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La persistance de prix élevés pour les denrées de base limite l’accès des ménages à l’alimentation pendant et après les récoltes

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Cameroun
  • Août 2023
La persistance de prix élevés pour les denrées de base limite l’accès des ménages à l’alimentation pendant et après les récoltes

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  • Messages clé
  • Situation actuelle
  • Calendrier saisonnier pour une année typique dans la région de l’Extrême-Nord
  • Suppositions mises à jour
  • Perspectives jusqu’en janvier 2024
  • Messages clé
    • Une situation Minimale (Phase 1 de l’IPC) concerne une grande partie du Cameroun, alors que la récolte sèche se poursuit pour un deuxième mois dans le sud du pays. Cela a permis d’améliorer l’accès des ménages aux aliments produits en propre. En outre, l’offre marchande de cultures récemment récoltées reste proche de la moyenne, entraînant une baisse saisonnière normale des prix et une augmentation du pouvoir d’achat des ménages pauvres. Cependant, des données récemment recueillies par FEWS NET semblent indiquer que les prix des récoltes n’ont pas connu la baisse saisonnière prévue sur les marchés de Yaoundé et de Douala, ainsi que dans les zones particulièrement touchées par des conflits dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
    • Une situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) devrait persister à Yaoundé et à Douala jusqu’en janvier 2024, les prix des produits de base demeurant inhabituellement élevés en raison de coûts de transport importants et de l’impact des prix internationaux. Les prix du maïs, des haricots, du manioc et des bananes plantains durant la troisième semaine d’août étaient comparables à ceux enregistrés avant la récolte en juin, bien que les marchés soient de plus en plus approvisionnés à partir des zones rurales. En outre, les prix du riz et de la farine de blé importés dans ces villes continuent d’être environ 30 pour cent plus élevés qu’en 2020, et deux fois plus élevés que la moyenne sur cinq ans. Si certains ménages pauvres de ces villes reçoivent des dons alimentaires de leurs proches vivant dans les zones rurales, beaucoup comptent toujours sur les marchés pour satisfaire leurs besoins alimentaires. 
    • Les zones les plus intensément touchées par les conflits dans les régions du Nord-Ouest (NO) et du Sud-Ouest (SO) devraient rester en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) pour le reste de la période couverte par le scénario. Les couvre-feux et barrages routiers établis en juillet et en août ont empêché le commerce entre les zones rurales et urbaines, limitant ainsi la capacité des ménages pauvres à tirer un revenu de la vente de leurs récoltes et empêchant la baisse saisonnière des prix sur les marchés urbains et ruraux. En raison de la persistance des conflits et du prix élevés des intrants, la disponibilité alimentaire et l’accès aux denrées de base telles que le maïs, les haricots et les pommes de terre demeurent nettement inférieurs aux niveaux habituels. Dans le reste des régions du NO et du SO, les stocks et revenus alimentaires inférieurs à la moyenne des ménages devraient maintenir des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en septembre. En octobre, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) généralisées seront probablement amenées à émerger à mesure que les stocks alimentaires s’épuiseront prématurément et que les ménages commenceront à dépendre des achats sur le marché. Dans un contexte de faiblesse du pouvoir d’achat et de prix élevés des denrées alimentaires de base, nombre de ménages pauvres devront faire face à des déficits de consommation alimentaire et auront à réadopter des stratégies d’adaptation négatives. 
    • Des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont en cours dans l’Extrême-Nord, là où les niveaux de conflit sont les plus élevés. L’accès à la nourriture demeure médiocre pour de nombreux ménages pendant la saison de soudure, et la fréquence des activités des insurgés continue de déplacer les ménages et de limiter les activités de subsistance. En juillet, plus de 1 500 personnes ont été déplacées à Mokolo, dans le département du Mayo Tsanaga, après de multiples attaques et une augmentation de l’insécurité le long de la frontière avec le Nigeria. Alors que les inondations saisonnières progressent, un nombre restreint mais croissant des ménages les plus défavorisés de la région seront probablement confrontés à des résultats d’Urgence (Phase 4 de l’IPC). En raison de la faiblesse des stocks de céréales, d’une dépendance excessive aux marchés et des prix élevés des denrées alimentaires, nombre de ménages vont continuer d’être confrontés à d’importantes pénuries alimentaires et devront recourir à la mendicité, à l’emprunt et à la limitation à un seul repas par jour jusqu’au début de la récolte sèche, en septembre. Dans les zones sûres de la région, des résultats de Minimale (Phase 1 de l’IPC) sont attendues jusqu’en septembre, bien que certains ménages très pauvres soient susceptibles de faire face à une situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) ou plus grave encore, en raison de l’impact des inondations saisonnières et de la hausse des prix des denrées alimentaires. 
    • Dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) sont attendues tout au long des périodes de récolte et post-récolte, certains ménages connaissant également une situation de Crise (Phase 3 de l’IPC). Les récoltes de maïs et de légumineuses sont presque terminées, et les récoltes de manioc et de taro devraient se poursuivre jusqu’en décembre. La récolte sèche renforce la disponibilité pour les ménages et améliore l’offre sur les marchés dans ces régions. Cependant, dans les départements du Mbere (Adamaoua), de la Kadey et du Lom-et-Djerem (Est), où résident de nombreux réfugiés venus de République centrafricaine, les prix des denrées alimentaires récemment récoltées sont plus élevés que la moyenne sur cinq ans. En outre, la dépendance aux marchés pour l’accès aux aliments de base demeure élevée, en particulier pour les ménages de réfugiés dont les possibilités agricoles sont limitées. Bien qu’ils reçoivent une forme d’assistance en espèces, les ménages de réfugiés disposent de capacités économiques limitées pour répondre à leurs besoins non alimentaires, et consacrent une part importante de leurs revenus à l’alimentation. 
    • Si l’on se fonde sur les tendances historiques, les années El Niño ne sont généralement pas corrélées à des anomalies notables dans les performances pluviométriques au Cameroun. Le phénomène El Niño modéré observé au cours des derniers mois n’a probablement pas eu d’impact significatif sur la saison 2023/24, dont l’évolution semble bonne dans les zones septentrionales. Les précipitations moyennes à supérieures à la moyenne entre juillet et août ont favorisé la croissance de la plupart des cultures de maïs et de sorgho, qui se préparent maintenant à entrer dans la phase de maturation du grain. Cependant, les informations que FEWS NET a recueillies sur le terrain en août suggèrent un retard de floraison dans certaines localités, qui ont connu une arrivée tardive des pluies de juin et des niveaux erratiques de la pluviométrie globale au mois de juillet dans les départements du Mayo Tsanaga, du Logone-et-Chari, du Diamaré et du Mayo Sava. Dans les départements du Mayo Sava et du Mayo Tsanaga, des cas de flétrissement irréversible ou d’absence de floraison des champs de maïs et de sorgho ont été signalés. Si des déficits de production localisés sont probables, l’accès renforcé aux engrais subventionnés devrait profiter à la production globale de la région de l’Extrême-Nord grâce à une amélioration du pourcentage et des doses appliquées, contribuant ainsi à des projections de production céréalière régionale proches de la moyenne. nal cereal crop production projections. 

