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L’insécurité affectera négativement les activités agricoles dans le nord du pays

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Burkina Faso
  • Juin 2019
L’insécurité affectera négativement les activités agricoles dans le nord du pays

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  • Messages clé
  • Perspective projectée à janvier 2020
  • Messages clé
    • L’intensification des exactions de groupes armés a entrainé en début mai un accroissement de 26 pourcent de l’effectif des populations déplacées internes (PDIs) en seulement un mois.  Ces populations, ainsi que les ménages hôtes, sont dépendants de l’assistance. Dans les localités moins touchées par les incidents devenus quotidiens, les ménages disposent encore des réserves de l’autoproduction pour maintenir une alimentation sous stress. 

    • Dans le nord du pays (zones de moyens d’existence 5 ;7 et 8) qui abrite 95 pourcent des PDIs, les populations n’ont plus accès aux sites d’orpaillage où elles tirent habituellement leur seconde source de revenu. L’approvisionnement des marchés locaux en denrées de base devient difficile. De même l’accès humanitaire y est devenu limité, en particulier dans la province du Soum. Ce qui expose les PDIs et les ménages hôtes de cette province à l’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC) entre juin et septembre.

    • Par ailleurs, en plus de la détérioration de l’accès alimentaire des ménages, l’accès des populations limité aux services de santé et la perturbation des programmes habituels de prévention et de prise en charge de la malnutrition pourraient entrainer durant toute la soudure, des prévalences de la malnutrition aigüe globale plus élevées de façon générale par rapport à l’année précédente et plus sévères chez les PDIs et les ménages hôtes.

    • Bien que les prévisions saisonnières indiquent des conditions favorables à des précipitations équivalentes ou supérieures à la normale sur la majeure partie du pays, la probabilité de pluies déficitaires dans les zones de grandes productions à l’ouest, les flux croissants de PDIs et les mouvements limités des populations, pourraient affecter négativement les activités agricoles et induire une baisse des productions en-dessous de la moyenne des cinq dernières années.

    ZONEANOMALIES ACTUELLESANOMALIES PROJETÉES
    National
    • Une situation sécuritaire en dégradation continue, avec des exactions de groupes armés non plus seulement à l’encontre des forces de défense et de sécurité, mais aussi de plus en plus orientées vers les populations civiles et leurs biens. À la date du 11 mai, le pays comptait près de 170 500 déplacés internes (OCHA/CONASUR, mai 2019), soit une augmentation de 26 pourcent en espace d’un mois.
    • Une réduction des flux internes et externes de céréales d’une part, en raison de l’insécurité qui empêche les transferts vers les zones structurellement déficitaires de la moitié nord du pays et d’autre part, du fait de la baisse de la demande des pays voisins dans lesquels les productions passées ont été supérieures à la moyenne. 
    • Avec en moyenne 33 incidents de sécurité par mois au cours des trois derniers mois, les exactions des groupes armés pourraient gagner en intensité et en espace, car la dégradation des routes avec l’installation de la saison des pluies pourrait entraver les opérations de lutte enclenchées par les forces nationales de défense et de sécurité.
    • Bien que les prévisions saisonnières indiquent une pluviométrie globalement normale dans le pays, le risque de recrudescence de la chenille légionnaire est à craindre surtout dans la première moitié de la saison. De même, des pertes de récoltes liées aux oiseaux granivores pourraient être importantes car l’occupation par les groupes armés des zones habituelles de prolifération empêchera les mesures de lutte.
    Zones de moyens d’existence (ZOME) 7 ; 8 et 5
    • L’essentiel des exactions des groupes armés a lieu dans ces zones (région du Sahel et les provinces environnant) qui comptent aussi plus de 95 pourcent des effectifs de populations déplacées internes (PDIs). L’accès humanitaire à ces zones devient difficile.
    • Réduction dans l’approvisionnement des marchés des communes frontalières, difficile d’accès par les fournisseurs habituels. Ces marchés sont d’ailleurs peu fréquentés par les ménages en raison des menaces sécuritaires qui limitent leur déplacement.
    • Abandon des activités d’orpaillage par les populations, activités qui contribuent en situation normale à environ 40 pourcent à la formation du revenu des ménages pauvres.  Par ailleurs, l’accroissement de 11 à 31 pourcent des populations de certaines communes exerce une pression sur les ressources disponibles, en particulier l’eau potable et l’eau pour l’abreuvement des animaux.  
    • Accroissement du nombre de PDIs avec la poursuite des exactions et menaces de groupes armés. Dans les zones de refuse, les PDIs en majorité de ménages pastoraux partagent les ressources disponibles avec le bétail des ménages hôtes. Avec le démarrage des activités agricoles, les risques de conflits agriculteurs/éleveurs ou communautaires peuvent survenir.
    • Ruptures dans l’approvisionnement en céréales de base des marchés des localités inaccessibles au moment où les ménages seront plus dépendants des marchés pour leur alimentation. En conséquence, les prix actuellement stables pourraient évoluer au-dessus de la moyenne quinquennale. Dans les zones plus accessibles, l’assistance humanitaire favorisera une stabilité des prix pendant toute la soudure
    • Si les pluies précoces vont favoriser une régénération des pâturages et réduire la durée de la soudure pastorale, l’accès des ménages à leurs champs pourrait être compromise en particulier dans certaines localités des provinces du Soum et du Sanmatenga plus touchées par l’insécurité.

