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Bonnes perspectives alimentaires pour les ménages et baisses attendues des prix

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Burkina Faso
  • Octobre 2012 - Mars 2013
Bonnes perspectives alimentaires pour les ménages et baisses attendues des prix

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  • Messages clé
  • Contexte national
  • Evenements qui pourraient changer les scenarios
  • Livelihood Zone 8 (North and East Livestock and Cereals)
  • Eastern Reaches of Livelihood Zone 9 (Southeast Cereals, Livestock, Forestry, and Fauna)
  • Messages clé
    • Les nouvelles récoltes en cours (toutes cultures pluviales), la forte reprise du travail saisonnier, et la hausse des prix de bétail et des cultures de rente améliorent l’accès alimentaire aux ménages qui étaient en insécurité alimentaire d'IPC Phase 2 : Stress. Par ailleurs, l’augmentation du pouvoir d’achat et le ré-établissement graduel des stocks restaurent l’accès saisonnier et conduisent à l’insécurité alimentaire IPC Phase 1 : Minime d’ici mars.

    • L’attente d’une bonne récolte avec la probabilité des stocks au moins moyens à excédentaires (même dans les zones de déficit structural) des revenus agricoles plus élevés que normaux, la solidarité sociale et la continuation d’appui humanitaire jusqu’en décembre (transferts monétaires et de distribution gratuite de vivres) réduisent l’impact d’endettement pris par les ménages pauvres en 2012. 

    • Les prix des céréales de base restent 17 pour cent à 70 pour cent plus hauts par rapport à la moyenne. Néanmoins, ils continuent à baisser de 8 à 12 pour cent depuis les prix au pic du mois d’août. On attend une diminution graduelle des prix des céréales selon les tendances saisonnières suite aux récoltes entre octobre et décembre.

    • Les opérations de ventes de céréales à prix modéré ont pris fin en septembre et le gouvernement ne prévoit pas une continuation des interventions humanitaires d’ici décembre. Toutefois, les distributions gratuites qui ont pris du retard dans leur mise en œuvre se termineront entre octobre et novembre.


    Contexte national
    Situation actuelle

    Les prévisions faites dans la perspective de juillet pour la pluviométrie saisonnière dans le Sahel et pour le Burkina se sont avérées et ont dépassé les attentes en termes de précipitation dans la plupart des régions du pays. En effet, les cumuls pluviométriques enregistrés entre avril et octobre sont même excédentaires (>110 pour cent) à très excédentaires (>150 pour cent) dans les postes pluviométriques des régions du Sahel et du Nord. Actuellement les tendances pluviales commencent à retourner à une climatologie normale, même si la fin de la saison est estimée à être globalement légèrement tardive, ce qui permet la continuation des maturations de cultures dans les zones telles que les ZOME 9 (Est et Sud-Est céréales, élevage, forêt et faune), 2 (Sud-Ouest fruits, coton et céréales)et 1 (Sud tubercules et céréales),où la pluviométrie était moins précoce ou moins établie jusqu’en juillet/août.

    On assiste à une reconstitution progressive des stocks des ménages avec l’arrivée précoce de nouvelles récoltes de maïs, arachide et niébé et dans une moindre mesure de céréales, ce qui a considérablement réduit la dépendance des ménages des marchés et amélioré leur accès à l’alimentation. Ainsi, on remarque une décroissance du niveau des prix des denrées (-8 pour cent pour le sorgho et une stabilité pour le mil) par rapport au pic observé en août. Les baisses sont plus importantes dans les zones de production avec-25 pour cent pour le maïs ; -3 pour cent pour le mil et -12 pour cent pour le sorgho. Cependant, ces prix restent toujours élevés par rapport à l’année passée, notamment pour le mil (+60 pour cent) et le sorgho (+30 pour cent) et à la moyenne quinquennale (+37 pour cent à +70 pour cent). Le prix du maïs reste stable par rapport à la même période de 2011, mais connait une hausse (17 pour cent) moins prononcé que les autres céréales par rapport à la moyenne. Cela s’explique par le niveau de récolte céréalière qui a déjà atteint 50 à 75 pour cent dans toutes les régions du pays. Les producteurs et vendeurs pauvres de niébé sont particulièrement avantageux par le prix de vente sur le marché (en moyenne 469 CFA/kg,) c’est-à-dire 72 pour cent et 94 pour cent plus élevé respectivement par rapport à l’année passée et à la moyenne quinquennale.

    Les opérations d’assistance du gouvernement relatives à la vente à prix modéré de céréales ont pris fin en septembre et ont nécessité au moins 81 000 tonnes de céréales empruntées en majorité sur le stock national de sécurité depuis mars 2012. Par conséquent, le remboursement de ce stock (habituellement à partir de décembre)à travers les achats locaux directs ou des appels d’offre auprès des commerçants et les besoins de constitution de stocks par le privé (en moyenne 30000 tonnes), pourraient entrainer des tensions sur les marchés et provoquer des hausses de prix normalement à partir de février. Néanmoins, la mise en œuvre tardive des autres opérations d’assistance (distribution gratuite de vivres et cash) et qui vont se poursuivre jusqu’en novembre par les partenaires humanitaires va permettre aux ménages bénéficiaires de compenser la vente de récoltes à opérer pour faire face à la scolarisation des enfants, aux soins de santé en cette période de recrudescence habituelle des cas de paludisme, et au remboursement des dettes contractées lors de la soudure passée.  Au moins 16900 tonnes de vivres et 6,3 millions de dollars US devraient être distribués à environ 1,3 millions de personnes par le PAM et le CONASUR entre octobre et novembre.

    Les programmes de prévention de la malnutrition en cours depuis le début de la mise en œuvre du plan opérationnel de soutien aux populations vulnérables vont se poursuivre jusqu’en novembre, voire janvier. Habituellement, il est observé un pic des effectifs de prise en charge de malnutris entre septembre et décembre, consécutif à la hausse des cas de paludisme et autres pathologies pendant la saison des pluies mais aussi aux conséquences des difficultés alimentaires vécues par les ménages pendant la période de soudure. En plus des programmes de prévention, le gouvernement a bénéficié courant août de kits pharmaceutiques pour traiter à moindre coût les cas de paludisme dans les formations sanitaires du pays. Ces différents programmes devraient contribuer à réduire ou à stabiliser les taux de malnutrition entre octobre et mars.

