Skip to main content

Modifications sur le marché céréalier, risque d’insécurité alimentaire dans le nord et l’extrême est

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Burkina Faso
  • Mai 2012
Modifications sur le marché céréalier, risque d’insécurité alimentaire dans le nord et l’extrême est

Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • Mise à jour des perspectives jusqu’à septembre 2012
  • Messages clé
    • Les  ménages pauvres et très pauvres dans les zones de moyens d’existence de préoccupation (8, 9, 7, 5) maintiennent un état d’insécurité alimentaire aiguë sous stress (IPC Phase 2). La mobilisation de cinquante mille tonnes de céréales entre avril et juin dans le cadre de la mise en œuvre du plan opérationnel du gouvernement pourrait être insuffisante a couvrir les besoins alimentaires entre juillet et septembre au regard de la hausse des prix des céréales.

    • Les hausses subites et inattendues des prix des céréales sur la plupart des marchés du pays entre février et mars puis entre mars et avril résultent d’une combinaison de plusieurs facteurs, dont une rétention inhabituelle des stocks par les grands producteurs et quelques commerçants grossistes qui attendent les achats institutionnels plus importants et mieux payés. A cela, s'ajoute l’augmentation de la demande interne (au nord du pays) et  externe  avec la demande croissante des commerçants grossistes en provenance du Mali.

    • L’arrivée continue de 62,000 réfugiés maliens dont 72 pour cent sont installées dans la zone 8 (Nord Elevage transhumant et mil) contribue à exacerber la sécurité alimentaire dans cette zone malgré l’assistance dont ces réfugiés bénéficient. Les ménages pauvres et très pauvres dans cette zone demeurent en insécurité alimentaire aiguë Phase 2 (Stress).

    • Les premières pluies dans les régions du Sud Ouest, de la Boucle du Mouhoun et de l’Est au cours du mois de mai signalent le début des semis précoces dans les zones touchées.  


    Mise à jour des perspectives jusqu’à septembre 2012

    Entre avril et mai, les brusques hausses et inattendues des prix des céréales sur la plupart des marchés ont entrainé des augmentations entre 10-29 pour cent sur les marchés de zones de production (zone 2, 3 et 4), ce qui est anormale même pendant la période de soudure. En début-mai, une mission conjointe du GOUVERNEMENT/CILSS/FAO/PAM/FEWSNET sur les marchés a fait des observations clés qui ont influencés  les tendances des prix et les dynamiques des marchés locaux, y compris : disponibilité des céréales, tendances anormales des prix, comportement des commerçants et comportement des flux du marché.

    Disponibilité des céréales et comportement des commerçants

    Une disponibilité des céréales dans les  zones de production (1, 2, et 3) de l’ouest et du sud ouest est en baisse comparativement au mois passé ainsi qu’à la même période de l’année dernière et à la norme saisonnière pour avril/mai. L’état d’approvisionnement des marchés clés (Niéneta, Ouezzinville, Diarradougou et Saint Etienne à Bobo Dioulasso, Dédougou, Djibasso, Solenzo) était proche de la moyenne en maïs blanc et sorgho, mais le mil se faisant rare sauf dans sa zone de forte production (Djibasso), avec les prix d’avril en hausses de 18-24%. L’augmentation de la demande interne (au nord du pays) et externe (Mali) avec la demande croissante  des commerçants grossistes en provenance du Mali  où le mil est largement consommé.  Cela explique la rareté du mil sur la plupart des marchés d'approvisionnement.   Le maïs est aussi cher par rapport à une année «normale» (hausses en avril de 5-17%), pourtant la disponibilité du maïs est généralement adéquate par rapport à la disponibilité du mil sur le marché.  Dans une année normale, les zones consommatrices du nord s’approvisionnent dans ces zones de fortes productions de l’ouest.  Pourtant, l’approvisionnement  des zones consommatrices du Nord, du Sahel et les régions centrales du pays contrairement aux années passées s’est fait à partir de la capitale Ouagadougou à cause des couts élevés des céréales dans les zones d’approvisionnement traditionnel de l’ouest du pays.  Ce changement du comportement du marché résulte de la difficulté d’obtenir en un bref délai les céréales dans ces zones productrices.  Dans une année normale, les commerçants achètent les céréales pour constituer des stocks et les revendre sur le marché. Pourtant, cette année, ils n’ont pas développé de stratégie de stockage entre deux marchés hebdomadaires du fait des risques liés à la volatilité des prix.  Les disponibilités céréalières existantes sur les marchés de l’ouest ne permettraient pas à la plupart des commerçants grossistes de  satisfaire une demande qui viendrait à doubler entrainant de ce fait une baisse de la capacité de réponse. Pourtant, la capacité de réponse des commerçants en céréales locales dans les zones de consommation demeurent intact car ceux-ci pourraient répondre à une demande qui viendrait a doublée actuellement.

