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Perspective de Juillet à Decembre

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Burkina Faso
  • Juillet - Décembre 2012
Perspective de Juillet à Decembre

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  • Messages clé
  • Conditions actuelles de sécurité alimentaire
  • Scénario le plus probable de la sécurité alimentaire (juillet à décembre 2012)
  • Messages clé
    • L’installation de la campagne agricole est jugée précoce dans les zones de moyens d’existence 8 et 7 et normale dans le reste du pays.

    • Les ménages pauvres et très pauvres demeurent en crise dans les zones de moyens d’existence 8 et 7 en partie en juillet. Entre août et septembre ces ménages dans ces zones en plus de celles, 9, 7 et 5 seront sous stress au regard de l’impact des interventions de l’Etat et de ses partenaires humanitaires ainsi que de la fin de la période de soudure. Entre octobre et décembre, l’ensemble des ménages seront sans insécurité alimentaire aiguë. 

    • La révision en juin du plan opérationnel de soutien aux populations vulnérables du gouvernement de 2.8 millions permettra à plus de 2 millions de personnes de bénéficier des appuis multiformes ce qui atténuera leur état d’insécurité alimentaire entre juillet et septembre.

    • Les niveaux des prix demeurent élevés comparativement à la même période de l’année passée et par rapport à la moyenne quinquennale. Cependant, du fait du déstockage des céréales, des interventions humanitaires et de l’Etat, une tendance à la stabilité sur les marchés de consommation et la baisse sur certains marchés de collectes sont observées. Des baisses sont attendues entre octobre et décembre.

    • L’emploi agricole reste la principale source de revenus pour les ménages pauvres et très pauvres comme en année typique. Entre juillet et septembre ces revenus vont provenir du travail salarié agricole avec un niveau légèrement inférieur à la normale du fait d’une offre importante et à partir d’octobre l’orpaillage et le petit commerce prendront le relais.  


    Conditions actuelles de sécurité alimentaire

    La situation alimentaire des ménages pauvres et très pauvres dans le pays demeure un sujet de préoccupation au regard des travaux champêtres en cours nécessitant plus de force de travail (actifs) et de céréales pour la consommation alimentaire. En effet, l’absence actuelle de stocks au niveau des ménages, la hausse des prix des céréales et du niébé dans toutes les zones de moyens d’existence du pays,  la baisse des revenus de ces ménages quoique normale en cette période, le niveau d’approvisionnement des marchés moyen à faible, sont autant de facteurs qui contribuent à exacerber la situation de ces ménages dans les zones de préoccupations 9, 8, 7 et 5 du pays. Pour les ménages moyens et aisés, cette situation est satisfaisante au regard de leurs stocks résiduels gardés pour les travaux agricoles en cours et de leurs sources de revenus issus pour la plupart de la vente du bétail (petit et gros ruminants). 

    Le scénario initial du plan opérationnel de soutien aux populations vulnérables du gouvernement estimait le nombre de personnes à assister à 2, 85 millions pour un besoin en vivres de 118 500 tonnes entre juillet et septembre. Toutefois, ce scenario a été actualisé en tenant compte du bon déroulement de la campagne agricole et de l’évolution des prix. Ainsi, sur la période juillet-septembre, les populations vulnérables sont estimées à 2 129 100 personnes (soit une baisse de 25%) pour un besoin en céréales de 57 500 tonnes. Les capacités de mobilisation de céréales par l’Etat pour répondre à ce besoin sont estimées à 30 000 tonnes (soit 52%) à partir de la fin du mois de juillet.

    Campagne agricole

    L’installation de la campagne agricole est jugée précoce à normale dans l’ensemble du pays. En effet, des quantités appréciables de pluies ont été observées durant les mois d’avril et mai, permettant ainsi d’opérer les premiers semis. Par la suite de séquences sèches pendant le mois de juin ont été observées, entrainant ainsi des resemis. La couverture de l’activité pluviométrique a été bonne sur l’ensemble du pays au cours de la première décade du mois de juillet. C’est au cours de la première décade de juillet que l’installation de la campagne a été effective avec la régularité spatio-temporelle des pluies. Le stade végétatif dominant est la levée pour les céréales et les stades les plus avancés sont la montaison et le tallage dans les zones de moyens d’existence 1, 2 et 3 (Ouest et sud-Ouest du pays). Ces tendances sont considérées comme précoces à normales. Dans la province de la Tapoa et de la Kompienga en particulier (zone 9), on observe un début d’épiaison/floraison pour le mil hâtif.  Les opérations culturales en cours sont le sarclage pour les cultures céréalières et le coton, et les semis pour les oléagineux-protéagineux.