    La vente d’animaux (petits ruminants et volaille) constitue actuellement la principale source de revenus des ménages. Malgré les offres importantes sur les marchés suite aux difficultés alimentaires que les ménages ont vécues, les prix de ces animaux n’ont pas chuté comme on a l’habitude de le constater pendant cette période. Au mois d’octobre, l’offre des animaux a augmenté sur les marchés dans la région du Sahel par rapport au mois d’août et les prix ont aussi augmenté légèrement de 4 pour cent à 7 pour cent. Cette variation de l’offre est liée à la reprise des activités commerciales par les acteurs nationaux et étrangers (Nigeria, Ghana, Côte-d’Ivoire), souvent empêchés par la saison des pluies et les besoins d’argent par les ménages pour faire face aux dépenses de scolarité. Comparés à l’année passée et à la moyenne quinquennale, les prix des petits ruminants ont connu des hausses respectives de l’ordre de 13 à 34 pour cent et de 4 à 47 pour cent. Ceci est le résultat d’une part, d’un bon embonpoint des animaux favorisé par la disponibilité précoce des pâturages et des points d’eau et d’autre part, de l’existence d’une forte demande interne et pour les fêtes de Tabaski en octobre et de fin d’année.

    La rétribution de la main-d’œuvre agricole est comme en année normale, stable ou en hausse (passant de 1000-1500 CFA à 1750-2000 CFA) selon les zones de moyens d’existence mais plus élevée dans les localités à proximité des sites d’or. Dans les zones de production cotonnière (ZOME 1, 2,3, 9), l’extension des superficies a entrainé une hausse de la demande en main-d’œuvre par rapport à l’année passée. Dans les autres régions du pays, c’est l’exploitation minière plus rémunératrice que le travail agricole local qui fait plus de recrues au détriment du salariat agricole.

    Le pays compte à la fin septembre environ 35 000 réfugiés maliens, contre 108 000 selon les estimations précédentes du recensement conjoint niveau 2 du UNHCR et de la Commission Nationale pour les Réfugiés concentrés principalement dans les ZOME 8 (68,7 pour cent) et 7 (23,7 pour cent).  Les interventions humanitaires en cours ou prévues jusqu’en décembre ont été planifiées sur la base de l’effectif du recensement initial avant juin qui estimait le nombre de réfugiés à environ

    108 000 personnes. Actuellement, les camps de réfugiés continuent à enregistrer de nouveaux arrivés, mais ces afflux sont actuellement maitrisables. Les distributions de rations alimentaires mensuelles ont eu lieu en début octobre principalement par le PAM et le CRS.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit ci-dessous pour les deux zones de préoccupation, d’octobre à mars 2012, se fonde sur les hypothèses générales suivantes:

    • De bonnes perspectives agricoles sont attendues dues à la bonne répartition spatio-temporelle des pluies avec une pluviométrie excédentaire, les semis précoces dans certaines zones et l’appui agricole de l’Etat et des partenaires au cours de la campagne. La production céréalière au niveau national serait moyenne ou supérieure la moyenne, avec une hausse de 7 à 17 pour cent par rapport à la moyenne (selon les estimations préliminaires faites par les services de l’agriculture en début septembre 2012).
    • La poursuite des opérations d’assistance alimentaires et en cash en cours jusqu’en novembre/décembre va permettre aux ménages bénéficiaires de ne pas brader leurs récoltes si rapidement que dans une année typique.
    • L’impact des criquets pèlerins sur la destruction des cultures serait inexistant ou négligeable au regard des dernières évolutions constatées dans les zones de reproduction au Niger et au Mali. Avec le séchage des cultures et des pâturages en cours dans ces zones, on assiste plutôt à des mouvements orientés vers le Maghreb (Libye et Algérie) à partir de mi-octobre. En plus, les services en charge au niveau national de la lutte antiacridienne ont eu plus de temps pour se préparer et répondre à une éventuelle attaque, même improbable de ces criquets en provenance de ces zones de reproduction.
    • La transhumance saisonnière sera normale entre mars et juin au regard de la bonne disponibilité de pâturages et de points d’eau. Ainsi, les départs de bétails des régions du nord vers le sud et vers les pays côtiers vont intervenir à partir de février. L’approvisionnent satisfaisant des marchés en SPAI et les actions de soutien à l’élevage prévues par le Gouvernement et les partenaires (distribution de 84700 volailles et d’aliments à 7700 bénéficiaires) vont favoriser la relance des activités d’embouche à partir de décembre.
    • Les perspectives de production cotonnière devraient atteindre 2 pour cent à 13 pour cent (445500 MT à 490000 MT) plus que l’année passée, mais une baisse de 4 à 13 pour cent par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Avec la garantie d’une hausse de 10 pour cent du prix d’achat du kg, les revenus des ménages issus de la vente du coton devraient s’accroitre d’au moins 10 pour cent à partir de février (période à partir de laquelle commencent les paiements des producteurs) comparativement à la moyenne.
    • La production des autres cultures de rente (niébé, arachide et sésame) devrait aussi s’accroitre au regard des conditions pluviométriques favorables. En combinaison avec les niveaux des prix aux producteurs actuellement élevés  et en hausse, en particulier pour le niébé (72 pour cent par rapport à 2011 et 94 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale), les revenus de l’ensemble des ménages seront meilleurs de 10 à 20 pour cent à la normale durant toute la période du scenario. Dans une année normale, la vente des cultures de rente représente 26 pour cent du revenu monétaire total des ménages.
    • La production de contre saison, notamment le maraichage, sera normale au regard du bon niveau de remplissage des points d’eaux. Elle commence généralement au moment des récoltes céréalières (novembre-décembre) et les premières récoltes et ventes interviennent à partir de février. En année normale, la vente de produits maraichers contribue entre 3 et 10 pour cent à la formation des revenus monétaires agricoles des ménages.
    • Les revenus liés à la pratique de l’orpaillage vont s’accroitre de 5 à 10 pour cent comparés à la normale avec la prolifération des sites artisanaux dans presque toutes les communes de la moitié nord du pays et aussi grâce à la hausse du prix d’achat du carra au niveau local de 20 pour cent (de 25000 CFAà 30000 CFA le 18 carra) par rapport à l’année passée.
    • Le commerce du bétail pourrait connaitre de l’essor entre octobre et janvier du fait de la hausse de la demande (interne et externe) pour la fête de Tabaski, les fêtes de fin d’année et aussi pour les besoins de reconstitution du cheptel qui seront effectués par les ménages et les ONG dans le cadre de la résilience. D’où des perspectives de tendance de prix à la hausse par rapport à la moyenne saisonnière, en particulier pour les bovins, les petits ruminants et la volaille. Cette hausse de prix va améliorer les termes de l’échange bétail/céréales au profit des éleveurs.
    • Les prix des céréales devraient poursuivre leur tendance à la baisse saisonnière jusqu’en décembre avec la reconstitution progressive des stocks paysans et donc la baisse de la demande sur les marchés par les ménages.
    • Cependant, les achats institutionnels et privés de céréales seront accrus plus qu’en année normale entre novembre et mars au regard des besoins importants de reconstitution des stocks dont les niveaux sont bas ou nuls actuellement. En effet, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Opérationnel de Soutien aux Populations Vulnérables (POSPV), au total 81,000 tonnes de céréales ont été mobilisées (niveau jamais atteint auparavant) par le Gouvernement et les partenaires pour la vente à prix social et la distribution gratuite en 2012.Par conséquent, la mise à niveau du stock national de sécurité alimentaire et du stock d’intervention nécessite respectivement 35 000 et 10 000 tonnes de céréales en 2013. Les besoins de stockage des commerçants se situent en année normale autour de 30 000 tonnes. A ces différents besoins, il faut ajouter ceux pour l’approvisionnement des banques de céréales communautaires. Par conséquent, il est possible que ces activités vont freiner la baisse saisonnière des prix en décembre/janvier et  être un facteur contribuant à la maintien des prix au dessus de la moyenne tendance à partir de janvier/février.
    • Les flux internes de céréales des zones de production vers les zones de consommation seront intenses entre novembre et mars du fait de la reconstitution des stocks nationaux. Quant aux flux externes, ils devraient rester normaux compte tenu du fait que les perspectives de production sont globalement bonnes dans la sous-région. Les contrôles de sortie de céréales au niveau des frontières ne devraient pas faire l’objet de mesures spéciales de la part des autorités à partir de décembre.
    • Les opérations de cash for work ou de coupons alimentaires en cours par les humanitaires constitueront aussi des sources de revenus substantielles d’ici novembre. Au moins 94 200 ménages dans le pays bénéficieront du cash d’une valeur moyenne de 25 000 CFA. Cela va permettre à ces ménages de faire face aux dépenses de scolarisation, des dettes, et de santé et éviter ainsi la vente des nouvelles récoltes.
    • Les niveaux d’endettement pris par les pauvres en 2012 n’auront pas un impact important sur la reconstitution des moyens d’existence entre octobre et mars. Le recours à l’endettement a été une des stratégies développées par les ménages pour traverser la période de soudure plus longue qu’en année normale. En année normale 12 à 15 pourcent des remboursements se font en nature (par la production). Ainsi, malgré les opérations d’assistance qui ont contribué sans doute à réduire ou aidé au remboursement, on pense qu’une partie de l’autoproduction pourrait servir à solder ces dettes et cela affecterait à la baisse d’au moins 5 pour cent les stocks des ménages très pauvres et pauvres.
    • La situation sanito-nutritionnelle va demeurer stable au regard de l’accès des ménages à l’alimentation et des programmes de prévention de la malnutrition en cours jusqu’en novembre, voire janvier pour tous les enfants de 6 à 23 mois. Toutefois, en période normale, on assiste entre septembre et décembre à une hausse des cas de prise en charge de malnutris dans les formations sanitaires. En effet, à cette période, les conséquences des difficultés alimentaires vécues dans les ménages et aussi des pathologies comme le paludisme se font ressentir et aussi les mères des enfants disposent de plus de temps pour fréquenter les centres de santé.
    • Les besoins d’assistance mobilisés par l’Etat et ses partenaires seront dirigés comme en année normale, à l’endroit des personnes indigentes (personnes âgées sans soutiens, invalides).  Quant aux personnes qui avaient été estimées comme vulnérables (2 129 100 personnes) au titre de la phase 3 du Plan de soutien du Gouvernement au mois de juin 2012, elles pourront bénéficier en priorité des actions de renforcement de la résilience en cours (distribution de volailles, appui au maraichage) ou en planification par les acteurs humanitaires.
    Résultat le plus probable de la sécurité alimentaire

    En considérant l’amélioration actuelle de la situation alimentaire des ménages à travers l’accès aux nouvelles récoltes, leur dépendance de plus en plus réduite des marchés pour s’alimenter et la reconstitution progressive des stocks dans une perspective de productions supérieures à la moyenne, les ménages pauvres seront sans insécurité alimentaire aiguë (IPC Phase 1 : Minime) entre octobre 2012 et mars 2013.  Dans au moins de 80 pour cent de la population dans toutes les zones administratives et de moyens d’existence du pays, les besoins alimentaires et d’entretien des moyens d’existence seront achevés sur toute la période du scénario (Figures 2 et 3). Les populations identifiées par le gouvernement en précarité alimentaire (cette distinction n’utilise pas l’échelle IPC) pour l’année de consommation pourraient être similaires ou même moins que la moyenne quinquennale soit environ 600 000 personnes.

    Ainsi, on n’attend pas la nécessite des interventions d’urgence au-delà de l’assistance normale et annuelle car les ménages très pauvres et pauvres (40 pour cent à 60 pour cent de la population selon la zone) qui en année normale couvrent 3 à 5 mois les besoins, disposeront encore de vivres inhabituelles à cette période. Avec les programmes de prévention de la malnutrition chez les enfants de 6 – 24 mois, on devrait parvenir à réduire ou à stabiliser les taux de malnutrition aiguë globale observés l’année dernière (10,8 pour cent).

    Par ailleurs, la bonne performance des revenus agricoles (vente de production agricole) et non agricoles comparée à la normale (perspectives de productions supérieures, prix au-dessus de la moyenne) permettra aux ménages, notamment les moyens et les riches, de reconstituer les moyens d’existence. Toutefois, les très pauvres et les pauvresqui ont été plus touchés par les difficultés alimentaires au cours des mois passés, accorderont une priorité au remboursement de leurs dettes qui occupent comme en année normale 2 à 4 pour cent les dépenses et auront donc besoin d’accompagnement pour reconstituer les avoirs relatifs avant la période de soudure qui commence typiquement en juin.