    Tendances anormales des prix

    Les prix d’avril étaient en forte hausse par rapport au mois précédent, et les prix typiques pour la période de soudure. Les plus fortes augmentations de prix ont été observées sur le marché Pouytenga (+ 47% pour le sorgho), qui approvisionne normalement les zones 7, 8, le Niger, le Ghana, le Togo et le Bénin mais cette année ne semble fournir que les zones 7 et 8. L'impact de cette évolution du marché est une modification des flux externes. Le marché de Solenzo dans la zone 3 et celui de Sankaryare à Ouagadougou montraient les plus fortes hausses pour les céréales (sorgho et le mil), allant de 17 à 26 pour cent depuis mars. Ces augmentations s'expliquent par la hausse des prix sur les marchés d’approvisionnement et la forte demande locale et se traduira par une baisse des quantités a stockées chez les commerçants ainsi qu’une baisse du pouvoir d’achat des ménages si le taux d'augmentation se poursuit jusqu’à la période de soudure. Comparativement à la moyenne quinquennale, les hausses sont respectivement de 96 pour cent pour le maïs blanc à Solenzo, 66 pour cent pour le sorgho blanc à Bobo et de 100 pour cent pour le mil local à Djibasso.  Seul le prix du riz importé est resté stable depuis janvier et on observe une plus forte consommation dans tous les groupes de richesse de la zone ouest du pays. Pendant la période de soudure, le riz importé est mangé comme substitution si son prix devient moins élevé que celui des céréales locales.

    Comportement des flux du marché

    Les flux internes ont été modifiés du fait que les commerçants des zones de consommation (Djibo, Ouahigouya) s’approvisionnent dans la capitale au lieu des zones de productions où les prix des céréales sont anormalement plus élevés.  On note aussi une légère modification des flux commerciaux aussi bien internes qu’externes, les commerçants de certaines zones de collectes (Solenzo) s’étant approvisionnés en maïs blanc en avril à Bobo Dioulasso  au regard des coûts des céréales plus bas à Bobo qu’à Solenzo. De même, le riz importé présent au Burkina traverse la frontière malienne tout comme le mil et le maïs malgré les mesures de contrôles strictes de sorties de céréales du territoire. Pour le mil, il est à noter que les commerçants ont sollicité les réserves du nord Togo et du Ghana car les délais d’approvisionnement sont plus longs à partir de Djibasso (3 semaines environ) et les prix sont élevés, les destinations les plus probables étant le Mali et le nord du Burkina. Les flux significatifs externes de la zone vers le Niger n’ont pas été observés cette année. 

    Situation dans les zones de préoccupations

    La mise en œuvre du plan opérationnel du gouvernement se poursuit dans les communes identifiées à risque d’insécurité alimentaire et se caractérise par la mise en place des  boutiques témoins où les céréales sèches sont vendues à prix modérés.  La mobilisation en cours et la mise à disposition effective de cinquante mille tonnes de céréales entre avril et juin dans ce cadre dans les 205 boutiques témoins ouvertes avec 10 400 tonnes de céréales déjà disponibles au 21 mai, pourraient atténuer la situation alimentaire des ménages pauvres et très pauvres.

