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- Des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) avec une faible proportion des ménages en Urgence (Phase 4 de l’IPC), persistent dans les provinces de l’est, affectant principalement les ménages pauvres et déplacés. Les conflits armés impliquant de multiples acteurs locaux et étrangers entraînent d’importants déplacements de populations. Ces dynamiques limitent l’accès des ménages aux terres cultivables et aux activités génératrices de revenus, telles que l’exploitation minière artisanale, la pêche et le petit commerce. La réduction des superficies cultivées à la suite des déplacements et du faible accès aux intrants signifie que les récoltes de la saison 2 (S2) entre décembre et février devraient être inférieures à la moyenne. En 2025, plus de 2,68 million de personnes ont été nouvellement déplacées en RDC, portant le total à environ 5,3 millions des personnes déplacées.
- L’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) pourra se maintenir jusqu’en septembre 2026 dans les zones inondées, notamment dans les zones de cuvette centrale et dans des bas-fonds. La production propre est épuisée et les revenus sont trop faibles pour satisfaire les besoins des ménages sur le marché à la suite des dommages liés au débordement des rivières et lacs affectant les infrastructures routières et les moyens d’existence des populations.
- FEWS NET estime qu’environ 16 à 16,99 millions de personnes seront en besoin d’assistance alimentaire, avec un pic des besoins attendu entre août et septembre 2026. Les besoins resteront élevés dans tout le pays même après les récoltes, notamment pour les populations déplacées, les retournées, les réfugiés et les ménages ne pourront pas subvenir à leurs besoins alimentaires sans recourir à des stratégies d'adaptation négatives. Dès mars, l’épuisement des stocks alimentaires des ménages pauvres et très pauvres renforcera leur dépendance à l’assistance.
L’analyse présentée ici est basée sur les informations disponibles au 20 février 2026.
L'agriculture joue un rôle essentiel dans le maintien des moyens d’existence à travers le pays. Dans les zones rurales, la plupart des ménages dépendent fortement du travail agricole temporaire et occasionnel, ainsi que de la cueillette de produits forestiers et de la pêche, tant pour leur consommation que pour leurs revenus. Le mois de juin marque la période de récolte de la saison 1 (S1), qui est généralement moins importante que celle de la saison 2 (S2), qui a lieu en janvier. Dans le sud-est, cependant, il n'y a qu'une seule saison agricole, les récoltes commençant en avril. À l'exception de l'extrême sud-est, où le maïs est plus dominant, le manioc est l'aliment de base principal et est récolté tout au long de l'année. Malgré son importance, la production agricole globale reste insuffisante pour répondre aux besoins d'une population en forte croissance. En conséquence, la RDC continue de dépendre fortement des importations alimentaires pour combler ce déficit.
Le conflit reste le facteur majeur de l’insécurité alimentaire aiguë en RDC. Alors que la pauvreté chronique liée à des défis structurels persistants tels que la faiblesse des infrastructures et des services, une grande partie du pays demeure résiliente face à l’insécurité alimentaire aiguë, en grande partie grâce à un climat favorable et à des pluies abondantes et régulières qui soutiennent la production agricole. En l’absence de chocs sévères, la plupart des ménages peuvent couvrir leurs besoins alimentaires et non alimentaires grâce à la production agricole de subsistance et aux achats sur les marchés locaux. La montée du conflit menace de plus en plus la stabilité. Les tensions liées aux ressources naturelles et aux rivalités interethniques alimentent la violence et les déplacements. Dans le nord‑est, la résurgence de l’offensive du M23 a accentué l’instabilité. Parallèlement, l’ADF a étendu ses opérations en Ituri, rejoignant d’autres acteurs armés non étatiques, dont la CODECO et le CRP. Dans le sud‑ouest du pays, des conflits intercommunautaires intenses dans le Mai‑Ndombe continuent également de perturber les moyens d’existence, malgré des signes d’amélioration ces derniers mois. Cette insécurité généralisée limite sévèrement l’accès aux champs, réduisant les superficies cultivées et entraînant parfois l’abandon total des terres agricoles. Cette perturbation touche également la pêche et les activités commerciales, essentielles pour l’alimentation locale et les revenus. La baisse de production s’accompagne d’un dysfonctionnement des marchés et d’une forte instabilité des prix qui limite encore davantage la capacité des ménages à accéder régulièrement à la nourriture.
Au début de l'année 2025, l'intensification rapide et l'expansion territoriale du conflit de la rébellion du M23 ont provoqué des déplacements massifs des populations et perturbé la participation des ménages aux deux saisons agricoles. De nouvelles offensives en novembre et décembre 2025 ont entraîné d’autres déplacements, particulièrement au Sud Kivu, et perturbé les récoltes de la S2 en janvier. En dépit du retrait du M23 de la ville d’Uvira en janvier, la sécurité alimentaire reste précaire à la suite de la poursuite des affrontements dans la zone. L'ADF a profité de la crise sécuritaire régionale pour multiplier considérablement la fréquence de ses attaques. Le conflit ADF, volatile et imprévisible, a le plus grand impact sur la sécurité alimentaire, la santé, l'éducation et les opérations d’assistance humanitaire. Les terroristes des ADF mènent une politique de la terre brûlée qui détruit les écoles, les établissements de santé, les moyens d’existence des populations, et cible même les camps de déplacés et de réfugiés, semant la terreur parmi les civils. Entre 2020 et 2025, l'ADF a été responsable d'environ un quart des violences signalées contre des civils dans l'est de la RDC, ce qui la rend le groupe armé non étatique le plus souvent impliqué dans de telles violences, jusqu'à l'expansion des activités du M23.
