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Un faible pouvoir d’achat et les perturbations des marchés réduisent l’accès alimentaire des ménages

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Guinée
  • Décembre 2014
Un faible pouvoir d’achat et les perturbations des marchés réduisent l’accès alimentaire des ménages

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  • Messages clé
  • Préface
  • Analyse de la sécurité alimentaire par pays

  • Préface

    La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone sont des pays suivis à distance par FEWS NET. Dans le cadre du suivi à distance, un coordinateur travaille habituellement à partir d’un bureau régional à proximité. En s’appuyant sur des partenaires pour les données, le coordinateur a recours à l’élaboration de scénarios pour effectuer des analyses et produire des rapports mensuels. S’il y a peu de données disponibles, les rapports du suivi à distance seront moins détaillés que ceux des pays dans lesquels FEWS NET possède des bureaux. L’analyse présentée dans ce rapport est basée sur diverses informations sur le terrain de sources incluant des informateurs essentiels de FEWS NET, une enquête récente par SMS auprès des commerçants menée par FEWS NET et GeoPoll, et des informations de partenaires.

    Messages clé
    • Une enquête récente par SMS auprès des commerçants, menée par FEWS NET et GeoPoll en Sierra Leone et au Liberia, indiquait que plus de 40 pour cent des commerçants interrogés ont signalés un fonctionnement réduit des marchés ou la fermeture de marchés dans leurs communautés locales. Le fonctionnement des marchés et les flux commerciaux sont meilleurs en général en Guinée, excepté dans la zone forestière où l’épidémie d’Ébola a été la plus intense.

    • Certaines frontières internationales ont été rouvertes récemment et les restrictions sur les mouvements de population ont été levées dans certaines zones. Néanmoins, en dépit de ces améliorations récentes, les perturbations des marchés et un ralentissement général de l’économie continuent à limiter les revenus et lepouvoir d’achat  pour la plus part des ménages pauvres dans les trois pays.

    • Selon des estimations publiées récemment par le PAM et la FAO, la production agricole de 2014/15 en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone sera légèrement inférieure à la moyenne, les plus importantes baisses de production ont lieu dans les premiers épicentres de l’épidémie d’Ébola, comme à Nzérékoré en Guinée, Kailahun en Sierra Leone, et Lofa et Margibi au Liberia.

    • Étant donné que la majorité des ménages agricoles consomment leurs récoltes récentes, les résultats de la sécurité alimentaire sont les plus graves actuellement parmi les ménages directement affectés par Ébola et les ménages pauvres non agricoles vivant dans les zones les plus touchées. Cependant, dans la mesure où les ménages deviendront de plus en plus dépendants des marchés au cours du premier trimestre 2015, le pouvoir d’achat inhabituellement faible réduira l’accès alimentaire. À partir de juin 2015, une insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) et de Crise (Phase 3 de l’IPC) est prévue pour les ménages pauvres dans la majorité de la région.


    Analyse de la sécurité alimentaire par pays

    Guinée

    Situation courante
    Nombre de cas d’Ébola

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre hebdomadaire de nouveaux cas d’Ébola s’était stabilisé jusqu’à un certain point, avec un total de 2.597 cas confirmés, probables et suspectés à la date du 21 décembre 2014. Au cours des 21 derniers jours, le plus grand nombre de cas était observé à Conakry, de même que dans les régions de Kindia, Faranah, Nzérékoré, et Kankan.

    Production agricole

    Grâce aux pluies moyennes, voire supérieures à la moyenne lors de la saison agricole de 2014, le développement des cultures a été relativement satisfaisant dans l’ensemble du pays. Pour autant, dans la zone forestière, les craintes liées à Ébola ont diminué la disponibilité de la main d’œuvre agricole pendant la période typique de l’entretien agricole, avec pour conséquence une baisse de la production céréalière. Selon des estimations récentes du PAM et de la FAO, la production du riz paddy en 2014 atteindra environ 1.976.754 tonnes, soit une baisse de 4 pour cent sur le plan national par rapport aux niveaux de 2013 (année de production supérieure à la moyenne). Cependant, comparées à la moyenne quinquennale, ces estimations suggèrent une augmentation de 15 pour cent de la production agricole, d’après les calculs de FEWS NET. Sur le plan régional, les plus grandes baisses de production par rapport aux niveaux de 2013 étaient attendues pour Nzérékoré (-8 pour cent) alors que toutes les autres régions ne devraient connaître que de faibles baisses de production (0 à -3 pour cent). D’après les rapports, les craintes liées à Ébola ont eu moins d’effets sur les récoltes de tubercules, de fruits, de cultures de rente et de légumes, et leur production devrait être moyenne, voire supérieure à la moyenne dans la plupart des régions.

    Flux commerciaux

    Même s’il n’y a pas de restrictions officielles sur les déplacements de la population, les craintes liées à Ébola ont ralenti le mouvement interne des produits agricoles entre la zone forestière, région de production rizicole excédentaire, et le reste de la Guinée. Sur le plan du commerce avec les pays voisins, les flux ont été réduits à la suite de la fermeture officielle de nombreux points de passage frontaliers, des craintes de commerçants et des mesures de contrôles accrues le long des frontières ouvertes actuellement (Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali et Sierra Leone).

    Fonctionnement des marchés

    Certains rapports signalaient des fermetures de marché dans la zone forestière, mais les marchés hebdomadaires et quotidiens sont en général ouverts dans l’ensemble de la Guinée. En raison des récoltes en cours et des importations régulières des marchés internationaux, les marchés urbains sont bien approvisionnés actuellement en produits alimentaires locaux, y compris le riz, les tubercules et les cultures maraîchères. Sur certains marchés locaux cependant, la demande a été inférieure à la moyenne à cause des effets combinés du faible pouvoir d’achat des ménages, des fermetures de frontière et des craintes des commerçants qui hésitent à se rendre dans les zones affectées par Ébola. À Labé, par exemple, les producteurs de pommes de terre ont fait état de pertes importantes de production (excédant parfois 50 pour cent) en raison de la fermeture de la frontière sénégalaise et des capacités de stockage limitées des petits producteurs. Des problèmes semblables ont été signalés chez les producteurs de fruits et de tomates à Kindia, qui exportent habituellement au Sénégal. Pour faire face à ces difficultés, certains producteurs ont augmenté leurs exportations à destination de Conakry, même si la demande locale n’est pas suffisante pour absorber complètement les produits excédentaires, ce qui aboutit à des revenus inférieurs à la moyenne pour ces producteurs.

