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Perspective d'avril a septembre 2012

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Burkina Faso
  • Avril - Septembre 2012
Perspective d'avril a septembre 2012

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  • Messages clé
  • Contexte national en Avril
  • Scénarii les plus probables de la sécurité alimentaire (avril à septembre 2012)
  • Messages clé
    • Les assistances alimentaires planifiées et en cours d’exécution permettront aux ménages pauvres et très pauvres dans les zones de moyens d’existence de préoccupation (8, 9, 7, 5) de maintenir leur état d’insécurité alimentaire aiguë sous stress (IPC Phase 2) d’ici juin. 

    • Entre juillet et septembre on observera une crise dans l’extrême nord (zone 8) et l’extrémité Est (Est de la zone 9) du pays au regard de l’arrivée continue des réfugiés maliens dans la zone 8 et de la hausse des prix des céréales dans les deux zones. 

    • Les prévisions saisonnières actuelles laissent entrevoir une situation pluviométrique normale entre juin et octobre 2012. Ce qui pourrait supposer de bonnes productions à l’issue de la campagne agropastorale 2012/2013. 


    Contexte national en Avril

    La population totale du pays est estimée à 16,7 millions d’habitants dont 1,145 millions de personnes vulnérables étaient identifiés par le Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR) en décembre 2011, contre environ 600 000 en moyenne. Le plan opérationnel de soutien aux populations vulnérables prévoit 2,8 millions de bénéficiaires et était à plus de 50 pour cent financé à la fin mars 2012.

    Entre fin janvier et mi-avril, 46,000 réfugiés maliens sont entrés dans le pays. Environ trois-quarts de ces réfugiés sont dans la  zone 8-Nord, élevage transhumant et mil. La capacité maximale actuelle de soutien aux refugiés planifiée par le gouvernement est de 60,000 personnes. Ces réfugiés bénéficient de l’aide humanitaire. Au contraire des attentes de stabilité ou des augmentations saisonnières (2-5 pour cent) des prix entre janvier et mars, la tendance générale des prix des céréales sur la majorité des marchés au Burkina Faso était une hausse importante (10-20 pour cent) entre février et mars. Ainsi, alors que dans les autres pays de la région, le pourcentage de différence entre les prix du mars 2012 et la moyenne quinquennale est restée stable ou en baisse, il a été en hausse au Burkina (pour le mil de 20-50 pour cent supérieur à la moyenne en décembre 2011 à 50-80 pour cent supérieur en mars 2012).

    Cette augmentation inattendue des prix est probablement le résultat d’une augmentation de la demande. Il y a eu aussi en mars une partie des nouvelles cultures de contre saison telles que le maïs blanc Bondofa qui sont arrivées sur les marchés. Finalement, par rapport à l’année dernière, les augmentations des prix les plus importantes se trouvent à Djibo et à Solenzo, les marchés des zones déficitaires, d’accueil des refugiés, et une source d’approvisionnement des marchés des zones en conflit du Mali. Depuis plus de 20 mois, les prix de l’essence étaient subventionnés par le gouvernement. Les mesures prises par le gouvernement relatives au carburant (liberté contrôlé des prix du transport inter-urbain) auront peu d’effet  immédiat sur la hausse du coût du transport des céréales mais se présentera dans les prix des céréales pendant la période de la perspective.  Ainsi, la forte augmentation des prix des céréales en mars est probablement le résultat d’une demande institutionnelle nationale et locale au niveau des zones déficitaires.

    Les mesures gouvernementales de décembre visant un contrôle des prix des principales céréales à travers leurs fixation par les gouverneurs de chefs lieux de région (arrêtés Ministère du Commerce nº2011-212 bis du 24/11/2011 et nº225 du 02/12/2011) ne sont pas mises en application. Par contre le contrôle strict de sorties de céréales est plus sévère. La proportion des exportations informelles des céréales a probablement augmenté par rapport à décembre 2011 /janvier 2012. Cependant, il n’est pas évident que le volume total des échanges a été modifié significativement ou est significativement différent des flux typiques.

