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Les déplacements croissants des ménages entravent davantage l’accès aux moyens d’existence

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • République démocratique du Congo
  • Octobre 2022 - Mai 2023
Les déplacements croissants des ménages entravent davantage l’accès aux moyens d’existence

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  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
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    • En plus de la participation limitée des ménages à la saison agricole due aux effets conjugués de l’insécurité et des mouvements des populations sur l’ensemble de la zone nord-est du pays, la saison agricole A connaît une pluviométrie inférieure à la normale, suggérant une saison agricole moins performante avec des récoltes attendues inferieures à la normale à partir de janvier.

    • Avec l’arrivée annoncée des troupes des pays de la communauté de l’Afrique de l’Est, en renfort aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), une escalade de violences est attendue. Un niveau accru de violence et des nouveaux déplacements de populations des zones en conflit sont probables, s’ajoutant aux 5.5 millions déjà déplacés existants dans la partie est du pays. Ces ménages sont susceptibles d’abandonner leurs activités de moyens d’existence, de perdre leurs sources typiques de revenus et de nourriture, et de n’avoir qu’une participation limitée aux prochaines saisons agricoles. 

    • Les provinces de l’Ituri et du Nord Kivu, dans un contexte d’escalade de conflits, évolueront avec des déficits de plus en plus importants de consommation alimentaire et resteront en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) avec la possibilité de certaines zones de santé, telles que Rwanguba et Jomba dans le territoire de Rutshuru et Drodro et Mangala dans le territoire de Djugu, ayant un sous-groupe de populations en Urgence (Phase 4 de l’IPC). La partie stable du centre-nord reste en Minimale (Phase 1 de l’IPC), avec des zones de Stress (Phase 2 de l’IPC) dans le centre-est, où les ménages feront face à une consommation alimentaire minimalement adéquate.


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    Situation sécuritaire et mouvements des populations : Dans la province de l’Ituri, les attaques du Front Démocratique Allié (ADF) se généralisent dans les territoires d’Irumu et Mambasa où ils attaquent les populations et perturbent les activités socio-économiques. Dans les territoires de Djugu et Mahagi, on assiste à des attaques opposées des milices CODECO contre les milices Zaïre qui disputent les zones minières et certains centres économiques. Selon la Commission Mouvement des Populations (CMP), environs 1.9 millions des personnes déplacées totales ont été enregistrées dans la seule province de l’Ituri en septembre 2022 (Figure 1). 

    Dans la province du Nord Kivu, on assiste à une poursuite d’attaques meurtrières contre les civils dans le territoire de Beni, malgré la poursuite des offensives des armées congolaise (FARDC) et ougandaise (UPDF) contre les ADF. De l’autre côté, l’avancée du M23 dans le territoire de Rutshuru a occasionné un afflux important des populations fuyant les affrontements. La commission Mouvement des Populations (CMP) estime actuellement à 1.8 millions des personnes déplacées internes et 0.9 millions des personnes retournées au Nord Kivu (CMP  31 août 2022).

    Dans la province voisine du Sud Kivu, les violences ont repris dans les hauts plateaux d’Uvira-Fizi-Mwenga depuis l’annonce officielle de l’arrivée des troupes Burundaises en août 2022 dans le cadre de mutualisation des forces de l’EAC (Communauté de l’Afrique de l’Est). Ce nouvel activisme militaire a entraîné des nouveaux déplacements des populations locales dans cette zone agro-pastorale pendant la période de transhumance pastorale

    Dans la province du Tanganyika, on observe une amélioration de l'environnement sécuritaire au cours des trois dernières années rendue possible par des séances de réconciliation intercommunautaires. Toutefois, la situation sécuritaire reste volatile et la violence intercommunautaire continue dans certains endroits notamment dans les territoires de Nyunzu, Kalemie et Kongolo entre les tribus Twa et Bantous. OCHA estime que près de 33 400 personnes ont été nouvellement déplacées dans cette province au cours des trois derniers mois. Comme dans le passé, les groupes armés ont attaqué pendant la période de récolte, ce qui a causé des pertes énormes des récoltes pour les ménages et le manque des semences pour la saison prochaine.

