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- Les conflits prolongés, l’insécurité et la hausse des prix des denrées alimentaires — aggravés par les tensions post-électorales — devraient entraîner des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) et de Crise (Phase 3 de l’IPC) dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Adamaoua, ainsi que dans les centres urbains de Yaoundé et Douala, au moins jusqu’en mai 2026. Les besoins en assistance alimentaire devraient augmenter, atteignant un pic entre mars et mai, pendant la période de soudure de la zone méridionale. Entre novembre 2025 et mai 2026, FEWS NET estime que 1,5 à 1,99 million de personnes auront besoin d’une assistance alimentaire d’urgence à l’échelle nationale.
- Les prix des denrées de base demeurent nettement supérieurs à la moyenne quinquennale, sous l’effet d’un approvisionnement réduit dans les zones touchées par le conflit et de l’augmentation des coûts du carburant et du transport, ce qui continue de limiter le pouvoir d’achat des ménages. Les données de suivi du FEWS NET indiquent des hausses de prix légères à modérées en octobre et novembre, particulièrement dans les centres urbains, provoquée par des perturbations de l’approvisionnement, de tarifs de transport plus élevés et de phénomènes de pénurie artificielle liés aux manifestations post-électorales du 12 octobre au 6 novembre. Notamment, à Yaoundé et Douala, les prix du maïs, des racines et tubercules, de l’huile de palme, des arachides décortiquées et de la viande bovine fraîche ont augmenté en moyenne de 29,9 pour cent par rapport à septembre.
- Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) devraient rester généralisées au moins jusqu’en mai 2026, en raison d’une forte dépendance aux marchés après l’épuisement des stocks des ménages, de la hausse des prix des denrées de base et d’un pouvoir d’achat limité. Les affrontements persistants entre séparatistes et forces gouvernementales, conjugués aux tensions politiques d’octobre et novembre, ont encore perturbé l’approvisionnement des marchés et contribué à des hausses modérées des prix. Sur le marché urbain de Bamenda, le prix du maïs en novembre a augmenté de 13 pour cent par rapport à septembre, soit 25 pour cent au-dessus de la moyenne quinquennale et 13 pour cent au-dessus du niveau de l’année précédente. Les ménages vivant dans les zones très reculées et fortement touchées par l’insécurité dans les divisions de Donga-Mantung, Momo, Bui, Lebialem et Menchum subissent des impacts plus sévères du conflit et disposent de capacités d’adaptation érodées ; une proportion faible mais croissante pourrait basculer vers des résultats d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) pendant la période de soudure.
- Dans la région de l’Extrême-Nord, les résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) devraient persister dans les divisions de Logone-et-Chari, Mayo Sava et Mayo Tsanaga jusqu’en janvier 2026, puis se dégrader vers Crise (Phase 3 de l’IPC) entre février et mai. Les ménages devraient avoir des stocks alimentaires très faibles dès février, à la suite de récoltes inférieures à la moyenne, les contraignant à dépendre presque entièrement des marchés pour s’approvisionner. Les attaques prolongées d’insurgés, combinées aux manifestations post-électorales localisées d’octobre et novembre 2025, ont perturbé l’approvisionnement des marchés dans les zones concernées. Globalement, les prix des céréales sur les marchés du Nord sont en baisse depuis mai, principalement en raison de la réduction des exportations vers le Nigeria, consécutive à la dépréciation du NGN par rapport au XAF. Malgré cette baisse des prix, le pouvoir d’achat des ménages touchés par le conflit reste limité, principalement en raison de la diminution des revenus liée à la perturbation des principales sources de revenus (notamment la main-d’œuvre agricole, la vente de produits agricoles, le commerce du bétail et la vente de poisson). Il en résulte la persistance d’importants déficits de consommation alimentaire, poussant les ménages à adopter des stratégies d’adaptation négatives, telles que la réduction de la taille et du nombre de repas, ainsi que des dépenses non alimentaires. Une faible proportion de ménages aux capacités d’adaptation fortement érodées devrait faire face à des résultats d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) au moins jusqu’en mai 2026.
- Des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) devraient se maintenir à Yaoundé et Douala au moins jusqu’en mai 2026. Les ménages très pauvres, en particulier les réfugiés et les personnes déplacées internes, risquent de basculer vers Crise (Phase 3 de l’IPC), en raison de prix alimentaires déjà élevés qui augmenteront encore pendant la période de soudure, combinés à des opportunités de revenus très limitées.
- Dans les zones accueillant des réfugiés dans l’Adamaoua (Mberé) et l’Est (Kadey, Lom-et-Djerem), les résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) devraient persister jusqu’en mai 2026, et certains ménages réfugiés très pauvres pourraient connaître des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC). Une forte concurrence pour l’emploi et les ressources naturelles maintient les revenus à un niveau faible, alors que les prix des denrées de base restent élevés. À l’approche de la période de soudure de mars à mai, la hausse des prix et la dépendance accrue aux marchés devraient encore éroder le pouvoir d’achat, poussant les ménages à adopter des stratégies d’adaptation négatives pour obtenir l’argent destiné à l’alimentation.
Citation recommandée: FEWS NET. Cameroun Mise à jour des messages clés Novembre 2025: Les tensions post-électorales exacerbent la hausse des prix alimentaires à l’échelle nationale, 2025.
Cette mise à jour des des messages clés présente une analyse succincte des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.