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Les déficits de consommation alimentaire persisteront à Karo-Peli malgré les récoltes à partir de septembre

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  • Messages clé
  • Contexte de la sécurité alimentaire
  • Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en juin 2026
  • Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en juin 2026
  • Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire soutenant le scénario le plus probable jusqu’au janvier 2027
  • Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’au janvier 2027
  • Annexe 1 : Principales sources de preuves utilisées dans cette analyse
  • Annexe 2 : Approche analytique de FEWS NET expliquée
  • Annexe 3 : Calendrier saisonnier
  • Annex 4 : Évènements qui pourraient changer les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë
  • Annexe 5 : Un examen plus approfondi de l’insécurité et de ses impacts sur les résultats de la sécurité alimentaire
  • Annexe 6 : Analyse détaillée de l’assistance alimentaire humanitaire
  • Annexe 7 : Résultats projetés en matière d’insécurité alimentaire aiguë et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’assistance alimentaire humanitaire
  • Messages clé
    • Des résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) seront attendus dans la province du Karo-Peli entre juin 2026 et septembre 2026. Les revenus des ménages seront insuffisants pour faire des achats de denrées de base à prix élevé. Ils seront contraints de limiter à la fois les quantités et le nombre de repas par jour et d’accroître le recours aux produits de cueillette. L’assistance alimentaire prévue contribuera à réduire les déficits sévères de consommation. Entre octobre 2026 et janvier 2027, les ménages pauvres seront exposés à l’insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC). Les nouvelles récoltes, bien qu’elles resteraient inférieures à la moyenne avant la crise, empêcheront des écarts importants de consommation. 
    • Des résultats de Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) sont anticipés entre juin et septembre 2026 dans les autres provinces à fort défi sécuritaire : Djelgodji, Dyamongou, Gobnangou, Komandjori, Kompienga, Loroum, Oudalan, Seno et Yagha. Malgré la faiblesse des revenus, le niveau relativement bas des prix sur le marché et les ventes de céréales à prix subventionné prévues favoriseront un accès alimentaire. Ils sont obligés de réduire à la fois les quantités et le nombre de repas par jour. Les écarts importants de consommation des ménages seront partiellement atténués par l’assistance alimentaire prévue, qui couvrira entre 50 et 75 pour cent des besoins pour au moins 25 pour cent de la population. Entre octobre 2026 et janvier 2027, les ménages pauvres seront exposés à Stress (Phase 2 de l’IPC). Les nouvelles récoltes, en légère augmentation, seront suffisantes pour couvrir les besoins alimentaires. Cependant, les revenus resteront faibles pour reconstruire leurs moyens d’existence. 
    • FEWS NET estime qu’entre 1,5-1,99 millionsde personnes seraient dans le besoin. Ces besoins devraient atteindre leur pic entre juillet et août 2026. Ces personnes, essentiellement les hôtes pauvres et les PDI pauvres, se retrouveraient principalement dans les zones à fort défi sécuritaire dans le nord et l’est du pays. 

      L’analyse présentée ici est basée sur les informations disponibles au 22 juin 2026. 

    Contexte de la sécurité alimentaire

    Depuis 2015, le pays fait face aux attaques de groupes armés terroristes (GAT). À partir de 2020, les incidents et les fatalités qui y sont associés ont significativement augmenté, accompagnés d’exactions et de répressions à l’encontre des populations civiles. Ceci a entraîné le déplacement de plus de 2,06 millions de personnes à la date du 31 mars 2023. Depuis 2022, les GAT tentent d’imposer des blocus autour de plusieurs communes, notamment dans les régions du Soum, du Liptako, du Yaadga, des Kuilsé, de la Sirba, du Goulmou et de la Tapoa. Ces blocus restreignent la circulation des personnes et des biens, perturbant gravement l'accès à la nourriture, aux soins de santé et à d'autres services essentiels. La distribution de l’assistance humanitaire et le ravitaillement des marchés de ces localités ne sont possibles que par escorte militaire ou par voie aérienne. Les attaques des GAT ont atteint des niveaux records entre 2023 et 2024, mais depuis, ces activités sont en baisse jusqu’au début de 2026, bien que leur niveau reste élevé. Depuis 2023, le gouvernement a interdit aux organisations humanitaires d’effectuer des opérations de transfert monétaire dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Ceci limite la capacité d’intervention de la plupart des ONG, compte tenu des entraves logistiques et sécuritaires à la délivrance de l’assistance en nature. 

    Depuis l’avènement du régime actuel en 2022, le Burkina Faso, à l’instar du Mali et du Niger, a annoncé son retrait avec effet immédiat de la Communauté Economique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en janvier 2024. Par la suite, ces pays ont formé l’Alliance des États du Sahel en septembre 2023, devenue Confédération l’année suivante, en vue de bâtir un espace politique et économique commun dans la lutte contre le terrorisme, les menaces de rébellion armée et les agressions extérieures.  

    L'agriculture et l’élevage constituent les principaux moyens d’existence des populations rurales, avec les principales régions agricoles au centre, à l'ouest et au sud-ouest du pays. Toutefois, l’insécurité prolongée a perturbé la mise en œuvre des moyens d’existence dans les zones agricoles et agropastorales, en raison de l’abandon des champs et des déplacements de populations, ainsi que dans le nord du pays, où l’élevage est particulièrement important. Les communautés pastorales dépendent du mouvement saisonnier du bétail à la recherche d'eau et de pâturages. Cependant, depuis le début du conflit, les ménages ont subi des restrictions de mouvement, un accès limité aux pâturages et aux points d'eau habituels, et surtout le pillage du bétail, qui a affecté le nombre de cheptels par éleveur.

