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Une saison agricole précoce

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Burkina Faso
  • Juin 2017
Une saison agricole précoce

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  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
  • EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LES SCENARIOS
  • Messages clé
    • Les activités agricoles ont démarré précocement dans le pays et se déroulent bien dans l’ensemble avec la régularité des pluies. Dans les perspectives d’un cumul pluviométrique saisonnier (juillet-septembre) excédentaire à tendance normale, les productions agropastorales devraient se situer au-dessus de la moyenne et offrir des conditions idoines pour les moyens d’existence et une insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC) dans les prochains mois. 

    • La régénération aussi précoce des pâturages a permis d’atténuer les difficultés alimentaires du bétail. Cela contribue à réduire les dépenses habituelles d’achat de sous-produits agro-industriels au profit du pouvoir d’achat de denrées alimentaires des ménages, en particulier dans la zone agropastorale nord du pays. 

    • La stabilité globale du niveau des prix des denrées de base en comparaison à la moyenne quinquennale et la disponibilité précoce de produits de cueillette permettent à la majorité des ménages d’avoir une alimentation normale. Dans l’extrême nord ou la consommation des ménages pauvres est actuellement sous pression, la disponibilité de lait et l’assistance humanitaire planifiée devraient leur assurer une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC)  dès le mois de juillet en attendant les récoltes d’octobre. 


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    Dès la deuxième décade de mai, les pluies enregistrées ont encouragé les producteurs à anticiper les semis, en particulier dans le Centre et le Nord du pays, zones dans lesquelles les dates de début de semis se situent en année moyenne entre le 1er et le 20 juin. Entre le 1er avril et le 20 juin, les cumuls pluviométriques saisonniers ont varié entre 37 mm en 7 jours à Bilanga dans la région de l’Est et 454 mm en 27 jours à Gaoua, dans la région du Sud-Ouest. Ces cumuls, comparés à la moyenne à court terme (2006-2015) et à la normale (1981-2010), sont dans l’ensemble excédentaires dans la majeure partie du pays, excepté quelques localités situées dans les régions des Hauts-Bassins, des Cascades  et de l’Est où ils sont déficitaires.

    L’installation précoce de la saison a favorisé la mise-à-marché des stocks des grands producteurs et des stocks communautaires. Par conséquent, les disponibilités sont satisfaisantes sur les marchés et les prix des denrées de base sont globalement similaires à la moyenne quinquennale. Toutefois, en raison de la hausse saisonnière de la demande, des déficits localisés de production de la dernière saison et des sorties vers les pays voisins, on constate des hausses entre 15 et 20 pourcent du niveau des prix par rapport à la moyenne quinquennale sur certains marchés, en particulier ceux frontaliers avec le Mali et le Niger (Djibasso, Faramana et Namounou.)

    Dans les chefs-lieux de province et dans quelques communes, le gouvernement a mis en place des boutiques pour la vente de céréales à prix subventionné.  Par ailleurs, l’accès des ménages aux produits de cueillette contribue à faciliter leur alimentation.

    Avec le ralentissement des activités d’orpaillage et du maraichage, la vente des animaux constitue désormais la principale source de revenu des ménages.  Malgré la situation sécuritaire préoccupante dans le nord du pays, les marchés à bétail sont animés et les offres et demandes sont similaires à la moyenne. Pour les animaux en bon état d’embonpoint, en particulier les boucs et les béliers, les prix au mois de mai sont en hausse moyenne de 37 et 45 pourcent respectifs, comparé à la moyenne quinquennale. Ainsi, excepté une baisse de 10pourcent sur le marché de Gorom-Gorom, les termes de l’échange bouc/mil sont supérieurs à la normale sur les principaux marchés de la région du Sahel (zone pastorale).

    La situation nutritionnelle, en particulier celle des enfants de moins de cinq ans est stable. En effet, au premier trimestre de l’année, les cas d’admission dans les formations sanitaires sont similaires à ceux observés à la même période de l’année écoulée. La gratuité de soins pour les femmes enceintes et allaitantes et des enfants de moins de cinq, améliore la fréquentation des centres de santé.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit de juin 2017 à janvier 2018, se fonde sur les hypothèses générales suivantes:

    Une pluviométrie excédentaire à tendance normale: Selon les conclusions du forum sur les prévisions climatiques saisonnières (PRESASS, Mai 2017), affinées au niveau pays par les services nationaux de la météorologie, il est attendu pour les mois de Juillet-Août-Septembre (JAS) sur l’ensemble du territoire une pluviométrie excédentaire à tendance normale. De même, il est attendu une fin tardive avec une tendance normale sur les zones soudanienne et soudano-sahélienne du pays et une situation normale à tendance tardive dans la zone sahélienne.

    Des productions agropastorales moyennes à supérieures à la moyenne: L’installation précoce de la saison devrait permettre aux producteurs de réaliser à temps les emblavures et même d’accroitre les superficies. Les séquences sèches plus longues ou équivalentes à la moyenne sur le pays, attendues après installation pourraient au contraire faciliter l’entretien des cultures. Ainsi, l’accroissement des superficies d’une part et la fin tardive à normale des pluies d’autre part, pourront contribuer à l’augmentation des productions agricoles. Par ailleurs, le déroulement normal de la saison va permettre une disponibilité fourragère moyenne à supérieure à la moyenne.