    Le gouvernement à travers la Société Nationale de Gestion du Stock de Sécurité Alimentaire (SONAGESS) estimait au 30 mars 2012 à environ 88,000 tonnes de céréales disponibles pour faire face à la détérioration de la situation alimentaire. Une première tranche de vente à prix social de plus de 6,000 tonnes de céréales a été réalisée dans les zones identifiées à risque d’insécurité alimentaire par le gouvernement entre janvier et mi-mars. Ces céréales ont été vendues à 6,000 XOF (40 pour cent en dessous du prix du marché) le sac de 50 kg de céréales (sorgho, mil, maïs) et de 10,500 XOF le sac de 30 kg de riz importé issu de l’aide japonaise (appelé KR).


    Scénarii les plus probables de la sécurité alimentaire (avril à septembre 2012)

    Les scénarii les plus probables de la sécurité alimentaire dans le pays se basent sur les hypothèses générales suivantes :

    • Les occupants au Mali gardent le statu quo avec pour corollaire plus de banditisme à la frontière nord sans grands mouvements additionnels de populations[1] .
    • Une installation normale de la saison des pluies en mai/juin au sud, à l’ouest et à l’est, et en juin/juillet au centre et au nord. Les perspectives d’une production moyenne à bonne en septembre/octobre (environ 3,8 million de tonnes) encourageront les commerçants de libérer les stocks entre juillet-août.   
    • Cependant, la période de forte demande de mil et du sucre pour le Ramadan entre mi-juillet et mi-août fera que leurs prix n’atteindront leurs pics qu’en août.
    • Du fait de la demande institutionnelle comme réponse à la production médiocre, de celui né des besoins des refugiés ainsi que des prix élevés, l’on suppose une augmentation des prix des céréales entre avril et juillet d’environ 5-10 pour cent par mois en moyenne, plus important que l’augmentation saisonnière moyenne de 0-5 pour cent par mois.
    • Les bras valides en exode et sur les sites aurifères rentreront aux villages pour le début des travaux champêtres en juin. Les revenus ménagers de l’exode sur l’année de consommation 2011/12 seront au moins 30 pour cent supérieures à la moyenne vu l’intensification du niveau d’effort avec des prix de la main d’œuvre stables ou en augmentation par rapport à la moyenne.
    • La production de coton graine atteindra, voire dépassera, les 533,000 tonnes, soit en hausse de 21 pour cent par rapport à 2011, qui était considère comme une annee sous-moyenne en terme de production (401,000 tonnes).  La production de coton graine permettra un niveau légèrement au dessus moyenne des revenus.  
    • Les conditions pastorales aussi bien que les prix des petits ruminants seront à leur minimum entre avril et mai avec une amélioration significative en mai/juin (petits ruminants) et juillet (gros ruminants) selon les tendances normales saisonnières.
    • Les contrôles de sortie des céréales se poursuivront jusqu’en septembre.  
    • Une seconde tranche de 50,000 tonnes de ventes à prix modéré des céréales est mobilisée pour l’approvisionnement des boutiques témoins prévues dans les 170 communes identifiées à risque d’insécurité alimentaire entre avril et juin. Il est probable que le gouvernement pourra mobiliser au moins 60,000 tonnes  des 88,000 tonnes prévu pour la période de la perspective pour achever ce programme.
    • Les programmes normaux et ceux relatifs à la situation alimentaire actuelle des humanitaires se poursuivront sur toute la période du scénario.