    En rappel, la prévision saisonnière en Afrique de l’Ouest (PRESAO) indiquait: une pluviométrie excédentaire à tendance normale pour le grand Nord (zone 8 : région située au nord de l’axe Djibo-Sebba); pour le Centre (région comprise entre l’axe Djibo-Sebba et l’axe Sindou-Bobo-Fara) il est attendu une pluviométrie excédentaire à tendance normale (zones 7, 6, 5, 9, 4); pour le Sud (la région située au sud de  l’axe Sindou-Bobo-Fara une pluviométrie excédentaire à tendance normale est attendu (zone 1, 2, 3).

    La présente campagne bénéficie d’un soutien considérable de l’Etat et de ses partenaires. Au total,  9 000 tonnes d’engrais et 5 500 tonnes de semences ont été mises à la disposition des producteurs à prix subventionnés (87% pour les semences et 25-33% pour l’urée et le NPK). Par ces soutiens et tenant compte des résultats des prévisions saisonnières (cumul pluviométrique saisonnier excédentaire à tendance normale), l’Etat et les acteurs se sont fixés comme objectif de productions 5,4 millions de tonnes de céréales (soit une hausse de 39.8% par rapport à la moyenne quinquennale) et        532 000 tonnes de coton graine (soit une hausse de 4% par rapport à la moyenne quinquennale).  Ce qui constitue de bonnes perspectives des prévisions saisonnières avec des investissements dans le secteur par l’approvisionnement et la subvention des semences et engrais, l’apport de matériel é et les aménagements de bas-fonds ainsi que la récupération de sols dégradés. Une augmentation de la production du maïs et du riz par l’augmentation des superficies et rendements est attendue.

    Concernant la menace acridienne qui pourrait toucher les zones à risque (8, 7, 9 et 5), l’Etat a renforcé les dispositifs de surveillance par la mise en place et la formation de brigades antiacridiennes (2 paysans par commune) qui assurent la prospection en plus des services phytosanitaires. Toutefois, ce personnel manque de frais de fonctionnement, alors que pour activer  une réponse efficace, les ressources sont nécessaires. En début juillet, 7 criquets pèlerins solitaires ont été captés dans la commune d’Arbinda, au nord de la zone de moyens d’existence 7. Dans le scénario optimiste (attaque de    20 000 ha par les sautériaux) du plan de lutte antiacridienne du gouvernement, le besoin en produit est de 14 000 litres contre une disponibilité de 6 000 litres et les besoins de financement sont estimés à 839,42 millions XOF (72%). Une attaque d’envergure de ces criquets venant du Mali (où il n’y a pas de surveillance et d’activités de lutte à cause du conflit) ou du Niger (malgré les activités de lutte en cours actuellement) entre juillet et octobre pourrait détruire les récoltes des zones frontalières et aggraver la situation de l’ensemble des ménages de la zone avec pour conséquence la perte des cultures et/ou des récoltes ainsi que le tapis herbacée et aérien, les transhumances des animaux et les migrations des actifs et même des ménages entiers plus précoces qu’en année normale.

    Comportement du marché

    La disponibilité céréalière sur les principaux marchés est toujours de moyenne à faible selon les localités. Ces marchés sont approvisionnés par les stocks commerçants qui sont assez disponibles mais pas accessibles pour les ménages pauvres et très pauvres car les prix demeurent très élevés, surtout en cette période de soudure généralisée. Il ressort cependant une relative stabilité des prix avec de légères tendances à la baisse sur certains marchés de collecte. Cela pourrait s’expliquer par une faiblesse de la demande due au niveau élevé des prix, mais aussi par l’activité pluviométrique qui a bien débuté dans certaines régions du Sud-Ouest, des Hauts-Bassins et des Cascades. De plus, l’action du gouvernement et de ses partenaires à travers les ventes de céréales à prix social, les distributions gratuites a aussi contribué à atténuer le niveau des prix sur les marchés.

