Skip to main content

La saison moyenne attendue conduira à un retour de l’insécurité Minimale

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Burkina Faso
  • Juillet - Décembre 2014
La saison moyenne attendue conduira à un retour de l’insécurité Minimale

Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • Contexte National
  • Zones d’Interet
  • Evenements qui Pourraient Changer les Scenarios
  • Messages clé
    • Dans le nord du pays, zone agropastorale, entre juillet et septembre, les ménages pauvres dans et autour de la région de Sahel feront face à des difficultés de protection des moyens d’existence du fait de la baisse de leur pourvoir d’achat par suite d’une dégradation des termes de l’échange bétail/céréales. Ils vivront ainsi une insécurité alimentaire sous Stress (IPC Phase 2) jusqu’en septembre.
    • Toujours dans le nord du pays, la pluviométrie se caractérise par sa mauvaise répartition aussi bien dans le temps que dans l’espace, prolongeant ainsi la soudure pastorale et suscitant des inquiétudes chez les producteurs qui attendent de semer. Dans cette zone, les prévisions saisonnières indiquent entre juillet et septembre, un cumul pluviométrique déficitaire à tendance normale.
    • Dans le reste du pays, où il est attendu des cumuls pluviométriques moyens à inférieurs à la moyenne entre juillet et septembre, la campagne agricole se déroule assez normalement et les ménages traversent une période de soudure habituelle dans un contexte marqué par des stocks commerçants au-dessus de la moyenne et des prix des denrées de base autour de la moyenne quinquennale.

    Contexte National
    Situation actuelle

    La saison des pluies a débuté dans l’ensemble du pays au cours de la mi-mai, ce qui a favorisé la mise en place de semis précoces, en particulier dans le nord du pays. Cependant, les séquences sèches qui ont suivi, ont entrainé des échecs et des resemis dans cette partie du pays. C’est à partir du mois de juillet qu’on a assisté à une intensification généralisée des semis pour les céréales.

    Les cumuls pluviométriques saisonniers du 1er avril au 20 juillet ont variés entre 102.5 mm à Tougouri en 14 jours, situés à la limite de la zone sahélienne et 576.8 mm à Manga en 30 jours dans le sud du pays. Comparés à la normale (1981-2010), ces cumuls sont dans l’ensemble similaires à excédentaires, exception faite de l’extrême ouest du pays (régions des Hauts Bassins, des Cascades et du Sud-Ouest) et de quelques localités des régions du Sahel et de l’Est. Dans  l’ensemble,  le début de la saison des pluies a été précoce.

    Les opérations culturales en cours sont dominées par les semis et les labours, en particulier dans la région du Sahel et par les entretiens des parcelles (sarclage) dans le reste du pays. En termes de soutien à la campagne agricole, le gouvernement et ses partenaires ont mis à la disposition des producteurs, 6 543 tonnes de semences de variétés améliorées. La vente subventionnée d’engrais (28 000 tonnes environ) est aussi en cours.

    En cette période habituelle de soudure, on note un bon niveau d’approvisionnement des marchés en céréales comparé à la normale. Les stocks des commerçants grossistes et des unions de producteurs sont estimés à près de 40 000 tonnes soit 33 pour cent en hausse par rapport à la moyenne. Ces disponibilités sont renforcées par l’opération de vente de céréales (maïs et riz) à prix modéré à travers 181 boutiques mises en place par le gouvernement au niveau des chefs-lieux de province. Par ailleurs, les flux de maïs en provenance du Ghana à partir du marché de Léo et ceux de la Côte d’Ivoire à partir des marchés de Niangoloko et de Kadarbougou se poursuivent normalement.