    Prix alimentaires

    Les prix du riz local et importé, de même que d’autres céréales, étaient stables ou avaient baissé entre octobre et novembre. Par ailleurs, les prix du riz local enregistrent une baisse sur tous les marchés de 8 à 20 pour cent par rapport aux niveaux de l’année dernière, alors que les prix du riz importé continuent à être relativement stables. Les baisses de prix les plus importantes pour le riz local étaient observées à Nzérékoré, où les prix de novembre avaient baissé de 12 pour cent comparés aux niveaux d’octobre 2014, et de 20 pour cent par rapport à l’année dernière. Cette baisse peut probablement être attribuée à : 1) un approvisionnement excédentaire sur les marchés locaux en raison des difficultés à exporter le riz de cette zone de production excédentaire et 2) la demande locale inhabituellement faible à cause du faible pouvoir d’achat des ménages et des distributions alimentaires . À Labé, où les producteurs de pommes de terre signalent des difficultés pour commercialiser leur production agricole, les prix des pommes de terre avaient baissé de 19 pour cent par rapport aux niveaux de l’année dernière. Même si les bas prix inhabituels permettent de faciliter l’accès alimentaire des ménages dépendant des marchés, ils contribuent également à des revenus inférieurs à la moyenne pour les ménages agricoles qui, typiquement, vendent leurs récoltes à cette période de l’année.

    Revenus non agricoles

    Dans la région de Nzérékoré, de même que dans la partie sud de Faranah, les principaux informateurs de FEWS NET indiquent que les revenus provenant du petit commerce et des ventes de produits artisanaux sont inférieurs à la moyenne actuellement en raison du fonctionnement médiocre des marchés, des fermetures de frontière et de la demande inhabituellement faible. À Conakry, toutefois, un nombre inhabituellement élevé d’enfants d’âge scolaire participent à des activités de petit commerce par rapport à une année normale, à cause de la fermeture des écoles qui se poursuit.

    Pour ce qui est des ventes animalières, la vente de viande de brousse a été interdite, entraînant une baisse importante des revenus provenant de cette source pour les ménages à Nzérékoré. Malgré cette interdiction visant la viande de brousse, les commerçants dans cette zone indiquent que la demande de bétail n’a pas augmenté pour autant et qu’elle est actuellement inférieure à la moyenne en raison du faible pouvoir d’achat des ménages. Dans d’autres parties du pays, les revenus provenant de la vente de bétail et de poissons sont relativement moyens.

    Résultats actuels de la sécurité alimentaire

    Dans l’ensemble de la Guinée, la plupart des ménages consomment actuellement leur propre production agricole issue des récoltes en cours et sont confrontés à une insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    Dans les régions de Nzérékoré et de Conakry toutefois, beaucoup de ménages pauvres font face à des revenus inférieurs à la moyenne et à un pouvoir d’achat plus faible que d’habitude, en dépit de prix alimentaires stables ou en baisse. La majorité de ces ménages peuvent toujours satisfaire à leurs besoins de consommation alimentaire de base, mais ils ont des difficultés à acheter certains produits essentiels non alimentaires et sont actuellement en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC). Dans ces zones, l’accès alimentaire est surtout limité pour les ménages dont des membres sont atteints par la maladie à virus Ébola ou sont décédés à la suite de cette maladie, et pour les ménages non agricoles qui dépendent du petit commerce à titre de source principale de revenu.

    Hypothèses

    Le scénario relatif à la sécurité alimentaire le plus probable pour la période allant de décembre 2014 à juin 2015 est basé sur les hypothèses suivantes :

