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L'aide alimentaire est essentielle pour prévenir les conséquences plus graves dans les zones touchées par les conflits

L'aide alimentaire est essentielle pour prévenir les conséquences plus graves dans les zones touchées par les conflits Abonnez-vous aux reportages du Burkina Faso

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  • Messages clé
  • Résumé
  • Contexte de la sécurité alimentaire
  • Conditions actuelles de sécurité alimentaire en juin 2024
  • Analyse des principales sources de nourriture et de revenus
  • Assistance alimentaire humanitaire
  • Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en juin 2024
  • Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire jusqu’en janvier 2025
  • Résultats estimés les plus probables de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’en janvier 2025
  • Évènements qui pourraient changer les résultats estimés les plus probables de l’insécurité alimentaire aiguë
  • Zone de préoccupation
  • Annexe: Résultats les plus probables en matière d’insécurité alimentaire et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’assistance alimentaire humanitaire
  • Messages clé
    • Les resultats de Crise ! (Phase 3 de l’IPC) et Urgence (Phase 4 de l’IPC) sont attendues entre juin et septembre, surtout dans les zones d’insecurité de l’est et le nord du pays. L’érosion des avoirs, l’approvisionnement irrégulier des marchés et les mouvements restreints pour accéder aux revenus amèneront les populations déplacées et les ménages hôtes pauvres à dépendre de l’assistance alimentaire. Dans la majorité des zones sous blocus, l’assistance alimentaire préviendra de pires résultats. Toutefois, dans les communes de Bourzanga et de Diapaga, l’augmentation des incidents sécuritaires a limité la delivrance de l’assistance, où l’Urgence (Phase 4 de l’IPC) est attendue.  
    • FEWS NET estime que 2 à 2.5 millions de personnes auront besoin d’aide alimentaire pendant la soudure entre juin et août. Alors que l'assistance alimentaire devraient partiellement atténuer les niveaux d'insécurité alimentaire aiguë dans une grande partie du nord, les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) et de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) sont toujours attendus. En outre, dans les zones à forte présence de déplacées et sous blocus, certains ménages pauvres seront probablement en Urgence (Phase 4 de l'IPC) et Catastrophe (Phase 5 de l'IPC). 
    • Alors que le début des récoltes améliorera l'insécurité alimentaire aiguë dans plusieurs régions, les resultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) et de Crise (Phase 3 de l’IPC) persisteront probablement dans les zones d'insécurité du nord et de l'est entre octobre et janvier. Le conflit limite l'accès des ménages aux champs et perturbe l'approvisionnement des marchés. Bien que la delivrance de l’aide alimentaire devrait continuer dans le nord, les niveaux d'assistance doivent être augmentés pour éviter les écarts de consommation alimentaire. 
    • Alors que l'aide alimentaire diminue généralement a partir d’octobre, les tendances historiques et les priorités humanitaires actuelles suggèrent que la fourniture de l'aide alimentaire se poursuivra dans les zones sous blocus. FEWS NET estime alors que les résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) persisteront. Toutefois, si l'aide alimentaire n'est pas maintenue et/ou si le conflit s'aggrave, les resultats d'Urgence (Phase 4 de l'IPC) seront probables.  
    Résumé

    Une réponse soutenue à grande échelle dans les zones bloquées est nécessaire jusqu'en janvier

    Les menaces et exactions persistantes des groupes armés terroristes (GATs) et l’érosion poussée des moyens d’existence sont les principaux déterminants de l’insécurité alimentaire aiguë. Entre 2.0-2.5 millions de personnes ont besoin d’une assistance alimentaire urgente entre juin et août, avec une proportion exposée à l’Urgence (Phase 4 de l’IPC) ou à la Catastrophe (Phase 5 de l’IPC) dans le nord et l’est du pays. Bien que l’assistance planifiée entre juin et août devrait atteindre une large partie de la population dans les provinces du Soum, de l’Oudalan, du Yagha, et du Loroum, sa livraison réussie se heurte à des défis logistiques et sécuritaires. Une trentaine de communes continuent de dépendre des convois sous escorte militaire pour leur ravitaillement en denrée de base (Figure 1). Certes, la plupart de ces communes ont reçu au moins un approvisionnement au cours des six derniers mois, mais les délais restent encore longs et des pénuries s’observent deux à trois mois après le ravitaillement. 

    Figure 1. Fonctionnement des marchés dans le Liptako-Gourma

    Source: FEWS NET

    Les ménages, dont les moyens d’existence reposent principalement sur l'élevage et la production de niébé et de mil, ont subi d'importantes pertes en raison de la situation sécuritaire volatile et de la prolongation du blocus. Avec la crise sécuritaire qui dure, les pillages de bétail et les déstockages pour répondre aux besoins ont entraîné une érosion des avoirs des ménages surtout dans les régions du Sahel, du Nord, de l’Est, et du Centre-Nord. Les revenus issus de la vente de bois de chauffe, de la pratique de l’orpaillage dans les rayons accessibles et du petit commerce étant marginaux ; les ménages devraient plus compter sur les envois d’argent des parents de l’extérieur entre juin et septembre. Ils devraient aussi augmenter le recours aux produits de cueillette pendant la période face à une situation nutritionnelle préoccupante. Les taux de malnutrition aiguë sévère (MAS) et de décès déjà atypiquement élevés observés au cours du premier semestre, notamment dans les régions de l’Est, du Nord, du Centre-Nord et du Sahel, pourraient s'aggraver entre juin et septembre due à la diminution de l’accès à la nourriture et de la hausse saisonnière des maladies d’origine hydrique.

    Dans l’ensemble du pays, une baisse du nombre de personnes exposé à une situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) est probable entre octobre et janvier en raison de l’accès des ménages aux nouvelles récoltes. Toutefois, les besoins en assistance alimentaire resteront élevés and l’insécurité alimentaire restera le plus sévère dans les zones du nord bien après les récoltes, car les blocus restent en place depuis plus de deux ans et demi dans certaines zones. Les productions agricoles attendues devraient augmenter comparativement à la saison écoulée en raison de l’accroissement du soutien du gouvernement à la production et de l’amélioration dans l’accès des ménages à leurs champs, surtout dans les régions du sud et de l’ouest où plus de localités bénéficient d’une relative sécurité. Dans les zones sous blocus du nord, cependant, le degré d’amélioration de la récolte sera plus limité. Le renforcement de la disponibilité de denrées de base favorisera une baisse saisonnière des prix, et le gouvernement prévoie poursuivre la vente de céréales à prix subventionné dans certaines localités de la région du Sahel jusqu’en décembre. Cependant, les niveaux pourraient se maintenir au-dessus de la moyenne quinquennale du fait de la perturbation dans les flux et des coûts de transport plus élevés. Dans les localités en proie à l’insécurité où le ravitaillement par escorte restera nécessaire, il est probable que les prix maintiennent des niveaux atypiquement élevés par rapport à la moyenne. 

