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Hausse des prix non-saisonnière sur les marchés

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Burkina Faso
  • Novembre 2011
Hausse des prix non-saisonnière sur les marchés

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  • Mise à jour de la perspective à mars 2012
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    • Les résultats prévisionnels de la campagne agricole 2011/2012 laissent entrevoir une production céréalière en baisse de 13 pour cent par rapport à l’année passée et similaire à la moyenne quinquennale pour l’ensemble du pays selon les résultats de la mission conjointe CILS/FAO/FEWS NET/PAM/Gouvernement. 

    • Les ménages pauvres faisant face à une production agricole inférieure à la moyenne surtout dans les zones nord et est auront un accès suffisant aux revenus pour pouvoir remplir les besoins minimums alimentaires et non-alimentaires  au moins  jusqu’en mars 2012. 

    • Les cultures de contre saison ayant débutées plus tôt que d’habitude la production de contre saison pourraient être plus significative que la moyenne et combler le déficit céréalier dans certaines localités des zones de moyens d’existence 7 et 5[1].

      [1] Voir carte des zones de moyens d’existence : http://ww.fews.net/docs/Publications/BF_Livelihoods.pdf 


    Mise à jour de la perspective à mars 2012

    Les récoltes ayant commencées plus tard que la période normale à cause de l’installation tardive de la campagne agricole sont toujours en cours dans le pays. Cela a eu pour conséquence une mise en marché plus tard que d’habitude pour le maïs blanc et le niébé qui traditionnellement arrivent en grande quantité sur le marché en octobre/novembre. L’accroissement des disponibilités alimentaires dans les ménages permet une autoconsommation à partir des récoltes propres. La reconstitution des stocks des ménages est en cours. Le marché est légèrement perturbé dans son fonctionnement d’une part par l’arrivée tardive des récoltes mais aussi par la présence d’acteurs étrangers venus plus tôt que d’habitude pour s’approvisionner en maïs blanc (dès octobre).

    Selon les relevés de prix du Système d’Information sur les Marchés, au plan national, les prix moyens des principales céréales en octobre ont freiné leur évolution à la hausse sur les marchés de collecte. Par rapport au mois précédent les prix du mil et du sorgho se sont stabilisés. Quant au prix du maïs, il est en baisse de 14 pour cent et qui se justifie par la présence effective des nouvelles récoltes sur ces marchés. Par contre, les prix sur les marchés de consommation ont enregistré des hausses par rapport au mois précédent. Ces hausses ont atteint 9 pour cent pour le maïs, 3 pour cent pour le mil et 6 pour cent pour le sorgho. Comparativement à l’année passée à la même période et par rapport à la moyenne quinquennale tous les prix sont en forte hausse atteignant même 46 pour cent. Les marchés connaissent actuellement un niveau d’approvisionnement moyen avec l’arrivée de nouvelles récoltes. Les cultures de rente (sésame, niébé, arachide, fonio, etc.) déjà disponibles procurent aux ménages des revenus et diversifient leur alimentation.

    L’ensemble des ménages (au moins 80 pour cent des populations) dans les différentes zones de moyens d’existence du pays ne sont pas en situation d’insécurité alimentaire aiguë.

    Les mesures préventives prises par le gouvernement Burkinabè contre l’insécurité alimentaire visent entre autres l’approvisionnement régulier des zones déficitaires à partir des collectes et des transferts de céréales des zones excédentaires. Ces mesures si elles sont exécutées convenablement, associées aux différents moyens d’existence (sources de nourriture et de revenus) permettront à l’ensemble des ménages de traverser sans difficultés particulières toute la période du scénario et peut être même au-delà. La demande institutionnelle née de ces mesures (plus de 50 000 tonnes de produits agricoles seront collectés) ainsi que les demandes des commerçants contribueront à renchérir les prix sur les marchés. De plus face à la médiatisation des problèmes survenus au cours de la campagne agricole, il est a craindre une rétention des productions au niveau des ménages de producteurs dans toutes les zones de moyens d’existence contribuant ainsi à une faiblesse de l’offre sur les marchés.