    Les prix des céréales connaissent, dans l’ensemble, une stabilité  voire une baisse par rapport au mois précédent sur la plupart des marchés, excepté Ouagadougou et Koudougou où des hausses respectives de 10% ont été observées sur le maïs  blanc et 15% sur le sorgho blanc.  Par rapport à l’an dernier à la même période, on note des niveaux de prix élevés avec des variations à la hausse plus importantes pour le mil et le sorgho blanc. Le marché d’Ouagadougou enregistre les plus faibles variations (19% pour le sorgho et 20% pour le mil) tandis que les plus fortes variations (103% pour le sorgho et 105% pour le mil) ont été observées sur le marché de Djibo (zone 7). Par rapport à la moyenne des cinq dernières années, c’est le marché de Solenzo dans la zone de moyens d’existence 3 (zone 3), céréales et coton (zone de production) qui a enregistré les variations à la hausse les plus importantes : 95% pour le mil, 79% pour le maïs et 81% pour le sorgho.  Cela est le résultat d’une demande importante de céréales sur les  marchés de cette zone aussi bien par les commerçants que par les acteurs privés et les institutions.

    Les prix de produits de grande consommation (riz, huile, lait, carburant) sont restés stables comparativement au mois écoulé. Les variations à la hausse n’excèdent pas 20% comparés à leurs niveaux de l’année passée et aussi sur la moyenne des cinq dernières années.  Les flux internes sont normaux pour la période, par contre, les flux externes, en particulier les sorties de céréales sont toujours soumis à des mesures de surveillances strictes instaurées par le gouvernement.  Les marchés d’Ouagadougou et de Pouytenga jouent à la fois un rôle de regroupement de céréales en provenance des zones excédentaires et de redistribution vers les zones déficitaires.

    Termes de l’échange bétail/céréale

    Dans les zones réputées traditionnellement d’élevage, la situation du bétail s’améliore progressivement avec la disponibilité de l’eau et de l’herbe. Le retour des transhumants améliore la disponibilité en lait. La mise à disposition du gouvernement et de la FAO aux éleveurs de sous produits agro industriels au titre de compléments alimentaires pour le bétail à prix subventionné de  35 à 55 pour cent en dessous du prix du marché facilitera la traversée de la présente période critique pour le gros bétail. En début juin, sur le marché de Djibo, un bélier en bon état coutait 62 000 XOF (soit 25-40 pour cent en dessous de la moyenne) et un bouc 29 250 XOF (similaire à la moyenne), ce qui permettait à un éleveur d’acquérir sur le même marché 108 à 230 kg de céréales.

    Réfugiés et assistance humanitaire

    La présence de plus de 89 000 réfugiés maliens dans le pays et leur arrivée continue au regard de la situation qui prévaut dans leur pays demeurent une source de préoccupation. Les réfugiés demeurent regroupés dans des camps situés dans les zones 7 (15 pour cent) et 8 (environ 75 pour cent et plus de 50 pour cent plus nombreux que les communautés hôtes).  Les interventions en cours (Gouvernement et partenaires bilatéraux, Système des Nations Unies) sur la période du scénario couvrent les besoins alimentaires des ménages, même s’ils ne répondent pas exactement à la préférence des réfugiés. Les ménages hôtes sont appuyés par les intervenants et certains réfugiés qui remettent sur la place du marché les céréales dont ils ont bénéficié. L’arrivée continue des réfugiés avec leurs animaux sur toute la période du scénario pose le problème de la gestion des ressources humanitaires (qui seront insuffisantes) mais aussi du pâturage avec le retour de transhumance du bétail des ménages hôtes. On assistera à un départ précoce en transhumance dès octobre/novembre dans leur zone habituelle d’accueil, du bétail des ménages hôtes aux fins d’éviter les conflits avec les réfugiés autour des pâturages et des points d’eaux.


