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Alors que les résultats de Crise (Phase 3 IPC) persistent à la suite des divers conflits, le pays connait une grave épidémie d’Ebola

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Messages clé Contexte de la sécurité alimentaire Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en juin 2026 Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en juin 2026 Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire soutenant le scénario le plus probable jusqu’au janvier 2027 Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’au janvier 2027 Annexe 1 : Principales sources de preuves utilisées dans cette analyse Annexe 2 : Approche analytique de FEWS NET expliquée Annexe 3 : Calendrier saisonnier Annex 4 : Évènements qui pourraient changer les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë Annexe 5 : Un examen plus approfondi de l’actuelle épidémie à virus Ebola et de ses impacts sur les résultats de la sécurité alimentaire dans les zones touchées Annexe 6 : Résultats projetés en matière d’insécurité alimentaire aiguë et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’assistance alimentaire humanitaire
Messages clé
  • Des résultats de Crise (Phase 3 de l'IPC) persistent en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, dans certains territoires du Maniema et du Tanganyika, ainsi qu’à Mai-Ndombe avec une augmentation du nombre de la population en Urgence (Phase 4 de l’IPC) dans les provinces de l’est. Cette détérioration est à cause des conflits persistants et des déplacements massifs. Les affrontements armés qui se poursuivent entre les groupes armés et le forces du gouvernement continuent à créer de l’insécurité, provoquant la dégradation des moyens d’existence, notamment l’agriculture et l'élevage,  réduisant ainsi les revenus de ménages. Le conflit demeure le principal facteur d’insécurité alimentaire aiguë dans le pays. Selon UNHCR, les trois provinces d’Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu comptent plus de 3,4 millions de personnes déplacées. Cette situation va probablement s’aggraver par les restrictions consécutives aux mesures de prévention de l’épidémie d’Ebola. 
  • L’expansion de l’épidémie de la maladie à virus Ebola a fragilisé les systèmes d’échanges et a également limitée la circulation des personnes. L’épidémie perturbe l’approvisionnement des produits alimentaires déjà affecté par les conflits, tout en entraînant une perte de revenus pour des milliers de ménages pauvres vivant d’activités transfrontalières. À moyen terme, la disponibilité alimentaire continuera de se dégrader, surtout en Ituri, épicentre de l’épidémie, où le conflit a réduit fortement les capacités d’adaptation des ménages.
  • FEWS NET estime qu’environ 17 à 17,99 millions de personnes auront besoin d’assistance alimentaire, avec un pic attendu entre octobre et décembre 2026, en raison de la grande soudure aggravée par l’insécurité persistante à l’est. Les besoins resteront élevés au-delà des récoltes, notamment pour les déplacés, retournés et réfugiés, tandis que l’épuisement précoce des stocks dès août renforcera la dépendance à l’assistance et le recours à des stratégies négatives.

L’analyse présentée ici est basée sur les informations disponibles au 22 juin 2026.  

Contexte de la sécurité alimentaire

Les activités agricoles restent le pilier principal des systèmes alimentaires. Dans les zones rurales, les ménages dépendent largement de l’agriculture, de la pêche et des produits forestiers pour leur alimentation et leurs revenus. Le mois de juin marque la période de récolte de la saison 1 (S1), qui est généralement moins importante que celle de la saison 2 (S2), qui a lieu en janvier. Dans le sud-est, cependant, il n'y a qu'une seule saison agricole, les récoltes commençant en avril. À l'exception de l'extrême sud-est, où le maïs est plus dominant, le manioc est l'aliment de base principal et est récolté tout au long de l'année. Cependant, la production alimentaire demeure insuffisante pour satisfaire les besoins de la population au regard de la croissance démographique. La RDC reste ainsi fortement dépendante des importations de principaux produits alimentaires. Néanmoins, malgré une pauvreté chronique liée à la faiblesse des infrastructures et des services, la plupart des ménages parviennent, en l’absence de chocs majeurs, de couvrir leurs besoins essentiels grâce à leur propre production et aux marchés locaux. Cette stabilité relative est cependant de plus en plus menacée par la montée des conflits.

Les conflits multiformes restent le facteur de l’insécurité alimentaire en RDC. Les tensions liées aux ressources naturelles et aux rivalités interethniques alimentent la violence et les déplacements. Dans le nord‑est, la résurgence du M23 a accentué l’instabilité. Parallèlement, les Forces démocratiques alliées (ADF) ont étendu ses opérations en Ituri, rejoignant d’autres acteurs armés non étatiques, dont la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) et la Convention pour la Révolution Populaire (CRP). Le conflit ADF, violent et imprévisible, au Nord-Kivu et Ituri détruit les infrastructures, les moyens d’existence et menace directement les civils. Entre 2020 et 2025, il est responsable d’environ un quart des violences contre les civils dans l’est de la RDC. Dans le sud‑ouest du pays, des conflits intercommunautaires intenses dans le Mai‑Ndombe continuent également de perturber les moyens d’existence, malgré des signes d’amélioration ces derniers mois. Cette insécurité généralisée limite l’accès aux champs, réduit les superficies cultivées et entraîne parfois l’abandon total des terres agricoles. Cette perturbation touche également la pêche et les activités commerciales, essentielles à l’alimentation locale et aux revenus. La baisse de production s’accompagne d’un dysfonctionnement des marchés et d’une forte instabilité des prix qui limitent encore davantage la capacité des ménages à accéder régulièrement à la nourriture. Depuis le début de l'année 2025, l'intensification rapide et l'expansion territoriale du conflit de la rébellion du M23 au Nord-Kivu et Sud-Kivu ont provoqué des déplacements massifs des populations et perturbé la participation des ménages aux saisons agricoles. De nouvelles offensives ces trois derniers mois ont entraîné d’autres déplacements, particulièrement dans les hauts plateaux de Fizi au Sud-Kivu et Masisi dans le Nord Kivu et perturbé les activités de la saison agricole S1. La sécurité alimentaire reste précaire à la suite de la poursuite des affrontements dans ces zones. Parallèlement, l'ADF a profité de la crise sécuritaire régionale pour multiplier considérablement la fréquence de ses attaques contre les populations civiles. 

La RDC est confrontée à d'autres chocs cumulés, notamment les inondations saisonnières et l'instabilité macroéconomique. Les précipitations excessives et localisées ont été enregistrées dans diverses contrées du pays provoquant des inondations, des éboulements, ainsi que des destructions des infrastructures et des actifs des ménages notamment dans la cuvette centrale le long du fleuve Congo et ses affluents. De multiples chocs ont maintenu des besoins d'assistance élevés tout au long de l'année avec des améliorations limitées. Sur le plan économique, la croissance et la stabilité sont soutenues par des tendances favorables des prix des métaux, notamment le cuivre et le cobalt, ainsi que par une inflation maîtrisée grâce à une politique monétaire qui vise à renforcer la stabilité économique. Selon l'Institut National de la Statistique (INS), l’inflation globale est passé de 6,88 pour cent en 2024-2025 à 2,48 pour cent en 2025-2026.  Malgré son ralentissement, l’inflation continue d’exercer une pression sur le pouvoir d’achat des ménages pauvres.