    En conséquence, depuis les trois derniers mois, on observe une stabilité du niveau des prix des céréales dans l’ensemble, contrairement à une hausse saisonnière typique. Par rapport à la moyenne quinquennale, le prix du maïs enregistre une baisse moyenne de 10 pour cent, par contre celui du mil et du sorgho sont stables. Pendant que dans les zones de grande production, il est observé une baisse du prix du maïs aux producteurs d’environ 20 pour cent comparé à la moyenne quinquennale, dans et autour de la région du Sahel, on note des niveaux de prix jugés moyens à légèrement supérieurs (deux à neuf pour cent) à la moyenne.

    La soudure reste normale pour les ménages pauvres dans la plupart des zones du pays, avec l’accès typique aux produits forestiers non ligneux et aux produits de cueillette. Dans et autour de la région du Sahel, les ménages pauvres sont plus dépendants des marchés pour leur alimentation et la régénération des pâturages est encore insuffisante pour permettre une amélioration de la situation alimentaire du bétail et une offre de lait comme à l’habituel pour les ménages.

    Les revenus des ménages pauvres proviennent essentiellement de la vente de produits forestiers non ligneux (amande et beurre de karité, grain de néré) dont les prix de vente sont similaires à la moyenne quinquennale, de la vente d’animaux, notamment les petits ruminants dont les prix sont légèrement en-dessous de la moyenne quinquennale du fait de leur mauvais embonpoint. La demande en main-d’œuvre agricole est typique en cette période d’entretien des parcelles et le coût de cette main-d’œuvre est stable par rapport à la moyenne des trois dernières années. L’irrégularité des pluies dans la région du Sahel oblige certaines personnes à poursuivre les activités d’orpaillage dans un contexte où le prix moyen de vente du gramme d’or (21 500 F CFA) est en hausse de huit pour cent par rapport au premier trimestre de l’année en cours, mais en baisse d’environ 15 pour cent par rapport à la moyenne des trois dernières années.

    Suppositions                                                         

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit de juillet à décembre 2014, se fonde sur les hypothèses générales suivantes :

    • Une campagne agricole moyenne : Selon les prévisions saisonnières, il est attendu au cours de la saison de juillet à septembre, des cumuls pluviométriques moyens à inférieurs à la moyenne avec une répartition des pluies marquée par des épisodes de séquences sèches, mais située dans la moyenne climatologique. Dans ce cas, les activités agricoles pourront se dérouler normalement sur la période. Par ailleurs, selon les prévisions nationales, il est aussi attendu une fin de saison tardive à tendance normale. Cela permettra aux différentes cultures de boucler leur cycle et d’espérer ainsi des productions moyennes dans le pays.
    • Une production fourragère inférieure à la moyenne : Dans la zone agropastorale (région du Sahel et environnant), l’irrégularité et la mauvaise répartition des pluies n’ont pas permis un développement des pâturages naturels comme en année normale. Par ailleurs, les séquences sèches enregistrées surtout au mois de juin ont entrainé le dessèchement des jeunes pousses, ce qui sera dommageable à une régénération normale des pâturages entre juillet et septembre, même si les pluies se poursuivent normalement.
    • Un approvisionnement satisfaisant des marchés en céréales: Avec des stocks institutionnels reconstitués à leurs niveaux souhaités et des stocks commerçants actuellement au-dessus de la normale d’environ de 30 pour cent, la demande des ménages sera satisfaite jusqu’à l’apparition en aout-septembre de nouvelles récoltes de maïs en vert, de fonio et de mil hâtif.
    • Des prix moyens pour les céréales: Les prix du maïs, céréale la plus  dominante actuellement sur les marchés, resteront en-dessous de la moyenne quinquennale tels que observés depuis le début de l’année. Ceux du mil et du sorgho se maintiendront à un niveau similaire à la moyenne jusqu’en fin de période de soudure en septembre. A partir de cette période, les prix de toutes les céréales de base pourront connaitre une baisse saisonnière jusqu’en décembre dans l’attente d’une production céréalière moyenne.
    • Des prix moyens pour le bétail: Dans les zones d’élevage au nord du pays, les longues séquences sèches sans pluie au mois de juin, n’ont pas permis une régénération suffisante des pâturages. D’où un état d’embonpoint des animaux toujours mauvais par rapport à la saison. Néanmoins, les marchés à bétail continueront d’être bien animés du fait de la demande pour les fêtes de Ramadan en fin juillet et de Tabaski en début octobre. Cette demande maintiendra les niveaux de prix autour de la moyenne quinquennale au moins jusqu'en décembre.
    • Des revenus agricoles moyens à supérieurs à la moyenne: La production agricole de la présente campagne sera d’un niveau moyen. Aussi, les ménages très pauvres et pauvres qui ont  le niébé et l’arachide comme principales cultures de rente pourront en tirer des revenus d’un niveau moyen à supérieur à moyen, car les prix de ces produits  seront également moyens  ou légèrement au-dessus de la moyenne. Par ailleurs, les revenus de la main-d’œuvre agricole ne changeront pas par rapport à la moyenne, à cause  du déroulement  normal des opérations culturales d’une part, et l’existence d’une demande stable d’autre part.
    • Une situation sanito-nutritionnelle stable : La situation alimentaire et sanitaire des populations étant restée dans l’ensemble calme au cours des douze derniers mois, on estime qu’en l’absence de choc majeur sur la santé et les moyens d’existence, l’état sanito-nutritionnelle des enfants de moins de cinq ans pourrait demeurer typique avec des taux de malnutrition aiguë globale similaires à l’année passée.
    Résultat le plus probable de la sécurité alimentaire

