Perspectives sur la sécurité alimentaire

Situation alimentaire des ménages pauvres similaire à celle d’une année normale

Janvier 2013 - Juin 2013

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • La consommation alimentaire des ménages pauvres et très pauvres est normale avec la prise de 2 à 3 repas par jour. Les stocks des ménages sont encore suffisants pour couvrir 3 à 5 mois les besoins. A cela s’ajoutent, les revenus monétaires agricoles et non agricoles qui sont supérieurs à la moyenne quinquennale offrant ainsi des perspectives pour une insécurité alimentaire Minimale (IPC Phase 1) d’ici à juin.

  • Les prix des céréales de base sont, en décembre, à leur plus bas niveau de l’année avec des  baisses moyennes de 2 à 14 pour cent par rapport au mois précédent. Toutefois, comparés à la moyenne quinquennale, des hausses de 36 pour cent sont enregistrées pour le mil, 22 pour cent pour le sorgho et 13 pour cent pour le maïs.

  • Avec un effectif de plus de 40 000 individus, la situation des réfugiés maliens est jugé maîtrisable par le Haut-Commissariat aux réfugiés malgré les 2 000 nouveaux enregistré depuis fin décembre 2012. Leur assistance alimentaire pourra être couverte du fait de la programmation initiale prévue en aout 2012 pour plus de cent mille personnes.

Contexte national

Situation actuelle

La production céréalière définitive évaluée en janvier se chiffre à près de 4,9 millions de tonnes soit une hausse de 26,9 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale. Les productions des cultures de rente et des autres cultures vivrières (niébé, igname, patate) ont aussi accru respectivement de 16,5 et de 29,9 pour cent comparées  à la moyenne des 5 dernières années. Les disponibilités céréalières par habitants sont de 264 kg contre une norme de consommation apparente de 190 kg. Toutefois, 8 provinces sur un total de 45 (Yatenga et Passoré dans la région du Nord, Bam et Namentenga au Centre-Nord, Séno au Sahel, Boulgou au Centre-Est, Boulkiemdé au Centre-Ouest et Nahouri au Centre-Sud)  maintiennent leurs déficits structurels (entre 65 et 89 pour cent) en termes de taux de couverture des besoins. 

A la faveur des nouvelles récoltes, les stocks paysans sont entièrement reconstitués. Pour les ménages très pauvres et pauvres, ces stocks sont suffisants pour atteindre les mois de mars ou de juin. Ce qui est similaire ou correspond à 2 à 3 mois supplémentaires d’autonomie comparée à une année normale. Les disponibilités céréalières sont bonnes sur les marchés qui restent principalement approvisionnés par les stocks paysans. Quant aux stocks commerçants ou communautaires, ils sont en cours de reconstitution. Les appels d’offres pour les stocks institutionnels  sont en cours de préparation avec un volume attendu (28 000 tonnes) supérieur à la moyenne  des achats réalisés au cours des 5 dernières années (10 000 tonnes).

Les disponibilités en eau sont suffisantes pour la bonne conduite des cultures de contre saison. Les soutiens en cours de l’Etat (350 kits d'irrigation, 811 motopompes, 103 tonnes de semences améliorées et plus de 2 700 tonnes d'engrais, aménagement de 15 769 ha) et de ses partenaires (appuis en semences et équipements de 5 000 ménages par la FAO) sont plus importants qu'en année normale et permettent d’espérer des productions supérieures à celles de l’année passée et au moins 30 pour cent à la moyenne quinquennale. Au total, 54 000 tonnes de céréales supplémentaires, 59 500 tonnes de tubercules et 1, 15 millions de tonnes de produits maraichers sont attendus d’ici à avril.

Les besoins alimentaires et d’abreuvement du bétail sont actuellement couverts et les stocks fourragers constitués à partir des résidus de cultures, des fourrages cultivés et de la fauche du fourrage naturel sont assez importants (plus de 58 700 tonnes). La disponibilité en sous-produits agro industriel (SPAI) est aussi bonne sur les marchés et les niveaux de prix (6 250 à 8 000 F CFA) sont similaires à ceux pratiqués au cours des 5 dernières années.

Depuis le mois d’octobre, les offres de bétail sont globalement stables sur les marchés comme en année normale pour cette période, mais en légère baisse par rapport à la même période de l’année dernière. Toutefois, la demande a été soutenue par achats pour les fêtes de fin d’année et aussi pour les exportations habituelles en destination du Nigeria, du Ghana et de la Côte d’ Ivoire. Conséquence, en mi-décembre les prix, notamment ceux des petits ruminants sont restés 16 à 17 pour cent plus élevés par rapport à l’année dernière et 21 à 50 pour cent plus élevés que la moyenne quinquennale. Les termes de l’échange bouc sahélien/mil sont en faveur de l’éleveur, mais ont déprécié de 12 à 16 pour cent comparés à la normale du fait du niveau plus élevé du prix du mil.