    Scénario le plus probable de la sécurité alimentaire (juillet à décembre 2012)

    Du fait que les périodes de juillet à septembre puis octobre à décembre constituent les périodes charnières qui déterminent les conditions alimentaires, le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire dans le pays entre juillet et décembre se fonde sur les hypothèses et suppositions générales suivantes :

    • Une poursuite de l’installation de la pluie et de la campagne agricole qui est précoce dans les zones du nord du pays  et normale dans les zones de forte production en céréales.
    • Une disponibilité et une offre de la main d’œuvre des ménages pauvres et très pauvres plus accrue qu’en année normale dans toutes les zones de moyens d’existence, ce qui pourrait occasionner une baisse des revenus issus du salariat agricole de 10 à 20 pour cent.
    • Les bras valides seront de retour et présents comme en année typique entre juillet et septembre. Dès fin octobre, les actifs des ménages partiront en exode comme en année normale sur les sites d’orpaillage artisanaux et dans les pays limitrophes comme la Côte d’Ivoire.
    • Les marchés fonctionneront normalement sur toute la période du scénario. Les zones de fortes productions en céréales continueront d’approvisionner les zones déficitaires en petites quantités entre juillet et septembre. Une entrée du maïs blanc ghanéen dès juillet sur le marché sera observée et à partir de septembre, les marchés céréaliers seront normalement approvisionnés par les productions locales.  
    • Les mesures de contrôle strictes de sorties des céréales du territoire demeureront en vigueur entre juillet et septembre et pourraient être  levées dès le mois d’octobre.
    • Les prix des céréales devraient poursuivre leur évolution en hausse entre juillet et août avec un maximum et des variations comprises entre 5% et 10% en moyenne par rapport au niveau actuel des prix.  Au cours de la période du ramadan, période de grande consommation de céréales, en particulier le mil, les prix pourraient connaître des hausses du fait d’une forte demande. Entre septembre et décembre, les prix des céréales devraient évoluer en baisse avec les récoltes.
    • De bonnes perspectives pour le bétail au regard de la régénérescence du tapis herbacée et ligneux, ainsi que de la présence d’aliments bétail à prix subventionné, quoique en quantité insuffisante, entre juillet et septembre sauf dans les zones de concentrations de réfugiés au regard de leur arrivée continue avec leur bétail qui est non recensé.
    • Une hausse continuelle du prix des animaux sur la période du scénario justifié par le retour de l’embonpoint des animaux et de la demande importante pour les fêtes musulmanes (Ramadan en août et surtout Tabaski en novembre).
    • Une transhumance qui sera normale dans le pays sauf dans les zones de concentration des animaux des réfugiés ou elle pourrait être plus précoce qu’en année normale dès octobre/novembre.
    • Un statu quo  du conflit malien qui se traduira par une arrivée continue des réfugiés maliens qui pourraient atteindre et même dépasser le nombre de 100 000 personnes d’ici décembre comme indiqué dans le pire scenario du plan de réponse du gouvernement à l’afflux des réfugiés.
    • Un niveau d’assistance adéquat pour les réfugiés, malgré les arrivées continues du fait de la mobilisation des acteurs humanitaires et de l’Etat.  
    • Les appuis de l’Etat et de ses partenaires se poursuivront  au profit des ménages. Le gouvernement disposera de près de 30 000 tonnes de céréales en fin juillet, au titre de la mise en œuvre du scénario 3 de son plan opérationnel de soutien aux populations vulnérables pour des ventes à prix modéré. Les appuis des partenaires financiers permettent de financer des projets pour atténuer la situation alimentaire jusqu’en septembre/octobre. Toutefois, les actions actuelles ne prennent pas en compte le relèvement des populations après octobre, toute chose qui ne facilitera pas la reconstitution des moyens d’existence des ménages pauvres et très pauvres.
    • La reconstitution à partir de novembre/décembre des stocks institutionnels qui sont à leur plus bas niveau comparativement aux cinq dernières années contribuera à une hausse des prix à partir de novembre/décembre.
    • La disponibilité des produits forestiers non ligneux (PFNL) et d’autres produits de cueillette sera normale du fait de la bonne pluviométrie entre juillet et septembre et servira de complément pour atténuer la diète des ménages pauvres et très pauvres.
    • L’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans  devrait rester stable au regard du niveau de couverture des programmes de prise en charge des cas de malnutrition aigüe sévère (MAS) et de malnutrition aigüe modérée (MAM) et de prévention de la malnutrition aigüe.
    • Des inondations localisées seront enregistrées dans les zones à fort potentiel d’inondation où dans les localités ayant enregistrés de fortes précipitations entre juillet et septembre.
    • En absence d’information courante concernant le comportement, l’emplacement, l’activité, et le mouvement des criquets pèlerins,  le scénario le plus probable suppose une  probabilité faible d’attaque de criquets pèlerins en août/septembre au regard de leur présence au Mali et Niger voisins. Toutefois, étant donné l’évolution dynamique de la ménace acridienne, l’impact pourrait être plus important que prévu en termes de dégâts sur les cultures et les pâturages, et les résultats de sécurité alimentaire.
    • Le gouvernement recevra l’appui nécessaire pour mobiliser les ressources pour la prévention et le traitement à temps pour faire face à une attaque de faible envergure.
    Zone de moyens d’existence nord élevage transhumant et mil (zone 8)