    En dépit de ces contraintes, le secteur agricole maintient une performance globalement positive, favorisée par la bonne pluviométrie observée au cours des cinq dernières années, par le renforcement du soutien du gouvernement à la production et par le retour progressif des personnes déplacées internes (PDI) dans leurs localités d’origine, à la suite de l’amélioration relative de la sécurité. La superficie totale emblavée pour la culture céréalière a augmenté de 9 pour cent en 2025, contre 3 pour cent en 2024, après une diminution de 2 pour cent en 2023. L’accroissement interannuel de la production céréalière est en moyenne de 7,2 pour cent entre 2020 et 2025. Par ailleurs, après le pic de 14,3 pour cent en 2022, l’inflation est restée stable, en moyenne 1,5 pour cent de 2023 à 2025. 

    Typiquement, la campagne agricole commence avec le début de la saison des pluies en juin, qui marque aussi le début de la période de soudure jusqu’à fin août, période durant laquelle les récoltes commencent. La production agricole est dominée par les céréales, mais aussi par les cultures de rente, notamment le coton. La production agricole nationale a atteint un record de plus de 7 millions de tonnes au cours de la campagne agricole 2025-2026. Si les moyens d’existence des ménages sont généralement dominés par l’agriculture et l’élevage, les impacts de l’insécurité et des vols de bétail ont fortement détruit la filière de l’élevage dans le nord du pays. Ainsi, l’orpaillage et les transferts d’argent des membres de la famille deviennent de plus en plus importants comme sources de revenus dans ces zones, mais n’arrivent pas à compenser les pertes liées à l’élevage. Par ailleurs, en raison de l’insécurité, l’approvisionnement des marchés dans le nord et l’est du pays, ainsi que la délivrance des assistances alimentaires, nécessite une escorte militaire, ce qui les rend difficiles. Bien que le nombre de localités dépendantes des convois sous escorte militaire ait diminué depuis 2025 par rapport à la période 2023-2024 et qu’une amélioration de la fréquence des approvisionnements ait été observée au cours des cinq premiers mois de 2026, les délais d’approvisionnement demeurent longs, dépassant parfois six mois pour des localités telles que Djibo, Arbinda et Sebba. Ainsi, dans ces zones, les prix des denrées de base sont très élevés en raison des perturbations des flux commerciaux. 

     

    En savoir plus

    Les liens suivants fournissent des informations supplémentaires :

    L'approche de FEWS NET en matière d'analyse de l'assistance alimentaire humanitaire

    Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en juin 2026

    Figure 1

    Évolution des incidents sécuritaires et fatalités associées (janvier 2022 à mai 2026)

    Source: ACLED

    L’insécurité due aux attaques des groupes armés terroristes (GAT) constitue le facteur déterminant de l’accès alimentaire des ménages, malgré l’amélioration relative constatée au cours des deux dernières années. Les efforts conjugués des forces de défense et de sécurité (FDS) et des volontaires pour la défense de la patrie (VDP) continuent de maintenir une relative stabilité dans le sud, l’ouest et le centre-est du pays, et ont atténué la gravité des impacts dans le nord, le nord-est et le sud-est. Au cours des cinq premiers mois de l’année, le nombre d'incidents a diminué de 22 pour cent comparé aux pics enregistrés en 2022/2023 sur la même période, tandis que le nombre des décès associés a baissé de 44 pour cent selon les données de ACLED (Figure 1). Les actions offensives en cours des FDS réduisent les cas de nouveaux déplacements tout en favorisant la réinstallation de populations déplacées. En janvier 2026, le cumul de PDI retournés s’élevait à près de 1,18 millions dans 892 localités. Les cas de nouveaux déplacements de populations sont en baisse. Entre janvier et mai 2026, ils ont concerné 63 761 personnes, contre 243 456 en 2025 et 156 944 en 2024 sur la même période et (GCORR). Toutefois, dans l’ensemble, le nombre d’incidents sécuritaires demeure élevé. Dans les régions du Sourou, du Yaadga, des Koulsé, de la Sirba, du Liptako et du Soum, les exactions et les violences menées par les GAT continuent de restreindre les mouvements de population et leur accès aux services sociaux de base et aux sources habituelles de nourriture et de revenus. 

    L’insécurité continue de ralentir le fonctionnement normal des marchés agricoles et de bétail dans l’ensemble du pays. La forte baisse des flux commerciaux, tant à l’intérieur qu’avec les pays voisins, serait liée à la demande inférieure à la moyenne et au niveau de l'année précédente, selon certains commerçants grossistes, suivant les résultats de la Mission de suivi et d’évaluation des marchés agricoles conduite en avril 2026. Le maintien de l’interdiction d’exporter les céréales et le niébé constitue le principal facteur de la forte baisse de la demande sur les marchés de collecte et de regroupement, malgré la production record de la campagne précédente. En outre, l’insécurité perturbe les transferts de céréales des zones de production à l’Ouest et au Sud vers les zones structurellement déficitaires au Nord et à l’Est, réduisant l’approvisionnement des marchés dans les zones plus touchées, qui dépendent de convois sous escorte militaire. Dans ces zones, la faiblesse des revenus des ménages face au niveau élevé des prix limite aussi les achats. Cependant, la présence de l’assistance alimentaire, les opérations de vente de céréales à prix subventionné et l’augmentation des productions maraîchères, contribuent à réduire la pression de la demande des ménages sur le marché. 