Sur les marchés céréaliers, les prix poursuivent leur baisse saisonnière et les niveaux sont les plus bas de l’année calendaire. L’approvisionnement de ces marchés est principalement assuré par les stocks paysans. Par rapport à novembre, les variations à la baisse des principales céréales (mil, maïs, et sorgho) vont de -2 à -14 pour cent. Par rapport à l’année passée à la même période, le maïs et le sorgho ont enregistré des baisses (-12 pour cent pour le maïs et -8 pour cent pour le sorgho). Cependant, le prix du mil accuse encore une hausse de 4 pour cent. Comparés à la moyenne quinquennale au mois de décembre, tous les prix sont à la hausse : 36 pour cent pour le mil ; 22 pour cent pour le sorgho et 13 pour cent pour le maïs. Dans l’ensemble, le prix du mil (207 F CFA le kg) reste le plus élevé du fait de plusieurs facteurs : récoltes tardives du mil dans les zones de production cotonnière où la priorité a été accordée à la récolte du coton et donc mise en marché tardive, et une faiblesse des stocks commerçants en début de récolte entrainant une forte demande.

Globalement, la production des cultures de rentes (coton, niébé, sésame, arachide) est satisfaisante et le marché offre des niveaux de prix au-dessus de la moyenne des 5 dernières années. Par conséquent, les revenus monétaires des ménages, en particulier les moyens et les aisés pourraient s’améliorer. Dans les zones de production cotonnière qui sont aussi de grandes productrices de maïs, l’achat du coton graine a commencé au mois de décembre et se poursuivra les prochains mois. En rappel, le prix d’achat au kg du coton graine a augmenté de 10 pour cent cette campagne par rapport à la dernière. A cela s’ajoute un forfait de prime d’encouragement de 5 F CFA le kg cette année. Ce qui donne représente au final un prix de 245 F CFA, soit une hausse de 30 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale. Indirectement, l’achat en cours du coton pourrait entrainer une rétention de la mise en marché du maïs par les producteurs et donc provoquer une remontée des prix de cette spéculation. Le prix moyen des autres cultures de rente est en hausse par rapport à la moyenne quinquennale de 40 pour cent pour le niébé et 54 pour cent pour l’arachide graine. Par rapport à la campagne écoulée, les prix sont stables ou en baisse inférieure à 10 pour cent.

Actuellement la vente des produits maraîchers apporte des revenus importants aux producteurs. Le sac d’oignon de 100 kg se vend entre 70 000 et 80 000 F CFA (soit 14 à 17 pour cent plus élevé que l’année passée), la caisse de tomate entre 50 000 et 60 000 F CFA (soit 11 à 20 pour cent plus élevé que l’année passée) et le kilogramme de haricot vert entre 250 à 325 F CFA (soit un prix similaire à l’année passée). Les principaux acheteurs étrangers proviennent du Ghana et de la Côte d’Ivoire et leur nombre est plus important par rapport aux années passées, d’où une demande aussi plus importante. En effet, on assiste à un accroissement des unités de transformation des produits maraichers en particulier au Ghana.

L’exploitation des produits forestiers non ligneux (fruit et feuille d'Adansonia digitata, fruits de Balanitès aegyptica, du Tamarindus indica et de la gomme arabique) constitue une source de revenus non négligeable surtout pour les ménages très pauvres et les pauvres. Leur disponibilité et leurs prix de vente sont similaires à la normale.

L’orpaillage constitue la principale source de revenu pourvoyeuse de mains d’œuvre. Après les récoltes, les bras valides ont rapidement rejoint les sites d’or artisanaux. L’expansion de cette activité anarchique dans certaines communes a permis de réduire sensiblement les flux migratoires des jeunes en direction des pays côtiers et des grands centres urbains. En effet, on estime qu’avec des revenus aléatoires mensuels moyens de 20 000 à 40 000 F CFA, pouvant atteindre parfois 80 000 F CFA, l’exploitation artisanale de l’or seraient plus intéressante que les revenus de la migration classique. La hausse du gramme d’or de 20 à 33 pour cent par rapport au prix moyen observé au cours des deux dernières années participe pour l’essentiel à cette mobilisation de la main-d’œuvre.

L’embouche et le commerce de lait et des produits laitiers constituent aussi des sources de revenu surtout pour les ménages pasteurs. On note un accroissement des petites unités de transformation qui collecte le lait au prix moyen de 300 F CFA le litre pour le revendre entre 500 et 600 F CFA qui est un prix normale pour cette période de l'année. Depuis le mois d’août, les volumes de lait traité quotidiennement sont jugés au moins 50 à 100 pour cent supérieurs à ceux de la même période de l’année passée qui a été difficile pour le bétail.

Le pays comptait en fin décembre, environ 38 800 réfugiés maliens concentrés principalement dans les zones de moyens d’existence Nord, élevage transhumant et mil (ZOME 8) avec 53 pour cent des recensés et la zone Nord et est, bétail et céréales (ZOME 7) avec 30 pour cent des recensés. Ce nombre de réfugiés connait un accroissement car depuis les affrontements armés de mi-janvier au Mali, 2 000 nouveaux réfugiés ont été enregistrés au Burkina Faso. Les réfugiés maliens sont assistés au plan alimentaire principalement par le PAM et CRS qui apportent des rations mensuelles de vivres. Courant décembre, le PAM a planifié la distribution de 519,2 tonnes de vivres, soit près de 95 pour cent des besoins des refugiés et compte poursuivre son action au cours des prochains moins.