    Situation actuelle

    Conflit, insécurité et déplacements : Selon l’ACLED, le nombre d’incidents liés à la sécurité a diminué d’environ 16 pour cent en juin et juillet 2023 par rapport à la même période en 2022. Le nombre d’événements violents a cependant augmenté de 52 pour cent au cours de cette période. Les nombres d’attaques et d’enlèvements les plus élevés ont été enregistrés à Tourou, Dingding, Kolofata, Amchide, Hile-Alifa, Darak et Goulfey. L’OIM signale qu’en juillet, les insurgés ont déplacé de force près de 1 560 personnes vivant dans ces zones vers les localités de Ldoubam, Ldamang, Wandai-Djamboutou, Segoulé, Sirak-Gorai, Zamalva, Mokolo Centre, Grédé et Mikilik dans l’arrondissement de Mokolo. Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont connu une instabilité continue au mois de juillet. Si la fréquence et la gravité des conflits ont diminué entre juin et juillet, le niveau global de conflit est resté semblable à celui connu à la même période en 2022. La plupart des incidents se sont produits dans les départements du Ngo-Ketunjia, du Menchum et du Mezam dans la région du Nord-Ouest et de la Meme, dans le Sud-Ouest. En juillet et août, certaines zones du Nord-Ouest ont subi des couvre-feux et des blocages routiers, avec un impact significatif sur les flux commerciaux. Les paysans ruraux ont donc rencontré des difficultés dans la vente de leurs récoltes et dans la création de revenus, ce qui a empêché la baisse saisonnière habituelle des prix sur les marchés ruraux et urbains.