    En outre, le conflit entre les communautés Yaka et Teke dans le territoire de Kwamouth dans la province de Mai-Ndombe tend à s’étendre dans les territoires voisins de l’est. En effet, les violences communautaires ont éclaté depuis juillet 2022 à Kwamouth et se sont étendues à la province voisine du Kwilu. Ces violences ont causé plusieurs dizaines des morts et des centaines de maisons incendiées. Selon les autorités gouvernementales, ce conflit a fait déplacer plus de 35 000 personnes à l’intérieur du pays et environ 1 400 personnes ont également traversé le fleuve Congo pour trouver refuge en République du Congo voisine. Les zones concernées par ces violences constituent le grenier de la ville de Kinshasa notamment pour le manioc.

    Conjoncture économique globale : Selon le Ministère des Finances, la RDC connaît actuellement des bonnes performances économiques. Cette situation est consécutive à l’envolée des cours des matières premières à l’international. Cependant, depuis le mois de février 2022, on note un réajustement des prix de carburant entrainant une hausse de 18 pour cent. La monnaie nationale a connu une dépréciation mensuelle depuis fin août 2022 d’environ 5 pour cent. Selon les données de l’Institut National des Statistiques (INS), l’inflation a également augmenté. En glissement annuel, elle a atteint 10.3 pour cent en août 2022. Selon la même source, une dépréciation de la monnaie locale est observée par rapport aux devises (1 USD équivaut à 2100 CDF) sur plusieurs marchés, notamment à Kinshasa. Le taux officiel de la Banque Centrale a aussi augmenté de 3 pour cent, allant de 2 000 CDF a 2 060 CDF pour 1 USD. Cette instabilité de la monnaie locale occasionne également l’instabilité des prix non seulement des produits importés mais aussi des commodités produites localement.

    Fonctionnement des marchés et prix des denrées alimentaires : En dépit de cette période post-récoltes de la saison agricole B qui est terminée en juillet dans le centre-est et nord-est de la RDC, les prix des produits de base ont atypiquement augmenté du fait de l’épuisement précoce des stocks depuis août. Dans un contexte de hausse continue des cours mondiaux des denrées et du carburant, les prix des aliments de base restent au-dessus de ceux de la même période de l’année dernière de 8 pour cent et de la moyenne quinquennale de 40 pour cent. Dans les zones unimodales du sud-est, avec forte dépendance aux exportations, les tendances en hausse sont aussi notées. Cette hausse atypique des prix est due à la combinaison des stocks épuisés depuis juin, des coûts actuels élevés de transport, des spéculations des commerçants sur certains produits importés limités et de la persistance de l'insécurité.

    Prix de carburant et fluidité de circuit de transport : La politique de subvention des produits pétroliers par le gouvernement en vigueur en RDC cause des difficultés depuis la crise Russo-Ukrainienne. Le gouvernement n'est plus en mesure de payer la plus grande subvention aux fournisseurs compte tenu des prix mondiaux élevés. Par conséquent, des pénuries de produits pétroliers sont créées dans le pays et provoquent une spéculation sur les prix. Ce qui a réduit sensiblement les flux de transport et conduit les prix des denrées alimentaires en hausse, notamment diminuant l’accès des denrées aux ménages pauvres.

    Résurgence des épidémies : La RDC est confrontée à un nombre croissant des cas de rougeole dans plusieurs provinces du pays au courant de cette année 2022. Selon le ministère de la Santé, de janvier à mi-juin 2022, plus de 68 500 cas suspects et 1002 décès liés à la rougeole ont été signalés dans plusieurs provinces, au-delà du total des cas enregistrés en 2021. A cela s’ajoute l’épidémie de choléra déclarée déjà dans 13 provinces. Cette situation qui a conduit à une augmentation des dépenses de santé dans un contexte de baisse de revenus des ménages, pourrait entraîner des répercussions négatives sur l’accès à la nourriture des ménages affectés.

    Conditions agro-climatologiques et production agricole : Dans la partie nord-est et sud-est du pays, on note un démarrage à temps de la saison agricole en septembre avec les semis des principaux vivriers comme le maïs, l’arachide et le haricot. Une situation favorisée par une régularité des précipitations qui n’ont pas accusé des retards préjudiciables à la mise en place des semis.  On note cependant une faible participation des ménages dans les zones en conflits, faute d’accès à leurs moyens d’existence, du fait des déplacements en pleine saison culturale.