     


    Perspective projectée à janvier 2020

    Au niveau national

    A la faveur des productions supérieures de la saison écoulée, les disponibilités en céréales sur les marchés des zones de grande production sont satisfaisantes par rapport à l’année passée et à la normale. Malgré une demande institutionnelle en cours de 40 000 tonnes, la réduction des flux sortant vers les pays voisins, les difficultés de transfert vers les marchés du nord et la demande typique des ménages, entrainent des méventes auprès des commerçants. Par ailleurs, le gouvernement a procédé à l’ouverture de 150 points de vente de céréales à prix subventionné à travers le pays.

    Ainsi, les prix des céréales enregistrent des baisses autour de 29 et 5 pour cent respectivement par rapport à l’année passée et à la moyenne quinquennale.

    En ce début de soudure, l’accès alimentaire des ménages est normal avec la prise quotidienne d’au moins deux repas. La production maraichère qui s’achève s’est bien déroulée et a offert aux producteurs des revenus similaires à la moyenne. Les grands producteurs procèdent au stockage et à la conservation de l’oignon en attente de prix meilleurs les prochains mois. Dans l’ensemble, les ménages pauvres vivent une insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC). La demande typique sur les marchés et la disponibilité normale des produits de cueillette devraient leur permettre de maintenir cette situation jusqu’aux prochaines récoltes en octobre.

    Les résultats de la Prévision Saisonnière (PRESASS) indiquent des conditions favorables à des précipitations équivalentes ou supérieures à la normale sur la majeure partie du pays, excepté les régions des Hauts Bassins, du sud-ouest, des Cascades et de la boucle du Mouhoun où il est attendu des cumuls pluviométriques déficitaires à tendance normale. Il est aussi attendu une installation précoce à tendance normale et une fin tardive à tendance normale des précipitations. Cependant, les flux croissants de PDIs et la détérioration de la situation sécuritaire vont entraver localement les activités agricoles dans les régions du Sahel, du Nord, du Centre-Nord et de l’Est. Par ailleurs, les probabilités de précipitations déficitaires dans les zones de production de l’ouest pourraient impacter négativement les productions dans ces zones. En outre, l’insuffisance dans l’encadrement des producteurs dans les zones inaccessibles pourrait limiter la prévention et la lutte contre les ravageurs et augmenter ainsi les pertes de récoltes.

    En somme, les productions agricoles devraient rester inférieures à la moyenne des cinq dernières années. Néanmoins, l’accès aux nouvelles récoltes et les revenus générés de la vente des cultures de rente (arachide, niébé, coton, sésame) et des premières productions maraichères favoriseront une insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en janvier 2020.

    Zones de moyens d’existence 8 ; 7 et 5

    Les zones de moyens d’existence 8 ; 7 et 5 regroupent la région du Sahel et les provinces voisines (Loroum, Bam, Sanmatenga, Namentenga, Gnagna et Komondjari). Plus de 95 pourcent des populations déplacées se trouvent dans cette zone. Les incidents de sécurité y sont quotidiens et marqués par des tueries, des destructions de biens (points de commerce, pillages de bétail) et des enlèvements de personnes civiles y compris les humanitaires. Les centres urbains plus sûrs sont les lieux de refuse des populations. Ainsi, dans les communes de Djibo, Arbinda, Kelbo (province du Soum), Barsalogho, Dablo et Pensa (province du Sanmatenga) les PDIs, représentent entre 11 et 31 pourcent de la population totale et la majorité vivent dans les communautés hôtes.

    Avec la détérioration de la situation sécuritaire, les sites d’orpaillage sont devenus inaccessibles, privant les ménages pauvres d’une de leurs principales sources de revenu. En effet, l’orpaillage représente la seconde source de revenu de ces ménages après l’élevage et contribue à environ 40 pourcent à la formation de leur revenu. Dans la province du Soum en particulier, excepté les marchés de Djibo et de Kelbo, les autres marchés ne fonctionnent plus ou fonctionnent au ralenti. Leur approvisionnement n’est plus effectif à partir des marchés de regroupement (Ouagadougou, Pouytenga, Ouahigouya) et des zones de production de l’ouest du pays. Jusqu’en début du mois de mai, les commerçants tentaient de ravitailler la zone en empruntant l’axe Ouagadougou- Dori-Arbinda, mais cela n‘est plus possible.

