Perspectives sur la sécurité alimentaire

Malgré les bonnes perspectives agropastorales, l’insécurité alimentaire demeurera toujours préoccupante dans plusieurs régions du Sahel

Juillet 2020

Juin - Septembre 2020

Résultats estimés les plus probables de la sécurité alimentaire, juin à septembre 2020: Crise (Phase 3 de l'IPC) dans Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, et RCA. Urgence (Phase 4 de l'IPC) dans le nord-est de Nigeria

Octobre 2020 - Janvier 2021

Résultats estimés les plus probables de la sécurité alimentaire, octobre 2020 à janvier 2021: Crise (Phase 3 de l'IPC) dans Niger, Burkina Faso, Tchad, et RCA. Urgence (Phase 4 de l'IPC) dans le nord-est de Nigeria

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Concentration de personnes déplacées – passez le curseur au-dessus de la carte pour voir la classification de la sécurité alimentaire des camps de déplacés au Nigéria.
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Concentration de personnes déplacées – passez le curseur au-dessus de la carte pour voir la classification de la sécurité alimentaire des camps de déplacés au Nigéria.
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • Les activités agricoles se déroulement à bonne date et sans entraves majeures dans la région grâce à une bonne pluviométrie. Quelques dégâts de chenille légionnaire d’automne signalés sur les céréales en tallage par endroits sont maitrisés. L’impact de la perturbation des flux des intrants agricoles par la COVID-19 semble faible et ne devrait pas affecter significativement les perspectives de récoltes supérieures à la moyenne. Toutefois, des productions inférieures à la moyenne sont attendues dans les zones de conflits où l’accès aux terres de cultures reste une préoccupation.

  • Excepté dans le Grand bassin du Lac Tchad, la région du Liptako Gourma et celle du Tibesti au Tchad où les marchés restent perturbés en raison de l'insécurité, ailleurs ils sont suffisamment approvisionnés à des niveaux inférieurs à la moyenne mais tout de même suffisant pour satisfaire la demande jusqu’en fin de soudure. Au Sahel, les prix des céréales sont supérieurs à l’an dernier mais sont en général inférieurs à la moyenne sauf dans les zones où les flux sont perturbés. La demande de bétail augmente par rapport au mois précédent, mais surtout pour les petits ruminants à l'approche de la Tabaski. Leurs prix généralement stables ou en baisse par rapport à la moyenne pourraient connaitre une hausse. Le commerce intra-régional et l'offre de produits importés resteront affectés par la COVID-19, bien que les contrôles gouvernementaux empêchent des hausses de prix importantes. Les prix des denrées locales de base seront probablement inférieurs ou proches de la moyenne, sauf dans les zones déficitaires.

  • Malgré la reprise graduelle des activités économiques relative à l'assouplissement progressive des restrictions relatives à la COVID-19 depuis avril/mai, la mise en œuvre des moyens de subsistance habituels par la plupart des ménages urbains pauvres demeure à des niveaux inférieurs à la normale. La baisse des revenus et du pouvoir d'achat des ménages pauvres se poursuivra, conduisant à une insécurité alimentaire Stress (Phase 2 de l'IPC) au cours des prochains mois, voire Crise (Phase 3 de l'IPC) pour certains ménages pauvres urbains.

  • La majorité des zones restera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en janvier 2021 et Stress (Phase 2 de l’IPC) pour certaines y compris de nombreux ménages urbains durement touchés par les mesures de restriction relatives à la COVID-19. Dans les zones affectées par l’insécurité civile comme le centre et le nord de la région de Tillabéry, le nord de Tahoua, la région de Diffa et l’extrême sud de la région de Maradi au Niger, dans les provinces du Loroum, Soum et Sanmatenga au Burkina Faso, l’insécurité alimentaire Stress ! (Phase 2 ! IPC) demeurera jusqu’en Septembre grâce aux assistances alimentaires planifiées et mises en œuvre. Il en sera de même pour les ménages pauvres de la zone de culture pluviale en Mauritanie, plus exposée à l’effet cumulé d’une soudure précoce et d’une perte de revenu suite aux mesures restrictives de la COVID-19.