    Dans les zones faisant face à la fois à une production agricole de 50 pour cent de la moyenne ou moins et entre les ménages très pauvres et pauvres dépendants sur les marchés pour une partie importante des besoins alimentaires, (principalement dans le nord et est du pays, zones de moyens d’existence 7, 8, et 9), la consommation alimentaire est suffisante mais au coût d’une dégradation des moyens d’existence. Dans les zones qui accueillent une proportion importante des réfugiés, la détérioration des moyens d’exsitence est plus importante. Il n’y a pas encore de signal signficatif des niveaux de la malnutrition aiguë ou de la mortalité dans les zones. FEWS NET classifie ces zones actuellement comme Phase 2 de l’IPC : Stress. Au fur et à mesure qu’on approche la soudure agricole avec le pic des prix des céréales en juillet/août, la consommation alimentaire sera pire (Figure 2). Dans les zones les plus affectées, surtout dans la zone 8, les recours au dépouillement des moyens d’existence s’intensifiera, et les niveaux de la malnutrition aiguë globale seront significativement plus importants que les niveaux de fond. L’assistance actuellement prévue ne sera pas suffisante en quantité et fréquence pour remplir les besoins minimums alimentaires dans ces zones. Ces zones seront en Phase 3 de l’IPC : Crise, surtout au pic de la soudure entre juillet et septembre (Figure 3).

    Zone de moyens d’existence 9-Est et Sud-est céréales, élévage, forêt et faune

    Typiquement, cette zone ne connait pas fréquemment de sécheresse entrainant une mauvaise production agricole. Cependant, les ménages très pauvres (25 pour cent de la population environ) y sont hautement vulnérables à cet aléa car ils dépendent de la vente des céréales, des cultures de rente (l’arachide, soja) et des produits de la cueillette (produits forestiers non-ligneux) pour 80 pour cent des revenus et de la production propre ou du crédit alimenatire sur la base de la production propre pour 40-60 pour cent de l’alimentation annuelle. Les achats des aliments (30 pour cent de l’alimentation annuelle typique) se font typiquement entre juin-septembre et sont financés par la vente des produits de cueillette et les revenus du travail agricole local. La zone est relativement riche. Les stratégies de réponse aux chocs des ménages très pauvres restent typiquement sur l’intensification des stratégies de moyens d’existence (vente des produits de la cueillette, l’exode, le commerce, etc.).

    La pluviométrie en 2011/12 était particulièrement en retard et mal distribuée dans cette zone. La production céréalière n’était que 20 pour cent du niveau de l’année passée (une année de production excellente) dans le nord de la zone, surtout autour de la Tapoa, et 40 pour cent de l’année passée d’ailleurs. La production des cultures de rente et des produits de la cueillette était également affectée. Les échanges sont vifs dans la zone, alors que la disponibilité des céréales est assurée par les commerçants au lieu des producteurs comme d’habitude. Cependant, les niveaux des prix sont supérieurs à la moyenne dans la région (40-70 pour cent en général depuis octobre), et vont poser un problème d’accès alimentaire, surtout au moment de la soudure quand la capacité d’intensification des stratégies de moyens d’existence est faible.

    Le pâturage connait un déficit de la biomasse fourragère et des prix de l’aliment bétail 15-20 pour cent supérieur à la moyenne.   La transhumance était précoce, dès novembre au lieu de janvier dans une année normale est plus intense cette année avec au moins 50 pour cent des troupeaux bovins partis au Bénin. Cela fait une baisse de revenus pour les pauvres et très pauvres qui gardent les troupeaux des riches et moyens entre avril et juin.  

    L’insécurité alimentaire dans la zone 9, surtout dans le provincde de Tapoa, se caractérisent actuellement par un déficit de productions céréalières causé par une baisse de la production agricole en nov/dec comparativement à l’année estimée à 80 pour cent dans la bande centrale et le nord et de 60 pour cent passée dans les autres parties. Alors, les stocks résiduels de céréales des ménages aisés et moyens de la bonne campagne agricole 2010/2011 sont actuellement épuisés. L’épuisement des stocks de la plupart des ménages dans cette zone actuellement fera que la demande demeurera importante et portera au moins sur 35 pour cent de plus qu’en année normale. Pour les ménages très pauvres et pauvres les stocks sont quasi nuls actuellement et les achats ont débuté sur le marché dès les mois de décembre 2011/janvier 2012, trois mois en avance.