En termes d’interventions humanitaires, les partenaires sur le terrain évoquent la poursuite de leurs programmes pays et une reconduite de leurs actions dédiées à la réhabilitation et au redressement des populations impactées par la crise de 2012 à travers : la prévention et la prise en charge de la malnutrition aigüe dans les formations sanitaires (PAM, UNICEF, ACF, Save the Children, ACDI VOCA); la dotation de cantines scolaires par le PAM pour la région du Sahel en vivres (1 872 tonnes) pour la période janvier-mars 2013  ; le renforcement des moyens d’existence par des opérations de cash ou de food for work (OXFAM, PAM, ACF, Christian Aid) ; le renforcement du soutien à la production agricole et à l’élevage (FAO).

Suppositions

Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit ci-dessous pour les deux zones de préoccupation (Nord, élevage transhumant et mil (ZOME 8) et Nord et est, bétail et céréales (ZOME 7)), de janvier à juin 2013, se fonde sur les hypothèses générales suivantes:

  • Les prix des céréales : On attend une hausse atypique des prix des céréales à partir de février car les achats institutionnels et privés de céréales seront accrus plus qu’en année normale à partir de janvier au regard des besoins importants de reconstitution des stocks dont les niveaux sont bas ou nuls actuellement. En effet, en début décembre l’assemblée générale du Conseil national de sécurité alimentaire a recommandé la mise à niveau du stock national de sécurité alimentaire et du stock d’intervention dont les volumes conventionnels sont respectivement de 35 000 et 10 000 tonnes. Ainsi 35 000 tonnes de céréales seront en principe collectées par la SONAGESS. Il est donc probable que les tensions soient vives sur les marchés surtout dans les zones de collecte. Ce qui va entrainer une hausse de 10 à 15 pour cent des prix au cours des prochains mois, laquelle hausse sera retransmise directement sur les prix pratiqués dans les zones de consommation du Nord et du Sahel.
  • Les flux : Les flux internes de céréales des zones de production vers les zones de consommation seront intenses jusqu’en mars du fait de la demande pour la reconstitution des stocks commerçants et communautaires. Cela, assurera une bonne disponibilité dans les zones de déficit céréalier du nord du pays. Quant aux flux externes, ils devraient rester normaux compte tenu du fait que les productions sont globalement bonnes dans tous les pays de la sous-région. Les contrôles de sortie de céréales au niveau des frontières ne devraient pas faire objet de mesures spéciales de la part des autorités.
  • Un bon niveau d’approvisionnement des marchés : Les productions additionnelles de la contre saison et les flux de céréales des zones de production vers les provinces déficitaires devraient assurer un bon niveau d’approvisionnement des marchés de ces provinces jusqu’au mois de juin.
  • La production de contre saison: De bonnes perspectives de productions de contre saisons sont attendues liées d’une part, à la bonne disponibilité de l’eau qui permettra aux cultures de boucler leurs cycles et d’autre part, au soutien de l’Etat et de ses partenaires en intrants et équipement. Les productions pourront dépasser de 30 pour cent la moyenne quinquennale contribuant ainsi à l’amélioration de la diversité alimentaire. Cependant, cette offre supérieure de productions pourrait faire chuter les prix à partir de février  de 60 à 70 pour cent en particulier pour l’oignon et la tomate avec néanmoins des niveaux similaires à la moyenne. En année normale, la vente de produits maraichers contribue entre 3 et 10 pour cent à la formation du revenu monétaires agricoles des ménages.
  • Les mouvements transhumances : La transhumance saisonnière sera normale entre mars et juin au regard de la bonne disponibilité de pâturages et de points d’eau. Ainsi, les départs de bétails des régions du nord vers le sud et vers les pays côtiers vont intervenir à partir de février-mars et les retours à partir de juillet.
  • Les prix du bétail : La disponibilité actuelle en eau et en fourrage permet de maintenir un bon embonpoint pour les animaux jusqu’à la période de soudure habituelle (avril-juin) caractérisée par le tarissement des point l’eau et la dégradation des pâturages. Tout comme en année normale, les prix du bétail resteront stables jusqu’en mars avant de décroitre entre avril et juin. Toutefois, les niveaux demeureront au moins 10 pour cent au-dessus de la moyenne quinquennale à cause de bon embonpoint du bétail et une forte demande des exportateurs du Nigeria, du Ghana et de la Côte d’Ivoire.
  • Les termes de l’échange bétail/céréales : En considérant les niveaux actuels élevés des prix des céréales de base, en particulier pour le mil et les hausses attendues au cours des prochains moins, les termes de l’échanges bétail/céréales vont demeurer à la faveur des éleveurs mais pourraient se déprécier de 10 à 15 pour cent par rapport à la normale du fait de la variation à la hausse plus rapide de l’indice des prix des céréales que celui du bétail.
  • L’orpaillage : Les revenus liés à la pratique de l’orpaillage vont rester stable par rapport du prix d'achat en janvier jusqu'en juin et vont s’accroitre de 10 à 15 pour cent comparé à la normale avec la prolifération des sites artisanaux dans presque toutes les communes de la moitié nord du pays et aussi grâce à la hausse du prix d’achat du gramme d’or au niveau local supérieur de 20 à 33 pour cent par rapport à la moyenne des deux dernières années.
  • Les assistances humanitaires : L’aide alimentaire d’urgence ne sera pas attendue au cours des prochains mois, car les stocks alimentaires actuels des ménages, les récoltes prochaines de cultures de contre saison et la performance des revenus monétaires permettront aux ménages très pauvres et pauvres de traverser une période de soudure normale entre juin et septembre avec une installation normale de la saison des pluies.  Cependant  les programmes  d’intervention se poursuivront  et entre 1,3 à 2 millions de personnes seraient bénéficiaires de ces actions au cours du premier semestre de 2013.
  • Les réfugiés maliens : La dégradation de la situation au Mali va engendrée un afflux massif de réfugiés dont le nombre pourraient augmenter de 30 à 40 pour cent d’ici à juin. L’ensemble des camps aménagés n’ayant pas atteint leur pleine capacité, la communauté humanitaire pourrait faire face à cet afflux si leurs programmes bénéficient de financements additionnels adéquats. Nonobstant l’arrivée continue des réfugiés, la programmation initiale de l’aide effectuée sur la base de l’effectif supposée en juillet 2012 de 108 000 personnes présent sur les sites d’accueils devra permettre d’assurer l’alimentation.
  • La situation sanito-nutritionnelle : Elle  va demeurer stable au regard de l’accès des ménages à l’alimentation et des programmes de prévention de la malnutrition en cours et planifiés pour le premier semestre de 2013.
  • Le début de la saison : Selon les prévisions saisonnières le début de la saison des pluies sera normal. Ainsi donc la saison pluvieuse s’installera dans le pays comme en année normale de l’ouest (zone de forte production) en mai/juin puis en juin/juillet pour le centre et le nord (zones de fortes consommations et plus arides) selon le gradient ouest/est et sud/nord.
Résultat le plus probable de la sécurité alimentaire