    • Épidémie d’Ébola : Les cas d’Ébola continueront à augmenter pendant la période de projection à un taux relativement semblable aux niveaux actuels. La majorité des cas seront observés dans la zone forestière et à Conakry, même s’il y aura également de faibles niveaux de cas dans d’autres régions.
    • Stocks alimentaires des ménages : Grâce à la principale récolte relativement moyenne, les stocks alimentaires des ménages pauvres dans la majorité des régions du pays dureront trois à six mois, comme lors d’une année normale. À Nzérékoré, où la production agricole devrait baisser de 8 pour cent par rapport aux niveaux de 2013, les stocks alimentaires des ménages devraient toujours durer quatre à six mois, comme d’habitude, puisque les ménages consomment une plus grande partie de leur production qu’en temps normal en raison des difficultés à commercialiser leurs cultures. Cependant, à l’intérieur de cette zone, certains groupes de ménages auront des stocks alimentaires inférieurs à la moyenne, en particulier dans les régions les plus affectées par l’épidémie d’Ébola et chez les ménages directement touchés par la maladie.
    • Flux commerciaux et fonctionnement des marchés : Tandis que la majorité des flux commerciaux internes se maintiendront à des niveaux relativement normaux, les flux seront limités à destination et en provenance de la zone forestière en raison des craintes liées à Ébola. Ces craintes donneront lieu à des approvisionnements de céréales et d’autres produits supérieurs à la moyenne sur les marchés dans la région de Nzérékoré. Même si des points de passage frontaliers seront probablement ouverts pendant la période de projection, la demande régionale pour les produits guinéens des pays voisins continuera à être réduite puisque les commerçants hésiteront à se rendre dans les pays affectés par Ébola. Les producteurs de pommes de terre continueront donc à avoir des difficultés de commercialisation à Labé et Mamou, tout comme les producteurs de fruits et tomates à Kindia. Sur le plan national, la demande pour les produits agricoles locaux continuera également à être légèrement inférieure à la moyenne à cause du faible pouvoir d’achat et de la fermeture de certaines industries agricoles et d’extraction minière qui normalement achètent directement les produits auprès des producteurs. Les importations de riz des marchés internationaux se poursuivront à des niveaux relativement normaux.
    • Prix alimentaires : Grâce aux niveaux normaux d’importation, aux prix stables sur les marchés internationaux et aux flux commerciaux internes relativement normaux, les prix du riz importé devraient rester stables dans l’ensemble du pays. Par ailleurs, les prix du riz local et des autres denrées alimentaires de base devraient suivre les tendances saisonnières normales, augmentant alors que les approvisionnements alimentaires s’épuiseront en 2015. À cause des difficultés de transport du riz local en provenance de Nzérékoré vers d’autres régions, les prix dans cette zone continueront à être nettement inférieurs aux niveaux de l’année dernière.
    • Production de légumes de contre-saison : Pour les producteurs exportant normalement au Sénégal, la production de légumes de contre-saison sera probablement inférieure à la moyenne alors que les agriculteurs commencent à se décourager, face aux difficultés à commercialiser leurs productions courantes. Les ventes à ce jour n’ont pas permis à nombre d’agriculteurs de couvrir leurs coûts de production, et les producteurs de légumes auront des niveaux d’endettement supérieurs à la moyenne pendant la période de projection.
    • Revenus des ménages : En raison du ralentissement économique, de la fermeture des frontières et des perturbations des marchés qui se poursuivent, les ménages pauvres dans la zone forestière continueront à avoir des revenus, provenant de sources typiques, inférieurs à la moyenne (ex. petit commerce, main d’œuvre, ventes de viande de brousse, extraction minière et ventes de produits forestiers). Pour les ménages agricoles, les revenus tirés des cultures de rente seront moyens dans la plupart des régions, sauf pour les ménages dans la zone forestière et ceux vivant à Kindia, Labé, et Mamou qui exportent typiquement leurs produits au Sénégal.
    • Saison des pluies de 2015 : Les prévisions des principaux centres météorologiques (IRI, CPC, ECMWF) ne signalent aucune anomalie majeure entre janvier et juin 2015. Par conséquent, FEWS NET émet l’hypothèse que les précipitations seront moyennes pendant la saison des pluies de 2015, avec un début dans les temps de la saison principale en janvier/mars à Nzérékoré et en mai/juin dans les zones du nord.
    • Principale saison agricole de 2015 : Partant de l’hypothèse d’un début normal de la saison des pluies, les activités de préparation des sols auront lieu dans les temps entre février et juin, selon les régions. Pour autant, les ménages, dont les revenus tirés de ventes de cultures ont été inférieurs à la moyenne cette année, en particulier à Nzérékoré, Labé, Kindia et Mamou, pourraient légèrement réduire leur superficie agricole l’année prochaine en raison de l’accès limité à des intrants agricoles résultant de l’accès difficile à des fonds en espèces et à l’augmentation des niveaux d’endettement.
    Résultats projetés

    Grâce à des récoltes, des stocks alimentaires et des revenus relativement normaux issus des activités agricoles, les ménages ruraux pauvres dans la majorité des régions feront face à une insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) entre décembre 2014 et juin 2015.

    Cependant, les perturbations liées à Ébola sur les marchés et les activités génératrices de revenus devraient être plus graves dans la région de Nzérékoré au cours des six prochains mois. Par conséquent, les ménages pauvres non agricoles enregistreront une baisse importante de revenus provenant de sources typiques (petit commerce, main d’œuvre, etc.). Par ailleurs, les ménages agricoles pauvres auront des revenus agricoles inférieurs à la moyenne en raison des difficultés à exporter leurs produits dans d’autres régions de la Guinée et dans les pays voisins. Même s’ils devraient pouvoir répondre minimalement à leurs besoins alimentaires, les ménages pauvres auront des difficultés à acheter certains produits essentiels non alimentaires entre décembre 2014 et juin 2015. Dans la Préfecture de Kissidougou dans la région de Faranah, beaucoup de ménages subiront également des répercussions semblables sur leurs revenus et leur pouvoir d’achat, ce qui contribuera à une insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir d’avril 2015.

    À Kindia et Labé, les ménages pauvres tirent généralement une part importante de leurs revenus de la vente des cultures de rente (pommes de terre, tomates et fruits) au Sénégal. Cependant, les difficultés à commercialiser leurs produits attribuables à la fermeture des frontières et à la faible demande du Sénégal ont abouti à une baisse significative du revenu des ménages et à une augmentation des niveaux d’endettement. Même si ces ménages comptent actuellement sur leur propre production agricole pour répondre à leurs besoins alimentaires, l’accès alimentaire sera probablement plus difficile entre janvier et juin, selon les zones, une fois que les stocks des ménages auront été épuisés. Les ménages pauvres à Labé feront face à une insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir de janvier, tandis que les ménages de Kindia, région dans laquelle les possibilités commerciales avec Conakry sont meilleures, passeront à une situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) un peu plus tard, aux environs d’avril 2015.

    En fin à Conakry, un ralentissement général de l’économie entraînera une baisse atypique des revenus des ménages pauvres tirés des sources habituelles (petit commerce, transports, services de restauration, etc.), ce qui limitera l’accès alimentaire par le biais d’achats sur les marchés et mènera à des résultats de sécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en juin 2015.

    Sierra Leone

    Situation courante
    Nombre de cas d’Ébola

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il y avait un total de 9.004 cas d’Ébola confirmés, probables et suspectés en Sierra Leone au 21 décembre. Le nombre de nouveaux cas semble avoir ralenti récemment, bien qu’un grand nombre de cas aient été observés dernièrement dans les districts de Kono, Bo, Tonkolili, Bombali, Port Loko, Kambia et dans les régions occidentales urbaines et rurales.