    Zone de moyens d’existence 8 Nord Elevage transhumant et mil

    Cette zone se caractérise toujours par l’arrivée continue des réfugiés maliens (45 000 personnes, 7 000 ménages au 18 mai 2012), une situation difficile pour les animaux du fait de leur période de soudure en cours. La situation des ménages pauvres et très pauvres se caractérise par la réduction du nombre et de la quantité des repas avec des apports calorifiques en dessous du seuil national du besoin journalier. Les revenus des ménages leur permettant l’achat des céréales en petite quantité le jour du marché hebdomadaire, proviennent toujours essentiellement de l’exode, de l’orpaillage, de la vente de bois, et des transferts. On n’observe pas une concurrence significative des refugiés au niveau de la main d’œuvre saisonnière dans la zone. Il n’y a pas de détériorations ni de modifications  profondes constatées dans les parts contributives des sources de revenus des ménages pauvres et très pauvres comparativement à avril 2012. Les prix des céréales y demeurent toujours généralement stables.  Pour le bétail, les sous produits agro industriels (tourteaux de coton) constituent le complément alimentaire en cette période de soudure pastorale et ont des prix élevés atteignant parfois le double du prix normal malgré la vente à prix subventionnés par le gouvernement.  Les termes de l’échange bétail/céréales sont à l’équilibre avec une tendance à la dégradation pour le rapport bouc sahélien/mil. Les opérations de vente à prix modérés, les distributions ciblées (malgré leurs quantités jugées infimes par les populations) et les appuis alimentaires des acteurs humanitaires, contribuent à rendre disponibles aux ménages les céréales et à réguler leurs prix sur le marché pendant leur mise en œuvre. Ainsi donc, l’ensemble des ménages pauvres et très pauvres se trouvent en situation d’insécurité alimentaire sous stress (IPC Phase 2).  La situation des réfugiés dans la zone se caractérise par les activités de soutien mises en œuvre dans les zones d’accueils par les acteurs humanitaires. L’alimentation des réfugiés ainsi que les questions nutritionnelles des enfants sont prises en charge par le PAM, la FAO apportant un soutien aussi bien aux ménages de pasteurs qu’aux ménages pasteurs hôtes. Nonobstant les problèmes d’eaux et d’abris, les ménages de réfugiés sont actuellement sans insécurité alimentaire  aiguë, mais cette situation pourrait évoluer à cause de l’inaccessibilité des sites par les routes et la rareté des céréales sur les marchés locaux de la zone pendant la saison pluvieuse.

    Est de la zone de moyens d’existence 9 Est et Sud-est céréales, élevage, forêt et faune

    La situation alimentaire est similaire à celui du mois passé et se caractérise par un seuil en terme calorifique journalier à peine atteint dans les ménages pauvres et très pauvres de la bande centrale. Les hausses de prix en avril ne sont jamais égalée dans la zone et rendent très vulnérables les ménages pauvres et très pauvres qui dépendent du marché pour les achats permettant de compléter leur alimentation jusqu’aux premières récoltes du mil hâtif en août. Les revenus ne sont plus suffisants pour l’achat des céréales dans les ménages pauvres et très pauvres  du fait des retours des actifs partis en exodes ou sur les sites d’orpaillage pour les travaux champêtres. La confection des briques, la vente de produits forestiers non ligneux, la vente de charbon/bois contribuent à obtenir de faibles revenus pour l’achat des céréales. Les ventes de céréales à prix modérés par le gouvernement permettent aux ménages pauvres et très pauvres qui s’associent pour payer ensemble un sac de 50 kg et le partager, de satisfaire une partie de leurs besoins alimentaires minimum. Malgré la mise en place des boutiques témoins pour la vente des céréales par le gouvernement dans la zone et des appuis d’Action contre la Faim (ACF), la majorité des ménages pauvres et très pauvres demeurent en insécurité alimentaire aiguë sous stress (IPC Phase 2). Cette situation évoluera à IPC Phase 3 (crise) certainement au pic des prix en juillet/août et de la forte demande en céréales pour la consommation domestique pour les ménages très pauvres et pauvres.     

    Figures Calendrier saisonnier et évènements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et évènements critiques

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top