En considérant le niveau actuel des stocks, les ménages très pauvres et pauvres pourront encore satisfaire à leur alimentation pendant les 3 à 5 prochains mois. La bonne performance tant en production qu’en prix des cultures de rente, les productions et revenus additionnels de la contre saison et les autres revenus non agricoles contribueront à faciliter l’accès des ménages à l’alimentation entre avril et juin période à partir de laquelle ils auront recours aux marchés. Dans au moins 80 pour cent des ménages, 2 à 3 repas continueront d’être assurés comme en année normale jusqu’en fin juin. Par ailleurs, les programmes humanitaires en cours ou planifiés viendront renforcer les moyens d’existence des ménages. Ainsi, jusqu’en juin, les ménages très pauvres et pauvres, y compris les réfugiés maliens, seront en insécurité alimentaire minimale (IPC Phase 1 : Minime).

Zones d’interet

Zone de moyens d'existence nord élevage transhumant et mil (Zone 8)

Situation actuelle

Dans cette zone où les ménages très pauvres et pauvres représentent en année normale respectivement 20 pour cent et 40 pour cent de la population, les moyens d’existence sont basés principalement sur la culture du mil et la pratique de l’élevage transhumant.

Les récoltes des ménages, notamment des très pauvres et des pauvres ont été bonnes dans la zone permettant à ceux-ci d’avoir 2 à 3 mois de consommation supplémentaire comparée à une année normale. En effet les récoltes qui couvrent à peine 4 mois en année normale pourront atteindre 5 à 7 mois c’est-à-dire les mois d’avril à mai.

Les prix des céréales de base, en particulier le mil et le sorgho respectivement 318 et 275 F CFA le kg sur le marché de Gorom-Gorom, suivaient une tendance saisonnière et ont baissé respectivement de 9 et 8 pour cent par rapport au pic observé au mois d’août, mais sont restés globalement stables par rapport au mois de novembre. Ces prix sont au-dessus de ceux observés l’année passée (+27 pour cent pour le mil et +21 pour cent pour le sorgho) et au cours des 5 dernières années (+61 pour cent pour le mil et +54 pour cent pour le sorgho).

Le niébé qui est la principale culture de rente connait une bonne production au-dessus de la normale et son prix sur le marché de Gorom-Gorom est stable par rapport au mois passé et aussi par rapport à l’année passée. Toutefois, il est en hausse de 48 pour cent comparé à la moyenne des 5 dernières années du fait de la forte demande pour la consommation des orpailleurs et aussi de la demande des acteurs étrangers (Nigeria, Ghana).

