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Une quatrième saison consécutive de production inférieure à la moyenne dans les régions de Nord-Ouest et du Sud-Ouest

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Cameroun
  • Juin 2020
Une quatrième saison consécutive de production inférieure à la moyenne dans les régions de Nord-Ouest et du Sud-Ouest

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  • CONTEXTE NATIONAL
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    • Avec 12 592 cas confirmés de COVID-19 et 313 décès au 29 juin 2020, le Cameroun est l'un des points chauds de la pandémie en Afrique Centrale et l’Afrique de l'Ouest. Malgré les levées de certaines restrictions de distanciation sociale en avril tels que le couvre feux, la mobilité, et le rassemblement des personnes, la situation économique reste timide, affectant négativement les opportunités de générer des revenus quotidiens pour les ménages pauvres.

    • Les ménages pauvres dans les grandes villes de Yaoundé et Douala restent les plus touchés par le COVID-19 où les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement locales et spéculations des commerçants ont augmenté les prix de certaines denrées alimentaires par rapport à leurs niveaux saisonniers. Les ménages pauvres dans ces villes sont confrontés à des situations de sécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC), avec des proportions de PDI et refugies urbains en Crise (Phase 3 de l’IPC) en raison de la réduction du pouvoir d'achat. Pourtant, le gouvernement a mise en place des mesures de contrôle pour régler les hausses de prix a moins de 10 pour cent.

    • Jusqu'à fin juin, la plupart des ménages pauvres dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont épuisé leurs stocks alimentaires et les prix des denrées alimentaires de base ont augmenté de 30 pour cent par rapport à la même période avant la crise sécuritaire. Cependant, certains ménages pauvres ont commencé à récolter des haricots et des pommes de terre depuis la deuxième semaine de juin et au fur et à mesure de la récolte, les prix devraient se stabiliser et l'accès à la nourriture pour les ménages pauvres s'améliorera. Cependant, ces régions devraient connaître une quatrième année consécutive de récoltes inférieures à la moyenne.


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation Actuelle

    Le COVID-19 s'est propagé dans les 10 régions du pays depuis les grandes villes de Yaoundé et Douala où il a été confirmé pour la première fois en début Mars 2020. Environ 12 592 cas ont été confirmés à l'échelle nationale au 29 Juin. Depuis le 1er Mai, le gouvernement a commencé à lever certaines restrictions (couvre-feux, la mobilité et le rassemblement des personnes). La fermeture des frontières et la limitation des déplacements non essentiel continue de ralentir l'économie, causant la perte d'emplois et de revenus quotidiens et réduisant le pouvoir d'achat des ménages pauvres. La pandémie aggrave encore la vulnérabilité des personnes déplacées et les réfugiés, notamment ceux des grandes villes de Yaoundé et Douala qui travaillent dans le secteur informel qui est au ralenti.

    Selon l'enquête nationale d'opinion réalisée par le gouvernement auprès 770 entreprises et 1310 personnes du 26 avril au 10 mai 2020 sur les impacts socioéconomiques du coronavirus (COVID-19) au Cameroun, 65 pour cent ont déclaré avoir connaitre une baisse de leur revenu, 74 pour cent un ralentissement de leur activité, et 62,7 pour cent une dégradation de leur niveau de vie.

    Les pluies sont installées à temps en début de saison avec une totale cumulative de précipitation près de la moyenne en ligne avec les prévisions saisonnières pour février à juin 2020 (NMME) ce qui a favorisé une croissance et un développement normal des cultures et production agricole moyenne à l'échelle nationale.

    Cependant, dans les zones de conflit, l'insécurité a conduit à une quatrième année consécutive de surfaces cultivées inférieures à la moyenne d’environ 35 pour cent pour le maïs et 58 pour cent pour le riz, au même rythme que les baisses observées depuis les trois dernières années.