    Des niveaux élevés de prix persistent en mai sur les marchés des régions à fort défi sécuritaire, en particulier dans les régions du Soum, de Sirba, de Tapoa et de Liptako. Par rapport à la moyenne quinquennale, des hausses de 12 et 13 pour cent sont observées pour le mil à Arbinda et Sebba, de 65 pour cent pour le sorgho à Gayéri et de 91 pour cent pour le maïs à Diapaga (données du Système d’information de marché de la Société nationale de gestion des stocks de sécurité alimentaire - SIM/SONAGESS). Cette volatilité des prix est surtout liée au coût élevé du transport, au prix du carburant, aux longs délais de route, aux risques sécuritaires sur les axes routiers, ainsi qu’à la disparité de l’offre. Bien que les principaux marchés de ces zones aient reçu au moins un approvisionnement par escorte militaire au cours des six derniers mois, les délais demeurent longs, en particulier pour ceux de la région du Soum. Le marché de Djibo a été approvisionné en février, après sept mois, et Arbinda en juin, après cinq mois. Parallèlement, les prix des céréales au niveau national ont connu une baisse générale et les disponibilités en vivres se sont améliorées en 2026 comparées aux trois dernières années. 

    Les revenus des ménages pauvres demeurent en dessous de la moyenne dans tout le pays en général, d’une part, en raison de la baisse des prix des produits agricoles dans les zones de grande production et d’autre part, du fait de l’érosion des avoirs en bétail et de l’accès limité à d’autres sources de revenus dans les zones à fort défi sécuritaire. L’essentiel des revenus dans ces zones — issus de l’orpaillage dans les rayons accessibles et des transferts d’argent de proches — ne suffit pas à combler l'écart causé par la perte des avoirs en bétail. La production maraîchère procure quelques revenus, mais est principalement pour la propre consommation. 

    La hausse des prix de l’engrais, liée aux tensions internationales, conjuguée à la baisse des prix des produits agricoles, dégrade les termes de l'échange maïs/engrais. Dans les zones de grande production relativement calmes, les excédents de maïs sont habituellement déstockés pour l’achat d’engrais et le recrutement de main-d’œuvre. Toutefois, l’accès aux intrants agricoles est freiné par la chute de 25 à 50 pour cent des prix du maïs par rapport à la moyenne quinquennale, ce qui réduit le pouvoir d’achat des ménages. Parallèlement, le prix du sac d’engrais NPK de 50 kilogrammes, qui oscillait entre 16 000 et 17 500 FCFA en 2021 (données de IFDC), se négocie actuellement entre 23 750 et 24 500 F CFA dans les points de vente agréés. Dans les régions du Guiriko, des Bankui, et des Tannounyan, les termes de l’échange maïs/engrais ont baissé de 25 à 44 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale. 

    Assistance alimentaire humanitaire

    Le renforcement des convois depuis le début de l’année a permis aux organisations humanitaires et au gouvernement d’acheminer l’assistance alimentaire vers les zones à fort défi sécuritaire, en particulier dans les régions du Soum et du Liptako. Dans les provinces du Karo-Peli, du Djelgodji, de la Komandjori, de l’Oudalan, du Yagha et du Loroum), plus de 50 pour cent des besoins alimentaires d’au moins 25 pour cent de la population ont été couverts entre janvier et avril 2026. Ces distributions ont été réalisées sous la coordination de l’action sociale, afin d’atteindre une couverture plus large des bénéficiaires. Les assistances se sont poursuivies en mai, mais la synthèse des réalisations n’est pas encore disponible.

    Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en juin 2026

    Les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) sont en cours pour les ménages pauvres de la province du Karo-Peli. En l’absence de stocks issus de la propre production et suite au tarissement des points d’eau qui a ralenti l’offre de produits maraîchers, les ménages sont contraints de recourir au marché pour leur alimentation. Le ravitaillement effectué au cours de ce mois de juin, après cinq mois depuis le dernier approvisionnement, a permis de renforcer les disponibilités sur le marché. Cependant, les revenus issus des transferts de proches, de l’orpaillage, et du maraîchage demeurent insuffisants pour faire face au niveau élevé des prix des céréales. Outre la mauvaise qualité des repas, les ménages pauvres sont contraints de limiter le nombre de repas à un par jour et de réduire la consommation des adultes au profit des enfants, entraînant des déficits de consommation. Toutefois, les réserves issues de l’assistance couvrent au moins 50 pour cent des besoins caloriques journaliers pour environ 47 pour cent de la population et contribuent à réduire les déficits extrêmes de consommation. 

    Les ménages des provinces de l’Oudalan, de Djelgodji, du Loroum de la Komondjari, du Kossin, du Gobnangou et du Yagha font face à l’insécurité alimentaire de Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC). Dans ces provinces, l’offre céréalière est en hausse par rapport à l’année précédente grâce à une amélioration des délais d’approvisionnement allant de six à huit mois auparavant à moins de six mois. Cependant, malgré une baisse par rapport à l’année précédente, les niveaux de prix restent élevés et les revenus tirés de la vente de l’eau, de l’herbe, du bois de chauffe, de l’orpaillage, du maraîchage et des transferts d’argent de parents migrés ou de proches demeurent insuffisants pour acquérir de la nourriture adéquate sur le marché. De ce fait, les ménages pauvres continuent de réduire les quantités ou la qualité des repas. Toutefois, la poursuite de l’assistance alimentaire dans ces provinces au cours de ce premier semestre permet aux ménages de ces localités de réduire les déficits de consommation. La baisse des effectifs d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aigüe et admis dans les centres de santé pourrait suggérer une amélioration de la situation nutritionnelle. Entre janvier et mai 2026, les admissions ont baissé de 21, 19 et 32 pour cent respectivement dans les régions du Sahel (actuelles régions du Soum et Liptako), du Yaaga et de l’Est (actuelles région du Gourma, Tapoa et Sirba) par rapport aux moyennes de la même période en 2025 et 2024 (Données de la Direction de la Nutrition). 

