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L’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) sera répandue au nord du Burkina Faso pendant la soudure

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Burkina Faso
  • Février - Septembre 2024
L’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) sera répandue au nord du Burkina Faso pendant la soudure

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  • Messages clé
  • Après deux ans sous blocus, une réponse humanitaire soutenue reste essentielle à Djibo et dans le nord du Burkina Faso
  • Contexte national
  • Calendrier saisonnier pour une année typique
  • Suppositions
  • Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire
  • Évènements qui pourraient changer les scenarios
  • Zone de préoccupation: Province de Soum de la Région du Sahel, Zone de Moyens d’Existence BF07 : Nord et Est Bétail et Céréales (Figure 5)
  • Résultats les plus probables en matière de sécurité alimentaire et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’aide humanitaire
  • Annexe sur le risque de Famine (Phase 5 de l'IPC) au Burkina Faso
  • Messages clé
    • La situation sécuritaire demeure préoccupante dans les communes inaccessibles au nord du pays. Cependant, les ménages bénéficient d’un rayon de sécurité plus élargi comparativement à l’année passée, leur permettant d’accéder à des opportunités de revenus marginaux issus de la collecte et la vente du bois de chauffe, la vente d’eau, la pratique du maraichage et de l’orpaillage. Ces communes ont aussi bénéficié d’un approvisionnement par escorte au cours des trois derniers mois et l’assistance alimentaire s’est également renforcée depuis décembre. Cela a permis d’améliorer les disponibilités, et la consommation alimentaire et de réduire le nombre de personnes exposées à la Catastrophe (Phase 5 de l’IPC). Toutefois, les PDIs et les ménages hôtes pauvres continuent de limiter le nombre de repas et les quantités consommées au quotidien, les exposant à l’insécurité alimentaire aigue Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC). Dans l’absence de planifications pour l’assistance humanitaire au cours des prochains mois, les résultats d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) sont les plus probables entre mars et septembre.
    • Dans la commune de Djibo, bien que les informateurs clés indiquent une augmentation des envois de fonds et des cultures maraîchères par rapport à l'année dernière, la nourriture et les revenus tirés de ces activités restent bien en deçà de ce qui est nécessaire pour maintenir les vies et les moyens d’existence. Ainsi, la majorité de la population reste dépendante de l'aide alimentaire fournie par des hélicoptères ou des convois militaires intermittents pour la majeure partie de leurs besoins alimentaires. Bien que les informateurs clés indiquent une légère reprise du petit commerce lorsque les convois arrivent dans la ville, la majorité des activités de subsistance restent minimes. Les résultats de l'Urgence (Phase 4 de l'IPC) sont attendus jusqu'en septembre.
    • Au niveau national, le marché des produits agricoles reste caractérisé par une perturbation des flux internes. La persistance des risques sécuritaires sur certains axes routiers, quoiqu’en baisse par rapport à 2023, rend difficile l’accès à certaines zones de productions et les transferts des produits agricoles vers les zones de consommation. Dans l’ensemble, les niveaux de prix des denrées de base sont similaires à ceux de l’année passée à la même période, mais demeurent au-dessus de la moyenne quinquennale. A travers le pays, les prix devraient évoluer au-dessus de leurs moyennes saisonnières entre mars et septembre créant ainsi une pression sur le pouvoir d’achat des ménages pauvres.
    • FEWS NET a déterminé que le risque de Famine (Phase 5 de l'IPC) pendant cette période de projection (février à septembre 2024) est faible, sur la base de la production maraichère autour du barrage de Djibo supérieure à celle de l’an dernier, de l'augmentation du rayon de sécurité autour de la ville permettant aux ménages de collecter plus d'aliments sauvages, de la création de petits circuits d’approvisionnement de la ville par les commerçants, et de l'augmentation des flux de transferts de fonds vers Djibo, de sorte qu'en cas de perturbation de l'aide alimentaire humanitaire, la probabilité que la population commence à connaître des écarts de consommation alimentaire extrêmes avant que l'aide alimentaire ne parvienne à Djibo est faible. Toutefois, l’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) demeure le plus probable, compte tenu de l’épuisement de la plupart des sources de revenus et des gaps persistants de consommation. Ces résultats s’aggraveront pendant la soudure, avec une expansion de zones en Urgence (Phase 4 de l’IPC) à travers le nord du pays, ainsi qu’une augmentation de populations en Catastrophe (Phase 5 de l’IPC) dans les zones les plus inaccessibles. 

    Après deux ans sous blocus, une réponse humanitaire soutenue reste essentielle à Djibo et dans le nord du Burkina Faso

    Figure 1

    Carte de niveau d’accès humanitaire au Burkina Faso, février 2024
    Carte de niveau d’accès humanitaire au Burkina Faso, février 2024

    Source: FEWS NET, avec données du Cluster Sécurité Alimentaire, PAM, Système d’Alerte Précoce, ACLED

    Le conflit persistant dans le nord et l’est du Burkina Faso continue d’y entraîner des niveaux d’insécurité alimentaire sévères. Les incursions des groupes armés terroristes (GATs) continuent d’engendrer un nombre élevé de déplacements et de priver plusieurs localités de l’accès aux sources habituelles de nourriture et de revenus. Plus que les chiffres officiels des déplacements remontent à mars 2023, OCHA estime qu’il y avait environ 700,000 nouveaux déplacements tout au long de l’année 2023, en plus d’environ 300,000 cas de retours signalé par le gouvernement. Le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) continue de restreindre les mouvements des civils et contrôler les principaux axes d’approvisionnement, dans le but de consolider leurs emprises territoriales dans les régions du Sahel, du Centre-Nord, du Nord et de l’Est. Ils essayent aussi d’étendre leur contrôle sur les routes de contrebande et de renforcer les sources de financement à partir des zones de production agricole, notamment dans les régions de la Boucle du Mouhoun, des Hauts-Bassins et du Centre-Est. En conséquence, il reste une trentaine de communes ou le rayon de mouvements est limité, où l’approvisionnement des marchés dépend des escortes militaires, et où l’accès humanitaire est très limité (Figure 1).

    Cela fait maintenant deux ans que la commune de Djibo n’est plus accessible que par escorte militaire ou par voie aérienne.  De plus, les approvisionnements sous escorte du marché ne sont toujours pas réguliers.  Le dernier ravitaillement par la route qui date du 6 décembre (il y a déjà trois mois), est intervenu six mois après le précédent. Excepté le maïs qui est disponible en faible quantité, les informateurs clés signalent des débuts de pénuries des denrées de base et un accroissement des pratiques spéculatives sur le marché augmentent. Bien que les prix des denrées de base soient stabilisés autour de la moyenne quinquennale, ils restent le double des prix avant l’imposition du blocus (Figure 2). 

    Selon les informateurs clés, les ménages ont épuisé les récoltes marginales de la dernière saison des pluies depuis décembre. La production de saison sèche est effectuée par environ 30 pour cent des ménages sur les abords accessibles du barrage. Avec la présence de l’assistance, la production maraichère est principalement vendue ou échangée contre d’autres produits essentiels.  Bien que la demande en eau du barrage soit moins forte comparé à la normale en raison de la perte en avoirs du bétail et de la réduction des travaux de construction d’habitat, le niveau de remplissage est faible comparé à la saison écoulée compte tenu des mauvaises pluies pendant la saison 2023. Les services techniques locales estiment que les superficies occupées par le maraichage sont d’environ 36 hectares. Les informateurs clés indiquent qu’une proportion des produits issus du maraichage est maintenant vendue sur le marché et apportent une source additionnelle de revenus pour les ménages. Toutefois, avec le faible remplissage du barrage, il est probable que l’eau ne soit pas suffisante entre avril et juin que l’activités de production déjà marginale, soit davantage réduite, privant ainsi un nombre plus élevé de la population de cette source.