La RDC est confrontée à d'autres chocs cumulés, notamment les inondations saisonnières et l'instabilité macroéconomique. Les précipitations excessives enregistrées en 2023 et 2024 ont provoqué des inondations historiques, des éboulements, ainsi que des destructions des infrastructures et des actifs des ménages. Ces phénomènes ont été intense dans la cuvette centrale le long du fleuve Congo et ses affluents. De multiples chocs ont maintenu des besoins d'assistance élevés tout au long de l'année, bien que des améliorations sont actuellement perceptibles à la situation d’il y a environ deux ans. Bien que les multiples épidémies chroniques présentes en RDC (humaines, phytosanitaires et zoonotiques) n’empêchent généralement pas les ménages de satisfaire leurs besoins alimentaires minimaux grâce à des moyens d’existence diversifiés, et que le nombre de personnes directement touchées reste n’est généralement pas important pour avoir un impact significatif sur l’insécurité alimentaire aiguë à grande échelle, ces épidémies peuvent néanmoins accroître la vulnérabilité des ménages aux chocs en réduisant leur capacité d'adaptation. Malgré la forte appréciation ponctuelle du franc congolais en août 2025, la stabilité macroéconomique demeure fragile. La monnaie s’étant dépréciée au fil du temps avec une inflation élevée qui ruine les maigres revenus des ménages tandis que des chocs récurrents maintiennent des besoins d’assistance élevés tout au long de l’année.
En savoir plus
Les liens suivants fournissent des informations supplémentaires :
- Dernier République démocratique du Congo Rapport sur les Perspectives sur la Sécurité Alimentaire : octobre 2025 à mai 2026
- Dernier République démocratique du Congo Mise à jour des messages clés: janvier 2025
- Aperçu de la méthodologie de développement de scénarios de FEWS NET
- L’approche de FEWS NET pour estimer la population dans le besoin
- Aperçu des analyses IPC et IPC-compatible
- L'approche de FEWS NET en matière d'analyse de l'assistance alimentaire humanitaire
Dans l'est du pays, le groupe AFC/M23 poursuit ses opérations offensives contre des cibles civiles et militaires, entraînant des déplacements continus (Figure 1). Au Nord-Kivu, des combats continuent avec des groupes des milices Wazalendo dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Walikale. Au Sud Kivu, malgré le retrait forcé de la ville d’Uvira, le M23 a poursuivi ses efforts pour consolider son contrôle politique et économique sur les zones qu'il a conquises. Simultanément, les milices Banyamulenge « Twirwaneho », affiliées au M23, ont étendu leur présence dans les hauts plateaux de Fizi, autour de Minembwe, entraînant l’envoi de renforts FARDC et Burundais. Ainsi, des violents affrontements continuent depuis plus de deux semaines entre les belligérants dans toutes ces zones, causant d’importants mouvements des populations. Selon la commission mouvement des populations au 31 décembre 2025, la province du Sud-Kivu comptait un cumulatif de plus de 1,42 million de personnes déplacées internes, alors que celle du Nord-Kivu comptait environ 1,8 million.
Dans le nord de la province du Nord-Kivu et dans le sud de la province d'Ituri, les ADF continuent de mener des attaques contre les populations civiles. Bien que le nombre d’attaques au Nord-Kivu ait légèrement diminué par rapport à l’année passée, la violence demeure extrêmement meurtrière. Selon OCHA, de janvier à novembre 2025, au moins 700 personnes ont été tuées, 150 enlevées et 40 blessées à Beni et Lubero. Les opérations de l'ADF se caractérisent par des massacres, la destruction d'infrastructures et des pillages. Cela a gravement compromis la sécurité des civils et perturbé les moyens d’existence des communautés. L'insécurité qui en résulte a provoqué des déplacements massifs, avec près de 250 000 personnes déplacées de Beni et Lubero depuis janvier 2025.
En Ituri, les exactions des autres groupes armés communautaire se poursuivent, notamment dans le territoire de Djugu. Dans cette zone, des miliciens du groupe Convention pour la Révolution Populaire (CRP) affrontent les FARDC dans la région de Bule, causant morts, destructions, et déplacements, paralysant l’économie agro-pastorale. Ces violences ont vidé plus de 70 villages en janvier 2026, perturbé les principaux axes logistiques et poussé de milliers de personnes à déplacer dans des conditions extrêmement précaires. Selon OCHA, près de 100 000 personnes sont nouvellement déplacées dans le territoire de Djugu durant les 3 derniers mois à la suite d’affrontements armés.
Dans les provinces de Mai-Ndombe, Kwango et Kwilu, le conflit Teke-Yaka a continué d'affecter les populations civiles locales. Malgré les efforts de paix entrepris par le gouvernement, la violence persiste, des attaques sporadiques provoquant des déplacements de population continus en périphérie de Kinshasa, autour des territoires de Kikwit et Kwamouth. Les civils sont les principales victimes du conflit ; leurs activités essentielles à leur moyens d’existence sont perturbées et les principaux axes routiers restent dangereux pour la mobilité et la circulation des biens et des services. Une évaluation rapide de l'OIM réalisée fin septembre 2025 a identifié 83 847 personnes nouvellement déplacées, portant le total à plus de 280 000 (soit une augmentation de 43 pour cent en moins de 6 mois). En fin janvier 2026, une mission du gouvernement avait été envoyé dans la zone pour sensibiliser les miliciens à déposer les armes et un groupe de ces miliciens a accepté de se démobiliser, mais la méfiance persiste et le retour des personnes déplacées n’est pas effectif.