L’élevage transhumant qui caractérise le mode de vie dans la zone se développe dans un contexte de bonne disponibilité des ressources en eau et du fourrage à cause de la bonne pluviométrie enregistrée pendant la saison 2012. Face à l'insécurité civile au-delà des frontières voisines, le gouvernement a déployé des centaines de militaires dans la zone et leur présence perturbait les activités d’élevage et par conséquent accélérer les départs en transhumance vers les régions du sud.

La disponibilité de lait et de produits laitiers est bonne comparée à une année normale. De même, le prix à la collecte du litre de lait (300 XOF) a connu une hausse de 20 pour cent par rapport au prix moyen des trois dernières années due à une forte demande par les unités laitières pour la transformation. Le prix du bétail, en particulier des petits ruminants est de 30 à 50 pour cent plus élevé que la moyenne quinquennale lié au bon embonpoint des animaux et aussi aux meilleurs prix de revente à l’extérieur (Nigeria, Ghana).

Des réserves communautaires de vivres dans la zone sont au-dessus de la moyenne : environ 16 tonnes. Elles constituent le reliquat de gestion de la dernière crise alimentaire par les acteurs humanitaires en particulier l’ONG Help. Par ailleurs les élèves des écoles primaires de la zone bénéficient de rations alimentaires quotidiennes à travers les cantines scolaires appuyées par le PAM.

Les actifs des ménages très pauvres et pauvres qui ne sont pas recrutés pour l’élevage, ont recours à l’orpaillage pour générer des revenus monétaires. Le gramme d’or se vent sur les sites entre 30 000 et 40 000 XOF soit une hausse du prix de 20 à 33 pour cent par rapport au prix moyen des 2 dernières années. La rémunération de la main-d’œuvre pour l’élevage n’a pas connu de changement par rapport à la normale.

La zone compte 20 295 réfugiés maliens soit 53 pour cent des refugiés au pays. Il y a cependant une relocalisation en cours de tous ces réfugiés depuis le mois de novembre dans la ZOME 7 par le HCR et cela pour faciliter les interventions humanitaires à leur endroit. L’alimentation des réfugiés est principalement assurée par le PAM et le CRS qui octroient des rations mensuelles (12 kg de céréales, 3 kg de légumes, 0,75 kg d’huile, 1,5 kg de CSB+) d’environ 290 tonnes de vivres. Ces rations bénéficient aussi à la population hôte. Le bétail de ces réfugiés qui y était présent pendant la saison des pluies est retournée en zone pastorale voisine du Mali.

Le nombre de repas consommé dans les ménages et la diversification des repas sont normaux (2-3 repas en moyenne par jour). Le régime alimentaire dominé par les céréales, le lait, l’huile, le sucre et les feuilles correspond à une stratégie de vie habituelle pour les ménages.

Selon les résultats de l’enquête SMART réalisée en septembre-octobre 2012, le taux de malnutrition aiguë globale (MAG) est de 10.1 pour cent.  Ce taux se situe néanmoins en dessous des taux observés au cours des trois dernières années (10.7 pour cent à 14.7 pour cent). Par ailleurs des programmes de prise en charge ou de prévention de la malnutrition sont en cours dans la zone principalement par le PAM à travers les centres de formation sanitaires. La zone est actuellement sans insécurité alimentaire, IPC 2.0 phase 1 minimale.

Suppositions

Le scénario le plus probable est basé sur les hypothèses suivantes zonales :

  • L’alimentation du bétail : L’accès aux pâturages et aux ressources en eaux ne connaitra pas de changement par rapport à une année normale. La période de soudure pour le bétail se déroulera comme en année normale entre avril et juin.
  • La transhumance : Les mouvements de transhumance à destination habituelle des régions du sud ou des pays côtiers à partir des mois de février-mars resteront normaux et les retours à partir du mois de juillet avec la germination des pâturages.
  • Le salariat agricole: Le salariat agricole, en particulier les revenus tirés du gardiennage des animaux, restera sans changement.
  • La production du lait et des produits laitiers : Elle restera similaire à celle d’une année normale et donc représentera  2 à 3 pour cent des besoins de consommation.
  • Les prix du bétail : Ils resteront stables jusqu’en mars avant de décroitre comme en année normale entre avril et juin. Toutefois, la tendance au-dessus de la moyenne sera maintenue avec des hausses inférieures à 30 pour cent à cause de forte demande des exportateurs.
  • Les marchés à céréales: Les marchés céréaliers seront approvisionnés normalement par les producteurs jusqu’en février et au-delà par les commerçants principalement.
  • Les prix : Les prix des céréales de base (mil et sorgho) dont les niveaux sont encore élevés (50 à 60 pour cent au-dessus de la moyenne quinquennale) pourraient davantage croître à partir de mars 2013. En effet, à partir de mars, l’approvisionnement en denrées alimentaires de la zone est étroitement lié aux marchés du Sud, notamment Ouagadougou et Djibo. Or, les achats dans les zones de production pour la reconstitution des stocks à partir de janvier-février vont accélérer la hausse des prix qui sera retransmise par les commerçants de ces marchés. Cela va dégrader les termes de l’échange bétail/céréales et réduire par conséquent l’accès des ménages très pauvres et pauvres aux marchés pour leur alimentation.
  • Accroissement du nombre de réfugiés : Le nombre de populations réfugiées dans la zone va encore augmenter d’ici à juin malgré les opérations de relocalisation en cours. En effet, l’intervention armée au nord du Mali va créer plus d’afflux de réfugiés et favoriser le banditisme, toute chose qui limiterait voire empêcherait les opérations d’assistance humanitaire.
  • Accroissement du bétail : Une augmentation du bétail liée à une arrivée de réfugiés avec leurs troupeaux, va créer une pression sur les ressources existantes et par conséquent, une intensification des mouvements de transhumance vers les régions du Sud. Cela pourrait fragiliser les moyens d’existence des ménages.
Résultat le plus probables de la sécurité alimentaire

