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Les conflits continuent à perturber les moyens d’existence des ménages dans les zones affectées

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • République démocratique du Congo
  • Octobre 2018
Les conflits continuent à perturber les moyens d’existence des ménages dans les zones affectées

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  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
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    • La saison agricole A de 2018-2019 a démarré dans les parties nord-est et centre-est du pays dans un contexte de crise sécuritaire persistante, avec le semis des principaux vivriers notamment le maïs, l’arachide et le haricot. Bien que les précipitations soient annoncées normales, l’accès aux intrants agricoles et l’insécurité constituent une contrainte à la reprise d’une saison normale notamment pour les milliers de ménages retournés.

    • Jusqu’en août 2018, environ 514,251 personnes sont nouvellement déplacées dans les provinces de Maniema, l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, selon OCHA. Ces nouveaux déplacements se sont produits en début de la campagne pourront priver l’accès à la terre à près de 100 000 ménages agricoles et impacterait sur le niveau de la production agricole dans ces zones excédentaires et partant sur la consommation alimentaire des ménages.

    • Dans la région des Kasaï, on assiste depuis début octobre 2018, à un afflux important des congolais expulsés de l’Angola. On compte près de 329 000 déjà enregistrés jusqu’au au 26 octobre 2018, qui sont disséminées dans les territoires frontaliers de Kamonia et Luiza, et exerçant ainsi une forte pression sur les faibles ressources locales.  Cette situation requiert de l’assistance humanitaire d’urgence pour sauver des vies et relancer le processus de leur réinsertion sociale.  

    • La situation épidémiologique de la maladie a virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri signale à 29 octobre, 276 victimes dont 175 cas de décès. Cette épidémie peut commencer à avoir des répercussions sur les moyens d’existence des populations des zones affectées déjà fragilisées par les conflits armés prolongés.


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    L’insécurité et déplacement : La République Démocratique du Congo (RDC), dans sa particularité de crise complexe et prolongée, continue à faire face à une situation humanitaire préoccupante et sans précédent. La reprise des hostilités des groupes armés sur plusieurs fronts et des violences intercommunautaires observés dans la partie est du pays, présagent d’un lendemain incertain pour ces zones en proie aux perpétuels déplacements des populations. C’est le cas de l’Ituri, du Maniema et de la région du Kasaï principalement. Cette situation a causé une limitation d’accès des ménages aux ressources et une accessibilité limite des humanitaires.

    La RDC a connu le plus grand volume de nouveaux déplacements à l'échelle mondiale au cours de l'année écoulée, avec 1,4 million de personnes fuyant leurs maisons dans les seuls Kassaï. On estime actuellement à 4,49 millions le nombre total de PDI en RDC, ce qui représente la plus grande population de personnes déplacées en Afrique. Selon le HCR, près d'un million des Congolais (811 000) ont trouvé refuge dans les pays voisins. Par ailleurs, l’instabilité politique dans les pays voisins continue également de produire des nouveaux réfugiés en RDC en provenance du Sud Soudan, du Burundi et de la République Centrafricaine. Le HCR estime à plus de 541,702 réfugiés sur le sol Congolais qui partagent par moments, les mêmes ressources et moyens d’existence avec les populations autochtones.

    L’expulsion des congolais d’Angola : Depuis le début du mois d’octobre 2018, la RDC assiste à l’expulsion des congolais accusés d’immigration illégale en Angola. Selon l’évaluation multisectorielle conduite dans la région des Kasaï, 329 000 personnes sont expulsées à partir du Nord de l’Angola et entrent en RDC à partir des points frontaliers de Kamako dans le Kasaï et Kalamamuji dans le Kasaï central. Avec la porosité des frontières, d’autres congolais volontaires au retour ont été reçus dans ces zones, ce peut augmenter le nombre de personnes expulsées de l’Angola. A leur arrivée, ces expulsés sont disséminés dans les villages environnants les points d’entrée.

    L’épidémie de la Maladie à Virus Ebola : Dans les provinces du Nord Kivu et de l’Ituri depuis le début aout 2018 et qui peut commencer à perturber les moyens d’existence des populations en cette période difficile de soudure.