    Dans l'Extrême-Nord, les ménages pauvres et les PDI commencent à épuiser progressivement leurs stocks avec la saison de soudure qui commence en Juin et se poursuit jusqu'à de nouvelles récoltes en Septembre. La campagne agricole en cours progresse normalement avec des semis en temps opportun qui ont commencé depuis le 17 juin. Les semences améliorées restent chères et sont inaccessibles pour de nombreux ménages pauvres, les poussant à recourir à des semences de qualité douteuse et médiocre. Cependant, quelques déplacés internes et autres ménages vulnérables des départements de Mayo Sava, Mayo Tsanaga et Logone et Charis ont récemment reçu des semences améliorées de sorgho, de maïs, maraichers du gouvernement et d'autres organisations humanitaires (MINADER, FAO, INTERSOS, ACF, CRF, CICR, CODASC CARITAS, Solidarité Internationale).

    Les récentes attaques de Boko Haram, qui ont impliqué le pillage de nourriture et de bétail, nuisent aux moyens de subsistance des ménages pauvre car les agriculteurs craignent travailler dans leurs champs par peur de violence, notamment dans les départements de Logone-et-Chari, Mayo-Sava et Mayo-Tsanaga.

    Après la fermeture des frontières pour la transhumance entre le Soudan, le Tchad, et le Cameroun en raison des restrictions contre le COVID-19, la concentration des bétails dans l’Extrême Nord a précocement dégénéré les pâturages et épuisé les résidus de cultures. En raison des mauvais embonpoints des bétails, les troupeaux ont dû se déplacer plus loin dans le pays et vers le sud à la recherche de pâturages et d'eau. Cependant, depuis le début des pluies à la mi-juin dans la région de l'Extrême-Nord, il y a régénération des pâturages et remplissage des points d'eau de surface, améliorant progressivement l'alimentation du bétail.

    Le bétail des régions en conflit continue de se réinstaller dans les régions voisines en raison du vol généralisé, de la saisie du bétail et de l'enlèvement des bergers. Actuellement, il y a une concentration de bétail venant de région du Nord-Ouest dans la région d'Adamawa, où il exerce une pression accrue sur les ressources pastorales des communautés d'accueil.

    L'offre actuelle de denrées alimentaires de base sur les marchés, comme pendant toute période de soudure typique, est faible par rapport aux mois précédents de la campagne commerciale mais généralement capable de répondre à la demande actuelle des ménages et des achats institutionnelles. Des disponibilités alimentaires locale en tonne pour 2020 est capable de couvrir actuellement les besoins alimentaires de la population avec une disponibilité brut/habitant/an estimée á 560kg (MINADER 2020). Les stocks céréaliers en tonne pour 2020 sont plus de 1,887,000 pour le maïs et 295,000 pour le riz. L’approvisionnement des marches devrait s'améliorer à partir de la récolte en Juillet.

    Cependant, la réduction des flux commerciaux entre les zones urbaines et rurales, soit en raison du conflit en cours dans les régions anglophones ou en raison des restrictions de la pandémie de COVID-19 affecte les prix des aliments de base. Le COVID-19 a été identifié comme un facteur majeur des prix élevés à l'échelle nationale au cours du deuxième trimestre, ce qui devrait augmenter le taux d'inflation au-dessus du 2,6 pour cent enregistré au premier trimestre 2020. La crainte de la contamination du virus, les mesures de distanciation sociale et la fermeture des frontières continuent d'entraver l'écoulement des marchandises importées comme le riz et le poisson vers le reste du pays à partir de Douala et de Yaoundé, ainsi que des aliments produits localement. En conséquence, les prix de certaines denrées alimentaires de base sont supérieurs à leurs niveaux saisonniers, notamment dans les villes de Yaoundé et de Douala. Cependant, cette augmentation des prix est également due à la spéculation et à la pénurie artificielle créée par certains grossistes bien qu’ils restent en dessous de 10 pour cent en raison de la réglementation et du contrôle du gouvernement. Le ralentissement de l’économie et les prix au-dessus de la moyenne des produits importes affectent négativement le pouvoir d’achat des ménages pauvres, notamment dans les zones d’insécurité et les zones urbaines.

    Dans l’Extrême Nord, les prix des produits locaux (maïs et sorgho) sont inférieurs à la moyenne en raison d'un approvisionnement acceptable du marché résultant d'une production agricole moyenne au cours des dernières saisons.