    Flux transfrontaliers: Depuis le mois de juillet 2022, la réouverture des frontières avec l’Angola après deux ans de fermeture, et l’allègement des mesures des restrictions imposées en lien avec la COVID-19 des pays frontaliers, favoriseraient des flux importants des denrées importés comme le riz et l’huile végétale raffinée. Cela se produit à travers l’ensemble de la zone sud de la RDC, à savoir Lufu dans le Bas -Congo, Kamako dans le Kasaï et Kahemba dans le Kwilu.

    Assistance humanitaire : Selon les données du cluster sécurité alimentaire, jusqu’au mois de septembre 2022, l’assistance alimentaire distribuée n’a atteint que 3.3 millions de personnes sur environ 8.8 millions de personnes planifiées dont la majorité se trouve dans la partie est et centre du pays. Toutefois, la couverture reste en dessus de 10 pour cent de la population des zones ciblées.  

    Résultats actuels de la sécurité alimentaire

    Alors qu’octobre amorce le pic de la période de soudure, les stocks de la saison B se sont épuisés plus tôt que d'habitude en juillet rendent l’accès alimentaire des ménages plus difficile, notamment dans plusieurs provinces qui connaissent des conflits (Ituri, Nord Kivu, Sud Kivu et Tanganyika) ainsi que d’autres provinces post conflits (Kasaï, Kasaï central, Kasaï oriental). Ceux du territoire du Djugu dans l’Ituri et de Rutshuru au Nord Kivu ont connu des mouvements importants des populations et ont ainsi accusé des déficits de consommation alimentaire prolongés, ainsi que d'une assistance humanitaire insuffisante, et restent en Crise (Phase 3 de l’IPC). FEWS NET anticipe qu’il y a  une faible proportion de population en Urgence (Phase 4 de l’IPC),principalement des zones de santé de Mungwalu et Drodro (Ituri) et de Rwanguba (Nord Kivu). Les régions plus stables des provinces sont en Stress (Phase 2 de l’IPC) et les provinces du nord restent en Minimal (Phase 1 de l’IPC).

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire d’octobre 2022 à mai 2023 se base sur des suppositions fondamentales suivantes, par rapport à l’évolution du contexte national :