    Production agricole

    Selon des estimations récentes du PAM et de la FAO, la production nationale de riz de 2014/15 équivaudra probablement à 1.155.114 tonnes, soit une baisse de 8 pour cent par rapport aux niveaux de 2013 (année de production record), en raison des contraintes imposées à la main d’œuvre par les craintes liées à Ébola et les restrictions officielles sur les mouvements de la population. Selon les calculs de FEWS NET, cette estimation de production suggère une hausse de 7 pour cent dans la production rizicole par rapport à la moyenne quinquennale. Le manioc, qui exige moins de travail intensif que les autres cultures, a été moins affecté par l’épidémie, avec une production nationale ayant baissé de 3 pour cent, comparé aux niveaux de 2013.

    Sur le plan régional, les estimations du PAM et de la FAO indiquent que Kailahun, un des premiers épicentres de l’épidémie d’Ébola, avait enregistré les plus fortes baisses, avec une chute de 17 pour cent pour le riz et de 6 pour cent pour le manioc, par rapport aux niveaux de 2013. Parallèlement, les informateurs de FEWS NET signalent que les récoltes seront légèrement à modérément supérieures à la moyenne à Kono, Tonkolili et Koinadugu, trois régions avec moins de cas d’Ébola au début de la saison agricole. Cependant, à Bonthe comme à Pujehun, deux autres régions moins touchées par Ébola au début de l’année, les estimations de la production sont toujours inférieures à la moyenne en raison des inondations dans ces districts.

    Fonctionnement des marchés

    Les craintes liées à Ébola ont nettement perturbé les flux commerciaux à travers la Sierra Leone. Au cours du mois de décembre, les districts de Kono et de Tonkolili ont été mis en quarantaine pendant deux semaines, s’ajoutant à la liste croissante des districts en quarantaine dans le comté, y compris Kailahun, Kenema, Port Loko, Bombali et Moyamba. Dans d’autres régions, des barrages routiers et des quarantaines aux niveaux des chefferies ont également restreint les mouvements de la population. Même si les camions transportant de la nourriture ont été autorisés à pénétrer dans les zones en quarantaine avec un document du gouvernement, ces quarantaines ont augmenté les coûts des transports et ralenti les mouvements des produits. Pour ce qui est du commerce transfrontalier, la frontière avec la Guinée a été ouverte récemment, bien que les flux commerciaux soient toujours réduits. Tous les points de passage frontaliers avec le Liberia demeurent fermés.

    Concernant le fonctionnement des marchés, seuls 8 à 9 pour cent des commerçants interrogés par FEWS NET lors d'une enquête par SMS de GeoPoll à la mi-novembre  signalaient que les marchés locaux (quotidiens ou hebdomadaires) étaient fermés, en débit d’une interdiction officielle du gouvernement portant sur les marchés hebdomadaires. Par ailleurs, 44 à 45 pour cent des commerçants interrogés indiquaient que les marchés dans leurs communautés étaient ouverts, mais qu’ils fonctionnaient à des niveaux réduits. Le taux le plus élevé de commerçants signalant des marchés hebdomadaires ouverts, mais fonctionnant à des niveaux réduits, était observé dans les districts de Bombali, Kailahun, Kambia, Kono, Moyamba, Pujehun et Tonkolili.

    Niveaux d’approvisionnement des marchés et disponibilité alimentaire

    L’enquête récente de FEWS NET auprès des commerçants concluait également que plus de 50 pour cent des commerçants à Bo, Bonthe, Kambia, Kenema, Moyamba et Port Loko indiquaient que leurs stocks alimentaires étaient présentement à des niveaux inférieurs à la moyenne, le plus souvent en raison des restrictions de mouvement et des coûts élevés des transports. Parallèlement, le pourcentage le plus bas de commerçants signalant des stocks alimentaires inférieurs à la moyenne était observé à Tonkolili (6 pour cent). Les rapports des principaux informateurs indiquent que Tonkolili dépend moins des flux commerciaux avec les districts voisins de manière générale, et avait une récolte relativement moyenne, ce qui pourrait expliquer les meilleurs niveaux d’approvisionnement du district.

    À la question posée sur la disponibilité alimentaire, 47 pour cent des commerçants interrogés signalaient que l’alimentation disponible ne serait pas adéquate pour satisfaire les besoins des consommateurs locaux. Le pourcentage le plus élevé de commerçants signalant une disponibilité alimentaire médiocre (plus de 50 pour cent) était observé à Bo, Kenema, Kono, Moyamba, Port Loko et Pujehun, tandis que le pourcentage le plus faible se trouvait à Kailahun (27 pour cent). Les résultats de l’enquête ne montrent pas de rapports nets entre les niveaux de stocks signalés/la disponibilité alimentaire et les zones de quarantaine.

    Prix alimentaires

    Grâce aux récoltes en cours, les prix alimentaires de novembre pour la majorité des produits avaient baissé de manière saisonnière, par rapport aux niveaux d’octobre. Parmi les exceptions à cette baisse, figure le riz d’importé à Kenema où les prix ont augmenté de 8 pour cent. Les données chronologiques historiques sont limitées, mais pour les marchés où il existe des données sur les prix de novembre 2013, les prix du riz importé sont en général semblables ou supérieurs aux niveaux de l’année dernière. Cependant, concernant le riz local et le manioc, la tendance des prix varie, avec des prix inférieurs aux niveaux de l’année dernière à Pujehun et à Port Loko, mais nettement supérieurs à Freetown. Selon les renseignements fournis par les principaux informateurs, les itinéraires d’approvisionnement à destination de Freetown ont été perturbés de manière significative par des barrages routiers et des postes de contrôle, ce qui pourrait contribuer aux prix plus élevés dans la capitale des denrées alimentaires produites localement.

