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La situation sécuritaire reste préoccupante dans l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Cameroun
  • Décembre 2019
La situation sécuritaire reste préoccupante dans l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest

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  • Messages clé
  • PERSPECTIVE PROJETÉE À MAI 2020
  • Messages clé
    • Malgré les productions agricoles au-dessus de la moyenne et la baisse des prix des denrées de base, les inondations et la recrudescence des incursions de Boko Haram dans l’Extrême-Nord, affectent négativement les moyens d’existence des populations et exposent en particuliers les PDIs et les ménages pauvres à l’insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC) entre décembre 2019 et mai 2020.

    • Dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest, les risques d’intensification des violences sont à craindre d’ici la tenue des prochaines élections de février. Cela va perturber les préparatifs de la prochaine saison agricole au moment où les ménages entament une soudure plus difficile, en particulier les PDIs et populations pauvres des centres urbains qui seront en insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC) entre décembre et mai.

    • Aussi bien dans l’Extrême-Nord que dans les régions anglophones, l’assistance humanitaire est difficile à délivrer de manière adéquate en raison des menaces de kidnapping et du mauvais état du réseau routier. L’insécurité affecte négativement les moyens d’existence des populations et ne favorise pas le retour des PDIs. Elle pourrait constituer un facteur limitant pour le déroulement normal des activités de la prochaine saison agricole.

    ZoneANOMALIES ACTUELLESANOMALIES PROJETÉES
    National
    • Le pays comptait au 30 novembre, environ 271 500 réfugiés centrafricains et 107 400 réfugiés nigérians dont 29 pour cent et 54 pour cent en camps de réfugiés respectivement; plus de 950 200 déplacés internes et 347 900 retournés principalement dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, selon UNHCR. Comparativement en fin septembre, le nombre de PDIs a augmenté d’environ 17 pour cent en raison de la mise à jour dans les régions du Littoral, du Centre et de l’Ouest.
    • La persistance du conflit dans les régions anglophones et les recrudescences des incursions de Boko Haram dans l’Extrême-Nord, ne sont pas de nature à favoriser le retour de PDIs. Par ailleurs, les élections prévues en février prochain dans le pays pourraient être source de tension socio-politique.
    Extrême-Nord
    • La région enregistre une recrudescence des incursions des membres de Boko Haram dans la bande frontalière avec le Nigeria des départements de Maya Tsanaga, Mayo Sava et Logone-Et-Chari (arrondissement de Mora, Fotokol, Kolofata).
    • Par ailleurs, près de 40000 personnes ont été sinistrées par la montée des eaux, notamment les arrondissements de Zina, Maga, Gobo et Kai Kai.
    • La situation sécuritaire restera préoccupante dans la région, en particulier dans les arrondissements frontaliers avec le Nigeria. Les populations de ces zones devront faire face à des actes de kidnapping, de pillages et de destructions de biens par les membres de Boko Haram.
    • Outre les pertes localisées de récoltes dues aux inondations, les superficies de sorgho de saison sèche seront aussi réduites par endroit du fait de l’occupation par les eaux.
    Nord-Ouest et Sud-Ouest
    • Depuis le mois de septembre, on observe une réduction du niveau de violence et de fatalité dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest. Toutefois, les affrontements persistent entre séparatistes et forces armées nationales. De même, sont courants, les kidnappings, les barrières routières et les incendies et récemment dans les localités de Mankon, Belo, Ako Nwa, Eyumojock. 
    • Le niveau de violence pourrait s’intensifier d’ici les prochaines élections attendues en février. En effet, les séparatistes envisagent de boycotter ces élections en annonçant un mois de blocus entre janvier et février. Ainsi, la multiplication des affrontements avec l’armée se multiplient, les actes de kidnapping, d’assassinat et de destruction de villages pourraient entrainer des déplacements de populations.