Bien que la RDC soit confrontée à de multiples épidémies, celles-ci n’affectent généralement pas suffisamment de personnes pour modifier significativement l’insécurité alimentaire aiguë à grande échelle. Les épidémies peuvent toutefois accroître la vulnérabilité des ménages aux chocs en réduisant leur capacité d'adaptation. C’est le cas d’Ebola dont le pays a connu 17 épidémies, et qui sont historiquement maîtrisées en quelques mois. Toutefois, la durée et la gravité de l’épidémie actuelle qui sévit dans les provinces de l’Ituri, Nord et Sud-Kivu mettent en évidence la vulnérabilité des réponses sanitaires dans les zones affectées par le conflit. 

En savoir plus

Les liens suivants fournissent des informations supplémentaires :

Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en juin 2026

Figure 1

Zones d’occupation de M23 et leurs alliés

Source: FEWS NET, avec les données de CTP

Dans l'est du pays, les affrontements entre le M23 et les Forces armées Congolaise (FARDC) et ses alliés se poursuivent, entraînant des déplacements continus. Au cours des trois derniers mois, des affrontements entre les coalitions opposées se sont concentré dans les territoires de Fizi (Sud-Kivu), Masisi et Walikale (Nord-Kivu), avec une intensification en juin 2026 des affrontements entre les FARDC et la coalition AFC/M23-Twirwaneho dans les Hauts Plateaux de Fizi, notamment autour de Minembwe. L'utilisation d’armes aériennes, témoigne d'une dégradation de la situation sécuritaire dans cette zone stratégique. Ces incidents ont provoqué des déplacements continus et la perturbation des activités agricoles S1. Au Nord-Kivu, en Ituri et au Sud-Kivu, plus de 3,4 millions de personnes étaient déplacées en mars 2026, soit près de 60 pour cent des 5,77 millions de déplacés internes recensés en RDC selon le UNCHR. Malgré certains retraits sous la pression diplomatique, le groupe rebelle a conservé le contrôle des principales villes et localités stratégiques du Nord-Kivu et du Sud-Kivu (Figure 1).

Dans le nord du Nord-Kivu et en Ituri, les ADF continuent de mener des attaques contre les populations civiles. Depuis janvier, plus de 300 civils ont été tués. Au cours de deux premières semaines de juin, les attaques des ADF se sont intensifiées dans le territoire de Beni, faisant plus de 40 victimes civiles. Ce groupe étend désormais ses opérations d’attaques et de destructions vers les provinces voisines de Haut Uelé et Tshopo

En Ituri, les exactions des autres groupes armés se poursuivent. Malgré des défections importantes, la milice CRP poursuit des attaques contre le FARDC dans le territoire de Djugu, tandis que la milice CODECO intensifie ses attaques contre les populations déplacées, la CRP et les civils, accompagnées de pillages de bétail, d’incendies de maisons et de destruction des champs agricoles. Ces affrontements récurrents entraînent des déplacements fréquents de populations, perturbent l’axe d’approvisionnement essentiel pour la zone —la Route Nationale 27 (RN27) — et entravent les activités agricoles. Cela conduit à l’abandon des terres, au retard ou à l’annulation des semis, ainsi qu’à une réduction de la main‑d’œuvre agricole.

Dans les provinces du Mai-Ndombe, du Kwango et du Kwilu, les nombres d’incidents du conflit Teke–Yaka ont diminué, en raison de l’engagement de la milice Mobondo dans le processus de démobilisationToutefois, des violences intercommunautaires sporadiques persistent, en particulier dans les zones périurbaines autour de Kinshasa, où l’insécurité et l’incertitude continuent de perturber partiellement les activités commerciales et la mobilité.

Dans le Haut‑Katanga, les déplacements se poursuivent, notamment dans les territoires de Mitwaba et de Pweto, à la suite des attaques de Mouvement Debout Katanga pour la Libération du Congo (MDKC), lié aux milices Bakata Katanga. Les évaluations humanitaires indiquent que plus de 100 000 personnes ont été déplacées entre janvier et avril 2026 dans le territoire de Pweto en raison de la recrudescence de l’insécurité. Par ailleurs, des conflits localisés ont re-émergé au Kasaï, dont un conflit foncier à Dibaya ayant causé des morts et la destruction de plusieurs habitations en avril 2026.

L’épidémie de la maladie a virus Ebola de souche Bundibugyo déclaré le 15 mai 2026 a touché plus de 1 048 cas confirmés et d’environ 267 décès au 21 juin 2026, affectant 34 zones de santé en Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu. Classé comme urgence de santé publique de portée mondiale le 17 mai, l’épidémie a conduit à la fermeture des frontières entre la RDC et le Rwanda et l’Ouganda le 17 mai and 27 mai respectivement. Les impacts économiques restent faibles et localisés, mais incluent des perturbations des échanges transfrontaliers et des pertes de revenus pour les ménages dépendants du commerce. En Ituri, épicentre de l’épidémie, la dépendance aux importations et aux échanges transfrontaliers, combinée à des capacités d’adaptation déjà érodées par des années de conflits, accroît les risques de dégradation des moyens d’existence.

Les marchés restent volatils en raison de contraintes structurels (logistique, transport, état des routes), aggravés par les conflits, les restrictions commerciales (fermetures de frontières) et les dynamiques saisonnières. Les conflits à l’est ont profondément perturbé les marchés, entraînant une hausse des prix des produits de base à Bukavu, Uvira, Beni, et Goma en mai comparé à la moyenne de mai 2021-2024 : 57 pour cent pour la farine de maïs blanc, 20 pour cent pour la farine de manioc, 25 pour cent pour cent pour l’huile raffinée et 37 pour cent pour le carburant. Béni est la zone la plus touché, avec des hausses dépassant 150 pour cent pour la farine de maïs blanc, 49 pour cent pour la farine de manioc, et 64 pour cent pour le carburant, essentiel au transport et à l’approvisionnement. Cette hausse des prix s’explique non seulement par l’augmentation du coût du carburant, mais aussi par l’intensification du conflit et la réorientation des circuits d’approvisionnement liée aux conflits, qui ont accru les coûts de transport et perturbé les échanges commerciaux.

Assistance alimentaire humanitaire

Face à un déficit de financement critique et prolongé, la communauté humanitaire en RDC a été contrainte de prioriser strictement les réponses humanitaires en 2026. Cependant, malgré cette priorisation, seul 17 pour cent de bénéficiaires ciblés ont reçu une assistance selon le cluster sécurité alimentaire jusqu’au mois d’avril. En moyenne, l’assistance est fournie pendant 2,5 mois, soit en deçà de la durée minimale recommandée de trois mois, et couvre environ 1 886 kilocalories par personne, ce qui représente près de 80 à 90 pour cent des besoins énergétiques (sur les 2 100 kilocalories recommandées). Le taux de couverture des populations atteintes varie selon les territoires. 