    Marches et prix : Dans l’ex province du Katanga, on assiste depuis septembre dernier, à une hausse importante de prix de la farine de maïs. Pour rappel, cette région dépend à près de 70 pourcent du maïs en provenance de la Zambie. Cette situation s’explique par les mesures de restriction des importations de ce produit prises par le gouvernement Zambien en préservation de ses réserves nationales. A Lubumbashi par exemple, un sac de 25Kg de mais vendu à 14,500Fc le mois précédant est passé à 30 000 franc soit une variation de 107 pourcent en 1 mois.

    Situation agricole : Sur le plan des contraintes liées à l’agriculture, la chenille légionnaire signalée dans plus de 22 provinces du pays est toujours active sans moyens de lutte efficace à ce jour. Il est de même de la situation des criquets puants dans l’extrême nord-est de la RDC, (territoire de Aru et Buta), qui continuent à décimer les cultures.

    Selon les estimations de la dernière évaluation des récoltes de Juin 2018, la RDC accuse un déficit céréalier de l’ordre de 11 millions de tonnes pour une production qui ne représente que le tiers de ce déficit. Cette situation préoccupante est essentiellement causée par des multiples conflits et tensions communautaires occasionnant les déplacements des populations et auxquels s’ajoutent les différentes pestes que connait le monde végétal. La persistance d’une telle situation pourrait maintenir les populations affectées dans un cercle vicieux d’insécurité alimentaire.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable d’octobre 2018 à mai 2019 est basé sur les hypothèses suivantes au niveau national :

    • Précipitations : Les prévisions météorologiques montrent une amélioration de la situation des pluies dans la zone pendant la période allant d’octobre 2018 à mars 2019. On pourrait s’attendre à quelques anomalies en termes des pluies abondantes, au-dessus de la normale dans le centre-est et dans l’extrême nord-est comme indiqué sur les graphiques ci-contre. Globalement, ces prévisions devront favoriser une saison agricole normale sur l’ensemble du pays.
    • Saison agricole A : Malgré les prévisions agro climatiques qui favoriseraient une saison agricole normale, les nouveaux déplacements des populations dans le Maniema et l’Ituri ainsi que l’arrivée massive des expulsés d’Angola dans la partie sud du Kasaï après le lancement de la saison agricole, pourrait exacerber l’accès des ménages aux champs pour cette saison agricole. Aussi, les ménages n’ont pas tous les intrants agricoles nécessaires de planter comme normal.
    • Epidémie d’Ebola : En dépit des efforts déployés pour contenir l’épidémie de la maladie à Virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et l’Ituri, à travers la prise en charge médicale et l’assistance humanitaire aux cas de contacts, la limitation d’accès sur l’axe Mangina, épicentre de la maladie et pourvoyeur du riz et de banane plantins vers Beni, et également sur l’axe Kasindi du fait de l’insécurité, la situation alimentaire dans cette zone pourrait se dégrader va se dégrader au fils des mois. Ainsi, on pourrait s’attendre à une hausse progressive des prix des denrées dans la zone de Beni dans les trois prochains mois.
    • Accompagnement de retournés/expulsés : Dans l’absence d’une assistance humanitaire aux 329 000 personnes expulsés de l’Angola, dans la zone de Kamonia, qui a déjà des personnes déplaces et en besoin d’assistance alimentaire depuis le début de la crise en la région des Kasaï en 2016, on pourrait s’attendre à une situation pire de la situation de la sécurité alimentaire.
    • Période de soudure précoce : Etant donné les très faibles récoltes des saisons précédentes dans la partie Centre Est du pays (Région des Kasaï et Tanganyika) inférieure à la moyenne, les ménages auront épuisé leurs stocks de nourriture au début de cette première période de scenario. De ce fait, il est fort possible qu’à partir du mois de novembre, la soudure qui a commencé de manière précoce en d’août 2018, pourrait amener les ménages pauvres à développer des stratégies de survie de plus en plus dommageables et irréversibles, sur l’ensemble de la partie est de la RDC.
    • Nouveaux déplacements des populations : Dans une ambiance de fragilité de la situation politico économique du pays, le non-respect du calendrier électoral à la date initialement prévue pourrait occasionner des manifestations qui pourraient engendrer des nouveaux mouvements des populations qui vont s’ajouter aux 4,49 millions déjà existants sur le territoire national.
    • Marches et prix :  Selon le rapport publié en septembre dernier par la Cellule d’Analyse des Indicateurs de Développement (CAID), sur les dix produits suivis comparés aux prix de mois d’oût 2018, trois ont connu une stabilité des prix (haricot, huile végétale et sel), deux ont connu des hausses de 21 (riz local) et 11 (viande de chèvre) pourcent. En revanche, une baisse est observée pendant la même période notamment pour l’huile de palme (-7%), farine de maïs (-6%), farine de manioc (-33%), riz importé (-18%), sucre (-8%). Le taux de change est resté stable par rapport au mois précédent, soit en moyenne 1,589 franc congolais pour 1 dollar américain.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Octobre 2018 à Janvier 2019 : Au cours de la première moitié de cette période de scenario (Octobre à Novembre 2018), les populations du nord-est, et centre-est se retrouveront au pic de la soudure qui est venue plus tôt que d’habitude. Les faibles stocks des ménages de la saison précédente seront épuisés et ces derniers dépendront principalement de l’achat au marché comme source d’approvisionnement, avec des prix qui subiront des variations saisonnières.  La fin de cette période (décembre) coïncidera avec les premières récoltes des vivriers /récoltes vertes notamment pour le maïs, l’arachide et le haricot, ce qui faciliterait l’accès à la nourriture et améliorerait la consommation alimentaire des ménages et place ces zones en Stress (Phase 2 de l’IPC). Par ailleurs, la crise d’Ebola dans le Nord-Kivu et l’Ituri qui commence déjà à impacter sur les moyens d’existence des populations des zones affectées pourrait engendrer une situation plus difficile que d’habitude et place ces zones en Crise (Phase 3 de l’IPC). La main d’œuvre agricole sera déterminante pour les ménages pauvres.