    La demande actuelle du marché pour les denrées alimentaires de base par les ménages pauvres est également le plus élevé en raison de l'épuisement saisonnier des stocks alimentaires des ménages. Dans les régions anglophones, après trois années consécutives de faibles récoltes, les stocks des ménages ont commencé s’épuiser précocement. Les ménages pauvres ont commencé à acheter de la nourriture dès Novembre dernier, seulement quatre mois après le début de la récolte, contre 8 à 11 mois après la récolte au cours d'une année sans conflit.

    En raison de la fermeture des frontières terrestres avec le Nigéria due au conflit dans le bassin du Lac Tchad et aussi le conflit dans les régions anglophones frontalières du Nigeria, la plupart du commerce du bétail est vers le sud, vers Yaoundé, Douala et les pays voisins comme le Gabon et la Guinée équatoriale. Cependant, les restrictions de mouvements liées au COVID-19 et le ralentissement du système de transport continuent de réduire ces opportunités commerciales. Actuellement, les camions transportant du bétail venant des parties nord du pays pour les marchés de destination prennent plus de temps que d'habitude pour traverser les frontières en raison des contrôles renforcés par les autorités douanières, ce qui augmente les coûts de transport. Toutefois, les prix de gros bétail sur les principaux marchés restent stables par rapport aux mois précédents, mais supérieurs à ceux des années précédentes. D’un autre côté, les prix de bétail pour la consommation locale sont en augmentation par rapport au mois précédents car c’est le mois d’acquisition des bétails pour le labour. Pour les béliers, la préparation de la tabaski influence déjà la demande vers la hausse, avec une augmentation jusqu'à 14 pour cent par rapport au mois dernier dans les diffèrent marché de Maroua, Yagoua et Moulvoudaye.

    Les principales sources de revenu des ménages pauvre dans la plupart du pays n’ont pas connu de changement par rapport à la normale et proviennent généralement de la vente des produits agricoles. Cependant, la plupart des ménages qui n'ont plus les stocks pour vendre pendant ce période de soudure ont typiquement eu recours au petit commerce, main-d’œuvre agricole, à la vente du bois et au vente de charbon et des produits forestiers non ligneux. Les mesures de distanciation sociale du au COVID-19 réduisent l'accès au marché et les transactions commerciales, et ralentissent les entreprises. Les camions qui transportent généralement des marchandises non essentielles aident également à transporter des aliments produits localement vers de plus grands marchés urbains. La réduction des échanges de biens non essentiels perturbe également les chaînes d'approvisionnement locales et oblige les agriculteurs à vendre à des prix inférieurs plus près de leurs zones de production. Dans les centres urbains, la plupart des chômeurs et ceux qui vivent d'un emploi informel et des travailleurs indépendants ont perdu leurs principales sources de revenus dû à un ralentissement des activités commerciales, la perte d'emplois et une diminution de la demande de main-d'œuvre. En ce qui concerne l’emploi formel, 58,2 pour cent des entreprises ont revu leurs effectifs d’employés à la baisse selon l’enquête nationale du gouvernement sur l’impact socio-économique du COVID-19.

    Le Cameroun continue de connaître plusieurs crises prolongées. Les incidences liées aux incursions de Boko Haram ont augmenté jusqu’à 178 incidences et 299 décès depuis janvier 2020 contre 88 incidences et 154 décès à la même période en 2019.  Les enlèvements et des pillages de biens des populations sont concentrés dans les départements de Mayo Tsanaga, Mayo Sava et Logone-et-Chari. En Mai, UNHCR a enregistré plus de 297 300 PDI qui ont fui les attaques de Boko Haram. La région de l'Extrême-Nord compte aussi près de 115 600 réfugiés nigérians dans le camp de Minawao ainsi que dans des ménages hôtes.  En outre, la violence continue dans les régions anglophones malgré un appel au cessez-le-feu par l'une des milices séparatistes en Mars 2020. Des mises à jour récentes du UNHCR (Mai 2020) enregistrent près de 679000 PDI liés au conflit en régions anglophones.