    En raison de l'impact du conflit sur la production agricole, les ménages pauvres du nord du pays touché par le conflit - en particulier dans la région du Sahel - devraient épuiser leurs récoltes rapidement et seront probablement confrontés à des déficits de consommation alimentaire importants, voire extrêmes. L'aide alimentaire devrait permettre d'atténuer partiellement la situation, ce qui se traduira probablement par des résultats de Crise ! (Phase 3 de l'IPC) d'octobre à janvier.  Les sources de revenus marginaux et la reprise des activités de maraîchage autour des retenues d’eau accessibles ne seront pas suffisantes pour permettre l’accès des ménages aux marchés irrégulièrement approvisionnés. La réponse humanitaire risque d’être impactée par la volatilité de la situation sécuritaire, ainsi qu'à des problèmes financiers et logistiques liés à l'accès limité dans la majeure partie du nord du pays. Si l'assistance humanitaire n'est pas maintenue ou si le conflit s'aggrave, l’insécurité alimentaire détériorera probablement jusqu’à l'Urgence (Phase 4 de l’IPC) dans ces zones. Une réponse soutenue du gouvernement et des partenaires reste nécessaire jusqu’en janvier pour éviter une nouvelle augmentation des déficits de consommation, des niveaux élevés de malnutrition aiguë. 

    En savoir plus

    L’analyse présentée ici est basée sur les informations disponibles au 14 juin 2024. Les liens suivants donnent des informations supplémentaires : 

    Contexte de la sécurité alimentaire

    Depuis 2015, le pays fait face à des attaques de groupes armés terroristes (GATs). A partir de 2020, les incidents et les fatalités associées ont significativement augmenté, avec des exactions et des répressions sur les populations civiles. Ceci a entraîné le déplacement de plus de 2,06 millions de personnes à la date du 31 mars 2023. Depuis 2022, les GAT tentent d’imposer des blocus autour d’une trentaine de communautés, notamment dans les régions du Sahel, du Nord, du Centre-Nord et de l’Est. Ces blocus restreignent la circulation des personnes et des biens, perturbant gravement l'accès à la nourriture, aux soins de santé et à d'autres services essentiels. La distribution de l'aide humanitaire et le ravitaillement des marchés de ces localités ne sont pas possibles que par escorte militaire ou par voie aérienne. Depuis 2023, le gouvernement a interdit les opérations de transferts monétaires par les organisations humanitaires, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Ceci limite ainsi la capacité d’interventions de la plupart des ONGs, compte tenu des entraves logistiques et sécuritaires pour la délivrance de l’assistance en nature. Le contexte sociopolitique du Burkina Faso est marqué par une instabilité institutionnelle avec des coups d'État survenue en janvier et septembre 2022. En janvier 2024, le Burkina Faso, à l’instar du Mali et du Niger ont annoncé leur retrait avec effet immédiat de la CEDEAO. Ces pays ont formé plus tard l’Alliance des Etats du Sahel en vue de créer plus de synergie et engager une lutte commune contre le terroriste et les agressions extérieures. 

    Le conflit prolongé a eu un impact négatif sur les moyens d’existence, notamment au nord du pays. L'agriculture et le pastoralisme sont les principaux moyens d’existence de la majorité de la population burkinabè. Les principales régions agricoles se trouvent au centre, à l'ouest et au sud-ouest du pays, où le climat est plus favorable à l'agriculture. Le pastoralisme est particulièrement important dans les régions situées au nord, où l'élevage constitue une activité essentielle. Les communautés pastorales dépendent du mouvement saisonnier du bétail à la recherche d'eau et de pâturages. Cependant, les moyens d’existence des pasteurs ont été gravement perturbés par les restrictions de mouvement, l'accès limité aux pâturages et aux points d'eau habituels et le pillage, sous les effets des blocus et de la violence.

    Ces chocs ont sévèrement érodé les variations saisonnières typiques de revenu et de nourriture dans le nord et l'est du pays. L'insécurité persistante a perturbé les activités agropastorales, entraînant une réduction des récoltes à la suite des abandons de champs. La baisse de la productivité agricole pendant la saison de soudure diminuent la capacité des communautés à s'appuyer sur les schémas saisonniers traditionnels pour leurs moyens d’existence. Le mois de juin, période actuelle de ce rapport, marque typiquement le début de la saison de soudure, qui est devenue plus longue et plus sévère dans le nord et l'est du pays (Figure 2). La période d‘octobre 2024 à janvier 2025 marque la période habituelle de récolte et post-récolte. Néanmoins, du fait de la perturbation continue des flux commerciaux et des prix des denrées alimentaires de base supérieurs à la moyenne, les besoins d’assistance humanitaire se maintiendront élevés dans le nord et l’est, surtout dans les localités où les rayons d’accès des ménages à leurs champs et aux revenus sont réduits.

    Figure 2. Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Conditions actuelles de sécurité alimentaire en juin 2024

    L’alerte précoce en cas d’insécurité alimentaire aiguë nécessite de prévoir les résultats futurs des mois à l’avance afin de donner aux décideurs suffisamment de temps pour budgétiser, planifier et répondre aux crises humanitaires attendues. Toutefois, en raison des facteurs complexes et variables qui influencent l’insécurité alimentaire aiguë, des prévisions définitives sont impossibles. Le développement de scénarios est la méthodologie qui permet à FEWS NET de répondre aux besoins des décideurs en développant un scénario « le plus probable » du futur. Le point de départ de l’élaboration de scénarios est une analyse solide des conditions actuelles de sécurité alimentaire, qui constitue l’objet de cette section.

    Les principes clés du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET incluent l’application du cadre de réduction des risques de catastrophe et une optique basée sur les moyens d’existence pour évaluer les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë. Le risque d'insécurité alimentaire aiguë d'un ménage dépend non seulement des dangers (comme une sécheresse), mais aussi de la vulnérabilité du ménage à ces dangers (par exemple, le niveau de dépendance du ménage à l'égard de la production de cultures pluviales pour sa nourriture et ses revenus) et de sa capacité d'adaptation (qui prend en compte à la fois la capacité des ménages à faire face à un danger donné et le recours à des stratégies d’adaptation négatives qui nuisent à la résilience future). Pour évaluer ces facteurs, FEWS NET fonde cette analyse sur une solide compréhension fondamentale des moyens d’existence locaux, qui sont les moyens par lesquels un ménage répond à ses besoins fondamentaux. Le processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET prend également en compte le Cadre des moyens d’existence durables ; les Quatre dimensions de la sécurité alimentaire ; et le Cadre conceptuel de la nutrition de l’UNICEF, et est étroitement aligné sur le cadre analytique de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC).

