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Bonnes perspectives pour la campagne agricole mais stress persistant pour les ménages très pauvres et pauvres

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Burkina Faso
  • Août 2012
Bonnes perspectives pour la campagne agricole mais stress persistant pour les ménages très pauvres et pauvres

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  • Messages clé
  • Contexte national
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    • L’évolution de la campagne agropastorale est jugée  meilleure qu’en année moyenne dans 87 pour cent des provinces et  moyenne dans les 13 pour cent restants.                                                                                                                                                                                      

    • La poursuite des interventions humanitaires et de l’Etat au profit des ménages vulnérables est toujours effective. On estime que quatre vingt quinze pour cent des besoins d’intervention estimés selon le scenario révisé de la phase 3 (juillet-octobre) du plan opérationnel de soutien du gouvernement serait couvert. La majorité des ménages demeurent en insécurité alimentaire aiguë sous stress dans la zone 8 et 7 et dans les zones 5 et 9 en partie.

    • Les niveaux des prix des céréales demeurent toujours élevés (41 à 65% comparé à la moyenne quinquennale) avec de légères variations à la hausse par rapport au mois de juin (1 à 3%). Ces prix devraient poursuivre leur évolution à la hausse actuellement et atteindront leurs pics de l’année avant d’amorcer des baisses à partir de septembre.

    • La présence de plus de cent mille réfugiés et leur arrivée continue demeurent une source de préoccupation pour l’Etat et les acteurs humanitaires au regard des besoins d’assistance de plus en plus importants. 


    Contexte national

    Avec le pic de la saison de soudure en cours, l’amenuisement voire l’inexistence des stocks des ménages rend difficile l’accès a l’alimentation pour les ménages pauvres et très pauvres, qui doivent recourir à des achats sur le marché pour répondre à leurs besoins alimentaires.  Les prix des céréales continuent leurs hausses légères selon les tendances saisonnières, pourtant ils restent très élèves (40-65%) par rapport à la moyenne quinquennale. 

    Au titre de la phase 3 du plan opérationnel de soutien aux populations vulnérables dans 197 communes vulnérables (identifiées par le SAP en mai), le Gouvernement a prévu une première tranche de 13 000 tonnes de céréales pour des ventes à prix modéré (6 000 XOF le sac de 50 kg et 12 000 XOF celui de 100 kg) dans les boutiques communales en juillet, avec les autres tranches qui continueront jusqu'à fin septembre. En début août,  les difficultés d’accès ont fait que    11 000 sur 13 000 tonnes ont été effectivement pré positionnées. Des distributions gratuites de vivres (3 200 tonnes) sont également en cours dans les différentes régions par les démembrements du CONASUR. Les maires de 160 communes à risque ont aussi bénéficié d’une aide de 5 000 tonnes de céréales de la part du Programme National de Gestion des Terroirs (PNGT), dont les distributions gratuits sont en cours au profit des ménages les plus vulnérables. Par ailleurs, le  PAM a commencé la mise en œuvre de son programme de distribution ciblée au profit de 1 165 000 personnes sur la période juillet-octobre dont 15 550 tonnes de vivres pour 610 000 personnes et du cash direct ($8,4 millions) pour 555 000 personnes. Ainsi, au total, plus de 54 000 tonnes de vivres devrait être mises à la disposition de ces ménages pauvres et très pauvres par l’ensemble des acteurs, soit une couverture de 95% des besoins d’intervention estimés selon le scenario du gouvernement révisé de la phase 3 (juillet-octobre) du Plan de soutien.