    En plus, 290 000 réfugiés centrafricains sont installés dans les régions de l'Est, de Nord et d'Adamawa, ce qui exerce une pression croissante sur les ressources et les conditions de vie dans les communautés d'accueil. Bien que 70 pour cent de ces réfugiés centrafricains sont bien intégré dans la communauté hôte depuis 2013, 30 pour cent de ces refugies sont installées dans les site aménagés et dépendent entièrement de l’aide alimentaire.

    Cependant, environ 800 personnes déplacées internes et refugies du Nord-Ouest et Sud-Ouest sont rentré du Littoral et de l'État de Cross River au Nigéria en Avril et Mai par crainte de contaminer le COVID-19. En plus, environ 1 200 personnes dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest sont retournées à leur village d’origine en raison des mauvaises conditions de vie dans leur lieu de déplacement et aussi l'amélioration de la sécurité dans leur lieu d'origine.

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire de Juin 2020 à Février 2021 se base sur des suppositions fondamentales, par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

    • Propagation du virus : Sur la base des informations disponibles auprès d'experts, dont l'OMS, la pandémie de COVID-19 devrait se poursuivre à court et moyen terme. La modélisation de la maladie par le Center for Molecular Medicine and Infectious Diseases et la London School of Hygiene and Tropical Medicine suggère que le Cameroun connaîtra son pic d'incidence entre fin juin et fin juillet.
    • Mesures de contrôle :  Bien que le nombre de cas devrait augmenter à l'échelle nationale, il est probable que le gouvernement mettra progressivement moins de restrictions en place et probablement une réouverture complète du pays au cours des prochains mois, ce qui pourrait entraîner une incidence plus élevée du virus.
    • Pluviométrie : Les prévisions saisonnières 2020 indiquent des quantités de pluies excédentaire à normale pour la partie sud du pays et très excédentaire à normale pour le nord du Pays entre Juin et Septembre (PRESASS 2020).
    • Sources de revenus : En raison du ralentissement économique lié aux mesures de contrôle mises en place contre la propagation du COVID-19, les opérations commerciales continueront d'être perturbé entraînant la perte d'emplois et une diminution de la demande de la main-d’œuvre dans les centres urbains. Les populations rurales auront toujours accès à leurs champs, jardins ou activités agricoles, mais les couts élevés de transport vers Yaoundé et Douala vont négativement affecter leurs revenus. Les revenus tirés des envois de fonds notamment en provenance des États-Unis et de l'Europe seront également diminué en raison d’une baisse de l’offre d’emploi du a la pandémie. Toutefois, les revenus des ménages pauvres devraient augmenter après la récolte de juillet, mais la perturbation des flux commerciaux due au COVID-19 pourrait continuer de réduire l'accès au marché.
    • Production agricole : La production de la campagne agricole 2020 devrait être globalement moyenne en raison des conditions climatiques favorables pendant la saison des cultures qui a favorisé une croissance et le développement normal des cultures. Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, la production agricole va être en-dessous de la moyenne pour la quatrième année consécutive. En outre, la principale campagne agricole de la région de l'Extrême-Nord qui a commencé en Mai devrait se dérouler avec succès, bien que basé sur les caractéristiques des deux dernières saisons, il est possible que le semi soit tardif à cause de poches de sècheresse attendu au démarrage du semi en Juin et juillet. La région de l’Ouest pourrait continuer à profiter de la disponibilité de main-d’œuvre liée à la présence de PDI, du soutien à la production et de la hausse de la part d’exportation (au détriment des zones en conflit) vers le Congo et le Gabon pour accroitre sa production de tomate et haricot alors que les activités agricoles et l’accès des ménages aux champs resteront perturbées dans les zones d’insécurité.
    • Production pastorale : Les conditions climatiques prévues pour les prochains mois sont favorables à une croissance et une régénération des pâturages, ce qui va améliorer les conditions corporelles des bétails, et d'autre part, réduire la pression sur les pâturages et les ressources en eau qui se produit pendant la saison sèche entre les troupeaux fuyant le conflit dans le Nord-Ouest et l'Extrême-Nord et ceux des communautés d'accueil d'Adamawa. Les ménages pauvres dans l'Extrême-Nord vont généralement vendre plus de bétail pendant la période de soudure (juin - août) en raison de l'épuisement des stocks alimentaires. À mesure que l'offre sur le marché augmente, les prix devraient suivre la tendance saisonnière de baisse mais augmenter à nouveau lorsque les récoltes commenceront en septembre. Cependant, la réduction de la demande en raison de réduction des flux commerciaux nationaux et régionaux de bétail lié au ralentissement du système de transport du au COVID-19 risque de faire chuter les prix en dessous de la moyenne. 
    • Marchés : Les nouvelles récoltes en juillet (maïs frais, haricots, pomme de terre) favoriseront une stabilisation des prix à travers le pays qui devrait se poursuivre jusqu’en Septembre. Cependant, l’approvisionnement des marchés en denrées récolté peut être inférieure à la normale en raison de la perturbation des échanges commerciaux entre les zones urbaines et les zones rurales provoquée par la crainte de la contamination du COVID-19 et les mesures de distanciation sociale d'un côté et d’autre part des blocages routiers dus aux conflits en cours dans les régions anglophones. Les prix des aliments importés comme le riz et le poisson restera élevés, en raison de perturbation des chaines d’approvisionnement des pays producteurs et également à la pénurie artificielle créée par certains grossistes que le gouvernement est en train de traquer et pénaliser.
    • L’insécurité persistante dans le Nord-Ouest, Sud-Ouest, et l’Extrême Nord : La situation sécuritaire restera préoccupante dans les départements de Mayo Sava, Mayo Tsanaga et Logone & Chari région de l’Extrême-Nord exposés aux menaces de Boko Haram. Les incursions transfrontalières pourraient se poursuivre pendant la période projetée. De plus, l’insécurité persistera au cours de la période de projection dans les régions anglophones, avec des instances continues de barrages routiers et « villes mortes », entre autres.
    • Augmentation du nombre de réfugiés et de personnes déplacées internes : Étant donné que l'insurrection de Boko Haram reste fréquente et que la violence dans les régions anglophones persiste, le nombre de personnes déplacées et les refugiées continuera à augmenter. De plus, la pandémie de COVID-19 oblige certaines personnes déplacées à retourner dans leurs campements d'origine par crainte de contamination.
    • Rapatriement des refugies centrafricains en baisse : Le flux sortant de réfugiés centrafricains devrait se ralentir en raison des mouvements de restrictions. L’opération de rapatriement volontaire pourrait aussi être perturbée au tant que durera les restrictions. Par conséquent, l’effectif de réfugiés centrafricains présents majoritairement dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua devrait rester stable.