    Principaux dangers 

    Insécurité : La situation sécuritaire demeure préoccupante, marquée par des attaques, des repressions et des exactions contre les populations civiles par des GATs et également contre les positions des Forces de Défenses et de Sécurité (FDS) et des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP). Du début de la saison sèche en novembre, au mois de mai 2024, le nombre d’incidents de sécurité a baissé d’environ 15 pour cent comparé à la même période il y a un an, mais le nombre de morts associés a légèrement augmenté, maintenant un niveau record (Figure 3). La multiplication des actions offensives des FDS et VDP, appuyées par les vecteurs ariens, a certes permis des succès dans la reconquête et la sécurisation de certaines localités dans l’ouest et le sud du pays, mais les GAT restent mobiles et continuent de maintenir le blocus sur une trentaine de communes dans la moitié nord et l’est du pays. Le ravitaillement de ces localités reste encore conditionné par des escortes militaires et les délais d’approvisionnement atteignent quatre mois (cas de Djibo, Titao), voire plus (cas de Diapaga, Kompienga, Sebba). 

    L’insécurité affecte aussi négativement le fonctionnement des centres de santés qui sont régulièrement confrontés à des ruptures en intrants en raison des difficultés d’approvisionnement. Par ailleurs, la limitation des mouvements réduit considérablement la fréquentation de ces centres par les populations à faible revenu. Selon le Cluster Santé, au mois de mars 2024, 69 pour cent et 49 pour cent des centres de santés étaient fermés respectivement dans les régions du Sahel et du Centre-Nord.

    Déplacement des populations : En fin mai 2024, le gouvernement a annoncé le retour de plus de 716 000 personnes déplacées internes (PDI) dans 524 localités principalement dans les régions du Sud-Ouest, des Cascades, des Hauts-Bassins, la Boucle du Mouhoun. Toutefois, les exactions et menaces des GAT continuent d’entraîner de nouveaux cas de déplacement de populations dont l’effectif de janvier à juin 2024 s’élevait à plus de 120 000 nouveaux déplacés, selon le groupe de coordination de la réponse rapide (GCORR). La dernière mise à jour du nombre de PDI date du mois de mars 2023 avec un effectif de 2,06 millions (SP/CONASUR). Les déplacements secondaires pour des recherches d’opportunités de revenu dans les centres urbains, les zones relativement calmes au sud ou vers les pays voisins continuent de s’opérer ; les populations profitent des retours de convois militaires pour fuir les zones sous blocus. 

    Figure 3. Evolution des incidents sécuritaires et des fatalités de janvier 2020 à mai 2024

    Source: FEWS NET avec données de ACLED

    Analyse des principales sources de nourriture et de revenus

    Production agricole : Les stocks issus de l’autoproduction de la dernière saison agricole sont épuisés depuis le début de l’année dans la plupart des zones sous blocus dans la région du Sahel et environnant. Dans les zones d’accès difficiles et de forte présence de PDI dans les régions de l’Est, du Nord, du Centre-Nord et de la Boucle du Mouhoun, les stocks des ménages sont faibles et la plupart des PDI et ménages hôtes traversent une soudure précoce. En effet, du fait des exactions des GATs, beaucoup n’ont pas eu un accès complet à leurs champs ou ont été contraints d’abandonner les réserves lors des déplacements. Des ménages hôtes ont été obligés de partager leurs productions en attendant les aides extérieures. Dans les zones de production dans le sud du pays, les ménages continuent de tirer leur alimentation de leur propre production quand bien même les niveaux de stocks sont en dessous de la moyenne en raison des difficultés dans l’accès aux engrais enregistrées depuis les deux dernières saisons. Dans ces zones, la consommation des ménages est aussi soutenue par la disponibilité saisonnière des produits forestiers non ligneux (PFNL).

    Bien que des pluies précoces ont été enregistrées dans la plupart des régions, la répartition spatio-temporelle des pluies a été mauvaise de mai à juin. Les semi déjà réalisés ont échoué dans certaines localités, tandis que dans le centre et le nord du pays, les producteurs attendent encore pour semer. Pour soutenir la saison agricole, le gouvernement appuie le labour gratuit des plaines et basfond et la distribution des semences et engrais qui a commencé en début mai est presque achevée en fin juin. Cette mesure a concerné aussi bien les zones de productions dans l’Ouest et le Sud que celles à fort défis sécuritaire dans le Nord et à l’Est. Dans l’ensemble le volume de soutien en semences, en engrais et en aménagements de superficies a plus que doublé comparativement à la moyenne observée sur les cinq dernières années. 

    Produits de cueillette : Les pluies précoces enregistrées depuis le mois de mai ont favorisé également une régénération précoce des produits de cueillette, notamment les feuilles du cassia tora. Ces produits sont disponibles dans les rayons de sécurité accessibles et qui constituent une source complémentaire de nourriture pour les ménages.

    Revenus : Les revenus des ménages sont dans l’ensemble en dessous de moyenne. Avec la persistance de l’insécurité, les pillages par les GAT et les déstockages pour faire face à des blocus qui durent, les avoirs des ménages se sont érodés surtout dans les régions du Sahel, du Nord, du Centre-Nord. Dans ces régions, la vente ou le gardiennage du bétail constitue habituellement une source de revenu importante. Les revenus issus de cette source sont largement en dessous de la moyenne et quasi inexistante dans la province du Soum. Dans les zones relativement plus calmes dans le centre et le sud du pays, les marchés fonctionnent assez normalement et sont devenu des pôles d’attraction pour les acheteurs qui ont cessé de fréquenter les marchés du nord. Ainsi, les ménages arrivent à tirer des prix de vente supérieurs à la moyenne issus de la vente d’animaux, de produits maraîchers et de PFNL. La main-d’œuvre agricole y est aussi plus disponible. Mais du fait de la demande supérieure à l’offre, le nombre de jours de travail pour l’entretien des sites maraîchers ou la préparation des champs est en baisse, réduisant les revenus tirés de cette source par rapport à la moyenne.

    La restriction des mouvements limite également l’accès aux autres sources, notamment l’orpaillage. Avec le tarissement des points d’eau, l’activité de maraîchage a connu un ralentissement en avril et en mai, bien que les pluies aient permis à certains ménages de reprendre cette activité au mois de juin. Néanmoins, les ménages pauvres continuent d’accentuer la vente de l’eau, la collecte et la vente de bois de chauffe et de fourrage qui offrent des revenus marginaux.

    Avec le rétablissement progressif des services de téléphonie mobile, les ménages comptent aussi sur les envois de fonds des parents ou proches de l’extérieurs dont les effectifs ont augmenté comparativement aux années antérieures au regard des départs plus importants en migration. 

    Figure 4. Nombre de mois depuis dernier approvisionnement du marché, juin 2024

    Source: FEWS NET

    Approvisionnement des marchés : L’offre en denrées de base est globalement satisfaisante par rapport à la demande, mais est en dessous de son niveau de l’année passée et de la moyenne quinquennale. La perturbation des flux internes et externes, cumulée à la baisse de la production enregistrée la saison passée sont les principaux facteurs de cette baisse de l’offre. L’accès difficile à certaines zones de production et l’insécurité le long des axes d’approvisionnement créent une disparité de l’offre d’une localité à une autre. Dans les zones à fort défi sécuritaire, l’offre est faible et certains produits sont parfois rares en raison des longs délais d’approvisionnement. L’approvisionnement de plusieurs marchés, une trentaine dans le nord et à l’est, demeurent tributaire des escortes militaires. Toutefois, la plupart des localités ont reçu un ou deux ravitaillements au cours de ces six premiers mois de l’année (Figure 4). A l’exception du marché de Diapaga (ravitaillé il y a maintenant six mois), les ruptures complètes de produits observées en 2022 et en 2023 ne sont pas encore signalées, cela grâce aux efforts de sécurisation des axes d’approvisionnement et des stratégies de résilience adoptées par des commerçants pour atteindre certains marchés. Par contre, les marchés de bétail restent fermés ou continuent de fonctionner à minima, notamment dans les régions du Sahel, du Nord et de l’Est du fait de l’érosion des avoirs des éleveurs et/ou de l’absence d’acheteurs potentiels. 