La consommation alimentaire des ménages devrait demeurer normale jusqu’au mois de mars avant de se dégrader progressivement du fait des difficultés d’accès aux marchés et des difficultés d’alimentation du bétail avec le tarissement des points d’eau et la raréfaction du fourrage. Toutefois, ces difficultés seront atténuées par les termes de l’échange qui resteront favorable aux éleveurs et aussi par les programmes de transferts monétaires ou de food for work déjà planifiés par les acteurs humanitaires. De ce fait, les achats de denrées alimentaires sur le marché seront moins importants qu’en année normale et concerneront moins de 20 pour cent des ménages. Les ménages très pauvres et pauvres, y compris les réfugiés, connaitront une insécurité alimentaire minimale, IPC phase 1 sur toute la période du scénario.

Avec la poursuite des opérations de prévention et de prise en charges de la malnutrition aiguë à travers le dépistage communautaire et la distribution de rations de compléments nutritionnels, on devrait pouvoir réduire, voire stabiliser les taux de malnutrition pendant toute la période. La zone restera sans insécurité alimentaire, IPC phase 1 minimale.

Zone de moyens d'existence nord et est bétail et céréales (Zone 7)

Situation actuelle

La situation alimentaire des ménages pauvres qui représente respectivement 20 pour cent et 40 pour cent de la population (environ 1,18 million personnes) est globalement satisfaisante avec la prise normale de 2 à 3 repas par jour. L’appréciation qualitative faite par les missions conjointes SAP/Partenaires estime que les récoltes des ménages très pauvres et pauvres pourront suffire pour 5 à 8 mois leurs consommation contre 3 à 5 mois en année normale. Autrement dit, les ménages vivront de leurs récoltes jusqu’en mars ou juin.

Les prix des céréales de base (mil et sorgho) ont connu leur plus bas niveau de la saison en novembre puis se sont vite envolés dès décembre sur certains marchés dû à la forte demande pour la reconstitution des stocks commerçants. Ainsi, tandis que des baisses de 3 à 36 pour cent ont été observées sur les marchés situés au nord (Djibo, Dori et Yalgo) et à l’est (marchés de Bogandé, Sebba et Gayeri), c’est plutôt des hausses allant de 6 à 14 pour cent qui ont été constatées. En fin décembre, les prix ont varié entre 146 et 218 F CFA pour le kg de mil et entre 87 et 209 F CFA pour le kg de sorgho. Par rapport à la même période de 2011, ils sont en baisse moyenne de 5 pour cent pour le mil et de 15 pour cent pour le sorgho. Comparés à la moyenne quinquennale, on note des hausses moyennes de 12 pour cent pour le mil et 3 pour cent pour le sorgho.

Les disponibilités en eau pour le bétail sont toujours satisfaisantes et les résidus de récoltes et fourrages aériens permettent aux animaux de maintenir leur embonpoint. Les réserves de production fourragère (au moins 8 900 tonnes) ont atteint un niveau record cette campagne. La campagne annuelle de vaccination contre la péripneumonie contagieuse bovine est en cours au profit du cheptel de la zone par les services du ministère des ressources animales. Ce qui devrait contribuer à réduire les mortalités pendant les prochains mois.

Les principales sources de revenus  des ménages pauvres et très pauvres demeurent la vente du bétail (petits ruminants et volaille) et des produits agricoles (niébé et mil). Le niébé  dont la production a connu un accroissement moyen de 257 pour cent comparé à la moyenne quinquennale, enregistre depuis octobre des prix globalement stables varient entre 27 000 et 38 000 F CFA le sac de 100 kg. Il enregistre une variation à la hausse de 7 pour cent par rapport au mois passé, mais une baisse moyenne de 7 pour cent par rapport à l’année écoulée. Comparés à la moyenne des cinq dernières années, on enregistre une hausse moyenne de 27 pour cent. Les prix pourraient suivre la tendance saisonnière à la hausse jusqu’aux prochaines récoltes car l’offre sur les marchés par les producteurs sera de plus en plus faible.

