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Des niveaux record de prix des denrées sur la plupart des marchés du pays.

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Burkina Faso
  • Avril 2022
Des niveaux record de prix des denrées sur la plupart des marchés du pays.

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  • Messages clé
  • SITUATION ACTUELLE
  • SUPPOSITIONS MIS À JOUR
  • PERSPECTIVE ESTIMÉE JUSQ’À SEPTEMBRE 2022
  • Messages clé
    • La détérioration continue de la situation sécuritaire, marquée par l’augmentation des zones sous blocus ou inaccessibles par l’assistance, contraint les ménages pauvres et les PDI en particulier, à intensifier les pratiques extrêmes de restriction alimentaire, les avoirs étant limités pour faire face aux niveaux record des prix des denrées de base. Ces ménages restent exposés à l’insécurité alimentaire aigue Urgence (Phase 4 de l’IPC) en particulier dans les provinces du Soum et de l’Oudalan.

    • L’insécurité continue d’entrainer un nombre croissant de déplacés internes (plus de 1,85 millions en fin mars) et d’empêcher l’accès adéquat des populations aux services de bases.  Au premier trimestre, les cas d’amissions d’enfants souffrant de malnutrition aigüe modérée (MAM) au niveau des formations sanitaires étaient au moins 70 pour cent plus élevés comparés à la même période de l’année, en particulier dans les régions du Sahel, du Centre-Nord, du Nord et de l’Est. 

    • La baisse des disponibilités alimentaires au niveau national, la pression plus grande de la demande sur les marchés, les entraves de l’insécurité sur les flux internes, l’impact négatif de la hausse des prix mondiaux sur les prix domestiques et les pratiques spéculatives sont entre autres les facteurs à l’origine des niveaux atypiquement élevés des prix des denrées de base et affectant négativement le pouvoir d’achat et l’accès alimentaire des ménages pauvres. 


    SITUATION ACTUELLE

    Depuis la fin de la saison des pluies 2021, les groupes armés militants ont mené des attaques de plus en plus fréquentes contre les forces de défense et de sécurité (FDS), les volontaires pour la défense de la partie (VDP) et les populations civiles principalement dans les régions du Sahel, du Nord, du Centre-Nord, de l'Est et de la Boucle du Mouhoun. Le nombre d'incidents de sécurité impliquant les groupes armés militants au cours du premier trimestre 2022 a augmenté de 79 pour cent par rapport à ce qui a été observé au cours de la même période l’année passée. Malgré les pertes récentes dues à l’offensive des FDS, les groupes armés militants continuent à maintenir les capacités de mener des attaques complexes sur les positions des militaires burkinabés et de tendre des embuscades aux convois sur les axes routiers. Les violences, en particulier dans les provinces du Soum et de l'Oudalan (région du Sahel), du Loroum (région du Nord), du Bam et du Sanmatenga (région du Centre-Nord), de la Kossi et du Sourou (Boucle du Mouhoun), continuent d’entraîner la fermeture d'écoles, de limiter le fonctionnement des services de santé, d’empêcher l’approvisionnement des marchés locaux et provoquer des déplacements internes, qui ont augmenté de 17 pour cent au premier trimestre de 2022 pour atteindre 1,85 million. 

    En raison de la détérioration de la situation sécuritaire, les escortes militaires sont devenues nécessaires pour l’approvisionnement des marchés principaux dans les provinces au nord du pays (Loroum, Soum, Oudalan, Yagha), et en particulier dans les communes sous blocus (Titao, Djibo, Kelbo, Arbinda, Tongomayel, Déou, Tin-Akoff, Oursi, Gorgadji, Mansila, Madjoari), d’où souvent des ruptures dans l’offre de denrées alimentaires de base. De même, l’assistance alimentaire est réduite et irrégulière et des transports par voie aérienne sont nécessaire pour atteindre la plupart des communes de ces provinces. Au niveau national, la baisse de la production céréalière de 10 pour cent par rapport à l’année passée, la baisse des flux entrants de maïs habituellement en provenance des pays côtiers (Ghana, Cote d’Ivoire, Bénin), la baisse des importations (blé, huile alimentaire), les approvisionnements des unités de brasserie et d’aliment pour volaille, sont à l’origine de la baisse de l’offre sur les marchés comparativement à la moyenne.