    Figure 2

    Prix de mil à Djibo de janvier 2018 à janvier 2024 compare à la moyenne de 2018-2022
    Prix de mil à Djibo de janvier 2018 à janvier 2024 compare à la moyenne de 2018-2022

    Source: FEWS NET

    Les informateurs clés indiquent que la majorité de la population de Djibo dépend de l’assistance humanitaire comme principale source de nourriture. Toutefois, l’assistance humanitaire d’urgence demeure précaire, dans un environnement sécuritaire volatile et avec des défis logistiques et financiers liées à la livraison de l’assistance par hélicoptère. Suite à sa suspension en mi-octobre 2023, les vols d'aide humanitaire à destination de Djibo ont repris en début janvier. Alors que les estimations sur la base des chiffres officiels de population de mars 2023 suggéraient une couverture de l'aide humanitaire du PAM d'environ 16-20 pour cent de la population de Djibo, avec une ration de 50-75 pour cent des besoins mensuels, les informateurs clés indiquent qu’une plus grande proportion de la population consomme l'aide humanitaire comme principale source de nourriture. Cela est probablement dû à la diminution de la population de base de Djibo et des PDI, ainsi qu'au partage de l'assistance par la population bénéficiaire. Outre les livraisons du PAM, le convoi escorté par l'armée qui a atteint Djibo en décembre comprenait environ 550 tonnes de denrées alimentaires destinées à la distribution gratuite entre décembre et février. Pour faire face à l'environnement volatile dans lequel l'aide humanitaire doit être acheminée et pour se prémunir d'éventuelles perturbations dans la délivrance de l’assistance, les informateurs clés ont indiqué que les stratégies de gestion et de résilience telles que la réduction de la quantité de nourriture et le nombre de repas, adoptés par les ménages leurs permets de prolonger au-delà des périodes normales, la durée de stocks reçus de l’assistance.

    Suite à des offensives des FDS et VDP dans la zone depuis novembre, le rayon de sécurité autour de la ville de Djibo s’est élargi de 1-3 km jusqu’à 10-15 km, offrant plus de possibilité pour la collecte de bois de chauffe et de quelques aliments sauvages. Toutefois, les menaces d’attaque par les GAT persistent et les populations continuent de limiter leurs mouvements en dehors de la ville. Avec le rétablissement du réseau téléphonique, les ménages ont plus recours aux envois d’argent des exodants ou migrants, mais ces envois ne sont pas suffisants pour constituer des stocks au regard des pénuries ou du niveau élevé des prix des denrées. 

    Depuis février 2023, FEWS NET a averti que Djibo était confronté à un risque de Famine basé sur la probabilité modérée qu'un scénario puisse se matérialiser dans lequel une interruption de l'assistance humanitaire par hélicoptère et un manque d'approvisionnement du marché par convoi réduiraient encore les quantités marginales de nourriture disponibles pour les ménages. Cependant, pour la période de projection allant de février à septembre 2024, FEWS NET estime que la probabilité d’un scénario dans lequel émerge la Famine est faible (voir annexe). La légère augmentation du périmètre de sécurité autour de Djibo a permis d'élargir la collecte d'aliments sauvages et de bois pour la vente. De plus, une amélioration de l’accès aux transferts d’argent permet aux ménages d’acheter de la nourriture sur le marché en cas de perturbation de l’assistance alimentaire. Enfin, les opérations visant à sécuriser les axes clés du nord du Burkina Faso, ainsi qu’un assouplissement du blocus autour de Djibo, ont réduit la probabilité qu'une suspension de l'aide humanitaire par hélicoptère coïncide avec un manque prolongé de convois d'approvisionnement du marché.

    Il est important de garder à l'esprit que le risque de Famine concerne un scénario alternatif. Le scénario le plus probable de FEWS NET reste largement inchangé. La réduction à la fois du nombre de repas à un par jour, et des quantités consommées ainsi que la limitation de la part des adultes au profit des enfants demeurent les stratégies les plus répandues. Bien que le maïs ne soit pas une denrée de préférence pour la population, le repas journalier est généralement composé de maïs associé à des légumes feuilles. En conséquence, les signes visibles de malnutrition persistent au sein de la population. Compte tenu de la précarité des sources de nourriture et le manque de plusieurs sources de revenu et des écarts persistants de la consommation de la population, l’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) avec des ménages en Catastrophe (Phase 5 de l’IPC) reste le plus probable jusqu’en septembre, associées à une situation grave dans laquelle de manière atypique des niveaux élevés de malnutrition aiguë et de mortalité sont attendus.

    Bien que Djibo reste une zone préoccupante au Burkina Faso, des résultats d'Urgence (Phase 4 de l'IPC) sont attendus à travers le nord du Burkina Faso pendant la période de soudure alors que les groupes armés continuent d'exercer leur contrôle sur les principales routes d'approvisionnement et coupent l'accès aux communautés à travers le pays. Une aide humanitaire urgente est nécessaire à des niveaux plus élevés que ceux actuellement fournis pour sauver des vies et des moyens d’existences, notamment dans les provinces de Loroum, Soum, Oudalan, Seno, et Yagha. 


    Contexte national

    Situation actuelle

    Situation sécuritaire : La situation sécuritaire du pays demeure préoccupante. À l'échelle nationale, le nombre d'incidents sécuritaires enregistrés au cours des trois derniers mois est resté similaire aux niveaux observés il y a un an, mais les pertes en vies humaines associées à ces événements ont augmenté de 88 pour cent au cours de la même période (données de ACLED), cela en raison de l’augmentation de confrontations à grande échelle. Les succès enregistrés par les FDS/VDP au cours de ces derniers mois ont permis d’observer des cas de retours de populations dans leurs localités d’origine (provinces du Sanmatenga, Zondoma, Nayala, Koulpélogo, Yatenga) et d’élargir le rayon de sécurité autour de certaines localités (Djibo, Arbinda, Gorom-Gorom, Sebba), offrant ainsi plus de possibilité d’accès à des sources marginales de revenu tels que le maraîchage et l’orpaillage. Toutefois, les GATs continuent d’attaquer les populations civiles, rendant l’accès difficile pour un nombre élevé de localités dans les régions du Sahel, du nord, du Centre-Nord, de l’Est et de la Boucle du Mouhoun. L’approvisionnement de ces zones n’est possible que par des escortes militaires ou des ravitaillement aériens. Les commerçants continuent d’observer de la prudence quant à leurs mouvements et les flux de marchandises entre les zones de production et les zones déficitaire restent limités. 