    Campagne agricole

    La campagne agricole se poursuit de façon normale dans toutes les régions du pays. Par rapport à la campagne précédente, elle connaît une relative avancée dans certaines régions.  D’une manière générale, la campagne agricole est jugée bonne dans 39 provinces et moyenne dans les 6 autres (Boulgou et Kouritenga (région du Centre-Est, ZONE 9), Noubiel (région du Sud-Ouest, ZONE 1), Boulkiemdé et Sanguié (région du Centre-Ouest, ZONE 4) et Oudalan (région du Sahel, ZONE 8). Cependant au regard des retards de croissance de la végétation observés selon les images NDVI du FEWS NET entre la deuxième décade de juin et la première décade de août dans certaines parties des zones de moyens d’existence 1, 2 et 9, un suivi demeure utile aux fins d’alerte précoce.  Des cas d’inondations  ont été signalées dans le pays depuis le début de la saison pluvieuse, et les risques demeurent toujours au regard du caractère excédentaire de la pluviométrie attendue entre juillet et septembre. Le développement des cultures est hétérogène d’une région à l’autre. La situation phytosanitaire est calme et les opérations de prospection dans les zones à menaces acridiennes se poursuivent sur le terrain par les services techniques.  Dans les différentes zones de moyens d’existence, sans attaques majeures d’ennemis des cultures, les perspectives laissent entrevoir des productions moyennes à bonnes si la répartition spatio-temporelle de la pluie est bonne et que le régime pluviométrique se poursuit comme indiqué par les prévisions saisonnières.

    Comportement du marché

    Comme en année normale, en cette période habituelle de soudure, les disponibilités céréalières sont faibles sur les marchés. L’approvisionnement des marchés est principalement assuré par les commerçants mais avec des niveaux de stocks inférieurs aux années antérieures à la même période, largement à cause des prix élevés qui sont une contrainte au pouvoir d’achat des ménages. Au niveau national, les niveaux des prix des céréales demeurent élevés par rapport à 2011 et à la moyenne quinquennale. Comparativement au mois passé, comme supposé dans les perspectives,  les prix ont évolué légèrement à la hausse sur les marchés de collecte (3% pour le maïs, 7% pour le sorgho et 8% pour le mil). Auprès des consommateurs, les prix moyens sont restés globalement stables. La hausse de la demande en mil pour la période du Ramadan a contribué certainement à cette variation à la hausse des prix pour cette céréale contrairement à la stabilité voire la baisse observée au cours de juin. Par rapport à la moyenne quinquennale, selon le SIM/SONAGESS, la hausse des prix au consommateur est de 65% pour le mil, 54% pour le sorgho et 41% pour le maïs. Tous comme en année normale, les niveaux de prix les plus élevés sont observés sur le marché de Gorom-Gorom (ZONE 8) avec 350 F CFA le kg de mil et 300 F CFA celui du sorgho du fait de l’éloignement de cette zone de celles de fortes productions qui l’approvisionne. Les prix des céréales devraient poursuivre leur évolution à la hausse pendant le mois d’aout où ils atteindront le pic de l’année avant d’amorcer des baisses à partir de septembre et cela jusqu’en décembre.  L’exception reste dans les zones à fortes concentrations de réfugiés où, dans le cas ou les rations alimentaires sont réduits ou ne sont plus disponibles, un recours au marché entrainera  une probable augmentation de demande en céréales (surtout le mil) avec pour conséquence une hausse des prix dès septembre.  Les prix des animaux sont stables à légèrement élevés avec un offre plus élevée de petits ruminants sur les marchés comparativement à une année normale et les termes de l’échange dans les zones pastorales  sont en faveur de l’élevage.

    Situation acridienne

    Un plan de lutte antiacridienne est mis en œuvre par le gouvernement depuis juillet. Le pays n’étant pas une zone de reproduction habituelle du criquet pèlerin, une attaque d’envergure venant entre septembre et octobre du Mali ou du Niger  concernerait les ZONE 8, 7 et 5. On pourrait assister à des pertes de productions, surtout pour le sorgho et le mil.  L’Etat a renforcé les dispositifs de surveillance par la mise en place et la formation de brigades antiacridiennes et des missions de prospection conduites dans les zones 7 et 8 n’ont pas révélé des cas d’attaque.  Pourtant, la disponibilité des ressources financières et matérielles pour la lutte en cas d’activité acridienne n’est pas certaine.