    Les ménages très pauvres et pauvres pourront traverser une période de soudure normale à l’exception de ceux dans et autour de la région du Sahel, qui, confrontés à une dégradation des termes de l’échange bétail/céréales, auront des difficultés à maintenir la protection des moyens d’existence et, seront en insécurité alimentaire aiguë Stress (IPC Phase 2) jusqu’en septembre. Au-delà de cette période et ce jusqu’en décembre, l’accès aux nouvelles récoltes, l’amélioration des revenus due à la vente de produits de rente et la baisse saisonnière des prix des céréales de base, permettront aux ménages d’être en insécurité alimentaire aiguë Minimale (IPC Phase 1) sur l’ensemble du pays.


    Zones d’Interet

    Zone de moyens d'existence Nord élevage transhumant et mil (Zone 8)

    Dans cette zone où les ménages pauvres représentent en année normale respectivement 60 pour cent de la population, les moyens d’existence sont basés principalement sur la production du mil pour les besoins alimentaires, qui couvre six à huit mois en année typique, et principalement la pratique de l’élevage transhumant pour les revenus.

    Situation actuelle

    Les premières pluies enregistrées dans la zone en mi-mai ont permis une disponibilité satisfaisante de l’eau pour l’abreuvement du bétail. Quelques semis précoces de mil ont été effectués depuis cette période, mais ont échoués un peu plus tard du fait de l’irrégularité des pluies au cours du mois de juin. Le pâturage herbacé qui avait commencé sa régénération s’est donc asséché, surtout sur les hautes terres, prolongeant ainsi les difficultés alimentaires pour le bétail. En conséquence, l’état d’embonpoint des animaux est atypiquement mauvais et le lait, comparé à la normale, est faiblement disponible pour la consommation des ménages. Les communes situées plus au nord de la zone (Déou et Tin-Akoff) sont plus touchées par cette situation.

    Les resemis se sont poursuivi grâces aux pluies enregistrées à partir de la première décade de juillet, toujours avec une mauvaise répartition. Les cumuls saisonniers au 10 juillet ont varié entre 86mm en 13 jours à Gorom-Gorom et 137mm en 14 jours à Markoye, soient 30 à 50 pour cent inférieurs à la moyenne 2009-2013. Les semences améliorées octroyées aux producteurs par le gouvernement et ses partenaires, ont été distribuées à temps avec un accent particulier pour la dotation en semence de niébé. Bien que les ménages ont été contraints de resemer, le moment de ces resemis coïncide avec la semis pour une année typique.