    Production de saison sèche  : Cette saison,  la mise à disposition à temps des intrants au profit des agriculteurs, l’aménagements et la sécurisation de certains sites de production dans les régions du Nord, du Centre-Nord, des Cascades ainsi que dans les Hauts-Bassins, ont permis d’accroitre les superficies emblavées par rapport à l’année précédente. Toutefois, ces superficies demeurent inférieures à la normale avant la crise sécuritaire. La hausse saisonnière de l’offre en produits maraichers sur les marchés en cette période témoigne de l’impact de cet accompagnement.  Cependant en sus de l’accès limité des producteurs à certains sites de productions du fait de l’insécurité dans le Nord, la Boucle du Mouhoun et le Sahel, le coût élevé des intrants, les ruptures d’approvisionnement en carburant pour le fonctionnement des motopompes, sont entre autres des facteurs qui limitent l’activité de production. Par ailleurs, la baisse de la fréquentation des sites par les acheteurs entraine des difficultés d’écoulement des produits et contribue à réduire les revenus des producteurs, notamment dans les zones difficiles d’accès du fait de l’insécurité. 

    Sources de revenus : Parmi les stratégies d’adaptations développées par les ménages afin de subvenir à leurs besoins de base, l’exode et la migration occupent une place importante. Les déplacements de populations des zones sous contraintes majeures d’accès du nord et de l’est vers le sud et l’ouest du pays, ou vers les pays côtiers, se sont accrus ces derniers mois. Bien qu’il n’y ait pas de chiffres officiels, les informateurs clés indiquent que beaucoup de ménages dans les zones sous blocus dépendent des transferts des exodants. Ils estiment qu’entre 30 à 50 pour cent des ménages dans ces zones reçoivent au moins un transfert d’argent par mois, même si les montants restent insuffisants pour satisfaire les besoins sur le marché en raison des niveaux élevés de prix des denrées de base. Dans l’ensemble, l’accès aux sources habituelles de revenu est limité. La limitation de l’accès aux sites d’orpaillage, les difficultés de collecte des produits forestiers non ligneux, du bois de chauffe et du charbon de bois, de même que la baisse des ventes de bétail ont pour conséquence une baisse conséquente des revenus tirés de la vente de ces produits. De plus, la baisse de la production du coton comparée à la moyenne quinquennale, du sésame, du niébé et du soja impacte négativement sur les revenus tirés de la vente de ces produits malgré les prix légèrement supérieurs à la moyenne quinquennale. En outre, le dysfonctionnement des marchés et la réduction des flux commerciaux contribuent à réduire davantage les revenus tirés du commerce des produits agricoles.

    Figure 3

    Carte de fonctionnement des marchés, Liptako Gourma, janvier 2024
    Carte de fonctionnement des marchés, Liptako Gourma, janvier 2024

    Source: FEWS NET

    Fonctionnement des marchés : Au niveau nationale, les marchés agricoles sont caractérisés par une offre jugée satisfaisante mais inférieure à son niveau de février 2023 et à la moyenne. Les baisses locales de productions et le dysfonctionnement des flux commerciaux qui limitent l’approvisionnement des marchés expliquent cette baisse de l’offre. Par ailleurs, le pouvoir d’achat de certains commerçants ne leur permet pas de constituer des stocks au regards des coûts élevés pour la collecte et le transport des produits.

    Les flux internes sont impactés par la situation sécuritaire qui réduit les quantités de vivres transférées des zones de production vers les zones de consommation tout en rallongeant les délais d’approvisionnement ainsi qu’en augmentant le nombre de zones ayant besoin d’escorte militaire (Figure 3). Quant aux échanges externes, ils sont non seulement impactés par la situation sécuritaire mais également par les mesures d’interdictions d’exportation des céréales pour certains pays (Burkina, Mali) et de tous l’ensemble des vivriers pour la Côte d’Ivoire. Des entrées de maïs de la Côte d’Ivoire, du Togo et du Ghana sont signalées mais à des volumes réduits par rapport à la normale. Les flux sortant de céréales sont principalement en destination du Niger. Des sorties de l’arachide vers la Côte d’Ivoire et le Ghana sont également enregistrées. 

    La demande céréalière est globalement en baisse par rapport à l’année précédente et à la moyenne. Cette demande est principalement composée de celle du Gouvernement pour la reconstitution des stocks publics et des ONG humanitaires, pour l’assistance alimentaires pour les populations vulnérables, en occurrence les personnes déplacées internes et les ménages hôtes. La demande des entreprises d’éleveurs connait une baisse du fait que les gros éleveurs disposent de plus en plus d’exploitations agricoles pour l’alimentation de leur bétail et/ou volaille dans le but de réduire les coûts liés à leur activité.  En outre, la faiblesse du pouvoir d’achat des ménages liée à la situation économique conjoncturelle du pays, réduit leur recours au marché pour leur alimentation. Dans les zones d’accès limité au nord du pays, ou le fonctionnement des marchés est perturbé, les ménages pauvres dépendent majoritairement de l’assistance alimentaire, ce qui impacte sur leur recours au marché.

    Les prix aux consommateurs des principales céréales et du riz importé étaient au niveau national en baisse en janvier 2024 par rapport à l’année précédente à la même période. Ces prix demeurent toutefois au-dessus de la moyenne. Des hausses quinquennales respectives de 22, 32 et 37 pour cent sont enregistrées pour le maïs, le mil et le sorgho. Le prix du riz local et importé est hausse de 20 pour cent par rapport à la moyenne.

    Le fonctionnement des marchés à bétail demeure négativement impacté par la situation sécuritaire. Dans le nord du pays, l’offre en bétail est faible, voire nulle en raison de l’érosion des avoirs des ménages et de la fermeture ou du fonctionnement à minima des marchés. Dans les zones relativement accessibles, l’offre et la demande sont en hausse par rapport à l’année passée et à la moyenne. Les marchés de Fada, Kaya, Bobo-Dioulasso et de Pouytenga sont les principales zones de redirection du bétail en raison des difficultés d’accès aux autres marchés. Quant aux prix, ils sont volatiles d’une localité à une autre. La plus forte baisse annuelle est de 24 pour cent enregistrée sur le prix des caprins à Dori dans la province du Seno et la plus forte hausse est de 49 pour cent et a été enregistrée à Yilou dans la province du Bam pour les Ovins.

    L’assistance alimentaire : Les besoins en assistance alimentaire sont de plus en plus importants à cause du nombre élevé de PDIs, de l’épuisement précoce des stocks issus de l’autoproduction et de la perte des avoirs liées aux moyens d’existence des ménages dans les zones à forts défis sécuritaire. Cependant, la délivrance de l’assistance reste confrontée aux difficultés logistiques, sécuritaires et financières. Les convois escortés ou le transport aéroporté des vivres reste incontournable pour la délivrance de l’aide alimentaire dans la trentaine de zones inaccessibles avec des délais de ravitaillement terrestre en moyenne de trois mois. Néanmoins, depuis le mois de décembre 2023, l’assistance est conduite surtout dans les communes de Djibo, Arbinda, Kelbo, Gorom-Gorom, Sebba et les informants clés indiquent qu’il touche une large partie de la population. Certaines ONGs ont même opté pour des distributions de 3 à 6 mois de ration, en particulier à Gorom-Gorom. D’autres ont recours aux commerçants locaux pour la délivrance des programmes de vouchers. Toutefois, l’assistance reste faible en particulier dans les provinces de la Kompienga et de la Kossi et les PDIs et ménages hôtes y éprouvent des difficultés d’accès au marché en raison de la faiblesse de leur revenu et du niveau élevé des prix des denrées alimentaires.

