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Les bassins de production du Nord-Ouest et Sud-Ouest confrontés à l’écoulement de leurs produits

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Cameroun
  • Août 2019
Les bassins de production du Nord-Ouest et Sud-Ouest confrontés à l’écoulement de leurs produits

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  • Messages clé
  • Perspective projetée à janvier 2020
  • Messages clé
    • La détérioration de l’accès alimentaire des ménages pauvres et des déplacés en milieu urbain, la faible couverture de l’assistance au profit des déplacés dans les zones inaccessibles, exposent ces populations à l’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC) dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

    • Tout comme l’année passée, les stocks des ménages pauvres vont s’épuiser précocement dès janvier/février. La poursuite du conflit dans ces régions continuera de détériorer les moyens d’existence et limiter l’accès alimentaire des déplacés et ménages hôtes pauvres. La situation de crise pourrait demeurer jusqu’en janvier.

    • Dans l’Extrême-Nord, le déroulement de la saison est favorable pour permettre des productions agricoles globalement supérieures à la moyenne quinquennale. Toutefois, dans les localités exposées aux exactions des membres de Boko Haram, les récoltes resteront inférieures à la normale. Les pillages de bétail et destructions de biens continueront d’affecter négativement les moyens d’existence des ménages. L’insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC) pourrait alors persister dans ces localités jusqu’en janvier.

    ZoneAnomalies actuellesAnomalies projetées

    Extrême-Nord

    • La situation sécuritaire connait une amélioration sensible, malgré la persistance des incursions et pillages de Boko Haram dans les arrondissements frontaliers avec le Nigeria.
    • Baisse globale des prix des céréales de base de 34% pour le sorgho et le maïs par rapport à la moyenne quinquennale.
    • Boko Haram pourrait toujours représenter une menace et entrainer quelques déplacements spontanés de populations. Toutefois, le calme relatif observé dans la majorité des arrondissements devrait favoriser plus les retours des déplacés dans leurs localités d’origine.
    • L’évolution globalement satisfaisante de la saison agricole, l’augmentation du soutien en intrants des partenaires, pourraient permettre des productions au-dessus de la moyenne des cinq dernières années. Dans ce cas, les prix des céréales demeureront en-dessous de la moyenne saisonnière.

    Nord-Ouest et Sud-Ouest

    • La situation sécuritaire demeure instable avec la poursuite des combats entre forces de sécurité et groupes armés séparatistes. Les violences à l’endroit de la population continuent d’entrainer des déplacements internes avec un nombre estimé en juin à 530 000 (UNHCR, Juin 2019)
    • L’insécurité limite les activités agricoles et réduit les échanges commerciaux entre les bassins de production et les centres urbains. D’où des baisses de revenu pour les producteurs et une augmentation des prix sur les marchés urbains.
    • Les affrontements continus entre forces de sécurité et groupes armés séparatistes, les destructions de biens et la multiplication des journées dites mortes ne sont pas de nature à freiner les déplacements internes de populations.
    • La baisse des productions agricoles, la mévente des cultures vivrières et d’exportation en défaveurs des producteurs, les taxes illicites et les chômages engendrés par le disfonctionnement des entreprises et coopératives, continueront d’affecter négativement les moyens d’existence des populations.

    National

    • Les menaces et exactions de Boko Haram dans l’Extrême-Nord et la poursuite des combats entre forces de sécurité et groupes armés séparatistes dans les régions anglophones ont accru de 16% le nombre de déplacés internes (794000) dans le pays depuis le début de l’année. Le nombre de réfugiés nigérians (93000) et centrafricains (266000) est resté globalement stable.
    • Les manifestations de retours volontaires pourraient réduire le nombre de réfugiés les prochains mois. Déjà au mois de juillet écoulés, 5719 réfugiés centrafricains et 5604 réfugiés nigérians du camp de Minawao avaient exprimé le souhait de retourner dans leurs pays (UNHCR, juillet 2019).