    Dans cette zone comptant une population estimée au 30 avril 2012 à plus de 300 000 personnes, les pauvres et très pauvres représentent plus de la moitié. Pour la période du scénario en année typique, les principales sources de nourriture sont constituées par les achats de mil entre juillet et septembre pour la consommation et la production de lait et de produits laitiers. On note aussi les dons et les nouvelles récoltes de niébé, de mil et de fonio sauvage entre septembre et décembre. Pour les ménages pauvres et très pauvres, la première source de revenus demeure le travail salarié agricole, le gardiennage des troupeaux des moyens et aisés avec cette année une offre plus importante de main d’œuvre dans les zones de concentration des réfugiés. La vente de bétail constitue la principale source de revenus pour les ménages moyens et aisés. A cela s’ajoute les transferts des migrants et transhumants et le petit commerce (vente de lait, œufs, condiments, etc.) qui pourraient connaitre de l’essor avec la présence des réfugiés (du fait de la présence des réfugiés, le bidon 20 litres d’eau potable se négocie entre 100 et 150 XOF alors qu’en année typique il ne dépasse pas 50 XOF). Cependant on note que les ménages pauvres et très pauvres demeurent vulnérables aux augmentations de prix des céréales et une profonde modification des termes d’échange bétail/céréales.  

    On note aussi que le nombre de repas journalier est passé de 2 à 1, avec la consommation de produits de cueillette comme les feuilles,  une forte hausse des prix par rapport à la moyenne des 5 dernières années y est observée. Comme en année normale, on relève une très grande baisse des revenus issus de l’orpaillage, une amélioration des revenus issus de la vente du bétail, une production disponible de lait qui va croissante entre juillet et septembre dans toute la zone.

    Au regard de la hausse extrême et constante des prix céréaliers, du niveau d’approvisionnement faible à moyen des marchés, de la dégradation plus qu’en année typique des moyens d’existence et du retard d’implantation des réponses mises en œuvre, les ménages pauvres et très pauvres demeurent en insécurité alimentaire avec crise en juillet.

    Entre juillet et septembre le bon déroulement de la campagne permettra une disponibilité de produits de cueillette et de produits en vert dès mi septembre ; ce qui pourra atténuer le déficit alimentaire dans les ménages très pauvres et pauvres. L’ensemble des ménages de la zone auront un recours normal aux stratégies habituelles de moyens d’existence entre juillet et septembre pour créer des revenus et assurer l’alimentation jusqu’aux prochaines récoltes (vente de petits ruminants pour ceux qui en possèdent toujours, volaille, vente de force de travail pour les travaux champêtres chez les moyens et aisés, emprunts, dons avec le ramadan, achats de céréales vendues à prix social, etc.). La présence des réfugiés va accroitre certainement la demande en lait, ce qui pourrait constituer une source non négligeable de revenus pour les ménages très pauvres et pauvres qui font le gardiennage des troupeaux pour les ménages moyens et aisés. Cependant cette présence est aussi source de problème car pouvant amener les moyens et aisés à reconsidérer leurs accords tacites avec les ménages gardant leur troupeaux au regard des prix rémunérateurs du lait. En outre le nombre important de réfugiés constitue aussi une main d’œuvre abondante qui vient en concurrence à celle locale déjà existante. Ce qui peut faire baisser le cout de cette main d’œuvre donc les revenus qui en sont issus.