    Revenus des ménages

    Selon les renseignements fournis par les principaux informateurs, les revenus provenant de sources variées ont baissé cette année en raison des impacts économiques de l’épidémie d’Ébola. Pour les ménages agricoles, des récoltes légèrement à modérément inférieures à la moyenne, ainsi que la fermeture de marchés hebdomadaires locaux où les ménages vendent normalement leurs récoltes, ont diminué les ventes de cultures et les revenus des ménages qui en résultent. Les fermetures de frontière, les restrictions de mouvement de la population et des coûts de transports accrus ont également réduit le petit commerce et les possibilités de vendre des cultures de rente (ex. cultures maraîchères et huile de palme). Pour ce qui est des ventes du bétail, l’interdiction des ventes de viande de brousse a diminué le revenu de ceux qui vendent normalement ces produits. Parallèlement, pour les petits ruminants et la volaille, l’impact de l’épidémie d’Ébola varie, avec des ventes réduites dans certaines zones en raison des perturbations des marchés, mais des ventes accrues et des hausses de prix dans d’autres endroits grâce à la demande plus forte, causée par l’interdiction de la viande de brousse. Dans plusieurs zones du pays, la production de charbon de bois s’est intensifiée, selon les rapports, afin d’aider à compenser les effets des revenus inférieurs à la moyenne provenant d’autres sources. Pour autant, les prix à la production varient à travers le pays, avec des prix normaux ou légèrement inférieurs à la moyenne dans la plupart des zones, mais avec des prix inhabituellement élevés dans certains endroits où des organisations humanitaires ont fait des achats de charbon de bois à des fins de distribution humanitaire.

    Résultats de la sécurité alimentaire actuelle

    Dans beaucoup de zones de la Sierra Leone, les ménages ont été incapables de gagner les niveaux de revenus typiques en ayant recours à des ventes de cultures et des activités non agricoles. Cet élément, auquel s’ajoutent le fonctionnement réduit des marchés, les fermetures de frontière et les mesures de quarantaine, a limité la disponibilité alimentaire et l’accès de certaines communautés. Même si nombre de ménages pauvres et très pauvres dans la majorité du pays peuvent encore répondre de manière minimale à leurs besoins alimentaires grâce aux récoltes en cours, ils ne peuvent pas couvrir leurs dépenses non alimentaires essentielles et sont actuellement dans une situation de Stress (Phase 2 de l’IPC). Parallèlement, à Koinadugu, Tonkolili et Bonthe, des zones avec un pourcentage plus élevé de ménages ruraux et agricoles, les conditions de la sécurité alimentaire ont été plus favorables en raison des impacts réduits de l’épidémie d’Ébola sur la production agricole et une plus faible dépendance vis-à-vis du commerce interne et transfrontalier pour l’approvisionnement alimentaire. Dans ces zones, la majorité des ménages répondent actuellement de manière minimale à leurs besoins alimentaires et non alimentaires et font face à une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    Hypothèses

    Le scénario relatif à la sécurité alimentaire le plus probable pour la période allant de décembre 2014 à juin 2015 est basé sur les hypothèses suivantes :

    • Épidémie d’Ébola : Le nombre de nouveaux cas d’Ébola continuera à augmenter de manière substantielle pendant le premier trimestre 2015, à un taux relativement semblable aux niveaux actuels, avant de ralentir plus tard dans l’année. Il y aura un nombre relativement élevé de nouveaux cas à Freetown et une répartition plus égale de cas dans le reste du pays.
    • Activités d’adaptation en 2014 : Les récoltes rizicoles en cours se poursuivront en janvier, mais à des niveaux légèrement moindres dans les zones les plus touchées par l’épidémie d’Ébola en raison des contraintes imposées à la main d’œuvre. La production agricole de contre-saison devrait être légèrement inférieure à la moyenne à cause de la main d’œuvre limitée et du manque d’intrants agricoles.
    • Stocks alimentaires des ménages : La durée des stocks alimentaires des ménages variera cette année, en fonction de l’endroit. Dans les zones où les contraintes imposés à la main d’œuvre ont l’impact le plus important sur la production des cultures, comme à Kailahun, les stocks alimentaires s’épuiseront un ou deux mois plus tôt que la normale. Pour autant, dans d’autres zones où la production a été moins touchée (ex. Kono, Tonkolili et Koinadugu), la durée des stocks alimentaires des ménages sera semblable à celle d’une année normale. Les ménages, dont des membres de la famille sont malades ou sont décédés à la suite de la maladie à virus Ébola, auront probablement des stocks alimentaires plus faibles que d’habitude, à la suite des effets de quarantaine et de la perte de membres productifs dans la famille en raison de la maladie ou des soins à prodiguer.
    • Revenus des ménages : La majorité des ménages auront des revenus inférieurs à la moyenne provenant de sources typiques (cultures de rente, petit commerce, ventes de viande de brousse, extraction minière, ventes de produits forestiers, etc.) pendant la période des projections à cause d’un environnement économique défavorable.
    • Flux commerciaux : Les flux commerciaux internes continueront à être limités à cause des craintes liées à Ébola, en particulier dans les zones en quarantaine et celles qui sont les plus affectées par l’épidémie d’Ébola. Pour ce qui est du commerce transfrontalier, certains points de passage frontaliers s’ouvriront pendant la période de projection et favoriseront les échanges entre la Sierra Leone et les pays voisins, en comparaison des niveaux de décembre, bien que les échanges continueront à être inférieurs à la moyenne.
    • Fonctionnement des marchés : La majorité des marchés resteront ouverts pendant toute la période de projection, fonctionnant à de faibles niveaux. Cependant, des approvisionnements limités et des niveaux élevés concernant la demande des marchés pour le riz commenceront à être observés en janvier, légèrement plus tôt que la normale, dans les zones les plus affectées par Ébola, à cause des effets de la production inférieure à la moyenne cette année. Par ailleurs, la demande pour le manioc sera inhabituellement élevée à partir d’avril alors que les ménages pauvres se tourneront vers ce produit de substitution en raison des bas stocks de riz et du faible pouvoir d’achat des ménages.
    • Prix alimentaires : Entre décembre et janvier, les prix resteront relativement stables ou baisseront, en particulier dans les principales régions de production agricole. À partir de février, les prix commenceront à monter, conformément à la tendance saisonnière, et atteindront des niveaux supérieurs à la moyenne entre avril et juin à cause de la demande inhabituellement forte et des faibles niveaux des stocks alimentaires. En raison des perturbations des transports, les augmentations de prix par rapport à la moyenne seront plus importantes pour les denrées alimentaires produites localement (riz et manioc) dans les centres urbains, comme Freetown. Pour le riz d’importé parallèlement, les plus fortes hausses seront observées dans des zones rurales isolées à une grande distance de la ville portuaire de Freetown.
    • Pluviométrie pour 2015 : Les prévisions des principaux centres météorologiques (IRI, CPC, ECMWF) ne signalent aucune anomalie majeure entre janvier et juin 2015. Par conséquent, FEWS NET émet l’hypothèse que les précipitations seront relativement normales, avec de faibles niveaux de précipitations entre janvier et mars et des niveaux accrus entre avril et juin.
    Résultats projetés