    Les revenus pour l’achat de nourriture des ménages pauvres et très pauvres proviennent actuellement de l’exode et de l’appuis de certains partenaires comme ACF, qui met en œuvre un programme de « cash for work ». L’exode est typiquement faiblement pratiqué par les ménages pauvres (environ 10 pour cent des revenus annuels) et pas du tout pratiqué par les ménages très pauvres, mais cette année elle était relativement intense. L’exode commence habituellement en décembre/janvier mais a été deux à trois mois plus précoce cette année. Il est clair que les revenus de cette source seront plus importants cette année que d’habitude. Mais ces revenus ne sont pas suffisants en soi pour remplir la brèche crée par la mauvaise production.

    Selon les observations du terrain en mars, les ménages très pauvres font face actuellement à des déficits alimentaires modérés (une baisse du nombre de repas de trois à un et la baisse de la ration journalière d’au moins un tiers). Une première tranche de 140 tonnes de ventes à prix social a débuté en mars pour l’ensemble des huit communes de la province de la Tapoa, alors que cette province ne bénéficie pas typiquement de ce programme.

    Les marchés sont faiblement approvisionnés par les stocks paysans et moyennement par les stocks commerçants provenant de l’extérieur de la zone. Cette demande ne pourra pas être satisfaite entre juillet et août, ni par le marché malgré son approvisionnement issue d’autres régions excédentaires par les commerçants, ni par les boutiques témoins dont la capacité doit être de 20 tonnes au moins selon les critères de la SONAGESS.

    Les revenus tirés de la vente des cultures de rente (coton et autres) seront aux niveaux moyens par rapport à une année typique.  Ces revenus servent en priorité d’une part à rembourser le crédit et les dettes ainsi qu’à payer des céréales sur le marché entre avril et juin. Entre juillet et septembre, les actifs de retour de l’exode (sites d’orpaillage) cesseront d’apporter les salaires saisonniers, et les salaires agricoles journaliers ne permettront pas aux ménages très pauvres d’accéder aux céréales sur les marchés et même à la vente à prix modéré.   Même si généralement, toutes ces tendances de revenu saisonnier se déroulent en temps et à l’échelle normale par rapport à une année typique, les prix des céréales seront élevés et l’approvisionnement faible prévue pendant le pic de la période de soudure. Un recours plus que la normale au marché et aux achats de nourriture pour la consommation des ménages jusqu’en mi-aout sera renforcée dans les ménages pauvres et très pauvres à partir de mai par les aliments à base de feuilles et autres produits forestiers non ligneux. En effet, l’équilibre étant en cours de rupture sur les termes de l’échange bétail à céréale (en mars la vente d’un bouc permettait l’achat d’un sac de 100 kg de mil) et ne disposant plus de petits ruminants à vendre, c’est la volaille qui est leur épargne qui sera vendu pour acheter la nourriture. Pour cela il faut vendre au moins 3 à 4 volailles pour pouvoir payer un sac de 50 kg dans les boutiques témoins.Pour cette zone de préoccupation, le scénario de la sécurité alimentaire entre avril et septembre 2012 se fonde sur les hypothèses suivantes:

    • Entre avril et juin, les revenus de certains ménages très pauvres ne seront pas suffisants pour pouvoir acceder même aux ventes à prix modéré.
    • Le recours des ménages très pauvres et pauvres aux produits forestiers non ligneux disponibles au cours de la période du scénario ainsi que de certains aliments d’exception (feuilles de cassia tora, balanitès) dès les premières pluies en mai. La disponibilité du mil précoce niari sera disponible en juillet/août, améliorera la consommation alimentaire des ménages.
    • Entre avril et septembre 2012, les marchés et les boutiques témoins demeureront les principales sources de nourriture pour les ménages pauvres et très pauvres dans la zone. Les pluies rendront la zone inaccessible aux grands camions entre juin et septembre ; à partir de juin, il ne sera pas possible d’augmenter significativement la disponibilité des céréales dans la zone.
    • Les approvisionnements des boutiques témoins des huits communes de la zone seront probablement de 160 tonnes de céréales au total par mois entre avril et juin.
    • Les transhumants retourneront à la zone en juin comme d’habitude, ce qui permettra à certains ménages très pauvres de bénéficier de la vente du lait obtenu en contre partie du gardiennage des troupeaux des aisés et moyens.
    • Vu les niveaux relativement élevés des troupeaux dans cette zone après plusieurs bonnes années consécutives, une intensification de la vente des troupeaux des ménages pauvres, moyens, et riches, en plus de cette transhumance précoce, est jugé suffisante pour répondre au probleme du déficit fourrager local sans impact significatif sur la capacité des moyens d’existence à assurer les besoins minimums de protection de moyens d’existence dans l’avenir.On suppose que les dettes contractées en 2011/12 n’étaient pas remboursées totalement comme d’habitude et que la disponibilité du crédit entre juin et septembre 2012 sera moins importante que d’habitude, alors que les besoins de remboursement des dettes entre septembre-novembre seront plus importants que d’habitude.