  • L’insécurité alimentaire Crise (Phase 3 de l’IPC) prévaudra jusqu’en septembre dans les provinces du Barh el Gazel (BEG) et Kanem en raison de l’érosion des avoirs productifs des ménages et des déficits de consommation. Il en sera de même entre octobre et janvier en Centrafrique, dans la région du Liptako Gourma au Mali, dans la zone du Lac au Tchad, au sein des PDI dans le nord-ouest et le nord-est du Nigeria et dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest au Cameroun du fait de la persistance des conflits avec leur corollaire de destruction des moyens d’existence éprouvés davantage par endroit par les restrictions relatives à la Covid-19. Au Burkina Faso ce niveau d’insécurité alimentaire se maintiendra jusqu’en janvier dans les provinces du Bam, Namentenga, Séno, Oudalan, Yagha, Gnagna et Komondjari.  Au Nigeria, les PDI dans les camps situés dans les zones inaccessibles près du bassin du Lac Tchad seraient en insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) où l’accès à la nourriture et aux revenus sont très limités.

Perspectives par Pays

Cameroun

  • Avec 12 592 cas confirmés de COVID-19 et 313 décès au 29 juin 2020, le Cameroun est l'un des points chauds de la pandémie en Afrique Centrale et l’Afrique de l'Ouest. Malgré les levées de certaines restrictions de distanciation sociale en avril tels que le couvre feux, la mobilité, et le rassemblement des personnes, la situation économique reste timide, affectant négativement les opportunités de générer des revenus quotidiens pour les ménages pauvres.
  • Les ménages pauvres dans les grandes villes de Yaoundé et Douala restent les plus touchés par le COVID-19 où les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement locales et spéculations des commerçants ont augmenté les prix de certaines denrées alimentaires par rapport à leurs niveaux saisonniers. Les ménages pauvres dans ces villes sont confrontés à des situations de sécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC), avec des proportions de PDI et refugies urbains en Crise (Phase 3 de l’IPC) en raison de la réduction du pouvoir d'achat. Pourtant, le gouvernement a mise en place des mesures de contrôle pour régler les hausses de prix a moins de 10 pour cent.
  • Jusqu'à fin juin, la plupart des ménages pauvres dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont épuisé leurs stocks alimentaires et les prix des denrées alimentaires de base ont augmenté de 30 pour cent par rapport à la même période avant la crise sécuritaire. Cependant, certains ménages pauvres ont commencé à récolter des haricots et des pommes de terre depuis la deuxième semaine de juin et au fur et à mesure de la récolte, les prix devraient se stabiliser et l'accès à la nourriture pour les ménages pauvres s'améliorera. Cependant, ces régions devraient connaître une quatrième année consécutive de récoltes inférieures à la moyenne.

Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Cameroun de juin 2020 à janvier 2021.

Mali

  • L’extension du COVID-19 à toutes les régions et les difficultés de suivi des personnes contacts, constituent des préoccupations dans le pays et qui mettent à l’épreuve les structures sanitaires déjà limitées en termes de capacité de prise en charge. Les perturbations économiques qui en résultent, rehaussent la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire en milieu urbain et dans les zones vivant de transfert de migrants.
  • La campagne agricole 2020/21 a démarré dans le pays grâce à l’installation des pluies en fin mai. Les prévisions de pluies normales à excédentaires sont favorables à une production agropastorale moyenne à supérieure à la moyenne. Les prévisions de production en hausse de 6 pour cent par rapport à 2020 et de 18,5 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années (Cellule de Planification et de Statistique/Développement Rural (CPS/DR)), favoriseront un bon approvisionnement des marchés en céréales.
  • La soudure précoce au Sahel occidental, du Liptako-Gourma, et par endroits dans le nord du pays et la baisse des revenus, amènent les ménages pauvres à recourir aux stratégies d’adaptation plus ou moins négatives selon les zones pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquents, ils seront en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) pour la zone du Liptako Gourma et de Stress (Phase 2 de l’IPC) dans le Sahel occidental et le nord du pays de juin à septembre.
  • Les récoltes moyennes à supérieures à la moyenne attendues en octobre 2020 de même que la baisse des prix et l’amélioration des termes d’échange bétail/céréale, amélioreront l’accès des ménages aux vivres. Par conséquent, la majorité des ménages du pays sera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) d’octobre à janvier 2020. Quant aux ménages du Liptako Gourma, les déplacés et les victimes des inondations, ils traineront encore les séquelles de la dégradation de leurs moyens d’existence et par conséquent seront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) à pire.

Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Mali de juin 2020 à janvier 2021.

Niger

  • Les crises sécuritaires continuent d’affecter les régions de Diffa, Tillabéry, Tahoua et Maradi. Entre janvier et mai, 347 cas d’incidents sécuritaires ont été enregistré dans les régions de Tahoua et Tillabéry. Suite à ces incidents sécuritaires, il a été recensé 540 045 personnes déplacées dont la moitié constituée de déplacées internes dans les régions de Diffa, Tillabéry, Tahoua et Maradi.
  • Le COVID-19 persiste avec des cas confirmés estimés au 16 juin 2020 à 1 016 cas. Les mesures prises pour contrôler sa propagation ont des conséquences économiques aggravant l’insécurité alimentaire tout en l’élargissant a de nouvelles zones dont celles des centres urbains.
  • La campagne agricole a démarré avec les semis réalisés dans 61 pour cent des villages agricoles. Les prévisions saisonnières agro-climatiques annoncent de conditions favorables en comparaison avec les moyennes calculées sur les 30 dernières années, mais les effets positifs de ces facteurs climatiques pourraient diminuer suite aux incidences des mesures COVID-19 sur la disponibilité de la main d’œuvre migrante dont la fermeture des frontières bloque le retour.
  • La saison des pluies n’est pas encore démarrée en zone pastorale ou les effets combinés du déficit fourrager de l’année passée et des crises sécuritaire et des restrictions de mouvement pour combattre le COVID-19 se traduisent par une limitation de l’accès aux zones fournies en pâturage et aux zones de meilleures opportunités économiques pour la vente à des prix rémunérateurs des animaux.
  • Les populations de la zone centre et nord de la région de Tillabéry et nord Tahoua vit, dans leur majorité, une insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 IPC). Dans la région de Diffa et l’extrême sud de la région de Maradi, l’insécurité alimentaire est plutôt en Stress (Phase 2 ! IPC) grâce aux assistances planifiées et mises en œuvre. L’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 IPC) affecte les populations des autres zones du pays mais pourrait évoluer vers la phase Minimale (Phase 1 IPC) à partir d’octobre 2020 jusqu’en janvier 2021.

Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Niger de juin 2020 à janvier 2021.

Nigeria

  • Le conflit soutenu associé à Boko Haram, couplé à la pandémie de COVID-19 et aux restrictions associées, a entraîné une augmentation des populations confrontées à la Crise (Phase 3 de l’IPC) et à l'Urgence (Phase 4 de l’IPC). Dans les zones accessibles du nord-est, le pouvoir d'achat est inférieur à la moyenne, les prix des denrées de base ayant considérablement augmenté. Les ménages accèdent au revenu grâce à la main d’œuvre et à l’auto-emploi dont les opportunités sont limitées.
  • Les PDI dans la plupart des camps des États du nord-est sont en situation de Stress! (Phase 2 ! de l'IPC) Alors que l'aide alimentaire humanitaire comble les écarts de consommation alimentaire. Les PDI exercent généralement des activités rémunératrices limitées, qui le sont davantage en raison de certaines restrictions associées à la COVID-19. Plus particulièrement, les restrictions de mouvement et de distanciation sociale ont perturbé l’auto-emploi et les activités du secteur informel. Pour les PDI, dans les camps situés dans des zones inaccessibles près du bassin du Lac Tchad, un accès très limité à la nourriture et aux revenus est susceptible d'entraîner une situation d'Urgence (Phase 4 de l'IPC).
  • Les ménages déplacés du nord-ouest, les plus touchés par le conflit, dépendent d'activités de subsistance atypiques qui ont été encore perturbées par la pandémie de COVID-19. Les pasteurs devraient retourner dans leurs zones d’attache de juin à septembre, ce qui aggrave les conflits pendant la saison de croissance. Ceci, conjugué à la flambée des prix des denrées de base devrait limiter l'accès aux aliments dans les zones les plus touchées par le conflit, entraînant une Crise (Phase 3 de l'IPC) jusqu'en septembre. À mesure que les récoltes seront disponibles, de nombreux ménages devraient commencer à consommer leurs propres aliments. Cependant, de nombreux ménages devraient rencontrer des difficultés pour répondre à leurs besoins non alimentaires et des résultats de Stress (Phase 2 de l'IPC) sont attendus dans la période post-récolte.
  • L'économie du Nigéria s'est améliorée au cours des trois dernières années cependant, en raison de la chute des cours internationaux du pétrole et de la pandémie de COVID-19, les réserves de change ont considérablement diminué. Cela a conduit à la dépréciation du NGN sur les marchés officiels et parallèles, mais plus particulièrement sur le marché parallèle. Ceci, combiné à d'autres facteurs, notamment les restrictions COVID-19, la demande accrue et les fermetures de frontières, a entraîné une augmentation significative des prix des denrées de base.
  • Le conflit associé à Boko Haram dure depuis plus de 10 ans et la forte hausse en 2016 a détruit les moyens de subsistance et perturbé considérablement l'accès à la nourriture des ménages. Bien que le conflit persiste et que certaines zones restent inaccessibles, les informations disponibles suggèrent que la sécurité alimentaire s'est quelque peu améliorée. Il y a peu de rapports sur la faim extrême dans les zones inaccessibles, conformément à ce qui s'est produit en 2016. En tant que tel, il est peu probable qu'une Famine soit en cours dans les zones inaccessibles ; cependant, la Famine pourrait survenir en cas de hausse spectaculaire ou de changement de conflit qui isole les ménages des sources typiques de nourriture et de revenus et de l'aide humanitaire pendant une période prolongée.

Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Niger de juin 2020 à janvier 2021.

Tchad

  • Les heurts entre les forces gouvernementales et les éléments de Boko Haram survenus entre mars – avril, conjugués à l’état d’urgence, au couvre-feu et aux restrictions gouvernementales relatives au COVID - 19, exacerbent l’insécurité alimentaire au Lac en dépit des stratégies développées par les ménages. Les moyens d’existence des ménages hôtes du Lac continuent de se dégrader en raison de la pression des nouveaux déplacés. En conséquence des déficits de consommation s’observent et la zone est en Stress (Phase 2! de l'IPC) avec l’assistance alimtentaire.
  • Les ménages des Provinces du Barh el Gazel (BEG) et Kanem qui en année normale dépendent en cette période des marchés pour leur alimentation vivent une situation alimentaire très détériorée en raison de l’épuisement total des stocks céréaliers et des prix élevés de produits alimentaires sur les marchés. L’érosion des avoirs productifs des ménages donc leurs faibles revenus, limitent l’accès aux marchés et ces ménages n'arrivent pas à satisfaire leur consommation alimentaire et se trouvent en Crise (Phase 3 de l’IPC).  
  • Le fonctionnement des marchés est impacté par les restrictions sur le trafic et la fermeture des frontières qui affectent les volumes de l’offre. Face à une offre en baisse, la demande est timide dans la plupart des zones du pays. Cependant des hausses localisées de demandes en produits alimentaires s’observent dans la Province du Tibesti, et le Département d’Abdi dans la province du Ouaddaï, et a Goz Beida au Sila.
  • Compte tenu des impacts négatifs du COVID-19 sur la situation alimentaire des ménages, la situation nutritionnelle des enfants de 0 à 59 mois est en détérioration à cause d’un faible accès alimentaire couplée aux mauvaises conditions hygiéniques au BEG et Kanem. Au Lac, l’afflux des nouveaux déplacés a mis à jour la détérioration de l’état nutritionnel des enfants malgré l’extension des dispositifs de prise en charge.

Pour en savoir plus, voir le rapport des Perspectives de la sécurité alimentaire au Tchad de juin 2020 à janvier 2021.

Pays suivis à distance[1]