    Situation actuelle

    Dans cette zone où les ménages très pauvres et pauvres représentent en année normale respectivement 20 pour cent et 40 pour cent de la population, les moyens d’existence sont basés principalement sur la culture du mil et la pratique de l’élevage transhumant. La pluviométrie, contrairement aux prévisions saisonnières, a été précoce et excédentaire comparée à la normale et la campagne agricole s’est bien déroulée, entrainant une bonne disponibilité de pâturages et d’eau. En conséquence, les animaux ont un bon état d’embonpoint et la disponibilité du lait est bonne dans les ménages pastoraux. La précocité des pluies a permis aux ménages pauvres de disposer plus tôt qu’en année normale, de nouvelles récoltes de niébé, ce qui permet la consommation avant les récoltes céréalières, améliorant la sécurité alimentaire.  Entre novembre et mars, les producteurs approvisionnent les marchés par du niébé, en profitant cette année des prix très élevés (+86 pour cent) par rapport à la moyenne. Les opérations d’assistance alimentaire du Gouvernement et des partenaires (distribution gratuite de vivres) qui se poursuivent jusqu’au mois de novembre couvrent au moins 7 920 ménages, représentant 30 pour cent des ménages pauvres et très pauvres. Cela aide à renforcer les stocks des ménages et contribuera à allonger la durée moyenne de consommation de la production.

    Les prix des céréales de base (mil et sorgho) ont amorcé une baisse importante de 27à 29 pour cent depuis le mois d’août, mais restent toujours au-dessus de la moyenne quinquennale (16 pour cent) et par rapport à l’année écoulée (15 à 18 pour cent).Néanmoins, les termes de l’échange bétail/céréales sont en faveur de l’éleveur, mais en dégradation comparés à la normale car la vente d’un bouc sahélien permet à un ménage d’acquérir 160 kg de mil ou 180 kg de sorgho contre 190 à 200 kg de mil ou de sorgho en année normale.

    L’essentiel des revenus actuels des ménages provient de la vente de bétail (bovins, petits ruminants et volaille) dont les prix sont élevés par rapport à la moyenne quinquennale sur les marchés du fait de la demande interne et externe en hausse surtout à l’approche de la fête de Tabaski prévue en fin octobre. En effet, sur le marché à bétail de référence le plus proche (Djibo), les prix moyens en octobre du bélier et du bouc sahéliens ont enregistré des hausses respectives de 33 pour cent et 11 pour cent comparés à la moyenne des 5 dernières années.  Le petit commerce de lait et de produits laitiers qui forment en année normale 10 à 15 pour cent du revenu s’est beaucoup développé depuis le mois d’août surtout dans les marchés à proximité des camps de réfugiés et des unités de transformation de lait.  En effet, les unités qui transformaient à peine 70 litres de lait par jour en octobre 2011, disposent actuellement de 100 à 150 litres qu’elles achètent à 300 CFA le litre contre 200 à 250 CFA en moyenne au cours des 5 dernières années. Les autres sources de revenus sont constituées comme en année normale du travail salarié agricole (gardiennage des animaux) et des transferts des migrants.

    La zone compte environ 22 300 réfugiés maliens (soit 64 pour cent des réfugiés maliens au pays) dont la prise en charge est assurée jusqu’en décembre par les acteurs humanitaires. En effet, le PAM et le CRS disposent de stocks de vivres au niveau des camps et procèdent mensuellement à des distributions

    Suppositions

    Le scénario le plus probable est basé sur les hypothèses suivantes zonales.

    • Grace à la pluviométrie excédentaire et les semis précoces, la production céréalière serait supérieure à la normale, et satisfera au moins 50 pour cent des besoins. En année normale à peine 30 pour cent des besoins de consommation des ménages très pauvres et pauvres sont couverts par la production.  Les productions agricoles supérieures à la normale permettraient une consommation sur cinq à six mois nonobstant le remboursement d’emprunts en nature.
    • Les mouvements de transhumance resteront normaux avec des départs à partir de mars. En effet le fourrage est disponible et les points d’eau qui tarissent souvent en janvier pourront atteindre les mois de mars-avril au regard de leur niveau de remplissage.
    • Les vaches laitières pourront conserver leur état de bon embonpoint du fait surtout de la disponibilité de l’eau jusqu’en mars contrairement au tarissement précoce observé habituellement entre janvier et février.
    • Les revenus issus du petit commerce de lait et de produits laitiers devraient connaître un accroissement de 15-20 pour cent comparé à l’année normale (10-15 pour cent du revenu) grâce à la demande supplémentaire née de la présence des populations de réfugiés présentes dans la zone. De même, la consommation de lait qui représente en année normale 2 pour cent à 5 pour cent des besoins, sera en hausse entre octobre et février du fait de sa disponibilité pendant cette période.
    • La vente du niébé entre novembre et mars dont la production sera en hausse sera rémunératrice car les prix actuels sont 86 pour cent au-dessus de la moyenne et la demande extérieure existe. Ces revenus contribueront à la reconstitution des moyens d’existence (achat de bétail) et au remboursement des dettes contractées pendant la période de soudure.
    • Les prix des céréales, malgré la tendance saisonnière à la baisse, demeureront au-dessus de la moyenne quinquennale du fait de l’effet indirect des besoins de reconstitution des stocks institutionnels et privés dans les zones de production.  La zone étant distante des zones de production du pays, la hausse des coûts de transport intervenue en avril dernier, va se refléter sur les prix de vente des céréales et cela également contribuera à maintenir les prix au-dessus de la moyenne saisonnière.
    Résultat le plus probable de la sécurité alimentaire

    Par la reconstitution des stocks alimentaires et la disponibilité en lait, les ménages pauvres pourront satisfaire au moins à 50 pour cent leurs besoins de consommation contre 30 pour cent en année normale. Cela veut dire qu’ils vivront principalement de leurs propres productions jusqu’au mois de mars au lieu de janvier/février comme dans une année normale. En plus, la hausse des revenus issus du petit commerce de lait (entre octobre et février) et de la vente de cultures de rente (en particulier le niébé entre novembre et mars) et la pratique de l’orpaillage (à partir de novembre) vont permettre aux ménages de rembourser les dettes et de procéder à la reconstitution du bétail vendu pour faire face aux difficultés alimentaires des mois précédents. Par ailleurs, les épargnes éventuelles réalisées sur ces revenus serviront aussi à l’achat préventif de céréales pour gérer la période habituelle de soudure cette année. Par conséquent, ils seront sans insécurité alimentaire aiguë (IPC Phase 1, insécurité alimentaire minime)entre octobre et mars.