    Des déficits seront observés dans les quantités de céréales achetées et consommées et vont apparaître dès le mois de mai malgré la mise en œuvre des ventes à prix modéré et le programme vivre/argent contre travail (Cash for Works)  par l’ONG Action Contre la faim dans l’ensemble de la zone depuis janvier 2012 auprès de 1,700 ménages et cela jusqu’en juin probablement avec une possibilité aditionnelle de prise en charge de 700 ménages supplémentaires. Le retour des migrants pour les travaux champêtres entrainera une aggravation de cette situation entre juin et septembre car le nombre de bouches à nourrir va augmenter. Les taux de malnutrition aiguë modérée pourraient dépasser les normes saisonnières habituelles (MAM estimé à 12,5 pour cent et MAS à 2,5 pour cent selon l’enquête SMART effectuée en Août/Septembre  2011) entre juillet et septembre pour la zone avec la hausse des taux de despistage et des admissions liées à la dégradation de la situation alimentaire. Une insécurité alimentaire aiguë sera observée avec un stress (IPC Phase 2) et évoluera en crise (IPC Phase 3) entre juillet et septembre du fait que les assistances alimentaires seront très insuffisantes pour l’ensemble des ménages pauvres et très pauvres et que les pics de prix record élevés des céréales seront observés en juillet/aout (entre 220 et 265 XOF/Kg de sorgho blanc) jamais atteints dans la zone. Les ressources de main d’œuvre issues du travail agricole local par les actifs des ménages (3 à 5 personnes) constituent la seule source de revenus entre juillet et septembre des ménages pauvres et très pauvres entre juin et septembre et seront insuffisantes pour acheter les céréales en quantité suffisante pour le ménage.

    Zone de moyens d’existence 8-Nord, élévage transhumant et mil

    Cette zone située à l’extrême nord du pays est l’une des zones les plus affectées par l’insécurité alimentaire de manière structurelle au regard de la faiblesse des productions locales (liées à une faible pluviométrie de 400 mm environ) et des niveaux élevés des prix des céréales. Par ailleurs, dès les premières pluies (fin juin/début juillet), on assiste à l’isolement de plusieurs villages de la zone en terme d’accessibilité par la route. La population totale de la zone est estimée à 300,000 personnes avec 60 pour cent de ménages pauvres et très pauvres

    Les sources typiques d’aliments des pauvres et très pauvres seront constituées par les achats sur le marché soit 25-30 pour cent entre avril et septembre (pic mai/juin-août), les paiements en nature 15% entre juillet-décembre, le lait (3%) surtout entre juillet-novembre/décembre. Les dons contrairement en année type dans cette zone seront probablement en baisse et ne contribueront que de 2-3 pour cent surtout au cours du mois de ramadan (juillet/aout cette année).  

    La disponibilité des céréales sur les marchés locaux de la zone est faible à cause de la faiblesse de l’approvisionnement commercial et de la hausse des prix depuis les zones de production. Le prix du mil, céréale la plus consommée dans la zone, est stable à 250 XOF/kg depuis le mois de janvier 2012 mais demeure élevé comparativement à l’année passée (18 pour cent) et à la moyenne quinquennale (35 pour cent). Cependant l’afflux continu des réfugiés maliens dans la zone pourrait modifier cette situation du fait de l’augmentation de la demande cérèalière localisée alors que les diponibilités seront insuffisantes pour y faire face. Une projection des prix effectuée par le FEWS NET laisse envisager des prix entre 275 et 315 XOF/kg voire même au-delà, à leur pic en août.

