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L’extrême nord du pays exposé à l’insécurité alimentaire aigue de Stress

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Burkina Faso
  • Janvier - Juin 2015
L’extrême nord du pays exposé à l’insécurité alimentaire aigue de Stress

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  • Contexte national
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    • Confrontés à un épuisement précoce de leurs récoltes, à une flambé des prix des denrées de base ainsi qu’à une baisse des revenus essentiellement issu de l’élevage, les ménages pauvres des communes de Tin-Akoff, de Nassoumbou et de Koutougou, dans l’extrême nord du pays, vivent une insécurité alimentaire de Stress (IPC Phase 2). 

    • Du fait de leurs récoltes en-dessous de la moyenne, aggravé par une situation pastorale particulièrement difficile pour la deuxième saison consécutive et d’une dégradation continue des termes de l’échange bétail/céréales, les ménages pauvres des autres communes de la région du Sahel et environnant, auront une soudure deux mois plus longue que la normale à partir de mars.

    • Dans le reste du pays où la soudure sera normale, le bon fonctionnement des marchés va permettre une évolution saisonnière normale des prix des denrées de base avec des niveaux similaires à la moyenne quinquennale. Le démarrage normal des pluies à partir de mai/juin et des activités agricoles, favorisera cette situation.


    Contexte national
    Situation actuelle

    Dans l’ensemble, la consommation alimentaire des ménages est normale et basée principalement sur leurs propres récoltes jugées moyens. Dans l’extrême nord du pays cependant, la plupart part des ménages ne disposent déjà plus de leur production agricoles. Cette situation est due d’une part, aux effets des attaques des oiseaux granivores qui a entrainé d’importantes pertes des récoltes atteignant à certains endroits plus de 80 pour cent (communes de Nassoumbou et de Koutougou) et d’autre part, de la mauvaise pluviométrie enregistrée notamment dans la communes de Tin-Akoff.

    Dans l’ensemble du pays, la disponibilité des produits agricoles est satisfaisante sur les marchés et les stocks commerçants sont au-dessus de la moyenne à cause des importants stocks reports. En effet, les entrepôts des commerçants grossistes et des unions de producteurs regorgent d’un important stock de céréale estimés à près de 57 000 tonnes, ce qui représente 46 pour cent au-dessus de son niveau de l’année dernière. Comparé à la moyenne quinquennale cet écart est de 40 à 60 pour cent supérieur.

    Les échanges avec les pays voisins se déroulement normalement. Depuis le mois d’octobre, en moyenne 2300 tonnes de maïs entrent dans le pays principalement à partir de la Côte d’Ivoire et du Ghana. En retour, ces pays sont les principaux destinataires du mil (300 tonnes), du sorgho (1000 tonnes) et du niébé (1500 tonnes). Le maïs en provenance des pays côtiers est en partie réexporté essentiellement vers le Niger.

    Comparativement à la moyenne quinquennale, on note une relative stabilité des prix du mil et du sorgho sur les marchés. Le prix du maïs est par contre en baisse de 10 pour cent. Cette baisse résulte de l’offre importante de maïs sur les marchés (plus de 60 pour cent de l’offre de céréales) et aussi des prix relativement bas du maïs vendu à prix subventionnés dans les boutiques de l’Etat.

    En cette période post-récolte, les revenus des ménages proviennent essentiellement de la vente de leurs propres productions en particulier des produits de rente, mais aussi de la vente d’animaux et de produits maraichers et de l’orpaillage. Dans les zones de production cotonnière, la campagne d’achat du coton a démarré avec un prix aux producteurs de coton graine fixé à 225 F CFA le kg. Ce prix relativement intéressant pour les producteurs est de 6 pour cent supérieur au prix moyen des cinq dernières campagnes. Pour les autres produits de rente, en particulier l’arachide, le sésame et le niébé, les prix sont jugés moyens, ce qui permet aux producteurs de ces spéculations de tirer des revenus substantiels au-dessus de la moyenne car beaucoup d’entre eux ont enregistré un accroissement de leurs productions.

    Dans les zones habituelles de production maraichère, la disponibilité en eau est satisfaisante pour assurer une campagne sèche normale. Cependant, pour l’instant l’offre en légumes est encore faible sur la plupart des marchés, ce qui renchérit les prix bord champ des légumes qui sont toujours à un niveau élevé.

    La reprise des activités d’orpaillage après les récoltes s’effectue dans un contexte de baisse de prix du gramme d’or sur les sites de près de 25% par rapport au pic de prix enregistré en 2012. Malgré tout, l’activité continue d’attirer les actifs agricoles et non agricoles, car le prix actuel demeure similaire  à la moyenne observée sur les cinq dernières années.