    Conditions pluviométriques et de culture : La saison des pluies est en cours dans les zones de pluviométrie unimodale du nord (Extrême-Nord et Nord) et du sud (Adamaoua, Nord-Ouest, Sud-Ouest, Ouest et Littoral). Les zones à pluviométrie bimodale (régions de l’Est, du Centre et du Sud) devraient connaître une deuxième saison des pluies entre septembre et novembre. Dans la zone unimodale du nord, les précipitations saisonnières de juin à août ont été globalement moyennes, favorisant une croissance et un développement normaux des cultures. Les inondations saisonnières le long du Logone et du Chari ont débuté dans les villages riverains du Logone. Jusqu’à présent, aucune précipitation importante entraînant des inondations n’a été signalée comme cela pu être le cas par le passé.

    Dans la zone nord, la saison principale connaît une bonne progression, la plupart des cultures de maïs et de sorgho étant dans leur phase de floraison et de développement du grain en raison de niveaux de précipitations supérieurs à la moyenne entre juillet et août. Le retard et la fréquence erratique des pluies en juin et en juillet ont retardé les semis et provoqué une mauvaise germination des cultures de maïs et de sorgho dans certains champs dans certaines parties de la zone, lesquels concernent particulièrement les départements du Mayo Tsanaga, du Logone-et-Chari, du Diamaré et du Mayo Sava. Cependant, certains champs ont été replantés après la reprise des pluies en juillet. Les informations recueillies par FEWS NET lors d’une visite sur le terrain organisée en août suggèrent que certains champs de maïs n’ont pas réussi à fleurir ou à former des grains dans les localités de Zouelva, Malika, Mémé, Mehé et Tokombéré dans les districts de Mayo Sava et Tourou, dans le département du Mayo Tsanaga. 

    Les activités hors saison ont débuté dans tout le pays : début de la préparation des terres et des pépinières pour les cultures de sorgho et d’oignons en saison sèche dans le nord, et préparation des terres pour la plantation des cultures maraîchères hors saison, de maïs et de haricots, dans les zones unimodales et bimodales du sud. Par ailleurs, la production de riz en saison principale est en cours dans les zones de culture du sud, la transplantation des rizières étant généralement achevée dans les principales zones de culture du riz des hauts plateaux occidentaux (régions du Nord-Ouest et de l’Ouest). De vastes superficies de rizières demeurent incultes dans les départements du Menchum et du Ngo-Ketunjia, dans la région du Nord-Ouest, en raison du niveau d’insécurité.

    Prix des denrées de base : Dans le sud, les marchés sont bien approvisionnés par les récoltes en cours. L’offre élevée sur les marchés, associée à une réduction de la demande due à la consommation de leur propre production par les ménages, entraîne une baisse saisonnière du prix des aliments produits localement. Cependant, les données recueillies par FEWS NET montrent que les prix des récoltes n’ont pas connu la baisse saisonnière attendue à Yaoundé et à Douala. Les prix du maïs, des haricots, du manioc et des bananes plantain durant la troisième semaine d’août étaient comparables à ceux enregistrés en juin, avant les récoltes. Dans les zones de conflit difficiles d’accès situées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les prix des denrées alimentaires de base ont augmenté ou n’ont pas connu de baisse saisonnière. Les prix du maïs et des haricots ont par exemple connu une augmentation inhabituelle de 10 à 14 pour cent à Buea, Kumba, Limbe et Mamfe dans la région du Sud-Ouest et à Fundong dans la région du Nord-Ouest. Les prix de ces denrées de base n’ont, par ailleurs, pas varié depuis juillet sur la plupart des marchés de la région du Nord-Ouest, en dépit d’une amélioration dans l’approvisionnement en produits frais cultivés localement. Dans l’ensemble, l’offre de produits locaux sur les marchés reste inférieure à la moyenne dans les zones touchées par le conflit, après plusieurs années consécutives de production inférieure à la moyenne. Les prix sur tous les marchés de référence se situent donc au-dessus de ceux pratiqués l’année dernière, et de la moyenne sur cinq ans. 