    ZONE DE MOYENS D’EXISTENCE NORD ET EST BETAIL ET CEREALES (ZONE 7)

    Situation actuelle

    Dans cette zone à fort potentiel d’élevage et de production de niébé, la pluviométrie enregistrée a été excédentaire annonçant de bonnes perspectives de récolte, malgré les inondations qui ont touché 3600 personnes, soient 514 ménages principalement dans les provinces du Soum (269 ménages) du Séno(101 ménages) et de la Komondjari (173 ménages). La pluviométrie y a été exceptionnelle avec 613mm enregistrés au poste de Dori, soit +34 pour cent par rapport à la normale. De même, le mois de septembre a enregistré 95 mm contre 70 mm en année normale soit une hausse de 36 pour cent et des activités pluvieux orageux ont aussi été observées à la deuxième décade d’octobre.

    La situation alimentaire des ménages pauvres qui représentent respectivement 20 pour cent et 40 pour cent de la population (environ 1,18 million personnes), s’est améliorée avec la constitution de petits stocks grâce aux récoltes en cours de niébé, de maïs et de sorgho qui sont intervenues plus tôt par rapport à normale. Les assistances alimentaires (distribution gratuite de vivres) se poursuivent par le PAM et le CONASUR jusqu’au mois de novembre et couvrent au moins 50 000 ménages représentant 30 pour cent des ménages pauvres. Ainsi, les ménages ont de moins en moins recourt aux marchés pour s’approvisionner. Depuis le mois de juillet, le PAM et ses partenaires mènent un programme de prévention de la malnutrition à travers la distribution de rations mensuelles de complément alimentaire pour tous les enfants de 6 à 23 mois. Ce programme va s’étendre jusqu’en novembre et devrait contribuer à réduire ou à stabiliser le taux de malnutris aigües global observé l’année dernière (11,5 pour cent).

    On assiste à une baisse des prix des céréales sur les marchés depuis le mois d’août et cette baisse devrait se poursuivre jusqu’en décembre. Par rapport au pic du mois d’août, la baisse varie déjà entre 26 pour cent et 28 pour cent, près des tendances typiques pour cette période après la récolte primaire. Toutefois, les niveaux restent élevés par rapport à l’année passée (20 à 55 pour cent) et à la moyenne quinquennale (9 à 34 pour cent).

    Les pâturages herbacés et ligneux ont un niveau de développement satisfaisant et les points d’eau ont un bon niveau de remplissage. Conséquence, les animaux présentent un bon embonpoint et le lait est disponible dans les ménages pastoraux.  Les prix du bétail sont élevés ou similaires à ceux de l’année écoulée à la même période mais au-dessus de la moyenne quinquennale saisonnière. Par exemple, sur le marché à bétail de Djibo les prix du bélier et du bouc sahéliens ont enregistré des variations respectives en octobre de +35 pour cent et +2 pour cent par rapport à 2011 et respectivement +33 pour cent et +11 pour cent comparées à la moyenne quinquennale.         

    Les sources de revenus actuelles des ménages se composent de la vente de bétail dont les prix sont élevés sur les marchés du fait de la demande interne et externe en hausse surtout à l’approche de la fête de Tabaski. Le travail agricole local est aussi plus rémunéré que normalement (2000 CFA la journée contre 1250 à 1500CFA) du fait de la concurrence sur la main-d’œuvre avec les activités d’orpaillage qui intéressent plus les bras valides. Nonobstant les mesures d’interdiction de pratique de l’exploitation artisanale de l’or pendant la saison des pluies, les ménages très pauvres et pauvres sans autre alternative ne cessent de fréquenter les sites, motivés par les cours élevés du prix du gramme d’or (plus de 25 000 CFA le gramme).

    La zone compte 8 260 réfugiés maliens (23,7 pour cent des réfugiés du pays) et ces derniers sont concentrés principalement dans la province du Soum. Leur prise en charge est assurée par le Gouvernement et les acteurs humanitaires jusqu’au moisde décembre, avec les appuis alimentaires et non alimentaires tels que la distribution de rations alimentaires mensuelles (par personne : 12kg de céréales, 3kg de légumineuses, 0,75kg d’huile, 1,5kg de CSB) la fourniture d’eau potable et la prise en charge sanito-nutritionnelle. Sans un afflux massif de réfugiés supplémentaires, l’assistance alimentaire planifiée jusqu’en décembre (notamment par le PAM) couvre les besoins.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable est basé sur les hypothèses suivantes zonales.

    • Les productions agricoles seront supérieures à la moyenne car la campagne agricole s’est installée précocement dans la zone et les pluies ont été bien réparties donnant un cumul excédentaire à très excédentaire. On y prévoit des hausses de rendement de 50 à 60 pour cent par rapport aux mauvaises récoltes de 2011 et d’au moins 20 pour cent par rapport à la normale. Par conséquent, les stocks alimentaires des ménages pauvres pourront couvrir 5 à 6 mois de consommation contre 3 à 4 mois en année normale.
    • Les prix des denrées alimentaires qui ont connu un niveau très élevé en juillet-août vont baisser jusqu’en décembre. Cependant, les tendances saisonnières devraient rester au-dessus de la moyenne quinquennale sur toute la période du scénario.
    • Les revenus issus de la vente de bétail, comparativement à la normale, vont aussi s’améliorer. En effet, le prix des animaux, en particulier celui du bélier et du bouc sahéliens connait une hausse de 11 à 33 pour cent par rapport à la moyenne et cette variation va rester positive entre octobre et décembre du fait de la hausse de la demande pour les fêtes de Tabaski et de fin d’année. Avec l’arrêt des pluies, les routes qui mènent au marché à bétail de Djibo (marché de référence le plus important de la zone) seront plus praticables, ce qui va davantage attirer les acteurs étrangers en provenance du Nigeria et du Ghana et ainsi maintenir la tendance saisonnière des prix à la hausse.
    • Les revenus issus de la vente du niébé vont aussi s’accroitre car le prix actuel du kg (372 à 613 CFA), soutenus par la demande, est 52 à 70 pour cent supérieur à la moyenne et les perspectives de bonnes productions (+50 à +88 pour cent sur les rendements comparés à 2011) permettront aux ménages de vendre pendant toute la période du scenario ou de conserver une partie des récoltes pour plus tard les revendre plus chers.
    • Par ailleurs, la réouverture autorisée des sites d’or en expansion dans toutes les communes de la zone à partir de novembre et cela sur toute la période du scenario va permettre aux ménages de diversifier leur source de revenus. Les revenus ainsi perçus pourront servir à reconstituer en partie les moyens d’existence, à rembourser une partie des dettes et à faire face aux autres dépenses du ménage.
    Résultat le plus probable de la sécurité alimentaire

