Perspectives sur la sécurité alimentaire

Perspectives de récoltes céréalières globalement moyennes mais mitigées par endroit

Octobre 2017

Octobre 2017 - Janvier 2018

Février - Mai 2018

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Concentration de personnes déplacées
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Concentration de personnes déplacées
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Concentration de personnes déplacées
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • La production céréalière attendue de la campagne agricole humide 2017-2018, qui a été marquée par de multiples séquences pluviométriques sèches et d’attaques de chenilles légionnaires, sera globalement moyenne, avec cependant des déficits très sévères par endroit. Par contre, les perspectives de production des cultures de rente laissent entrevoir des récoltes supérieures à la moyenne, suite à l’accroissement supposé des superficies de rente. Cette situation serait liée aux incertitudes du début de campagne qui aurait conduit à la reconversion de certaines superficies céréalières. 

  • Le niveau de remplissage des retenues d’eau est dans l’ensemble satisfaisant, ce qui augure une bonne disponibilité en eau pour le cheptel et de bonnes perspectives pour les activités de contre-saison (maraichage, en particulier). Par ailleurs, le prix d’achat de l’or sur les sites, en légère hausse par rapport à l’année passée et similaire à la moyenne quinquennale, pourrait   favoriser le maintien des revenus des orpailleurs sur la période habituelle de cette activité (novembre à mai).

  • En ce début de récoltes, les prix des denrées de base sont encore supérieurs à la moyenne quinquennale. Toutefois, les ménages assurent principalement leur alimentation à partir de leur propre production et leurs revenus, jugés d’un niveau moyen à supérieur à moyen, qui sont issus de la vente des produits de rente devraient favoriser leur accès à une consommation normale. Ce qui leur permettrait d’être classés en insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en mai sauf que les ménages pauvres et très pauvres dans la ZOME 8 dans le nord du pays qui seront en Stresse (Phase 2 de l’IPC).

CONTEXTE NATIONAL

Situation actuelle

La saison des pluies qui a commencé précocement dans le pays s’achève avec des cumuls pluviométriques globalement similaires à excédentaires comparé à la moyenne des dix dernières années. Toutefois, elle a été caractérisée par une mauvaise répartition temporelle des pluies avec de longues et fréquentes séquences de sècheresses (plus de 14 jours) dans plusieurs localités.

Par ailleurs, tout au long des stades végétatifs des cultures, les chenilles légionnaires ont entrainé des dégâts plus ou moins importants, principalement sur le maïs (plus de 40 000 ha touchés). Les dégâts ont causé dans certaines localités (notamment dans les régions des Cascades, du Sud-Ouest et du Centre-Ouest), des reprises ou changement de semis et des baisses de rendements.

Les oiseaux granivores, dans leurs zones habituelles (provinces du Soum, de l’Oudalan, du Séno, du Sourou et de la Tapoa), ont encore causé des dégâts et ont conduit des récoltes anticipées du mil. Toutefois, malgré les difficultés de lutte du fait de l’insécurité au nord du pays, les dégâts ont pu être circonscrits et on pourrait s’attendre cette année à des dégâts d’ampleur moindre que la moyenne des trois dernières années.

Le développement des pâturages est similaire à la moyenne, mais les difficultés d’accès physique à certaines zones habituelles de pâtures (Nassoumbou, Déou, Koutougou, Diguel), pourraient entrainer une concentration du cheptel et un surpâturage certaines zones favorables et un départ précoce du troupeau vers des régions plus sûres

Sur les marchés, les nouvelles récoltes (niébé, maïs, arachide) font leur apparition. Toutefois, les prix des denrées de base restent élevés, comparés à leurs niveaux habituels. Pour cause, les stocks reports commerçants faibles conduisent à une tendance à la rétention des stocks, en attendant la fin des récoltes. Ainsi, au niveau national, les prix aux consommateurs sont en hausse comparativement à la moyenne quinquennale : 6 pour cent pour le maïs, 18 pour cent pour le mil et 12 pour cent pour le sorgho. Dans la région du Sahel en particulier, le mil qui est la denrée de base enregistre des hausses de prix comparées à la moyenne quinquennale : 16 pour cent à Djibo, 13 pour cent à Dori, 20 pour cent à Sebba et pour cent % à Gorom-Gorom. De même, dans les zones de grande production, les prix enregistrent des hausses par rapport à la moyenne quinquennale : 9 pour cent pour le maïs, 16 pour cent pour le mil et 11 pour cent pour le sorgho.

Les principaux marchés à bétail de la zone pastorale (Gorom-Gorom, Dori, Djibo dans la région du Sahel), se caractérisent par une faible demande des animaux par rapport à l’offre, en particulier pour les béliers et les taureaux. En effet, les taux de vente pour les béliers varient entre 64 pour cent à Gorom-Gorom et 78 pour cent à Djibo. Pour les taureaux, ces taux varient entre 55 pour cent à Gorom-Gorom et 81 pour cent à Djibo. La réduction des exportations en direction du Niger et du Nigeria, explique en partie cette baisse de la demande. Par ailleurs, l’insécurité décourage certains acheteurs potentiels à fréquenter certains marchés.  Les prix sont dans l’ensemble stables ou en hausse inférieure à 17 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale.

Ainsi, du fait du niveau élevé des prix des céréales de base, les termes de l’échange bouc/mil dans les principales zones pastorales, au nord du pays (marchés de Gorom-Gorom et Dori) sont en défaveur des éleveurs. Par ailleurs, ils sont en dégradation par rapport à la normale sur les mêmes marchés : perte de 38 et 11 points respectivement à Gorom-Gorom et à Dori.

