Mise à jour du suivi à distance

La reprise des exactions des groupes armés menace les productions agricoles

Août 2020

Août - Septembre 2020

Octobre 2020 - Janvier 2021

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • Depuis la mi-juillet, malgré le plus grand nombre de guérisons que de nouveaux cas, la pandémie de COVID-19 reste une préoccupation compte tenu du nombre toujours élevé de cas actifs à travers le pays. La réouverture des écoles et les mobilisations communautaires pour les prochaines élections pourraient favoriser la propagation de la maladie dans un contexte où les mesures de restriction ne sont généralement pas suivies.

  • Malgré le début de la première récolte, les prix des denrées alimentaires de base restent atypiquement élevés par rapport à la même période l'an dernier. Outre les facteurs saisonniers tels que la hausse des coûts de transport, l'offre du marché est faible et les abus des groupes rebelles dans le nord-ouest et le sud-est ou les conflits de transhumance perturbent le fonctionnement du marché. Le comportement spéculatif des commerçants et de certains producteurs alimente également cette hausse des prix.

  • Malgré les pluies favorables dans tout le pays, l'activité agricole est perturbée suite à la reprise des mouvements armés dans le nord-ouest et le sud-est et à l'augmentation de la destruction des champs par les éleveurs transhumants. Cela entraînera probablement de fortes réductions de la récolte. Avec des niveaux de prix élevés et un accès limité à leurs propres aliments, les ménages pauvres de ces zones seront exposés à la crise d'insécurité alimentaire aiguë (Phase 3 de l'IPC) jusqu'en janvier.

ZONE

ANOMALIES ACTUELLES

ANOMALIES PROJETÉES

Nationale

  • Avec 4700 cas cumulés dont 61 décès et 2855 cas actifs à la date du 27 août, la pandémie de COVID-19 reste préoccupante dans la plupart des préfectures du pays, mais principalement à Bangui, Nana-Mambéré,Ouaka et Haute-Kotto. Néanmoins, depuis mi-juillet, le nombre de nouveau cas est en baisse et on note une amélioration dans la riposte à travers la décentralisation de la prise en charge, la mise en place de la surveillance à base communautaire et l’augmentation du nombre de tests quotidiens. Le port de masque et la distanciation deviennent obligatoires dans les lieux publics.
  • La reprise des exactions de groupes rebelles dans le nord-ouest et le sud-est du pays plus élevés que la normale, affecte négativement les activités agricoles, l’approvisionnement des marchés locaux et la délivrance de l’assistance. A cela s’ajoute les destructions de champs par les animaux des éleveurs transhumants en provenance du Soudan et du Tchad.
  • Malgré l’apparition des récoltes de la première saison, les prix des denrées de base restent atypiquement élevés comparé à l’année passée en raison de l’approvisionnement réduit des marchés, des coûts de transport élevés, des pratiques spéculatives engendrées par la crise sanitaire.
  • Nonobstant les distributions de masques, la majorité de la population ne respecte pas les mesures barrières. De ce fait, la réouverture en cours des écoles, l’ouverture pendant les prochains mois de la campagne électorale, pourraient augmenter les cas de transmissions communautaires. Par ailleurs, malgré la décentralisation de la riposte, les capacités de prise en charge et de suivi des malades restent encore limitées.
  • Il est probable que les exactions de groupes armés et les tensions communautaires s’amplifient au fur et à mesure que l’on s’approche des élections présidentielles prévues en fin d’année. On pourrait alors s’attendre à un accroissement des déplacements internes de populations, à une perturbation des activités agricoles et du fonctionnement des marchés.
  • Les productions agricoles devraient demeurer globalement similaire à l’année passée, mais au-dessus de la moyenne des cinq dernières années. Toutefois, le disfonctionnement des marchés, les baisses localisées de production dans les zones de conflit et les comportements se=spéculatifs des commerçants pourraient continuer de maintenir les niveaux de prix des produits alimentaires élevés.

PERSPECTIVE PROJETÉE À JANVIER 2021

La répartition spatio-temporelle des pluies reste satisfaisante avec des cumuls saisonniers supérieurs à la moyenne dans l’ensemble des préfectures du pays. Dans le sud et l’ouest du pays, l’offre locale de produits frais (maïs, arachide, légumes) issus de la première saison se renforce sur les marchés locaux. Le second reste perturbé par la reprise des mouvements armés dans le nord-ouest et dans le sud-est entrainant de nouveau des déplacements de populations de plus de 12 000 et empêche les ménages d’avoir accès aux champs éloignés des habitations. A cela s’ajoute les récurrentes destructions de champs par les animaux des éleveurs transhumants en provenance du Soudan et du Tchad. Dans le nord, notamment les préfectures et Bamingui Bangoran et Vakaga, le renforcement de la présence des forces de sécurité et les dialogues intercommunautaires, ont favorisé le retour respectif de 81% et 82% des déplacés qui y étaient au cours du premier trimestre de l’année selon OCHA. Cependant, ces retournés ne disposent pas de suffisamment de semences pour la conduite normale des activités agricoles.