    En raison des revenus inhabituellement faibles résultant de la production inférieure à la moyenne et de la fermeture de certains marchés hebdomadaires et transfrontaliers, les ménages pauvres dans de nombreuses zones du pays feront face à des résultats de sécurité alimentaires de Stress (Phase 2 de l’IPC) pendant la période des projections. En particulier, ils ne pourront pas couvrir leurs dépenses non alimentaires essentielles en raison du faible pouvoir d’achat et d’un manque d’accès alimentaire adéquat et de disponibilité. Dans les zones où les perturbations touchant la production agricole et les activités des marchés ont été les plus graves, comme à Kailahun, Kenema, Bombali, Port Loko et Moyamba, les ménages pauvres seront probablement confrontés à des écarts de consommation alimentaire, correspondant à une situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) entre janvier et juin.

    Par ailleurs à Tonkolili, les conditions de la sécurité alimentaire sont plus favorables grâce à une production rizicole moyenne et à une faible dépendance vis-à-vis du commerce interne ou transfrontalier pour les approvisionnements alimentaires à cette époque de l’année. Dans ce district, les ménages auront un accès alimentaire normal et une insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) entre décembre 2014 et mars 2015, avant de passer à une situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) entre avril et juin.

    Liberia

    Situation courante
    Nombre de cas d’Ébola

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il y avait un total de 7.862 cas d’Ébola confirmés, probables et suspectés au Liberia à la date du 20 décembre. Au cours des 21 derniers jours, le nombre le plus élevé de nouveaux cas était observé à Monrovia, de même que dans les comtés de Grand Bassa, Bong et Grand Cape Mount.

    Production agricole

    Les agriculteurs dans les zones les plus affecctées par l’épidémie d’Ébola (ex. les comtés de Lofa, Bong, Nimba, Margibi et Bomi) signalent qu’en raison des contraintes imposées à la main d’œuvre pendant les périodes typiques d’entretien des cultures et de désherbage, les rendements agricoles seront probablement réduits cette année. Selon une évaluation récente des cultures et de la sécurité alimentaire menée par la FAO et le PAM, la production rizicole de 2014 devrait s’élever à 262.570 tonnes, ce qui représente une baisse de production de 12 pour cent par rapport aux niveaux de 2012 (année de production supérieure à la moyenne). D’après les calculs de FEWS NET, cette estimation indique une baisse de production de 3 pour cent, en comparaison des niveaux de l’année dernière (année légèrement inférieure à la moyenne) et une chute de 10 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale. Sur le plan régional, les baisses de production les plus importantes par rapport aux niveaux de 2012 étaient observées dans les comtés de Lofa (-20 pour cent), Margibi (-20 pour cent), Montserrado (-17 pour cent), Bong (-13 pour cent) et Bomi (-12 pour cent). Parallèlement, dans d’autres zones du pays, des conditions météorologiques favorables et une progression normale de la saison agricole devraient mener à des récoltes légèrement inférieures à la moyenne, bien que dans le sud-est du Liberia (Grand Kru et Maryland) les agriculteurs signalent que les dommages liés aux inondations ont négativement affecté la production agricole cette année. La production de manioc exige moins de travail intensif et a donc été moins touchée par les contraintes liées à Ébola comparativement au riz. Selon les estimations du PAM et de la FAO, la production de manioc au niveau national baissera de 5 pour cent par rapport aux niveaux de 2012.

    Fonctionnement des marchés

    À la mi-novembre, FEWS NET avait mené une enquête par SMS auprès des commerçants avec GeoPoll au Liberia dans le but de mieux comprendre le fonctionnement des marchés locaux dans le pays. Les résultats de cette enquête indiquent qu’en gros 4-7 pour cent des commerçants interrogés signalaient que les marchés locaux (quotidiens ou hebdomadaires) étaient fermés, alors que 36-37 pour cent indiquaient que ces marchés étaient ouverts mais fonctionnaient à des niveaux réduits. Le taux le plus élevé de commerçants signalant un fonctionnement réduit des marchés était observé dans les comtés de Bong, Lofa, Margibi, Montserrado et Nimba.

    Niveaux d’approvisionnement des marchés et disponibilité alimentaire

    Le port de Monrovia reste ouvert, ce qui permet de continuer les importations de riz des marchés internationaux, même si la dépréciation du dollar libérien par rapport au dollar américain, qui a eu lieu entre juin et juillet de cette année, renchérit les importations du riz local. Pour ce qui est des approvisionnements des marchés locaux, les résultats de l’enquête récente de FEWS NET/GeoPoll par SMS, indiquaient qu’à la mi-novembre, plus de 40 pour cent des commerçants interrogés à Bong, Gbarpolu, Grand Kru, Lofa, Montserrado et Nimba signalaient que leurs stocks se situaient actuellement à des niveaux inférieurs à la moyenne. Ces commerçants expliquaient le plus souvent les niveaux inférieurs à la moyenne de leurs stocks par la faible demande, les coûts élevés des transports et les restrictions sur les déplacements locaux. Parallèlement, les taux les plus faibles de commerçants signalant des stocks inférieurs à la moyenne étaient observés dans les comtés de Bomi, Grand Bassa, River Cess, River Gee et Sinoe. En réponse à la question posée sur la disponibilité alimentaire locale, 38 pour cent de tous les commerçants interrogés indiquaient qu’ils pensaient que la disponibilité alimentaire locale n’était pas adéquate pour satisfaire aux besoins des consommateurs locaux, les taux les plus élevés de commerçants signalant un approvisionnement inadéquat étaient observés dans les comtés de Bomi (40 pour cent), Bong (43 pour cent), Margibi (41 pour cent), Montserrado (41 pour cent) et Sinoe (100 pour cent).