    La pression de la demande sur les marchés est plus forte qu’habituellement, car les stocks issus de l’autoproduction des ménages s’épuisent précocement, les PDI sont plus dépendant du marché et les achats institutionnels (environ 40 000 tonnes pour le gouvernement) et privée sont supérieurs à la moyenne. A cette pression, s’ajoutent les comportements spéculatifs des commerçants qui se sont accentués depuis la crise en Ukraine et également depuis le début du jeûne. L’inflation générale était d’environ 19 pour cent en mars (INSD, IHPC mars 2022).  Sur la plupart des marchés, on constate des niveaux record de prix des denrées de base et des variations quinquennales atteignant 62 pour cent pour le maïs, 59 pour cent pour le mil et 63 pour cent pour le sorgho (SIM/SONAGESS, mars 2022). Des hausses dépassant 80 pour cent ont été atteintes pour le maïs sur les marchés de Sankaryaré (au Centre), Solenzo et Faramana (à l’Ouest) et de Titao (au Nord), pour le mil sur les marchés de Djibasso (à l’Ouest), de Titao et de Sebba (dans le Sahel), pour le sorgho sur les marchés de Solenzo, Sankaryaré, Titao et Seytenga (dans le Sahel). Malgré les contrôles de prix par le gouvernement, les prix des produits importés de grande consommation, enregistrent dans la capitale des hausses par rapport à la moyenne : 9 à 27 pour cent pour le riz importé ; 21 pour cent pour le blé ; 23 à 45 pour cent pour l’huile, 11 pour cent pour le lait en poudre, 13 pour cent pour le sucre granulé. Ce qui affecte négativement le pouvoir d’achat des ménages et leur diversité alimentaire. Le gouvernement vient de lancer l’opération de vente de céréale à prix social dans des boutiques témoins avec pour objectif de couvrir la majorité des communes du pays jusqu’à la fin de l’année. Toutefois, à l’image des années écoulées, les quantités mobilisées sont généralement insuffisantes pour influencer significativement sur les niveaux de prix sur les marchés.

    L’insécurité en général et le blocus imposé à certaines communes en particulier, empêchant l’accès des populations aux source habituelles de revenu, notamment la vente de bétail (bien que la majorité des ménages pauvres dans l’extrême nord aient déjà épuisé leurs cheptels), l’orpaillage, le maraichage, la vente du fourrage et du bois de chauffe. Par ailleurs, la perturbation des réseaux de communication et la suspension des services de transport contribuent à la réduction des flux de transferts monétaires vers les zones sous blocus.  Ainsi, avec des revenus faibles, les ménages pauvres hôtes et les PDI sont contraints de réaliser des achats au quotidien de denrées alimentaires et en petites quantités (par assiettée généralement) auprès des détaillants. Les prix au détail ont plus que doublés dans les zones sous blocus. Faute d’acheteurs étrangers, les prix du bétail, en particulier des petits ruminants ont chuté de 35% sur le marché de Djibo. Associé à l’augmentation atypique des prix des céréales, les termes de l’échange bouc/mil se sont détériorés de moitié par rapport à l’année passée.

    Face à la dégradation du pouvoir d’achat, les ménages pauvres et les PDI, en particulier dans les centres urbains et dans les provinces affectées par la baisse de la production et de l’insécurité dans les régions de la Boucle du Mouhoun (Kossi, Sourou), des Cascades (Comoé) et de l’Est (Gourma, Kompienga et Tapoa) sont contraints de réduire le nombre de repas à deux et de limiter la portion des rations. Ils restent exposés à l’insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC). Dans la moitié nord du pays, où les ménages pauvres et les PDI sont plus dépendant du marché et de l’assistance, les stratégies néfastes telles que la réduction du nombre de repas à un et la limitation de la consommation des adultes au profit des enfants sont les plus courantes. L’assistance a pu être délivrée au cours des 30 derniers jours dans les chefs-lieux des communes de Djibo, Kelbo, Mansila, Sebba, Markoye, Oursi, Arbinda et Gorom-Gorom (Sahel), Kongoussi, Pensa, Barsalogho, Kaya (région du Centre-Nord), Titao et Ouahigouya (région du Nord). Toutefois, elle couvre moins de 50 pour cent des besoins, obligeant les ménages hôtes et les PDI pauvres à augmenter les recours à la mendicité et à la vente d’eau ou de bois de chauffe.  Dans les communes sous blocus en particulier, ils développent des stratégies extrêmes d’alimentation, notamment la réduction à la fois du nombre de repas à un et de la portion des repas ou l’augmentation de la fréquence des journées sans repas. Il est probable que ces ménages soient exposés à l’insécurité alimentaire aigue Urgence (Phase 4 de l’IPC), en particulier dans les provinces du Soum et de l’Oudalan dans lesquels la plupart ont perdu leurs moyens d’existence et présentent, selon des informateurs clés, des signes visibles de malnutrition surtout chez les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes.


    SUPPOSITIONS MIS À JOUR

    L’évolution du contexte national n’a pas fondamentalement changé les suppositions de FEWS NET pour le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire de février à septembre 2022, à l’exception des conséquences du blocus dans le Soum ayant aggravé l’insécurité alimentaire des ménages pauvres et des PDI et les effets additionnels de la crise ukrainienne sur l’augmentation des prix et la réduction probable de l’assistance. Les mises à jour des perspectives portent sur les   hypothèses suivantes.