    Capacité d’achat des ménages : Au niveau national, les prix des denrées de base sont restés dans l’ensemble stables au mois de mai comparativement à la même période de l’année passée, mais ils demeurent 25 à 40 pour cent supérieurs à leurs moyennes quinquennales. Dans les zones approvisionnées par escortes militaires, les prix des denrées n’ont pas connu de variations significatives depuis le début de l’année, excepté sur les marchés de Diapaga et de la Kompienga (région de l’Est). Ils sont stables ou en baisse par rapport à l’année passée, mais des hausses quinquennales dont les plus élevées comprises entre 50 et 100 pour cent ont été relevés sur les marchés de Sebba, Gayéri et Kompienga. Depuis janvier 2024, le gouvernement a entamé la vente de céréales à prix subventionné (120 XOF/kg contre en moyenne 310 sur le marché) dans 242 points de vente à travers le pays, y compris dans les zones d’accès limité. Par exemple, la vente à prix subventionné se déroule depuis le mois d’avril dans la commune de Djibo et depuis le mois de mai dans les communes de Dori, Seytenga et Bani. A ces points de vente, il faut ajouter les ventes ponctuelles organisées par le Gouvernement dans certaines localités. Dans ces zones, les ménages dont les avoirs sont érodés dépendent plus des envois d’argent de parents pour faire des achats et les affluences sont grandes au niveau des points de vente à prix subventionné. 

    Dans le centre et le sud relativement plus calmes, les termes de l’échange céréales/bétail sont favorables aux éleveurs. En effet, les marchés de bétails sont davantage plus fréquentés par les acheteurs en raison des difficultés d’accès aux marchés dans les zones pastorales du nord et de l’est. Cette hausse de la demande favorise des prix des animaux au-dessus de la moyenne. Par contre, la réduction des flux de céréales au départ de ces zones et la demande typique des ménages y permettent une offre de céréales relativement satisfaisante et des prix légèrement au-dessus de la moyenne. Par exemple sur les marchés de Léo et de Boromo, la vente d’un bouc permettait au mois de mai à un éleveur d’acquérir respectivement 172 et 147 kg de maïs contre une norme de 100 kg définie par le système d’alerte précoce national (SAP).

    Cependant, pour les pauvres dans les centres urbains, la baisse des opportunités de revenu en raison de la conjoncture économique ne leur permet pas de satisfaire les besoins de base sur le marché. En mai, l’indice harmonisé des prix à la consommation était de 128,3 en légère hausse par rapport à son niveau de l’année passée (INSD). Les pratiques spéculatives sur la vente du riz importé, denrée de grande consommation dans les centres urbains ont entraîné un maintien de son prix 32 pour cent au-dessus de la moyenne quinquennale, et ce malgré les mesures de contrôles opérées par les services du ministère du commerce.

    Assistance alimentaire humanitaire

    L’assistance alimentaire humanitaire – définie comme une assistance alimentaire d’urgence (en nature, en espèces ou en vouchers) – peut jouer un rôle clé dans l’atténuation de la sévérité des conséquences de l’insécurité alimentaire aiguë. Les analystes de FEWS NET intègrent toujours les informations disponibles sur l’assistance alimentaire, sous réserve que les informations sur l’assistance alimentaire sont très variables selon les zones géographiques et dans le temps. Conformément aux protocoles IPC, FEWS NET utilise les meilleures informations disponibles pour évaluer où l'assistance alimentaire est « significative » (définie par au moins 25 pour cent des ménages dans une zone donnée recevant au moins 25 pour cent de leurs besoins caloriques grâce à l'assistance alimentaire) ; voir l’annexe du rapport. En outre, FEWS NET mène une analyse plus approfondie des impacts probables de l’assistance alimentaire sur la sévérité des résultats, comme détaillé dans les orientations de FEWS NET sur L’intégration de l’assistance alimentaire humanitaire dans l’élaboration de scénarios. D’autres types d’assistance (par exemple, l’assistance aux moyens d’existence ou à la nutrition ; les programmes de filet de sécurité sociale) sont incorporés ailleurs dans l’analyse plus large de FEWS NET, le cas échéant.

    L’assistance alimentaire continue d’être la principale source de nourriture dans les zones de forte présence de PDI et celles à fort défis sécuritaire où les ménages ne disposent que de revenus marginaux pour faire des achats sur les marchés. Cependant, cette assistance reste confrontée à des difficultés logistiques, sécuritaires et financières. Par ailleurs, les chiffres de populations de base (PDI et hôtes) ne sont pas mis à jour, alors que des départs importants de populations fuyant les zones sous blocus ont été signalés à chaque retour de convois par escorte, rendant difficile l’évaluation de l’impact de l’assistance. Au cours de la période de janvier à juin 2024, seulement 19,2 pour cent des besoins de l’assistance alimentaire avait été financés. Entre janvier et avril, la réponse humanitaire a touché 865 815 personnes soit 23,8 pour cent des ciblés du Plan de Réponse Humanitaire et a couvert 31 pour cent de leurs besoins (OCHA). Entre avril et mai, l’assistance a été renforcée en particulier dans la commune de Djibo où elle a atteint environ 25 pour cent de la population et a couvert au moins 50 pour cent de leurs besoins. En juin, la majorité de la population dans la commune de Sebba a reçu assistance alimentaire couvrant au moins 50 pour cent de leurs besoins. Cependant, dans les communes de Arbinda, Markoye et Gorom-Gorom, l’assistance a été faible au cours des trois derniers mois. La reprise des distributions gratuites de vivres à Gorom-Gorom et à Arbinda ce mois de juin devrait contribuer à réduire les gaps de consommation. 

    Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en juin 2024

    Sur la base de l'analyse des conditions de sécurité alimentaire, FEWS NET évalue ensuite dans quelle mesure les ménages sont susceptibles de satisfaire leurs besoins caloriques minimaux. Cette analyse fait converger les preuves des conditions de sécurité alimentaire avec les preuves directes disponibles de la consommation alimentaire au niveau des ménages et de l'évolution des moyens d’existence ; FEWS NET prend également en compte les preuves disponibles au niveau régional sur l'état nutritionnel et la mortalité, en se concentrant sur si celles-ci reflètent les impacts physiologiques de l'insécurité alimentaire aiguë plutôt que d'autres facteurs non alimentaires. En fin de compte, FEWS NET utilise l’échelle de Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) en cinq phases mondialement reconnue pour classer les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë. De plus, FEWS NET applique le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC cartographiée serait probablement pire d'au moins une Phase de l’IPC sans les effets de l'assistance alimentaire humanitaire en cours.

