Perspectives sur la sécurité alimentaire

La fin de la campagne agricole contribue à des stocks alimentaires globalement bons

Février 2017 - Septembre 2017

Février - Mai 2017

Guinea February 2017 Food Security Projections for February to May

Juin - Septembre 2017

Guinea February 2017 Food Security Projections for June to September

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • Les opérations post-récoltes, notamment le battage du riz des plaines de mangroves, des plaines alluviales et les bas-fonds, l’épluchage et séchage du manioc, et la réalisation du maraichage se poursuivent dans la plupart préfectures du pays et procurent de façon typique des revenus et de la nourriture aux ménages.

  • La reconstitution des réserves alimentaires se poursuit avec la fin des récoltes de la campagne 2016/17, jugée moyenne à bonne au niveau national. Toutefois, certaines localités touchées par des séquences de sécheresse, des inondations et des attaques de pomme de terre en Moyenne Guinée en août 2016 ont enregistré de légères baisses de production.

  • L’approvisionnement des marchés en céréales est suffisant et les réserves alimentaires se reconstituent grâce aux récoltes de produits agricoles moyennes à bonnes dans l’ensemble à travers le pays. Les prix du riz resteront relativement stables sur les 3 prochains mois et connaitront des hausses en prélude au mois de ramadan. Il en sera de même pour les produits importés comme le sucre, les oignons les huiles alimentaires. La hausse saisonnière des prix qui suit l’épuisement des stocks au niveau des ménages sera observée de juin à août qui constitue la période de soudure en Guinée.

Contexte national

Situation actuelle

Production céréalières

En dépit des anomalies agro-climatiques enregistrées pour la campagne agricole 2016/2017 (les inondations, les séquences de sècheresse, les attaques de nuisibles sur la pomme de terre au Fouta), la production céréalière à la fin de la campagne est globalement moyenne à bonne dans le pays, ce qui améliore les disponibilités alimentaires au niveau des ménages. Toutefois, des baisses localisées de production céréalière notamment le riz et le maïs sont signalées surtout à Siguiri.

Les inondations de fin juillet-début août et les séquences de sécheresse qui s’en ont suivi ont réduit la production de riz dans certaines zones de la Basse Guinée notamment à Boffa et à Boké. Quant au maraichage, les activités se poursuivent et procurent des revenus moyens à supérieurs à la moyenne aux exploitants.

La reconstitution des stocks est en cours grâce aux récoltes moyennes à supérieures à la moyenne et des revenus issus de la vente des produits maraichers ; ce qui améliore la diversification alimentaire et met les ménages pauvres à l’abri de la dépendance du marché.

Cultures de rentes

La reprise des échanges de produits agricoles sur les marchés nationaux (céréales, tubercules, oléagineux) frontaliers (huile de palme, pomme de terre, arachide, produits maraichers) et internationaux (café, cacao, ananas, anacarde, hévéa) s’améliorent de plus en plus, depuis la fin de la maladie à Virus Ebola. La baisse du cours international de l’hévéa se maintient depuis plusieurs mois et n’est pas de nature à encourager l’extension de sa culture. Pour les noix de cajou, la hausse de sa production dans le pays grâce à son prix attractif depuis l’année dernière, procure des revenus supérieurs à la moyenne aux ménages exploitants.

Conditions pastorales

La situation est demeurée calme et on ne note pas de cas d’épizootie majeure. Le bon niveau de remplissage des points d’eau et des pâturages grâce aux grandes pluies, permet un bon abreuvement et un bon embonpoint du cheptel (bovins, caprins, ovins) ; ce qui favorise une amélioration de la production de lait. Aucun conflit majeur entre éleveurs et producteurs n’a été signalé.

Conditions piscicoles

En plus de la pêche maritime et dans les grands fleuves et cours d’eau, la pisciculture est en voie d’expansion surtout en zone forestière et contribue à augmenter les disponibilités en poissons mais également à améliorer les revenus des pêcheurs. Le disponible en poissons cette campagne est supérieur à celui de l’année dernière et par rapport à la moyenne quinquennale.

Le niveau d’approvisionnement du marché en poissons transformés, frais et congelés est satisfaisant. Le degré d’approvisionnement est moyen par rapport à celui de l’année dernière et reste satisfaisante par rapport à la moyenne des trois dernières années.

Marchés à céréales

L’approvisionnement des marchés en céréales est régulier grâce à la période de commercialisation des produits locaux et de la présence du riz importé. Comparé à l’année dernière, l’approvisionnement des marchés en céréales est moyen et similaire à la moyenne des cinq dernières années. Les prix du riz (local et importé) qui est la principale céréale consommée, restent stables pour l’instant. Malgré la bonne période de commercialisation des produits locaux, les prix du riz local n’ont pas subi leur baisse saisonnière typique. Ils sont compris entre 5000 et 6500 FG/kg alors que le riz importé connait une faible variation à la hausse passant de 5500 en 2016 à 6000 FG en 2017. Cette situation est relativement similaire à celle des cinq dernières années.