    Resultats les plus probables de la securite alimentaire

    Alors que la plupart des ménages à l'échelle nationale commencent à récolter des haricots, des pommes de terre et du maïs frais à partir de la dernière semaine de juin, les stocks des ménages se reconstituent progressivement et les ménages ayant leur propre production devraient réduire leur dépendance sur les marchés. Les prix des denrées alimentaires de base devraient donc baisser à mesure que l'offre sur le marché augmente. La plupart des ménages pauvres à travers le pays seront en insécurité alimentaire aiguë de Minimale (Phase 1 de l'IPC) à partir de juillet 2020 et continueront d'avoir des stocks de leur propre production pour le reste de la projection.

    Bien que les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest soient confrontées à la quatrième année consécutive de production inférieure à la moyenne, les ménages pauvres de ces régions devraient avoir amélioré les conditions de sécurité alimentaire avec de nouvelles récoltes et, par conséquent, seront confrontés à une insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l'IPC) entre Juillet et Octobre. Cependant, les stocks alimentaires pourraient commencer à s'épuiser prématurément dès Novembre en raison de récoltes substantiellement basses pendant la saison principale, et ces ménages dégraderont en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l'IPC) jusque janvier 2021.Certains ménages pauvres qui, en raison du conflit en cours, n'ont pas cultivé au cours des dernières saisons devraient rester en Crise (Phase 3 de l'IPC) même pendant la récolte.