    Des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) sont observés dans les provinces du Séno, Sourou, du Gourma, de la Kompienga, du Bam, du Sandbondtenga et du Namentenga. Avec l’épuisement des stocks issus de la production pluviale et de maraichère, les ménages pauvres de ces provinces sont de plus en plus dépendants du marché pour leur alimentation. Toutefois, la baisse des prix des céréales cette année par rapport à l’année passée et à la moyenne quinquennale (excepté dans le Gobnangou), favorise l’accès des ménages au marché. En outre, les revenus tirés de sources diversifiés tels que la collecte et la vente de bois de chauffe, orpaillage, maraîchage, petit commerce, petits travaux journaliers sont en légère hausse du fait de l’amélioration des rayons sécurité autour des principales villes. Ces revenus, cumulés aux transferts d’argent reçu des proches permet aux ménages d’acheter de la nourriture et de réduire les déficits de consommation, en dépit de l’insuffisance de l’assistance alimentaire. Ces revenus, en dessous de la moyenne d’avant la crise, ne sont cependant pas suffisant pour satisfaire d’autres besoins, comme l’acquisition d’intrants pour la production agricole et les soins de santé. 

    L’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) est maintenue pour les ménages pauvres dans les zones relativement calmes dans le centre, le Sud et de l’Ouest du pays. Les stocks de la propre production continuent de soutenir l’alimentation des ménages. Les opportunités de revenu sont aussi plus diversifiées (maraîchage, main-d’œuvre journalière, petit commerce, vente d’animaux, orpaillage, etc.) et permettent aux ménages de satisfaire les besoins sur le marché. En plus de la baisse atypique des prix des céréales de base par rapport à la moyenne, le gouvernement a mis en place des points de vente pour les autres produits de grande consommation (riz, huile, savon, farine, jus naturel, entre autres) à des prix règlementés et en dessous des prix du marché, contribuant ainsi à améliorer l’accès alimentaire des ménages. 

    Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire soutenant le scénario le plus probable jusqu’au janvier 2027

    Figure 2

    Prix du maïs blanc (XOF/kg) projetés pour le marché de Niénéta, Bobo-Dioulasso

    Source: FEWS NET, projections à partir des données de SIM/SONAGESS

    • Les attaques et exactions menées par des groupes armés terroristes (GAT) devraient se maintenir à un niveau élevé jusqu’en janvier 2027, avec cependant une baisse relative après le pic de la saison des pluies 2026, entre août et septembre. Dans l'ensemble, la fréquence et l'intensité des attaques devraient rester inférieures aux niveaux records observés au cours de 2023 et 2024. Ces incidents continueront probablement d'avoir un impact négatif sur les populations civiles et leurs moyens d’existence, ainsi que sur le fonctionnement des marchés et la circulation des marchandises.
    • Une saison de pluie de tendance normale à déficitaire est attendue dans la moitié sud du pays selon les prévisions saisonnières du Cadre National pour les Services Climatologiques (CNSC). Le démarrage de la saison sera tardif, des cumuls pluviométriques déficitaires à tendance normale sur la période de juin à septembre et avec une fin normale à tendance tardive de la saison. Un risque élevé de séquences sèches longues est aussi prévu en fin de saison. 
    • Une saison globalement normale est attendue dans la moitié-nord du pays sur la période de juin à septembre. Une installation de la saison des pluies proche de la normale avec une tendance précoce, un cumul pluviométrique normal à tendance déficitaire et une fin de saison tardive à tendance normale.
    • Les perspectives économiques du pays devraient rester globalement positives sur toute la période de juin 2026 à janvier 2027, avec une croissance du PIB réel attendue autour de 4 à 5 pour cent en 2026, soutenue par l’agriculture, les services et la production minière, notamment l’or, malgré des défis sécuritaires persistants (Banque mondialeFMI). L’inflation devrait se maintenir modérée, entre 2 et 3 pour cent, restant en ligne avec les objectifs de l’UEMOA, grâce à une meilleure disponibilité des produits alimentaires et à une stabilisation des prix. Le déficit budgétaire devrait continuer à se réduire graduellement sous l’effet des efforts de mobilisation des recettes et de maîtrise des dépenses publiques, bien que les charges liées à la sécurité demeurent élevées. Les principaux risques demeureront les tensions sécuritaires persistantes, les perturbations du commerce mondial, les chocs climatiques et les contraintes de financement extérieur.
    • Les perturbations du transport maritime mondial liées au conflit au Moyen-Orient pourraient continuer d’impacter négativement l’offre nationale et les prix des engrais minéraux. Les importations d’engrais se poursuivent par la Société burkinabè d’intrants et de matériels agro-pastoraux (SOBIMAP) qui en détient le monopole. En plus de la distribution en cours d’engrais à prix subventionné aux producteurs, le gouvernement a aussi publié une liste de distributeurs agréés auprès desquels les prix sont plafonnés (entre 22 500 et 24 500 FCFA selon le type d’engrais). Cependant, les producteurs dont le pouvoir d’achat est en baisse pourraient manquer de ressources nécessaires pour l’acquisition des quantités requises et se retrouveraient contraints de réduire les superficies emblavées, en particulier pour le coton et le maïs, plus exigeants en engrais. 
    • La demande en céréales sur les marchés sera globalement en baisse pendant toute l’année 2026 comparativement à l'année dernière. Cette baisse sera particulièrement observée dans les zones de production relativement calmes où la production est en hausse par rapport à la moyenne. Les mesures restrictives sur les exportations contribueront davantage à la baisse de la demande commerciale, comme en témoigne la suspension prématurée des achats du gouvernement avant l’atteinte des objectifs initialement prévus de 530 000 tonnes . 
    • L’offre locale, renforcée par la vente des céréales à prix subventionné, restera dans l’ensemble supérieure à la normale. Toutefois, elle sera inférieure dans les zones à fort défi sécuritaire dans le nord du pays. En effet, l’approvisionnement des marchés sera conditionné par les convois sous escorte militaire. Bien que des efforts aient été consentis par les FDS pour multiplier les ravitaillements au cours du premier semestre, les délais restent encore longs. Les faibles récoltes attendues à partir de septembre/octobre contribueront certes à réduire les besoins entre octobre et janvier, mais ne seront pas suffisantes pour améliorer l’offre sur les marchés locaux comme en année normale.
    • Dans l’ensemble, les prix des denrées de base demeureront en dessous de leurs niveaux de l’année passée et de la moyenne quinquennale sur toute la période, en raison de l’offre supérieure à la demande et des mesures de subvention des prix en cours (Figure 2). Par contre, dans les zones à fort défi sécuritaire ou d’accès limité, les niveaux de prix seront au-dessus des moyennes nationales en raison des coûts de transport élevés. Toutefois, les prix évolueront en dessous de leurs niveaux de l’année passée en raison de l’amélioration des approvisionnements. 
    • Les prix du bétail demeureront au-dessus de la moyenne des tendances saisonnières sur toute la période. La persistance des incidents sécuritaires continuera de limiter le commerce de bétail. Par ailleurs, les pillages d’animaux par les GAT et la diminution des avoirs en bétail des ménages, en particulier dans les régions à fort potentiel d’élevage (Yaadga, Soum, Liptako, Sirba et Gourma), limitent leur capacité d’offre sur les marchés. Malgré la restriction temporaire en cours sur les exportations du bétail, la demande restera croissante et soutenue par les besoins de consommation urbaine. 

