Perspectives sur la sécurité alimentaire

Accès limité des ménages par endroits aux denrées alimentaires à cause des conflits

Juin 2019 - Janvier 2020

Juin - Septembre 2019

Carte de les Résultats estimés les plus probables de la sécurité alimentaire, juin à septembre2019: La plupart du pays est en Minimale (Phase 1 de l'IPC), sauf que des parties de Gao et Mopti qui ont en Stress (Phase 2 de l'IPC) et Stress ! (Phase 2 ! de l'IPC) avec l'assistance humanitaire

Octobre 2019 - Janvier 2020

Carte de les Résultats estimés les plus probables de la sécurité alimentaire, octobre 2019 à janvier 2020: La plupart du pays est en Minimale (Phase 1 de l'IPC), sauf que des parties de Mopti qui ont en Minimale ! (Phase 1! de l'IPC ) avec l'assistance humanitaire

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • La campagne agricole 2019-20 a démarré dans le pays grâce à l’installation des pluies en fin mai. Les perspectives de production agricoles sont en hausse de 10 pour cent par rapport à 2018 et de 25 pourcent par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les récoltes moyennes à supérieures à la moyenne attendues en octobre 2019 seront favorables à un bon approvisionnement des marchés en céréales.

  • L’approvisionnement des marchés en céréales reste suffisant partout à travers le pays en dépit des perturbations de flux observées par moments dans les zones d’insécurité. Les prix des céréales similaires à légèrement supérieurs à la moyenne dans l’ensemble sont favorables à un accès des ménages pauvres aux denrées.

  • La soudure précoce dans la vallée du fleuve de Gao et de Tombouctou, et par endroits dans le delta intérieur du fleuve Niger et la baisse des revenus, amène les ménages pauvres à recourir aux stratégies d’adaptation négatives pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquents, ils seront en insécurité alimentaire de Stress avec nécessité d’assistance humanitaire (Phase 2 ! de l’IPC) de juin à septembre pour les zones les plus touchées pour éviter le passage à pire.

  • Les récoltes moyennes à supérieurs à la moyenne attendues en octobre 2019 de même que la baisse des prix et l’amélioration des termes d’échange bétail/céréale qui seront observées, amélioreront l’accès des ménages aux vivres. Par conséquent, la majorité des ménages du pays sera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) d’octobre à janvier 2020. Quant aux ménages déplacés et les victimes des inondations, ils traineront encore les séquelles de la dégradation de leurs moyens d’existence et par conséquent seront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) à pire.

Contexte National

Situation actuelle

Productions agropastorales

La campagne agricole 2019-2020 a démarré dans les zones agricoles du Sud du pays grâce à l’installation plus ou moins importante des pluies. Le cumul de pluie au 30 mai est globalement déficitaire dans le pays excepté par endroit dans les régions de Ségou et du Nord du pays. Le nettoyage des champs, le transport et l’épandage de fumier et les semis en cours, sont des opportunités moyennes de revenus et de nourriture pour les ménages pauvres qui s’adonnent à ces activités. Les cultures de contre-saison de riz au niveau des PIV et des cultures de décrue au niveau des lacs et mares des régions de Tombouctou et de Mopti évoluent normalement. Les récoltes moyennes à supérieures à la moyenne attendues de juin à juillet amélioreront la disponibilité en vivres dans ces zones. Les prévisions de production de céréales pour la campagne qui démarre sont en hausse de 25 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale et de 10,0 pour cent à celle de 2018/19 (Conseil National de l’agriculture). La poursuite de la subvention des intrants et des équipements agricoles, des aménagements hydroagricoles en plus des prévisions de pluies moyennes à excédentaires attendues sont favorables à des productions agricoles moyennes à supérieures à la moyenne dans le pays.

La régénération des pâturages et la reconstitution des points d’eau dans les zones agricoles du sud du pays sont en cours grâce aux pluies enregistrées ; ce qui relance la reprise de l’embonpoint des animaux et des productions animales. La soudure pastorale se poursuit dans les zones pastorales du Nord et dans la bande du Sahel occidental en attendant l’installation des pluies. Le départ à la transhumance des troupeaux vers les zones de pâturages d’hivernage est observé au niveau des zones agricoles du sud. Des perturbations dans le mouvement des troupeaux sont observées dans les zones de conflit Communautaire dans la bande frontalière du Burkina et du Niger.