Des inondations localisées dans plusieurs provinces ont perturbé les activités quotidiennes des ménages et l'accès aux marchés. Ces inondations sont restées relativement localisées, touchant une proportion nettement plus faible par rapport à deux années antérieures. Plusieurs localités dans plusieurs provinces ont été touchées notamment Kindu (Maniema), Moba (Tanganyika), Walikale (Nord-Kivu), Haut Katanga (Katanga), Nyiragongo (Nord-Kivu), Shabunda,(Sud-Kivu), Malemba Nkulu (Haut Lomami). Ces inondations ont paralysé l'économie locale, entraînant de destruction de champs et forte perturbation des moyens d’existence. L'interruption du flux commerciales causée par ces fortes pluies sur certains axes routières entrave la circulation des biens et des personnes et affecte les revenus des ménages.
Les récoltes des cultures vivrières de la S2, entre mi-décembre 2025 et février 2026 dans le nord-est et le centre-est, est estimée inférieure à la moyenne en raison de la réduction des surfaces cultivées liée aux déplacements des populations, les perturbations d’accès aux champs, les pillages de récoltes, et la réduction des opportunités de main-d’œuvre agricole lié à l’insécurité. Dans d’autres zones, notamment dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo, la sécurité améliorée a permis aux ménages de reprendre l’agriculture, mais les superficies cultivées restent réduites en raison d’un accès limité aux intrants agricoles et aux ressources financières, notamment pour les ménages touchés par les inondations localisées persistantes.
Depuis plus de 3 mois, la stabilité monétaire se poursuit, toutefois, le marché des changes a continué d'enregistrer des évolutions contrastées entre les cours officiel et parallèle. En cumul depuis le début de l'année 2026, la progression des prix à la consommation a atteint 1,01 pour cent, un taux de progression identique à celui observé à la même période en 2025, reflétant une stabilité macroéconomique récente. En glissement annuel, le taux d'inflation s'est établi à 2,26 pour cent, contre 11,07 pour cent à la période correspondante de 2025. Malgré cette stabilité monétaire, les prix des denrées alimentaires, en particulier dans les zones de tension, restent élevés alors que le pouvoir d'achat global reste limité après des années d'inflation élevée et de dépréciation monétaire.
Assistance alimentaire humanitaire
La République démocratique du Congo (RDC) a connu une contraction exceptionnelle de l’assistance humanitaire dont la baisse d’environ 85 pour cent du financement depuis 2025. Ce ralentissement de l’assistance humanitaire est causé par le déficit de financement humanitaire, dans un contexte d’escalade des violences à l’est et de multiplication des chocs (déplacements massifs, épidémies et inondations). Cette contraction majeure résulte principalement de la réduction des contributions de plusieurs bailleurs traditionnels. L’information du cluster sécurité alimentaire indique qu’en 2025, la quantité d’assistance distribuée n’avait couvert que 39 pour cent des besoins, ce qui donne en moyenne une couverture de 2,9 mois pour 1 647 kcal /jour/personne sur toute l’année 2025.
Les zones des conflits (nord-est RDC et Mai-Ndombe) sont en Crise (Phase 3 de l’IPC), avec une augmentation de la proportion de ménages en Urgence (Phase 4 de l’IPC) dans certains foyers de tension, notamment en Ituri (territoire de Djugu) et au Nord-Kivu (territoire de Masisi et Rutshuru). Les ménages déplacés n’ont plus d’accès aux terres agricoles à la suite des déplacements et dépendent fortement du marché pour leur approvisionnement alimentaire. Dans ces zones, certains ménages pauvres et déplacés ont recours aux stratégies de vente précoce du bétail, vente des biens actifs comme des intrants agricoles, consommation des aliments moins chers et moins préférés, et la réduction du nombre de repas ou des portions. Les dépenses essentielles, notamment en santé et en l’éducation, sont fréquemment diminuées. Les récoltes en cours de la S2 en février 2026, bien qu’inférieures à la moyenne, apportent une amélioration temporaire de la consommation alimentaire des ménages pauvres sans changer la situation globale d’insécurité alimentaire.
Dans la province de Mai‑Ndombe, le territoire de Kwamouth et ses périphéries restent affectés par l’activisme du groupe armé Mobondo et devraient demeurer en Crise (Phase 3 de l’IPC). Dans le Maniema, particulièrement dans les zones frontalières de Fizi et Shabunda, les ménages sont également en Crise (Phase 3 de l’IPC) à la suite des affrontements récurrents entre les FARDC et divers groupes armés, des effets du conflit régional, ainsi que de l’arrivée de déplacés en provenance du Sud‑Kivu. Les ménages déplacés, ayant abandonné leurs champs et leurs moyens d’existence, ne couvrent leurs besoins alimentaires qu’en recourant à la vente des biens de la maison et la réduction des dépenses essentielles non alimentaires.
