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- En fin 2024, FEWS NET avait signalé la nécessité de maintenir l’assistance humanitaire de façon régulière entre février et mai 2025 dans les zones difficiles d’accès, notamment dans les communes de Djibo, Kelbo, Arbinda, Sebba, Diapaga afin d’empêcher les résultats d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) en raison de l’épuisement précoce des stocks de la production pluviale, de la faiblesse des productions maraichères et des revenus marginaux qui ne suffiraient pas pour combler les besoins alimentaires de base. FEWS NET a également estimé que 1,5 à 2 millions de personnes auraient besoin d’une assistance alimentaire jusqu’en mai 2025, principalement dans les zones difficiles d’accès et de forte présence de PDIs dans les régions du Nord, du Sahel, de l’Est et du Centre-Nord. Alors que la production maraichère pourrait atténuer une détérioration sévère de la situation alimentaire où les retenues d’eau sont accessibles, ce ne serait pas le cas pour les zones comme Gorom-Gorom et Sebba, où cette source est marginale ou inexistante et les ménages pauvres pourraient être exposés à l’Urgence (Phase 4 de l'IPC) ou pire.
- La situation sécuritaire demeure préoccupante dans le pays malgré les pertes humaines et logistiques subies par les groupes armés terroristes. Ces derniers restent encore actifs et continuent d’entrainer des exactions surtout dans les régions de l’Est, du Centre-Est et du Sahel, limitant ainsi la libre circulation des personnes, l’approvisionnement et le fonctionnement des marchés et l’accès des ménages à la nourriture et à leurs moyens d’existence. Les menaces des groupes armés terroristes sont particulièrement élevées autour des villes de Djibo, Diapaga et Sebba où les mouvements des populations restent fortement limités à l’intérieur d’une ceinture de sécurité. Néanmoins, les incidents et les morts y associées sont en baisse dans les régions des Cascades, des Hauts-Bassins, de la Boucle du Mouhoun, du Nord et du Centre-Nord. Bien que des chiffres à jour sur les effectifs de PDIs ne soient pas disponibles, le Ministère en charge de l’action humanitaire indique que plus de 1,06 millions de personnes sont retournées dans 768 localités à la date du 31 mai, alors qu’il y a un an, cet effectif était de 716 723 retournés enregistrés dans 524 localités. Comparativement à l’année passée, le nombre de communes dépendant des convois militaires pour leur ravitaillement est en baisse (une dizaine actuellement contre une trentaine) et une amélioration globale de l’accès des populations aux champs pour les activités agricoles et la collecte de produits forestiers non ligneux.
- Bien que le nombre de marchés tributaires des approvisionnements sous escortes militaires ait baissé pendant la période comparativement à l’année passée en raison de la diminution des incidents sur certains axes (Dédougou-Nouna, Kaya-Barsalogho, Ouahigouya-Titao, Toma-Tougan), les délais de ravitaillement demeurent longs, pouvant atteindre six mois pour d’autres localités comme Diapaga, Djibo et Sebba, entrainant parfois des ruptures de stocks. Toutefois, dans l’ensemble, la majorité des marchés situés dans les zones d’accès difficile connaissent une amélioration de l’offre au mois de juillet par rapport aux mois précédents de l’année, en raison des approvisionnements reçus en juin, y compris Djibo et Diapaga. Mais en raison des coûts de transport élevés, les prix des denrées présentes sont hors de portée des ménages hôtes pauvres et des PDIs, dont les avoirs principalement issus de la pratique de l’orpaillage, de la vente de bois et des envois d’argent des parents de l’étranger sont faibles. En juin 2025, le prix du mil était en hausse de 60 et 66 pour cent respectivement à Sebba et à Arbinda par rapport à la moyenne quinquennale.
- Au cours du semestre précédent, l’assistance alimentaire a aussi été irrégulière et insuffisante dans l’ensemble, poussant les ménages pauvres et les PDIs, en particulier dans les communes d’Arbinda, Djibo, Diapaga, Sebba, à adopter des stratégies de restriction sévère en réduisant à la fois les quantités et le nombre de repas de trois à deux ou de deux à un repas consommé par jour selon les localités. Des cas de personnes, notamment les adultes qui passent une nuit et une journée sans nourriture existent, mais sont rares, car dans la pire des situations, les ménages ont recours aux produits de cueillette (feuilles vertes) qu’ils combinent avec les faibles quantités de céréales. Aussi, à la faveur des convois par escorte réalisés courant le mois de juin dans les communes de Djibo et de Diapaga, le gouvernement a pu apporter de l’assistance pour trois et deux mois respectivement et couvrant au moins 50 pour cent des besoins pour la majorité des ménages dans chacune de ces communes. Au cours des trois derniers mois, l’assistance a été plus régulière et suffisante dans les communes de Gorom-Gorom et de Titao, limitant le recours des ménages à des stratégies d’urgence.