Production de pêche

Les captures pour la pêche ont été jugées moyennes à supérieures à la moyenne à travers le pays. Les pêches collectives et la levée des mises en défens ont contribué à rehausser les captures par rapport au mois passé. Les revenus moyens issus de cette activité améliorent le pouvoir d’achat et l’alimentation des ménages pêcheurs. Le retour des ménages pêcheurs des pêcheries habituelles vers les terroirs sont en cours. 

Marches et prix

L’approvisionnement des marchés en céréales reste suffisant partout à travers le pays en dépit de la baisse saisonnière des offres moins marquée qu’en année moyenne et cela grâce à la bonne production de 2018. Les ventes subventionnées de l’OPAM et les récoltes de contre saison de riz en cours ont contribué à rehausser l’offre par rapport au mois passé dans les zones concernées. Le prix de la principale céréale (mil) en fin mai est stable par rapport au mois passé sur tous les marchés des capitales régionales. Par rapport à la moyenne quinquennale le prix du mil/sorgho en fin mai est en hausse de 17 pourcent à Kayes, 9 pourcent à Gao, stable à Tombouctou et Kidal et inférieurs sur les autres marchés des capitales régionales de -21 pour cent à Ségou à -6 pour cent à Mopti. Ces niveaux de prix sont favorables à un accès moyen des ménages aux marchés.

L’offre de bétail présente la hausse habituelle en cette période de soudure et aussi à cause de la mouvance de la fête de Ramadan. Elle est moyenne dans l’ensemble pour la période à cause des conditions d’élevage moyennes qui n’incitent pas à un déstockage important. Les demandes sont de plus en plus élevées à cause des fêtes religieuses et des exportations vers les pays voisins. Cependant, une baisse des exportations par rapport à une année moyenne est signalée sur les marchés de Gao et de Mopti à cause de l’insécurité qui limite l’accès aux marchés pour les grossistes.

Le prix de la chèvre qui est l’animal le plus vendu par les ménages pauvres est par rapport à la moyenne quinquennale en baisse de -20 pourcent à Rharous, -8 pourcent à Gao, stable à Tombouctou et en hausse à Nara (22 pourcent), Mopti (15 pourcent) et Bourem (9 pourcent) (Figure 1). Quant aux termes de l’échange chèvre/céréales par rapport à la moyenne quinquennale, ils sont en baisse de -15 pourcent à Gao, -26 pour cent à Rharous, stable à Bourem, Tombouctou et en hausse de 23 pour cent à Mopti, 16 pour cent à Nara et 7 pour cent à Ménaka. La baisse des termes de l’échange réduit les capacités d’accès des ménages pasteurs aux vivres. La disponibilité moyenne à supérieure à la moyenne des récoltes de contre-saison de céréales et les produits issus de la rémunération en nature dans la préparations des champs pour la nouvelle campagne agricole en plus du prix des céréales similaires à légèrement supérieur à la moyenne, sont favorables à un accès des ménages à la nourriture sans grandes difficultés dans les zones agricoles. Dans certaines zones pastorales, la dégradation des termes de l’échange chèvre/mil par rapport à la moyenne réduit les capacités d’accès des ménages pauvres aux marchés.

Consommation alimentaire

La consommation alimentaire présente sa dégradation habituelle. Cependant, l’épuisement précoce des stocks et la forte dépendance des ménages pauvres dans les zones de mauvaise production du delta du Niger et de la bande du fleuve de Tombouctou et de Gao engendrent une dégradation inhabituelle à cause des stratégies de réduction des dépenses alimentaires ; ce qui affecte négativement leur consommation alimentaire. Il en est de même pour les ménages déplacés qui sont dans une situation de dénuement qui limite leurs accès adéquats aux vivres en dehors des assistances humanitaires en cours. Le score de consommation alimentaire pauvre plus limite devrait être proche de la moyenne de la période et être supérieur à la moyenne des mois de mars qui est de 14,7 pourcent selon ENSAN des quatre dernières années. Quant à la diversité alimentaire, elle est au minimum en cette période de soudure à cause du rationnement dans les ménages pauvres. L’indice de faim, en raison du recours aux stratégies atypiques d’adaptation devrait être supérieur au score de 8 pour cent de faim modérée à sévère de février 2019 (ENSAN février 2019).

