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Extension des zones exposées à l’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC)

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Burkina Faso
  • Octobre 2019
Extension des zones exposées à l’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC)

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  • Messages clé
  • Perpecive Projetée à mai 2020
  • Messages clé
    • Les incidents de sécurité à l’encontre des forces de sécurité et des civiles sont quasi quotidiens ces derniers mois et obligent les populations à abandonner leurs champs dans la zone sahélienne et environ. Nonobstant cette période de récolte et l’assistance en cours les zones où les PDIs représentent plus de 20 pour cent de la population (provinces du Soum, Oudalan, Sanmatenga, Bam, Loroum) seront confrontées à l’insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 ! de l’IPC) jusqu’en janvier et cela pourrait évoluer au pire (Phase 3 de l’IPC) entre février et mai.

    • Après la réduction des superficies emblavées au cours de la saison, l’insécurité continue de priver les ménages des nouvelles récoltes. Dans le nord et le nord-est du pays, les séquences sèches plus longues en septembre affectent sévèrement les rendements des cultures et des pâturages. Ailleurs, c’est la prolongation des pluies en octobre qui entraine des pertes sur les récoltes liées aux pourrissements des grains.  Les effets conjugués de ces facteurs entraineront des productions agricoles en dessous de la moyenne dans la moitié nord du pays. 

    • Dans les régions plus calmes au centre, au sud et à l’ouest du pays, les ménages ont accès aux nouvelles récoltes. Les marchés y sont fonctionnels avec des niveaux d’approvisionnement supérieurs à la normale en raison des stocks report importants chez les commerçants. Les prix des céréales enregistrent dans l’ensemble des baisses d’environ 30 pour cent par rapport à l’année écoulée et 20 pour cent comparé à la moyenne quinquennale.

    ZONE

    ANOMALIES ACTUELLES

    ANOMALIES PROJETÉES

    National

    • Les incidents de sécurité touchent l’ensemble des régions du pays et ont fait plus de 486 000 déplacés internes (OCHA, 8 octobre). Le rythme d’accroissement des PDIs atteint 20 pour cent par mois depuis le début de l’année.
    • Dans les régions plus calmes, la pluviométrie a été globalement satisfaisant, malgré le démarrage tardif de la saison et les inondations localisées. Cependant, la prolongation des pluies en octobre entraine des pertes de récoltes, surtout sur le niébé, le sésame et le maïs. Elles entrainent aussi une dégradation des pâturages.
    • Malgré les mesures sécuritaires prises par le gouvernement, notamment l’instauration de l’état d’urgence depuis mars et de couvre-feu en cours dans plusieurs régions, les attaques et menaces terroristes continuent de s’étendre. Le nombre de PDIs, pourrait probablement s’augmenter dans les prochains mois et atteindre 700 000 d’ici mai.
    • Les besoins d’assistance aux PDIs vont accroitre la demande institutionnelle de céréales sur les marchés. Avec des productions attendues en-dessous de la moyenne, les prix des denrées de base pourraient évoluer à des niveaux similaires ou supérieurs à la moyenne quinquennale.

    Zones de moyens d’existence (ZOME) 7 ; 8 et 5

    • Il y a un accroissement du nombre de PDIs, principalement dans les chefs-lieux de province du Soum, de l’Oudalan, du Loroum, du Bam et de Sanmatenga où ils dépassent 20 pour cent de la population. Les mois d’aout et de septembre ont été particulièrement marqués par la multiplication des attaques terroristes avec respectivement 21 et 25 incidents qui ont fait 106 morts dans six régions (WANEP, septembre 2019). Ces incidents sont quasi quotidiens depuis le début du mois d’octobre.
    • Du fait des attaques et menaces terroristes, la pratique des activités agricoles a été réduite d’environ 70 pour cent dans la plupart des communes de ces zones de moyens d’existence.
    • Dans les zones nord et nord-est, les pluies ont été rares pendant le mois de septembre au stade critique des cultures. Ce qui affectent négativement les productions là où les populations ont pu cultiver. 
    • La baisse de production agricole sera plus importante dans ces zones de moyens d’existence, car l’accès aux champs est resté limité depuis le début de la saison et en cette période de récolte, les ménages sont obligés d’abandonner les récoltes du fait des attaques et menaces terroristes.
    • Outre la production agricole, l’insécurité entraine aussi une perte des autres moyens d’existence, notamment la perte ou le bradage des animaux, la réduction des revenus de l’orpaillage avec l’abandon des sites. L’assistance humanitaire devrait constituer le principal recours des populations dans les prochains mois.
    • La rupture des flux commerciaux entre les zones du nord et le reste du pays va se maintenir au regard de la détérioration continue de la situation sécuritaire. Par ailleurs, la dégradation des pâturages et l’accès limité aux zones de pâture vont entrainer des transhumances précoces dès décembre en direction des régions du sud et des pays côtiers.

