Skip to main content

Des perspectives alimentaires dans l’extrême nord dépendantes de l’évolution des prix du bétail

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Burkina Faso
  • Février - Septembre 2017
Des perspectives alimentaires dans l’extrême nord dépendantes de l’évolution des prix du bétail

Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
  • Messages clé
    • Nonobstant des récoltes globalement en-dessous de la moyenne, les ménages pauvres dans l’extrême nord du pays continuent d’avoir une consommation alimentaire habituelle, basée essentiellement sur leur production. Jusqu’à avril, ils ne sont pas contraints à des stratégies atypiques pour l’accès à leur alimentation et vivent une insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    • Les activités maraichères, présentement en pleine effervescence à la faveur de la disponibilité de l’eau, constituent une alternative de revenu pour les producteurs en leur permettant ainsi d’éviter de brader leurs céréales juste après les récoltes. Tout en procurant des emplois aux ménages les plus pauvres, elles permettent également de renforcer et diversifier l’offre des produits maraichers sur les marchés qui sont moyennement approvisionnés en céréales à des prix dans l’ensemble similaires à ceux de la moyenne quinquennale.

    • Dans l’ensemble du pays, les marchés à bétail restent caractérisés par la morosité de la demande Nigériane. Dans l’extrême nord du pays, les marchés subissent en outre, le contrecoup des attaques terroristes récurrentes entrainant ainsi la chute des prix des animaux et la réduction du pouvoir d’achat des ménages notamment les plus pauvres. Dans les tout-prochains mois, la dépendance au marché, habituellement très forte, va encore se renforcer et leur accès à l’alimentation sera réduit du fait de la faiblesse de leur pouvoir d’achat et ils auront une insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC) d’avril à septembre.


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    Production agricole

    La production nationale céréalière prévisionnelle de la campagne agricole 2016-2017 se chiffre à 4,705,030 tonnes.  Cette production est en hausse par rapport à celle de la campagne agricole précédente de 12.30 pour cent et de 6.48 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

    Marchés et flux

    Sur les marchés, les disponibilités alimentaires sont moyennes et diversifiées avec une forte présence des produits maraichers et des tubercules (patate douce, pomme de terre, igname). La bonne disponibilité des ressources en eau et le soutien de l’Etat et des partenaires aux activités de contre-saison favorisent une effervescence de la production maraichère et procurent aux producteurs des revenus leur permettant de mieux réguler la mise à marchés de leurs productions céréalières.

    Sur les marchés, la demande des ménages en céréales de base est encore timide car la plupart des ménages ont toujours recours à leurs propres productions pour leur alimentation. Les niveaux de prix dans l’ensemble demeurent stables par rapport à l’année écoulée. Toutefois par rapport à la moyenne quinquennale, de légères baisses sont enregistrées : -4 pour cent pour le maïs, -5 pour cent pour le sorgho et -3 pour cent pour le mil. Le prix des produits de rente comparés à l’année passée, est en hausse pour le niébé (9 pour cent) et le sésame (10 à 20 pour cent), mais en baisse de 15 pour cent pour l’arachide. Comparés à la moyenne des cinq dernières années, Ils demeurent similaires.

    La morosité des marchés à bétail notamment en ce qui concerne les bovins se poursuit et les flux en direction du Nigéria demeurent encore timides. Les seuls débouchés (Benin, Ghana, Côte-d’Ivoire et Togo) qui s’offraient aux exportateurs sont actuellement saturés du fait du surplus d’animaux sur ces marchés. Toutefois, la crise du marché du gros ruminant qui a  conduit une chute des prix d’environ 20 pour cent par rapport au prix moyen, n’affectera que de façon marginale les ménages pauvres et très pauvres dont l’accès alimentaire ne dépend pas de la vente du gros bétail. Par contre les prix des petits ruminants en février qui sont dans l’ensemble stables par rapport à la moyenne quinquennale sur la plupart des marchés seraient une situation favorable pour les ménages les plus pauvres. Dans l’extrême nord du pays les attaques récurrentes terroristes, entrainent dans certaines localités la fermeture des écoles et le disfonctionnement des marchés à bétail (cas du marché de Djibo).

    Revenus

    Les revenus des ménages pauvres proviennent comme en année normale, de la pratique du maraichage, de la pratique de l’orpaillage et des autres sources de revenus, tels que les travaux de construction, la vente de fourrage et de secco, la vente de petits ruminants et de volaille. Sur les sites d’or, le prix moyen du gramme d’or qui était de 25 000 F CFA à la sortie des récoltes est passé à 28 000 F CFA actuellement, ce qui représente une hausse d’environ 20 pour cent comparé à la moyenne sur les cinq dernières années. Ce prix assez rémunérateur suscite l’engouement des orpailleurs sur les sites.

    Assistance humanitaire

    Cette année encore l’Etat et ses partenaires prévoient des interventions humanitaires de transferts monétaires, de vente de céréales à prix social, de prévention et de prise en charge de la malnutrition aigüe, toutefois, leurs planifications ne sont pas encore effectives sur le terrain.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit de février à septembre 2017, se fonde sur les hypothèses générales suivantes :

    • Une saison pluvieuse moyenne : Selon les résultats des prévisions saisonnières, la saison des pluies devrait s'installer à temps dans le pays. De même, il est attendu une distribution des pluies similaire à la moyenne et une fin normale des pluies.
    • Des prix des denrées de base similaires à la moyenne : Avec l’approvisionnement moyen des marchés en céréales, l’offre normale de produits maraichers et une demande typique des ménages, les prix des denrées de base évolueront suivant la tendance saisonnière moyenne sur toute la période du scenario.
    • Des revenus normaux à supérieur à la normale : La vente de petits ruminants et de produits maraichers (entre février et mai) à des niveaux de prix stables, la hausse du prix d’achat du gramme d’or, la demande habituelle de main-d’œuvre agricole (préparation des champs jusqu’en mai et entretien des cultures entre juillet et septembre), devraient permettre aux ménages pauvres de générer des revenus similaires ou au-dessus de la moyenne.
    • Une soudure pastorale typique : Le remplissage moyen des points d’eau et la disponibilité moyenne de fourrage devraient permettre aux animaux de traverser une période de soudure normale entre mars et juin en attendant la régénération des pâturages à partir de juillet avec le démarrage à temps de la saison. Cette situation favorisera le retour à temps des transhumants.

    Résultat le plus probable de la sécurité alimentaire

    Pendant la période du scénario, la stabilité des prix des denrées de base et la génération de revenus normaux à supérieur à la normale, favoriseront un accès quasi-habituel des ménages pauvres à l’alimentation. Le démarrage à temps de la saison permettra la disponibilité typique des produits de cueillette, de lait et les premières récoltes en vers de maïs et de mil hâtif.

    La consommation alimentaire normale contribuera à maintenir stables les taux de malnutrition aigüe globale autour de la médiane sur les cinq dernières années (8,6 pour cent). Par conséquent, une situation d’insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) sera observée pour la majorité des ménages pauvres pendant toute la période du scenario.

    Figures Current acute food security outcomes, February 2017

    Figure 1

    Current acute food security outcomes, February 2017

    Source: FEWS NET

    CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNEE TYPIQUE

    Figure 2

    CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNEE TYPIQUE

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top