Mouvement de population

Le retour habituel des bras valides dans les terroirs d’origine pour la nouvelle campagne agricole se poursuit mais reste timide dans les zones de conflit à cause de la persistance des incidents. Les ressources en nature et en espèce moyennes à supérieures à la moyenne envoyées ou rapportées améliorent le pouvoir d’achat des ménages en cette période de soudure. L’insécurité dans les régions du Nord et du centre du pays a occasionné des déplacements inhabituels de populations. En fin avril 2019, environ 106164 personnes déplacées ont été dénombrées par la Commission Mouvement de Population dont 43,9 pourcent personnes dans la seule région de Mopti où des arrivées de populations du Burkina Faso sont également signalées. Les pertes de biens qui en découlent rehaussent leur vulnérabilité à l’insécurité alimentaire. Des retours de réfugiés maliens continuent d’être enregistrés à travers le pays notamment dans la région de Tombouctou et de Mopti et sont estimés à plus d’un millier de personnes selon le HCR.

Situation sécuritaire

La situation sécuritaire reste marquée par la poursuite des incidents sécuritaires qui affectent négativement l’environnement socio-économique dans les régions du Nord et du centre du pays ; ce qui réduit les opportunités d’emplois et les revenus par rapport à la moyenne pour les ménages pauvres. Les pertes de biens et les pillages liés à ces incidents sécuritaires engendrent des dégradations des moyens d’existence pour les ménages des zones concernées particulièrement à Ménaka et dans la région de Mopti. Les difficultés de mise en œuvre des appuis humanitaires qui en résultent ne permettent pas d’atteindre l’efficacité attendue ; ce qui rehausse les difficultés des ménages en besoins et limite la reconstitution de leurs moyens d’existence fortement sollicités pour répondre à leurs besoins.

Actions humanitaires

Le plan national de réponse en préparation prévoit de juin à septembre une assistance alimentaire mensuelle en vivres de la demi-ration et de la ration complete pour 1055 380 personnes à travers tout le pays dont 77,3 pour cent dans les regions de Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal et Ménaka. Des appuis en intrants agricoles pour la nouvelle campagne agricole (semences, engrais), de soutien aux pasteurs en aliments de bétail et de soins zootechniques en cours soulageront les ménages bénéficiaires qui réduiront le recours aux strategies d’adaptation negatives. Quant aux appuis aux populations déplacées, retournées et rapatriées, ils se poursuivront durant toute la période du scenario

Suppositions

Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire de juin 2019 à janvier 2020 se base sur des suppositions fondamentales, par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

Production agricole et pastorale

Pluviométrie/crue des fleuves: Les prévisions consensuelles de NOAA, ECMWF et de ACMAD de mai 2019 nous indiquent une probabilité de cumul pluviométrique normal à excédentaire dans le Mali particulièrement dans le centre et le Nord-Est où une situation excédentaire est attendue. Une bonne répartition dans le temps et dans l’espace des pluies reste nécessaire afin d’assurer un bon niveau de production agricole pour la campagne en cours. Il en est de même pour les écoulements sur les différents fleuves qui desservent le Mali dans les bassins du fleuve Niger et de celui du Sénégal.

Invasion acridienne : Selon le bulletin FAO (FAO.org/ag/locusts) sur le criquet pèlerin, une reproduction à petite échelle aura lieu au sud des monts Atlas, au Maroc et en Algérie, mais les effectifs acridiens resteront faibles. Il se peut qu’une reproduction limitée se poursuive dans le nord du Mali. Des signalisations non confirmées ont été signalées par des nomades, des voyageurs et des populations locales de présence d’ailés solitaires immatures et matures en mélange avec des larves solitaires des derniers stades dans le nord du pays sur trois sites de la vallée du Tilemsi, à l’ouest d’Aguelhoc (1927N/0052E). En perspective, des criquets en faibles effectifs persisteront dans des parties de l’Adrar des Iforas. On ne s’attend à aucun développement significatif.