Une faible proportion de ménages pauvres en Urgence (Phase 4 de l’IPC) persistera en Ituri (Djugu), Nord Kivu (Walikale, Masisi, Lubero et Oicha) et au Sud Kivu (Fizi et Uvira) où les populations se trouvent prise dans les zones des combats et lignes de fronts. L’accès à leurs moyens d’existence étant fortement réduit et leur résilience déjà érodée, ces ménages connaissent probablement des déficits de consommation alimentaire qui affecteront significativement la situation nutritionnelle déjà critique pour ces régions. Les dernières enquêtes nutritionnelles en 2025 indiquent des taux de malnutrition aiguë globale dépassant les seuils alerte (>5 pour cent) et sérieuse (>10 pour cent) dans le Sud‑Kivu, le Nord‑Kivu et l’Ituri. Les nouveaux déplacements attendus risquent d’aggraver les déficits alimentaires des déplacés et d’affaiblir davantage les moyens d’existence des ménages.
Dans les zones du bassin central, de nombreux ménages continuent à subir les répercussions des graves inondations durant ces deux années dans ces zones, particulièrement dans les territoires de Bolomba et Lukolela qui sont en situation de Crise (Phase 3 IPC). Les ménages y ont un accès alimentaire insuffisant et recourent notamment à la vente de bétail pour subvenir à leurs besoins. Beaucoup dépendent des ressources forestières comme principale source de nourriture et de revenus, grâce à l’abondance saisonnière des produits sauvages.
Les zones moins fortement touchées par les inondations sont en Stress (Phase 2 de l’IPC). Dans ces zones, la détérioration des infrastructures de transport, l’accès limité aux intrants agricoles, et les pertes de biens et de cultures causées par les inondations ont érodé les moyens d’existence des ménages. Les ménages adoptent des stratégies telles que la vente de biens ménagers ou l’achat de nourriture à crédit. En revanche, les zones d’accalmie de la région équatoriale, bénéficiant de produits de cueillette et de récoltes échelonnées tout au long de l’année, devraient rester en situation Minimale (Phase 1 de l’IPC). Durant cette période de récolte, les ménages pourraient également recourir à d’autres opportunités économiques, notamment le petit commerce et la vente précoce de bétail, entre autres, dans un contexte de relative stabilité sécuritaire.
La plupart des zones du Grand Kasaï sont classées en Stress (Phase 2 de l’IPC), avec des poches localisées en Minimale (Phase 1 de l’IPC) selon les performances agricoles et l’accès au marché. Les ménages pauvres adoptent des stratégies de consommation des aliments moins préférés afin de maintenir une alimentation minimale. Leurs revenus, principalement tirés de l’agriculture vivrière, du petit commerce, de l’exploitation artisanale et des transferts informels, sont vulnérables aux chocs comme les phytopathologies et les épizooties, l’accès limité aux intrants agricoles et la dégénérescence des semences. Malgré des contraintes structurelles persistantes, notamment la faible accessibilité routière et l’accès limité aux intrants agricoles, les récoltes saisonnières et les produits de cueillette contribuent à soutenir la disponibilité alimentaire locale. Les marchés demeurent fonctionnels, bien que caractérisés par des prix relativement élevés en raison des coûts de transport.
Dans les zones de sud-est, notamment dans les territoires à Tanganyika (Kalemie, Manono et Kongolo), les conflits communautaires et les inondations récurrentes maintiennent une situation de Crise (Phase 3 de l’IPC). Les ménages déplacés et détournés font face à des déficits de consommation alimentaire et parviennent à couvrir leurs besoins alimentaires essentiels de façon marginale en diminuant les dépenses essentielles, notamment en santé et en l’éducation. En revanche, la majorité des zones en sud-est (Haut-Katanga, Haut-Lomami, Lualaba) sont en situation Minimale (Phase 1 de l’IPC), les ménages étant en mesure de couvrir leurs besoins alimentaires essentiels sans recourir à des stratégies d’adaptation atypiques. Dans ces zones, les revenus tirés des activités minières et du petit commerce, devraient rester globalement stables et suffisants pour permettre aux ménages d’accéder aux denrées alimentaires via le marché La relative stabilité sécuritaire et le dynamisme des échanges transfrontaliers devraient également soutenir l’approvisionnement des marchés et la disponibilité des produits alimentaires.
Dans les zones du sud-ouest (Kinshasa, Bandundu, Kongo central), la plupart sont classées en Minimale (Phase 1 de l’IPC). La fonctionnalité des marchés, la fluidité des échanges commerciaux et la disponibilité régulière des produits alimentaires soutiennent l’approvisionnement local. La plupart de ménages dans cette zone sont capable de satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaire sans recourir aux stratégies atypiques ou non durables.
Figure 2
- Les multiples conflits en cours en RDC devraient persister tout au long de la période du scénario avec une intensité variante. Les régions est du pays (Nord et Sud-Kivu) devraient connaître une escalade autour des principaux sites miniers, tandis que dans les régions à l’ouest, en particulier dans le Mai-Ndombe, l'insécurité persistera, mais avec une fréquence moindre des violences, à mesure que le processus de démobilisation des milices Mabondo s'accélère. Ces conflits continueront de provoquer les déplacements des ménages et de perturber gravement leur accès aux moyens d’existence et ainsi altérer leurs sources de revenus.