À Walungu, plus de 25 pour cent des ménages ont bénéficié d’une assistance alimentaire et les données du Cluster de janvier à avril indiquent que celle-ci couvre jusqu’à 80 à 90 pour cent de leurs besoins pendant une période moyenne de 2,5 mois. Selon les observations de terrain réalisées en mai, l’assistance alimentaire s’est poursuivie. Avec environ 25 pour cent des ménages bénéficiant probablement d’une assistance alimentaire humanitaire, cette assistance contribue à prévenir des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) à Walungu.

Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en juin 2026

Les zones des conflits du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, ainsi que certaines zones du Tanganyika et du Maniema, impacté par la propagation de conflit et déplacés, sont en Crise (Phase 3 de l’IPC), avec une augmentation de la proportion de ménages en Urgence (Phase 4 de l’IPC) dans certains foyers de tension. Ces zones marquées par les conflits abritent de nombreuses personnes déplacées vivant dans des sites formels et des familles d'accueil. Ces déplacements ont perturbé leurs moyens d’existence en limitant leur accès aux champs, à la production agricole et aux opportunités de travail. Les déplacés, leurs familles d’accueils ainsi que les retournés dépendent davantage du marché, malgré des revenus réduits par l’insécurité. La hausse continue des prix des denrées sur les marchés, avec leur pouvoir d’achat réduit, les contraint à emprunter de la nourriture et à réduire le nombre de repas par jour, entraînant des déficits de consommation alimentaire persistants et une dépendance accrue à l’assistance alimentaire. Face à ces déficits, les ménages font recours à des stratégies d’adaptation négatives comme la vente d’eau et de paille et la vente d’actives. À Walungu, l’assistance alimentaire humanitaire atteignant 25 pour cent des ménages, permet de prévenir des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) ; la zone est donc en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC). 

Une faible proportion de ménages en Urgence (Phase 4 de l’IPC), bien que cette proportion reste faible à l’échelle des territoires, se trouve dans les zones de santé de Djugu (Ituri), Masisi, Oicha et Lubero (Nord-Kivu), ainsi que de Fizi et d’Uvira (Sud-Kivu), où des milliers de ménages sont pris en tenaille par les combats. Dans ces zones, des milliers de ménages sont privés de leurs sources d’alimentation car ils ne peuvent pas accéder à leurs moyens d’existence. Ces ménages peuvent être contraints de recourir à des stratégies de survie extrêmes, telles que la mendicité.

Bien que le conflit demeure le principal moteur de l’insécurité alimentaire aiguë, l’épidémie d’Ebola constitue un choc supplémentaire dans les zones touchés, notamment à travers la fermeture des frontières avec le Rwanda et l’Ouganda, consécutive à l’épidémie d’Ebola, qui a réduit les revenus tirés du commerce transfrontalier, limitant le pouvoir d'achat des ménages dans ces zones. En raison des possibilités limitées de revenus de substitution et de la hausse des contraintes d'accès aux marchés, les ménages pauvres dans ces zones ne parviennent plus à couvrir leurs besoins alimentaires sans recourir à des stratégies d’adaptation, notamment à la vente de leurs biens. 

Dans les zones du sud-ouest, les ménages sont globalement en Stresse (Phase 2 de l’IPC) sauf dans le territoire de Kwamouth en province de Mai-Ndombe, où ils restent en Crise (Phase 3 de l’IPC) à cause du conflit Mobondo. À Kwamouth, malgré une démobilisation partielle des combattants, les incidents poursuivent et soutiennent les déplacements continues. Les populations déplacées ayant abandonné leurs terres font face à un accès réduit aux revenus et à une dégradation de leurs moyens d’existence en raison de la persistance du conflit. Pour soutenir besoins alimentaires, de nombreux ménages sont contraints de réduire le nombre de repas et diminuer d’autres dépenses essentielles. Dans les territoires voisins, bien que les effets du conflit se fassent sentir à travers les déplacements, les perturbations des activités agricoles et des marchés, l’impact sur les revenus et ls moyens d’existence restent moins sévère que dans l’épicentre du conflit. En conséquence, ces zones sont en Stress (Phase 2 de l’IPC). En revanche, le Kongo Central et quelques territoires de Mai-Ndombe et Kwilu reste en Minime (Phase 1 de l’IPC), bénéficiant d’une stabilité sécuritaire favorable aux activités agricoles.

La zone du Grand Kasaï est globalement en Stress (Phase 2 de l’IPC). Les ménages parvenant à couvrir leurs besoins alimentaires grâce à l’agriculture vivrière et à l’exploitation artisanale des minerais. Cependant, la production agricole reste faible en raison du contexte post-conflit, l’accès limité aux intrants agricoles, la dégénérescence des semences, et les maladies de cultures et de bétails. Les mauvaises infrastructures de transport continuent de limiter les revenus et l’approvisionnement des marchés. Les ménages pauvres adoptent des stratégies de consommation des aliments moins préférés afin de maintenir une alimentation minimale. Une proportion faible des ménages, notamment les déplacés, seront en Crise (Phase 3 de l’IPC) avec des champs dévastés et des bétails emportés. Ces conflits communautaires empêchent ainsi les ménages d’accéder aux ressources afin des générer des sources de revenus.

Au Haut Katanga, les territoires de Mitwaba et Pweto restent en Stress (Phase 2 de l’IPC) à cause des attaques de MDKC qui ont provoqué des mouvements des populations et réduit les revenus des ménages dans cette zone, ce qui les empêche de subvenir à leurs besoins non-alimentaires essentiels. Cependant, le reste des territoires sont en Minimale (Phase 1 de l’IPC) soutenu pour les deux dernières bonnes saisons agricoles et la conjoncture favorable du secteur minière.

Dans les zones du bassin central, les résultats de Stress (Phase 2 de l'IPC) sont en cours. Cette année, il y avait moins des ménages pauvres qui ont perdus leurs récoltes, ce qui a soutenu leur accès aux semences durant la S1 de cette année. Toutefois, les infrastructures de transport endommagées couplées aux tracasseries, perturbent les échanges et l’approvisionnement limitant l’accès aux marchés et revenus. Ainsi, des nombreux ménages ne peuvent pas couvrir les besoins non-alimentaire sans recourir à des stratégies comme le crédit ou l’emprunt de la nourriture. À Bolomba et Lukolela, la baisse des inondations cette année a favorisé une amélioration des moyens d’existence des ménages, soutenant des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC).

Les régions de sud-ouest restent globalement en Minimale (Phase 1 de l’IPC), soutenue par une bonne disponibilité alimentaire. L’instabilité économique, bien que modérée, touche les ménages pauvres de Kinshasa et de ses environs, tout comme les dysfonctionnements structurels persistants qui favorisent le banditisme urbain (« kuluna »), réduisant leur pouvoir d’achat et limitant leur capacité à couvrir leurs besoins non alimentaires, ce qui place une faible proportion d’entre eux en Stress (Phase 2 de l’IPC).

Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire soutenant le scénario le plus probable jusqu’au janvier 2027

Figure 2

Prévisions des précipitations pour de septembre à novembre 2026

Source: NOAA

  • Les multiples conflits en cours en RDC devraient persister et continuer de provoquer les déplacements des ménages, de perturber leur moyen d’existence et sources de revenus. 
  • Les combats entre le M23 et les FARDC appuyés par les milices Wazalendo devraient se poursuivre au Nord et au Sud-Kivu, mais à une intensité inférieure qu’au début 2025. Le retrait du M23 des territoires conquis reste peu probable. Les FARDC devraient intensifier leurs offensives contre le M23, entraînant davantage de victimes civiles et de déplacements, tandis que ce groupe consoliderait son sur les zones occupées.
  • Les ADF continueront de privilégier les attaques simultanées et intermittentes contre des cibles civiles et le pillage des commerces locaux. Ces attaques continueront de provoquer des déplacements massifs de population dans les provinces du Nord-Kivu, Ituri et ses environs. 
  • Dans la province de l’Ituri, les attaques du CRP devraient diminuer en fréquence, en signe d'apaisement envers le gouvernement. Toutefois, des affrontements ponctuels avec les FARDC et CODECO persisteront, les combattants se déplaçant sur le territoire pour s'approvisionner par le pillage et l'extorsion.
  • Les violences liées au conflit Teke-Yaka devraient continuer de diminuer avec le processus de démobilisation, malgré des incursions sporadiques dans les zones agricoles, entraînant des perturbations agricoles des petits exploitants et des déplacements localisés.
  • L’épidémie d’Ebola devrait connaître une augmentation rapide et exponentielle au cours des prochains mois, selon les modèles de CDC. Cette évolution entraînera des perturbations localisées, notamment la persistance de restrictions avec les frontières d’Ouganda et Rwanda, affectant les flux commerciaux, les chaînes d’approvisionnement et le fonctionnement des marchés. Dans les zones les plus touchées, ces effets pourraient réduire la fréquentation des marchés, limiter certaines opportunités économiques et exercer une pression modérée à la hausse sur les prix. Toutefois, les effets devraient rester localisés et partiellement atténués par les récoltes et la persistance du commerce informel.
  • Comme les conditions liées à El Niño devraient perdurer jusqu’en janvier 2027, les précipitations dans le nord-est du pays seront probablement inférieures à la moyenne de juin à septembre 2026. La saison des pluies S2 d’août/septembre à janvier devrait débuter comme prévu. De septembre à décembre, les précipitations devraient être moyennes à supérieures à la moyenne sur l'ensemble du pays, tandis qu'elles devraient être inférieures à la moyenne dans l'extrême ouest de septembre à novembre (Figure 2). Les niveaux des cours d’eau en RDC devraient être supérieurs à la moyenne de juin à septembre dans la moitié sud et les zones centrales du pays, avec des inondations probables.
  • La production agricole S1 serait inférieure à la moyenne dans le nord-est et centre en raison de la diminution des superficies emblavées à la suite des déplacements des populations et l’escalade de l’insécurité. En outre, dans le pays, la mauvaise répartition des pluies et les inondations dans plusieurs territoires de Tanganyika, KasaiHaut-Lomami et Tshopo pendant la période de semis et la manque des intrants réduisent les prévisions de productions de la S1. 
  • Les productions de la S2 avec les récoltes qui commencent décembre et janvier seront en dessous de la moyenne à cause de l'impact de conflit qui perturbe l'accès aux intrants, champs, et main d'œuvre. 
  • Dans les zones en conflits, la disponibilité de main d’œuvre agricole restera supérieure à la demande, en raison des restrictions d’accès aux champs. Les ménages pauvres et déplacés continueront de dépendre des travaux journaliers agricoles (notamment le sarclage) et de petits services pour générer des revenus, mais ces opportunités resteront limitées et les revenus devraient diminuer.
  • Dans les territoires touchés par l’épidémie d’Ebola, une réduction de la main-d’œuvre agricole pourrait être observée en raison de l’auto-confinement de certains ménages et de la mise en œuvre de mesures sanitaires par les autorités locales. Ces restrictions pourraient limiter l’accès aux champs et réduire la disponibilité de la main-d’œuvre pour les activités agricoles, affectant ainsi les travaux saisonniers et les moyens d’existence des ménages.
  • La hausse des prix du carburant liée aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale devrait maintenir une pression sur les coûts de transports et les prix alimentaire jusqu’en janvier 2027. À moyen terme, les ménages pauvres vivant dans des zones en insécurité seront les plus touchés par la hausse de prix du carburant et du transport, ainsi que par l’augmentation des prix des biens et services. 
  • L’inflation annuelle devrait rester globalement stable, avec une projection du Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD) d’une inflation jusqu’à 6 à 7 pour cent en 2026, reflétant une pression modérée mais persistante. Le taux de change devrait rester globalement stable à court terme, malgré une possible dépréciation en fin d’année liée à la hausse de la demande de devises. Cette stabilité pourrait favoriser la stabilité des prix des produits alimentaires.
  • Selon les prévisions de croissance pour 2026, la croissance de l’économique en 2026 devrait s’établir à 6,2 pour cent, soutenu par la hausse des exportations minières. Cette dynamique pourrait stabiliser du cadre macroéconomique et la stabilité monétaire, contribuant à la stabilité des prix, notamment des prix des denrées alimentaires importées.
  • La situation nutritionnelle des ménages, déjà préoccupante, devraient s'aggraver en raison de la persistance du conflit et de l'insécurité alimentaire, ainsi que des inondations survenues dans certaines provinces.

Assistance alimentaire humanitaire

  • L’assistance humanitaire devraient rester sous-financées, et la majorité des besoins ne sera pas couverte. Avec la couverture limité de l’assistance alimentaire jusqu’à présent et le faible financement par rapport aux années antérieure, il est probable que le sous-financement et la couverture continue pendant la période de soudure de septembre à décembre dans le nord-est et centre. En outre, les opérations des acteurs humanitaires sont limitées ou entravées en raison de l'insécurité, du manque d’infrastructures et de l'enclavement de certaines zones du pays. 
  • À Walungu, faute d’informations fiables sur les interventions planifiées pour la période de projection, il n’est pas possible de confirmer la poursuite de cette assistance. Par conséquent, les projections de sécurité alimentaire sont réalisées en supposant l’absence d’assistance humanitaire alimentaire durant la période de scénario.
Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’au janvier 2027

Les zones en conflits du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, ainsi que certaines zones du Tanganyika et du Maniema resteront en Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’en janvier 2027, avec une faible proportion des ménages en Urgence (Phase 4 de l’IPC). Entre juin et septembre, les différents conflits devront continuer à entrainer des mouvements des populations. Les récoltes de la S1, attendues en juillet, resteront inférieures à la moyenne à cause de l’accès limité aux champs et leur abandon pendant les semis et du manque d’intrants. Ainsi, la faible disponibilité alimentaire combinée aux revenus réduits limitera l’accès des ménages aux marchés et les contraindra à recourir davantage à des stratégies de consommation (la réduction de la taille et de la fréquence des repas, la consommation d’aliments moins préférés) et de d’adaptation comme le recours au crédit.