    Les ménages pauvres sont entièrement dépendant des marchés qui restent bien approvisionnés en céréales comparativement à une année normale du fait de l’accroissement du nombre de commerçants grossistes et détaillants et aussi à cause du désenclavement des chefs-lieux de communes par la réhabilitation des routes. On observe une forte affluence des ménages au niveau des boutiques mises en place par le gouvernement pour la vente de maïs à prix modéré (12 000 F CFA par sac de 50 kilogrammes contre 17 000 F CFA sur la place du marchés). Toutefois, les pauvres sont obligés de payer les céréales au détail auprès des commerçants car n’ayant pas la possibilité de réunir de l’argent pour en acheter par sac de 50 kilogramme dans ces boutiques. Le mil et le sorgho sont les céréales les plus consommées dans la zone, et par rapport à la moyenne quinquennale pour cette période de l’année, les niveaux de prix sont stables et même en légère baisse d’environ 8 pour cent.

    La majorité des animaux présentés sur les marchés sont en mauvais état d’embonpoint d’où des prix en baisse par rapport à l’année passée (20 pour cent pour le bélier et 16 pour cent pour le bouc) et aussi par rapport à la moyenne quinquennale (10 pour cent pour le bélier et 2 pour cent pour le bouc). Cette baisse des prix a entrainé une détérioration des termes de l’échange d’environ 30 pour cent par rapport à la moyenne. Après la vente du bétail, les autres sources de revenus des ménages se composent de la main-d’œuvre de l’élevage qui est stable par rapport à la normale, des transferts des migrants qui sont réguliers en provenance surtout de la Côte d’Ivoire et de l’orpaillage pratiqué surtout par les ménages ne disposant pas d’assez d’animaux. Cette activité se ralentit avec les travaux champêtres en cours et le prix du gramme d’or enregistre une baisse d’environ 15 pour cent par rapport à la moyenne des quatre dernières années.

    La zone compte près de 8 000 réfugiés maliens qui sont pris en charge par le Haut-Commissariat aux Réfugiés et ses partenaires. Les enfants de moins de cinq ans dépistés malnutris aiguë modérés ou sévères sont pris en charge au niveau des formations sanitaires de la zone.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit de juillet à décembre 2014 se base sur les hypothèses suivantes:

    • Des productions agropastorales inférieures à la moyenne : Il est attendu un cumul pluviométrique saisonnier déficitaire à tendance normale et une fin de saison tardive (la troisième décade de septembre) à normale. Dans ces conditions, la production de mil, principale culture céréalière de la zone sera moyenne ou en-dessous de la moyenne. Quant à la régénération des pâturages, du fait de l’échec des repousses herbacées en juin, elle ne sera pas suffisante pour offrir du fourrage comme en année normale, même avec une bonne répartition des pluies jusqu’en septembre.
    • Des marchés bien approvisionnés en céréales : Le bon déroulement de la saison dans les zones de production de l’ouest du pays, va favoriser la mise à marché des stocks commerçants dont les niveaux actuels sont jugés importants par rapport à la normale. De ce fait, les flux de céréales vers la zone vont se poursuivre et l’approvisionnement des marchés sera satisfaisant au moins jusqu’en décembre.
    • Des prix moyens des céréales : Au regard de la tendance actuelle du niveau des prix et de l’offre sur les marchés, les prix du mil et du sorgho resteront stables jusqu’en octobre, puis amorceront une baisse saisonnière jusqu’en décembre avec l’arrivée des nouvelles récoltes sur les marchés.
    • Des prix moyen des animaux : L’amélioration progressive de l’embonpoint des animaux et la hausse de la demande d’animaux pour les fêtes de Tabaski en début octobre et de fin d’année (décembre) favoriseront une augmentation soutenue du niveau des prix des animaux autour de la moyenne quinquennale à partir du mois de septembre.
    • Une disponibilité de lait inférieure à la normale: la faible régénération des pâturages, fait que le retour des transhumants accuse du retard. Aussi, dans les perspectives d’une production fourragère inferieure à la moyenne, l’offre de lait pour la consommation et la vente sera aussi faible que la normale.
    • Des revenus moyens : Les revenus issus de la main-d’œuvre agricole et de l’élevage seront similaires à la moyenne compte tenu du fait que les pratiques et les modalités de rétribution n’ont pas changé. Quant aux revenus issus de la vente de niébé (principale culture de rente), ils resteront similaires sur la période allant de novembre à décembre.
    • Des transhumances précoces : Dans les perspectives d’une production fourragère inferieure à la normale, les départs en transhumances seront précoces à partir de décembre.
    • Une situation sanito-nutritionnelle stable : Les taux de malnutrition aigüe globale devraient demeurer autour du taux observé sur la période août-septembre 2013 (11,4 pour cent). Car avec une prévision de pluviométrie déficitaire à normale, on ne s’attend pas à un développement atypique de certains facteurs causals comme le paludisme et les maladies d’origine hydrique. Par ailleurs, l’accès à l’alimentation, même difficile, ne nécessitera pas le développement de stratégies de survie dans les ménages.
    Résultat le plus probable de la sécurité alimentaire