    La généralisation des récoltes à partir d’octobre va permettre la reconstitution progressive des stocks dans les ménages et contribuer à réduire de 90 pour cent au moins leur dépendance aux marchés pour s’alimenter. Les productions propres des ménages suffiront au moins pour 5 à 6 mois de consommation. Le commerce de bétail accru à partir d’octobre et de produits de rente (entre novembre et mars), la pratique du maraichage et celle de l’orpaillage à partir de novembre vont contribuer à améliorer les revenus et favoriser la reconstitution des moyens d’existence des ménages pauvres et très pauvres. Ces revenus vont permettre le renforcement des stratégies de gestion du déficit céréalier en période habituelle de soudure, notamment par les achats préventifs. Ainsi, jusqu’en mars 2013, les ménages très pauvres et pauvres seront sans insécurité alimentaire aiguë (IPC Phase 1 : minime).  Néanmoins, l’appui extérieur pour la reconstitution des moyens d’existence est nécessaire afin de renforcer la résilience des ménages pauvres.

    EST DE LA ZONE DE MOYENS D’EXISTENCE NORD ET EST, BETAIL ET CEREALES (ZONE 9)

    Extrême Est, Province de la Tapoa

    Situation actuelle

    Le déroulement de la campagne agricole est jugé satisfaisant dans cette zone et en particulier dans la province de la Tapoa où les ménages pauvres (respectivement 27 et 30 pour cent de la population estimée à411117 habitants) ont eu des difficultés alimentaires du fait de la chute inhabituelle de la production en 2011. En effet, le taux de couverture des besoins céréaliers y est passé en moyenne de 118 pour cent au cours des 5 dernières années à 68 pour cent en 2011. Les anomalies de couvert végétal (NDVI) constatées en juillet et août se sont corrigées à partir de septembre et la poursuite des pluies en octobre permettra aux différentes cultures de boucler leurs cycles.  L’accès aux nouvelles récoltes de mil hâtif et de maïs depuis le mois d’août a amélioré la situation alimentaire des ménages. Par ailleurs, l’assistance alimentaire (PAM et ACF) va se poursuivre jusqu’en novembre au profit de 14 297 ménages (602 tonnes de vivres et du cash pour 4400 ménages) représentant 49 pour cent des ménages pauvres et très pauvres. Cela va permettre à ces derniers de renforcer les stocks de nouvelles récoltes ou de rembourser une partie des dettes contractées pour traverser la période de soudure.

    Les ménages tirent l’essentiel de leurs revenus de la vente de bétail dont les prix sont élevés sur les marchés comparativement à la moyenne. Sur le marché à bétail de référence le plus proche (marché de Fada), les prix moyens du bélier et du bouc au mois d’août sont en hausse de 38 à 47 pour cent. La hausse des prix pourrait se maintenir avec la demande interne et externe pour les fêtes de Tabaski et de fin d’année. Les autres sources de revenus sont constituées comme en année normale, de la vente de produits forestiers non ligneux (amendes de karité), du petit commerce, du travail agricole local et des activités de cash for work ou de cash direct, mises en œuvre par les ONG. Au-delà des achats alimentaires, les revenus sont alloués aussi à la scolarisation des enfants et les autres dépenses, en particulier de santé car la zone connait habituellement une hausse des cas de paludisme en cette période.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable est basé sur les hypothèses suivantes zonales.

    • Les productions agricoles seront supérieures à la normale. En effet, en plus de la régularité des pluies depuis le mois d’août, la présente campagne a bénéficié du soutien de l’Etat et des partenaires en intrants (engrais et semences améliorées), en aménagements de bas-fonds et de récupération de terres dégradées (techniques CES/DRS) et l’utilisation des semences améliorées par les producteurs est jugée croissante. Ainsi, les productions des ménages pauvres qui couvrent en année normale 5 à 7 mois de consommation pourront atteindre 6 à 8 mois.
    • Les revenus issus de la vente des cultures de rentes pourraient s’accroître car la fixation à la hausse des prix d’achat du coton graine (de 220 à 245CFA le kg) a motivé les producteurs qui espèrent réaliser de bonnes récoltes. Par ailleurs, certains producteurs ont mis l’accent sur la culture du sésame qui demande moins d’entretien et dont le prix à la vente est intéressant sur les marchés locaux. Les revenus ainsi dégagés permettront aux ménages de rembourser une partie de leur dette et de faire face aux autres dépenses notamment la reconstitution de leur cheptel.
    • Les revenus issus du travail agricole local seront plus accrus qu’en année normale d’au moins 10 pour cent entre octobre et décembre, car soutenus par la demande de main-d’œuvre pour la récolte de coton, la préparation de parcelles de cultures maraichères et aussi par les opérations de cash for work  en cours au profit de 4400 ménages.
    • Les programmes de prévention et de prise en charge de la malnutrition pour tous les enfants de 6-24 et les femmes enceintes ou allaitantes principalement menés par ACF depuis le mois d’avril et qui se poursuivent jusqu’en janvier, devraient aider à réduire ou à stabiliser le taux de malnutris aigües global.
    Résultat le plus probable de la sécurité alimentaire

    A partir du mois d’octobre, jusqu'a mois de mars, la reconstitution des stocks alimentaires au-delà de la normale va réduire la dépendance des ménages très pauvres et pauvres du marché. Car leurs productions suffiront pour 6 à 8 mois de consommation contre 5 à 7 mois en année normale.  Par ailleurs, le taux de malnutrition aigüe globale pourrait demeurer stable ou en baisse par rapport à l’année passée au regard de l’impact probable des actions de prévention réalisées. En outre, la vente des cultures de rente (coton et sésame dont les productions et les prix seront supérieurs à la moyenne) à partir de novembre-février va contribuer à améliorer les revenus et favoriser le remboursement des dettes et la reconstitution des moyens d’existence (capitalisation du bétail, renouvellement des facteurs de production, épargne, etc.).  Ainsi, jusqu’en mars, les ménages très pauvres et pauvres seront sans insécurité alimentaire aiguë (IPC phase 1, Insécurité alimentaire minime). De même, l’accompagnement des partenaires humanitaires pour la reconstitution des moyens d’existence, aidera à renforcer la résilience des ménages pauvres affectés par les difficultés alimentaires durant les mois passés.


    Evenements qui pourraient changer les scenarios

    Zone

    Evènement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

    • Poursuite de la hausse des prix du riz au plan international.