Entre septembre et novembre, pendant la période de soudure, les ménages disposeront de faibles stocks issus des récoltes de la S1 et dépendront davantage des marchés dans un contexte de prix élevés et de revenus réduits. Les affrontements persistants et les mouvements continus des populations continueront de perturber les activités agricoles de la S2, réduisant les revenus de la main-d’œuvre agricole et des superficies cultivées. Les ménages intensifieront leurs stratégies d’adaptation, notamment la vente d’actifs productifs et, dans certains cas, la mendicité.

Entre décembre et janvier, malgré l’amélioration saisonnière liée aux récoltes de la S2, les zones concernées devraient rester en Crise (Phase 3 de l’IPC). Les conflits continueront de limiter considérablement l'accès à la terre et à la production, maintenant de nombreux ménages dépendants des marchés malgré des revenus insuffisants. En réponse à la réduction de leur revenu et propre production, les ménages pauvres recourront à des stratégies d’adaptation négatives, telles que la réduction des dépenses de santé et l’emprunt. Une faible proportion de ménages situés dans les zones de lignes de front —en Ituri (Djugu), au Nord-Kivu (Walikale, Masisi, Lubero et Oicha) et au Sud-Kivu (Fizi et Uvira) —devront continuer à connaitre d'importants déficits de consommation alimentaire à la suite de non-accès à leurs propres productions et aux marchés, ce qui les maintiendra en Urgence (Phase 4 de l’IPC).

Dans le sud-ouest, le territoire de Kwamouth restera en Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’en janvier 2027. Malgré la démobilisation des certains miliciens Mobondo, les déplacements persisteront et les ménages agricoles auront toujours un accès limité aux semences et aux intrants. Avec un accès limité à leur propre production et des revenus agricoles réduits, les ménages auront un pouvoir d’achat affaibli et un accès restreint à la nourriture, les contraignant à recourir davantage à des stratégies d’adaptation, notamment la vente d’actifs. Par ailleurs, la plupart des zones resteront en Stress (Phase 2 de l’IPC), en raison des phytopathologies, les épizooties ainsi la dégénérescence des semences à la suite des irrégularités répétées des pluies qui continuent de limiter la production agricole, les revenus des ménages et leur capacité à couvrir leurs besoins non alimentaires essentiels. Les autres territoires seront en Minimale (Phase 1 de l’IPC), soutenu par des meilleures conditions socioéconomiques de Kinshasa. 

La plupart des zones du Grand Kasaï restera en Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en janvier 2027, car les récoltes S1 de juin et juillet permettront aux ménages d’améliorer leur consommation alimentaire tant que les stocks dureront. Toutefois, certains territoires post-conflit seront en Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir d’octobre pendant la période de soudure, notamment les territoires de Dibaya et Lwiza (Kasaï Central) et de Mweka et Kamonia (Kasaï). Le nombre de ménages en Crise (Phase 3 de l’IPC), principalement des ménages déplacés ayant perdu l’accès à leurs terres et à leur bétail, devrait augmenter sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires pendant la période de soudure, de la faiblesse du pouvoir d’achat et de moyens d’existence dégradés. Déjà fragilisés par les conflits communautaires, les déplacements répétés et les pertes d’actifs, ces ménages disposent d’un accès limité à leur propre production et demeurent particulièrement vulnérables aux hausses saisonnières des prix. Les faibles revenus liés à la diminution des opportunités de main-d’œuvre agricole réduiront davantage leur capacité à acheter de la nourriture sur les marchés. En conséquence, l’accès à la nourriture devrait se détériorer, poussant les ménages pauvres à intensifier leurs stratégies de consommation (la réduction de la taille et la fréquence des repas et en consommant des aliments moins préférés) et les stratégies d’adaptation, notamment en réduisant les dépenses de santé et en recourant davantage à l’emprunt ou au crédit.

Dans les zones du bassin central, les résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) persisteront jusqu’en janvier 2027. Les inondations répétées depuis 2024 ont réduit la production, perturbé les échanges et endommagé les infrastructures de transport, limitant l’accès aux marchés et augmentant les coûts de transport, ce qui maintient les prix alimentaires élevés. En outre, la combinaison des chocs comme la mosaïque de manioc ont réduit la production agricole et la disponibilité et l’accès alimentaire des ménages pauvres. Afin de satisfaire les besoins alimentaires, ces ménages devront utiliser certaines stratégies, dont emprunter les aliments et/ou vendre les biens des ménages. Les récoltes prévues pour la S2 à partir de décembre et janvier, estimé inférieures à la moyenne, amélioreront la consommation alimentation.

Dans le sud-est, les provinces maintiendront globalement les résultats de Stresse (Phase 2 de l’IPC) à Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en janvier 2027 Dans les territoires de Mitwaba et de Pweto au Haut Katanga, les ménages pauvres continueront de faire face à des opportunités de revenus limitées en raison de l’insécurité persistante liée à la rébellion du MDKC et aux miliciens Bakata Katanga, qui restreint la mobilité des populations et freine leur retour. L’accès aux sources habituelles de revenus et de nourriture, notamment la main-d’œuvre agricole et la production propre, restera limité, particulièrement pendant la période de soudure, limitant leur capacité à répondre besoins non alimentaires. Les autres territoires de cette région, bénéficiant de revenus miniers relativement stables et de marchés fonctionnels, devraient se maintenir à Minimale (Phase 1 de l'IPC) jusqu'en janvier 2027.

Annexe 1 : Principales sources de preuves utilisées dans cette analyse
Preuves SourceFormat des donnéesÉléments d'analyse de la sécurité alimentaire 
Profils de moyens d'existenceFEWS NET QualitativesSources typiques de nourriture et de revenus par zone de moyens d'existence
Suivi et analyse des conflitsACLED, sources médiatiques telles que Radio des nations unies (Radio Okapi), informateurs clés et autres sources, revues journalierQuantitatives et QualitativesType, intensité et lieux touchés sur les incidents de conflit, analyse des impacts du conflit sur l’accès des ménages à la nourriture et aux revenus
Produits de prévisions météorologiquesSurveillance et modèles météorologiques USGS, NOAA et UCSB CHCQuantitativesIndicateurs climatiques et météorologiques provenant de la télédétection et de la modélisation; prévisions sur l’impact sur des sources de nourriture et de revenus des ménages, surtout dans les zones rurales 
Mouvements des populations et tendances en matière de déplacementRapports des partenaires IOM, OCHAUNHCR QuantitativesTendances des déplacements (nombre, lieux d'origine et de déplacement), raisons des déplacements, conditions de vie et besoins
Assistance alimentaire en RDCCluster sécurité alimentaire Rapport tableau interactif, Besoins Humanitaire et Plan de réponse 2026 QuantitativesDonnées historiques sur l’assistance alimentaire en RDC et planifications 
Situation macroéconomiqueLa Banque Centrale du Congo (BCC), La Banque Mondiale, BAD, INS, et d’autres sources financièresQualitatives et QuantitativesLes tendances en matière de taux de change, d'inflation et d'autres facteurs macroéconomiques affectent la pouvoir d'achat des ménages 
Surveillance sur la prévalence et les tendances de la malnutrition et les maladiesRapports des partenaires Organisation mondiale de la santé (OMS), Cluster Santé/RDC, Cluster Nutrition RDCQuantitativesLa prévalence de la malnutrition aiguë et les cas des maladies (choléra, Ebola, rougeole, Mpox)
Suivi de l’épidémie EbolaCDCInstitut National de Santé Publique, OMS sources médiatiques telle que Radio OkapiActualité CDQualitatives et QuantitativesDonnées sur l’évolution des cas de la maladie à virus Ebola
Annexe 2 : Approche analytique de FEWS NET expliquée