    Résultats actuels de la sécurité alimentaire

    Les ménages vivants dans les zones d’accès difficile au nord du pays sont confrontés à un approvisionnement faible et irrégulier du marché. Leurs accès aux sources habituelles de revenus demeurent limités et font face à l’érosion de leurs avoirs. Bien que la production maraichère contribue localement à réduire les difficultés alimentaires, les populations dans ces localités n’ont pas accès aux denrées de base sur les marchés et sont pour la majorité dépendant de l’assistance alimentaire. En raison de l’irrégularité de cette assistance et en vue d’éviter les ruptures en vivres, les ménages adoptent des stratégies d’adaptation en vue de prolonger la durée des stocks reçus.  Aussi, la réduction à la fois du nombre et de la quantité des repas consommés, la réduction de la consommation des adultes au profits des enfants sont entre autres les stratégies adoptées par les PDIs et les ménages hôtes pauvres. Dans les communes de Sebba, Gorom-Gorom, Markoye, Djibo, Arbinda et Kelbo, l’assistance alimentaire en cours depuis le mois de décembre touche au moins la moitié de la population, couvre au moins 50 pour cent de leur besoin et contribue à réduire les écarts extrêmes de consommation et le nombre de personnes exposées à la Catastrophe (Phase 5 de l’IPC). Bien que les signes visibles de malnutrition soient encore répandus, les informateurs clés signalent que les cas d’inanition sont maintenant rares. De même, les cas de mendicité ou de ménages passant une journée et une nuit entière sans nourriture sont devenus faible et peu fréquents. Dans ces communes les PDIs et hôtes pauvres vivent une insécurité alimentaire aigue Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC). Dans la commune de Titao (province du Loroum), la production maraichère est une source importante de nourriture pour la majorité des ménages. Cependant, la mévente des produits du fait de la non-fréquentation de la zone par les acheteurs entraine une baisse significative des revenus qui restent insuffisants pour l’achat de céréales base sur le marché et les ménages pauvres sont contraints de développer des stratégies de Crise (Phase 3 de l’IPC) pour leur consommation. 

    Dans les autres communes sous blocus et de forte présence de PDIs, notamment dans les provinces de la Kompienga et de la Kossi l’épuisement précoce des stocks de l’autoproduction, le niveau atypiquement élevé des prix des denrées de base, affectent négativement l’accès alimentaire des ménages et exposent les pauvres à l’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC). 

    Dans les centres urbains, le prélèvement d’impôt sur les salaires, l’augmentation de taxes sur la consommation de certains biens et services et les prix au-dessus de la moyenne pour certains produits de grande consommation (riz, huile, sucre, carburant, combustibles) dégradent le pouvoir d’achat des ménages pauvres, les contraignant à réduire la quantité et la qualité des repas et de vivre une insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC). 

    Dans les zones de production du sud et de l’ouest relativement plus calmes, malgré la baisse des revenus, les ménages pauvres continuent d’avoir un accès typique à l’alimentation grâce à leur production et de rester en insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC). Ces localités accueillent des personnes déplacées des autres régions du pays à la recherche d’opportunité d’emploi, ce qui accentue la concurrence pour l’offre de main-d’œuvre.


    Calendrier saisonnier pour une année typique
    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET


    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire de février à septembre 2024 se base sur des suppositions fondamentales suivantes, par rapport à l’évolution du contexte national :

    • Insécurité : Avec la pression offensive en cours des FDS contre les positions des GAT, il est probable que ces groupes multiplient également les attaques et les actions répressives contre les populations civiles. Dans l'ensemble, la fréquence et l'intensité des incidents sécuritaires et des tueries associées devraient demeurer à des niveaux élevés pendant toute la saison sèche de février à mai. Une diminution relative des attaques pourrait s’observer pendant la saison de pluie entre juillet et septembre, en raison de la mobilité réduite des GAT.  Les menaces et attaques commises par les GAT devraient continuer à limiter le retour des personnes déplacées dans leurs localités d'origine, à perturber considérablement le fonctionnement des marchés locaux et à limiter l'accès des ménages aux champs - réduisant les activités agropastorales.
    • Prévisions saisonnières : Les prévisions saisonnières NMME faites en janvier, indiquent des possibilités de précipitations moyennes à supérieures à la moyenne sur le Sahel de juin à septembre. Cependant, la confiance dans les prévisions est relativement faible étant donné l’écart de temps long par rapport à la période. Sous réserve d’une bonne répartition spatio-temporelle, ces précipitations pourraient favoriser une bonne croissance des cultures et des pâturages au cours de la période.
    • Production de saison sèche: Dans le cadre de l’initiative présidentielle pour l’autosuffisance alimentaire, les producteurs ont reçu dès octobre les intrants agricoles et l’accompagnement du gouvernement à travers des aménagements de sites et la sécurisation de certains sites au nord pour la campagne sèche. Aussi, la production attendue en saison sèche entre janvier et mai devrait connaitre une hausse par rapport à la saison passée notamment pour le maïs et le riz. Toutefois, l’accès aux sites de productions restera limité notamment dans les régions de la Boucle du Mouhoun, du Nord, du Centre-Nord, du Sahel et de l’Est comparativement à la normale avant la crise sécuritaire. Par ailleurs, le coût élevé des facteurs de productions tels que les intrants agricoles et le carburant pour le fonctionnement des motopompes pourrait contraindre les producteurs, en occurrence les plus pauvres à réduire les superficies emblavées. Outre ces facteurs limitants, les risques de tarissement précoce de points d’eau dans certaines localités (Centre-Sud, Hauts-bassins, Nord, Sahel) pourrait réduire le nombre de cycle de production durant la campagne.  Dans l’ensemble, les productions attendues principalement entre janvier et mai seront en-dessous de la moyenne avant la crise.
    • Revenus agricoles :  La vente des produits agricoles, principalement les produits de rente (coton, niébé, arachide, sésame, Soja, PFNL etc.) et des produits maraichers constitue habituellement la principale source de revenu des ménages agricoles pauvres. Il est attendu une baisse des revenus issus de la vente du coton, du sésame, du Soja et du niébé du fait de la baisse de leurs productions. La baisse du prix de l’arachide et les difficultés liées à son exportation ne permettra pas aux producteurs d’en tirer grand profit.  Malgré la disponibilité saisonnière des PFNL, notamment les amandes du karité et les grains de néré, la faible accessibilité des zones de collecte, cumulée à la baisse de leur prix impacteront négativement sur les revenus tirés de la vente de ces produits. Par ailleurs, les risques d’incidents sur les axes d’approvisionnement ainsi que les tracasseries routières contribueront à réduire la fréquentation des sites de production par les acheteurs étrangers et à ralentir l’écoulement des produits maraichers. Dans l’ensemble, les revenus agricoles seront similaires, voire légèrement au-dessus de leurs niveaux de 2023 durant la période du scénario.
    • Baisse des revenus non agricoles : Malgré l’élargissement du rayon de sécurité dans certaines localités, en particulier au nord du pays, plusieurs sites d’orpaillage demeurent inaccessibles et certains d’accès interdit. L’augmentation de l’exode de populations des zones du nord vers les sites d’orpaillage et zones de production agricole du sud et de l’ouest, en occurrence dans les régions des Hauts-bassins, du Sud-Ouest, du Centre-Sud, des Cascades relativement plus calmes, et l’augmentation du nombre de migrants vers les pays côtiers, pourraient favoriser des transferts de fonds plus importants par rapport à la normale au profit des zones de départ. Cependant, la persistance de la conjoncture économique difficile pourrait limiter l’offre d’emploi dans les centres urbains. Par ailleurs, la demande de main-d’œuvre pour la préparation des champs entre février et mai et pour l’entretien des champs entre juin et septembre, pourrait baisser par rapport aux trois dernières saisons en raison de la baisse des superficies de coton (due au coût élevé des engrais) et de l’utilisation de plus en plus grande des herbicides dans les champs.