    • Conflits et mouvements des populations dans l’Ituri, le Nord Kivu et le Sud Kivu : Les violences se poursuivront probablement à des niveaux inhabituellement élevés dans l'Ituri et le Nord Kivu alors que le M23 continuera de tenter de consolider les gains territoriaux dans le territoire de Rutshuru. Les déplacements internes devraient dépasser les niveaux observés en 2022. Le lancement imminent des opérations conjointes des FARDC avec les troupes des pays d’Afrique de l’Est contre les groupes armés pourraient augmenter le niveau des violences contre les populations. Dans les provinces du Tanganyika, Kasaï, Kasaï-Central, et Maniema, l’intensité de conflits inter communautaires restera similaire a août et septembre 2022 et continuera à perturber les sources de revenu des populations. Dans la province de Mai-Ndombe, la poursuite des hostilités impacterait la reprise de la saison agricole et perturberait les moyens d’existence des populations affectées.
    • Conditions agro climatologiques et production agricole : Sur la base du modèle de prévision et des modes climatiques NMME (North American Multi-Model Ensemble) et de SARCOF (Southern African Climate Outlook Forum), les précipitations moyennes sont plus probables entre octobre et décembre 2022 en RDC. Les mêmes sources informant que durant la saison agricole 2022/23, les pluies seront tardives et inférieures à la moyenne dans la zone unimodale du sud-est de la RDC et pourrait occasionner un démarrage décalé des semis. Cependant, sur la base historique et les cumuls que reçoivent la zone typiquement, cela n’aura pas un impact significatif sur la production au sud-est.
    • Production agricole (saison A) et disponibilité alimentaire : Dans le centre et ouest du pays, on pourrait s’attendre à des saisons agricoles normales. Dans le sud et sud-est du pays, les pluies en dessous de la normale va compromettre la production unimodale et les récoltes attendues en mars seront en dessous de la moyenne. En dépit d'une pluviométrie qui favorise un développement normal des cultures dans la partie est du pays, l'insécurité qui persiste limitera la participation des ménages dans la saison agricole A du fait des déplacements et la faible participation des ménages aux activités champêtres, ce qui conduira à une production inferieure à la normale et à celle de la précédente saison.
    • Conjoncture économique nationale : Avec les bonnes perspectives économiques observées dans le secteur minier, avec l’envolée des cours des matières premières, on pourrait s’attendre à un secteur minier plus performant avec des besoins accrus de la main d’œuvre minière qui amélioreraient les revenus des ménages vivant dans les zones minières.
    • Prix de carburant et fluidité du circuit de transport : La subvention du carburant par le gouvernement continuera à être insuffisant dans le contexte des hausses de prix du carburant sur le marché international. On s'attend  à des spéculations sur les prix des produits pétroliers et par conséquent aux pénuries dans les prochains mois. Ce qui impacterait sur le coût des transports et par voie d’entrainement, ceux des produits alimentaires, limitant ainsi l’accès des ménages pauvres aux denrées de base.
    • Résurgence des épidémies : Etant donné que l’assainissement du milieu, l’environnement sanitaire ainsi que le faible taux d’immunisation en RDC, il est fort probable que les cas de rougeole se propagent dans plusieurs provinces du pays au courant de la période projetée. Quant au choléra, il est devenu endémique vu le faible taux d’accès à l’eau potable dans plusieurs zones du pays. On s’attend à une baisse dans la participation agricole des ménages affectés par les épidémies.
    • Fonctionnement des marchés et prix des denrées alimentaires : Avec la forte dépendance aux importations des produits alimentaires et l’actuelle période de soudure durant laquelle les ménages dépendront essentiellement de l’achat aux marchés, on pourra assister à une augmentation des prix des aliments de base notamment la farine de maïs, le haricot ainsi que leurs substituts comme le riz. A partir de décembre, avec les récoltes vertes attendues, on pourra observer une tendance à la baisse jusqu’en fin février, à quel moment les prix vont subir des variations saisonnières entre mars et mai 2023, période de reprise agricole pour la saison B. Toutefois, les prix vont rester au-dessus de la moyenne au cours de la période de projection. Les marchés vont continuer à fonctionner normalement sauf dans les zones en conflit, ou l’insécurité perturbe l’approvisionnement et le fonctionnement des marchés.
    • Travaux temporaires agricoles : Sur la base des tendances récentes sur les mouvements des populations dans les zones de conflits en cette période de reprise des activités agricoles, les ménages déplacés pauvres dans les provinces de l’Ituri, Nord et Sud Kivu, offriront une main d’œuvre bien disponible pour les ménages moyens et nantis surtout durant cette période. On pourra ainsi assister à une augmentation de l’offre de la main d’œuvre dans un contexte de baisse de participation dans les activités de la campagne agricole. Ceci réduirait le revenu des ménages pauvres ainsi que leurs accès à la nourriture. Dans les autres parties du pays, la situation des travaux temporaires agricoles pourrait rester la même.
    • Assistance humanitaire : Considérant la faible mobilisation des fonds estimée à 10.3 pour cent des besoins exprimés durant l’année 2022, cette faible couverture de l’assistance alimentaire devrait donc continuer durant le période de projection. En effet, selon les données du cluster sécurité alimentaires, jusqu’au mois de septembre 2022, l’assistance alimentaire distribuée n’a atteint que 25,9 pourcents des besoins ciblés et reste significativement inférieure à 20 pourcents de la population des zones ciblées.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    D’octobre 2022 à janvier 2023 : Au pic de la soudure en octobre et novembre, lorsque les stocks des ménages sont bas ou épuisés, les ménages auront des difficultés d’accès aux aliments et ainsi la consommation des ménages devrait donc évoluer avec une détérioration. À partir de mi-décembre, avec les récoltes vertes de la saison, et les premières récoltes de la saison culturale en janvier, on assistera à une amélioration d’accès alimentaire et par surcroit de la consommation des ménages, mais pas assez pour combler les gaps dans leur consommation. Certaines zones pourraient continuer à subir les effets des conflits, avec une production agricole inferieure à la moyenne et de déficit de consommation et pourront rester en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC). Il s’agit notamment de l’Ituri, Nord Kivu, Sud Kivu et Tanganyika par contre les provinces de Lomami, Sankuru, Kasaï Oriental, les ménages auront une consommation alimentaire minimalement adéquate mais ne pourront pas assumer certaines dépenses non-alimentaires et seront en Stress (Phase 2 de l’IPC). En revanche, les provinces de Haut-Uele, Bas-Uélé, Tshopo et une partie du Maniema auront une consommation alimentaire minimalement adéquate resteront en Minimale (Phase 1 de l’IPC) tandis que le Centre Sud et le sud-est, principalement de Maniema, Sud Kivu, et Ex-Katanga, évolueraient en Stress (Phase 2 de l’IPC).