Le marché à bétail est approvisionné de manière très satisfaisante. Le niveau des approvisionnements est légèrement inférieur à celle de l’année dernière à cause du déplacement de certains éleveurs avec leurs troupeaux vers les zones de pâturage et voire même en Sierra Leone.

L’augmentation du prix du bétail et de la viande d’environ 10 pour cent, enregistrée depuis l’an dernier se maintient ; ce qui limite leur accès aux ménages pauvres à cette denrée. Ces niveaux de prix sont supérieurs par rapport à la même période en 2016 et supérieurs par rapport à la moyenne quinquennale.

Activités économiques

Avec la place de plus en plus importante de l’orpaillage dans le pays, le Gouvernement a adopté des textes pour le lancement des projets pilotes, la finalisation du recensement et la parcellisation déjà engagées dans toutes les zones aurifères. Ils sont en cours de mise en œuvre afin d’encourager participation de l’exploitation artisanale de l’or dans le secteur formel.

Les mesures d’encouragement du gouvernement sur le développement de la filière anacarde permettront aux producteurs d’engranger des revenus substantiels. La poursuite de la dévaluation favorisera les exportations agricoles guinéennes (faibles quantités) mais seront ressentis par les consommateurs en ce qui concerne les produits alimentaires importés.

La migration est essentiellement tournée vers les zones minières à l’intérieur du pays et dans les pays limitrophes. Les revenus de la migration contribuent à l’amélioration du cadre de vie des ménages et de financer d’autres activités économiques comme le commerce, les taxis motos dans les villes et les grandes agglomérations. Les revenus venant de l’étranger sont souvent injectés dans l’agriculture sans beaucoup d’informations sur le volume et le secteur où ils sont utilisés.

Situation de la sécurité alimentaire

La production agricole de cette année est globalement similaire à celle de l’année dernière et supérieure à la moyenne quinquennale ; ce qui permet une bonne disponibilité en céréales dans le pays et favorable à une bonne consommation alimentaire. Les prix actuels du riz qui constitue la principale céréale consommée, la disponibilité moyenne en tubercules et produits maraichers favorisent un accès moyen de la majorité des ménages à la nourriture. Par conséquent, toutes les zones du pays sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC).

Suppositions

Le scénario le plus probable de février à septembre 2017 est basé sur les hypothèses suivantes au niveau national:

  • Pluviométrie : La préfecture de Yomou, située en région forestière, et la préfecture de Dalaba en Moyenne Guinée, ont déjà enregistré les premières gouttes de pluie de l’année 2017. Les premières pluies normales dans le pays commenceront à tomber en avril et se poursuivront jusqu’en septembre avec des pics en juillet/aout/septembre. Il est attendu que les cumuls de pluies soient similaires à la moyenne. Un niveau typique saisonnier des inondations est aussi attendu.
  • Productions agricoles : L’ANASA estime à 6,17 pour cent, le taux d’accroissement de la production du riz en Guinée. Les pluies moyennes attendues permettront la mise en culture et dans le temps des superficies habituelles de culture au niveau du pays. La poursuite des aménagements hydroagricoles et les appuis en intrants agricoles (semences, engrais, produits phytosanitaires) du gouvernement pour rehausser les productions agricoles contribueront à une production agricole 2017-2018 moyenne à supérieure à la moyenne dans le pays avec des récoltes qui commenceront en fin-aout début- septembre.
  • Cultures de rente : Globalement, les revenus issus des cultures de rentes pour la campagne 2016/2017 seront supérieurs à ceux de l’an passé et supérieurs à la moyenne quinquennale grâce à la relance de la culture de l’anacarde, du coton, et à la reprise des échanges de produits agricoles (huile de palme, arachide, ananas) sur les marchés transfrontaliers et internationaux. La période la plus importante pour ces revenus se situe entre avril et juin. Cependant, les pertes dues aux attaques de pomme de terre par des champignons en août 2016 au Fouta seront largement moindres pour la campagne 2017/2018 par rapport à l’année dernière à cause de toutes les dispositions mises en œuvre pour leur éradication (disponibilité de produits phytosanitaires, introduction de nouvelles semences améliorées, formation des producteurs sur les itinéraires technique) par les organisations de producteurs et les encadreurs.
  • Productions maraichères : L’extension des cultures maraichères actuellement dans la plupart des préfectures de la Guinée en raison des revenus importants qu’elles procurent et la vulgarisation des itinéraires techniques auprès des producteurs par les structures techniques permettront la réalisation d’une production moyenne à supérieure à la moyenne de février à septembre 2017.

Sources de revenus et de nourriture

  • Les revenus des activités minières (or, diamant, bauxite) seront moyens à supérieurs à la moyenne avec l’extension du domaine d’exploitation par rapport aux années précédentes, et malgré les nouvelles mesures envisagées pour l’exploitation artisanale qui exigent une carte professionnelle pour les exploitants et la baisse marquée de la productivité du diamant. L’extension de sociétés minières pour la bauxite en Basse Guinée attirera encore d’avantage de la main d’œuvre ; ce qui engendrera des revenus importants pour les migrants.