    Prix alimentaires

    Les prix en novembre du riz d’importé au Liberia étaient stables, de manière générale, par rapport aux prix d’octobre, à l’exception de Monrovia (-9 pour cent) et Zwedru (+6 pour cent). Pour autant, en comparaison des niveaux de l’année dernière, les prix du riz importé ont augmenté dans l’ensemble du pays, allant de 11 pour cent à Monrovia jusqu’à 36 pour cent à Pleebo. Même si le fonctionnement réduit des marchés et du commerce nationaux ont peut-être contribué à ces augmentations de prix, les effets différés de la dépréciation du dollar libérien ont probablement aussi joué un rôle. Pour ce qui est du manioc, les prix en novembre avaient nettement chuté dans la plupart des zones (6 à 28 pour cent), sauf dans deux zones de production déficitaire (Monrovia et Zwedru), où les prix demeuraient stables. Comparativement aux niveaux de l’année dernière, les prix du manioc varient, avec des prix inférieurs aux niveaux de l’année dernière à Zwedru (-11 pour cent), des prix stables à Pleebo et Voinjama, et en hausse de 33 pour cent à Monrovia.

    Revenus des ménages

    En raison d’un ralentissement général de l’économie, les revenus des ménages dans tous les secteurs de l’économie ont baissé à des niveaux inférieurs à la moyenne. Pour les ménages agricoles, une diminution du fonctionnement des marchés, des fermetures de frontière et des coûts de transports accrus ont fait qu’il leur a été plus difficile de vendre leurs cultures de base (riz et manioc) et leurs cultures de rente (cacao, huile de palme et légumes). Par ailleurs, les ménages dans les parties sud du pays chassent habituellement la viande de brousse pour la vendre dans d’autres régions du Liberia, de même qu’en Côte d’Ivoire, mais ils ne peuvent pas procéder ainsi cette année, à cause de l’interdiction frappant la viande de brousse. Si cette interdiction a un impact négatif sur les revenus des ménages issus de cette source, elle a également entraîné une augmentation de la demande et des prix pour le bétail. Pour ce qui est des revenus des ménages non agricoles, une enquête récente menée par la Banque mondiale, Gallup et le Liberia Institute of Statistics a conclu qu’environ la moitié des répondants des zones urbaines qui avaient travaillé plus tôt dans l’année pendant l’Enquête sur les revenus et les dépenses des ménages (HIES) en 2014, signalaient qu’ils n’avaient plus d’emploi en octobre et novembre 2014.

    Résultats actuels de la sécurité alimentaire

    Pour l’heure, la majorité des ménages agricoles du Liberia comptent sur leur propre production agricole pour répondre à leurs besoins alimentaires essentiels. Pour autant, dans les comtés de Bomi, Bong, Grand Bassa, Lofa, Margibi et Montserrado, les perturbations des marchés et du commerce, ainsi qu’un ralentissement général de l’économie, ont réduit de manière significative les capacités des ménages à acheter les produits non alimentaires essentiels, en particulier les ménages qui ne participent pas activement à la production agricole. Par conséquent, ces ménages sont actuellement en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC). Parallèlement, dans le sud-est du Liberia (Grand Kru, Maryland et Sinoe), les perturbations des marchés et des flux commerciaux, notamment dans le cadre de la fermeture de la frontière avec la Côte d’Ivoire, ont réduit le pouvoir d’achat et l’accès alimentaire des ménage pauvres non agricoles et contribuent également à des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Dans le reste du pays, les ménages répondent actuellement à leurs besoins alimentaires et non alimentaires de base et sont confrontés à une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    Hypothèses

    Le scénario relatif à la sécurité alimentaire le plus probable pour la période allant de décembre 2014 à juin 2015 est basé sur les hypothèses suivantes :