    Les ménages très pauvres et pauvres éprouveront des difficultés à assurer de manière adéquate leur alimentation du fait que le lait qui fait partie des principales sources de nourriture n’est pas disponible comme habituellement et que entre juillet et septembre, ils continueront de dépendre des marchés avec des revenus limités. Ainsi, ils continueront d’être en insécurité alimentaire aigue Stress (IPC Phase 2) jusqu’à l’apparition des premières récoltes de niébé et de fonio sauvage en octobre, puis les récoltes de céréales pour constituer des stocks alimentaires à partir de novembre.

    Les ménages seront exposés comme d’habitude aux maladies d’origine hydrique et au paludisme qui sévissent pendant la saison des pluies. Mais du fait qu’aucun choc majeur n’affectera les consommations alimentaires, l’état nutritionnel des populations, en particulier des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes ou allaitantes restera stable. Ainsi, entre octobre et décembre, la zone sera en insécurité alimentaire Minimale, IPC 2 Phase1.

     

    Zone de moyens d'existence Nord et est bétail et céréales (Zone 7)

    C’est une zone à fort potentiel d’élevage et de production de mil et de niébé. Les ménages pauvres y représentent 60 pour cent. Habituellement, leurs récoltes du mois d’octobre suffisent normalement pour six à sept mois, c’est-à-dire s’épuisent entre avril et mai. Les principales sources de revenus des ménages sont la vente du bétail (petits ruminants et volaille) et du lait, et la pratique de l’orpaillage. En année normale, les départs en transhumance vers l’Est du pays ou vers les pays côtiers s’effectuent à partir de février.

    Situation actuelle

    Des semis précoces se sont déroulés dans la zone suite aux premières pluies enregistrées au cours de la deuxième décade de mai. Cependant, les longues séquences sèches enregistrées en juin n’ont pas été favorables à un démarrage effectif de la campagne agricole dans toute la zone. Ainsi, les communes situées plus à l’est, ont pu intensifier les semis à partir de la troisième décade de juin, tandis que celles au centre et à l’ouest, ont attendu la première décade de juillet pour commencer les semis avec un à deux décades de retard par rapport à la normale. Les cumuls pluviométriques saisonniers au 10 juillet ont donc varié entre 97 mm en 11 jours à Seytenga et 244 mm en 11 jours à Sebba, soient des déficits de 10 à 30 pour cent par rapport à la moyenne 2009-2013.