    Assistance alimentaire humanitaire

    • Le volume de l’assistance alimentaire et la couverture pourraient être en dessous de leurs moyennes saisonnières sur les cinq dernières années pendant toute la période du scénario du fait de la baisse des financements d’une part, et de l’appel du gouvernement à la priorisation des actions de résilience d’autre part. L’assistance du gouvernement et des partenaires est principalement orientée vers les zones à fort défit sécuritaire dans le nord et l’est du pays. Les planifications pour la période de soudure (juin à août) devraient atteindre plus de 25 pour cent des populations dans les provinces du Loroum, du Djelgodji, du Karo-Peli, de l’Oudalan, du Yagha, de la Komondjari, de la Kompienga et du Gobnangou. Cependant, la délivrance de l’assistance est de plus en plus tributaire des convois militaires en raison des défis logistiques et sécuritaires. Aussi, l’irrégularité des convois pourrait entraver les délais de mise en œuvre ou affecter négativement les volumes et la couverture en bénéficiaires. 
    Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’au janvier 2027

    Des résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) sont attendus dans la province du Karo-Peli entre juin et septembre 2026. Le marché sera la principale source de nourriture, alors que les revenus seront insuffisants pour faire face aux prix élevés. Avec l’installation de la saison pluvieuse, les revenus issus de l’orpaillage et de la vente d’eau connaîtront une baisse saisonnière. Ces revenus marginaux cumulés aux envois d’argent de parents immigrés ou des proches ne permettront pas de faire des achats de nourriture suffisants. Les ménages pauvres vont devoir accroître la consommation de produits de cueillette (feuilles vertes) et réduire à la fois le nombre de repas et les quantités par jour.  Néanmoins, les distributions de vivres, prévues pour couvrir au moins 75 pour cent des besoins de 29 pour cent de la population, contribueront à éviter des déficits extrêmes de consommation. Entre septembre 2026 et janvier 2027, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont anticipés dans le Karo-Peli. La consommation des nouvelles récoltes inférieures à la moyenne mais en hausse par rapport à l’année précédente — grâce à l’amélioration du rayon de sécurité — permettra aux ménages de réduire les écarts sévères de consommation. Toutefois, ces derniers continueront de recourir au marché pour leurs besoins en céréales avec des revenus en dessous de la moyenne. Ils continueront à réduire la qualité et le nombre de repas afin de prolonger la durée de leurs stocks.

    L’insécurité alimentaire aiguë de Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) est anticipée dans les provinces du Djelgodji, Diamongou, Gobnangou, Komandjori, Kompienga, Loroum, Oudalan, du Seno et du Yagha entre juin et septembre 2026. Les ménages pauvres de ces provinces seront dépendants du marché pour leur alimentation. Malgré la faiblesse des revenus, le niveau relativement bas des prix sur le marché et la vente de céréales à prix subventionné pendant la période de soudure favoriseront l’accès alimentaire. En outre, les légumes verts disponibles à la faveur de la saison pluvieuse constitueront une source supplémentaire de nourriture. Par ailleurs, l’assistance alimentaire est prévue pour couvrir entre 50 et 75 pour cent des besoins pour au moins 25 pour cent des populations dans ces localités, ce qui palliera les déficits de consommation. Cependant, en raison de faibles revenus, les dépenses non alimentaires ne seront pas couvertes.  Avec des rayons de sécurité plus élargis, l’accès des ménages aux champs sera meilleur comparé aux trois dernières saisons. 

    Entre octobre 2026 et janvier 2027, des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) seront observés dans ces provinces. La disponibilité des nouvelles récoltes, même en dessous de la moyenne avant la crise, permettra aux ménages de satisfaire leurs besoins alimentaires. Cependant, les revenus resteront faibles, ce qui ne permettra pas la reconstitution des moyens d’existence. 