    Perspective projetée à janvier 2020

    Région de l’Extrême-Nord

    La saison des pluies s’est installée à temps en début mai dans la région. Des séquences sèches plus longues que d’habitude ont été ensuite enregistrées les décades qui ont suivi. Cela a engendré des resemis dans tous les départements. C’est à partir de la troisième décade de juin que les pluies sont devenues régulières. En fin juin, les services de l’agriculture ont estimé le taux des emblavures à 77% pour les céréales, soit 10% de moins qu’en 2018 à la même période. Néanmoins, dans l’ensemble, la saison se déroule bien avec des cultures céréalières au stade de montaison.

    Les attaques de chenilles légionnaires qui touchent plus le département de Mayo Sava bénéficient de traitement. La présente campagne a aussi enregistré soutien considérable en semences améliorées (2072 tonnes pour FAO et CRS) et en renforcement de moyens d’existence (distribution de 7000 petits ruminants par le Projet de Développement de l’Elevage). Entre aout et octobre il est attendu une pluviométrie excédentaire à normale (ACMAD, aout 2019). Les dégâts habituels de pachydermes pourraient concerner plus les arrondissements de Goulfé et Maltame, dans le Logone-et-Chari et Kalfou dans le Mayo-Danay. Dans l’ensemble, ces facteurs devraient favoriser des productions agricoles similaires à l’année écoulée et au-dessus de la moyenne des cinq dernières années.

    La situation sécuritaire est restée précaire dans la région et marquée par des exactions et pillages de Boko Haram, notamment dans les îles du lac Tchad et dans les localités comme Fotokol, Hilé-Alifa, Darak et Mayo-Moskota, situées le long de la frontière avec le Nigéria. En début juillet, ces exactions ont provoqué le déplacement de 1533 personnes de la localité de Zheleved à Moskota, dans le département de Mayo Tsanaga.

    Sur les marchés, la demande des ménages est typique car la majorité dispose encore des stocks de la saison passée. L’offre de céréales dépasse la demande, d’où une baisse des prix par rapport à l’année passée (43% pour le sorgho et 35% pour le maïs) et aussi par rapport à la moyenne quinquennale (34 % pour le sorgho et le maïs). Au cours des 7 prochains mois, les prix du sorgho pluvial sur le marché de Maroua, pourraient demeurer en moyenne 25% en-dessous de la moyenne quinquennale pendant la période. A la faveur de la hausse de la demande en bétail pour la fête de Tabaski, les prix des animaux ont enregistré des hausses par rapport à l’année écoulée : 43% pour les taureaux, 70% pour les béliers et 79% pour les boucs. Ces hausses ont contribué à améliorer les termes de l’échange céréales/bétail au profit des ménages. En effet, la vente d’un bouc permet à l’éleveur d’acheter un sac de maïs ou un à deux sacs de sorgho pluvial.

    L’assistance alimentaire (distribution de vivres et/ou cash) couvre les 55000 réfugiés sur le site de Minawao et touche environ 11% des déplacés et réfugiés hors site. Si dans les localités relativement calmes, la baisse des prix et la disponibilité de légumes feuilles et des récoltes de maïs frais favorise l’alimentation des ménages, dans les arrondissements victimes des pillages de Boko Haram, les déplacés et ménages hôtes sont exposés à l’insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC).

    La disponibilité de nouvelles récoltes à partir de septembre renforcera la situation alimentaire des ménages. Toutefois, dans les localités exposées aux exactions des membres de Boko Haram, les récoltes resteront inferieures à la normale en raison de la limitation des activités agricoles. Les pillages de bétail continueront d’affecter négativement les moyens d’existence des ménages. La situation de Stress pourrait alors persister jusqu’en janvier dans ces localités.

    Régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest

    Avec environ 30 incidents en moyenne par mois au cours des derniers mois, la situation sécuritaire reste préoccupante dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest où se poursuivent des combats entre forces de sécurité et groupes armés non étatiques. Les violences à l’endroit des civils, la destruction de biens et l’instauration de séries de journées mortes, provoquent des déplacements continus de populations, limitent les activités agricoles et affectent négativement les échanges commerciaux dans la zone.