Burkina Faso

  • Le disfonctionnement des marchés dans la moitié nord du pays caractérisé par la réduction des flux entrants, la baisse de la fréquentation des acheteurs étrangers et la limitation de l’accès physique des ménages, affecte négativement les termes de l’échange bétail/céréales avec une détérioration de 25 et 11 pourcent par rapport à la normale respectivement sur les marchés de Dori et Djibo.
  • Avec la perte de leur pouvoir d’achat, l’assistance alimentaire devient la principale source de nourriture pour les PDI et ménages hôtes. L’assistance en cours et celle planifiée jusqu’en septembre devrait favoriser une insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2! de l’IPC) dans les provinces du Loroum, du Soum et du Sanmatenga car toucherait entre 20 et 30 pourcent des populations avec une couverture d’au moins 80 pourcent des besoins caloriques.
  • Par contre elle est entravée par l’insécurité et est insuffisante dans les provinces du Bam, Namentenga, Séno, Oudalan, Yagha, Gnagna et Komondjari qui restent exposées à la Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’en septembre. Entre octobre et janvier, la faiblesse des récoltes et la forte présence de PDI (plus de 20 pourcent de la population) continueront d’exposer les provinces du Soum, Oudalan, Loroum, Bam et Sanmatenga à la Crise (Phase 3 de l’IPC).
  • Malgré les prévisions saisonnières de pluviométrie favorables pour le pays, la situation sécuritaire qui se dégrade de plus en plus dans les provinces va perturber les activités agricoles. Dans les provinces frontalières du nord et l’est et environnants, outre les déplacements de populations, l’accès des ménages à leurs champs sera limité et les productions agricoles pourraient demeurer en-dessous de la moyenne. Dans les zones de production de l’ouest et du sud relativement plus calmes, la baisse des prix aux producteurs pourrait ne pas encourager ces derniers à accroitre leurs superficies. Les productions dans ces zones pourraient être similaires à la moyenne quinquennale.

Pour en savoir plus, voir le rapport des Mise à jour de juin 2020 à janvier 2021 concernant le suivi à distance du Burkina Faso.

Mauritanie

  • La pandémie de COVID-19 continue de se propager et de s’aggraver dans le pays, justifiant le maintien des mesures restrictives qui affectent négativement les revenus des pauvres du secteur informel dans les villes et aussi les revenus et les transferts de la migration saisonnière. Les transhumants continuent aussi de subir les conséquences néfastes de la fermeture des frontières et la dégradation des ressources alimentaires le long de la frontière avec le Mali et le Sénégal affectent négativement l’état d’embonpoint de leurs animaux.
  • Près de 69% des pauvres devraient recevoir des transferts monétaires suffisants pour satisfaire à leurs besoins essentiels entre juin et septembre. Cela renforcera leur accès alimentaire et favorisera ainsi une insécurité alimentaire aigue Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) dans la zone de culture pluviale plus exposée à l’effet cumulé d’une soudure précoce et d’une perte de revenu suite aux mesures restrictives du COVID-19.
  • Les ménages pauvres de Nouakchott et des autres centres urbains ont subi des pertes d’opportunité d’emplois et des baisses de revenus lors des restrictions contre la propagation du COVID-19 telles que la fermeture des points de commerces, des restaurants, le couvre-feu, et des restrictions de déplacement. Bien que certaines restrictions ont été assouplies en juin (ouverture du commerce et des restaurants moyennant le respect des mesures barrières), les ménages, en particuliers ceux du secteur informel, continuent de faire face au ralentissement de l’économie et sont actuellement en insécurité alimentaire Minimale ! (Phase 1 ! de l’IPC) suite aux distributions de kits alimentaires réalisées depuis avril et aux transferts monétaires en cours.
  • L’installation à temps des pluies dans le pays et la poursuite d’une saison normale permettront des récoltes moyennes et l’accès typique au lait et produits animaux, ce qui favorisera une normalisation de la situation alimentaire des ménages entre octobre et janvier. Toutefois, le ralentissement de l’économie, la baisse de la demande de main-d’œuvre et les pertes d’emplois pourraient encore impacter négativement les revenus des ménages pauvres surtout en milieu urbain et dans la zone agricole.

 Pour en savoir plus, voir le rapport des Mise à jour de juin 2020 à janvier 2021 concernant le suivi à distance de la Mauritanie   