    Des prix moyens pour les céréales de base : Les déstockages en cours par les commerçants et les grands producteurs ou unions de producteurs et l’opération de vente de céréales à prix subventionné par le gouvernement sont des éléments qui permettront un bon niveau d’approvisionnement des marchés et le maintien des prix à des niveaux similaires à la moyenne quinquennale pendant toute la soudure. A partir d’octobre, les bonnes perspectives de récoltes devraient favoriser une évolution des prix suivant la tendance saisonnière moyenne avec des niveaux similaires ou en dessous de la moyenne.

    Des revenus moyens: L’accroissement de l’offre potentielle de production vivrière et de rente sur les marchés permettra de compenser une éventuelle légère baisse du niveau des prix et permettre aux producteurs d’avoir des revenus agricoles similaires à la moyenne. Aussi, la demande additionnelle de bétail à l’occasion des fêtes musulmanes (juin et septembre) et des fêtes de fin d’année favorisera le maintien des prix des animaux au-dessus de la moyenne quinquennale. Par ailleurs, les activités de contre saison (orpaillage et maraichage) pourront commencer normalement dès le mois de novembre et contribuer à renforcer le revenu des ménages.

    Etat nutritionnel des enfants de moins de 5 ans stable : L’accès normale des ménages à l’alimentation et les filets nutritionnels planifiés de juillet à septembre au profit des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes et allaitantes dans les régions où la MAG est habituellement préoccupante (régions du Sahel, du Centre-Nord et de l’Est) pourront contribuer à maintenir les prévalences de la malnutrition aigüe autour de  la médiane de soudure qui est de 8.68pourcent au niveau national (Enquêtes Smart de 2009 à 2015).

    Expansion des attaques de Chenille légionnaire : Les Chenilles légionnaires qui ont causé des pertes localisées de production de maïs au cours de la campagne écoulée dans les régions de l’Est, du Sud-Ouest et du Centre-Nord, sont encore présentent en ce début de campagne agricole. Leur présence qui est déjà signalée dans la région du Sud-Ouest fait l’objet d’une attention particulière des services de protection des végétaux qui a élaboré et mis en place un système de veille et de lutte. Il faut cependant rester vigilent car les longues séquences sèches de pluie, prévues par les services météorologiques constituent des facteurs favorisant leur développement.

    Résultats les plus probable de la sécurité alimentaire

    Les filets sociaux (transferts monétaires et distribution de farines infantiles) planifiés, par WFP, FAO, et un consortium d’ONG, de juillet à septembre dans les zones de préoccupation actuelle de FEWS NET (extrême nord des zones de moyens d’existence 7 et 8) devraient toucher au moins 74 pourcent des populations estimées en Stresse (Phase 2 de l’IPC) et les permettre ainsi de vivre une insécurité Minimale (Phase 1 de l’IPC) en attendant les nouvelles récoltes d’octobre. En plus dans ces zones, le retour à temps des transhumants et l’amélioration de la situation alimentaire du bétail contribueront à renforcer la disponibilité de lait pour la consommation des ménages.

    Les productions moyennes ou supérieures à la moyenne et les revenus moyens attendus, tout en favorisant l’accès normal des ménages à l’alimentation, devraient aussi favoriser le maintien voire l’amélioration de leurs moyens d’existence. Par ailleurs, le maintien à un niveau stable de l’état nutritionnel, en particulier des enfants de moins de cinq ans, contribuera à asseoir les bases d’une insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) pour tout le pays pendant toute la période du scenario.  


    EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LES SCENARIOS

    Table 1: Événements possibles dans les six prochains mois qui pourraient changer les scenarios ci-dessus

    Zone

    Événement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

    Dégradation de la situation sécuritaire dans le pays

    La dégradation de la situation sécuritaire du fait des menaces terroristes, pourrait impacter négativement le bon fonctionnement des marchés et perturber les interventions humanitaires et les activités agricoles dans la zone. Ce qui va contribuer à dégrader l'accès des ménages à l'alimentation entre juin et septembre d’une part, et réduire d’autre part les revenus des ménages d’une éventuelle réduction de la demande.

    Les inondations

    Avec des prévisions de cumuls pluviométriques saisonnières excédentaires à tendance normale, des risques de survenue d’inondations localisées sont probables entre juin et septembre. Ces inondations pourraient entrainer des pertes de récoltes et des pertes sur les avoirs des ménages et accroitre les risques d’insécurité alimentaire et de malnutrition dans les zones concernées.

    Attaque plus sévère des cultures par les criquets et oiseaux granivores

    Les provinces du Soum, de l’Oudalan, du Séno et du Sourou connaissent des attaques saisonnières de ravageurs (oiseaux granivore, criquets, chenilles) entre aout et octobre. Les mouvements limités des agents en charges de la lutte phytosanitaire en raison des menaces terroristes ne permettront pas de réduire les propagations éventuelles de ces ravageurs dont l’apparition sera favorisée par les séquences sèches plus longues. Par conséquent, les pertes cumulatives sur les récoltes seront plus importantes que la moyenne

    Accroissement des attaques de chenille sur le maïs

    Au cours de la saison écoulée, les chenilles ont provoqué des pertes localisées de récoltes sur les cultures de maïs dans plusieurs localités du pays (régions du Sud-Ouest, de l’Est, du Centre-Nord). L’inefficacité des traitements apportés fait que ces chenilles ont résistés et ont été aperçus sur les cultures de saison sèche. L’expansion des attaques pourrait être plus grande au cours de cette campagne.

    Figures CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNÉE TYPIQUE

    Figure 1

    CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNÉE TYPIQUE

    Source: FEWS NET

    Figure 1: Cumulative RFE anomalies as of June 20th compared with the 2006-2015 average

    Figure 2

    Figure 1: Cumulative RFE anomalies as of June 20th compared with the 2006-2015 average

    Source: NOAA

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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