Il est probable que des baisses localisées de production soient observées en cette période préélectorale où les tensions communautaires et les exactions de groupes armés pourraient s’amplifier. Toutefois, la production agricole nationale devrait demeurer au-dessus de la moyenne quinquennale du fait de la bonne distribution des pluies et de la relative accalmie observée au cours de l’installation de la première saison qui a permis à plus de ménages d’avoir accès à leurs champs. Par ailleurs, dans les sites de forte présence de PDI, les ONG ont accompagné la production de maraichage et de potager.

La décentralisation des activités de riposte dans les différentes régions sanitaires et l’allègement des durées de tests pour les transporteurs routiers qui sont seulement soumis à la prise de température à la frontière, ont favorisé les flux entrant de marchandises à partir du Cameroun. Toutefois, la dégradation du réseau routier augmente les délais de route. Aussi, les contrôles et taxes illicites contribuent à accroitre les coûts de transport. En conséquence, le réapprovisionnement des marchés intérieurs à partir de la capitale devient irrégulier et les prix des denrées alimentaires, surtout celles importées sont élevés. Par ailleurs, les ménages agricoles qui achètent à des niveaux de prix élevés des autres produits de première nécessité (savons, sel, huile raffinée, sucre, oignons) importés du Cameroun, ont aussi tendance à répercuter cette hausse sur les produits locaux qu’ils mettent sur les marchés.

Excepté le maïs et le sorgho dont les prix sont restés stables, les prix des autres denrées ont enregistré des hausses légères à modérées entre 14 et 27% par rapport au mois passé. Comparé à l’année passée à la même période, les prix sont dans l’ensemble en hausse : 32% pour le maïs, 38% pour le manioc, 53% pour le sorgho, et 74% pour le riz importé.

Selon OCHA, au cours de ce second semestre, la communauté humanitaire compte intensifier les transferts monétaires qui ont concerné entre janvier et juin 2020, 362 000 personnes, soit une augmentation de 15% par rapport à la même période en 2019. La réouverture progressive de l’aéroport de Bangui aux vols commerciaux et l’arrivée en août d’un hélicoptère pour les missions humanitaires, vont probablement améliorer les interventions dans les zones d’accès limité.

L’amélioration de l’offre locale de produits frais issus des récoltes et les produits de la chasse et de la pêche dans les préfectures du centre et de l’ouest du pays, contribuent à renforcer l’accès alimentaire et les revenus des ménages. L’autoproduction est la principale source de nourriture et de revenu des ménages et favorise une insécurité alimentaire aigue Stress (IPC Phase 2) dans ces zones. Par contre dans les préfectures du nord où l’accès humanitaire reste limité, le niveau élevé des prix sur les marchés pousse les ménages pauvres à accroitre leur recours aux produits de la chasse et de la cueillette (chenilles, champignons, igname sauvage et patate sauvage). Ces ménages restent exposés à l’insécurité alimentaire aigue Crise (IPC phase 3).

Les récoltes vont se généraliser dans le pays sur la période d’octobre à janvier et permettre une insécurité alimentaire aigue Minimale (IPC Phase 1) dans les préfectures du centre et de l’ouest plus calmes. Dans les préfectures du nord, les récoltes en-dessous de la moyenne en raison du manque de semences, conduiront les ménages pauvres hôtes et retournés à l’insécurité alimentaire aigue Stress (IPC Phase 2). Les récoltes ne devraient pas être suffisantes dans certaines localités des préfectures dans le nord-ouest et le sud-est en raison du conflit qui limite l’accès aux champs. Il en est de même dans la préfecture de la Haut-Mbomou dans laquelle les destructions de champs par les transhumants sont importantes. Dans ces zones, les PDI et ménages hôtes pauvres seront plus dépendants du marché et de l’assistance et resterons exposés à la Crise (IPC Phase 3).

Dans les centres urbains et les sites de forte présence de PDI, le ralentissement de l’économie continuera d’affecter négativement les moyens d’existence des pauvres. La baisse de leur pouvoir d’achat et le niveau élevés des prix des denrées alimentaires et autres biens de première nécessité les maintiendront en insécurité alimentaire aigue stress (IPC Phase 2).

À Propos du Suivi à Distance

Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

  • USAID Logo
  • USGS Logo
  • USDA Logo
  • NASA Logo
  • NOAA Logo
  • Kilometra Logo
  • Chemonics Logo