    Les prix des céréales dans la région de l’Extrême-Nord restent élevés et ont augmenté à mesure que la saison de soudure progressait. Bien que le gouvernement continue d’interdire les exportations céréalières, les grossistes nigérians acquièrent encore de grandes quantités de sorgho et de maïs. Cette pression de la demande exacerbe la hausse locale des prix. Au cours de la deuxième semaine d’août, les prix du maïs et du sorgho sur la plupart des marchés urbains ont connu une importante hausse de 30 à 40 pour cent. Entre juillet et août, les prix du sorgho ont augmenté en moyenne de 10 à 17 pour cent à Kaele, Maroua, Mokolo, Mora et Yagoua. Ces prix étaient, en moyenne, 23 pour cent plus élevés que l’année dernière à la même période, et 27 à 64 pour cent au-dessus de la moyenne sur cinq ans. Au cours de la même période, les prix du maïs étaient, en moyenne, de 15 à 20 pour cent plus élevés que le mois précédent à Kaele, Kousseri et Maroua. Les prix du maïs étaient également de 19 à 35,31 pour cent plus élevés que l’année dernière, demeurant 45 pour cent au-dessus de la moyenne sur cinq ans. La récente suppression des subventions touchant les carburants au Nigeria a eu pour conséquence une augmentation de 50 à 60 pour cent du prix de l’essence provenant du Nigeria, entraînant une hausse des coûts de transport dans la majeure partie du nord, et exerçant une pression supplémentaire sur le prix des céréales. Par exemple, 100 kg de maïs originaire de zones de production situées dans le district de Mogodé ont récemment été vendus avec un surcoût de 7 000 à 10 000 FCFA sur les marchés urbains de Maroua ou Mokolo. Cette hausse est due à l’augmentation des coûts de transport du maïs entre la zone de production et les marchés urbains.

    Situation du bétail : Le nord a connu des précipitations moyennes et bien réparties en juillet et en août, contribuant à améliorer la disponibilité des pâturages et de l’eau. Cette situation a, à son tour, contribué à l’amélioration de l’état de santé, de la productivité et de la valeur du bétail. Cependant, en dépit de l’amélioration générale de l’accès aux pâturages et aux ressources en eau, nombre de troupeaux originaires du Niger, du Tchad et du Nigéria demeurent bloqués dans le nord en raison de l’insécurité régnant dans leurs pays d’origine. Leur concentration dans les pâturages de la région a entraîné un épuisement précoce des pâturages et une concurrence accrue pour l’accès aux pâturages et à l’eau potable. Dans la région de l’Extrême-Nord, et plus particulièrement dans les départements du Mayo Tsanaga, du Mayo Sava et du Logone-et-Chari, la taille des troupeaux de bétail est restée inférieure à la normale et a récemment diminué en raison des conflits, de l’insécurité et des inondations. Bien que les prix du bétail sur la plupart des marchés suivis aient légèrement augmenté entre juillet et août, ils sont restés supérieurs aux niveaux de 2022 en raison de l’augmentation des coûts de transport entre les zones rurales et les marchés. En dépit de la vente d’animaux par les ménages pauvres afin de financer l’achat de denrées de base, aucune baisse saisonnière du prix des chèvres et des moutons n’a été constatée, les coûts de transport demeurant élevés.

    Assistance alimentaire humanitaire : Selon le dernier rapport du Cluster pour la sécurité alimentaire du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NWSW-FSC), les partenaires humanitaires ont aidé en moyenne 218 338 personnes au mois de juin dans ces deux régions en leur apportant des dons en nature, en espèces ou en bons d’achat et en les assistant dans l’accès aux moyens de subsistance. Depuis janvier 2023, 230 000 personnes en moyenne ont été aidées chaque mois dans ces régions. Cependant, ce nombre représente moins de 10 pour cent de la population totale des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. FEWS NET n’a pas été en mesure de recueillir des informations quant aux distributions de nourriture dans les régions de l’Extrême-Nord, de l’Est, de l’Adamaoua et du Nord.