    Figure 4

    Projection du prix du maïs blanc sur le marché de Sankaryaré à Ouagadougou
    Projection du prix du maïs blanc sur le marché de Sankaryaré à Ouagadougou

    Source: FEWS NET

    • Fonctionnement des marchés et prix des produits de base : Le fonctionnement des marchés des produits agricoles continuera d’être perturbé par la situation sécuritaire. L’offre sera globalement en dessous de son niveau de 2023 et à la moyenne entre février et septembre 2024 en raison des difficultés d’accès à certaines zones de production pour le transfert des vivres vers le Nord et l’Est où l’approvisionnement des marchés n’est possible que par convois escortés. En sus des mesures d’interdiction exportations des céréales et du Niébé en vigueur depuis 2022 et qui impactent négativement sur les importations de céréales, la récente mesure d’interdictions d’exportations de produits vivriers pris par la Côte D’Ivoire aura pour conséquence une baisse du volume des vivres importés cette année, malgré la présence de flux informels. La demande pourrait être légèrement supérieure à la moyenne en raison de l’épuisement précoce des stocks dans les zones les plus touchées par l’insécurité, des exportations additionnelles de céréales en soutien au Niger et des achats institutionnels au-dessus de la moyenne. En raison du dysfonctionnement des flux, de la hausse de la demande, les prix des produits de base demeureront similaires à leurs niveaux de 2023, mais supérieurs à leurs moyennes saisonnières sur les cinq dernières années (Figure 4). Ces variations à la hausse seront plus prononcées dans les zones d’accès difficiles et moins couvertes par l’assistance. 
    • Conjoncture économique : Malgré la baisse du taux d’inflation, le pouvoir d’achat des ménages restera exacerbé par la hausse des coûts de certains produits essentiels tels que le carburant, la communication et le transport. Les nouvelles mesures de prélèvement d’impôt sur les salaires et instituées à partir de janvier 2024 vont accroitre la pression sur les revenus des ménages et continuer à dégrader le pouvoir d’achat.
    • Assistance alimentaire : En raison des difficultés d’approvisionnement des marchés, de la perte des avoirs liée aux moyens d’existence des ménages dans les zones à forts défis sécuritaire, un nombre important de ménages auront désormais pour principale source de nourriture, l’assistance alimentaire. Toutefois, cette assistance connaitra comme d’habitude une réduction périodique entre février et mai, période de planification des interventions. A cela s’ajoutera les entraves sécuritaires et logistique pour sa mise en œuvre. De juin à septembre, le volume de l’assistance connaitra une hausse par rapport à 2023 en raison d’une augmentation des quantités de céréales destinées à la distribution gratuite par le Gouvernement. Par ailleurs, les organismes humanitaires utilisent de plus en plus le voucher pour pallier les difficultés liées aux distributions directes de vivres et aussi comme alternative à l’interdiction des transferts monétaires directs, notamment dans les régions du Sahel, du Centre-Nord et du Nord. Le volume de l’assistance restera toutefois en dessous de la moyenne pendant la période du fait des difficultés de financement de l’aide, des entraves sécuritaires et logistiques pour sa mise en œuvre.
    • Détérioration de la situation nutritionnelle : Les résultats préliminaires de l’enquête nationale de Nutrition basée sur la méthodologie SMART conduite entre septembre et octobre 2023 indiquent une situation nutritionnelle précaire à l’échelle du pays avec une prévalence de Malnutrition Aigüe Globale (MAG) de 7.5 pour cent [6.8-8.3]. La situation nutritionnelle restera probablement préoccupante en dépit d’une légère amélioration saisonnière généralement observée entre février et mai du fait de la baisse de la prévalence des maladies hydriques et de la disponibilité saisonnière de produits maraichers et des produits forestiers non ligneux (PFNL). La situation pourrait d’avantage se dégrader entre juin et septembre du fait de la soudure plus longue et de la hausse saisonnière des maladies d’origine hydrique en particulier dans les zones du Sahel, du Nord, du Centre-Nord et l’Est touchées par l’insécurité ayant fortement impacté  l’accès aux services de santé et a limité la fourniture de services essentiels de santé et de nutrition tels que le traitement et la prévention de la malnutrition ,la supplémentation en vitamine A, le déparasitage et la vaccination.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Dans les zones sous blocus, en particulier dans les régions du Nord et du Sahel, les ménages pauvres et les PDIs continueront de dépendre principalement de l’assistance en raison de l’absence de stocks issus de l’autoproduction et de l’érosion de leurs avoirs liés aux moyens d’existence. En effet, avec le faible niveau de remplissage des points d’eau, il est probable que le maraichage soit limité à partir d’avril et que cette source de nourriture soit marginale. L’orpaillage, la vente du bois de chauffe et les transferts d’argent des parents hors de la zone constitueront les principales sources de revenu entre février et septembre. L’assistance alimentaire restera nécessaire pour éviter l’accroissement du nombre de personnes exposées à la Catastrophe (Phase 5 de l’IPC) entre février et mai. L’installation à temps de la saison des pluies permettra une disponibilité saisonnière des produits de cueillette à partir de juillet. Avec un rayon de sécurité plus large comparativement à la saison écoulée, il est possible que la majorité des ménages ait accès à des légumes vertes. De plus, la mise en œuvre des programmes humanitaire de soudure contribuera à réduire les gaps extrêmes de consommation et l’exposition à l’insécurité alimentaire aigue au-delà de l’Urgence (Phase 4 de l’IPC) entre juin et septembre. 

    Dans les autres zones difficiles d’accès et de forte présence de PDIs dans les régions de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Nord et de l’Est, la faiblesse des revenus et le niveau élevé des prix, vont dégrader l’accès alimentaires pour les ménages pauvres et contraindre une proportion plus importante de personnes à l’adoption de stratégies de Crise (Phase 3 de l’IPC) aussi bien sur la consommation que sur les moyens d’existence entre février et mai.  Entre juin et septembre, le recours aux légumes vertes et d’autres PFNL sera plus important que d’habitude, de même que l’offre de main-d’œuvre agricole pour générer des revenus ou pour accéder à la nourriture. Cela permettra de limiter les stratégies extrêmes de consommation et de maintenir la majorité des PDIs et ménages hôtes pauvres en Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Dans les centres urbains, l’insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC) va persister pour les pauvres pendant toute la période de février à septembre.  La hausse saisonnière des prix des produits de première nécessité et les revenus en-dessous de la moyenne continueront d’exercer une pression de la demande des ménages sur les marchés et pousser plus de personnes à changer négativement les habitudes de consommation.  