    Bien que des déficits légers à modérés de la pluviométrie persistent dans la région depuis le début de la saison, la distribution reste dans l’ensemble favorable aux cultures vivrières à l’exception des départements de Mamfe et Kumba qui pourraient enregistrer des baisses de rendements de maïs et de haricot négativement plus affecté par les séquences sèches au moment de leur floraison.

    Outre l’accès réduit des producteurs à leurs champs, les journées mortes réduisent également le nombre de jours effectifs de travaux. Par ailleurs, la main-d’œuvre agricole est rare et son coût élevé surtout dans les zones inaccessibles. Par exemple, le salaire journalier dans les plantations de cacao y dépasse 3500 F CFA, contre 2500 F CFA en situation normale. L’effet cumulé de ces facteurs conduiront à une baisse des productions vivrières et d’exportation comparativement à la situation d’avant le conflit.

    Les premières récoltes de légumes et de pomme de terre ont commencé depuis le mois de mai. Le maïs frais est également disponible. Toutefois, les zones rurales de productions sont difficiles d’accès en raison du mauvais état des routes, des menaces et raquettes des groupes armés et aussi des blocages de routes installés aussi bien par les groupes armés que par les populations. Du coup, l’aliment de base y est disponible, mais la mévente de la production affecte négativement les revenus des producteurs et limite leur accès aux autres produits importés et aux protéines animales compensées alors par les produits de la faune. Dans le bassin de production de Ndop, la bassine (20 kg) de maïs blanc et le haricot rouge se négocie à 1700 et 6000 respectivement, alors que sur le marché de Mamfe, cette bassine revient à 5000 et 10000 F CFA respectivement pour les consommateurs.

    Dans les centres urbains qui accueillent les flux importants de PDI, les prix des denrées sont élevés du fait des difficultés d’approvisionnement avec les zones rurales. Le riz importé qui représente au moins 80% du volume de riz consommé est rare sur les marchés locaux. Sur les marchés urbains, le sac de 50 kg qui coûte habituellement 18000 ou 19000 F CFA, se vent entre 21 000 et 30 000 F CFA.

    Les filières des produits d’exportation sont aussi en souffrance. En effet, l’insuffisance dans l’entretien des plantations et les conditions de mauvaise transformation diminuent la qualité des grains de cacao et de café. Par ailleurs, dans les bassins de production du Nord-Ouest, certains producteurs ont encore leur production de la saison passée dans des entrepôts et ces stocks ont perdu de la valeur sur le marché. Avec l’absence des compagnies étrangères, les producteurs sont contraints de brader leur production aux acheteurs locaux en acceptant des prix inférieurs aux prix officiels.

    Malgré la disponibilité de nouvelles récoltes, les ménages pauvres et les déplacés dans les zones urbaines et ceux des zones inaccessibles sont dépendants de l’assistance car les difficultés d’accès aux marchés les conduisent à réduire les quantités et la qualité des aliments consommés. L’assistance réalisée le mois dernier (principalement issue des distributions de vivres par le PAM) a touché 13 et 22% des déplacés respectivement dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, mais sa couverture représente moins de 5% dans la population de ces régions. Ce qui expose ces groupes de population à l'insécurité alimentaire aiguë Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Les stocks des ménages pauvres qui suffisent habituellement pour 10 mois, de juillet à avril, pourraient s’épuiser plutôt dès janvier/février, car outre la baisse de la production, les ménages sont contraints de vendre plus de production à bas prix afin de supporter la scolarisation de leurs enfants hors de la zone du conflit. La poursuite du conflit continuera de détériorer les moyens d’existence des ménages et limiter l’accès alimentaire des déplacés et ménages pauvres en zone urbaine et aussi des déplacés dans les zones inaccessibles par l’assistance. La situation de crise pourrait demeurer jusqu’en janvier.

    Figures

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique/Extreme nord

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Figure 1. Projection des prix sorgho pluvial à Maroua

    Source: FEWS NET

    Figure 3

    Figure 2. Evolution des incidents de sécurité dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest

    Source: ACLED

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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