L’alerte précoce en cas d’insécurité alimentaire aiguë nécessite de prévoir les résultats futurs plusieurs mois à l’avance afin de donner aux décideurs suffisamment de temps pour budgétiser, planifier et répondre aux crises humanitaires attendues. Toutefois, en raison des facteurs complexes et variables qui influencent l’insécurité alimentaire aiguë, il est impossible de faire des prévisions définitives. Le développement de scénarios est une méthodologie qui permet à FEWS NET de répondre aux besoins des décideurs en élaborant un scénario « le plus probable » du futur.

Les principes clés du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET incluent l’application du cadre de réduction des risques de catastrophe et une approche basée sur les moyens d’existence pour évaluer les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë. Le risque d'insécurité alimentaire aiguë d'un ménage dépend non seulement des dangers (comme une sécheresse), mais aussi de sa vulnérabilité face à ces dangers (par exemple, le niveau de dépendance à la production de cultures pluviales pour sa nourriture et ses revenus) et de sa capacité d'adaptation (qui prend en compte à la fois la capacité du ménage à faire face à un danger donné et le recours à des stratégies d’adaptation négatives qui nuisent à la résilience future). Pour évaluer ces facteurs, FEWS NET fonde cette analyse sur une solide compréhension approfondie des moyens d’existence locaux, qui sont les moyens par lesquels un ménage répond à ses besoins fondamentaux. Le processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET prend également en compte le Cadre des moyens d’existence durables ; les Quatre dimensions de la sécurité alimentaire ; et le Cadre conceptuel de la nutrition de l’UNICEF, et est étroitement aligné sur le cadre analytique de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC).

Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë ? FEWS NET évalue dans quelle mesure les ménages sont susceptibles de satisfaire leurs besoins caloriques minimaux. Cette analyse fait converger les preuves des conditions de sécurité alimentaire avec celles de la consommation alimentaire au niveau des ménages et de changement des moyens d’existence. FEWS NET prend également en compte les preuves disponibles sur l'état nutritionnel et la mortalité, en évaluant si celles-ci reflètent les impacts physiologiques de l'insécurité alimentaire aiguë. FEWS NET utilise l’échelle de Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) en cinq phases, mondialement reconnue, pour classer les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë. De plus, FEWS NET applique le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC cartographiée serait probablement pire d'au moins une Phase sans les effets de l'assistance alimentaire humanitaire en cours.

Comment FEWS NET élabore-t-il ses suppositions clés pour le scénario le plus probable ? Une étape clé du processus d'élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à développer des suppositions fondées sur des preuves sur les facteurs influencent les conditions de sécurité alimentaire. Cela inclut les dangers et anomalies susceptibles d'affecter l'évolution de l'alimentation et des revenus des ménages au cours de la période de projection, ainsi que les facteurs affectant l'état nutritionnel. FEWS NET développe également des suppositions sur les facteurs censés se comporter normalement. Ensemble, ces suppositions forment la base du scénario « le plus probable ». 

Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë ? En utilisant les suppositions clés soutenant le scénario « le plus probable », FEWS NET projette les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë en évaluant l’évolution de la capacité des ménages à satisfaire leurs besoins caloriques minimaux au fil du temps. FEWS NET fait converger les attentes concernant la trajectoire de la consommation alimentaire et les changements dans les moyens d’existence au niveau des ménages avec l’état nutritionnel et de la mortalité au niveau de la zone. FEWS NET classe alors les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë.  Enfin, FEWS NET utilise le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC serait probablement plus sévère d’au moins une Phase sans les effets de l’assistance alimentaire planifiée, qui devrait être financée et livrée.

Comment FEWS NET analyse-t-il l’assistance alimentaire humanitaire ? L’assistance alimentaire d’urgence (en nature, en espèces ou en vouchers) peut jouer un rôle clé dans l’atténuation de la sévérité de l’insécurité alimentaire aiguë. Les analystes de FEWS NET intègrent toujours les informations disponibles sur l’assistance, bien que ces informations varient considérablement selon les zones géographiques et au fil du temps. Conformément aux protocoles IPC, FEWS NET utilise les meilleures informations disponibles pour évaluer où l'assistance est « significative » (définie par au moins 25 pour cent des ménages dans une zone donnée recevant au moins 25 pour cent de leurs besoins caloriques grâce à l'assistance). En outre, FEWS NET analyse les impacts probables de l’assistance sur la sévérité des résultats, comme détaillé dans les orientations de FEWS NET sur L’intégration de l’assistance alimentaire humanitaire dans l’élaboration de scénarios

Annexe 3 : Calendrier saisonnier

Source: FEWS NET

Annex 4 : Évènements qui pourraient changer les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë

Même si les projections de FEWS NET se concentrent sur le scénario « le plus probable », il existe toujours un certain degré d’incertitude dans les prévisions à long terme. Cela signifie que les conditions de la sécurité alimentaire et leurs impacts sur les résultats aigus de la sécurité alimentaire peuvent évoluer différemment de ce qui était initialement prévu. FEWS NET publie des mises à jour mensuelles de ses projections, mais les décideurs ont besoin d'informations préalables sur cette incertitude et d'une explication des raisons pour lesquelles les choses peuvent se dérouler différemment de ce qui était prévu. En tant que tel, la dernière étape du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à identifier brièvement les événements clés qui aboutiraient à un scénario alternatif crédible et modifieraient considérablement les résultats projetés. FEWS NET considère uniquement les scénarios qui ont une chance raisonnable de se produire.

National 

Dépréciation approfondie et brusque de la monnaie locale 

Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Depuis août 2025, la monnaie locale avait affichée une stabilité non habituelle par rapport aux devises, à la suite des mesures spéciales prises par le gouvernement. Cependant, une faible dépréciation est observée depuis le début de février 2026. Les observateurs estiment que cette tendance pourra continuer étant donné que l’économie congolaise est dépendante de l’extérieur et que les mesures prises par la banque nationale ne sont pas pérennes. Une brusque dépréciation de cette monnaie entraînerait une hausse des prix des biens et de services, ainsi qu’une augmentation des prix des principales denrées alimentaires. Cela causerait une diminution de l’accès aux aliments importés pour les ménages pauvres. Une augmentation de la proportion de ménages en Stress (Phase 2 de l’IPC) et Crise (Phase 3 de l’IPC) serait probable, en particulier dans les zones urbaines où les ménages couvrent la plupart de leurs besoins alimentaires par des achats sur les marchés. Certaines zones urbaines précédemment classées en Minimale (Phase 1 de l'IPC) pourraient passer à Stress (Phase 2 de l'IPC), en fonction de l'ampleur de la dépréciation monétaire. 