    Des résultats Minimale (Phase 1 de l’IPC) seront attendus pendant toute la période de perspective, jusqu’en janvier 2027 dans les zones relativement plus calmes du centre, du sud et de l’ouest du pays. Entre juin et septembre, les prix des denrées en particulier du maïs, en dessous de l’année passée et de la moyenne quinquennale, le maintien des points de vente de produits essentiels (l’huile, le savon, le riz et le sucre) à des prix inférieurs à ceux du marché et la vente à prix subventionné faciliteront l’accès alimentaire surtout pour les populations urbaines. Dans les zones de production, les stocks des ménages pauvres vont s’épuiser progressivement, mais ces derniers pourront combler le gap avec les achats à prix bas sur le marché. En plus, la disponibilité saisonnière de légumes verts et de produits forestiers non ligneux contribuera à l’accès alimentaire. Entre octobre et janvier 2027, les nouvelles récoltes permettront aux ménages d’avoir une alimentation typique. Les revenus agricoles et non agricoles, bien que négativement impactés par les coûts élevés des facteurs de production, permettront de préserver les moyens d’existence. 

    Annexe 1 : Principales sources de preuves utilisées dans cette analyse
    Preuves SourceFormat des donnéesÉléments d’analyse de la sécurité alimentaire 
    Prix des denréesSIM/SONAGESSQuantitativeImpact du niveau des prix des denrées de base sur l’accès des ménages à l’alimentation
    Assistance alimentaireCluster sécurité alimentaireQuantitative Impact de l’assistance sur l’accès des ménages à l’alimentation et la réduction des déficits de consommation
    Sources de nourriture, de revenu et stratégies des ménagesFEWS NET/ Informateurs clésQualitative Changements dans les sources typiques de nourriture et de revenu
    Les prévisions saisonnièresUSGS et NOAAQualitativeImpact de la pluviométrie sur les perspectives de récoltes et donc sur les disponibilités alimentaires
    Résultat de prévisions saisonnière nationaleANAMQualitative et quantitativeImpact de la pluviométrie sur les perspectives de récoltes et donc sur les disponibilités alimentaires
    Les incidents sécuritaires et les fatalités associéesACLEDQuantitativeStabilité des conditions de sécurité alimentaire
    Effectifs des populations nouvellement déplacées GCORRQuantitativeStabilité des conditions de sécurité alimentaire
    Incidents sécuritaires ayant entrainés des déplacements de populationGCORRQuantitativeStabilité des conditions de sécurité alimentaire
    Perspectives de récoltesSOBIMAP et IFDCQuantitativeSituation stocks et prix des engrais minéraux et impact sur le pouvoir d’achat des producteurs et les perspectives de production
    Nutrition & mortalité Direction de la nutritionQuantitative Données d’enregistrement MAM, MAS, mortalité des enfants de moins 5 ans
    Nutrition Enquête SMART, septembre - octobre 2025 de la Direction de la nutritionQuantitative Résultats indirects sur la nutrition des enfants de moins de 5 ans 
    Indice harmonisé des prix à la consommation - IHPCINSDQuantitative Niveau de l’inflation et impact sur le pouvoir d’achat et l’accès des ménages à l’alimentation
    Indicateurs de consommation alimentaireRésultats de l’enquête MSNA, novembre-décembre 2025 de REACHQuantitative Analyse de la consommation alimentaire des ménages
    Annexe 2 : Approche analytique de FEWS NET expliquée

    L’alerte précoce en cas d’insécurité alimentaire aiguë nécessite de prévoir les résultats futurs plusieurs mois à l’avance afin de donner aux décideurs suffisamment de temps pour budgétiser, planifier et répondre aux crises humanitaires attendues. Toutefois, en raison des facteurs complexes et variables qui influencent l’insécurité alimentaire aiguë, il est impossible de faire des prévisions définitives. Le développement de scénarios est une méthodologie qui permet à FEWS NET de répondre aux besoins des décideurs en élaborant un scénario « le plus probable » du futur.

    Les principes clés du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET incluent l’application du cadre de réduction des risques de catastrophe et une approche basée sur les moyens d’existence pour évaluer les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë. Le risque d'insécurité alimentaire aiguë d'un ménage dépend non seulement des dangers (comme une sécheresse), mais aussi de sa vulnérabilité face à ces dangers (par exemple, le niveau de dépendance à la production de cultures pluviales pour sa nourriture et ses revenus) et de sa capacité d'adaptation (qui prend en compte à la fois la capacité du ménage à faire face à un danger donné et le recours à des stratégies d’adaptation négatives qui nuisent à la résilience future). Pour évaluer ces facteurs, FEWS NET fonde cette analyse sur une solide compréhension approfondie des moyens d’existence locaux, qui sont les moyens par lesquels un ménage répond à ses besoins fondamentaux. Le processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET prend également en compte le Cadre des moyens d’existence durables ; les Quatre dimensions de la sécurité alimentaire ; et le Cadre conceptuel de la nutrition de l’UNICEF, et est étroitement aligné sur le cadre analytique de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC).

    Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë ? FEWS NET évalue dans quelle mesure les ménages sont susceptibles de satisfaire leurs besoins caloriques minimaux. Cette analyse fait converger les preuves des conditions de sécurité alimentaire avec celles de la consommation alimentaire au niveau des ménages et de changement des moyens d’existence. FEWS NET prend également en compte les preuves disponibles sur l'état nutritionnel et la mortalité, en évaluant si celles-ci reflètent les impacts physiologiques de l'insécurité alimentaire aiguë. FEWS NET utilise l’échelle de Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) en cinq phases, mondialement reconnue, pour classer les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë. De plus, FEWS NET applique le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC cartographiée serait probablement pire d'au moins une Phase sans les effets de l'assistance alimentaire humanitaire en cours.