Suppositions

Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit d’octobre 2017 à mai 2018, se fonde sur les hypothèses générales suivantes:

· Des productions céréalières moyennes : Les productions céréalières resteront similaires à la moyenne quinquennale en raison des difficultés rentrées tout au long la campagne agricole (pluies irrégulières  dans plusieurs localités, attaques de chenilles légionnaires, etc.). 

· Des productions agricoles de rente au-dessus de la moyenne : Les productions des cultures de rente devraient être supérieures à la moyenne quinquennale en raison de l’accroissement des superficies et de la situation phytosanitaire typique.

·Des productions de saison sèche similaires à la normale : La campagne de production de saison sèche se déroulera normalement du fait de la disponibilité moyenne de l’eau et du soutien habituel de l’Etat et des partenaires. Cela permettra aux producteurs de réaliser un niveau de production similaire à la moyenne sur les cinq dernières années.

·Une situation alimentaire du bétail typique : En raison du niveau de remplissage des retenues d’eau pour l’abreuvement, de la disponibilité moyenne du fourrage, l’alimentation du bétail restera typique pendant toute la période du scenario. Les départs en transhumances vont s’intensifier comme habituellement à partir de janvier-février et la soudure s’installera aussi à partir de mars jusqu’en mai comme en année normale. Toutefois, dans la région du Sahel et environ, les menaces d’attaques djihadistes réduiront l’accès à certaines zones habituelles de pâture.

·Prix des céréales moyens à supérieurs à la moyenne : Entre octobre et mars, les prix des céréales de base évolueront suivant la tendance saisonnière moyenne en raison de la demande typique et du niveau d’approvisionnement moyen des marchés. Cependant, à partir du mois d’avril, une hausse de la demande par rapport à la normale devrait s’observer du fait de l’épuisement précoce des stocks ménages dans les localités déficitaires, mais aussi à cause de la demande institutionnelle interne et externe qui prend généralement effet après le premier trimestre.

·Revenus agricoles et non agricoles moyens : En raison de l’offre au-dessus de la moyenne, les prix des cultures de rente, notamment le niébé et l’arachide, resteront autour de leurs niveaux moyens sur les cinq dernières années. Par ailleurs, avec des productions agricoles moyennes et une situation alimentaire normale du bétail, les ménages ne seront pas contraints de faire du déstockage atypique de leur bétail et les prix des animaux pourront demeurer autour de leurs moyennes quinquennales pendant tout le scénario. Ce qui pourra favoriser les termes de l’échange au profit des éleveurs. En outre, l’exode vers les sites d’or dans un contexte de prix de l’or similaire à la moyenne des cinq dernières années, constituera une source de revenu comme en année normale.

·Une situation nutritionnelle stable : L’état nutritionnel, en particulier celui des enfants de moins de cinq ans, avec un taux actuel de 9,3 pour cent (SMART, octobre 2017) pourrait rester stable avec un taux de MAG autour de la moyenne  (9,7 pour cent, SMART 2009-2016) car les ménages bénéficieront une consommation alimentaire normale et disposeront comme en année normale des fruits (mangues, anacarde, agrumes) et des produits forestiers non ligneux (néré, fruit du baobab, jujube).

Résultats les plus probable de la sécurité alimentaire

Dans l’ensemble, les ménages pauvres auront accès à une alimentation normale principalement à partir de leurs propres productions. Ils pourront aussi générer des revenus moyens sans détériorer leurs moyens d’existence. Néanmoins, les pauvres dans l’extrême nord du pays (ZONE 8) devraient continuer à faire face à des niveaux de prix des céréales élevés surtout à partir d’avril, période habituelle qui marque l’épuisement de leurs productions. L’insécurité qui prévaut dans la zone, réduit l’accès à certaines zones de pâture, ce qui devrait aussi pousser à une hausse de la demande d’aliment bétail sur les marchés et contribuer à réduire le pouvoir d’achat des ménages. Ainsi, entre avril et mai, les ménages pauvres dans cette zone feront face à une insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC). Dans le reste du pays, les pauvres continueront de vivre de leur production comme en année normale et seront en  insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC) durant toute la période du scénario.  

EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LES SCENARIOS

Table 1: Événements possibles dans les six prochains mois qui pourraient changer les scenarios ci-dessus

Zone

Événement

Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

National

Mise en œuvre et extension de l’opération de vente de céréales à prix subventionné

L’ouverture dans les différentes provinces des boutiques de vente de céréales à prix subventionné pourrait contribuer à atténuer les niveaux de prix autour de la moyenne sur les marchés  

Une demande atypique de céréales dans la sous-région

Une sortie atypique des céréales vers l’extérieur pourrait contribuer à accroitre les niveaux de prix au-dessus de la moyenne quinquennale et détériorer ainsi les termes de l’échange surtout dans les zones structurellement déficitaires

ZOMES 7 et 8

Dégradation de la situation sécuritaire au nord du  pays

Une détérioration de la situation sécuritaire, en particulier dans la région du Sahel (ZOMES 8 et 7), pourrait entrainer des ruptures dans l’approvisionnement des marchés en produits de base, empêcher la fréquentation des marchés à bétail, réduire les interventions humanitaires dans la zones. En conséquence, on pourrait assister à une dégradation des termes de l’échange (bétail/céréales) et donc à des difficultés d’accès alimentaires des ménages, après l’épuisement de leur production à partir du mois d’avril généralement.

A Propos de l’Élaboration de Scenarios

Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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