    La régénération des pâturages est encore faible et surtout hétérogène. Les animaux sont concentrés dans les zones de bas-fond. Ils sont encore en mauvais état physique comparativement à la même période en année normale, ce qui ne permet pas une offre de lait comme habituellement.

    La disponibilité en céréales de base sur les marchés est globalement supérieure à celle d’une année normale et les niveaux de prix sont 6 à 9 pour cent au-dessous de la moyenne quinquennale. Toutefois, l’accès des ménages aux denrées alimentaires reste limité à cause de la faiblesse de leurs revenus. En effet, les revenus issus de la vente des animaux, leur principale source de revenu, sont en dessous de la moyenne quinquennale et servent à la fois à l’achat de céréales pour la consommation et à l’achat d’aliments pour sauver le bétail resté sur place. Les ménages sont contraints de réduire la qualité et la quantité des repas consommés. Les marchés de Djibo (province du Soum) et de Dori (province du Séno) sont les principaux marchés de céréales et de bétail de la zone. Du fait de leur mauvais embonpoint, les prix des petits ruminants (béliers et boucs) sont en baisse d’environ 15 à 20 pour cent par rapport à l’année passée et aussi en baisse d’environ 5 à 10 pour cent comparés à la moyenne quinquennale. Par conséquent, les termes de l’échange bétail/céréale se sont dégradés de près de 25 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale. Sans la demande ghanéenne, les niveaux de prix des petits ruminants seraient plus bas.

    L’orpaillage génère aussi des revenus aux ménages surtout pour ceux qui n’ont pas d’animaux, mais le prix de l’or est en-dessous du prix moyen des quatre dernières années. Les transferts issus de la migration sont importants dans la zone. On assiste au retour de certains migrants pour entamer les travaux agricoles. Les sommes rapportées sont utilisées pour acheter plus de céréales et d’aliment pour bétail contrairement à une année normale où ces fonds servent plus pour la recapitalisation du cheptel.

    Environ 22 273 réfugiés maliens se trouvent dans la zone en majorité dans les camps de Goudebou (province du Séno) et de Mentao (province du Soum). Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et ses partenaires assurent leur prise en charge.

    Le gouvernement a mis en place, des boutiques de vente de céréales (riz et maïs) à prix modéré au niveau des chefs lieu de province. Depuis le mois de mars, on note une affluence des ménages au niveau de ces boutiques, bien que le maïs vendu ne rentre pas dans leurs habitudes alimentaires. Les quantités vendues par semaine et par boutique ont augmenté de 10 tonnes en moyenne au mois de mars à 15 tonnes actuellement. En dehors des chefs-lieux de province, cette opération a lieu aussi dans les communes de Baani, de Seytenga et de Arbinda.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit de juillet à décembre 2014 se base sur les hypothèses suivantes:

