Mise à jour sur la sécurité alimentaire

Situation alimentaire difficile dans le nord du pays

Mai 2012

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • L'insécurité alimentaire est la plus sévère parmi les ménages ruraux dans les zones de Riz fluvial et l'élevage transhumant (agropastorale) (zone 3), la partie des zones des Lacs/Delta du Niger riz et l'élevage (agropastorale) de Tombouctou (zone 6) et Mil et élevage transhumant (zone 4). Dans ces zones, l'insécurité alimentaire est actuellement à niveau de Crise (IPC 2.0 Phase 3). On attend la continuation d’insécurité alimentaire aigue aux niveaux de Crise jusqu'a la fin de la période de la perspective (septembre). (voir figure 3)

  • Des nombreux facteurs pourraient aggraver l’insécurité alimentaire dans le nord du Mali, jusqu’à l’IPC Phase 4        « Urgence », dont les suivantes: la reprise à grande échelle du conflit; la perturbation persistante de l'aide humanitaire; une médiocre précipitation  saisonnière; la continuation de perturbation des marchés, et / ou de nouvelles vagues de déplacements massives, IPC Phase 4 « Urgence » signifient qu'au moins 1 ménage sur 5 font face à des grandes lacunes de la consommation alimentaire résultant de la malnutrition aiguë très élevée ou la surmortalité ou la perte extrême de moyens de subsistance qui mènera à de grandes lacunes de la consommation alimentaire dans le court terme.

  • La poursuite de la subvention des intrants  agricoles par le Gouvernement aura peu d’impact dans les régions du nord où la campagne agricole commençant en fin juin risque d’être menacée par l’occupation des rebelles.  Le manque de bras valides et d’investissement agricole dans le nord pourrait réduire considérablement la production agricole de 70 pour cent, réduisant les stocks alimentaires des ménages et la disponibilité du marché local du riz et du mil-sorgho à partir du mois d’octobre.

Mise à jour de la perspective à septembre 2012

Contexte National

La situation politique reste statu quo, sans le renouvellement de conflit à grande échelle au nord.  Pourtant, les perturbations locales, surtout dans le cercle de Douentza, ont entraîné de nouveaux déplacements internes de près de 30,000 personnes depuis mi-avril, dont la majorité sont concentrées autour de Mopti.  Selon OCHA, une grande majorité des 150,000  maliens déplacées  à l’intérieur du pays vivent dans des communautés d'accueil.  Compte tenu des contraintes d'accès humanitaire, les difficultés de ciblage, et l'insécurité alimentaire préexistante dans toutes les zones d'accueil des personnes déplacées, la présence prolongée de personnes déplacées pourrait  affecter les communautés d'accueil et conduire à la détérioration des résultats de sécurité alimentaire.

Nord du Mali (Tombouctou, Gao, Kidal)

La campagne agricole de riz à venir fin juin/début juillet est menacée dans les zones sous occupation rebelles où des destructions de moyens de productions (motopompes, semences) ont été signalées et beaucoup de bras valides ont quitté les lieux ainsi que le personnel d’encadrement. En année normale, les régions de Tombouctou et Gao ne produisent que 6 à 9 pour cent de la production nationale.  Pourtant, la production locale  de riz représente 10-18 pour cent des sources de nourriture des ménages pauvres et très pauvres dans une année typique , le travail agricole lié à cette production représente environ 20 pour cent des sources de revenus des ménages pauvres et  très pauvres et la vente de la production agricole 15 à 25 pour cent.  Si le statu quo se continue à juillet, la production pourrait n’être que 30 pour cent de la production d’une année normale et les populations de la zone 3 : riz fluvial et élevage transhumant  seront les plus affectées.   

L'impact le plus important du conflit au nord est sur le fonctionnement des marchés. Les ménages les plus pauvres et les pauvres dans le nord sont très vulnérables à ces perturbations du marché car ils achètent 45‐65 pour cent de leurs besoins alimentaires annuels sur les marchés, en particulier dans la zone de Pastoralisme nomade et transhumant (zone 2) et les zones agropastorales (zones 3, 4, et 6). Les ménages des zones de moyens d’existence 2,  3 et 4 des régions de Gao et Kidal  et les populations sédentaires dans la vallée du fleuve à Tombouctou ayant subi des pillages de stocks et  de moyens de production sont les plus affectés tandis que la zone 1 : Nomadisme et commerce transsaharien la moins touchée dans la mesure où les échanges avec l’Algérie ne sont pas rompus et l’approvisionnement en semoule de blé, pâtes alimentaires et riz en provenance de l’Algérie est relativement satisfaisant.  Les personnes déplacées et les ménages pauvres dans les zones agropastorales de Gao et dans les zones riveraines sont à risque des impacts les plus sévères, étant à la fois plus loin des principaux marchés et exposées aux actes de banditisme. Dans les  régions  de Tombouctou, Gao et Kidal, les stocks alimentaires pillés en début avril 2012 par les rebelles ne devraient pas tenir encore pour longtemps, et au présent,  aucune distribution n'est en cours au nord si ce n'est par à travers les appuis fournis par les caravanes humanitaires. Avec la perturbation des marchés et des activités économiques (baisse des opportunités de vente de bétail  pour les riches et moyens, et de travail agricole pour les pauvres et très pauvres), l’accès alimentaire des ménages pauvres et très pauvres demeure  en Crise (IPC Phase 3) dans le nord du pays (Gao, Kidal, et Tombouctou).