    L’approvisionnement faible et irrégulier des marchés dans les zones à fort défis sécuritaire et l’érosion des avoirs des ménages limitent leur accès à l’alimentation. Ces ménages comptent plus sur l’assistance qui a été insuffisante au cours du premier trimestre. Si la pratique de maraîchage a constitué une importante source de nourriture et de revenus pendant la période, le tarissement précoce des points d’eau à limité cette source entre avril et mai. Certes, les pluies précoces enregistré en mai favorisent une reprise de cette activité et aussi la régénération de produits de cueillette, mais l’alimentation des ménages demeure insuffisante. A Djibo, le renforcement de l’assistance à partir d’avril et l’accès des ménages aux vivres vendues à prix subventionné grâces aux transferts monétaires des parents de l’extérieur, permettent aux ménages de réduire les gaps importants de consommation en réduisant le nombre de journées entières sans repas dans la semaine, en limitant la consommation d’aliments d’exception. La majorité des populations sont en insécurité alimentaire aiguë Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC). Par contre, dans les communes de Arbinda, Bourzanga, Titao, Gorom-Gorom, Markoye et Diapaga, l’aide alimentaire délivrée est insuffisante et les revenus marginaux tirés de la vente de l’eau et du bois, de l’orpaillage et du maraîchage demeurent insuffisants pour faire face aux prix dont les niveaux restent au-dessus des moyennes saisonnières. Les ménages de ces localités sont contraints de réduire à la fois la qualité et le nombre de repas journalier à un. Les signes visibles de sous-alimentation touchent surtout les femmes enceintes ou allaitantes et les personnes âgées qui sont obligées de limiter leur consommation au profit des enfants et qui sont aussi fragilisés par la chaleur extrême. Il arrive que quelques ménages passent une journée et une nuit entière sans nourriture. L’accroissement des cas de mendicité et la recherche forcée de bois, de fourrage et de produits de cueillette malgré les menaces sécuritaires, sont révélateurs d’une exposition à l’Urgence (Phase 4 de l’IPC). 

    Dans les autres communes à fort défi sécuritaire et de forte présence de PDI dans les régions du Nord, du Centre-Nord, de la Boucle du Mouhoun et de l’Est, l’épuisement précoce des stocks issus de l’autoproduction, les revenus faibles générés de la pratique de l’orpaillage et du maraîchage, les niveaux de prix au-dessus de la moyenne et l’accès limité aux PFNL du fait des menaces des GAT, entraînent une dégradation de l’accès alimentaire et des moyens d’existence. Malgré les actions de solidarité entre hôtes et PDI, les ménages sont contraints de limiter le nombre de repas à un et d’augmenter leurs recours aux produits de cueillette. Les ménages pauvres et PDI de ces zones sont confrontés à l’insécurité alimentaire aigué Crise (Phase 3 de l’IPC). 

    Dans les centres urbains, le niveau des prix des produits de grande consommation (riz, huile, sucre, carburant, combustibles) au-dessus de la moyenne, exerce une pression sur le pouvoir d’achat des ménages, notamment les plus pauvres. Ces derniers sont contraints de réduire la qualité ou la quantité, souvent les deux à la fois. Ils vivent pour la majorité, une insécurité alimentaire aiguë Stress (Phase 2 de l’IPC). 

    Dans les zones de production du sud et de l’ouest relativement plus calmes, les ménages pauvres continuent d’avoir un accès typique à l’alimentation grâce à leur production soutenue par les produits forestiers non ligneux plus accessibles dans ces zones. Cela leur permet de rester en insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC). 

    Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire jusqu’en janvier 2025

    La prochaine étape du processus d'élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à développer des suppositions fondées sur des preuves sur les facteurs qui affectent les conditions de sécurité alimentaire. Cela inclut les dangers et les anomalies dans les conditions de sécurité alimentaire qui affecteront l'évolution de l'alimentation et des revenus des ménages au cours de la période de projection, ainsi que les facteurs qui pourraient affecter l’état nutritionnel. FEWS NET développe également des suppositions sur les facteurs censés se comporter normalement. Ensemble, ces suppositions sous-tendent le scénario « le plus probable ». La séquence de formulation des suppositions est importante ; les suppositions primaires (par exemple, les attentes relatives aux conditions météorologiques) doivent être élaborées avant les suppositions secondaires (par exemple, les attentes relatives à la production agricole ou animale), les suppositions qui sous-tendent cette analyse et les principales sources de preuves utilisées pour élaborer les suppositions sont énumérées ci-dessous : ces listes ne sont pas exhaustives.

    Suppositions nationales 

    • Insécurité : De juillet à octobre 2024, les tendances saisonnières entraîneront probablement une diminution relative des attaques. Pourtant dans l'ensemble, la fréquence et l'intensité des attaques perpétrées par les GATs devraient rester égales ou supérieures aux niveaux élevés actuels au moins jusqu'en janvier 2025, et supérieurs à ceux observés au second semestre 2023. Les menaces et les abus commis par les GAT devraient continuer à provoquer des déplacements internes. 
    • Prévisions saisonnières : Malgré une prévision de saison des pluies 2024 humide à normale (PRESASS), des périodes de sécheresse plus longues que la normale en début de saison pourraient conduire à des resemis localisés, entraînant probablement la substitution de légumineuses ou de variétés de céréales à croissance plus rapide aux cultures céréalières habituelles. De même, des périodes de sécheresse longues à normales en fin de saison pourraient réduire localement les rendements.
    Figure 5. Prix du maïs blanc (XOF/kg) projetés pour le marché de Sankaryaré, Ouagadougou

    Source: FEWS NET-SIM/SONAGESS

    • Perspectives agropastorales : Parmi les facteurs favorisant les activités de la production agricole en 2024, figurent des prévisions saisonnières favorables, l'augmentation du soutien à la campagne par le gouvernement, l'octroi spécifique d'intrants agricoles et le développement de zones supplémentaires autour de certaines villes où les mouvements restent limités. Cependant, en raison des menaces toujours persistantes des GAT, l'accès des ménages aux champs restera restreint, les superficies plantées seront réduites, par rapport à la moyenne des cinq dernières années et les mouvements dans les villes continueront d'être limités. Ainsi, la production devrait être similaire à la moyenne quinquennale, mais supérieure à celle des deux dernières années, avec toutefois des poches de production en dessous de la moyenne dans les zones a fort défis sécuritaires. 
    • Fonctionnement des marchés : L’offre sur le marché sera moyen entre octobre 2024 et janvier 2025. Cependant, les flux transfrontaliers diminueront car la demande externe et interne va probablement augmenter compte tenu de l’interdiction persistante de l’exportation de céréales vers d’autres pays à l’exception du Niger et de la nécessité d’interventions humanitaires plus importantes. 
      • Le marché de bétail continuera à être le plus touché par la situation sécuritaire, notamment dans les zones à vocation pastorale au nord et à l’est du pays. L’offre interne, bien que soutenue par les entrées de bétail du Niger, demeura en dessous de la moyenne et largement inférieure à la demande de plus en plus croissante, au rythme de la croissance des besoins de consommation de viande des populations.
    • Prix des denrées de base : La baisse saisonnière et interannuelle de l’offre et la hausse de la demande entre juin et septembre contribuera à maintenir les prix des céréales au-dessus de leurs moyennes saisonnières durant cette période (Figure 5). A partir du mois d’octobre, les prix enregistreront une baisse saisonnière mais demeureront légèrement en hausse par rapport à la moyenne des cinq dernières années. 
    • Prix du bétail : Les prix des animaux resteront au-dessus de leurs moyennes saisonnières entre juin 2024 et janvier 2025 en raison de la pression de la demande par rapport à l’offre de bétail sur les marchés accessibles, les difficultés liées à la collecte dans les zones pastorales et de la perte des avoirs des ménages, de même que les coûts élevés de transport.