    • Au plan sécuritaire, on s'attend à ce que la junte au pouvoir prenne des mesures telles que la négociation avec des donateurs extérieurs non français pour renforcer les capacités offensives de lutte contre le terrorisme et consolider la sécurité nationale. L'augmentation du rythme opérationnel des FDS ne devrait pas avoir d'impact significatif sur les capacités opérationnelles des groupes armés militants dans le nord du pays. Malgré les pertes récentes, ces groupes continuent à maintenir les capacités de mener des attaques complexes sur les positions des FDS et de tendre des embuscades aux convois burkinabés. La fréquence et l'intensité des attaques perpétrées par les groupes militants devraient augmenter, atteignant probablement des niveaux record depuis le début du conflit en 2016, jusqu'au pic de la saison des pluies en juillet 2022. À partir du pic de la saison des pluies, il devrait y avoir une diminution relative des attaques jusqu'à la fin de la saison des pluies en octobre 2022. Les groupes armés militants pourraient continuer à alimenter les attaques sur les frontières burkinabé-ivoiriennes et burkinabé-togolaises, en vue d’étendre leur contrôle sur les itinéraires de contrebande.
    • Sur les marchés, les baisses de production, l’insécurité le long des axes, des coûts de transport élevés et une réduction des flux extérieurs et intérieurs, maintiendront les disponibilités céréalières en-dessous de la moyenne pendant toute la période. L’insuffisance des stocks institutionnels pour réguler les prix, les pratiques spéculatives, la forte demande des ménages et des unités de transformation et les impacts de la hausse des cours mondiaux sur les prix domestiques, sont des facteurs qui vont exercer une pression sur les marchés et entrainer des augmentations atypiques de prix au-delà de leurs moyennes saisonnières. Localement, il est probable que les difficulté d’approvisionnement et d’accès humanitaires du fait de l’insécurité créent des pressions plus fortes et des variation atypiquement plus importantes de prix.
    • La crise ukrainienne pourrait négativement affecter la disponibilité et l’augmentation supplémentaire des prix des engrais qui étaient 20 à 30 pour cent au-dessus la moyenne au cours de la saison écoulée. L’accès limité aux engrais entrainerait dans l’ensemble une réduction des rendements agricoles comparé à la moyenne. Néanmoins, le niveau élevé des prix des produits agricoles et la pression de la demande pourraient inciter les gros producteurs à maintenir similaire les superficies emblavées ainsi que la demande de main-d’œuvre par rapport à la moyenne. 

    PERSPECTIVE ESTIMÉE JUSQ’À SEPTEMBRE 2022

    Les mois à venir se caractériseront par un épuisement généralisé des stocks issus de l’autoproduction des ménages pauvres. De ce fait, on s’attend à ce que la pression de la demande soit plus grande sur les marchés et que les prix des denrées demeurent atypiquement élevés, détériorant ainsi l’accès alimentaire. L’augmentation des incidents sécuritaires continuera de limiter les flux internes de denrées alimentaires et l’approvisionnement des marchés locaux en particulier dans la moitié nord du pays. L’assistance alimentaire pourrait aussi être réduite en raison de son sous-financement et irrégulière du fait des entraves au plan sécuritaire.

    Dans les zones relativement calmes dans la moitié sud du pays où les marchés fonctionnent assez bien, les ménages pauvres devront mobiliser plus de revenu principalement à partir de la vente de bétail, de la main-d’œuvre agricole et des transferts de l’étranger afin de faire face à la hausse des prix. Ils pourront également augmenter la consommation des produits forestiers non ligneux et d’autres produits de cueillette pour demeurer en insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC). Toutefois, dans les zones affectées par les incidents sécuritaires et l’épuisement précoce des stocks de l’autoproduction, la baisse des opportunités de revenu dégradera l’accès alimentaires des ménages et des PDI pauvres. Ces derniers seront exposés à une situation de Stress (phase 2 de l’IPC) en particulier dans les provinces de la Kossi, du Sourou (dans la Boucle du Mouhoun, de la Kompienga et de la Tapoa (à l’Est) et de la Comoé (-dans les Cascades).

    Dans la moitié nord du pays où les ménages sont confrontés à la détérioration de leurs moyens d’existence, on devrait assister au développement de stratégies néfastes d’accès alimentaire, notamment le recours plus que habituel aux produits de cueillette et aux aliment d’exception et la limitation à la fois du nombre de repas et de la quantité des repas consommés par jour. Les ménages pauvres et les PDI y resteront dans l’ensemble exposés à la Crise (Phase 3 de l’IPC). La poursuite du blocus dans la province du Soum et l’inaccessibilité de certaines communes de la province de l’Oudalan par l’assistance, conduiront les ménages pauvres et les PDI à accentuer les stratégies extrêmes d’accès à l’alimentation par l’augmentation des fréquences de journées sans repas, la mendicité et les migrations forcées pour rejoindre les zones dans lesquelles l’assistance est présente. Dans ces zones au moins 20% des ménages pauvres et des PDI resteront exposés à l’Urgence (Phase 4 de l’IPC).  

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Figure 1

    Source: ACLED data

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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