    L’Etat continuera la distribution gratuite et les ventes de céréales à prix modéré comme prévu, caractérisées par un ciblage de 8 300 ménages soit environ 50 000 personnes et les partenaires humanitaires vont poursuivre leurs interventions jusqu’en septembre. Le PAM envisage assister pour la période juillet à octobre au moins 22 000 ménages soit 132 000 personnes. Ainsi donc au moins 50 pour cent des ménages de la zone bénéficient d’une assistance alimentaire.  On assistera à une atténuation de la situation alimentaire des ménages pauvres et très pauvres au regard des volumes d’interventions en cours qui couvrent 86% des besoins d’assistance (2 152 tonnes mobilisées sur 2 656 tonnes, sans prendre en compte les assistances en Cash for Work) estimés par le Système d’Alerte Précoce sur la période juillet à septembre. Par ailleurs, sur la période, plus de 58 000 personnes devraient être touchées par les interventions humanitaires diverses. Malgré les niveaux de prix élevés sur les marchés, au regard des ventes à prix modéré des céréales, des opportunités de revenus (salariat agricole, vente de lait, etc.), des assistances planifiées, certaines et en cours, les ménages pauvres et très pauvres seront en stress entre août et septembre. La reconstitution des stocks issus des récoltes à partir d’octobre permettra à l’ensemble des ménages d’être sans insécurité alimentaire aiguë entre octobre et décembre.

    Est de la zone de moyens d’existence nord et est, bétail et céréales (zone 9)

    Les principales sources d’aliments sur la période du scénario sont les céréales achetées sur les marchés ou celles vendues à prix modéré dans les boutiques communales par l’Etat jusqu’en octobre, la consommation des produits forestiers non ligneux (PFNL) jusqu’ en septembre, l’autoconsommation de la production sur pied dès août (mil Niari), la consommation de lait, les appuis humanitaires (PAM, ACF) et les ventes à prix social plus qu’en année typique. Les sources de revenus sont le petit commerce, les activités génératrices de revenus des femmes (petits commerce), la vente des animaux (petits ruminants et volaille) et des produits halieutiques, le salariat agricole jusqu’en novembre et les activités de cash for work ou de cash direct.

    On constate un changement d’habitudes alimentaires depuis avril/mars dans une proportion de 19 pour cent des communes  dans la Tapoa avec le nombre de repas qui est passé de trois à deux repas par jour voire un dans certains cas et cela pour les enfants, un recours plus accru aux mécanismes de solidarité qu’en année normale avec les dons, les emprunts, des emplois temporaires, et les petits métiers des ménages, une production de poisson avec deux grands barrages hydro agricoles dans la région.  L’approvisionnement attendu des marchés locaux par les stocks céréaliers commerçants pourrait induire une bonne disponibilité et un bon accès du marché aux ménages pauvres et très pauvres entre juillet et septembre. Les prix des céréales connaitront une stabilité voire une baisse jusqu’en mi-août. A partir de septembre la baisse sera plus prononcée qu’en année normale du fait des bonnes récoltes attendues. 

    La situation des assistances se caractérise dans la Tapoa par les appuis des organisations humanitaires (Cash for work, semences, nutrition), y compris un programme ciblant 5 400 ménages à travers les enquêtes approche économie alimentaire (HEA) du Système d’alerte précoce National (SAP) pour la Tapoa et  particulièrement le volet nutrition pour la Kompienga et le Gourma. Le PAM intervient pour 200 tonnes par mois pour environ 47 000 enfants, 362 tonnes de céréales pour 15 300 bénéficiaires, 127 millions pour 12 000 bénéficiaires,  4 000 tonnes de vivres au profit de   93 500 élèves. L’Etat a mobilisé pour la zone 3 000 tonnes de céréales disposées dans les boutiques communales pour environ 16 000 bénéficiaires. Cependant l’approvisionnement des marchés locaux sera faible dans plusieurs communes (Botou, Logoubou, Tansarga, Tambaga) de la zone jusqu’en octobre du fait de la faiblesse des stocks commerçants et de l’accessibilité  difficile par route aux marchés locaux, et les niveaux des prix demeureront élevés pour les céréales (mil maïs sorgho) par rapport à la moyenne quinquennale.