Productions agricoles : Les prévisions favorables sur les facteurs climatiques (pluies, crue) et la poursuite du programme national de subvention des intrants agricoles de 50 pourcent du prix du marché (semences, engrais) et des programmes d’aménagement hydroagricole par le Gouvernement, permettent d’espérer sur une production céréalière moyenne à bonne dans le pays. Il en est de même pour les cultures de décrue dans la zone de Lacs de Tombouctou et de Mopti où la forte crue de 2018 permettra une hausse des superficies exploitables. Les récoltes moyennes à supérieures à la moyenne sont attendues en août/septembre pour les cultures de décrue, octobre/novembre pour le mil/sorgho, maïs de saison et décembre/janvier pour le riz. Les appuis en intrants agricoles notamment dans les régions du nord par la FAO, le CICR et d’autres ONG dans le cadre de la résilience renforceront les capacités de production des ménages bénéficiaires. Toutefois, les conflits qui limitent l’accès aux champs pour certains ménages dans le centre du pays réduiront en dessous de la moyenne, les productions attendues en octobre 2019 dans ces zones.

Soudure agropastorale : La soudure agropastorale qui commence sera normale pour la majorité des populations du pays grâce à un accès moyen des ménages aux denrées alimentaires à la faveur des bonnes récoltes de 2018 et de l’évolution des prix des céréales sur les marchés. Cependant, la dépendance aux marchés d’un à deux mois plus que d’habitude des ménages pauvres des zones de mauvaise production de Mopti, Tombouctou et de Gao qui connaissent une baisse de revenus par rapport à la moyenne, engendrera une soudure précoce d’un mois et plus qu’en année normale. La disponibilité moyenne des récoltes en vert (légumineuses, légumes, maïs, etc.) à partir de septembre mettra fin à la soudure pour les ménages.

Productions animales: La soudure pastorale normale dans la plupart des zones agropastorales est favorable à une reprise normale des productions animales (lait, beurre, viande) grâce à la reconstitution habituelle des conditions d’élevage à partir de juin à juillet. Le pic de la production sera atteint en aout-septembre. Toutefois, la récurrence des conflits communautaires dans la bande frontalière avec le Niger dans la région de Ménaka et avec le Burkina dans la région de Mopti limitera l’accès adéquat à certains parcours ; ce qui pourrait affecter la bonne alimentation des troupeaux et affecter négativement les revenus et la disponibilité en produits animaliers pour les ménages pasteurs.

Mouvement du bétail : Les troupeaux présents au niveau des zones de concentration habituelle de saison sèche entameront le retour aux pâturages d’hivernage à la faveur de l’installation des pluies en juin/juillet. Il restera perturbé dans les zones de conflit communautaires où l’accès adéquat à certains parcours pastoraux sera perturbé.

Production halieutique : Les captures pour la pêche, abondantes en cette période, connaitront la baisse habituelle de juin à septembre à cause de la hausse du niveau des eaux sur les cours d’eau. Elles resteront au-dessus de la moyenne grâce à la bonne reproduction de 2018. A partir de septembre, la hausse habituelle des captures sera observée grâce à la décrue sur les cours d’eau. Les perspectives de production pour la campagne de pêche seront moyennes à bonnes à la faveur de la crue moyenne attendue.

Les autres activités de moyens d’existence

Migration et mouvements de population : L’installation des pluies en juin/juillet marque le retour des bras valides partis à la recherche de ressources pour les ménages pour la nouvelle campagne agricole. Les ressources moyennes à supérieures à la moyenne rapportées en juin ou envoyées durant le séjour permettront aux ménages de préparer la nouvelle campagne agricole et d’améliorer l’accès des ménages aux marchés notamment dans les zones de baisse de production agricole où les départs ont été plus précoces que d’habitude.

Main d’œuvre agricole et non agricole : Les activités habituelles de main d’œuvre agricole de juin à octobre qui vont de la préparation des terres aux récoltes et de petits métiers se poursuivront normalement dans le pays. Les revenus moyens issus de ces activités permettront aux ménages pauvres qui en dépendent d’améliorer leur pouvoir d’achat. Cependant, les revenus de la main d’œuvre seront en baisse à cause des baisses de réalisation attendues dans les zones de conflit communautaire à Mopti, de la situation sécuritaire instable qui réduit les opportunités d’emplois de main-d’œuvre (construction, petits métiers, etc.) dans les régions du nord et du centre du pays. 