    Dans la Tapoa (en zone de moyen d’existence Sud-est, céréales, élevage forêts et faune (zone9)) la baisse la production céréalière a engendrée un taux de couverture des besoins céréaliers de 66 pour cent. Cette production contribue pour au moins 40 pour cent à la nourriture des ménages. On y note aussi une baisse des revenus issus de la principale culture de rente, le coton (qui contribue pour au moins 20 pour cent comme source de revenu) dont la production sera en deçà des attentes. Malgré cela, les revenus tirés du sésame (ayant remplacé le coton), de la vente du miel, des produits forestiers non ligneux, et du bétail permettront aux ménages pauvres et très pauvres de combler le déficit de production céréalières par des achats sur le marché. En fait, les moyens d’existence normaux des populations ne seront pas en déficit prononcé et de ce fait au moins 80 pour cent de la population sera sans insécurité alimentaire aiguë au cours de la période du scénario.

    Zone de moyens d’existence Nord élevage transhumant et mil (zone 8)

    Dans cette zone située à l’extrémité nord du pays, avec environ 250 000 personnes, les productions céréalières ne permettront pas de couvrir la totalité des besoins alimentaires des ménages. En effet selon les résultats prévisionnels de la campagne agricole 2011/2012 publié par le Comité de Prévision sur la Situation Alimentaire (CPSA), les besoins céréaliers de cette zone seront couverts seulement à 87 pour cent.

    La prévision en octobre d’une baisse de 30 pour cent de la production du mil, principale céréale cultivée et consommée dans cette zone se confirme. Au plan national la baisse de la production du mil est de 21 pour cent par rapport à l’année dernière et de 18 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale.

    Les prix du mil, céréale la plus consommée dans la zone, sont en baisse de 10 pour cent par rapport à l’année dernière à la même période et relativement similaires à la moyenne nominale quinquennale. Cette évolution laisse voir une bonne accessibilité aux céréales sur les marchés.

    Dans les communes les plus affectés par un déficit de production et identifiées par le comité de prévisions de la situation alimentaire, la dépendance du marché pour l’approvisionnement est plus accrue que la normale. En effet, pour obtenir le complément de la production nécessaire à leur alimentation, les ménages pauvres et très pauvres augmentent les revenus issus de l’exode et de l’orpaillage afin de disposer suffisamment de ressources leur permettant l’accès aux céréales. On suppose que cette augmentation des revenus (estimée à 30 pour cent sur l’année) couplée aux autres stratégies d’adaptation permettra aux ménages de ne pas connaitre de situation d’insécurité alimentaire sur la période du scénario. La collecte de céréales des zones excédentaires pour approvisionner les zones en déficits contribuera certainement à réduire l’insécurité alimentaire dans les communes à risque de la zone.

    Les conditions de pâturage et des points d’eau sont acceptables mais la quantité de biomasse fourragère très inférieure par rapport à celle de l’année dernière et légèrement en dessous de celle d’une année normale fait craindre une situation difficile pour les animaux dès le mois de janvier. Il en résultera une période alimentaire difficile au niveau du bétail qui pourrait débuter dès janvier/février. L’insuffisance de développement des pâturages  a provoqué des départs précoces de transhumance le long du fleuve Béli au Niger depuis le mois de septembre au lieu de novembre/décembre en année moyenne. Le niveau de remplissage des points d’eau de surface a connu une légère baisse par rapport a l’année dernière. Il est  signalé depuis septembre un attroupement des animaux en transhumance interne (des localités de la zone) et externe (provenant de la zone 7, du Mali et du Niger) au niveau du forage Christine dans l’Oudalan au Sahel (zone 8). Cependant la situation peut reluisante du bétail dans les mois à venir pourraient influencer négativement l’achat des céréales par certaines catégories de ménages.

    Perspectives jusqu’à Mars 2012 dans la zone de moyens d’existence nord et Est, bétail et céréales (zone 7)

    Dans la zone de moyens d’existence Nord et Est bétail et céréales, les ménages pauvres et très pauvres représentent 55 pour cent de la population. En année typique ils s’approvisionnent du marché plus de 50 pour cent de leur nourriture, essentiellement entre février et août. Les ménages pauvres et très pauvres de cette zone demeurent donc hautement vulnérables aux fluctuations des prix des produits agricoles sur les marchés. La récolte propre pluviale, qui intervient entre octobre et novembre, contribue à l’alimentation pour 20 pour cent environ. Les dons, le paiement en nature (typiquement contre travail agricole), les prêts en nature (typiquement contre récoltes propres), et le lait figurent faiblement dans l’alimentation, de 5 pour cent ou moins par source.