    Dans leur zone de refuse, les PDIs se retrouvent avec leur bétail, ce qui créée une pression sur les ressources locales disponibles. Les conflits communautaires survenues les mois passés sont encore latents. De ce fait, dans certaines localités, l’accès aux ressources (pâturages et points d’eau) est restreint pour le bétail appartenant aux PDIs. Dans d’autres localités, ce bétail fait objet de pillage. Les marchés de collecte de bétail, situé le long de la frontière avec le Mali ne sont plus fréquentés par les collecteurs. Les éleveurs sont donc contraints de se rapprocher des marchés centraux pour vendre leurs animaux.

    Les ménages des localités plus calmes disposent encore de leurs stocks issus des productions supérieures de la saison écoulée. L’assistance alimentaire en faveur des PDIs et de ménages hôtes, réduit leur dépendance des marchés. Ainsi, malgré le disfonctionnement des marchés, les prix des céréales de base sont stables ou en légère baisse comparé à la moyenne quinquennale à l’exception des hausses d’environ 10 pourcent sur les marchés de Gorom-Gorom et de Markoye. Sur les marchés centraux de bétail (Youba, Djibo, Gorom-Gorom, Dori et Kaya), les prix des petits ruminants sont dans l’ensemble stables par rapport à la moyenne quinquennale. Cependant les taux de vente sont en-dessous de 80 pourcent en raison de la diminution du nombre d’acheteurs. Sur ces marchés centraux les termes de l’échange bétail/céréales sont en faveurs de l’éleveur et connaissent des hausses de 20 à 47 pourcent par rapport à la normale.

    L’autoproduction permet aux ménages des localités plus calmes de vivre une insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC). Par contre dans les provinces du Soum et du Sanmatenga qui concentrent le plus de  PDI, l’assistance a couvert ces deux derniers mois 32 pourcent des PDI comme cibles prioritaires  et 80 à 100 pourcent de leurs besoins calorifiques. Toutefois, elle ne représente que 16 pourcent et 5 pourcent de la population de ces provinces respectivement. Ce qui expose ces provinces à une situation de Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Avec l’épuisement des stocks, la dépendance des ménages dans les localités plus sûres sera grande jusqu’à la fin de la soudure en septembre. Avec un accès humanitaire devenu difficile, les planifications d’assistance qui devraient toucher entre 53 et 72 pourcent des PDIs pendant la période risquent de ne pas être régulières. Les PDIs et ménages hôtes se retrouveraient alors dépendants des marchés avec des revenus faibles et les ruptures dans l’approvisionnement de ces marchés les pousseraient vers l’adoption de stratégies de crise liées à l’alimentation et aux moyens d’existence. Par ailleurs, les programmes habituels de prévention et de prise en charge de la malnutrition sont limités dans ces zones. En conséquence, durant toute la soudure, la prévalence de la malnutrition aigüe globale pourrait être plus élevée de façon générale par rapport à l’année précédente et plus sévère chez les PDIs et les ménages hôtes.

    La détérioration continue de la situation sécuritaire va limiter l’accès des ménages à leurs champs en particulier dans la province du Soum et environnant. De même, face aux menaces des groupes armés, les ménages de cette province pourraient limiter la pratique de cultures hautes (mil, sorgho) au profit des légumineuses. Par conséquent, la dépendance des marchés va se maintenir en période de récoltes en ce qui concerne l’accès à la céréale de base. L’assistance alimentaire planifiée entre juin et septembre ne couvrira qu’environ 20 pourcent de la population dans le Soum et moins de 10 pourcent des populations des autres provinces voisines. Compte tenu de la dégradation de la situation sécuritaire, il n’est pas certain que cette assistance soit correctement délivrée. En conséquence, les ménages pauvres dans les zones plus sûres continueront d’être en insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC). L’accroissement des PDI dans le Soum et ses environnants, maintiendra cette province en insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’en janvier 2019.

    Figures Titre : Calendrier saisonnier Burkina Faso Description : Saison des pluies : mi-mai à mi-octobre. Récolte principale : septem

    Figure 2

    CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNEE TYPIQUE

    Source: FEWS NET

    Projected price per kg of millet on the Djibo market: Prices expected to be near or below the 5-year average and lower than l

    Figure 2

    Figure 1.

    Source: FEWS NET/SONAGESS

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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