    Dans les zones du Sud et de l’Ouest relativement calmes, les récoltes moyennes devraient assurer une alimentation typique aux ménages pauvres pour rester en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) entre février et mai 2024.  Toutefois, la baisse des revenus tirés de la vente des produits agricoles et la pression sur les ressources disponibles suite aux personnes déplacées internes présentent dans ces localités, un déficit de protection de moyens d’existence pourrait s’observer. Bien que les PDIs dans ces zones disposeront relativement de plus de revenus issus de la main-d’œuvre, de la vente de bois et de charbon de bois, de la pratique de l’orpaillage pour se procurer les denrées de base sur les marchés, ils resteront exposés à l’insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC) pendant toute la période.


    Évènements qui pourraient changer les scenarios
    Tableau 1
    Événements possibles au cours des huit mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable
    AreaEvénementsImpact sur les conditions de la sécurité alimentaire
    NationalAmélioration de la situation sécuritaireUne amélioration de la situation sécuritaire favorisera plus de mouvements pour la recherche d’opportunité de revenu ou de nourriture, un retour progressif des PDIs et un meilleur approvisionnement des marchés locaux en denrée de base, toute chose qui pourrait atténuer l’augmentation des prix. Cela favoriserait aussi le déploiement de l’assistance et contribuera à améliorer l’accès alimentaire et à réduire les écarts importants de consommation. Même si cela ne changerait pas fondamentalement le niveau d’érosion des avoirs, les PDIs et ménages hôtes pauvres dans les zones précédemment plus touchées par l’insécurité pourraient rester dans une situation d’insécurité alimentaire aigue Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) ou moindre en raison d’une assistance plus présente, mais aussi de l’accès à quelques sources de nourriture et de revenu, notamment les produits forestiers non ligneux et les sites de production maraichère.
    Zones sous blocusDélivrance soutenue de l’assistance alimentaire en grande quantitéL’utilisation des convois terrestre pour la délivrance de rations complète de nourriture sur 2 à 3 mois et la prise en compte des autres besoins de base permettrait de couvrir au moins 50 pour cent de leurs besoins mensuels en kilocalories et pallier la faiblesse de revenus chez les ménages pauvres. Ainsi, les ménages pauvres ne seraient plus contraints d’adopter des stratégies d'Urgence, mais seront exposés à la Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) car il n’est pas attendu une amélioration signification dans les avoirs sur le court terme.
    Province de Soum de la Région du Sahel, Zone de Moyens d’Existence BF07Détérioration de la situation sécuritaire et suspension prolongée de l’assistanceUne détérioration de la situation sécuritaire pourrait davantage limiter l’approvisionnement du marché et entrainer des ruptures en denrées de première nécessité. La délivrance de l’aide pourrait être suspendue créant ainsi que graves déficits de consommation chez les ménages. Les quelques sources de revenus encore disponibles telle la collecte du bois, le maraichage et l’orpaillage ne pourront pas combler les gaps.  L’insécurité alimentaire d'Urgence (Phase 4 de l'IPC) serait probablement maintenue, mais la proportion de ménages en situation de Catastrophe (Phase 5 de l'IPC) serait plus élevée que ce qui est actuellement prévu.

    Zone de préoccupation: Province de Soum de la Région du Sahel, Zone de Moyens d’Existence BF07 : Nord et Est Bétail et Céréales (Figure 5)

    Figure 5

    Carte de référence pour la zone concernée : Soum Province, Sahel Région, BFO7
    Carte de référence pour la zone concernée :   Soum Province, Sahel Région, BFO7

    Source: FEWS NET

    Situation actuelle

    Après l’attaque d’envergure des Groupes Armés Terroristes (GATs) contre la base militaire de Djibo le 26 novembre dernier, les FDS appuyés par les VDP ont multiplié les actions offensives dans la province. Une opération dénommée « Tchefari-Lii » a été menée dans le nord permettant la reprise des communes par l’armée, tels que Baraboulé et d’autres localités au nord de Djibo, et de récupérer d’importants matériel de combat ainsi que des biens matériels et du bétail pillés par les GATs. Si ces opérations ont permis d’élargir le rayon de sécurité autour de Djibo, passant de 3 km en janvier 2023 à 10 voire 15 km en 2024, les mouvements des populations restent cependant limités de même que leur accès aux sources habituelles de revenus telle que l’élevage et l’orpaillage. Les populations doivent parfois demander l’autorisation de déplacement aux FDS pour la collecte de bois et de fourrage.

    L’accès aux service sociaux de base est toujours réduit malgré la baisse des effectifs de population obligées de fuir le blocus qui dure pour rejoindre d’autres zones plus sécurisées. Les informateurs clés signalent que le nombre actuel de populations vivant à Djibo, Arbinda et Kelbo a considérablement baissé par rapport à février 2023 même s’il n’existe pas de chiffres officiels après ceux communiqués en mars 2023. 

    Le marché de Djibo fonctionne à minima depuis deux ans avec une offre largement en dessous de la moyenne.  Son approvisionnement est conditionné par les convois sous escorte miliaire. Au cours de l’année 2023, le marché de Djibo a reçu seulement trois (3) convois d’approvisionnement aux dates suivantes : 21 mars, 20 juin et 06 décembre. Ces longs délais sont la conséquence de l’accroissement dans le pays du nombre de communes dont les ravitaillements sont conditionnés par des convois militaires. En janvier 2024, les prix des principales céréales affichaient une relative stabilité par rapport à la moyenne quinquennale sur le marché de Djibo, mais restent toutefois le double des prix avant l’imposition du blocus en 2022. A Arbinda, des hausses respectives de 57 et 61 pour cent comparé à la moyenne sont observées pour le sorgho et le mil. Le marché de Djibo enregistre les plus fortes baisses annuelles de prix (68 à 70 pour cent) pour les principales céréales, en raison des niveaux de prix records enregistrés en 2023 à la même période. Malgré l’épuisement des stocks issus de l’autoproduction chez la quasi-totalité des ménages, le recourt au marché est faible compte tenu de la faiblesse des revenus et l’importance de l’assistance alimentaire pour une grande proportion des ménages. La faiblesse de la demande en raison du faible pouvoir d’achat des ménages et de leurs dépendances à l’assistance alimentaire pourraient également expliquer cette baisse des prix, ainsi que les efforts déployés par le gouvernement pour fixer des plafonds de prix avec les commerçants de la ville.  Les informateurs clés signalent que les revenus marginaux disponibles sont destinés à la satisfaction des autres besoins non couverts par l’assistance telles que le bois, sucre, et thé. 

    Le marché à bétail de Djibo demeure fermé. Les rares achats de petits ruminants par les bouchers locaux se font dans les concessions. La demande est largement supérieure à l’offre et concernerait essentiellement les caprins et les ovins, les ménages ne disposant plus de gros ruminants. L’abattage d’animaux par les bouchers devient de plus en plus rare en raison de l’érosion presque totale des avoirs en bétail dans la commune. Certains ménages gardent une à deux têtes comme réserve de sécurité mais qui font souvent l’objet de vol.