Les marchés et les prix

Prix des céréales : La bonne disponibilité en céréales à travers le pays contribuera à un bon approvisionnement des marchés en céréales de juin à janvier. La baisse saisonnière moyenne des offres de juin à août sera suivie de la hausse habituelle à partir de septembre grâce aux déstockages aussi bien des commerçants que des paysans. Les prix des céréales suivront la tendance saisonnière normale de hausse moins marquée que d’habitude de juin jusqu’aux récoltes prochaines en octobre 2019. Selon le système de projection de prix du FEWS NET, les prix des céréales seront proches à similaires à la moyenne sur les principaux marchés. La bonne disponibilité en céréales à travers le pays sera suffisante pour répondre à la hausse des demandes du mois de carême en juin sans engendrer une hausse notoire des prix.

Prix du bétail : Les prix du bétail, inférieurs à similaires à la moyenne dans les zones pastorales et moyens à supérieurs à la moyenne dans les zones agricoles du Sud du pays devraient connaitre une amélioration grâce à la reconstitution des conditions d’élevages favorables à un regain d’embonpoint du bétail, de la demande extérieure et de celles des mois de ramadan et de Tabaski, notamment dans les zones agricoles du sud durant toute la période du scenario. Les perturbations dans l’accès des ménages aux marchés dans les zones de conflit communautaires de Mopti et de Ménaka et la volonté des ménages concernés de procéder à des ventes d’urgence réduiront le niveau des prix en dessous de la moyenne dans ces zones.  Les termes de l’échange chèvre/mil seront globalement proches à supérieurs à la moyenne de juin à décembre.

Les autres facteurs clés

Achats institutionnels : Les achats institutionnels pour le stock national de sécurité seront d’environ 2 000 tonnes de maïs et sont en cours. Le niveau des achats sera inférieur à la moyenne à cause de la réduction du nombre de bénéficiaires d’aide dans le pays et du niveau de stocks présent. Ces achats institutionnels qui porteront surtout le maïs très disponible en ce moment ne devraient pas avoir un impact significatif sur les prix du marché global.

Situation sécuritaire et mouvement des populations: Les perturbations sécuritaires se poursuivent dans les régions du Nord et celle de Mopti où les conflits communautaires ont atteint un niveau élevé malgré les négociations et les patrouilles militaires en cours. Selon FEWS NET, la situation sécuritaire continuera à être marquée par des perturbations localisées dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal, le Nord de Ségou et particulièrement dans celles de Ménaka et Mopti où les conflits communautaires sont fréquents. La dégradation des moyens d’existence et les morts d’homme que ces conflits engendrent continueront à affecter négativement la vie des personnes dans les zones concernées. En fin avril, le nombre de déplacés était estimée à 106164 personnes à travers le pays et présents principalement dans les familles hôtes et dans des camps au niveau de Mopti. L’évolution de ces déplacements est fonction de celle de la situation sécuritaire pour laquelle des négociations se poursuivent.

Actions humanitaires : Le Plan national de Réponse élaboré par le Gouvernement en collaboration avec les partenaires techniques prévoit une assistance alimentaire et de renforcement de la résilience pour environ 450000 personnes identifiées par l’atelier du cadre harmonisé de juin à septembre. Il en sera de même pour les ménages déplacés par suite de conflit. Des appuis en termes d’intrants agricoles pour la nouvelle campagne agricole et pour le soutien aux pasteurs en aliment de bétail et de soins zootechniques par le Gouvernement et ses partenaires sont en cours et ou prévus. Quant aux appuis à la réinsertion des populations retournées et rapatriées, ils se poursuivront durant toute la période du scenario.