    De février à mai 2023 : La disponibilité des stocks issues des récoltes de la saison sera attendue dans les deux premiers mois de la seconde période de scenario. Cependant, ces récoltes seront en dessous de la moyenne dans les zones des conflits à la suite des mouvements des populations dans les zones de conflits et dans les zones du sud-est à la suite de la mauvaise répartition des pluies. Ainsi, en avril et mai, la période de la petite soudure en saison B, les ménages vont continuer à accuser des déficits de consommation alimentaire dans certaines zones et pourraient rester en Crise (Phase 3 de l’IPC), notamment l’Ituri, le Sud Kivu et le Nord Kivu. Par contre, les provinces de Lomami, Sankuru, Kasaï oriental qui ont conduit une saison agricole quasi normale car ayant bénéficier d’une stabilité sécuritaire et d’une bonne pluviométrie auront une consommation minimalement adéquate et seront en Stress (Phase 2 de l’IPC). Les provinces de Haut-Uele, Bas-Uélé, Tshopo et une partie du Maniema qui n’accusent aucun déficit de consommation, seront en phase Minimale (Phase 1 de l’IPC) dans la mesure où les ménages sont capables de couvrir leurs besoins essentiels alimentaires et non-alimentaires sans s'engager dans des stratégies atypiques ou non durables pour accéder à la nourriture et aux revenus

    Evolution de la malnutrition aigüe globale : Les enquêtes nutritionnelles SMART réalisées en 2022 en la RDC dénotent une situation nutritionnelle préoccupante. En effet, parmi les 18 zones de santé concernées par ces enquêtes, 5 zones (soit 28 pour cent) avaient de taux global de malnutrition d’alerte (MAG supérieur à 10 pour cent) et seules deux zones (soit 11 pour cent) avaient de taux global de malnutrition acceptable. En outre, les résultants de ces enquêtes relèvent que les zones stables sur le plan sécuritaire sont autant touchées par la malnutrition que les zones instables où se vit les mouvements des populations et autres chocs récents. Ainsi donc, pendant la période de projection, la situation nutritionnelle devra rester préoccupante dans la plupart des provinces du pays.

    Evènements qui pourraient changer le scenario

    Événements possibles au cours des huit mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable.

    ZonesEvénementsImpact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    Nationale

    Augmentation plus accrue du prix de carburant

    Les prix des produits pétroliers pourraient éventuellement conduire à l’augmentation des prix des principales denrées alimentaires et la diminution de l’accès aux aliments importés pour les ménages pauvres.

     Grandes perturbations des pluies dans les zones de l’est et de l’ouest

    Compte tenu des gaps de production agricoles connus au pays depuis des années, l’excès et/ou carence de pluies pourrait impacter sur le prochain cycle cultural pendant les saisons agricoles et exacerber des conditions agricoles déjà précaires.

    Ituri, Nord Kivu, Sud Kivu

    Victoire totale de l'armée nationale sur les groupes armées et reddition en nombre des plusieurs groupes armés

    La mutualisation des forces avec les armées de l’EAC pourrait faciliter la réussite des opérations militaires en cours et ainsi favoriser la réduction en nombre des plusieurs groupes armés et le retour massif des populations dans leurs milieux de provenance. Ce qui favoriserait la reprise des activités agricoles et autres moyens d’existence par ces ménages ainsi retournés.

    Nord Kivu et Sud Kivu

    Dégradation de la situation de l’épidémie à virus Ebola dans l’Ouganda

    Avec le virus Ebola déclarée épidémique en Ouganda voisin en septembre 2022, la dégradation de la situation pourrait occasionner la fermeture des frontières avec d’autres pays. Dans ce cas, le flux transfrontalier et la disponibilité des produits aux marchés, ainsi que l’accessibilité des ménages à ces produits, pourraient être réduits.

     

    Figures

    Figure 1

    CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNÉE TYPIQUE

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Figure 1.

    Source: UNOCHA/UNHCR/FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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