    Les sources habituelles de revenus demeurent inaccessibles. Les revenus tirés de la vente de l’herbe, de l’eau et du bois de chauffe demeurent marginaux, mais sont pratiqués par plus de personnes par rapport à janvier 2023 compte tenu de l’élargissement du rayon de sécurité autour de la ville de Djibo. Ceci permet aux femmes de collecter plus d’herbe ainsi que du bois de chauffe et d’augmenter les volumes de vente.  La vente de produits maraichers permet à la minorité qui mènent cette activité de disposer de quelques revenus pour la satisfaction de besoins non couverts par l’assistance (thé, sucre, bois, etc.). Bien qu’interdit dans la région, l’orpaillage reste pratiqué dans les rayons accessibles sous le contrôle des FDS et des VDP, en particulier à Arbinda. Selon les informateurs clés, plus de 50 pour cent des PDI et environ 40 pour cent des ménages hôtes reçoivent des transferts monétaires de parents vivants hors de Djibo et de Arbinda, toutefois les informations sur les montants de ces transferts ne sont pas disponibles. Les informateurs clés indiquent cependant que les revenus issus de ces transferts sont en hausses par rapport à la moyenne en du nombre de personnes qui ont pu quitter Djibo a augmenté, ce qui accroît leur capacité à envoyer des fonds à ceux qui sont restés dans la ville. Toutefois ces transferts ne sont pas suffisants pour combler le gap en revenu crée par l’érosion des avoirs liés aux moyens d’existences de ménages depuis la crise. 

    Après avoir été suspendus à la mi-octobre, ce qui soulignait la précarité de la livraison de l’assistance par hélicoptère dans un environnement de sécuritaire volatile, compte tenu des défis logistiques et financiers, les vols d'aide humanitaire à destination de Djibo ont repris en début janvier. Alors que les estimations sur la base des chiffres officiels de mars 2023,  l'aide humanitaire du PAM indique une couverture d'environ 16-20 pour cent de la population de Djibo avec une ration de 50-75 pour cent, les informateurs clés indiquent qu’une plus grande proportion de la population consomme l'aide humanitaire comme principale source de nourriture. Cela est probablement dû à la diminution de la population de base ainsi que des PDI de Djibo , qui augmenterait la couverture du PAM, ainsi qu'aux rapports des partages de l'assistance par la population bénéficiaire. Outre les livraisons du PAM, le convoi escorté par l'armée qui a atteint Djibo en décembre comprenait environ 550 tonnes de denrées alimentaires destinées à la distribution gratuite. Les informateurs clés indiquent qu'une grande partie a été distribuée en décembre et que le reste a été réservé aux stocks de sécurité de l’action sociale de Djibo, dont les derniers ont été distribués au début du mois de février. Dans la commune de Arbinda, des distributions alimentaires sont également en cours et certaines ONGs optent pour des opérations de vouchers en collaboration avec les commerçants locaux pour pallier les difficultés logistiques.  Pour faire face à l'environnement volatile dans lequel l'aide humanitaire doit être acheminée et pour se prémunir contre d'éventuelles perturbations dans la délivrance de l’assistance, les informateurs clés ont indiqué que les stratégies de gestion et de résilience telles que la réduction de la quantité de nourriture et le nombre de repas, adoptés par les ménages leurs permets de prolonger au-delà des périodes normales, la durée de stocks reçus de l’assistance.

    Figure 6

    Projection du prix du mil sur le marché de Djibo
    Projection du prix du mil sur le marché de Djibo

    Source: FEWS NET

    Suppositions

    Outre les hypothèses nationales, le scénario dans ce domaine de préoccupation repose sur les hypothèses suivantes :

    • Insécurité : Malgré l’élargissement du rayon de sécurité autour de la commune de Djibo, les mouvements des populations demeurent limités en raison de la persistance des menaces d’attaque par les GATs. Ces derniers tenteront de maintenir et de mener des actions de répression contre les civiles et d’empêcher le ravitaillement des marchés. 
    • Productions agropastorales : Il est attendu une amélioration du niveau de superficies emblavées lors de la campagne agricole prochaine par rapport à celle écoulée en raison de l’élargissement du rayon de sécurité autour des villes de Djibo et Arbinda. Elles resteront tout de même largement en dessous de la moyenne avant le blocus en 2022. L’accès aux facteurs de production restera limité compte tenu de la faiblesse des revenus des ménages et du coût élevé des intrants. L’insécurité continue de limiter l’accès aux ressources pastorales et la relance des activités d’élevage.
    • Baisse des revenus : La vente de l’herbe, du bois de chauffe et de l’eau, la pratique du maraichage et les transferts des parents seront les principales sources de revenus des ménages pauvres entre février et mai. Ces revenus ne seront pas suffisants pour couvrir le gap engendré par l’inaccessibilité aux sources de revenus habituelles que sont la vente du bétail et la main d’œuvre pastorales du fait du départ des gros éleveurs de la province. Par ailleurs, il est probable que l’eau du barrage soit insuffisante pour la poursuite du maraichage à partir du mois d’avril. La collecte et la vente du bois, le petit commerce et le recours aux transferts des parents constitueront l’essentiel des sources de revenu entre juin et septembre et seront au-dessus des niveaux observés au cours de 2023, mais demeureront marginaux pendant la période. Une légère hausse de la main d’œuvre agricole pourrait s’observer du fait de la hausse annuelle des superficies emblavées pour la production de la campagne agricole de 2024/2025 entre juin et septembre. 
    • Fonctionnement des marchés : Les marchés de Djibo, de Kelbo et de Arbinda continueront à être approvisionnés à partir de convois escortés par les forces de défenses. La poursuite de la baisse de la demande liée à la faiblesse des revenus des ménages et de leur faible dépendance au marché compte tenu de l’importance de l’assistance permettra de réduire les risques de ruptures du marché en denrées de bases. Par ailleurs, l’utilisation de plus en plus de vouchers par les organismes humanitaire pourrait contribuer à pallier les difficultés logistiques liées à la distribution de vivres, notamment vers Arbinda. Toutefois, la demande restera en dessous de la moyenne. Avec l’offre et la demande en dessous de la moyenne, les prix seront quasi similaires aux moyennes saisonnières sur les trois dernières années et en dessous des niveaux historiques de l’année dernière (Figure 6). L’offre en bétail demeurera faible, voire nulle en raison de l’érosion des avoirs et ne pourra pas répondre à la demande des boucheries de la ville.
    • Assistance alimentaire : L’assistante demeura la principale source de nourriture pour les ménages pauvres. Bien que les planifications d’aide ne soient pas encore disponibles, les communes de Djibo et de Arbinda restent prioritaires aussi bien pour le gouvernement que les partenaires. De juin à septembre, le volume de l’assistance pourrait connaitre une hausse par rapport à 2023 en raison d’une part, de la hausse prévue des céréales destinées à la distribution gratuite par le Gouvernement et d’autre part, à la réduction des longs délais d’approvisionnement des zones sous blocus en raison de la sécurisation en cours des axes routiers par les FDS et les VDP. Par ailleurs, pour réduire les retards de livraison liée aux difficultés logiques, les rations trimestrielles pourraient être fourni par le Gouvernement lors des convois.  