    Entre juillet et septembre, les ménages pauvres et très pauvres disposant de petits ruminants et de la volaille vont intensifier leur vente, travailleront dans les champs des aisés et moyens pour être payés en contrepartie soit en espèces (pour acheter les céréales sur le marché ou à prix modéré) soit en nature pour pouvoir nourrir le ménage au jour le jour. Les emprunts en nature auprès des aisés contre remboursement à la récolte vont aussi s’accroître. Entre octobre et décembre, les récoltes en cours aussi bien pour les céréales que pour la principale culture de rente le coton améliorera les disponibilités alimentaires et les revenus de ménages pauvres et très pauvres qui récoltent le coton des ménages moyens et aisés contre rémunération.

     Entre juillet et septembre, les ménages pauvres et très pauvres pour l’ensemble de la zone seront en stress avec cependant une amélioration de la situation dans l’extrême est de la zone (Tapoa) où sans les assistances planifiées et en cours les ménages pauvres et très pauvres seraient en crise du fait du niveau élevé des prix, des revenus en baisse et insuffisants pour acquérir les céréales sur les marchés.

    Zones de moyens d’existence 5 et 7

    Dans les zones de moyens d’existence 5 et 7, les ménages très pauvres et pauvres seront sous stress entre juillet et septembre au regard du volume des interventions humanitaires et de l’Etat en perspective et du bon déroulement de la campagne agropastorale. L’emploi agricole, le cash for work (ONGs) la vente des animaux et la pratique de l’orpaillage malgré la fermeture officielle des sites, constitueront les principales sources de revenus. Le recours aux ventes de céréales a prix social ou aux distributions gratuites, les achats sur les marchés et le recours aux produits de cueillette constitueront l’essentiel des sources de nourriture pendant la période. Sur la période octobre-décembre, la disponibilité des nouvelles récoltes, la bonne performance du cheptel vont contribuer à faire baisser les prix des denrées sur les marchés, améliorer les termes de l’échange bétail/céréales et aussi permettre une reconstitution des stocks paysans. La disponibilité des ressources en eau va permettre un bon démarrage de l’activité maraichère comme en année normale. Ainsi, les ménages seront en sécurité alimentaire. Cependant la mise en œuvre des actions de relèvement sont nécessaires pour assurer une situation alimentaire stable pour les ménages pauvres et très pauvres.

    Tableau 1. Événements moins probables dans les prochains six mois qui pourraient changer les scénarios ci-dessus.

    Zone

    Événement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    Nationale

    Mauvaise poursuite de la saison des pluies

    Production agricole dans les zones excédentaires en dessous de la normale ; manque de pâturage et de fourrage dans les grandes zones d’élevage ; rétention des stocks ; réduction des disponibilités alimentaires aussi bien sur les marchés que dans les ménages par rapport à la normale ; baisse de la demande de main d'œuvre et diminution des revenus des ménages pauvres et très pauvres; hausse, voire flambée des prix des céréales et autres denrées alimentaires à partir de juillet ; baisse de l’accessibilité par les pauvres aux céréales ; mauvaises conditions pastorales dans les zones d’élevage, augmentation de l’offre des animaux et baisse des prix des animaux. 

    Zone de moyens d’existence 8, 7, 9 et 5

    Attaques de criquets pèlerins

    Destruction des cultures sur pied ; perte importantes des récoltes ; baisse des revenus des ménages agricoles, hausse des prix des produits agricoles dès octobre ; destruction des pâturages, des ligneux ; situation alimentaire du bétail sujet à grandes préoccupations ; transhumance plus précoce qu’en année normale, exodes et migrations de populations

    Nationale

    Inondation importante dans les zones de production de l’ouest et du sud similaire à 2007

    Pertes de stocks ménages et commerçants ; réduction des transferts de vivres vers les zones déficitaires du nord ; hausse des prix ; baisse de l’accessibilité ; dégradation de la situation alimentaire et sanito-nutritionnelle

    Nationale

    Mauvais déroulement des élections couplées législatives et municipales

    Troubles socio politiques ; insécurité civile ; hausse du banditisme et donc mauvais approvisionnement des marchés ; réduction du tourisme cynégétique dans le pays avec des emplois en moins et donc des revenus en moins.

    Figures Calendrier saisonnier et évènements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et évènements critiques

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, juillet 2012

    Figure 2

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, juillet 2012

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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