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L’assistance humanitaire favorise la stabilisation des prix des denrées de base

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Cameroun
  • Juin 2018
L’assistance humanitaire favorise la stabilisation des prix des denrées de base

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  • Messages clé
  • PERSPECTIVE PROJETÉE À JANVIER 2019
  • Messages clé
    • Les ménages pauvres (déplacés et hôtes) qui dépendent des marchés depuis le mois d’avril, suite à l’épuisement de leurs stocks, adoptent des stratégies de Stress (Phase 2 de l’IPC) d’accès à l’alimentation, notamment la réduction du nombre de repas et le changement d’habitudes alimentaires.

    • Bien que les prix des denrées de base soient restés globalement stables les deux derniers mois, en raison de l’approvisionnement moyen des marchés et de l’assistance alimentaire, leurs niveaux demeurent dans l’ensemble, supérieurs à la moyenne quinquennale de 30 pourcent pour le sorgho et 5 pourcent pour le maïs.

    • Avec l’installation à temps de la saison des pluies, certaines activités sont réduites, en particulier la pêche et la collecte du bois et charbon. Les revenus de la vente du bétail restent négativement impactés par la réduction des exportations vers le Nigeria. Par conséquent les termes de l’échanges bétail/céréales se retrouvent être diminués de moitié.

    ZONE

    ANOMALIES ACTUELLES

    ANOMALIES PROJETÉES

    National

    • Environ 658 070 personnes déplacées et réfugiées dont 249 370 réfugiés centrafricains, 87 804 réfugiés nigérians, et 337 174 déplacées camerounais vivent principalement dans les régions francophones de l’Extrême Nord, du Nord, de l’Adamaoua et de l’Est. Par ailleurs, la crise socio-politique dans la zone anglophone a entrainé des refuges d’environ 21 291 camerounais au Nigeria.
    • La crise socio-politique dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a causé le déplacement des personnes : 160 000 PDI et plus de 20 000 camerounais réfugiés au Nigeria en mai selon OCHA.
    • Situation sécuritaire toujours précaire, marquée par quelques incursions de Boko Haram. Toutefois, le redéploiement des forces de sécurité, favorise le retour des déplacés. Entre décembre 2017 et avril 2018, le nombre de retournés a augmenté de 13 pourcent.
    • Des risques d’inondations probables dans les régions de l’Extrême Nord, du Nord, de l’Adamaoua et de l’Est qui présentent des cumuls pluviométriques modérément excédentaires par rapport à la moyenne des dix dernières années.
    • Dans les régions anglophones, la mutation de la crise socio-politique avec l’escalade de la tension et la multiplication des foyers d’hostilité entre les groupes armés et les forces de défense et de sécurité, pourrait augmenter le nombre de PDI et le nombre de réfugiés camerounais au Nigeria.

    Extrême Nord

    • En raison des attaques et des menaces récurrentes de la secte Boko Haram, la région compte 352 921 personnes déplacées dont 238 099 personnes déplacées internes (PDI), 31 681 réfugiés hors camp et 83 141 retournés (OIM, DTM, avril 2018).
    • L’épuisement des stocks des ménages pauvres (PDI et hôtes) contraint ces derniers à réduire le nombre de repas de trois à deux et à changer leurs habitudes alimentaires.
    • La dépendance plus accrue des ménages des marchés contribuera à maintenir les prix des denrées de base, au-dessus de leurs moyennes quinquennales entre juin et septembre.
    • Les arrondissements de la région, frontaliers avec le Nigeria, resteront exposés aux exactions de Boko Haram, freinant ainsi le retour des déplacés et la reprise des activités économiques.

    PERSPECTIVE PROJETÉE À JANVIER 2019

    Exceptées quelques localités dans le département de Logone-Et-Chari, la saison des pluies s’est installée de façon précoce à normale dans les principales zones agricoles du pays. A la deuxième décade de juin, les régions de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua et de l’Est, enregistrent des cumuls pluviométriques globalement au-dessus de la moyenne.

    L’installation à temps de la saison a amené les commerçants et acteurs privés du marché à libérer leurs stocks de céréales. Par ailleurs, l’ouverture de certains corridors favorise l’entrée de maïs du Nigeria (par Bourha, Mogodé) et la sortie des oignons vers le Tchad (par Gobo, Gueré, Djiguilao, Mada). L’interdiction par les autorités de sortie de céréales vers les pays voisins est toujours en vigueur.  En conséquence, l’approvisionnement des marchés en céréales de base et en légumineuse (niébé) reste moyen.