- Les affrontements entre le M23, les FARDC, les milices Wazalendo et divers groupes armés locaux devraient se poursuivre notamment dans les territoires du Nord Kivu (Walikale, Lubero, Rutshuru et Masisi) et Sud Kivu (Fizi, Kabare, Kalehe, Mwenga, Uvira et Walungu), mais à une fréquence et une intensité moindre qu’en début 2025. Dans ces zones, de nouveaux déplacements internes sont probables, bien qu'atténués par le fait qu'une part importante de la population a fui lors des précédents combats.
- Les attaques de l’ADF contre les civils dans les territoires de Lubero, Oicha, Beni, Irumu et Mambasa devraient se poursuivre tout au long de la période de projection. Cependant, le nombre d'affrontements armés et d'actes de violence impliquant les ADF devrait rester stable, voire diminuer légèrement, compte tenu de la poursuite des opérations menées par le gouvernement congolais et l'armée ougandaise.
- En Ituri, les affrontements entre les acteurs armés non étatiques (CODECO, ZAIRE, PRC) devraient se poursuivre au même rythme. Ces groupes devraient maintenir leurs tactiques asymétriques, notamment les embuscades le long des principaux corridors logistiques, et continueront probablement leurs attaques ciblées contre les populations déplacées et les agriculteurs de subsistance. Ces opérations continueront de nuire à la mobilité et au commerce, de perturber les cycles de culture et de récolte et d'exacerber l'insécurité alimentaire dans les communautés touchées.
- Dans les provinces de Mai-Ndombe, Kwango et Kwilu, avec les initiatives par le gouvernement de la reddition et la démobilisation des groupes armés, les violences liées au conflit Teke-Yaka devraient diminuer par rapport aux années antérieures et cela pourra permettre à des milliers des ménages de retourner dans leurs villages.
- Des précipitations pour la première saison de pluies en mars sont anticipé supérieures à la moyenne dans les régions du nord et proches de la moyenne sur la majeure partie du pays pour toute la S1, qui devrait permettre un bon développement des cultures. Certaines parties du sud-est et sud-ouest et de l'extrême ouest présentent des probabilités légèrement plus élevées de précipitations inférieures à la moyenne jusqu’à mars, tandis que celles du nord et centre indiquent des précipitations supérieures à la moyenne (Figure 2).
- Les inondations et les éboulements dans la partie ouest du pays devraient se poursuivre, bien que leur intensité soit légèrement réduite par rapport aux périodes précédentes. Ces événements continueront d’affecter certains moyens d’existence des ménages, notamment la pêche, l’agriculture de subsistance et les échanges fluviaux, en limitant l’accès aux ressources et en perturbant les activités économiques locales.
- La saison agricole S1, dont les activités débuteront en février dans les zones au centre et nord-est du pays, devrait abouter à des récoltes en juin inférieures à la moyenne, les perturbations des activités agricoles devant se poursuivre dans les zones affectées par le conflit et les déplacements continus.
- Avec le nombre croissant de personnes déplacées dans les zones de conflits, la main d’œuvre agricoles pourra être abondamment disponible dans les zones d’accueils dans les provinces de l’est en conflit.Toutefois, avec l’augmentation du nombre de déplacés et par conséquent de l’offre de main d’œuvre, la concurrence entraînera probablement une baisse des rémunérations journalières pour les activités agricole préparatives de S2.
- Les échanges transfrontaliers entre l’est de la RDC et le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda et la Tanzanie continueront de fonctionner de manière partielle malgré les perturbations liées aux groupes armés. Les importations en provenance de ces pays devraient soutenir la stabilité des prix dans les provinces de l’est, en particulier pendant la période de petite soudure de mars à mai 2026. À l’Ouest, les marchés seront principalement approvisionnés par la production locale et des importations ciblées pour les centres urbains, assurant une stabilité relative des prix.
- La monnaie locale devrait commencer à se déprécier légèrement. Bien que les réformes gouvernementales aient entraîné une appréciation rapide en août 2025 suivie d’une stabilisation, les projections récentes du gouvernement indiquent une dépréciation probable au cours de la période de projection. Cette évolution, liée notamment à l’augmentation importante de la masse salariale publique, devrait progressivement affecter les prix alimentaires, surtout pour les produits importés, et entraîner une dégradation relative du pouvoir d’achat des ménages.
- Dans les zones de conflit (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Kwamouth), l’accès aux marchés restera limité pour les ménages en raison du contrôle des groupes armés, ce qui pourrait maintenir les prix élevés et limiter la disponibilité du maïs.
- Une croissance économique modérée est attendue en 2026, soutenue principalement par les perspectives relativement favorables des prix des principales matières premières exportées par la RDC. Toutefois, les effets positifs de cette croissance pourraient être limités par une possible dépréciation de la monnaie locale, susceptible d’augmenter le coût des importations, notamment des produits alimentaires et du carburant, et de continuer à peser sur le pouvoir d’achat des ménages.Depuis la fin de l’année passée, les prix des principaux minéraux exportés par la RDC sont stables et à la hausse, ce qui devrait accroître la demande de main-d’œuvre du secteur minier.