Dans ce contexte favorable pour la sécurité alimentaire des ménages, la tendance actuelle est à la reconstitution du cheptel à travers la demande de jeunes ruminants par les éleveurs sur les marchés. Depuis le mois de novembre, les offres d’animaux sont quasiment stables pour le bouc et le bélier sahélien. Par rapport à l’année dernière, les prix moyens ont varié à la hausse de 17 pour cent pour le bélier et 16 pour cent pour le bouc. Comparés à la moyenne quinquennale, on constate aussi des hausses de 33 pour cent pour le bélier et 21 pour cent pour le bouc. Comme d'autres régions du pays, ces prix élevés du bétail sont dus à la forte demande des exportateurs de bétail surtout sur le marché de Djibo.

Les termes de l’échange bétail/céréales sont en faveur de l’éleveur car la vente d’un bouc sahélien permet d’acheter entre 156 et 174 kg de mil. Néanmoins, ces termes ont déprécié de 12 à 16 pour cent comparés à la normale où la vente d’un bouc permettait d’avoir entre 177 et 207 kg de mil. Cela est dû au niveau élevé du prix du mil malgré l’amélioration constatée sur le prix des animaux.

Les revenus de l’orpaillage sont également de plus en plus importants dans la plupart des départements de la région. En effet, avec la diminution des travaux champêtres, les bras valides des ménages très pauvres et pauvres reprennent le chemin de sites aurifères, car motivés par le prix d’achat de l’or dont le gramme s’achète à 30 000 à 40 000 XOF soit une hausse de 20 à 33 pour cent par rapport au prix moyen observé au cours des deux dernières années.

Le maraichage n’est pas caractéristique de la zone, toutefois, la bonne disponibilité de l’eau et le soutien de l’Etat et des partenaires (notamment la FAO) en matériel et semence, permet d’espérer une hausse de 50 pour cent des superficies emblavées par rapport à la moyenne des 5 dernières années.

Les enfants de moins de 5 ans ainsi que les femmes enceinte ou allaitantes bénéficient d’actions de prévention habitudes et de prise en charge de la malnutrition aigüe dans les formations sanitaires à travers la distribution de rations mensuelles de complément alimentaire depuis le mois de juillet, principalement par le PAM, l’UNICEF ,l’OMS et ACF. Les cantines scolaires sont aussi approvisionnées en vivres par le PAM (1 782 tonnes de vivres pour la période janvier-mars 2013) au profit des élèves des écoles primaires.

La zone compte 30 pour cent des réfugiés maliens du pays (10 500), principalement dans la province du Soum. Toutefois, avec l’ouverture du nouveau camp à Godebou dans la province du Séno et le plan de HCR de relocaliser des réfugiés dans ce camp, c’est près de 80 pour cent des refugiés du pays qui devraient résider dans la zone dans les prochains mois. En novembre déjà, près de 2 000 personnes sur 20 000 attendues y ont été installées. Leur prise en charge est assurée au plan alimentaire et nutritionnel par les humanitaires sur place, notamment PAM et CRS qui distribuent des rations alimentaires mensuelles. Par conséquent l’impact de leur présence sera moindre sur les marchés pour ce qui concerne l’achat de denrées alimentaires.

Au moins 80 pour cent des ménages ont une consommation alimentaire satisfaisante en octobre (contre 16 pour cent en février 2012, PAM/EFSA). Le nombre de repas pris dans les ménages est normale (2-3 repas) au regard de la disponibilité des récoltes et de la reconstitution des stocks ménagers. La production propre est le principal mode d’acquisition des céréales (au moins 80 pour cent). Le régime alimentaire est dominé par les céréales, le lait, l’huile, le sucre, les légumes et les feuilles. Il n’est pas observé de stratégies nuisibles sur les moyens d’existences des ménages. Au contraire, ceux-ci procèdent à la reconstitution du cheptel à travers l’achat d’animaux reproducteurs et l’exploitation des cours d’eau pour la pratique du maraichage. En résumé, les ménages très pauvres et pauvres sont sans insécurité alimentaire, IPC phase 1 minimale.

Selon les résultats de l’enquête SMART réalisée en septembre-octobre 2012, les taux de MAG varient entre 10.1 pour cent et 12.6 pour cent. Bien que dépassant le seuil d’alerte de l’OMS, ils se situent néanmoins entre les limites (9.8 pour cent à 14.7 pour cent) observées au cours des trois dernières années. La diversité alimentaire n’ayant pas changée comparativement à une année normale, la zone se trouve sans insécurité alimentaire, IPC phase 1 minimale.