    Main d’œuvre agricole : Comme d’habitude, la réduction du nombre d’actifs, liée aux départs des bras valides vers les sites d’orpaillage et leur non-retour de plus en plus constaté pour les activités agricoles maintiendront le coût de la main d’œuvre toujours élevé. En conséquence, le coût de l’unité de main d’œuvre sera supérieur à la moyenne mais ne procurera que des revenus globalement inférieurs à la moyenne compte tenu de la réduction du nombre d’actifs agricoles par rapport à la moyenne.

  • Pêche : Les activités de pêche qui ont commencé en octobre 2016 se poursuivront jusqu’en juin 2017 avec la baisse du niveau de la lame d’eau pour la pêche continentale en eau douce. Elles connaitront une baisse en juillet-aout et septembre à cause de la période des grandes pluies aussi bien pour la pêche maritime que pour la pêche continentale. La hausse des captures de février à juin rehaussera les revenus des ménages pêcheurs qui seront moyens à supérieurs à la moyenne.

  • Conditions pastorales : L’installation normale des pluies en mai 2017, favorisera la régénération habituelle des pâturages et des points d’eau favorable à une reprise normale de la production animale. L’accalmie sur le plan zoo sanitaire de cette année se maintiendra jusqu’en septembre 2017.

  • Revenus de l’elevage : Les productions animales attendues permettront aux éleveurs de bénéficier des revenus moyens issus de la vente des animaux, du lait, des peaux et cuirs, surtout que la reprise du commerce transfrontalier et la dévaluation continue du Franc Guinéen par rapport aux monnaies étrangères y est favorable. Les prix resteront supérieurs par rapport à l’an passé et supérieurs à la moyenne des 5 dernières années.

Les marchés

  • Approvisionnements des marchés : Avec la période de commercialisation des produits agricoles sur toute l’étendue du territoire national, les stocks sont bien constitués et les marchés bien approvisionnés. En plus, les disponibilités en riz importés maintiendront la bonne disponibilité céréalière sur les marchés jusqu’en septembre 2017 et les prix relativement stables, donc accessibles aux ménages pauvres.

  • Les flux commerciaux transfrontaliers : En dehors de quelques tracasseries routières, la normalisation des échanges entre la Guinée, les pays frontaliers et les autres pays du monde se poursuivra pendant la période de scenario (février – septembre 2017).

  • Prix des denrées alimentaires : En raison des bonnes récoltes pour la campagne agricoles 2016/2017, la stabilité des prix du riz se poursuivra jusqu’en juin et observeront de légères fluctuations à la hausse de juillet à août pour se normaliser à partir de septembre 2017 avec la présence sur le marché, de nouvelles récoltes. Les prix du riz local étuvé sont restés relativement stables entre 5000 et 6500 FG /Kg pendant que les prix du riz importé étuvé ont connu une hausse d’environ 10% en passant de 5000 à 5500 FG /Kg. Pour le riz importé blanchi, les prix ont oscillé entre 4000 et 4500 FG/kg. Ces niveaux de prix se maintiendront et faciliteront l’accès du riz à la majorité des ménages.

  • Prix des produits de rente : Les prix des principales cultures de rente resteront globalement moyens pendant la période de scenario de février à septembre. Le prix de l’huile est particulièrement élevé en février mais se normalisera pendant la bonne période de commercialisation de mars à juin 2017. Pour les noix de cajou, les prix sont à la hausse depuis la fixation d’un prix plancher d’achat bord-champ à 5000 GNF, le kilogramme en avril 2016 par le Gouvernement.

  • Environnement socio-économique : L’inflation continue du franc guinéen et favorisera les exportations, surtout pour les produits alimentaires et d’élevage.

Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

Avec l’engrangement des grandes récoltes depuis octobre 2016 jusqu’en janvier 2017, les disponibilités alimentaires au niveau des ménages améliorent la situation alimentaire qui se poursuivra jusqu’en juin 2017. En juillet et août, les ménages vont connaitre une baisse typique des stocks dont ils disposent mais seront soulagées en début septembre avec la venue des nouvelles récoltes. La disponibilité moyenne à importante de produits agricoles locaux (céréales, tubercules, oléagineux) et importés en cette fin de campagne agricole favorisera le maintien des prix des denrées à des niveaux similaires à la moyenne ; ce qui est favorable à un accès moyen des ménages à la nourriture. La poursuite normale des activités source de revenus durant toute la période de scenario et qui procureront des revenus moyens aux ménages seront favorables à une alimentation moyenne pour la majorité des ménages. En dépit de la baisse habituelle de la disponibilité et de la diversité alimentaire de juillet à août, période de soudure en Guinée, le maintien des prix du riz (local et importé) à leur niveau actuel, similaire à la moyenne, les ménages se maintiendront en insécurité alimentaire minimale (Phase 1 IPC) jusqu’en septembre 2017. Une amélioration de la situation alimentaire par rapport à la soudure est attendue en septembre avec le début de récolte du riz de coteau, du maïs, du fonio et du manioc.

 

Pour plus d'informations sur les perspectives des zones de préoccupation, veuillez, s'il vous plaît, cliquer en haut de la page pour télécharger le rapport complet.

A Propos de l’Élaboration de Scenarios

Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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