    • Épidémie d’Ébola : Le nombre de nouveaux cas d’Ébola continuera à augmenter pendant la période de projection, à un taux relativement semblable aux niveaux actuels. La majorité des cas seront observés à Monrovia, tandis que d’autres régions du pays auront de faibles niveaux de cas.
    • Stocks alimentaires des ménages : Dans les zones les plus affectées au début de l’épidémie d’Ébola, notamment les comtés de Lofa et de Margibi, les stocks alimentaires des ménages dureront environ quatre mois, soit un mois de moins que la normale, en raison de la production agricole inférieure à la moyenne. Dans d’autres régions, les stocks alimentaires ne s’épuiseront pas beaucoup plus tôt que la normale cette année. Les récoltes de manioc se poursuivront à des niveaux relativement normaux pendant toute la période de projection.
    • Fonctionnement des marchés : À l’exception de quelques marchés hebdomadaires, notamment dans les zones rurales les plus touchées par l’épidémie d’Ébola, la majorité des marchés resteront ouverts pendant la période de projection. Pour autant, le fonctionnement des marchés sera réduit en raison des effets des craintes liées à Ébola. Par conséquent, les ménages agricoles auront plus de difficultés que d’habitude pour commercialiser les cultures de base et les cultures de rente, ce qui aboutira à une diminution des revenus des ménages.
    • Flux commerciaux : Les denrées alimentaires continueront à circuler à l’interne entre les zones, notamment parce que la majorité des restrictions officielles sur les mouvements auront désormais été levées. Cependant, les craintes continuelles des commerçants augmenteront les coûts des transports et des transactions. Pour ce qui est du commerce transfrontalier, les points de passage frontaliers officiels resteront fermés, ce qui réduira de manière significative les exportations, telles que l’huile de palme à destination de la Guinée ou la viande de brousse ou les poissons pour la Côte d’Ivoire, en comparaison des niveaux normaux. Néanmoins, le commerce informel loin des principaux points de passage se poursuivra à de faibles niveaux.
    • Prix alimentaires : Entre décembre et janvier, les prix resteront relativement stables ou baisseront, en particulier dans les principales régions agricoles. Ensuite, à partir de février, les prix commenceront à monter, conformément à la tendance saisonnière, en raison de la forte demande et des faibles niveaux des stocks alimentaires. Les prix du riz devraient se maintenir au-dessus des niveaux de l’année dernière pendant toute la période de projection.
    • Viande de brousse : Dans les régions rurales, les ménages continueront à chasser et à consommer de la viande de brousse à de faibles niveaux. Cependant, les interdictions visant la vente de viande de brousse réduiront les revenus des ménages qui vendent typiquement ces produits, en particulier dans les comtés de Grand Gedeh, River Gee et Sinoe. Par ailleurs, la demande pour les produits de substitution, tels que les animaux d’élevage, la volaille et les poissons, augmentera, ce qui donnera lieu à des prix plus élevés et des revenus positifs pour les ménages éleveurs.
    • Huile de palme : La production atteindra son maximum entre janvier et juin, selon les régions, même si les ménages encaisseront des revenus légèrement plus faibles résultant de la vente de ce produit en raison des perturbations des marchés et du commerce.
    • Pluviométrie pour 2015 : Les prévisions des principaux centres météorologiques (IRI, CPC, ECMWF) ne signalent aucune anomalie majeure entre janvier et juin 2015. Par conséquent, FEWS NET émet l’hypothèse que les précipitations seront relativement normales, avec de faibles niveaux de précipitations entre janvier et mars et des niveaux accrus entre avril et juin.
    • Production agricole pour 2015 : Les activités de préparation des sols commenceront entre janvier et avril, suivies par les activités de plantation entre avril et juin. L’accès aux intrants, aux semences et au crédit agricole pourrait cependant être inférieur à la moyenne à cause des revenus réduits des ménages et des perturbations des marchés, menant à une faible baisse dans la région agricole, par rapport à la normale. Ces activités fourniront aux ménages pauvres des possibilités de travaux agricoles à des niveaux relativement moyens, voire légèrement inférieurs à la moyenne. Les salaires versés pour ces activités seront semblables aux années précédentes.
    Résultats projetés

    Dans la mesure où les stocks alimentaires des ménages pour la majorité des régions du pays sont relativement semblables à ceux d’une année normale, les ménages pauvres dans les régions agricoles compteront sur leurs propres productions de cultures pour satisfaire à leurs besoins alimentaires à court terme. Pour autant, les perturbations des marchés et du commerce, ainsi qu’un ralentissement général de l’économie, réduiront la faculté de certains ménages, en particulier les ménages non agricoles tributaires des marchés, à acheter des produits non alimentaires nécessaires dans les comtés de Bomi, Bong, Grand Bassa, Grand Kru, Lofa, Margibi, Maryland, Montserrado et Sinoe. Entre janvier et mars, les régions les plus affectées par la mauvaise production agricole et les perturbations des marchés seront confrontés aux niveaux les plus élevés de l’insécurité alimentaire, même si des résultats de sécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) sont prévus dans l’ensemble du pays, au fur et à mesure que l’année progresse.

    Figures Figure 1. Estimation des résultats de la sécurité alimentaire les plus probables, décembre 2014

    Figure 1

    Figure 1. Estimation des résultats de la sécurité alimentaire les plus probables, décembre 2014

    Source: FEWS NET

    Figure 2. Estimation des résultats de la sécurité alimentaire les plus probables, janvier à mars 2015

    Figure 2

    Figure 2. Estimation des résultats de la sécurité alimentaire les plus probables, janvier à mars 2015

    Source: FEWS NET

    Figure 3. Estimation des résultats de la sécurité alimentaire les plus probables, avril à juin 2015

    Figure 3

    Figure 3. Estimation des résultats de la sécurité alimentaire les plus probables, avril à juin 2015

    Source: FEWS NET

    Figure 4. Prix du riz importé à Conakry (Guinée) (GNF/KG)

    Figure 4

    Figure 4. Prix du riz importé à Conakry (Guinée) (GNF/KG)

    Source: /SIPAG

    Figure 5. Prix du riz local à Nzérékoré (Guinée) (GNF/KG)

    Figure 5

    Figure 5. Prix du riz local à Nzérékoré (Guinée) (GNF/KG)

    Source: SIPAG

    Figure 6. Zones des moyens d’existence en Guinée

    Figure 6

    Figure 6. Zones des moyens d’existence en Guinée

    Source: FEWS NET

    Figure 7. Pourcentage de commerçants signalant des stocks de produits plus bas que d’habitude

    Figure 7

    Figure 7. Pourcentage de commerçants signalant des stocks de produits plus bas que d’habitude

    Source: FEWS NET

    Figure 8. Prix du riz d’importation à Kailu hun (Sierra Leone) (SIL/KG)

    Figure 8

    Figure 8. Prix du riz d’importation à Kailu hun (Sierra Leone) (SIL/KG)

    Source: ministère de l’Agriculture, des forêts et de la sécurité alimentaire

    Figure 9. Prix du riz local à Tonkolili (Sierra Leone) (SIL/KG)

    Figure 9

    Figure 9. Prix du riz local à Tonkolili (Sierra Leone) (SIL/KG)

    Source: Ministère de l’Agriculture, de la foresterie et de la sécurité alimentaire

    Figure 10.  Pourcentage de commerçants signalant des stocks de produits plus bas que d’habitude

    Figure 10

    Figure 10. Pourcentage de commerçants signalant des stocks de produits plus bas que d’habitude

    Source: FEWS NET

    Figure 11. Prix du riz importé à Monrovia (Liberia) (LRD/50KG)

    Figure 11

    Figure 11. Prix du riz importé à Monrovia (Liberia) (LRD/50KG)

    Source: PAM

    Figure 12. Prix du riz importé à Foya (Liberia) (LRD/50KG)

    Figure 12

    Figure 12. Prix du riz importé à Foya (Liberia) (LRD/50KG)

    Source: PAM

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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