Assistance alimentaire humanitaire
- En raison de ressources insuffisantes, la réponse d’assistance alimentaire humanitaire en 2026 en RDC appui 5,9 millions de personnes sur près de 13 millions ayant des besoins vitaux d’assistance et de protection, soit une réduction de 45 pour cent. Compte tenu de la réduction historiquement sans précédent du financement humanitaire en 2025 et de la diminution significative de la couverture opérationnelle qui en découle, il est très probable que le plan de réponse humanitaire pour 2026 demeure fortement limitée, avec une proportion importante des besoins non couvertes.
La plupart de zones des conflits (nord-est RDC et Mai-Ndombe) resteront en Crise (Phase 3 de l'IPC) entre février et mai, avec une petite soudure précoce dès d’avril liée aux faibles niveaux de productions et stocks des saisons consécutives, et aux pertes importantes des récoltes enregistrées lors de l’intensification des combats en fin de S2 (novembre-décembre 2025). Les besoins en assistance humanitaire devront augmenter pour les ménages en déplacement et familles hôtes. Les ménages qui ont perdu la saison agricole précédente à la suite des déplacements ne pourront pas avoir accès aux semences. Les contraintes sécuritaires et routières limitent les flux commerciaux, ce qui renforce la dépendance au marché pour l’accès alimentaire. La dégradation des moyens d’existence, notamment l’épuisement des actifs vendus, réduit la capacité des ménages à se remettre des chocs et accroit le risque de d’importants déficits de consommation alimentaire, leurs moyens d’existence et leurs stratégies d'adaptation étant considérablement réduits.
De juin jusqu’en septembre, ces zones en conflit devraient rester en Crise (Phase 3 de l’IPC) avec des poches de ménages des déplacés très pauvres en Urgence (Phase 4 de l’IPC), particulièrement dans les zones de lignes de fronts. Les récoltes de la S1 pourront apporter une amélioration saisonnière de l'accès à la nourriture dès juin et aux revenus pour une proportion important des ménages, mais elles resteront limitées en raison de l'abandon des champs. Les stocks S1 s’épuiseront tôt, dès août, avant la soudure principale dans un contexte de faibles revenus, entraînant un retour rapide à la dépendance du marché et une érosion continue des moyens d’existence. Pour faire face à la situation, les ménages pauvres devraient adopter des stratégies de adaptation atypiques, notamment en réduisant les dépenses liées aux besoins de santé, ainsi que la taille et la fréquence de leurs repas, consommant des aliments moins appréciés et recourant davantage à l'emprunt ou au crédit. Dans les zones de lignes de fronts, des ménages sans accès à leurs moyens d’existence pourront recourir à des stratégies d'adaptation plus sévères (aux activités illégales) et subiront des déficits de consommation importants.
Dans les zones du bassin central, les inondations répétées des dernières saisons ont réduit la production, perturbé les échanges et endommagé les routes, limitant l’accès aux marchés et augmentant les coûts de transport, ce qui maintient les prix alimentaires élevés. Les territoires les plus touchés, de Balomba et Lukolela, qui ont subi des inondations récurrentes récentes ainsi que les deux dernières années resteront en Crise (Phase 3 IPC). Dans ces zones, les ménages ne parviendront à couvrir leurs besoins alimentaires essentiels de façon marginale et épuiseront leurs avoirs de moyens d'existence majeurs en employant des stratégies d'adaptation négatives notamment la consommation des stocks de semences et la vente des biens productifs. En revanche, dans d’autres zones, la combinaison des chocs aigus —les phytopathologies dont la mosaïque de manioc, la détérioration avancée des infrastructures de transport, l’accès limité aux intrants agricoles— maintiendra une situation de Stress (Phase 2 de l’IPC). Afin de satisfaire les besoins alimentaires, ces ménages devront utiliser certaines stratégies, dont emprunter les aliments et/ou vendre les biens des ménages.
À partir de juin, les récoltes S1 au mois de juin et juillet permettront aux ménages d’améliorer leur consommation alimentaire pour le temps que dureront leurs stocks alimentaires. Ces ménages qui auront amélioré leurs revenus par la vente des produits de récolte dépendront de leur propre production.
Dans les zones du sud-est, dans la province de Tanganyika, les conflits armés communautaires et inondations répétées maintiendront les territoires de Kalemie, Manono et Kongolo en Crise (Phase 3 de l’IPC). Une proportion importante des ménages devra continuer à faire face à des déficits de consommation alimentaire et ne pourront couvrir leurs besoins alimentaires essentiels de façon marginale en employant des stratégies d'adaptation négatives comme la récolte des cultures non matures et la réduction drastique des dépenses non alimentaires vitales. Cependant, les zones du Katanga (Lualaba, Haut-Katanga, Haut-Lomami, Tanganyika (excepté Kalemie, Manono et Kongolo) devront être en Minimale (Phase 1 de l’IPC), soutenu par des revenus miniers relativement stables et des marchés fonctionnels. Les activités minières qui connaissent une bonne saison de prix permettront aux ménages pauvres de générer des revenus pour l'achat de nourriture et les besoins essentiels, et satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires minimaux.