    Suppositions dans les zones sous blocus

    • Insécurité : Nonobstant les succès engendrés par les FDS en matière de réinstallation des populations dans les régions du Sahel, Nord, Boucle du Mouhoun, Hauts Bassins, Cascades et Sud-Ouest, les mouvements y resteront limités en raison de la persistance des menaces des GAT. Les restrictions de mouvements devraient rester plus importantes dans les régions du Sahel, du Centre-Nord et de l’Est dans lesquelles les GAT pourraient être actifs en cherchant à contrôler les ressources ou les axes de contrebande. 
    • Perspectives agropastorales : Malgré des prévisions saisonnières favorables, les actions de soutien du gouvernement à la production pourraient être difficiles à dérouler dans les régions du Sahel, du Centre-Nord et de l’Est. Les superficies emblavées vont probablement s’accroitre dans les régions du Sahel, du Centre-Nord, des Cascades, des Hauts-Bassins, du Sud-Ouest et la Boucle du Mouhoun comparativement à la saison écoulée ; toutefois, dans la région de l’Est, la production pourrait rester un niveau similaire, voire inférieur, en raison de la situation sécuritaire toujours préoccupante dans la région. 
    • Fonctionnement des marchés : L’approvisionnement des marchés dans les zones à fort défis sécuritaire continuera d’être conditionné par les convois militaires. L’impraticabilité des routes avec l’installation des pluies limitera entre juin et octobre le recours à des axes de contournement jusque-là empruntés par certains transporteurs. Toutefois, les opérations coordonnées en cours (distribution gratuite de vivres des humanitaires, celles du Gouvernement et la vente à prix subventionné) dans plusieurs zones sous blocus contribueront à réduire la demande sur le marché et à éviter des ruptures prolongées de denrées. 

    Assistance alimentaire humanitaire

    Supposition nationale

    • Les planifications des programmes de soudure des humanitaires et du Gouvernement ne permettent de couvrir qu’environ 46 pour cent des personnes dans le besoin selon le plan de réponse humanitaire. Ces populations sont principalement dans la Boucle du Mouhoun (Kossi, Sourou), dans le Centre-Nord, dans le Sahel, et dans l’Est. Le taux de couverture des besoins par l’assistance planifiée varie d’une localité à une autre allant de 100 pour cent de couverture dans la Komondjari, le Loroum, l’Oudalan et Soum à moins de 20 pour cent dans le Namentenga et le Sourou en mai 2024. L’augmentation saisonnière de l’assistance alimentaire pendant la soudure risque d’être inférieur ou similaire à son niveau de 2023 à la même période, mais les partenaires humanitaires continueront de prioriser les assistances dans les zones sous blocus. Outre le faible financement, la persistance des entraves sécuritaires et logistiques pourrait limiter la délivrance adéquate de l’assistance. Toutefois, l’extension cette année de l’opération de vente de céréales à prix subventionné aux provinces à fort défis sécuritaire pourrait permettre de pallier un tant soit peu l’insuffisance de l’aide alimentaire au moins jusqu’en décembre 2024. 

    Supposition dans le Soum, Oudalan, Seno, Yagha, Loroum

    • Les réponses humanitaires planifiées pour la période de soudure prévoient couvrir au moins 50 pour cent des besoins calorifiques d’environ 25 pour cent de la population de ces provinces pendant la période juin à août (Cluster SECAL, mai 2024). Cela représenterait une large couverture de la population restante, compte tenu des départs enregistrés lors des retours des convois. Toutefois, les contraintes logistiques et sécuritaires persistantes pourraient perturber sa mise en œuvre adéquate dans le temps. Tout comme les années précédentes, le volume de l’assistance pourrait baisser entre octobre et janvier avec la fin des programmes de certains partenaires. Toutefois, les tendances historiques, ainsi que les planifications des partenaires montrent une priorisation continue de l’assistance alimentaire dans les zones sous blocus jusqu’à la fin de l’année. 
    Table 1
    Principales sources de données intégrées par les analystes de FEWS NET dans le développement des suppositions ci-dessus
    Principales sources de données
    PRESASS, l’Agence de la Météorologie Nationale (ANAM), conférence de presse de mai 2024Analyse des conflits et prévisions produites par ACLED, mai 2024Base de données sur les prix des céréales par le SIM SONAGESS, avril et mai 2024
    Rapport des informateurs clé de juin 2023 et juin 2024Base de données de la Direction de la nutrition du ministère de la Santé (DN, mai 2024)Base de données sur les Prix du bétail (SIMB/DGESS MARAH, mai 2024)
    Compte rendu de la réunion mensuel du Cluster sécurité alimentaire (CLUSTER SECAL, juin 2024)Prix des denrées de grande consommations (Ministère du Commerce, juin 2024) 
    Résultats estimés les plus probables de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’en janvier 2025

    En utilisant les suppositions clés qui sous-tendent le scénario « le plus probable », FEWS NET est alors en mesure de projeter les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë avec un niveau de confiance raisonnable en évaluant l’évolution de la capacité des ménages à satisfaire leurs besoins caloriques minimaux tout au long de la période de projection. Semblable à l’analyse des résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë, FEWS NET fait converger les attentes concernant la trajectoire probable de la consommation alimentaire au niveau des ménages et de l’évolution des moyens d’existence avec l’état nutritionnel et de la mortalité au niveau de la zone. FEWS NET classe alors les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë.  Enfin, FEWS NET utilise le symbole de « ! » pour désigner les zones dans lesquelles la Phase de l’IPC cartographiée serait probablement pire d’au moins une Phase IPC sans les effets de l’assistance alimentaire planifiée – et susceptible d’être financée et fournie.