- Le début de l’année a été marqué par des niveaux de prix élevés induits par une offre relativement faible, liée selon certains acteurs à la rétention de stocks. En ce début du second semestre 2025, les marchés des céréales de base connaissent un approvisionnement satisfaisant. Outre le déstockage de réserves par les grands producteurs à la recherche de revenus pour faire face aux coûts de production, les ventes à prix subventionnés initiées par le gouvernement ont contribué à une amélioration de l’offre sur les marchés. Par ailleurs, la mesure d’interdiction d’exportation des céréales, la réduction de la demande du Niger et le renforcement de la surveillance du marché sont également des facteurs ayant contribué à l’amélioration de l’offre et à la stabilité des prix des principales céréales au cours du mois de juin par rapport à la même période l’année passée. Des hausses légères à modérées de prix (15 à 30 pour cent) demeurent dans l’ensemble comparativement à la moyenne quinquennale. Ce bon niveau d’approvisionnement devrait permettre d’éviter une nouvelle tension inflationniste des prix durant toute la période de soudure de juillet à septembre. L’avènement de nouvelles récoltes entre octobre et décembre favorisera la baisse saisonnière des prix, mais avec des niveaux légèrement au-dessus de leurs moyennes quinquennales jusqu’à la fin de l’année.
- L’installation de la saison des pluies a été effective au cours de la deuxième décade de juillet avec cependant des retards d’une à deux décades dans le centre et l’est du pays. La pluviométrie attendue entre août et septembre devrait rester favorable sur l’ensemble du pays. Les services de la météorologie nationale prévoient une fin de saison tardive à tendance normale. L’accès des ménages aux champs connait une amélioration cette année par rapport aux deux précédentes saisons à la faveur de l’accroissement des effectifs de populations retournées dans leurs localités d’origine. Néanmoins, les périmètres d’accès sont encore restreints, surtout dans les communes de la région du Sahel (Djibo, Arbinda, Gorom-Gorom, Sebba) et de l’Est (Diapaga, Kantchari, Mani, Gayéri).
- L’assistance alimentaire est sous financée dans l’ensemble (21 pour cent à la date du 15 juillet selon OCHA). Les planifications de soudure pour juin, juillet et août devraient couvrir au moins 20 pour cent des populations et répondre au moins à 50 pour cent de leurs besoins dans les provinces du Soum, du Yagha et de l’Oudalan (dans la région du Sahel), du Loroum (région du Nord). Toutefois, à l’image des soudures précédentes, les contraintes logistiques et sécuritaires pourraient entraver la mise en œuvre adéquate de cette assistance. La disponibilité et l’accès aux légumes verts devraient s’accroitre au cours des deux prochains mois en raison des productions réalisées dans les périmètres accessibles (feuille de haricot, oseille et gombo). Toutefois, ces produits ne seront pas suffisants pour compenser l’accès réduit ou l’inexistence de la nourriture de base. En l’absence d’une réponse suffisante, la consommation alimentaire se détériorera pour les ménages pauvres dans les zones difficiles d’accès (Djibo, Arbinda, Gorom-Gorom, Sebba, Diapaga, Kantchari, Mani, Gayéri) entre juillet et août. Entre septembre et décembre, l’accès plus large aux nouvelles récoltes devrait permettre une légère atténuation des formes sévères de l’insécurité alimentaire aiguë pour la majorité des ménages dans les zones difficiles d’accès. Dans le reste du pays, l’autoproduction constituera la principale source de nourriture des ménages.
Citation recommandée: FEWS NET. Burkina Faso Mise à jour des messages clés Juillet 2025: Des difficultés dans la couverture de l’assistance alimentaire et dans l’approvisionnement régulier des zones d’accès limitées persistent, 2025.
Cette mise à jour des des messages clés présente une analyse succincte des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.