    En outre, les départements avec un afflux élevé de réfugiés dans les départements de Mbéré (région d’Adamaoua), Kadey, Lom et Djerem (région de l’Est) et les déplacés internes dans le département de Bamboutous (région de l’Ouest) continueront de faire face aux résultats de la sécurité alimentaire de la Phase 2 de l'IPC (Stressés) en raison des prix élevés résultant de la demande accrue et de la réduction des opportunités de revenus en raison offre excédentaire de main-d'œuvre.

    En raison d'une production moyenne au cours de la dernière campagne principale, la plupart des ménages pauvres de l'Extrême-Nord devraient faire face à une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) pendant la période de soudure jusqu'au début de la récolte en Septembre et aussi d’octobre à janvier, quand les stocks des ménages seront renforcés. Cependant, dans le département de Logone et Chari, Mayo Sava et Maya Tsanaga où les activités agricoles ont été fortement perturbées par les attaques fréquentes de Boko Haram, la plupart des ménages pauvres devraient continuer de faire face à l'insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l'IPC) à travers la période de projection. De plus, la baisse de la production des cultures de saisons sèche due aux inondations prévues peut également entraîner une insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l'IPC) pour les ménages pauvres de Mayo Danay à partir d’Octobre.

    Malgré le ralentissement de l'économie générale, la diminution de certaines mesures de contrôle mises en place pour supprimer la propagation de COVID-19 a relancé le secteur informel dans les zones urbains, bien qu'il continue à fonctionner en dessous de la moyenne. Bien que la crainte de la contamination du virus, les mesures de distanciation sociale et la fermeture des frontières puissent continuer d'entraver les activités commerciales informelles, les ménages dépendant du secteur informel pour leur subsistance peuvent désormais avoir des revenus supplémentaires pour leur permettre d'accéder à la nourriture et d'autres besoins de base et seront donc mieux confrontés à une insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC) et de Minimale (Phase 1 de l'IPC) au début de la récolte en juillet. Cependant, les ménages très vulnérables comme les réfugiés et les déplacés internes, dont la plupart n'ont aucune source de revenus, seront confrontés à des conditions de sécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Evènements qui pourraient changer les scenarios

    Événements possibles au cours des huits mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable.

    Zone

    Evénements

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

     Inondations notamment dans les départements de Logone-et-Chari et Mayo Danay dans l’Extrême Nord, de Ngoketunjia et Menchum dans le Nord-Ouest et de Fako et Wouri dans les régions du Sud-ouest et Littoral respectivement.

    Des quantités de pluies excédentaire à la normale pour la partie sud du pays et très excédentaire à la normale pour le nord du Pays pourrait entrainer une inondation entre Juin et Septembre et peut s'étendre jusqu'en décembre dans les régions du nord si les pluies persistent.

    Les impacts potentiels sur la sécurité alimentaire seront ;

    -Le déplacement des populations affectées

    -La destruction des récoltes

    -Perte de vies et d'actifs, y compris les récoltes et les terres agricoles

    -Accès réduit à la nourriture, à l'eau potable, aux abris et aux soins de santé par les ménages pauvres

    Début / augmentation de l'aide alimentaire aux ménages pauvres touchés par le COVID

    Une augmentation de l’assistance alimentaire contribuera à l’amélioration de l'accès à l’alimentation pour les communautés affectées par la pandémie COVID-19en particulier les PDI et les réfugiés dans les villes de Yaoundé et Douala.

    L’élimination du covid-19 peut provoquer le rapatriement volontaire.

    L'élimination de la pandémie de covid-19 et la suppression du transport transfrontalier de personnes entre le Cameroun et la frontière centrafricaine peuvent provoquer le rapatriement volontaire des réfugiés de RCA, même si le chiffre de 10 000 rapatriés prévu en 2020 par le HCR risque de ne pas être atteint

     La menace des criquets pèlerins dans l’Extrême Nord

    Si la menace atteint la région, elle aura un impact négatif et conséquent sur la production agricole dans la région.

     

    Figures Récolte principale : mi-août à janvier. Migration du bétail du nord vers le sud : mi-octobre à janvier. Pic de demande de mai

    Figure 1

    Calendrier saisonnier Cameroun

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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