     


    PERSPECTIVE PROJETÉE À MAI 2020

    Région de l’Extrême-Nord

    Les incidents de sécurité liés aux incursions des membres de Boko Haram qui étaient en moyenne de 20 par mois entre janvier et aout, ont atteint 28 en moyenne sur les trois derniers mois. Les arrondissements frontaliers avec le Nigeria sont les plus exposés et font face à des enlèvements de personnes, des vols de bétails et destructions de biens. Ces incursions limitent aussi les mouvements de populations et de ce fait affectent négativement la génération de revenus par les ménages où le commerce frontalier est un important moyen d’existence. Dans certaines localités, à Makary, par exemple, il est interdit aux populations de vaquer à des occupations au-delà de 5 km des villages.

    Les inondations qui ont affecté environ 40 000 personnes dans les localités situées aux abords du fleuve Logone continuent d’impacter négativement les moyens d’existence. En effet, ces localités sont difficiles d’accès et la mise en place des cultures de sorgho de saison sèche n’a pas été possible par endroit, avec les eaux qui tardent à se retirer. Dans les autres arrondissements, le développement des cultures de sorgho de saison sèche est normal et les premières récoltes pourraient débuter dès janvier.

    Dans l’ensemble, les récoltes issues des cultures pluviales et celles du sorgho de saison sèche devraient être inférieures à la production de l’année passée en raison des pertes plus importantes dues aux pluies tardives d’octobre et de novembre et aussi de la réduction des superficies pour le sorgho de saison sèche. Néanmoins, les productions demeureront au-dessus de la moyenne du fait de l’augmentation des superficies des cultures pluviales de 10 pour cent comparé à a moyenne et du renforcement du soutien aux activités agricoles par les partenaires.

    A l’exception des zones victimes des inondations et des exactions de Boko Haram, les ménages pauvres et les PDIs vivent des nouvelles récoltes. L’assistance alimentaire en vivres et en cash planifiée pour décembre devraient toucher environ 29 000 victimes des inondations, 50 000 PDIs et 60 000 réfugiés.

    Sur les principaux marchés de la région, les prix du maïs et du sorgho (denrées de base) enregistrent des baisses respectives de 12 pour cent et 24 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale. Par rapport à l’année passée, le prix du sorgho est stable dans l’ensemble et celui du maïs est en hausse de 11 pour cent. Jusqu’en mai 2020, le prix du sorgho pourrait demeurer 20 pour cent en dessous de la moyenne. Les prix des produits de rente sont stables pour l’oignon et l’arachide, mais en baisse de 26 pour cent pour le niébé comparativement à la moyenne. Cependant, les ménages peuvent compter sur la vente du bétail dont les prix connaissent des hausses considérables par rapport à l’année écoulée : en moyenne 48 pour cent pour le taureau de 3 ans, 55 pour cent pour le bélier de 2 ans et 88 pour cent pour le bouc d’un an, selon les rapports de terrain. Ces hausses sont favorisées par le bon état d’embonpoint des animaux et la demande plus importante vers les villes du sud et les pays voisins.

    Avec des productions au-dessus de la moyenne, les ménages pauvres vont traverser une soudure typique à partir de juin. La baisse des prix des denrées de base et la hausse des prix du bétail faciliteront l’accès alimentaire des ménages. Globalement, la région restera en insécurité alimentaire Stress (Phase 2 de l’IPC).  Néanmoins, quelques ménages, dont les victimes des inondations, les PDIs pauvres et les ménages pauvres exposés aux exactions de Boko Haram, restera exposée à l’insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC) même Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’en mai du fait de la dégradation de leurs moyens d’existence.
     

    Régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest

    Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le conflit semble diminuer d’intensité depuis le mois de septembre car le nombre d’incidents de sécurité est passé en moyenne de 30 par mois entre janvier et aout à 15 en moyenne entre septembre et novembre. Néanmoins la situation sécuritaire y reste précaire car les affrontements persistent entre les séparatistes et l’armée nationale. Les barrages routiers, les journées mortes, les kidnappings, les incendies et destructions de biens, récemment dans les localités de Mankon, Belo, Ako Nwa, Eyumojock et Bui continuent d'avoir de graves répercussions sur les moyens de subsistance et provoquent la fuite des habitants dans les forêts et vers les centres urbains des régions voisines. La situation pourrait se détériorer les prochains mois avec l’annonce de boycott des élections par les séparatistes qui menacent d’instaurer un mois de villes mortes entre janvier et février. Cela perturbera davantage le démarrage des activités de la première saison.

    Les productions de la seconde saison, tout comme celles de la première saison ont connu des baisses par rapport à la moyenne avant la crise en raison de l’accès limité des populations à leurs champs, du manque d’entretien des plantations. Par exemple, la banane plantain et le manioc récoltés dans la plupart des localités ont été plantés en 2016 ou plus tôt, et leur rendement a été inférieur à la moyenne en raison du faible entretien.

    Comparativement à l’année passée on note une augmentation du niveau des prix des denrées de base. Outre la baisse de la production, l’insécurité et les barrages routiers réduisent les échanges commerciaux entre les bassins de production et les centres urbains. Depuis le mois de novembre, on constate une augmentation des prix du maïs d’environ 20 pour cent du fait de la hausse de la demande liée à la faiblesse des stocks ménages et aussi à la demande additionnelle pour les fêtes de fin d’année. Le riz importé dont l’offre est faible en zone rurale connait une hausse de son prix de l’ordre de 17 à 50 pour cent comparativement au prix en situation normale. Le niveau élevé des prix des denrées de base pousse les ménages à changer leurs habitudes alimentaires. Ainsi, les légumineuses (arachides, soja) et les légumes (choux, gombo, feuilles) deviennent des substituts pour les protéines d’origine animale (viande, poisson, lait, œufs).

    Le revenu des ménages issu de la vente de cacao et de café continue d'être inférieur à celui d'une année normale. En effet, les agriculteurs éprouvent des difficultés à évacuer leurs produits vers des coopératives et sont contraints de vendre à des prix inférieurs aux prix officiels. Le blocage des postes frontières à partir de Ekok et Idenau a entrainé une réduction des flux sortants de tomate vers le Nigeria, d’où une baisse des prix.

    Au cours des prochains mois, les prix des produits alimentaires de base produits localement et importés seront plus élevés ou continueront d'augmenter du fait de la dépendance des ménages du marché. En effet, les stocks des ménages pauvres seront épuisés précocement dès février et la soudure restera longue jusqu’en mai en attendant les récoltes de la première saison. Pendant cette période de soudure, l'offre en denrées pourrait être faible.

    L’assistance alimentaire atteint difficilement les PDIs et populations hôtes des zones enclavées. Par ailleurs, les menaces de kidnappings et d’assassinat à l’encontre des acteurs humanitaires constituent aussi des freins à la délivrance régulière de l’aide.

    Ainsi, jusqu’à la fin de la soudure en mai, les PDIs et ménages pauvres hôtes dans les centres urbains éprouveront des difficultés d’accès adéquat à l’alimentation en quantité et en qualité et seront contraints à réduire le nombre de repas par jour. Ce qui les exposera l’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC) entre décembre et mai.

    Figures Récolte principale : mi-août à janvier. Migration du bétail du nord vers le sud : mi-octobre à janvier. Pic de demande de mai

    Figure 1

    Calendrier saisonnier Cameroun

    Source:

    Projection des prix sorgho pluvial à Maroua. Les prix sont en dessous de la moyenne quinquennale et sont similaires, ou en de

    Figure 2

    Figure 1

    Source:

    Evolution des incidents et fatalités dans l’Extrême-Nord (EN) et dans les régions anglophones (NW-SW)le nombre d’incidents de

    Figure 3

    Figure 2

    Source:

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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