    • Des productions agropastorales moyennes : Il est attendu des cumuls saisonniers déficitaires à tendance normale dans le nord et l’ouest de la zone et des cumuls normaux à tendance déficitaire dans l’est et le sud. Dans ces conditions, les productions céréalières (mil et sorgho) et fourragères pourront se situer autour de la moyenne. Les premières récoltes vont apparaître comme d’habitude à partir de septembre-octobre.
    • Un approvisionnement satisfaisant des marchés : Au regard du niveau actuel de stocks commerçants au-dessus de la moyenne, la demande des ménages en céréales sera couverte et les transferts de céréales depuis les marchés de regroupement (Ouagadougou et Pouytenga) et les zones de productions de l’ouest du pays vont se dérouler normalement.
    • Des prix moyens des céréales : Du fait du niveau actuel des prix des denrées de base se situant autour de la moyenne quinquennale consécutif à l’offre relativement importante et à l’allure d’une saison normale en cours, les commerçants seront amener à opérer des stockages.
    • Des prix moyens du bétail : L’embonpoint des animaux n’étant pas encore satisfaisant comme d’habitude, les prix demeureront en-dessous de la moyenne quinquennale jusqu’en septembre. Seule la hausse de la demande pour les fêtes de Tabaski en début octobre et de fin d’année, favorisera des niveaux similaires à la moyenne quinquennale entre octobre et décembre.
    • Des revenus moyens de la main-d’œuvre : Les revenus issus de la main-d’œuvre agricole (sarclage) et du gardiennage des animaux ne connaitront pas de changement sur toute la période du scénario par rapport à la normale car les ménages moyens et nantis qui dépensent déjà plus que d’habitude pour l’achat de céréales et d’aliment bétail, ne seront pas disposés à offrir de rétribution supérieure.
    • Des revenus agricoles moyens : La production de niébé, principale culture de rente, pourrait connaitre une hausse par rapport à la moyenne par effet de substitution dans les zones ayant enregistrées un retard de semi des céréales. Cependant, avec des prix de vente inférieurs à la moyenne quinquennale depuis novembre passé suite à une baisse de la demande extérieure, il n’est pas certain que les prix à la récolte et post-récolte (entre octobre et décembre), permettent des revenus finaux supérieurs à la moyenne.
    • Une disponibilité de lait inférieure à la normale : Du fait des longues séquences sèches sans pluie, la régénération des pâturages ne sera pas suffisante pour assurer une alimentation du bétail comme en année normale. De ce fait, l’offre en lait sera plus faible jusqu’en décembre.
    • Des transhumances précoces : Dans la perspective d’une production fourragère en baisse par rapport à la normale, les éleveurs, anticiperont sur les difficultés alimentaires des animaux en allant précocement en transhumance dès le mois de décembre.
    Résultat le plus probable de la sécurité alimentaire

    La dégradation des termes de l’échange bétail/céréale du fait des niveaux de prix des céréales en hausse et des prix des animaux en baisse comparativement à la moyenne, le lait qui est moins disponible pour la consommation et aussi la vente, sont des facteurs qui maintiendront les ménages pauvres dépendant des marchés dans une situation d’insécurité alimentaire aigüe Stress (IPC Phase 2) jusqu’en septembre. Entre octobre et décembre, la situation alimentaire des ménages très pauvres et pauvres va s’améliorer d’abord grâce à l’amélioration des revenus de la vente du bétail, de l’accès aux nouvelles récoltes de niébé et ensuite par la reconstitution des stocks alimentaires et l’accès aux revenus tirés de la vente des produits agricoles. Ils pourront ainsi vivre une insécurité alimentaire aigüe Minimale (IPC Phase 1).


    Evenements qui Pourraient Changer les Scenarios

    Table 1. Événements possibles dans les six prochains mois qui pourraient changer les scenarios ci-dessus

    Zone

    Événement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

    Une mauvaise répartition des pluies

    Cela peut affecter négativement les rendements des cultures et des pâturages et aussi inciter les commerçants à faire de la retention volontaire de stocks, toute chose qui entrainera une hausse atypique du niveau des prix des céréales de base

    Zone 7&8

    Arrêt précoce des pluies

    Un arrêt des pluies avant la troisième décade de septembre, pourra affecter négativement les rendements des cultures et des pâturages, accélérer les départs en transhumance et entrainer une hausse atypique du niveau des prix des céréales

    Zone 8

    Des attaques plus sévères des récoltes par des oiseaux granivores

    Des attaques plus sévères des récoltes par des oiseaux granivores qui envahissent couramment la zone, pourraient faire baisser les productions agricoles en-dessous de la moyenne

    Zone 7

    Inondations

    La survenue d’inondations dans la zone pourrait accroitre les risques d’insécurité alimentaire et de malnutrition et aussi entrainer des pertes sur les avoirs des ménages.

     

    Figures Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Figure 1

    Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats estimés plus probables de la sécurité alimentaire, juillet 2014

    Figure 2

    Carte des résultats estimés plus probables de la sécurité alimentaire, juillet 2014

    Source: FEWS NET

    Figure 3

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top