    Réfugiés et assistance humanitaire

    En fin juillet, le nombre de réfugiés maliens au Burkina était estimé à 108 000 personnes soit 16 000 ménages équivalant à une hausse de plus de quatre cent cinquante pour cent comparativement à février 2012. Ces réfugiés se retrouvent majoritairement en zone de moyens d’existence Nord élevage transhumant et mil (79%) et le nord est de la zone de moyens d’existence Nord et Est bétail et céréales (15%). Entre août et décembre, les interventions de l’Etat, des partenaires bilatéraux et du Système des Nations Unies pourront couvrir les besoins alimentaires qui ne répondent toujours pas exactement à la préférence des réfugiés. Malgré les problèmes d’accessibilités qui pourraient se poser pour certains sites avec la saison des pluies en cours, le PAM qui a déjà distribué 1 600 tonnes de vivres à 70 000 personnes est en train demobiliser des vivres permettant de couvrir les rations alimentaires des réfugiés jusqu’en décembre 2012. Les autres agences humanitaires, vont opérer l’assistance alimentaire, y compris les distributions et les coupons pour les réfugiés des sites de Fererio et de Gandafabou (Zone 8) et les ménages hôtes.

    Zone de moyens d’existence nord élevage transhumant et mil (zone 8)

    Dans cette zone qui compte 79% des réfugiés maliens dans le pays, les principales sources actuelles des revenus des ménages très pauvres et pauvres sont normalement le travail salarié agricole, le gardiennage des troupeaux des moyens et aisés avec cette année une offre plus importante de main d’œuvre dans les zones de concentration des réfugiés, les transferts des migrants et transhumants et le petit commerce.  Le Gouvernement poursuit la vente à prix social dans les différentes communes identifiées par le SAP comme les plus à risque d’insécurité alimentaire. Le CONASUR, le PAM et d’autres partenaires (HELP, OXFAM, etc.) ont entamé la distribution gratuite et ciblée de vivres au profit des ménages très pauvres et pauvres.

    Les niveaux de prix restent les plus élevés du pays (350 XOF le kg de mil et 300 XOF celui du sorgho) : respectivement 29% et 34% plus élevés que les moyennes nationales et 14 à 21% plus élevés par rapport aux marchés de références de la ZONE voisine (marchés de Dori et de Djibo). Toutefois, entre juin et juillet, la tendance est à la stabilité. En l’absence de demande plus importante en mil pour la période du Ramadan on devrait s’attendre à des niveaux de baisse plus élevés au regard des interventions alimentaires en cours.

    L’installation de la campagne agricole a été précoce dans la zone avec néanmoins une mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies. Pourtant, le cumul saisonnier du 1er avril au 10 août est excédentaire par rapport à la normale et très excédentaire comparé à la même période de 2011. Les cultures, notamment le mil, sont au stade de levée et de tallage et similaire à des tendances typiques. Les premières récoltes de niébé pourraient intervenir dès mi-septembre et contribuer ainsi à améliorer la situation alimentaire des ménages. La situation alimentaire du bétail s’est nettement améliorée avec la disponibilité du pâturage herbacé et aérien et aussi des eaux de surface, la plupart des animaux des réfugiés étant retournés en territoire maliens pour éviter les conflits et pour chercher le pâturage, comme normale pour cette période de l’année. Cela va contribuer à améliorer la disponibilité du lait et améliorer aussi les termes de l’échange bétail/céréales actuellement en faveur des éleveurs et pourrait demeurer tel sur toute la période du scenario.