    Calendrier saisonnier pour une année typique dans la région de l’Extrême-Nord
    Seasonal calendar for the Far North region of Cameroon

    Source: FEWS NET


    Suppositions mises à jour

    Les hypothèses utilisées par FEWS NET pour élaborer le scénario le plus probable pour les Perspectives de la sécurité alimentaire au Cameroun de juin 2023 à janvier 2024 restent inchangées, à l’exception des éléments suivants :

    • L’amélioration de l’accès aux engrais permise par les subventions gouvernementales dans le nord du pays devrait augmenter la productivité et la disponibilité des cultures au-delà des niveaux de 2022. Si les ménages pauvres peuvent éprouver des difficultés dans l’acquisition d’engrais, en raison des prix élevés pratiqués sur le marché et du faible montant des subventions, les agriculteurs plus aisés ont bénéficié des subventions accordées pour les engrais, même dans ce contexte de prix élevés. Cette situation a entraîné une amélioration globale du pourcentage et des doses appliquées, contribuant ainsi à des projections régionales proches de la moyenne en matière de production céréalière. Cependant, des perspectives de déclin localisé dans la production et la disponibilité alimentaires, qui devraient atteindre des niveaux inférieurs à la moyenne, persistent dans les zones touchées par les conflits comme le Mayo Tsanaga, le Mayo Sava et le Logone-et-Chari en raison de la diminution substantielle de la superficie cultivée. En outre, de nombreux ménages pauvres vivant dans ces zones ont un accès limité aux engrais en raison de leurs faibles niveaux de revenus et d’épargne, certains d’entre eux n’ayant pas accès aux subventions gouvernementales.
    • Dans certaines villes frontalières, la suppression des subventions sur les carburants au Nigeria a initialement entraîné une réduction de l’offre et une augmentation des prix de l’essence et du diesel importés de manière informelle, qui font l’objet d’une forte demande. Si les coûts de transport ont légèrement augmenté, les prix des denrées alimentaires et non alimentaires n’ont pas encore été affectés de manière significative au Cameroun. Cependant, la hausse de l’inflation au Nigeria devrait entraîner l’augmentation de la demande en denrées de bases alimentaires et non alimentaires importées du Cameroun et actuellement interdites. Cela entraînera probablement des exportations illicites et une hausse des prix lorsque l’état des routes connaîtra une amélioration saisonnière entre les mois de novembre et de décembre. 
    • Un couvre-feu de deux semaines dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a été annoncé pour protester contre la réouverture des écoles après les vacances d’été. Cette situation entraînera probablement des perturbations dans les flux commerciaux, dans la capacité des ménages à se dégager un revenu et dans l’assistance humanitaire au cours de la première quinzaine de septembre. Ces perturbations devraient être temporaires et il est peu probable qu’elles aient un impact significatif en termes d’insécurité alimentaire aiguë, compte tenu des perturbations commerciales déjà existantes et des problèmes d’accès auxquels doit faire face le personnel humanitaire en raison du conflit séparatiste. 

    Perspectives jusqu’en janvier 2024

    De nombreux ménages camerounais bénéficient actuellement d’un approvisionnement moyen en récoltes fraîches, ce qui renforce la disponibilité et la diversité alimentaires au niveau des ménages. Cette situation permet également d’améliorer les revenus provenant de la vente de récoltes. En conséquence, les résultats de la sécurité alimentaire restent Minimale (Phase 1 de l’IPC) dans une grande partie du pays et devraient rester ainsi pendant le reste de la période du scénario. 