Une hausse marquée et prolongée des cours mondiaux du pétrole liée aux développements au Moyen‑Orient

Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Si les développements au Moyen‑Orient entraînent une hausse marquée et prolongé des cours mondiaux de pétrole, l'augmentation des prix du carburant en RDC serait probablement encore plus marquée. Cela entraînerait une augmentation des coûts logistiques des produits importés et des coûts de transport au niveau national. Cette situation entraînerait une augmentation plus rapide et plus marquée des prix des denrées importés (notamment le maïs dans les régions méridionales), réduira le pouvoir d’achat des ménages et exacerbera les difficultés d'accès alimentaire sur les marchés. Les hausses de prix seraient plus marquées dans l’est et le sud de la RDC, régions dépendantes des importations de carburant via les ports des pays de l'Afrique de l’Est. Ces conditions devraient entraîner une augmentation du nombre de ménages confrontés à des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC), en particulier dans l’est du pays.

Les zones touchées par le conflit du M23 :

Rupture des négociations en cours dans la crise du M23 et reprise généralisée des affrontements

Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Depuis le début de ce mois, les belligérants dans la crise s’entraccusent de ne pas respecter les clauses de négociations et menacent chacun de généraliser les affrontements. Alors que le scénario le plus probable reste la poursuite des affrontements et des violations du cessez-le-feu, un scénario alternatif envisagerait une rupture complète des négociations, accompagnée d’une reprise généralisée des combats et d’une expansion territoriale du M23. Cela augmentera le niveau de violence et ainsi provoquer des nouveaux afflux des déplacées. Ces nouveaux afflux pourront créer une forte pression sur les moyens d’existence et détérioration de la consommation alimentaire. Une augmentation de la proportion de la population en Crise (Phase 3 de l’IPC) et Urgence (Phase 4 de l’IPC) serait probable dans ce scenario, même si les classifications au niveau de la zone devraient rester inchangés.

Les zones touchées par l’épidémie à virus Ebola :

Quarantaine des zones touchées par l’épidémie

Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Alors que les mesures actuelles incluent la fermeture des frontières aux personnes (mais pas aux commodités) ainsi que des suspensions temporaires des vols vers et depuis Bunia, le gouvernement privilégie surtout des mesures de lutte communautaires sans avoir instauré de mesures de quarantaine. Durant les épidémies passées, le gouvernement n’avait généralement pas mis en place de quarantaines strictes, privilégiant plutôt des mesures de confinement localisées visant à limiter la mobilité des populations, notamment lors de l’épidémie d’Ebola de septembre 2025 au Kasaï. Si le gouvernement décidait d’imposer des mesures de quarantaine plus strictes dans les zones touchées, avec des mesures comme les confinements, des couvre-feux et l’isolement complet de zones de santé, cela limiterait fortement l’accès des ménages à la nourriture et aux revenus. En Ituri et dans le Grand Nord, où l’épidémie est concentrée, les ménages dépendent largement du travail agricole pour leurs revenus et des marchés pour leur alimentation. Le travail journalier représente 60 à 70 pour cent des revenus dans les zones les plus touchées d’Ituri, tandis que les achats sur les marchés couvrent environ 45 à 55 pour cent des besoins alimentaires. Toute mise en quarantaine isolant les zones de santé perturberait à la fois l’offre et la demande de main-d’œuvre agricole, particulièrement critique à l’approche de la campagne S2, ainsi que l’accès aux marchés en pleine période de soudure. Cela entraînerait probablement une augmentation du nombre de personnes en Crise (Phase 3 de l’IPC), dans un contexte déjà fragilisé par la baisse des flux commerciaux et la faiblesse de la production agricole liée aux conflits.

Annexe 5 : Un examen plus approfondi de l’actuelle épidémie à virus Ebola et de ses impacts sur les résultats de la sécurité alimentaire dans les zones touchées

Figure 3

Situation des frontière et cas d'Ebola dans l'est de la RDC

Source: FEWS NET, avec les données de l'Institut national de santé publique

L’épidémie de la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo déclarée le 15 mai 2026 à Mungbwalu, dans le territoire de Djugu (Ituri), est la 17ième épidémie d’Ebola enregistrée en la RDC depuis la découverte du virus dans le pays en 1976. La flambée s’est étendue à plusieurs localités, notamment Bunia (Ituri), Butembo, Beni et Goma (Nord-Kivu), Kabare (Sud-Kivu), ainsi qu’à certaines zones de l’Ouganda, ce qui a conduit l’OMS à déclarer une urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai. Les dernières estimations du 21 juin font état de plus de 1 048 cas confirmés et d’environ 267 décès, faisant de cette flambée l’épidémie d’Ebola à la croissance la plus rapide jamais enregistrée au cours de ses 100 premiers jours. Principalement concentrée en Ituri et dans les Kivus, l’épidemie exerce une pression accrue sur un système de santé déjà fragilisé dans ces zones par le conflit, avec les pénuries de médicaments, les départs de personnel et l’accès limité des ménages aux services essentiels d’eau, d’assainissement et d’hygiène. 

En réponse à l’épidémie, le Rwanda et l’Ouganda ont fermé leurs frontières aux mouvements de personnes, perturbant les activités des petits commerçants transfrontaliers et certaines sources de revenus des ménages. L'absence de traitement ou de vaccin homologué contre l’infection à souche Bundibugyo, conjuguée à la défiance de la population envers les services de santé chargés de contenir la propagation, compliquent davantage l’intervention d'une riposte dans une région déjà fragilisé par les conflits, les déplacements de population et une forte dépendance aux échanges transfrontaliers. La prolifération des groupes armés dans les zones affectées entrave l'accès nécessaire à la riposte contre cette épidémie, tout comme lors de l’épidémie de 2018–2020 causées par la souche Zaïre — laquelle s'était également déroulée dans un contexte de conflit en Ituri et au Nord-Kivu, causant plus de 3 400 cas. Dans les zones touchées par le conflit, cette combinaison de contraintes sécuritaires et sanitaires risque de limiter davantage l'accès des populations aux services de santé et aux marchés, de perturber les activités agricoles et commerciales, et d'accentuer les pressions sur les moyens d'existence et la sécurité alimentaire. Bien que les effets de l’épidémie demeurent pour l’instant limités, celle-ci risque d’accentuer à moyen terme les perturbations des marchés, des moyens d’existence et de la production, aggravant les effets déjà importants du conflit sur la sécurité alimentaire.