    Cela occasionnera le transfert de la consommation des centres urbains du riz vers les céréales locales (essentiellement le maïs).  En effet, le pays importe en moyenne 300,000 tonnes de riz chaque année et près de 60% de ce riz est consommé par les ménages urbains. Ainsi, une hausse des prix va entrainer une demande des autres céréales, notamment le maïs qui est une céréale de substitution, d’où une hausse probable des prix du maïs et des autres céréales sur les marchés locaux

    ZOME 8

    • Attaque au mois d’octobre, de criquets pèlerins en provenance du Niger ou du Mali.

    Cela pourrait affecter négativement les productions agricoles et les pâturages et réduire considérablement comme en 2004, la durée des stocks. Cela freinera la baisse des prix, entrainera des tensions sur les marchés et aggravera les difficultés alimentaires des ménages dès janvier.

    • Dégradation des conditions sécuritaires au Nord du Mali

    On va assister dans ce cas à un afflux massif supplémentaire de réfugiés dans la zone et l’Etat et des partenaires seront dans une incapacité à répondre efficacement à leurs besoins d’où des tensions probables sur les marchés. Cela pourrait contribuer aussi à maintenir les prix au-dessus de la moyenne.

    ZOME 7

    • Attaque au mois d’octobre, de criquets pèlerins en provenance du Niger ou du Mali.

     

    • Absence d’actions visant la reconstitution des moyens d’existence au profit des ménages très pauvres et pauvres

    Cela pourrait affecter négativement les productions agricoles et les pâturages et réduire considérablement comme en 2004, la durée des stocks. Cela freinera la baisse des prix, entrainera des tensions sur les marchés et aggravera les difficultés alimentaires des ménages dès janvier.

    Malgré la bonne performance des cultures de rente, une absence d’actions visant le relèvement socio-économique des ménages peut contraindre ces derniers à opérer des ventes sur leurs productions agricoles pour répondre aux autres besoins de bien-être. Dans ce cas, les stocks pourront s’épuiser plus tôt et entrainer des difficultés alimentaires à partir du mois de mars.


    Livelihood Zone 8 (North and East Livestock and Cereals)
    Current situation

    The above-average rainfall levels in this high-potential livestock and cowpea-producing area suggests a good harvest despite local flooding problems, which affected 3,600 persons (514 households) mainly in the provinces of Soum (269 households), Séno (101 households), and Komondjari (173 households). The area received record rainfall, with the gauge station at Dori recording 613 mm of rain (34 percent above-normal). The area received 95 mm of rain in September (36 percent above the norm of 70 mm), and there were reports of rainstorms during the second dekad of October.

    This livelihood zone has approximately 1.18 million inhabitants, and very poor and poor households account for 20 percent and 40 percent of the population, respectively. The small, food stocks that were built from the earlier than normal, ongoing harvests of cowpeas, maize, and sorghum have improved the food security situation of very poor and poor households. Food aid programs (distributions of free food) by the WFP and CONASUR are scheduled to run through the end of November and are covering at least 50,000 households, or 30 percent of poor households, reducing household dependence on market purchases for food. The WFP and its partners have been conducting a malnutrition prevention program since July, distributing monthly, supplemental food rations for children between the ages of 6 and 23 months. This program, continuing through the end of November, could help lower or stabilize last year’s global acute malnutrition rate (11.5 percent).

    Market prices for cereal have been falling since August and should continue to come down through the end of December. They have already dropped by 26 to 28 percent from their peak August levels. This is relatively normal for this time of year after the harvest of early crops. However, prices are still higher than last year (by 20 to 55 percent) and above the five-year average (by 9 to 34 percent).

    Adequate herbaceous and woody pasture growth, as well as high water levels at animal watering holes, are keeping livestock in good physical condition and ensuring good milk availability for pastoral households. Livestock prices are high and are close to last year's prices. Prices are also above the five-year seasonal average. October prices for male sheep and Sahelian male goats on the Djibo livestock market, for example, were up from last year by 35 percent and 2 percent, respectively, and were up 33 percent and 11 percent compared to the five-year average.

    Among current household income sources are livestock sales, whose market prices are high due to growing domestic and foreign demand, mainly for Tabaski. Local agricultural wages are also above-average (at 2,000 CFAF per day instead of 1,250-1,500 CFAF), due to labor competition from gold-washing activities, which workers often find more attractive. Despite a ban on small-scale gold-mining activities during the rainy season, very poor and poor households with no other options are continuing to work at gold-washing sites, motivated by the high unit price of gold (over 25,000 CFA francs per gram).

    This livelihood zone has 8,260 Malian refugees (23.7 percent of the country’s refugee population), concentrated mainly in Soum province. This population will being assisted by the government and the humanitarian community until the end of December, through food and nonfood aid programs such as monthly food rations (12 kg of cereal, 3 kg of pulses, 0.75 kg of oil, and 1.5 kg of CSB per person), drinking water supplies, and health care and nutritional assistance. As long as there isn't a massive influx of new refugees, scheduled food aid between now and the end of December (mainly from the WFP) should meet needs.

    Assumptions

    The most likely food security scenario is based on the following assumptions specific to this livelihood zone:

    • The early start of the growing season in this livelihood zone and the good distribution of rainfall, with above-average to well-above-average cumulative rainfall totals, should result in better-than-average harvests. These harvests are expected to produce 50 to 60 percent more crops compared to last year’s poor harvests and will surpass average production levels by at least 20 percent. Food stocks of poor households may meet consumption needs for as many as five to six months, compared to three to four months in a normal year.
    • After large increases in July-August, food prices will continue to decline through the end of December. However, seasonal price trends are expected to keep prices above the five-year average throughout the outlook period.
    • Livestock sales will generate larger than normal amounts of income. Livestock prices in general and, male sheep and Sahelian male goats in particular, are 11 to 33 percent above-average and will stay above-average between October and December with the growing demand for Tabaski and end of the year celebrations. With the end of the rainy season, access roads to the Djibo livestock market (the largest reference market in the area) will be easier to navigate, attracting larger numbers of foreign traders from Nigeria and Ghana and sustaining the price increases.
    • Incomes from cowpea sales will also be large, with current prices (372 to 613 CFAF/kg) being 52 to 70 percent aboveaverage, due to high demand. Moreover, the expected good harvests (50 to 88 percent larger than last year’s harvest) will allow households to sell crops throughout the outlook period or hold onto a portion of their crops for sale later in the year at higher prices.
    • The official reopening of gold-washing operations in all parts of this livelihood zone starting in November will allow households to diversify their income sources throughout the outlook period. Part of the income earned from these activities could be used to rebuild their livelihoods, pay off some of their debts, and cover miscellaneous household expenses.
    Most likely food security outcomes

    As of October, widespread harvesting activities should enable households to gradually rebuild their food stocks and help reduce their dependence on market food purchases by at least 90 percent. On-farm production should meet household consumption needs for at least five to six months. Increased livestock sales beginning in October, cash crop sales (between November and March), market gardening activities, and gold-washing activities (beginning in November) should help boost household income levels and spur livelihood recovery efforts by very poor and poor households. This income will help bolster household strategies for managing cereal shortages during the normal lean season, mainly through preventive purchases. Thus very poor and poor households will be food secure, or in IPC Phase 1 (Minimal/None), through March 2013. However, resilience-building by poor households will require outside livelihood assistance. 