Suppositions

Le scénario le plus probable est basé sur les hypothèses suivantes zonales :

  • Les mouvements de transhumances : Les mouvements de transhumances resteront normaux cette année au regard de la bonne disponibilité du fourrage et de l’eau. En année normale, les départs ont lieu à partir de février-mars et les retours à partir de juillet.
  • L'élevage : Le commerce du bétail ne connaitra pas de changement en ce sens que les prix, l’offre et la demande vont suivre les tendances saisonnières normales : stabilisation des prix entre janvier et mars, baisse entre avril et juillet liée à la perte de poids des animaux.
  • Les prix : Les prix des denrées alimentaires suivront la tendance saisonnière (stabilité entre janvier et mars et hausse à partir du mois d’avril), mais les niveaux déjà élevés, demeureront au-dessus de la moyenne quinquennale. En effet, la reconstitution du stock national de sécurité alimentaire à partir des achats dans les zones de production pourrait indirectement influencer les niveaux des prix encore plus haut et entrainer des difficultés d’accès surtout pour les ménages très pauvres qui devront recourir au marché à partir du mois d’avril.
  • Les flux : Les flux habituels des céréales des zones de production vers cette zone de et du bétail vers les pays côtiers et le Nigeria vont s’effectuer normalement. L’entretien du réseau routier entrepris depuis novembre va contribuer à faciliter ces flux.
  • La situation nutritionnelle : Les taux de malnutrition aigüe vont demeurer stable au regard des programmes de prévention en cours et de la situation alimentaire satisfaisante dans les ménages.
  • Des activités de contre saison : La pratique des activités de contre saison va se poursuivre normalement jusqu’en avril car l’eau disponible permettra aux cultures de boucler leur cycle. Les productions attendues seront au moins 30  à 50 pour cent supérieures à la moyenne quinquennale.
  • Activités génératrices de revenu : L’orpaillage continuera d’être la principale activité pourvoyeuse de main-d’œuvre locale et les revenus générés pourraient croître d’au moins 10 à 20 pour cent par rapport à la normale au regard de la multiplicité des sites et du niveau élevé au prix d’achat de l’or au niveau local.
  • Les transferts : Les revenus de la migration saisonnière vont baisser de 5 à 10 pour cent du fait de la réduction des effectifs des migrants plutôt attirés par l’orpaillage.
  • Accroissement du nombre de réfugiés : Une augmentation considérable du nombre de réfugiés maliens suite à l’intervention militaire au nord-Mali. La capacité maximale des camps sera rapidement atteinte. Cela va entrainer une hausse de la demande locale en produits alimentaires et par conséquent une hausse du niveau des prix et une réduction de l’accès des ménages à ces produits.
  • Accroissement du bétail : Une augmentation du bétail liée à une arrivée de réfugiés avec leurs troupeaux, va créer une pression sur les ressources existantes (eau et pâturages) et par conséquent, une intensification des mouvements de transhumance vers les régions du Sud. Cela pourrait fragiliser les moyens d’existence des ménages.
Résultat le plus probable de la sécurité alimentaire

Les difficultés probables d’accès à l’alimentation par les ménages très pauvres et pauvres devraient être atténuées par les initiatives en cours en matière de résilience d’une part et d’autre part, par la bonne performance des sources de revenu, notamment le prix élevé du bétail et de l’or. Ainsi, les moyens d’existence seront sans menace majeure et les consommations alimentaires des ménages seront meilleures ou similaires à celles observées en année normale durant la période du scénario. Les 2 à 3 repas normaux par jour seront toujours assurés dans au moins 80 pour cent des ménages jusqu’en juin leur permettant d’être en insécurité alimentaire minimale, IPC phase 1 minimale.

L’accès normal à l’alimentation et l’effet des programmes de prise en charge et de prévention de la malnutrition en cours devraient contribuer à réduire ou à défaut stabiliser les taux de malnutrition qui demeureront similaires aux taux en début de scenario. De ce fait, la zone sera en insécurité alimentaire minimale jusqu’en fin juin, IPC phase 1 minimale.

Evenements qui pourraient changer les scenarios

Zone

Evènement

Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

National

Mauvaise installation de la saison des pluies en mai/juin dans la partie Ouest du pays grande productrice de céréales

Rétention des stocks par les commerçants (qui approvisionnent les marchés de consommation en cette période) de cette zone avec pour conséquence une hausse des prix des céréales à partir de juin.

La survenue avec une intensité plus sévère que d’habitude des cas de méningite et de rougeole entre janvier et mars

Cela pourrait augmenter les mortalités dans certaines zones de moyens d’existence, surtout chez les enfants de moins de cinq ans. Cela peut aussi ralentir, voire empêcher les interventions humanitaires au profit des ménages de ces  zones, car par crainte de contracter la maladie, les acteurs humanitaires vont réduire ou limiter leur déplacement dans ces zones. Par conséquent, les objectifs de réduction, ou de stabilisation des cas de malnutrition aiguë ne seront pas atteints.

Les récentes inondations au Nigeria ont  un impact négatif et significatif sur les niveaux de production agricole de 2012/2013 dans ce pays

Les flux commerciaux de produits agricoles en direction du Nigeria pourraient connaitre une augmentation via le Niger surtout le maïs et le niébé avec pour conséquence une hausse des prix à partir d'avril au Burkina.

ZOME 7 & 8

Un mouvement armé le long de la frontière avec le Mali

Cela va entrainer un déplacement des populations de la zone vers les régions du Sud (villes de Dori et de Djibo) ou vers l’intérieur du pays, ce qui va nécessiter une assistance alimentaire et non alimentaire hors de la capacité de l’Etat dont les stocks de sécurité alimentaires sont actuellement à un niveau très bas.

A Propos de l’Élaboration de Scenarios

Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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