République Centrafricaine

  • Depuis le mois de mai, la maladie de COVID-19 se propage dans le pays avec l’accroissement des transmissions communautaires. Les contrôles sanitaires aux frontières et les restrictions dans le transport visant à limiter la propagation de COVID-19 entrainent des flux commerciaux plus lents. L’offre réduits des marchés locaux, les facteurs saisonniers et les comportements spéculatifs des commerçants entrainent des prix des denrées de base anormalement élevés.
  • En raison d’une situation sécuritaire globalement plus calme et des prévisions de précipitations favorables sur le pays entre juin et septembre, les productions agricoles en fin de saison pourraient être supérieures à la moyenne des cinq dernières années, mais en-dessous de la moyenne avant la crise. Néanmoins, l’insécurité, la maladie du manioc, l’insuffisance de semences améliorées et les dégâts récurrents de champs causés par les transhumants, pourrait localement réduire les récoltes dans les zones concernées.
  • En raison d’une situation sécuritaire globalement plus calme et des prévisions de précipitations favorables sur le pays entre juin et septembre, les productions agricoles en fin de saison pourraient être supérieures à la moyenne des cinq dernières années, mais en-dessous de la moyenne avant la crise. Néanmoins, l’insécurité, la maladie du manioc, l’insuffisance de semences améliorées et les dégâts récurrents de champs causés par les transhumants, pourrait localement réduire les récoltes dans les zones concernées.
  • Le sous-financement de l’aide, les mesures restrictives de COVID-19 et les exactions des groupes armés entravent la délivrance régulière de l’assistance au profit des PDI et populations hôtes dans les préfectures touchées par le conflit et à accès limité. L’insécurité alimentaire aiguë Crise (IPC phase 3) va demeurer jusqu’en août et pourrait persister dans la période post-récolte dans les sous-préfectures à forte présence de PDI, en raison de l’accès limités des populations aux champs.
  • La hausse des prix des denrées de base affecte aussi négativement le pouvoir d’achat des ménages pauvres dans les centres urbains, en particulier dans la capitale où les pertes d’emploi touchent les pauvres du secteur informel. Ceux-ci sont contraints de réduire la taille et la qualité des portions consommées et le nombre de repas pris par jour. Jusqu’en janvier, la baisse de leur pouvoir d’achat les exposerait à l’insécurité alimentaire aiguë Stress (IPC Phase 2).

Pour en savoir plus, voir le rapport des Mise à jour de juin 2020 à janvier 2021 concernant le suivi à distance de la république centrafricaine.

[1] Avec le suivi à distance, un analyste travaille habituellement à partir d’un bureau régional proche, comptant sur un réseau de partenaires pour les données. Par rapport aux pays ci-dessus où FEWS NET dispose d’un bureau local, les rapports concernant les pays suivis à distance peuvent être moins détaillés. 

 

Evenements qui pourraient changer les scenarios

Zone Evénements Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire
Région du Liptako Gourma (Nord et Est Mali, Nord et Est Burkina Faso, Ouest Niger), Nord-est et Nord-ouest Nigeria, Nord-ouest et Sud-ouest Cameroun, République Centrafricaine Aggravation de l’insécurité civile
  • Augmentation du nombre des PDI et refugiés dans les pays voisins
  • Perturbation des flux de denrées alimentaires et de bétail avec très faibles offres sur les marchés locaux
  • Amenuisement des flux de céréales du Nigeria vers le Niger, le Tchad et le Nord Cameroun en plus de la baisse observée avec la fermeture des frontières terrestres du Nigeria depuis Août 2019  
  • Grave détérioration des moyens d’existence des ménages et la sécurité alimentaire et nutritionnelle
Pays du Sahel (Tchad, Niger, Mali, Mauritanie, Burkina Faso) Invasion du criquet pèlerin
  • Dégâts importants sur les cultures dans les zones affectées
  •  Baisse importante de productions agricoles et de pâturages
  • Précocité et perturbation de la transhumance
  • Hausse prématurée des prix dans la région
Région

Recrudescence de la pandemie Covid-19

  • Perturbation des flux commerciaux internes et régionaux
  • Hausse des prix des produits
  •  Baisse des activités de moyens d’existence particulièrement en milieu urbain et baisse des revenus des ménages
  • Baisse des exportations et pertes de revenus entrainant des tensions macroéconomiques
Région Généralisation des infestations de la chenille Spodoptera frugiperda sur les cultures 
  • Dégâts sur les cultures dans les zones affectées
  • Baisse de production particulièrement sur le maïs
  • Tensions sur la commercialisation du maïs
  • Hausse prématurée des prix dans la région
Région 

Inondations plus importantes de cultures dans les bassins de production

  • Baisse des productions locales et des stocks ménages
  • Baisses des revenus issus de la vente habituelle des récoltes

 

A Propos de l’Élaboration de Scenarios

Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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