    Depuis le mois d’avril, on constate une stabilisation, voire de légères baisses dans l’évolution des prix des denrées de base. En effet, à la sortie de la production de sorgho de saison sèche en février-mars, les ménages aisés et les commerçants avaient anticipé sur le stockage, créant ainsi une volatilité des prix. Néanmoins, les prix du sorgho demeurent en hausse par rapport à l’année passée et à la moyenne quinquennale de 27 et 30 pourcent respectivement. Des hausses se situant entre 30 et 50 pourcent par rapport à la moyenne quinquennale sont observées sur les marchés de Maroua, de Kousseri, de Kaélé et de Mora.  Entre juin et septembre, le prix du sorgho pluvial sur le marché de Maroua pourrait demeurer 20 à 40 pourcent au-dessus de la moyenne. Les flux entrants de maïs du Nigeria et l’assistance alimentaire en cours ont contribué à stabiliser les prix du maïs par rapport à l’année passée ou à les maintenir légèrement au-dessus de la moyenne.

    Les ménages pauvres (PDIs et hôtes) qui dépendent du marché depuis avril, ont comme principale source de revenu la vente d’animaux, la pêches et la vente du bois de chauffe ou du charbon. Avec le ralentissement des exportations de bétail vers le Nigeria, les principaux flux sont orientés vers les marchés du sud (Yaoundé et Douala). Néanmoins, l’ouverture du corridor Fotokole- Gambarou permet quelques exportations d’animaux vers le Nigeria. Le bétail en provenance du Tchad transite également par le même corridor vers le Nigeria. En raison des besoins alimentaires des ménages, les offres d’animaux sont plus importantes que d’habitude et les prix de vente sont bas. Excepté le marché de regroupement de Maroua où la vente d’un bouc en bon état permet à l’éleveur d’avoir autour de 140 kg de céréales, sur les autres marchés où les prix sont plus bas, l’éleveur doit se contenter de 50 à 60 kg.

    La pêche est généralement développée le long du Logone et autour du Lac Tchad et du Lac artificiel de Maga. Toutefois, en raison de l’insécurité, cette zone de pêche est réduite et les pêcheurs se retrouvent concentrés dans les zones plus sures, notamment le Lac de Maga. L’offre de poisson transformé est faible sur les marchés des centres urbains comparativement à normale. Ce qui constitue des revenus en moins pour les acteurs de la chaine. Par ailleurs, avec la montée des eau, l’activités sera au ralenti comme habituellement.

    Avec l’accroissement de la population dans les centres urbains, la demande en bois de chauffe et en charbon est croissante. D’où une hausse des prix. En effet, le sac de 25kg de charbon coûte environ 3000-4000 CFA en zone rural et 8000 CFA dans les centres urbains, soient des augmentations respectives de 20 et 33 pourcent par rapport au niveau avant la dégradation de la situation sécuritaire. Cela contribue à réduire le pouvoir d’achat pour les autres produits de première nécessité, dont les denrées alimentaires.

    L’assistance alimentaire en cours et planifiée jusqu’en septembre au profit des réfugiés, des PDIs et des ménages hôtes : distribution de rations mensuelles complètes (PAM, CICR) et de cash (PAM, CICR, IRC), touche 11 pourcent de la population de la région et 39 pourcent de la population exposée à l’insécurité alimentaire aigue de Crise (Phase 3 de l’IPC). Elle contribue à réduire la demande des bénéficiaires sur les marchés et aussi à la stabilisation des prix des denrées de base. Elle a également contribué à réduire l’adoption par les ménages de stratégies de crise telles, la consommation d’un repas par jour (généralement les soirs), la réduction de la consommation des adultes s’adonnant plus au Bil-Bili (boisson locale), le recours d’emprunts de céréales auprès des commerçants ou des nantis, l’augmentation de la consommation d’aliments de soudure (mélange de feuilles et de niébé)  Toutefois, le nombre de repas pris au quotidien par la majorité des  ménages pauvres est de deux contre trois habituellement. Par ailleurs, le sorgho qui est la céréale de base est substitué par le riz, plus accessible pour certains ménages. De ce fait, malgré l’assistance humanitaire, l’insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 ! de l’IPC) sera vécue par la majorité des ménages pauvres (PDIs et hôtes) jusqu’en septembre. À partir d’octobre, les ménages auront une alimentation normale basée sur les nouvelles récoltes et seront en Minimal (Phase 1 de l’IPC).

    Figures Price projection of rain-fed sorghum at Maroua. The price will be more than the average of last 4 years and also more than la

    Figure 1

    Figure 1. Projected price of rainfed sorghum in Maroua

    Source: FEWS NET

    Cameroon seasonal calendar  Mid-August to January is the main harvest. Mid-October to January is livestock migrantion north t

    Figure 2

    SEASONAL CALENDAR FOR A TYPICAL YEAR

    Source: FEWS NET

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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