5 millions (Plan National de Réponse). La distribution de vivres initiée par le Gouvernement avec l’appuis des partenaires humanitaires pour plus de 56000T de céréale est en cours et se poursuivra jusqu’en septembre. L’avènement de la COVID-19 avec ses impacts sur la population a rehaussé le nombre de personne en besoin. Ces besoins supplémentaires nécessitent des fonds supplémentaires qui ne sont pas toujours disponibles. Aussi, le respect des mesures barrières impose une réorganisation du dispositif logistique comme la multiplication des points de distribution et ou le changement du type d’intervention (distribution cash au lieu de vivre direct), le retard dans la mise en œuvre. Ses dépassements de budget en plus des difficultés d’accès humanitaire dans les zones d’insécurité, sont de nature à affecter négativement l’impact de l’assistance aux populations en besoin.
  • Reconstitution des stocks institutionnels : Les achats institutionnels pour la reconstitution du stock national de sécurité dans le cadre du plan national de réponse (pour plus de 20 000 tonnes de céréale) sont en cours au niveau des grands marchés de production. Ces achats institutionnels qui se font en dehors de la période habituelle ne devraient pas avoir de grands impacts sur l’approvisionnement et les prix compte tenu du niveau de stock important sur les marchés et du fait que les fournisseurs s’étaient déjà préparés à travers la constitution de stocks depuis l’année dernière.
  • Migration : Le retour habituel des bras valides partis à la recherche de ressources pour les ménages se poursuit au niveau des zones agricoles du pays à la faveur de l’installation des pluies qui relance la nouvelle campagne agricole. Le retour des bras valides présents dans le pays devrait se dérouler sans grandes difficultés mais sera perturbé pour ceux installés dans les pays voisins à cause des interdictions de voyages de personnes entre les pays liés à la COVID-19. La fermeture des sites d’orpaillage, qui constituent les points d’attraction des bras valides, la baisse de niveau des activités économiques dans les centres urbains du pays et des pays voisins, ont affecté négativement les revenus issus de la migration saisonnière. Les ressources moyennes à inférieures à la moyenne rapportées en juin ou envoyées durant le séjour permettront aux ménages d’améliorer leur accès aux marchés notamment dans les zones de baisse de production agricole où les départs ont été plus précoces que d’habitude.
  • Pêche : La campagne de pêche arrive à terme en juin avec la reprise de la crue sur les cours d’eau et l‘installation de la nouvelle campagne agricole. La baisse habituelle des captures de juin à septembre à cause de la hausse du niveau des eaux sur les cours d’eau sera observée. Le niveau d’écoulement moyen à supérieur à la moyenne sur les cours d’eau attendu selon les prévisions saisonnières (PRESASS) est favorable à une reproduction satisfaisante des espèces piscicoles. Par conséquent, les perspectives pour la prochaine campagne de pêche qui démarrera en novembre 2020 seront moyennes à supérieures à la moyenne dans l’ensemble.
  • Situation nutritionnelle : La dégradation habituelle de la situation nutritionnelle en cours à cause de l’épuisement des stocks pour les petits producteurs, la hausse saisonnière des prix des denrées alimentaires, la prévalence des maladies comme le palu, les IRA, etc.) se poursuivra jusqu’en septembre. La prévalence de la malnutrition aiguë globale est de 10,0 pourcent [9,1-11,0] selon l’enquête SMART de juillet 2019. En dépit de la dégradation attendue, la prévalence ne devrait pas être significativement différente de la médiane de la série des cinq dernières années selon les enquêtes SMART de soudure qui est de 10,7 pourcent. Toutefois, une dégradation supérieure à la médiane sera observée dans les zones d’insécurité où l’accès aux services sociaux de base est limité et les zones de mauvaise production qui ont recours à des stratégies d’adaptation alimentaires comme la réduction du volume et de la qualité des repas, préjudiciables pour la nutrition des ménages. A partir de juillet/août, la disponibilité du lait et des produits laitiers, les assistances alimentaires en cours permettront de limiter le niveau de dégradation de la situation nutritionnelle particulièrement au niveau des zones où les programmes de dépistage et de récupération nutritionnelle se poursuivent. Aussi, avec l’avènement de la COVID-19, une baisse de fréquentation des structures de santé est observée ; ce qui expose davantage les groupes vulnérables à la malnutrition aigüe

Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

La disponibilité en céréales globalement moyenne à supérieure à la moyenne dans le pays et les prix des denrées globalement inférieurs à similaires à la moyenne sont favorables à un accès moyen de la majorité des ménages à la nourriture. Ainsi, la majorité des ménages du pays sera en situation d’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC), de juin 2020 à janvier 2021. Toutefois, la soudure précoce liée à l’épuisement précoce des stocks dans le Sahel Occidental de Kayes et dans la zone du Liptako Gourma, de même que la réduction des revenus liée aux conséquences de la COVID-19, limitent les capacités des ménages pauvres d’accéder à la nourriture en cette période de soudure. Le score de consommation pauvre plus limite de 22,4 pourcent selon mVAM de mai 2020 dénote de la dégradation alimentaire par rapport à février (18,2 pourcent) qui serait plus marquée dans le sahel occidental de Kayes, le Liptako Gourma et par endroits dans les régions du nord.