    Dans les zones à fort défi sécuritaire, les ménages pauvres et les PDI auront un accès limité au marché en raison de l’érosion de leurs avoirs et de la faiblesse des revenus. Aussi, ils auront plus qu’anormalement recours aux produits de cueillette. De plus, la situation nutritionnelle déjà préoccupante avec des taux de MAS et de décès atypiquement élevés au premier semestre par rapport à l’année passée dans l’Est, le Nord, Centre-Nord et Sahel, pourraient davantage se dégrader entre juin et septembre du fait de la survenue de maladie d’origine hydrique avec l’installation des pluies. Sans un ravitaillement, les pénuries en cours de denrées dans la commune de Diapaga (province de la Tapoa) ainsi qu’à Bourzanga dans le Centre-Nord vont accroitre les recours à la consommation de produits de cueillette et exposer plus de personnes à des gaps extrêmes de consommation et à la malnutrition et donc à l’Urgence (Phase 4 de l’IPC) entre juin et septembre. Néanmoins, les planifications de l’assistance alimentaire devraient couvrir plus de 25 pour cent des populations dans les provinces du Soum, l’Oudalan, le Seno, le Yagha, et le Loroum, et répondre au moins à 75 pour cent de leurs besoins. L’assistance planifié devraient partiellement atténuer les niveaux d'insécurité alimentaire aiguë dans ces zones, ou les resultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) sont attendus. Entre octobre 2024 et janvier 2025, les faibles récoltes pluviales et les cultures maraîchères ne seront pas suffisantes pour la consommation des ménages et les faibles revenus ne permettront pas un accès aux denrées à prix élevés sur les marchés. Bien que la delivrance de l’aide alimentaire devrait continuer dans le nord du pays, ou les resultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) persisteront, les niveaux d'assistance doivent être augmentés pour éviter les écarts de consommation alimentaire.  

    Dans les autres communes d’accès difficiles et faiblement couvertes par l’assistance, notamment dans les régions du Centre-Nord, de l’Est et de la Boucle du Mouhoun, les faibles revenus ne suffiront pas pour satisfaire les besoins des PDI et hôtes pauvres, ainsi que des retournés. Ces derniers devront chercher à multiplier l’offre de main-d’œuvre pour acquérir des vivres en nature ou des revenus marginaux. Entre juin et septembre, les recours à la limitation à la fois du nombre et de la quantité des repas, l’augmentation de la consommation de produits d’exception (ou produits sauvage), devraient être plus utilisées surtout dans les communes de fortes présences de PDI et dans les localités réinstallées. Les difficultés dans l’accès des ménages à leurs champs ne permettront pas à ces derniers d’avoir des récoltes suffisantes entre octobre et janvier. L’accès limité aux sources habituelles de revenu ne favorisera pas les achats du fait des prix atypiquement élevés, en particulier dans la région de l’Est. Dans les communes de forte présence de PDI, les ménages pauvres resteront exposés à la Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Dans les centres urbains, la dégradation du pouvoir d’achat en raison de la baisse des revenus monétaires et du niveau des prix des denrées de base supérieurs à la moyenne va contraindre les ménages pauvres à réduire la qualité des repas en recourant plus aux aliments moins chers ou à limiter les quantités de nourriture. Ces pratiques devraient se maintenir entre juin 2024 et janvier 2025 et les pauvres resteront confronté à l’insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC) toute la période. 

    Dans les zones du sud et de l’ouest relativement calmes, la majorité des ménages pauvres continueront d’avoir une alimentation typique entre juin et septembre sur la base des réserves de la propre production de la saison écoulée et d’un accès normal aux produits forestiers non ligneux et autres produits de cueillette. L’accès alimentaire sera renforcé entre octobre et janvier avec la disponibilité de nouvelles récoltes de base de produits maraîchers. Les pauvres resteront en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) entre juin 2024 et janvier 2025. 

    Évènements qui pourraient changer les résultats estimés les plus probables de l’insécurité alimentaire aiguë

    Même si les projections de FEWS NET se concentrent sur le scénario « le plus probable », ce scénario repose sur une série de suppositions. Le niveau de confiance dans ces suppositions varie et il existe toujours un certain degré d’incertitude dans les prévisions à long terme, ce qui signifie que les conditions de la sécurité alimentaire et leurs impacts sur les résultats aigus de la sécurité alimentaire peuvent évoluer différemment de ce qui était initialement prévu. FEWS NET publie des mises à jour mensuelles de ses projections, mais les décideurs ont besoin d'informations préalables sur cette incertitude et d'une explication des raisons pour lesquelles les choses peuvent se dérouler différemment de ce qui était prévu. En tant que tel, la dernière étape du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à identifier brièvement les événements clés qui aboutiraient à un scénario alternatif crédible et modifieraient considérablement les résultats projetés. FEWS NET considère uniquement les scénarios qui ont une chance raisonnable de se produire.

    National

    Détérioration de la situation sécuritaire qui impact la délivrance de l’assistance alimentaire

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Une détérioration de la situation sécuritaire pourrait davantage réduire l’accès des populations à leurs champs, entraîner une baisse de la production agricole et limitera l’accès aux sources de revenu déjà marginaux et à la nourriture. Cette situation pourrait également conduire à une augmentation du nombre de PDI. En outre, les longs délais de ravitaillement des marchés par escorte limiteront davantage la délivrance de l’assistance et entraînera une pression de la demande sur les marchés qui engendrera des niveaux atypiques de prix et des ruptures de denrées. Dans ce cas, les ménages pauvres dont les avoirs sont déjà érodés feront face à des déficits extrêmes de consommation en augmentant la fréquence des journées entière sans nourriture et seront en Urgence (Phase 4 de l’IPC) voire pire, surtout dans les zones où le blocus perdure. 

    Pluviométrie mal-reparti ou un arrêt précoce des pluies 

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Une mauvaise répartition des pluies ou un arrêt des pluies avant la maturation complète des cultures entraînera une baisse des productions agricoles et réduira le niveau de remplissage des points d’eau. Avec le faible niveau des stocks reports, l’offre sur le marché restera faible entre octobre et janvier et les comportements spéculatifs pourraient se développer et entraîner des hausses plus élevées que celles attendues des prix des denrées de base entre octobre et janvier. L’accès alimentaire des ménages pauvres, en particulier dans les zones sous blocus se dégradera davantage, les exposant à des déficits extrêmes de consommation et au recours à des stratégies d’adaptation, les classant dans Urgence (Phase 4 de l’IPC) entre octobre 2024 et janvier 2025. 

    Zones sous blocus 

    Amélioration de la situation sécuritaire

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Une amélioration de la situation sécuritaire pourrait permettre plus d’accès des ménages à certaines sources de revenu (orpaillage, collecte de bois) et de nourriture (production agricole et maraîchère). Cela favorisera l’approvisionnement des marchés, la délivrance de l’assistance alimentaire et une diminution des prix des denrées de base. Si l’amélioration de l’accès alimentaire limitait le recours aux stratégies d’urgence entre juin et janvier 2025, la reconstitution des moyens d’existence demanderait plus de temps et les ménages pauvres resteront exposés à la Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Baisse de l’assistance alimentaire entre juin et décembre

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Compte tenu des défis logistiques et financiers, l'acheminement de l'aide humanitaire reste limité, en particulier dans les zones difficiles d'accès des régions du pays les plus touchées par le conflit. Si l'aide humanitaire devait diminuer de manière significative ou s'interrompre, les ménages pauvres seraient de plus en plus dépendants du marché pour leurs besoins alimentaires, compte tenu des prix élevés des denrées alimentaires et des possibilités de revenus extrêmement faibles. L’accès alimentaire des ménages pauvres, en particulier dans les zones sous blocus se dégradera davantage, les exposant à des déficits extrêmes de consommation et au recours à des stratégies d’adaptation. Dans ces zones, l’Urgence (Phase 4 de l’IPC) sera probable entre octobre 2024 et janvier 2025, avec des ménages en Catastrophe (Phase 5 de l’IPC), notamment si l’assistance est perturbée pendant la soudure. 