    En cette période de soudure normale pour les animaux, le bétail est confronté a une situation alimentaire difficle du fait de la rareté voire l’inexistence des pâturages (qui ont connu aussi la pression des animaux des réfugiés maliens). Cela est aggravé par le tarissement de certaines retenues d’eaux de surface et des concentrations des animaux autour des points d’eaux existants. Les stocks de fourrage généralement utilisés à partir du mois d’avril ont déjà été entamés depuis février. La disponibilité des SPAI est assurée par les commerçants privés avec une demande qui ne cesse de croître avec un niveau de prix variant entre 8,000 XOF et 10,000 XOF selon la nature de l’aliment et suivant les localités. Les marchés sont caractérisés par une importante offre (besoin d’argent pour s’approvisionner en céréales) des petits ruminants et une légère hausse des prix. Les termes de l’échange bétail à céréale (bouc Sahélien/100 kg de mil) à Djibo marché à bétail de référence de la zone est de 1,10 (un bouc sahélien entier en bon etat permet d’acheter 110 kg de mil). Il est attendu une détérioration saisonnière normale jusqu’en juin/juillet pouvant être en dessous du seuil critique de 0,7 (la vente d’un bouc permettra de payer moins de 70 kg de mil).

    Les principales sources de revenus pour les ménages pauvres et très pauvres comparativement à une année typique pendant la période du scénario demeureront l’exode jusqu’en juin (25 pour cent), l’orpaillage jusqu’en juin (15 pour cent), la vente de bois entre avril et septembre (10 pour cent) et du fourrage entre avril et juin (10 pour cent), la vente de lait entre juillet –novembre (15 pour cent) et les transferts entre avril-juin (10), la vente volaille (10) sur toute la période, le travail agricole local entre juillet et septembre (20 pour cent). La vente de la paille génère des revenus non négligeables. La valeur de la charretée de paille est évaluée à 5 000 XOF comparée à 1 500-2 000 XOF l’année passée. L’ensemble des revenus sont destinés en priorité à l’alimentation (achat de céréales et de condiments), les dépenses non alimentaires étant supprimées par les chefs de ménages. Cependant malgré la diversification et l’apport des sources, les revenus seront insuffisants pour acheter les céréales au regard de leur prix.

    Les ventes à prix social entre janvier et mars à 6 000 XOF le sac de 50kg mises en œuvre par le gouvernement demeurent insuffisantes, la première phase n’a permis de mettre à la disposition des ménages pauvres et très pauvres (donc vulnérables) qu’environ 160 tonnes de céréales représentant 15 pour cent des besoins pour un mois de consommation de ces ménages. Il est prévu une opération vente à prix modéré dans les boutiques témoins de l’ensemble des 8 communes de la zone à partir d’avril jusqu’en septembre. Ces boutiques d’au moins 20 tonnes seront régulièrement approvisionnées par la SONAGESS.

    L’appui aux 46,000 réfugiés rassemblés sur deux sites dans l’ouest de la zone portent sur plusieurs domaines d’interventions (vivres, hébergement, non alimentaire, Education, santé/Nutrition, WASH, transport/logistique, etc.). Selon OCHA, plus de 34,000 des réfugiés sont installés dans les camps dans les provinces d’Oudalan (Deou, Dibissi, Fereiro, Gandafabou, Gountoure Gnegne) et presque 10,000 sont situés à Soum ( Damba, Djibo, Mentao). La majorité des activités des acteurs humanitaires sont déjà programmées et en cours d’exécution jusqu’en juin 2012 voire au-delà. La FAO a mobilisé USD 300,000 pour un projet d’appui d’urgence au cheptel des réfugiés maliens et des communautés d’accueil.  En mars, le PAM a distribué les rations alimentaires générales aux 21,500 réfugiés et plus de 6,100 familles d’acceuil. Le PAM a l’intention de soutenir un maximum de 25,000 réfugiés sur trois mois. Le CRS vient de terminer une distribution de 224MT de nourriture pour presque 20,000 réfugiés dans les cinq sites d’Oudalan.