Cette situation de crise alimentaire affecte également le nord du cercle de Douentza (Mopti) sous occupation des rebelles avec des marchés qui  fonctionnent très peu, des activités économiques paralysées et des départs massifs vers la ville de Mopti où ils vivent  dans des familles d’accueil et dans des camps de personnes déplacées.  Les populations restées sur place dans cette zone  ont un accès difficile à la nourriture surtout que les stocks familiaux sont très faibles du fait de la mauvaise campagne agricole 2011/2012.

Vu la baisse aussi bien du pouvoir d'achat (en raison de la faible production 2011/12) et de la faible disponibilité des intrants et des risques élevés d'insécurité civile, les investissements dans l'agriculture et la demande de la main d'œuvre seront 30-50 pour cent de la moyenne. Par conséquent, même si les précipitations et les niveaux des rivières sont normaux dans ces zones en 2012, les résultats de la sécurité alimentaire sont peu susceptibles de s'améliorer de manière significative entre maintenant et septembre.  Des interventions d'urgence supplémentaires sont impératives pour protéger les vies humaines et les moyens d’existence. En supposant que l’insécurité actuelle persiste avec aucune flambée majeure du conflit armé et une aide humanitaire limitée, la sévérité de l'insécurité alimentaire ne devrait pas atteindre la Phase 4 (IPC 2.0). Toutefois, certains facteurs pourraient modifier sensiblement cette analyse, y compris: la reprise du conflit, une précipitation médiocre (juin/septembre), une perturbation majeure de l’assistance, ou une invasion des ravageurs.

Sud du Mali

Dans les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et Sikasso, les marchés sont moyennement approvisionnés en céréales (mil, sorgho, riz) avec des disponibilités physiques suffisantes pour la demande. La hausse saisonnière des prix se poursuit en avril avec une plus grande amplitude cette année (environ 14 à 15 pour cent pour le mil-sorgho contre typiquement 3 à 5 pour cent).  Le mil a le plus augmenté atteignant 15,6% à Koulikoro et 15,4% à Sikasso. La hausse atteint également 14% pour le sorgho à Mopti et 14,4% à Koulikoro. Quant au riz, les prix ont légèrement augmenté par rapport au mois dernier avec un maximum de 8, 3% de hausse à Mopti.  Les niveaux de prix des mil-sorgho sont largement supérieurs à ceux de l’année dernière à la même période, et ils ont presque doublé par rapport à la moyenne des 5 dernières années, surtout sur les marchés des zones de production. Dans une année typique, au moment des récoltes où les céréales sont sensées couter moins chères, les stocks communautaires sont reconstitués.  Cette année, les prix n’ayant pas baissé à la récolté d’octobre 2011, alors les comités de gestion ont hésité à constituer des stocks à un coût trop élevé craignant de ne pas pouvoir les  revendre. Ainsi les stocks communautaires qui devraient soutenir l’offre en période de soudure se trouvent à des niveaux très bas à cause du niveau élevé des prix depuis au moment des récoltes.  Par conséquence, les ménages sont obligés à faire des achats face aux prix élevés au niveau du marché local.   Ainsi, la tendance haussière de prix devrait se maintenir à la période de soudure si des actions  d’atténuation  d’envergure ne sont pas prises. Cette situation affectera surtout les consommateurs à faible pouvoir d’achat  aussi bien dans le milieu rural qu’urbain.

Dans les zones agricoles des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti exondé, le mois de mai marque le début des opérations des champs (nettoyages, transport de fumier) pour la nouvelle campagne agricole, surtout dans les zones des cultures pluviales de mil, sorgho, mais, et coton. Malgré la crise actuelle, le gouvernement annonce le maintien des subventions des intrants agricoles comme l’année dernière. Cependant, il est fort probable que des retards soient enregistrés dans la mise en œuvre excepté dans les zones  de la compagnie malienne pour le développement du coton (CMDT), qui couvre les régions de Sikasso et Ségou, et  l’office de la haute vallée du Niger (OHVN)  qui couvre la région de Koulikoro (zone de moyens d’existence n° 10) où le placement des intrants a commencé.  Les quelques pluies enregistrées notamment dans la région de Sikasso ont accéléré les travaux de préparation des champs. La compagne de contre saison de riz se poursuit normalement dans les grands périmètres irrigués (Office du Niger,  Plaine de San-Ouest, Office de développement rural de Sélingué,  Office de Développement intégré de Baguinéda. Le prix et la disponibilité de la main d’œuvre saisonnière  restent normaux pour les activités agricoles.  La récolte qui est prévue en juin s’annonce bonne et viendra renforcer les disponibilités alimentaires bien que leur impact soit limité au plan national (moins de cinq pour cent  de la production nationale).   Les appuis alimentaires et non alimentaires qui sont en cours dans ces zones permettront d’atténuer les difficultés d’avril à juin. Malgré ces interventions salutaires, les prix des denrées continuent d’augmenter et la précarité/stress pourrait évoluer vers la crise (IPC 3) entre juillet et septembre si des actions d’atténuation d’envergure ne sont maintenues dans la bande frontalière de Nara (Koulikoro), Ségou (Nampala) et le delta central du Niger (Djenné, San, Mopti, Ténenkou et Youwarou). Les ménages pauvres et très pauvres de certaines  communes de Tominian (Ségou), de Yorosso, Bougouni (Sikasso) qui ont connu des chutes importantes de production en 2012,  pourraient connaitre une précarité alimentaire entre juillet et Septembre.

À Propos de ce Rapport

Cette mise à jour sur la sécurité alimentaire est un rapport mensuel sur les conditions actuelles et des changements sur les perspectives projetées de l'insécurité alimentaire dans ce pays. Il met à jour les Perspectives sur la sécurité alimentaires de FEWS NET. Pour en savoir plus sur notre travail, cliquez ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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