    Eastern Reaches of Livelihood Zone 9 (Southeast Cereals, Livestock, Forestry, and Fauna)

    The Far East (Tapoa Province)

    Current situation

    The growing season's performance in this livelihood zone is reasonably good, particularly in Tapoa Province where very poor and poor households (accounting for 27 and 30 percent, respectively, of the area's estimated 411,117 inhabitants) experienced food insecurity problems in the aftermath of last year’s unusual production shortfall. In fact, the percentage of cereal needs met by production in this area declined from a five-year average of 118 percent to a mere 68 percent last year. Vegetation (NDVI) anomalies in July and August have improved as of September and continuing rainfall into the month of October should allow for crops to fully mature. Access to newly harvested, short-cycle millet and maize crops since August has improved the household food security situation. Food assistance programs (by the WFP and Action Against Hunger) for a target group of 14,297 households, representing 49 percent of very poor and poor households in the area, will continue through the end of November (providing 602 metric tons of food and cash for 4,400 households). This should allow these households to rebuild their food stocks with new crops or pay off part of their debts incurred during the lean season.

    The main source of household income is the sale of livestock, whose market prices are well above-average. Average prices for male sheep and goats on the closest reference livestock market (Fada market) are up by 38 to 47 percent. This upward trend in prices could be sustained by domestic and foreign demand during Tabaski and end of the year celebrations. As normal, other sources of income include the sales of nonwoody forest products (shea nuts), small-scale trading activities, local agricultural wage labor, and cash-for-work or direct cash transfer programs by NGOs. In addition to food purchases, household income is also being used to pay tuition costs for schoolchildren and to cover miscellaneous expenses, such as healthcare costs due to the normal uptick in malaria cases at this time of year.

    Assumptions

    The most likely food security scenario is based on the following assumptions specific to this livelihood zone:

    • Agricultural production will be better than normal. In addition to the beneficial effects of regular rainfall since August, other factors contributing to the good growing season. These factors include assistance from the government and its partners in the form of farm inputs (improved seeds and fertilizer), lowland development and degraded land reclamation projects (soil and water conservation/land protection and reclamation techniques), and the increasingly widespread usage of improved seeds by local farmers. Thus for poor households, household stocks from the harvest could meet consumption needs for as long as six to eight months, compared to five to seven months normally.  
    • Cash crop sales could generate large amounts of income. Farmers are encouraged by increases in cottonseed purchase prices (220 to 245 CFAF/kg) and are expecting a good harvest. Some farmers decided to focus on sesame crops, which require less maintenance and whose producer prices on local markets is attractive. The income from these crops will allow households to pay off part of their debts and cover other miscellaneous expenses, such as herd-rebuilding costs.
    • Income from local agricultural employment between October and December will be at least 10 percent higher than normal. This is bolstered by high labor demand for cotton harvests, the preparation of fields for planting market garden crops, and for ongoing cash-for-work programs employing 4,400 households.
    • The malnutrition prevention and treatment programs for children between six and 24 months of age and pregnant or breast-feeding women, conducted mainly by Action Against Hunger since April and continuing through the end of January, should help lower or stabilize global acute malnutrition rates.
    Most likely food security outcomes

    Between October and March, above-normal replenished food stocks will enable poor and very poor households to meet their consumption needs for six to eight months instead of the usual five to seven months. This will reduce these households dependency on the market for food purchases. Moreover, the expected impact of ongoing preventive programs could stabilize if not reduce last year’s global acute malnutrition rates. In addition, cash crops sales (cotton and sesame) from larger than normal harvests at above-average prices between November and February will help boost income and allow households to pay off their debts and rebuild their livelihoods (through herd rebuilding, replenishment farm input supplies, savings, etc.). Thus, very poor and poor households will be food-secure, or in IPC Phase 1 (Minimal/None), through March 2013. Furthermore, livelihood assistance from the country’s humanitarian partners will help build the resilience of poor households plagued by food insecurity over the past few months.

    area

    event

    Impact on food security conditions

    Nationwide

    • Steady rise in rice prices on the international market 

    Consumption in urban areas will shift from rice to local cereal crops (mainly maize). Burkina Faso imports an average of 300,000 metric tons of rice per year, of which nearly 60 percent is consumed by urban households. Thus, an increase in prices will strengthen demand for other types of cereals, particularly maize, which is considered a substitute. This will likely drive up the price of maize and other cereal crops on local markets

    Livelihood zone 8

    • Desert locust invasion from Niger or Mali in October

    This could undercut crop and pasture production and significantly reduce the duration of food stocks, as was the case in 2004. This would slow the downward trend in prices, put pressure on markets, and heighten household food insecurity as of January.

    • Deterioration in security conditions in northern Mali

    This will trigger a new massive influx of refugees into the area and the government and its partners will be unable to effectively meet their needs. This will also likely to put pressure on local markets and could keep prices above-average.

    Livelihood zone 7

    • Desert locust invasion from Niger or Mali in October

     

    • Lack of livelihood recovery programs for very poor and poor households

    This could undercut crop and pasture production and significantly reduce the duration of food stocks, as was the case in 2004. This would slow the downward trend in prices, put pressure on markets, and heighten household food insecurity as of January.

    Even with the good performance of cash crops, a lack of socioeconomic recovery programs for households in this area could force them to sell a part of their harvests to meet miscellaneous health and well-being needs. In this case, food stocks could run out earlier than usual and could create food insecurity problems beginning as of March 2013.

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats estimés plus probables de la sécurité alimentaire, octobre 2012

    Figure 2

    Carte des résultats estimés plus probables de la sécurité alimentaire, octobre 2012

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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