    La majeure partie des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont également connu une amélioration de leur sécurité alimentaire, passant des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) à Stress (Phase 2 de l’IPC) aux alentours du mois de juillet. Cependant, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) persistent dans les zones de conflit du Menchum, du Lebialem et du Momo, où l’accès aux denrées de base telles que le maïs, les haricots et les pommes de terre demeure fortement limité par d’importantes baisses de production pour la septième année consécutive. Cette situation s’est traduite par une augmentation des prix par rapport à l’année passée et à la moyenne sur cinq ans. En outre, la faiblesse des stocks alimentaires, les perturbations rencontrées par le commerce et le mauvais fonctionnement des marchés ont limité la capacité des ménages à se dégager des revenus par la vente de récoltes et par le travail salarié, restreignant ainsi leur pouvoir d’achat. L’épuisement des stocks récoltés étant plus rapide que d’habitude, nombre de ménages pauvres des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest devraient connaître une baisse de leur consommation alimentaire. À partir du mois d’octobre, ceux-ci devront acheter la majeure partie de leur alimentation. Mais le niveau élevé des prix et la faiblesse de leurs revenus compliqueront le comblement des lacunes croissantes dans leur consommation alimentaire. Par conséquent, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) généralisées devraient émerger dans les deux régions entre novembre et janvier 2024. Les ménages recourront probablement à d’importantes stratégies d’adaptation négatives telles que l’achat de nourriture à crédit, la limitation des portions et du nombre de repas consommés dans une journée, et l’emprunt d’argent pour les achats alimentaires afin de pallier les écarts dans leur consommation.

    De nombreux ménages pauvres vivant certaines parties de l’Extrême-Nord, en particulier dans les départements du Mayo-Tsanaga, du Logone-et-Chari et du Mayo-Sava, restent confrontés à d’importantes difficultés dans leur accès à l’alimentation. Ces ménages connaissent d’importantes écarts dans leur consommation alimentaire, car les stocks de céréales produites en propre sont aujourd’hui épuisés, ce qui les oblige à dépendre d’achats sur le marché. La faiblesse du pouvoir d’achat et le niveau inhabituellement élevé des prix alimentaires poussent beaucoup d’entre eux à recourir à l’emprunt et à la mendicité, entraînant des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC). Jusqu’au début de la récolte sèche en septembre, de nombreux ménages affectés par le conflit en cours devront faire face à d’importantes écarts dans leur consommation alimentaire en raison de l’épuisement des stocks de céréales produites en propre et d’une forte dépendance vis-à-vis des marchés, dans un contexte de faible pouvoir d’achat et de prix inhabituellement élevé des denrées alimentaires. Ils pourraient recourir à des emprunts insoutenables et à la mendicité, révélateurs d’une situation de Crise (Phase 3 de l’IPC). L’arrivée de la saison de récolte principale dans la région de l’Extrême-Nord entre octobre et novembre devrait améliorer l’accès de nombreux ménages à l’alimentation et aux revenus. Dans les zones les plus sûres de l’Extrême-Nord, les résultats devraient être Minimale (Phase 1 de l’IPC) pendant et après la saison des récoltes. Dans les départements les plus touchés par le conflit, à savoir le Mayo-Tsanaga, le Logone-et-Chari et le Mayo-Sava, les résultats s’amélioreront probablement, passant de Crise (Phase 3 de l’IPC) à Stress (Phase 2 de l’IPC) pour de nombreux ménages à partir du mois d’octobre environ. Néanmoins, certains ménages très pauvres continueront probablement à faire face à une situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) ou plus grave encore, en raison de l’impact des inondations saisonnières et de la hausse du prix des denrées alimentaires de base. La progression des inondations entraînera probablement, pour un nombre restreint mais croissant de ménages très défavorisés de la région, des résultats d’Urgence (Phase 4 de l’IPC).

    Dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, où résident la plupart des réfugiés provenant de République centrafricaine, de nombreux ménages connaissent une amélioration de leur situation, passant des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) à Stress (Phase 2 de l’IPC), car l’augmentation de l’offre sur les marchés améliore également la disponibilité pour les ménages. Cependant, les ménages de réfugiés, qui sont confrontés à une plus grande concurrence pour l’accès aux terres et aux opportunités de travail salarié, dépendent davantage de l’achat de nourriture sur les marchés que les membres de la communauté d’accueil. Bien qu’ils reçoivent une forme d’assistance en espèces, les ménages de réfugiés disposent de capacités économiques limitées pour répondre à leurs besoins non alimentaires, et consacrent une part importante de leurs revenus à l’alimentation.

    Citation recommandée : FEWS NET. Mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire au Cameroun, août 2023 : La persistance de prix élevés pour les denrées de base limite l’accès des ménages à l’alimentation pendant et après les récoltes, 2023. 

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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