Situation nutritionnelle : La dégradation de la situation nutritionnelle commence de façon typique à partir d’avril (avec l'épuisement des stocks de nourriture, la hausse des prix des denrées alimentaires, la prévalence des maladies comme le paludisme, les IRA, etc.) pour atteindre son maximum pendant la période de soudure (juin à septembre). La dernière enquête SMART réalisée en juillet-août 2018 avait révélé une prévalence de la MAG par P/T de 10.0 pourcent (95 pourcent IC: 9.1-11.0) qui est elle aussi comparable à celle de l’enquête SMART précédente réalisée en août 2017 qui était de 10,7 pourcent  (95 pourcent IC : 9,8-11,6). Les régions de Bamako (MAG : 10.5 pourcent (95 pourcent IC : 7.8-14.0)), Ségou (MAG : 11.2 pourcent (95 pourcent IC : 8.9-14.0)), Ménaka (MAG : 13.5 pourcent (95 pourcent IC : 10.8-16.7)), Tombouctou (MAG : 12.5 pourcent (95 pourcent IC : 10.1-15.4)) et Gao (MAG : 14.2 pourcent (95 pourcent IC : 11.6-17.3)) se trouvent dans une situation nutritionnelle sérieuse avec des prévalences de MAG qui dépassent le seuil d’alerte de l’OMS et de manière consistante sérieuse ou critique dans les régions de Tombouctou et de Gao. La prévalence de la MAG devrait rester dans les limites saisonnières typiques pour chaque région jusqu'en décembre 2019. Quant au taux de mortalité, la prévalence de 0,31 [0,30-0,32] pour 1000 ne devrait pas connaitre de changement significatif.

Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

La bonne disponibilité des céréales issue de la campagne agricole passée, l’évolution des prix des céréales proches à légèrement supérieurs à la moyenne sont favorables à un accès moyen de la majorité des ménages aux vivres sans difficultés grâce aux revenus moyens tirés des activités habituelles. L’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) en cours devrait se maintenir pour la majorité des ménages du pays de juin à janvier 2020.

Toutefois, la soudure précoce née de l’épuisement précoce des stocks pour certains ménages du delta du Niger dans la région de Mopti et par endroits dans la bande du fleuve de Tombouctou à Gao amène les ménages pauvres à recourir de façon atypique aux activités de main d’œuvre agricole, de vente de bétail et d’emprunts auprès des parents et amis. Le score de consommation pauvre déjà élevé pour 8,5 pourcent des ménages de la zone selon ENSAN de février 2019  devrait se dégrader davantage et être au-dessus de celui de la période et être proche de celui des mois de septembre des quatre dernières années qui est d’environ 15 pourcent. Les ménages pauvres et les déplacés pauvres incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires sans engager des stratégies d’adaptation négatives et ou dépendre de l’aide se retrouvent en insécurité alimentaire de Stress avec nécessité d’appui humanitaire (Phase 2! de l’IPC) pour ne pas passer en phase de Crise (Phase 3 de l’IPC) de juin à septembre. Il en sera de même pour les ménages pauvres victimes des inondations qui auront de la peine à répondre convenablement à leurs besoins alimentaires et à la dégradation des biens. La dégradation habituelle du taux de Malnutrition Aigüe Globale (MAG) sera observée à des niveaux typiques pour la majorité des zones du pays pour la période sauf dans les zones à anomalie citées plus haut où elle sera plus élevée que la médiane des cinq dernières années qui est de 10,7 pourcent.

A partir de septembre, la disponibilité des premières récoltes même faible, des produits de cueillette, des produits animaliers, les paiements en nature issus des travaux de récolte, et la baisse des prix des céréales amélioreront l’accès des ménages aux denrées alimentaires et réduiront le recours aux stratégies d’adaptation atypiques. Le score de consommation alimentaire pauvre plus limite pour 29,8 pourcent des ménages et l’indice de faim très élevé devraient s’améliorer et être proche de la moyenne des mois de septembre. L’amélioration des disponibilités alimentaires et la baisse du recours aux stratégies d’adaptation négatives contribueront à réduire la prévalence de la malnutrition qui sera proche de la moyenne pour la période. L’accès moyen des ménages à la propre production grâce à aux grandes récoltes et la baisse des prix des denrées mettra la majorité des ménages en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) à partir d’octobre jusqu’en janvier. Les ménages pauvres victimes des inondations et les déplacés qui ont de la peine à reconstituer les moyens d’existence seront en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir d’octobre à janvier 2020.

Pour plus d'informations sur les perspectives des zones de préoccupation, veuillez, s'il vous plaît, cliquer en haut de la page pour télécharger le rapport complet.

A Propos de l’Élaboration de Scenarios

Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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