     


    Perpecive Projetée à mai 2020

    Au niveau national

    L’installation tardive de la saison en raison des séquences sèches en juin, les inondations survenues en aout dans certaines localités des zones de production de l’ouest, la réduction des superficies emblavées et l’abandon des récoltes dans le nord en raison de l’insécurité, les séquences sèches enregistrées en septembre et les pertes localisées de récoltes liées à la prolongation des pluies sont les principaux facteurs qui limitent la performance de la présente campagne agricole. Ainsi, les productions agricoles seront globalement inférieures à la moyenne dans le pays.

    Les stocks report plus que abondants des commerçants et la demande réduite des ménages du fait de leur accès aux nouvelles récoltes, permettent de maintenir les niveaux de prix des céréales en moyenne 20 pourcent en-dessous de la moyenne quinquennale.

    L’accroissement continue du nombre de PDIs et leur dépendance de l’assistance vont nécessiter une augmentation des achats alimentaires du gouvernement et des partenaires sur les marchés. En effet, les stocks de sécurité actuellement reconstitués à leurs niveaux conventionnels ne suffiront pas pour répondre aux besoins des permanents PDIs qui n’ont pas pu produire et des ménages hôtes qui continuent d’abandonner leurs récoltes. Cette demande additionnelle conjuguée à la baisse localisée des productions, pourra entrainer un redressement des prix des denrées de base à leurs niveaux moyens voire supérieur pendant la période poste récolte.

    Le flux de plus en plus important de PDIs vers les milieux urbains va exercer une forte pression sur la demande d’emploi dans ces zones dans un contexte économique déjà marqué par le fonctionnement au ralenti des entreprises et la taxation plus importante. Ce manque d’opportunité pourrait augmenter les migrations vers les pays voisins.

    Néanmoins, dans les régions plus calmes, malgré les baisses localisées de production, les ménages auront des stocks suffisants et devraient vivre normalement de leurs récoltes jusqu’en mai.   Pendant cette période, l’essentiel de leurs revenus proviendra comme d’habitude de la vente des cultures de rente (sésame, arachide, coton, niébé), de vente des produits maraichers et de la pratique de l’orpaillage. Ces zones demeureront en insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en mai 2020.

    Zones de moyens d’existence 8 ; 7 et 5

    Il s’agit des zones où les modes de vies sont habituellement basées sur l’élevage transhumant et la production de mil au nord, l’élevage, la production du sorgho, le maraichage et l’orpaillage su centre et au sud. Ces zones sont plus affectées par les attaques et menaces terroristes. Depuis le début de l’année, le nombre de déplacés internes augmente en moyenne de 20 pourcent par mois, en particulier dans les provinces du Soum et du Sanmatenga. Au cours du second semestre, la détérioration de la situation sécuritaire s’est étendue aux provinces voisines du Loroum, de l’Oudalan, du Bam. Les mouvements de population sont aussi limités dans les provinces du Séno, du Yagha, du Namentenga de la Gnagna et de la Komondjari.  En début octobre, le nombre de PDIs dépassait 20 pourcent de la population dans plusieurs communes dans ces zones de moyen d’existence. Dans la commune de Djibo, par exemple, cette proportion atteint 99 pourcent.