De juillet à septembre 2020, les ménages pauvres du sahel occidental à cause de l’épuisement de leurs stocks et de la baisse de revenus liés à la COVID-19 ont recours de façon atypique aux stratégies de vente inhabituelle de bétail, à l’intensification des activités de mains d’œuvre, la réduction des dépenses non alimentaires, à l’emprunt pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquent, l’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) en cours se poursuivra jusqu’en octobre 2020 à partir de laquelle, les récoltes moyennes attendues permettront un accès sans difficultés à la nourriture. Quant aux ménages pauvres du Liptako Gourma et de Ménaka, ils connaissent des déficits de protection de moyens d’existence de 37 pourcent à Bandiagara à 95 pourcent à Koro à cause des séquelles de l’insécurité qui se poursuit encore dans la zone à la suite des pillages, dégradations des biens. En plus, les perturbations économiques et les déplacements inhabituels des populations vivant surtout des assistances humanitaires, font que les ménages pauvres de cette zone sont en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) de juin à septembre 2020.

D’octobre 2020 à janvier 2021, la disponibilité de la propre production bien que faible, des paiements en nature issus des travaux de récolte et la baisse des prix des céréales favorable à l’amélioration des termes de l’échange bétail/céréales permettront aux ménages de satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir aux stratégies d’adaptation atypiques. Par conséquent, la majorité des ménages de pasteurs et d’agropasteurs se retrouveront en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) d’octobre jusqu’en janvier. Toutefois, les ménages pauvres qui seront victimes des inondations et ceux des déplacés et de réfugiés de retour auront de la peine à satisfaire convenablement leurs dépenses alimentaires et de reconstitution de moyens d’existence et par conséquent, seront en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en janvier 2021. Il en sera de même pour les ménages pauvres des centres urbains et ceux dépendant des transferts monétaires des migrants.

Evènements qui pourraient changer le scenario

Zone Evénements Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire
National
  • Retard et/ou insuffisance d’installation des pluies de juin à août
  • Les effets de la COVID-19 sur l’économie nationale
  • Dégâts des ennemis de culture de juillet à septembre (criquet pèlerin, chenille légionnaire, oiseaux granivores) 
  • Inondation à cause des grandes pluies ou à une forte crue des fleuves
  • Un retard d’installation des pluies prolongera plus que d’habitude la soudure pastorale ; ce qui pourrait rehausser les risques de mortalité plus élevés de bétail par misère physiologique et par conséquent une baisse du revenu issu de la vente du bétail. Le retard dans l’installation des cultures affectera négativement les productions de céréales attendues en septembre 2020.
  • Les effets de la baisse de régime des activités économiques à cause des conséquences de la COVID-19 continueront à être ressentis aussi bien sur l’économie du pays que sur les revenus individuels des ménages en dépit de l’assouplissement des mesures de restriction par les gouvernements. Une expansion incontrôlée des cas rehaussera d’avantage les séquelles de la crise et l’insécurité alimentaire dans le pays à cause de la baisse de revenus et des limitations des flux commerciaux dans le pays. 
  • Les dégâts importants des chenilles légionnaires (sur les cultures), du criquets pèlerins (sur les cultures et les pâturages herbacés et ligneux) sur les cultures et les pâturages, réduiront les disponibilités alimentaires aussi bien pour les hommes que pour les animaux. La hausse des prix de céréales et la crise pastorales qui en résulteraient affecteront négativement les capacités des ménages à satisfaire leurs besoins alimentaires.
  • Les pertes de cultures, de stocks céréaliers, et de destructions des habitats et d’équipements dans les zones touchées de juillet à septembre affecteront négativement les moyens d’existence des ménages et réduiront les capacités des ménages à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires notamment pour les plus pauvres. 
Nord et centre du Mali
  • Intensification des perturbations des marchés à cause de l’insécurité 
  • Une intensification des incidents sécuritaires affecterait davantage l’économie dans les zones concernées ; ce qui impactera négativement les revenus, les moyens d’existence des ménages et l’approvisionnement des marchés dans la zone.  
ML10 et ML11
  • Les revendications des producteurs de coton à la suite de la hausse des prix des intrants et la baisse attendue de leurs revenus
  • La baisse prévisionnelle du prix du kilogramme du coton de 9 pour cent environ passant de 275 FCFA à 250 FCFA et les difficultés d’accès aux intrants amènent certains producteurs à cultiver les céréales en lieu et place du coton. Cela pourrait rehausser significativement le niveau des productions céréalières et des légumineuses dans le pays, donc de la disponibilité alimentaire. 

Pour plus d'informations sur les perspectives concernant des domaines de préoccupation spécifiques, veuillez cliquer sur le bouton de téléchargement en haut de la page pour obtenir le rapport complet.

This report is being translated into English. 

A Propos de l’Élaboration de Scenarios

Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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