    Dans la région du Sahel en particulier, où la vente d’animaux constitue la principale source de revenu des ménages, les déficits de production agricole et pastorale, conduit les ménages à déstocker précocement leur bétail pour acheter à la fois des céréales et de l’aliment pour bétail (SPAI) à des prix élevés. En conséquence, les termes d’échange bétail/céréale (bouc/mil), se sont dégradé de 8 à 40% par rapport à la normale.

    Suppositions                                                         

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit de janvier à juin 2015, se fonde sur les hypothèses générales suivantes :

    • Un fonctionnement normal des marchés: Au regard du bon niveau des stocks commerçants et des stocks institutionnels reconstitués à leur niveau souhaité dans les pays voisins, les marchés resteront bien approvisionnés pour satisfaire la demande et les flux se dérouleront normalement.
    • Des prix moyens pour les céréales: Dans les perspectives d’une soudure normale, la demande des ménages sur les marchés restera moyenne. Par conséquent, l’approvisionnement satisfaisant des marchés va favoriser une évolution saisonnière normale des prix avec des niveaux autour de la moyenne quinquennale pour le mil et le sorgho et 10 à 15 pour cent en-dessous de la moyenne pour le maïs.
    • Des revenus agricoles supérieurs à la moyenne: Avec une production de rente supérieure à la moyenne (en hausse de 44 pour cent selon les résultats provisoires de la campagne) et des niveaux de prix moyens (arachide et niébé) ou supérieurs à la moyenne (coton, sésame), les revenus agricoles des ménages seront meilleurs que la moyenne, ce qui leur favorisera l’accès à l’alimentation à travers les achats sur les marchés.
    • Des revenus non agricoles stables : Les autres revenus des ménages, notamment ceux issus de la main-d’œuvre, de la migration saisonnière, de la vente de produits forestiers non ligneux et de l’orpaillage, resteront dans l’ensemble similaires à la moyenne. Dans la perspective d’un démarrage normale de la saison des pluies, la demande de la main d’œuvre agricole restera soutenue pour la préparation des sols et les semis.
    • Une soudure pastorale plus longue : Dans les zones d’élevage au nord du pays, le bétail connaitra pour la deuxième année consécutive une soudure plus longue dès février à cause du déficit fourrager et aussi du tarissement des points d’eau. Le déficit qui concerne aussi la zone habituelle d’accueil des transhumants au niveau du Mali, va entrainer une dégradation plus poussée de l’embonpoint des animaux. En conséquence, les cas de mortalité pourraient être plus importants qu’en année normale.
    • Des prix du bétail en-dessous de la moyenne: Toujours dans les zones pastorales au nord du pays, la dégradation de l’embonpoint des animaux et la hausse de l’offre liée aux stratégies de déstockage du bétail par les ménages, vont contribuer à une baisse du niveau des prix en-dessous de la moyenne quinquennale.
    • Une situation sanito-nutritionnelle stable : L’accès à une alimentation normale pendant la période du scenario et la disponibilité normale de produits forestiers non ligneux et fruits et légumes, contribueront à maintenir typiques les taux de malnutrition aigüe généralement observés.
    • Une campagne de saison sèche normale : Au regard du niveau moyen de remplissage des points d’eau, la production de saison sèche va se dérouler normalement. Les ménages qui exercent cette activité pourront tirer des revenus moyens en raison du niveau des prix similaires à la moyenne.
    • Une saison de pluie normale : A partir de février, le front intertropical (FIT) pourrait reprendre sa remontée saisonnière normale vers le nord du Sahel. Cela provoquera un démarrage de la saison des pluies à temps dès mai/juin dans le pays. de même, les cumuls pluviométriques et la distribution au cours de la saison des pluies 2015 seront normaux. Par conséquence, le démarrage des activités agricoles pour la saison agricole 2015/16 commencera à une période normale.
    Résultat le plus probable de la sécurité alimentaire

    Les ménages très pauvres et pauvres ont accès à une alimentation normale, principalement sur la base de leurs récoltes. Avec en perspectives une bonne disponibilité des céréales sur les marchés, un niveau moyen des prix et des revenus moyens ou supérieurs, ils continueront d’avoir une alimentation normale tout en assurant la protection des moyens d’existence. Ainsi, à l’exception des ménages pauvres dans et autour de la région du Sahel (zones de moyens d’existence 7 et 8), une insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) sera observée pendant toute la période sur le reste du pays.

    Dans les perspectives d’un démarrage normal des activités agricoles, cette insécurité alimentaire aigue Minimale va se maintenir, car les ménages pourront continuer à générer aussi normalement des revenus et à avoir accès aux produits de cueillette comme habituellement et cela jusqu’à la fin de la période de soudure en septembre. 

     

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, janvier 2015

    Figure 2

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, janvier 2015

    Source:

    Figure 3

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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