    En début de saison, les activités agricoles étaient réduites de l’ordre de 70 pourcent dans la plupart des communes de la province du Soum et de l’ordre de 20 à 50 pourcent dans les communes voisines. Avec les incidents quasi quotidiens depuis le mois d’aout, les populations abandonnent leurs champs et leurs récoltes. Dans le nord et le nord-est, des séquences sèches de deux à trois semaines ont été observées en septembre au stade de floraison des cultures. Conséquence, les rendements y sont faibles. Par ailleurs, ce déficit pluviométrique a provoqué une dégradation accélérée des pâturages. Avec l’accès limité aux zones de pâture, les départs en transhumance interviendront précocement dès décembre contre février habituellement. La soudure pastorale pourrait être plus difficile à partir du mois de février et les éleveurs devront augmenter les achats de sous-produits agro industriels (SPAI) sur les marchés.

    Par ailleurs, les populations qui ont pu se déplacer avec leurs bétails sont obligés de les brader sur les marchés locaux des zones d’accueil.  Sur le marché de Djibo, l’offre de caprins a augmenté d’environ 16 pourcent comparé à la moyenne. Malgré la fréquentation du marché par les acheteurs nationaux et étrangers (ghanéens et ivoiriens), les prix enregistrent en septembre une baisse de 18 pourcent par rapport à la moyenne quinquennale. Avec les flux continus de PDIs vers les centres urbains, les offres devraient être plus importants dans les prochains mois. En tenant compte de la dégradation probable de l’état d’embonpoint des animaux pendant la soudure pastorale, les prix devraient aussi chuter davantage entre février et mai.

    L’assistance alimentaire en cours et planifiée jusqu’en décembre sous forme de vivres et de cash est concentrée dans les centres urbains plus accessibles. L’assistance en cours et planifiée jusqu’en décembre doit toucher 487167 PDIs et hôtes. 61315 personnes bénéficieront de bons alimentaires ou de cash et 425852 recevront un panier alimentaire pour couvrir 2100 Kcal. Dans l’ensemble des provinces plus affectées par l’insécurité (Soum, Loroum, Oudalan, Bam, Sanmatenga), elle couvre 100 pourcent des PDIs, mais sur l’ensemble de la population, elle représente 21 pourcent pour le Soum, 30 pourcent pour le Sanmatemga et en moyenne 11 pourcent dans les autres provinces. Les faibles récoltes accessibles et assistance permettent aux PDIs et ménages hôtes d’être en insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 ! de l’IPC) entre octobre et janvier. Au-delà de janvier, la perte des avoirs des ménages, l’épuisement des récoltes et l’accès limité aux sources de revenu continueront d’impacter négativement les moyens d’existence des PDIs et populations hôtes. Par ailleurs, la fermeture ou le fonctionnement au ralenti des centres de santé, l’accès limité à la zone pour la mise en œuvre adéquate des programmes de prévention de la malnutrition et la dégradation de la consommation alimentaire des ménages, pourront probablement augmenter les prévalences de la malnutrition au-dessus des seuils de la SMART observés l’année dernière en septembre-octobre (8,9 pourcent dans la région du Centre-Nord et 12,6 pourcent dans la région du Sahel).

    Sans revenu et sans assistance nécessaire, les PDIs et populations hôtes des provinces du Soum, du Loroum, de l’Oudalan, du Sanmatenga et du Bam seront confrontés à l’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC) ou pire entre février et mai.  Dans les provinces voisines (Séno, Yagha, Gnagna, Komondjari), une insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC) ou pire pourrait être observée pendant la même période.

    Figures Carte des Anomalies NDVI à la première décade de septembre: zones de 70 a 95 pourcent de la moyenne dans tout le pays

    Figure 1

    Figure 1.

    Source: USGS/FEWS NET

    Titre : Calendrier saisonnier Burkina Faso Description : Saison des pluies : mi-mai à mi-octobre. Récolte principale : septem

    Figure 2

    CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNEE TYPIQUE

    Source: FEWS NET

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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