    L’essentiel des revenus annuels des ménages pauvres et très pauvres dans cette zone en année typique proviennent de l’exode entre décembre et mai pour 25-30 pour cent, de la vente du bois/charbon/fourrage avec presque 20 pour cent surtout entre décembre et juin, suivi du travail agricole local surtout entre septembre-novembre pour 10-15 pour cent et  la vente de la volaille constitue environ 10 pour cent.

    Dans cette zone le scénario des perspectives entre d’ici à mars 2012 se fondent sur :

    • Une production céréalière légèrement en baisse de 10 pour cent comparativement à la moyenne ;
    • Au regard du besoin d’attiré plus de céréales dans la zone que d’habitude, des prix des céréales locales similaires à ceux de l’an dernier (année de production largement supérieure à la moyenne avec des prix généralement proches de la moyenne quinquennale) entre octobre et décembre mais supérieur d’environ 10-15 pour cent à partir de janvier.
    • Une insuffisance de pâturages (dès novembre) et d’eaux dans le nord-est à partir de février/mars (au lieu d’avril dans une année moyenne). En réponse, il y aura une migration plus tôt que d’habitude des animaux dès fin-décembre/début janvier contre un départ en mars en année normale avec pour conséquence des pressions sur les pâturages et une compétition entre les hommes et les animaux pour l’eau dans les zones d’accueil dès mars.
    • Une disponibilité faible d’eau pour les cultures maraichères. Ces cultures seront installées plutôt que d’habitude à partir d’octobre et arriveront à maturité en janvier-février.
    • La reprise progressive de l’exportation des animaux vers la Côte d’Ivoire fera que les prix des bovins, caprins, et ovins sera similaire ou supérieure à l’année passée en dépit d’une intensification de l’offre par les ménages pauvres poussés par l’augmentation des prix des céréales. 

    Etant donnée la supposition d’une production proche de la moyenne, la proportion des aliments tirés de la production propre et de l’achat sera relativement moyenne cette année. Cependant, des niveaux des prix de 10-15 pour cent supérieurs à la moyenne quinquennale feront que la proportion de dépenses ménagères dédiées à l’alimentation devrait augmenter par la même proportion (environ 15-18 XOF/kg pour le mil par rapport à l’année passée).

    Chez les pauvres, une vente précoce des animaux dès fin octobre ou début novembre permettra de disposer de revenus en hausse de plus de 25 pour cent par rapport à une année moyenne au regard du prix élevé des ovins en cette période à cause de la fête de Tabaski musulmane. Ce déstockage précoce des animaux constitue aussi une réponse pour faire face à une éventuelle crise du bétail à partir de janvier suite aux déficits de fourrages et de pâturages enregistrés dans la zone.

    Les revenus issus de la vente du bois/charbon/fourrage seront légèrement en hausse (10-15 pour cent) comparativement à une année normale aussi bien dans les ménages pauvres que très pauvres dans les communes les plus affectées par les déficits (inondations, décapitalisation du cheptel). Ces ménages seront très vulnérables à une hausse des prix des céréales du fait de l’augmentation de la part de marché pour leur approvisionnement.

    Les revenus issus de l’orpaillage connaitront une nette augmentation de 15-20 pour cent du fait de l’intensification de la migration des jeunes actifs (hommes et surtout la proportion des femmes) sur les sites d’orpaillage.

    Les ménages pauvres et très pauvres ne connaitront pas de déficit de moyen d’existence entre octobre et décembre et seront sans insécurité alimentaire aiguë car les sources de nourriture et de revenus permettront de maintenir les moyens d’existence normaux. Mais à partir d’avril une hausse des prix dans les zones de production qui se répercutera dans la zone 7 mettra les ménages pauvres et très pauvres en situation de précarité/stress car fortement dépendant du marché pour leurs achats de céréales.