    Malgré les appuis du gouvernement (avec un nombre élevé de ménages vulnérables dénombré dans la zone) et des acteurs humaniaires,  une grande partie des ménages pauvres et très pauvres pourront difficilement combler le gap de consommation alimentaire entre avril et août du fait de la hausse des prix et de l’inaccessibilité de certaines partie de la zone. Cela se traduira par des déficits alimentaires dans ces ménages qui pourraient engendrer des taux de malnutrition en hausse au pic de consommation alimentaire en juillet/août, ceux des normes saisonnières habituels étant déjà élevé (MAG : 11,3 pour cent en août 2011; 12,9 pour cent en août 2010 selon la référence NCHS 1977). En effet, la baisse des dons typiques des aisés (qui seront en nette diminution car une partie a été utilisée comme l’accueil des réfugiés dès leur arrivée en janvier) aux pauvres et très pauvres pendant la période de ramadan en juillet/août, l’évolution actuelle des prix des céréales, les revenus obtenus par les actifs des ménages, indiquent que les ménages très pauvres seront confrontés dès mai/juin à un problème d’accès aux céréales malgré les stratégies développées pour avoir plus de revenus. Des déficits alimentaires importants vont apparaitre en juin et s’aggraveront entre juillet et septembre avec la frange des ménages pauvres qui risquent de basculer chez les très pauvres. Ainsi donc entre avril et juin, les ménages seront en insécurité alimentaire aiguë sous Stress (IPC Phase 2). Plus de 40 pour cent des ménages (ensemble des ménages très pauvres au moins) dans la zone vont diminuer leur consommation alimentaire (un repas journalier au lieu de deux voire trois et baisse des rations des individus du ménage de plus d’un tiers) et s'engager plus tôt que d’habitude (1-2 mois à l’avance) dans des stratégies d'adaptations (consommation d’aliments d’exception) et seront incapables de payer une partie des dépenses non alimentaires. Entre juillet et septembre, plus de de la moitié des ménages (ensemble des ménages pauvres et une partie très pauvres) ne pourront plus avoir accès aux céréales sans assistance alimentaire au regard des prix des céréales, de leur faible disponibilité sur les marchés et seront en insécurité alimentaire aiguë avec crise (IPC Phase 3).

    Tableau 1. Événements moins probables dans les prochains six mois qui pourraient changer les scenarios ci-dessus.

    Zone

    Événement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    Nationale

    Reprise de la guerre au Mali

    Afflux de refugiés maliens surtout dans les zones, difficultés d’assurer l’aide alimentaire par les acteurs dans le court terme, et l’obstacle à l'aide humanitaire par les populations maliennes en déplacement. Perturbation des échanges transfrontaliers de biens et services

    Installation de la campagne agricole tardive et/ou mauvais déroulement

    Au lieu de libérer les stocks en juin/juillet, les commerçants les retiendraient jusqu’à en août/septembre, provoquant des prix des céréales plus élevés que prévus dans le scénario le plus probable. Les ventes de bétail seraient plus importantes (diminuant les prix) avec des termes de l’échange de bétail à céréales moins importants que dans le scénario le plus probable. En général, l’accès aux aliments des ménages pauvres serait significativement pire que dans le scénario le plus probable, avec des impacts significatifs sur la sécurité alimentaire dans la soudure de 2013.       


    [1] FEWS NET est mandaté d’analyser et communiquer les perspectives sur la sécurité alimentaire. Cette supposition se base sur des consultations intenses avec les communautés de pratique au Mali et dans la région. Cependant, l’analyse du conflit tombe hors du domaine de FEWS NET.

    Figures Calendrier saisonnier et événements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et événements critiques

    Source: FEWS NET

    Résultats actuels de la sécurité alimentaire, avril 2012.

    Figure 2

    Résultats actuels de la sécurité alimentaire, avril 2012.

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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