Malgré la fermeture des frontières avec le Rwanda et l’Ouganda, les échanges commerciaux sous forme de cargos continue d'acheminer des biens vers la RDC. Toutefois, les principales perturbations concernent la mobilité des personnes, ce qui entraîne des pertes de revenus pour de nombreux ménages dépendant du commerce transfrontalier. À part le ralentissement des activités transfrontalière, la mobilité de main d’œuvre agricole et minière continue. En réponse aux restrictions officielles, des circuits informels, couteux, dangereux se sont développés dans certaines zones frontalières (Figure 3).  À Goma, Kasindi, Bukavu et dans certaines zones de l’Ituri, des routes alternatives et des circuits informels d’approvisionnement transfrontalier se sont développés en réponse aux restrictions commerciales. Toutefois, ces flux demeurent limités et génèrent des coûts additionnels liés aux paiements informels.  Ces mécanismes permettent la continuité partielle des échanges et la circulation de certaines personnes et de certaines marchandises, mais entraînent une hausse des coûts de transaction et des risques importants pour les commerçants. Parallèlement, le M23 a renforcé les restrictions de mouvement des personnes en provenance des zones administrées sous contrôle gouvernemental, afin de limiter les risques sanitaires et sécuritaires. Si le transport des marchandises reste autorisé, les transporteurs procèdent à un changement de chauffeur à Kitsombiro, dans le territoire de Lubero, ce qui ralentit les échanges commerciaux et fait grimper les coûts de transport et de transaction. 

Les marchés continuent de fonctionner normalement et la majorité des produits restent disponibles, y compris les denrées importées, bien qu'à des prix en hausse. Les marchés continuent globalement de fonctionner, le maintien des flux commerciaux et la disponibilité de la production locale permettant de soutenir l’approvisionnement et de limiter les ruptures d’offre malgré les contrôles sanitaires aux frontières. Une hausse des prix est néanmoins observée pour certains produits de base entre le 20 mai (juste après la déclaration de l’épidémie) et le 17 juin (FEWS NET) : la farine de maïs blanc d’environ 20 pour cent à Beni et Bukavu, traduisant des perturbations et hausse des prix sur certains marchés malgré la relative stabilité globale de l’approvisionnement.  Ces hausses s’expliquent principalement par l’augmentation des coûts de transaction, les retards dans les échanges transfrontaliers et les comportements de précaution adoptés par certains commerçants dans un contexte d’incertitude. Les pénuries demeurent toutefois limitées, car les flux commerciaux n’ont pas été interrompus et l’offre locale continue de compenser en partie les ralentissements des importations. Cette situation se traduit également par des baisses de prix pour certains produits au cours de la même période, notamment le haricot mélangé à Bunia (-9 pour cent) et l’huile végétale à Goma (-14 pour cent), ce qui témoigne d’une stabilité relative des marchés et d’une offre encore suffisante pour plusieurs denrées alimentaires à court terme.

À Mungbwalu dans le territoire de Djugu, épicentre de l’épidémie d’Ebola, les activités minières se poursuivent globalement sans perturbations majeures, bien que certains commerçants aient quitté la zone pour Bunia par crainte de la maladie. Selon les informateurs clés, les creuseurs poursuivent leurs activités habituelles, l’exploitation minière demeurant leur principale source de revenus. La saison sèche, caractérisée par un risque plus faible d’éboulement, favorise également la poursuite et l’intensification des activités avant le début des pluies en septembre. Le maintien de ces moyens d’existence soutient le pouvoir d’achat des ménages et leur accès à la nourriture.  Par ailleurs, l’approvisionnement alimentaire continue de dépendre largement des territoires voisins, qui alimentent toujours les marchés locaux malgré le contexte épidémique. Ensemble, ces facteurs contribuent à limiter, à ce stade, les répercussions d’Ebola sur la sécurité alimentaire dans la zone.

Par ailleurs, les agriculteurs des provinces touchées par l’épidémie, actuellement en période de récolte de la S1 poursuivent leurs activités agricoles malgré les mesures barrières préventives contre l’épidémie. Cette situation contribue à la disponibilité des denrées locales sur les marchés et explique en partie la relative stabilité des prix observée pour plusieurs d’entre elles. Dans ces zones, l’épidémie d’Ebola et les mesures de riposte n’ont pas d’effet significatif sur la production agricole ni sur la demande de main-d’œuvre agricole. En revanche, le conflit continue de limiter l’accès aux terres, de réduire la production agricole et de restreindre les opportunités de travail agricole L.es perturbations liées aux conflits et la réduction des superficies cultivées maintiennent toutefois l’offre à un niveau inférieur à son niveau habituel. Néanmoins, la disponibilité des récoltes de contre-récoltes principales continue de soutenir l’approvisionnement et de faciliter l’accès à l’alimentation. 

Toutefois, cette stabilité demeure fragile. Si la fermeture des frontières se prolonge et que les circuits informels deviennent plus contrôlés ou insuffisants pour suppléer aux importations formelles, une hausse atypique et plus marquée des prix des denrées alimentaires pourrait être observée au cours de la période de soudure à partir d’août et de septembre. Dans ce cas, les prix resteraient globalement supérieurs à la moyenne quinquennale, avec des fluctuations atypiques par rapport à l’année précédente, caractérisée par une réduction des stocks et une dépendance accrue aux marchés. Des pressions haussières sur les prix des denrées importées sont déjà anticipées en raison des coûts de transaction élevée, de la prime de risque et des ralentissements des circuits informels.

Le conflit demeure le principal facteur d’insécurité alimentaire dans ces zones, tandis que l’épidémie d’Ebola constitue un choc supplémentaire dont les effets devraient se renforcer progressivement à moyen terme. En effet, à la suite des déplacements incessants causés par divers conflits des millions de ménages ont perdu leurs actifs, ce qui réduit leur capacité de résilience et d’augmenter le risque de graves déficits de consommation alimentaire. Par ailleurs, L’épidémie limite les possibilités de revenus et accroît les coûts de commercialisation, entrainant une érosion supplémentaire du pouvoir d’achat des ménages de plus en plus dépendants des marchés, particulièrement à l’approche de la période de soudure. La situation est particulièrement critique en Ituri, où les ménages déplacés sont exposés à des cas d’Ebola dans certains camps de déplacés, touchant les populations le plus vulnérables aux chocs sur leur situation alimentaires dans ces zones. Dans ces zones déjà classées en Crise (Phase 3 de l’IPC) en raison du conflit, les ménages pauvres devraient recourir davantage à des aliments les moins coûteux et les moins préférés, voire dépendre de la solidarité des autres ménages, tandis que les déplacés compteront davantage sur l’éventuelle assistance humanitaire dans la zone. La sécurité alimentaire des populations dans ce territoire demeurera en Crise (Phase 3 de l’IPC) avec une proportion faible en Urgence (Phase 4 de l’IPC).

Annexe 6 : Résultats projetés en matière d’insécurité alimentaire aiguë et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’assistance alimentaire humanitaire

Citation recommandée: FEWS NET. Democratic Republic of the Congo Perspectives sur la sécurité alimentaire June 2026 - January 2027: Crisis (IPC Phase 3) persists due to various conflicts amid a severe Ebola epidemic, 2026.

Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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