    Zone de préoccupation

    Province de Soum de la Région du Sahel, Zone de moyens d’existence BF07 : Nord et Est Bétail et Céréales (Figure 6)

    La raison du choix de cette zone : La province a été la première à être touché par les attaques des GATs au début de la crise sécuritaire en 2015. Depuis ce temps, elle est sous menace terroriste avec plusieurs incidents engendrant des fatalités. La dégradation de la situation dans la province en 2022 a occasionné le déplacement des populations des communes rurales vers les principales villes que sont Djibo, Arbinda et Kelbo. La ville de Djibo, sous blocus depuis février 2022 comptait environ 270 000 PDI selon les chiffres du Gouvernement au 31 mars 2023. Les avoirs en bétail, principale source de revenu des ménages se sont érodés, le marché à bétail est fermé, faute d’animaux et d’acheteurs, et l’approvisionnement de la ville est conditionné par des convois militaires qui ne sont pas réguliers. Après l’attaque d’envergure perpétré par les GAT le 26 novembre derniers, des opérations de ratissage et de sécurisation par les FDS et VDP ont permis de baisse la pression autour de la ville de Djibo, mais les menaces persistent et les mouvements restent limités. Avec la persistance du blocus, on assiste à des départs de populations à chaque occasion de retour des convois. Depuis le début du blocus, la situation alimentaire est volatile et se dégrade lorsque l’approvisionnement du marché dépasse quatre mois et lorsque l’assistance alimentaire connaît une rupture prolongée. 

    Période d’analyse :Juin à septembre 2024Octobre 2024 à janvier 2025
    Classification la plus élevée au niveau de la zone Crise ! (Phase3 ! de l’IPC)Crise ! (Phase3 ! de l’IPC)
    Classification la plus élevé au niveau du ménageUrgence (Phase 4 de l’IPC)Urgence (Phase 4 de l’IPC)

    La situation sécuritaire dans le Soum demeure préoccupante malgré une baisse relative de la pression des GATs. L’approvisionnement des marchés est toujours conditionné par les convois militaires. Bien que l’offre céréalière soit faible et en dessous de la moyenne, elle demeure supérieure à son niveau de 2023. La demande est également faible malgré l’importance des besoins en raison du renforcement de l’assistance alimentaire à partir du mois d’avril. Les prix des denrées, bien qu’en baisse au mois de mai par rapport à la même période d’il y a un an, demeurent au-dessus de la moyenne de 73 pour cent pour le sorgho, 59 pour cent pour le maïs et 32 pour cent pour le mil. Avec le ravitaillement du marché en avril, le gouvernement a pu disponibiliser des vivres pour la distribution gratuite et aussi pour la vente à prix subventionné. Cette opération de vente est planifiée pour se poursuivre jusqu’en fin décembre et il est autorisé à chaque ménage de se procurer un sac de 50 kg de céréale chaque mois. Ainsi, la majorité des ménages a pu en bénéficier depuis son démarrage le 22 avril passé. En sus, les distributions gratuites de vivres du gouvernement et des partenaires ont touché plus de 25 pour cent de la population et couvert au moins 50 pour cent de leurs besoins entre avril et mai, et se poursuivent en juin. 

    Figure 6. Carte de référence pour la zone concernée : Soum Province, Sahel Région, BFO7

    Source: FEWS NET

    Avec les revenus tirés de la vente de l’eau, du bois et des transferts d’argent reçus de parents migrants ou de proches vivant hors de Djibo, les ménages arrivent à satisfaire d’autres besoins de base non couvert par l’assistance (sucre, thé et savon, entre autres) ou à initier du petit commerce. Toutefois, compte tenu des ruptures antérieures en matière d’approvisionnement du marché ou de délivrance de l’assistance, les ménages continuent de réduire à la fois le nombre de repas et la quantité de nourriture et restent exposés à l’insécurité alimentaire aiguë de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC). 

    L’approvisionnement des marchés continuera à dépendre des convois militaires avec une offre en dessous de la moyenne. Malgré les délais d’approvisionnement qui demeureront relativement longs (quatre mois), les opérations d’assistance en cours minimisent les risques de ruptures prolongées en denrées de base entre juin 2024 et janvier 2025. Les planifications de l’aide alimentaire pour Djibo pour la période de la soudure permettront de couvrir au moins 75 pour cent des besoins de consommation d’une importante partie de la population. En outre, la reprise de la vente à prix subventionnés en juin permettra de renforcer les stocks alimentaires des ménages. A cela s’ajoutera le recourt plus qu’anormal aux produits de cueillette et la reprise du maraîchage avec l’installation des pluies. Ces actions cumulées permettront de réduire partiellement les gaps de consommation chez les ménages qui devraient demeurer en insécurité alimentaire aiguë Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) entre juin et septembre.

    La relative accalmie autour de villes de Djibo, Arbinda et Kelbo devraient permettre aux populations de ces communes de tirer avantage des prévisions saisonnières favorables et des mesures d’accompagnement de la campagne agricole pour augmenter les superficies à exploiter comparativement à la saison écoulée. Toutefois, les cultures hautes sont interdites et les ménages devraient se contenter de la production de légumineuses et de riz dans le rayon accessible. Avec les envois d’argent des parents de l’extérieurs, quelques ménages pourront constituer des stocks de produits vendus à prix subventionné. Cependant, sans le maintien de l’assistance, les ménages pourraient épuiser rapidement les faibles récoltes entre octobre et décembre. Compte tenu de l’irrégularité dans le ravitaillement du marché et des niveaux de prix élevés, la récolte de produits maraîchers à partir de janvier et les faibles revenus ne seront pas suffisants pour empêcher les restrictions importantes de nourriture. Alors que l'aide alimentaire diminue généralement pendant et après la récolte, les tendances historiques et les priorités humanitaires actuelles suggèrent que la fourniture de l'aide alimentaire se poursuivra a Djibo, ou des résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) persisteront.

    Annexe: Résultats les plus probables en matière d’insécurité alimentaire et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’assistance alimentaire humanitaire

    Citation recommandée: FEWS NET. Burkina Faso Perspectives sur la sécurité alimentaire Juin 2024 - Janvier 2025: L'aide alimentaire est essentielle pour prévenir les conséquences plus graves dans les zones touchées par les conflits, 2024.

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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