La plupart des zones du Grand Kasaï seront en Stress (Phase 2 de l’IPC). La faible production agricole et les contraintes encore présentes dans ce contexte post‑conflit maintiennent la soudure entre février et mai. La faible production pourra réduire la disponibilité des vivres sur le marché, et les ménages dépendront des importations de produits alimentaires en provenance de pays de l’Afrique australe. Cependant, cette zone est caractérisée par le faible revenu et pouvoir d’achat des ménages (Institut National de la Statistique), et l’accès de ménages pauvres à ces vivres sur le marché restera réduit. Les ménages feront recours à des stratégies négatives comme l’achat de la nourriture à crédit ou faire des emprunts auprès des tiers pour accéder à la nourriture. À partir de juin, les récoltes S1 de juin et juillet permettront aux ménages d’améliorer leur consommation alimentaire pour le temps que dureront leurs stocks alimentaires. Ces ménages qui auront amélioré leurs revenus par la vente des produits de récolte dépendront de leur propre production mais cela ne sera pas suffisant pour faire évoluer notablement la sécurité alimentaire et la plupart des zones resteront en Stress (Phase 2 de l’IPC).
Les zones du sud-ouest (Kinshasa, Bandundu, Kongo central) sont généralement stables est seront en Minimale (Phase 1 IPC). Cependant, dans certaines zones des territoires du Kwilu, les cultures continuent de subir les irrégularités des précipitations et demeurent plus vulnérables aux épizooties. Avec des stocks ménagers limités et des rendements réduits, les ménages agricoles dans ces zones sont en Stress (Phase 2 de l’IPC).
| Preuves | Source | Format des données | Éléments d'analyse de la sécurité alimentaire |
|---|---|---|---|
| Profils de moyens d'existence | FEWS NET | Qualitatives | Sources typiques de nourriture et de revenus par zone de moyens d'existence |
| Suivi et analyse des conflits | ACLED, Critical Threats, Sources médiatiques telles que Radio des nations unies (Radio Okapi), informateurs clés et autres sources | Quantitatives et qualitatives | Type, intensité, lieux touchés, pour analyser les impacts du conflit sur l’accès des ménages à la nourriture et aux revenus |
| Prévision de la situation météorologique | Surveillance et prévisions météorologiques USGS, NOAA, Climate Hazards Center de UCSB | Quantitatives | Indicateurs climatiques et météorologiques provenant de la télédétection et de la modélisation sur les impacts sur les sources de nourriture et de revenus des ménages, surtout dans les zones rurales |
| Données les mouvements des populations | IOM, OCHA, UNHCR | Quantitatives | Tendances et raisons des déplacements (nombre, lieux d'origine et de déplacement), conditions de vie et besoins |
| Assistance alimentaire en RDC | Cluster sécurité alimentaire | Quantitatives | Données historiques sur l’assistance alimentaire |
| Informations sur la situation macro-économique | La Banque Centrale du Congo (BCC), La Banque Mondiale, et d’autres sources | Qualitatives et quantitatives | Les tendances en matière de taux de change, d'inflation et d'autres facteurs macroéconomiques affectent la capacité d'achat des ménages |
| Surveillance sur la prévalence et les tendances de la malnutrition et les maladies | OMS, Cluster Santé/RDC, Cluster Nutrition RDC | Quantitatives | La prévalence de la malnutrition aiguë et les cas des maladies (choléra, Ebola, rougeole, Mpox) |
| Données sur les conditions socio-économiques | Institut National de la Statistique | Qualitatives et quantitatives | Conditions socio-économiques par province, y inclus les taux de pauvreté, maladies, et chocs |
| Données sur les inondations | Radio Okapi/Rapports | Qualitatives et quantitatives | Impacts des inondations localisé par province |
L’alerte précoce en cas d’insécurité alimentaire aiguë nécessite de prévoir les résultats futurs plusieurs mois à l’avance afin de donner aux décideurs suffisamment de temps pour budgétiser, planifier et répondre aux crises humanitaires attendues. Toutefois, en raison des facteurs complexes et variables qui influencent l’insécurité alimentaire aiguë, il est impossible de faire des prévisions définitives. Le développement de scénarios est une méthodologie qui permet à FEWS NET de répondre aux besoins des décideurs en élaborant un scénario « le plus probable » du futur.
Les principes clés du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET incluent l’application du cadre de réduction des risques de catastrophe et une approche basée sur les moyens d’existence pour évaluer les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë. Le risque d'insécurité alimentaire aiguë d'un ménage dépend non seulement des dangers (comme une sécheresse), mais aussi de sa vulnérabilité face à ces dangers (par exemple, le niveau de dépendance à la production de cultures pluviales pour sa nourriture et ses revenus) et de sa capacité d'adaptation (qui prend en compte à la fois la capacité du ménage à faire face à un danger donné et le recours à des stratégies d’adaptation négatives qui nuisent à la résilience future). Pour évaluer ces facteurs, FEWS NET fonde cette analyse sur une solide compréhension approfondie des moyens d’existence locaux, qui sont les moyens par lesquels un ménage répond à ses besoins fondamentaux. Le processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET prend également en compte le Cadre des moyens d’existence durables ; les Quatre dimensions de la sécurité alimentaire ; et le Cadre conceptuel de la nutrition de l’UNICEF, et est étroitement aligné sur le cadre analytique de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC).
Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë ? FEWS NET évalue dans quelle mesure les ménages sont susceptibles de satisfaire leurs besoins caloriques minimaux. Cette analyse fait converger les preuves des conditions de sécurité alimentaire avec celles de la consommation alimentaire au niveau des ménages et de changement des moyens d’existence. FEWS NET prend également en compte les preuves disponibles sur l'état nutritionnel et la mortalité, en évaluant si celles-ci reflètent les impacts physiologiques de l'insécurité alimentaire aiguë. FEWS NET utilise l’échelle de Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) en cinq phases, mondialement reconnue, pour classer les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë. De plus, FEWS NET applique le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC cartographiée serait probablement pire d'au moins une Phase sans les effets de l'assistance alimentaire humanitaire en cours.