    Perspectives jusqu’à Mars 2012 dans la zone de moyens d’existence Plateau central céréales et maraîchage (zone 5)

    La zone Plateau central céréales et maraîchage (zone 5) est structurellement déficitaire en termes de production. Cette zone est la plus peuplée des zones de moyens d’existence avec 25 pour cent de la population totale du pays dont plus de soixante pourcent de ménages sont pauvres ou très pauvres. Les principales sources typiques de nourriture des ménages très pauvres sont divisés également 35 pour cent chacun entre les achats et les récoltes  (pluviales en octobre-décembre) et contre saison en jan-mars/avril). Dans les ménages pauvres la récolte intervient pour 50 pour cent et les achats pour 30 pour cent comme sources de nourriture. Suivent ensuite les paiements en nature, les dons et les prêts en nature dans des proportions respectives environ de 10 pour cent chacun.

    Les sources de revenu typiques des ménages pauvres et très pauvres sont très diversifiées. Leurs revenus proviennent essentiellement de la vente de bois/charbon/fourrage (20-30 pour cent des revenus annuels) et de la vente de la main d’œuvre agricole locale surtout pour la culture maraîchère de contre-saison entre octobre-mars/avril (15-20 pour cent) suivi de la vente de céréales (10-15 pour cent) et de la vente de volaille et de l’orpaillage (10 pour cent chacun) et des cultures de rente ou des produits de cueillette (5-10 pour cent chacun). Dans les ménages pauvres la vente de produits agropastoraux non-directement lié à la main d’œuvre (bétail, volaille, céréales, produits de rente ou de la cueillette) contribuent pour près de la moitié aux sources de revenus, alors que pour les très pauvres elle ne constitue qu’un quart des revenus.

    Le scénario le plus probable d’ici mars 2012 suppose:

    • Une production céréalière en baisse comparativement à la moyenne quinquennale. Il en résulte des taux de couverture des besoins céréaliers déficitaires dans la zone au regard de l’accroissement de la population.
    • Un raccourcissement de la période des cultures maraîchères et de contre saison d’au moins un à deux mois au regard du niveau de remplissage des retenus d’eaux de surface de la zone.
    • Une hausse des prix des céréales d’au moins 15 pour cent au cours de la période du scénario.

    Pour les ménages pauvres et très pauvres, les récoltes en cours permettront de couvrir sans difficultés la part de nourriture provenant de cette source. On suppose qu’une augmentation de la proportion de dépenses ménagères allouées à l’alimentation devrait augmenter par environ 10 pour cent. Cela sera nécessaire pour combler le manque à gagner né de la baisse des dons et des paiements en nature. Pour faire face au déficit de production localisé, les ménages pauvres et très pauvres vont doubler leur vente de bois/charbon/fourrage afin de combler en partie le manque à gagner sur la vente des céréales. De même, les migrations vers les sites aurifères artisanales vont s’intensifier dans la zone et pourront contribuer aux revenus des ces ménages pour au moins 30 pour cent avec un nombre d’actifs plus élevé de la famille qui vont se consacrer à cette activité. Cette migration sera plus forte vers la Côte d’Ivoire ou la demande de main d’œuvre pour la reconstruction du pays est forte. Aussi la vente de produits forestiers non ligneux connaitra aussi un accroissement d’au moins 30 pour cent.

    Le raccourcissement de la période de contre saison diminuera les revenus issus du travail agricole local des ménages pauvres et très pauvres d’au moins 25 pour cent. Dans le Nord et l’Ouest de la zone, le développement du tapis herbacé étant limité, il est probable que les ménages pauvres pourraient être confrontés à une baisse de 10-15 pour cent de leurs revenus issus du bétail après la période du scenario. Malgré ces baisses, les revenus issus des autres sources très diversifiées permettront de combler le déficit en céréales jusqu’en mars et les ménages pauvres et très pauvres seront sans insécurité alimentaire aiguë. Excepté les parties Sud et Est de la zone, les autres localités enregistrent un déficit de besoin de consommation céréalière des populations (inférieurs à 90 pour cent). Ce déficit associé a une éventuelle hausse des prix de plus de 15 pour cent ainsi qu’au fait que la baisse de certaines des sources de revenus s’accentuent dans le temps, les ménages pauvres et très pauvres pourraient être en situation de précarité/stress après mars 2011. 

    Figures Calendrier saisonnier et événements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et événements critiques

    Source: FEWS NET

    Figure 1. Carte des résultats actuels et des résultats estimés plus probables de la sécurité alimentaire, Novembre 2011

    Figure 2

    Figure 1. Carte des résultats actuels et des résultats estimés plus probables de la sécurité alimentaire, Novembre 2011

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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