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    • Entre février et septembre, l'accès à la nourriture et aux revenus devrait s'améliorer légèrement par rapport à l'année dernière. La reprise de l'aide alimentaire humanitaire en janvier et sa large couverture de la population, ainsi que de légères améliorations de l'accès aux aliments sauvages et aux produits maraichers, devraient réduire les écarts extrêmes de consommation alimentaire. L’assistance alimentaire continuera à être la principale source de nourriture pour la majorité des ménages pauvres de la province, qui ont épuisés leurs stocks issus de l’autoproduction depuis décembre 2023. L'amélioration de l'accès aux services financiers et aux envois de fonds permettra aux ménages d'acheter des produits alimentaires et non alimentaires sur le marché pour compléter ce qu'ils reçoivent de l'assistance. Toutefois, la sécurité alimentaire des ménages reste précaire. Il est probable que le tarissement précoce du barrage entre avril et juin limite les activités du maraichage et donc privera les ménages de cette source de nourriture. Avec la durée du blocus, les avoirs des ménages sont érodés et les signes visibles de malnutrition persistent au sein de la population, bien que moins que l’année dernier. Bien que les rayons de sécurité soient plus élargis par rapport à 2023, les revenus faibles issus de la vente de bois et d’eau, de la pratique de l’orpaillage et les transferts reçus des parents, ne seront pas suffisants pour satisfaire les besoins des ménages sur le marché. Les résultats d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) sont probables entre février et mai et l’assistance demeure essentielle pour éviter l’accroissement du nombre de personnes exposées à la Catastrophe (Phase 5 de l’IPC) entre février et mai. 
    • Entre juin et septembre, il n’est pas attendu un changement significatif dans les sources de revenu des ménages. Le recours plus que normal aux légumes sauvages disponibles à la faveur de l’installation de la saison des pluies ne sera pas suffisant pour remplacer l’assistance. Etant donnée que la majorité des populations dépendent de l’assistance alimentaire, les livraisons d'assistances doivent non seulement être maintenues, mais aussi augmentées pour limiter les stratégies d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) et l’accroissement du nombre de personnes en Catastrophe (Phase 5 de l’IPC).  

    Résultats les plus probables en matière de sécurité alimentaire et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’aide humanitaire

    Annexe sur le risque de Famine (Phase 5 de l'IPC) au Burkina Faso

    FEWS NET évalue et communique un risque de Famine (Phase 5 de l’IPC) lorsqu’il existe un scénario alternatif crédible dans lequel la Famine (Phase 5 de l’IPC) surviendrait dans le futur, mais qu’il ne s’agit pas du résultat d’insécurité alimentaire aiguë le plus probable. Un risque crédible de Famine (Phase 5 de l’IPC) existe lorsque la probabilité du scénario qui entraînerait une Famine (Phase 5 de l’IPC) est considérée comme « modérée » ou « élevée ». Cette distinction est importante dans les contextes où existent des scénarios potentiellement pessimistes, mais ce ne sont pas des scénarios que FEWS NET considère comme ayant une probabilité d'occurrence modérée ou élevée. Selon les protocoles IPC 3.1, la classification de la Famine (Phase 5 de l’IPC) dans une zone spécifique nécessite que trois seuils liés à la famine soient respectés : 1) au moins 20 pour cent de la population de la zone souffre d’un manque extrême de nourriture ; 2) les niveaux de malnutrition aiguë atteignent ou dépassent 30 pour cent des enfants de moins de cinq ans ; 3) ≥2 adultes ou ≥4 enfants pour 10 000 personnes meurent chaque jour à cause de la famine ou de l’interaction de la malnutrition et de la maladie.

    Depuis le début du blocus en février 2022 sur la ville de Djibo, le contexte a considérablement évolué. Entre février 2022 et la mi-2023, la mobilité autour de Djibo était extrêmement limitée à 1 à 3 km au-delà de la ville. Depuis le second semestre l’année 2023, les informateurs clés ont indiqué que la mobilité autour de Djibo a augmenté, avec une augmentation du nombre de populations risquant leur vie pour se rendre dans des autres communes de la province du Soum. En outre, en réponse aux capacités accrues des FDS en matière de frappes de drones, le JNIM est probablement passé d'une stratégie consistant à couper complètement Djibo à une stratégie de dispersion des unités a travers le nord du pays, avec la capacité de concentrer rapidement ses forces pour des opérations/attaques majeures. Bien que cela ait probablement légèrement amélioré la mobilité autour de Djibo pour les populations locales et les militaires, l'expansion des attaques des GATs dans le nord du pays continue à disperser les ressources militaires, avec la possibilité de continuer à perturber de manière significative l'accès à un nombre croissant de zones. Après l’attaque d’envergure conduite par les Groupes Armés Terroristes (GATs) contre la base militaire de Djibo le 26 novembre dernier, les FDS appuyés par les VDP ont multiplié les actions offensives dans la province. Ces opérations ont permis d’élargir le rayon de sécurité autour de Djibo, passant de 3 km en janvier 2023 à 10 voire 15 km en 2024. Ces opérations ont non seulement permis d'étendre le périmètre de sécurité autour de Djibo, mais plusieurs opérations ont également été menées pour sécuriser des axes clés à travers le nord du Burkina, notamment l'axe Dori-Kongoussi. Si Djibo nécessite toujours l'accès d'un convoi militaire par la route, plusieurs autres localités sont désormais accessibles par la route, notamment Gorom Gorom dans la province voisine de l'Oudalan. Les informateurs clés indiquent que les convois sont possibles dans plusieurs autres localités inaccessibles depuis le début de l'année : Gayeri a été atteint par convoi en septembre, et certaines zones peuvent être régulièrement approvisionnées par convoi comme Tougan (chaque semaine) et Markoye (deux fois par semaine). Cependant, les flux vers Djibo et à travers les zones sous blocus restent limités, de même que les mouvements des populations et leur accès aux sources habituelles de revenus.

    Les informateurs clés indiquent que les services sociaux ont repris à Djibo. Grâce à un réseau téléphonique opérationnel et à la reprise de certains services financiers, les ménages peuvent désormais accéder aux envois de fonds, qui, selon les informateurs clés, constituent une source de revenus importante qui permet aux ménages d'acheter des produits alimentaires et non alimentaires sur le marché. En plus des services financiers, les écoles peuvent fonctionner toute une journée et les programmes de cantine scolaire ont repris.

    Les niveaux d’insécurité alimentaire aiguë restent très élevés au Burkina Faso. Même avec les améliorations relatives observées depuis décembre, l’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) sont attendues pendant la période de soudure dans le nord du Burkina Faso, avec une augmentation de la population ayant besoin d’une assistance alimentaire entre juin et août 2024. De faibles proportions de ménages en Catastrophe (Phase 5 de l’IPC) devraient persister tout au long de la période de projection, en raison de l’érosion sous-jacente des moyens de subsistance, de longs retards dans l’approvisionnement des marchés et d’une production locale nettement inférieure à la moyenne. Parallèlement, d’importants déficits de financement continueront de limiter l’ampleur de l’aide humanitaire, dont la réponse en sécurité alimentaire pour le plan nationale de réponse 2024 est faiblement financé. Même si le risque de Famine (Phase 5 de l’IPC) est considéré comme faible de février à septembre, il est important de garder à l’esprit que les résultats d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) et de Catastrophe (Phase 5 de l’IPC) restent révélateurs d’une situation grave dans laquelle de manière atypique des niveaux élevés de malnutrition aiguë et de mortalité sont attendus.

    Le risque de Famine (Phase 5 de l’IPC) peut être supprimé ou ajouté dans un pays à tout moment en fonction de l’évolution des conditions. FEWS NET continuera à surveiller de près et à évaluer régulièrement le niveau de risque, étant donné que les schémas de conflit et la production agricole pourraient changer tout au long de la saison des pluies 2024.

    Citation recommandée: FEWS NET. Burkina Faso Perspectives sur la sécurité alimentaire Février - Septembre 2024: L’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) sera répandue au nord du Burkina Faso pendant la soudure, 2024.

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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