    L’assistance alimentaire et non alimentaire aux réfugiés et à leurs hôtes par rapport aux prévisions couvre actuellement les besoins à travers les rations mensuelles apportées et le suivi sanitaire et nutritionnel réalisé. Au cours de la réunion mensuelle en aout du système d’alerte précoce nationale et de ses partenaires, il est ressorti qu’une partie des vivres serait utilisée par d’autres pour ravitailler leurs parents/membres de famille restés en territoire malien. Les ménages pauvres et très pauvres demeurent en insécurité alimentaire aiguë avec stress au regard des appuis alimentaires en cours et de la stabilité des prix observés, ce qui leur permet d’acheter quelques boites et/ou assiettées de mil ou sorgho sur les marchés. Sans cette assistance alimentaire, la plupart des ménages très pauvres et pauvres seraient toujours en crises.

    Est de la zone de moyens d’existence nord et est, bétail et céréales (zone 9)

    La tension  sur les marchés est encore perceptible dans cette zone, surtout à l’extrême Est (province de la Tapoa) où les prix des céréales poursuivent leur évolution à la hausse. En effet, entre juin et juillet, le prix du maïs blanc a augmenté de 11%, celui du sorgho de 14%. Ces hausses de prix sont la  résultante d’un faible niveau d’approvisionnement des marchés en baisse comparativement à une année normale et de l’inaccessibilité des localités du fait de leur enclavement. Les principales sources d’aliments sont les céréales achetées sur les marchés ou celles vendues à prix modéré dans les boutiques communales par l’Etat jusqu’en octobre 2012 plus élevé qu’en année normale, la consommation des produits forestiers non ligneux (PFNL) et, les appuis humanitaires (PAM, ACF). Les sources de revenus sont le petit commerce qui est similaire à une année normale, la vente des animaux (petits ruminants et volaille) plus que la normale, le salariat agricole en plein essor sont supérieur à une année normale en terme de main d’œuvre disponible avec un léger infléchissement des coûts de cette main d’œuvre et les activités de cash for work ou de cash direct. Le déroulement de la campagne agricole est jugé normal. Le cumul pluviométrique indique, comparativement à la normale, un déficit de 10 à 50% dans les parties Nord de la ZONE et une situation  moyen à tendance excédentaire au Sud. Ainsi les provinces du Gourma et de la Kompienga dans cette zone de moyens d’existence méritent un suivi au regard des retards de croissance de la végétation observés entre la deuxième décade de juin et la première décade de août.  Les nouvelles récoltes en vert du mil hâtif (actuellement en épiaison/floraison) et du maïs devraient intervenir dans la dernière décade du mois d’août et contribuer à améliorer l’alimentation chez les plus pauvres. Cette situation doublée des appuis alimentaires d‘ACF et du PAM classent les ménages très pauvres et pauvres en insécurité alimentaire aiguë sous stress.

    Zones de moyens d’existence 5 et 7

    Le déroulement de la campagne agricole est normal dans les deux zones. Comparé à la normale, le cumul pluviometrique est globalement normal à tendance excédentaire avec toutefois des poches de déficits au nord-ouest de la ZONE 5 et au sud-est de la ZONE 7. Les stades phénologiques les plus avancés sont la montaison et le tallage respectivement  pour le sorgho  et le mil.  L’emploi agricole, le cash for work (ONGs) la vente des animaux et la pratique de l’orpaillage malgré la fermeture officielle des sites, constituent les principales sources de revenus qui demeurent tous au dessus de leur valeur d’une année normale. On assiste à une intensification des assistances alimentaires au profit des ménages vulnérables du fait de l’existence de plusieurs intervenants dans ces zones. L’opération de distribution ciblée par le PAM sur la période juillet-octobre devrait toucher plus de 457 000 personnes avec des vivres (plus de 10 000 tonnes) et plus de 190 000 personnes avec du cash direct (12 000 XOF/ménages/mois pendant 4 mois). La vente de céréales à prix modéré se poursuit dans les communes, de même que les opérations de distribution gratuite à travers le CONASUR. Au regard de ces indicateurs, les ménages pauvres et très pauvres demeurent en insécurité alimentaire aiguë sous stress dans la zone 7 et dans les parties nord ouest, ouest et sud ouest de la zone 5.

    Figures Calendrier saisonnier et évènements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et évènements critiques

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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