    Comment FEWS NET élabore-t-il ses suppositions clés pour le scénario le plus probable ? Une étape clé du processus d'élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à développer des suppositions fondées sur des preuves sur les facteurs influencent les conditions de sécurité alimentaire. Cela inclut les dangers et anomalies susceptibles d'affecter l'évolution de l'alimentation et des revenus des ménages au cours de la période de projection, ainsi que les facteurs affectant l'état nutritionnel. FEWS NET développe également des suppositions sur les facteurs censés se comporter normalement. Ensemble, ces suppositions forment la base du scénario « le plus probable ». 

    Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë ? En utilisant les suppositions clés soutenant le scénario « le plus probable », FEWS NET projette les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë en évaluant l’évolution de la capacité des ménages à satisfaire leurs besoins caloriques minimaux au fil du temps. FEWS NET fait converger les attentes concernant la trajectoire de la consommation alimentaire et les changements dans les moyens d’existence au niveau des ménages avec l’état nutritionnel et de la mortalité au niveau de la zone. FEWS NET classe alors les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë.  Enfin, FEWS NET utilise le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC serait probablement plus sévère d’au moins une Phase sans les effets de l’assistance alimentaire planifiée, qui devrait être financée et livrée.

    Comment FEWS NET analyse-t-il l’assistance alimentaire humanitaire ? L’assistance alimentaire d’urgence (en nature, en espèces ou en vouchers) peut jouer un rôle clé dans l’atténuation de la sévérité de l’insécurité alimentaire aiguë. Les analystes de FEWS NET intègrent toujours les informations disponibles sur l’assistance, bien que ces informations varient considérablement selon les zones géographiques et au fil du temps. Conformément aux protocoles IPC, FEWS NET utilise les meilleures informations disponibles pour évaluer où l'assistance est « significative » (définie par au moins 25 pour cent des ménages dans une zone donnée recevant au moins 25 pour cent de leurs besoins caloriques grâce à l'assistance). En outre, FEWS NET analyse les impacts probables de l’assistance sur la sévérité des résultats, comme détaillé dans les orientations de FEWS NET sur L’intégration de l’assistance alimentaire humanitaire dans l’élaboration de scénarios

    Annexe 3 : Calendrier saisonnier

    Source: FEWS NET

    Annex 4 : Évènements qui pourraient changer les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë

    Même si les projections de FEWS NET se concentrent sur le scénario « le plus probable », il existe toujours un certain degré d’incertitude dans les prévisions à long terme. Cela signifie que les conditions de la sécurité alimentaire et leurs impacts sur les résultats aigus de la sécurité alimentaire peuvent évoluer différemment de ce qui était initialement prévu. FEWS NET publie des mises à jour mensuelles de ses projections, mais les décideurs ont besoin d'informations préalables sur cette incertitude et d'une explication des raisons pour lesquelles les choses peuvent se dérouler différemment de ce qui était prévu. En tant que tel, la dernière étape du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à identifier brièvement les événements clés qui aboutiraient à un scénario alternatif crédible et modifieraient considérablement les résultats projetés. FEWS NET considère uniquement les scénarios qui ont une chance raisonnable de se produire.

    National 

    Un arrêt précoce des pluies en début septembre

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : La fin précoce des pluies affectera négativement les rendements des cultures et entraînera une baisse des productions attendues. Dans les zones à fort défi sécuritaire (provinces du Djelgodji, Karo-Peli, Yagha) où l’accès aux champs est réduit, les récoltes seront davantage faibles et pourraient s’épuiser plus précocement. Il est probable que les ménages pauvres dans ces zones se retrouvent confrontés à des déficits importants de consommation entre décembre et janvier et seront exposés à la Crise (Phase 3 de l’IPC). En revanche, dans les zones de production, l’accès alimentaire des ménages ne sera pas significativement impacté dans le court terme (octobre 2026 à janvier 2027). Toutefois, cela anticiperait les comportements spéculatifs sur les prix des denrées qui enregistreront des hausses saisonnières légères en dépit des mesures de contrôle et de restriction à l’exportation en vigueur. 

    Annexe 5 : Un examen plus approfondi de l’insécurité et de ses impacts sur les résultats de la sécurité alimentaire

    Figure 3

    Fonctionnement des marchés et accessibilité dans le Liptako-Gourma

    Source: FEWS NET

    Les incidents sécuritaires, en particulier les exactions et violences des groupes armés terroristes (GAT) se poursuivent à un niveau élevé dans le pays. Cependant, au cours des cinq premiers mois de l’année, il y a une diminution de 22 pour cent comparativement aux pics observés en 2022 et 2023. Les décès associés ont aussi significativement baissé de 44 pour cent sur la période. Les FDS continuaient d'intensifier leurs efforts de destruction des bases terroristes et de contrôle des circuits de ravitaillement, ce qui a permis une amélioration relative de la situation sécuritaire dans les régions du sud, du centre et de l’ouest où les opérations des FDS avaient déjà permis d'établir une certaine accalmie depuis 2024. Ces actions favorisent aussi le retour de populations dans leurs localités d’origine, notamment dans les régions des Koulsé, du Nakambé, des Bankui.

    Dans le nord du pays (régions du Sourou, Yaadga, Soum, Liptako, Sirba), les incidents sécuritaires demeurent élevés. Entre janvier et mai 2026, les données d’ACLED montrent qu’elles ont augmenté de 28 et 54 pour cent respectivement dans les régions de Bankui et du Sourou (ex-Boucle du Mouhoun), et de Yaadga (ex-région du Nord). Bien que des retours de population sont enregistrés dans ces régions, de nouveaux cas de déplacement ont eu lieu au cours de 2026. Au total, 63 791 nouveaux PDI ont été enregistrés dans le pays de janvier à mai (GCORR), principalement dans les régions de la Boucle du Mouhoun (45 pour cent) et du Yaadga (30 pour cent).