    Par contre, dans la partie sud des provinces du Kasaï et Kasaï Central, la pression sur les faibles récoltes sera de plus en plus forte du fait de la présence de près de 329 000 congolais expulsés de l’Angola et qui n’auront pas eu la possibilité de s’engager dans les travaux de cette saison agricole. En cette période, l’assistance humanitaire sera déterminante dans cette zone qui pourrait basculer en une phase pire en l’absence de celle-ci, et ça place cette zone sera en phase de Crise (Phase 3 ! de l’IPC).

    Février à Mai 2019 : Cette seconde période de scenario démarrera par la poursuite des récoltes de la saison agricole A aussi bien dans le Nord-est que dans le Centre-est jusqu’en début mars 2019. On pourrait s’attendre à une possible amélioration de la consommation alimentaire pour plusieurs ménages qui dépendront en ce moment de leur propre production. Certaines zones qui étaient en Crise (Phase 3 de l’IPC) se trouverait en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC). C’est le cas pour CD07 dans le Maniema et la partie du Haut-Katanga (Pweto et Mitwaba)

    Une grande partie de l’est du pays serait en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) notamment le Kasaï et le Kasaï central, une partie du Tanganyika et Haut Katanga (Pweto et Mitwaba), et la région de Beni et le territoire de Djugu. Les autres zones du Sud, notamment l’ex Katanga demeureront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC).

    La seconde moitié de cette période (avril à mai) connaitra le pic de la soudure après épuisement des stocks de la saison précédente.

    Pour plus d'informations sur les perspectives concernant des zones de préoccupation spécifiques, veuillez cliquer sur le bouton de téléchargement en haut de la page pour consulter le rapport complet.

    Figures Map of Seasonal Forecasts: October to December 2018, Potential for more than usual rainfall in the north and southwest

    Figure 1

    Figure 1. Seasonal Forecasts: October to December 2018

    Source: NOAA/CPC

    Map of Seasonal forecasts: January to March 2019, Potential for more than usual rainfall in the north

    Figure 2

    Figure 2. Seasonal forecasts: January to March 2019

    Source: NOAA/CPC

    Title: DRC seasonal calendar Description: In the northeast part of DRC: cassava harvest if year-round. Rainy season is from m

    Figure 3

    SEASONAL CALENDAR FOR A TYPICAL YEAR

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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