    La situation sécuritaire continue d’entraver le fonctionnement normal des marchés (Figure 3). Dans les régions du Soum, du Liptako, de la Sirba, de la Tapoa et du Gourma, les marchés locaux pour la commercialisation du bétail demeurent fermés ou fonctionnent au ralenti. L’approvisionnement en denrées de base est conditionné par des convois sous escorte militaire dont les délais sont parfois longs. Le marché de Djibo a été approvisionné en février après sept mois, celui de Sebba a été approvisionné en octobre 2025 et en avril 2026 et le marché d’Arbinda (Karo-Peli) vient d’être approvisionné en juin après cinq mois. Généralement, lorsque le délai d'approvisionnement dépasse six mois, les ruptures en vivres s'observent. Dans la région de la Tapoa, les approvisionnements sont possibles par escorte militaire à travers l’axe Fada-Kantchari-Diapaga ou via le Niger à travers l’axe Niamey-Kantchari-Diapaga. De ce fait, depuis maintenant un an des cas de rupture totale de produits alimentaires ne sont plus signalés dans cette région. 

    Tous les principaux marchés dans les zones à fort défi sécuritaire ont bénéficié d’au moins un ravitaillement par escorte au cours des six derniers mois. Cependant, les ménages n'ont pas suffisamment de revenus pour satisfaire à leurs besoins, malgré l’accès aux denrées alimentaires disponibles. Ils tentent d’accroître la pratique du maraîchage et de l’orpaillage dans les rayons accessibles. Ils font également recours aux envois d'argent des proches de l'extérieur. Malgré tout, les avoirs sont insuffisants pour compenser l’écart laissé par les principales sources habituelles, qui sont l’élevage et l’orpaillage. Les coûts élevés du transport se retransmettent sur le prix final des denrées de base qui reste hors de portée des ménages pauvres.

    En raison des contraintes logistiques et sécuritaires, l’assistance alimentaire est de plus en plus conditionnée par les ravitaillements sous escorte militaire. Cela perturbe parfois le calendrier de sa délivrance au profit des populations. L’accès aux services de soins de santés par les population et l’approvisionnement des centres de santés en consommables et intrants nutritionnels pour la prévention et la prise en charge des enfants souffrants de malnutrition aigüe sont aussi entravés. 

    Annexe 6 : Analyse détaillée de l’assistance alimentaire humanitaire

    Les convois de ravitaillement accomplis dans toutes les zones à fort défi sécuritaire, ont permis au gouvernement et à ses partenaires humanitaires de disponibiliser des vivres pour distribution mensuelle de rations au profit des populations. Sous la coordination des services locaux en charge de l’action humanitaires, la réponse est priorisée pour les zones de préoccupation cibles du Plan national de réponse. L’assistance alimentaire se poursuit et au cours des trois derniers mois, les rations distribuées par les organisations humanitaires (céréales, légumineuses, huile) ont visé entre 1100 et 1650 kcal/personne/jour, soit une couverture d’au moins 50 pour cent des besoins caloriques des populations. Cette assistance a bénéficié au moins à 25 pour cent des populations dans les communes de forte présence de PDI : 47 pour cent à Arbinda (province du Karo-Peli), 48 pour cent à Djibo (province du Djelgodji), 40 pour cent à Gayéri (province de la Komandjori), 45 pour cent à Gorgadji (province du Séno), 42 pour cent à Gorom-Gorom (province de l’Oudalan), 28 pour cent à Sebba (province du Yagha), 52 pour cent à Titao (province du Loroum), 28 pour cent à Diapaga (province du Gobnangou). Les proportions de bénéficiaires pourraient être plus élevées car les bénéficiaires de la réponse du gouvernement et des particuliers ne sont pas capitalisés, faute de données publiées. En raison de la couverture élevée des assistances alimentaires par rapport à la population, ainsi que de l’apport calorique de ces assistances, il est fort probable que l’assistance alimentaire a réduit les déficits de consommation alimentaire des ménages dans ces provinces et a évité une aggravation de l’insécurité alimentaire aiguë.

    Entre juin et août 2026, les planifications pour la période de soudure visent également à couvrir une ration entre 1 100 et 1 650 kcal/personne/jour, soit au moins 50 pour cent des besoins dans chacune des zones bénéficiaires, selon des données du Cluster sécurité alimentaire. Les données capitalisées à la date du 9 juin, sans la réponse prévue du gouvernement, indiquent des proportions de populations cibles atteignant 29 pour cent dans la province du Karo-Peli, 42 pour cent dans la province du Djelgodji, 31 pour cent dans la province du Loroum, 27 pour cent dans la province de l’Oudalan, 26 pour cent dans la province de la Komondjari, 39 pour cent dans la province de la Kompienga. Les communes de préoccupation telles que Diapaga (province du Gobnangou) et Gorgadji (province du Séno) seront couvert à 41 et 73 pour cent respectivement. Cependant, les distributions ciblent les chefs-lieux de province où se trouvent la majorité des populations. La distribution effective et la réalisation de ces assistances alimentaires planifiées, principalement dans les zones à défi sécuritaire, sont tributaires de convois escortés par les militaires.

    Annexe 7 : Résultats projetés en matière d’insécurité alimentaire aiguë et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’assistance alimentaire humanitaire

    Citation recommandée: FEWS NET. Burkina Faso Perspectives sur la sécurité alimentaire Juin 2026 - Janvier 2027: Les déficits de consommation alimentaire persisteront à Karo-Peli malgré les récoltes à partir de septembre, 2026.

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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