Comment FEWS NET élabore-t-il ses suppositions clés pour le scénario le plus probable ? Une étape clé du processus d'élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à développer des suppositions fondées sur des preuves sur les facteurs influencent les conditions de sécurité alimentaire. Cela inclut les dangers et anomalies susceptibles d'affecter l'évolution de l'alimentation et des revenus des ménages au cours de la période de projection, ainsi que les facteurs affectant l'état nutritionnel. FEWS NET développe également des suppositions sur les facteurs censés se comporter normalement. Ensemble, ces suppositions forment la base du scénario « le plus probable ».
Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë ? En utilisant les suppositions clés soutenant le scénario « le plus probable », FEWS NET projette les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë en évaluant l’évolution de la capacité des ménages à satisfaire leurs besoins caloriques minimaux au fil du temps. FEWS NET fait converger les attentes concernant la trajectoire de la consommation alimentaire et les changements dans les moyens d’existence au niveau des ménages avec l’état nutritionnel et de la mortalité au niveau de la zone. FEWS NET classe alors les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë. Enfin, FEWS NET utilise le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC serait probablement plus sévère d’au moins une Phase sans les effets de l’assistance alimentaire planifiée, qui devrait être financée et livrée.
Comment FEWS NET analyse-t-il l’assistance alimentaire humanitaire ? L’assistance alimentaire d’urgence (en nature, en espèces ou en vouchers) peut jouer un rôle clé dans l’atténuation de la sévérité de l’insécurité alimentaire aiguë. Les analystes de FEWS NET intègrent toujours les informations disponibles sur l’assistance, bien que ces informations varient considérablement selon les zones géographiques et au fil du temps. Conformément aux protocoles IPC, FEWS NET utilise les meilleures informations disponibles pour évaluer où l'assistance est « significative » (définie par au moins 25 pour cent des ménages dans une zone donnée recevant au moins 25 pour cent de leurs besoins caloriques grâce à l'assistance). En outre, FEWS NET analyse les impacts probables de l’assistance sur la sévérité des résultats, comme détaillé dans les orientations de FEWS NET sur L’intégration de l’assistance alimentaire humanitaire dans l’élaboration de scénarios.
Même si les projections de FEWS NET se concentrent sur le scénario « le plus probable », il existe toujours un certain degré d’incertitude dans les prévisions à long terme. Cela signifie que les conditions de la sécurité alimentaire et leurs impacts sur les résultats aigus de la sécurité alimentaire peuvent évoluer différemment de ce qui était initialement prévu. FEWS NET publie des mises à jour mensuelles de ses projections, mais les décideurs ont besoin d'informations préalables sur cette incertitude et d'une explication des raisons pour lesquelles les choses peuvent se dérouler différemment de ce qui était prévu. En tant que tel, la dernière étape du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à identifier brièvement les événements clés qui aboutiraient à un scénario alternatif crédible et modifieraient considérablement les résultats projetés. FEWS NET considère uniquement les scénarios qui ont une chance raisonnable de se produire.
National
Dépréciation approfondie et brusque de la monnaie locale
Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Depuis aout 2025, la monnaie locale avait affichée une stabilité et parfois une appréciation non habituelle par rapport aux devises et cela à la suite des mesures spéciales prises par le gouvernement. Cependant, depuis le début de février 2026, il s’observe une dépréciation et les observateurs estiment que cette dépréciation pourra continuer étant donné que l’économie congolaise est extravertie et que les mesures prises par la banque nationale ne sont pérennes. Ainsi, une dépréciation brusque de la monnaie nationale dans un future récent est à craindre. Une brusque dépréciation de cette monnaie entraînerait une hausse des prix des biens et de services, ainsi qu’une augmentation des prix des principales denrées alimentaires. Cela causerait une diminution de l’accès aux aliments importés pour les ménages pauvres. Une augmentation de la proportion de ménages en Stress (Phase 2 de l’IPC) et Crise (Phase 3 de l’IPC) serait probable, en particulier dans les zones urbaines où les ménages couvrent la plupart de leurs besoins alimentaires par des achats sur les marchés. Certaines zones urbaines précédemment classées en Minimale (Phase 1 de l'IPC) pourraient passer à Stress (Phase 2 de l'IPC), en fonction de l'ampleur de la dépréciation monétaire.
Augmentation des inondations dues aux perturbations des pluies
Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Les effets climatiques consécutifs à la déforestation ne cessent de créer des perturbations des pluies dans la région notamment en RDC. Si cette situation qui continue, elle pourrait augmenter des inondations et des glissements des terres. Ceci limiterait la production agricole normale et réduira les flux des produits locaux dans le pays. Une augmentation de zones en Crise (Phase 3 de l’IPC) sera probable dans les zones à pluviométrie excédentaire notamment dans les zones du bassin central du fleuve Congo et les lisières du lac Tanganyika.
Zones des conflits (Ituri, Nord Kivu, Sud Kivu, Tanganyika, Mai-Ndombe)
Augmentation d’intensité des conflits armées et généralisation des combats à la suite de l’echec des initiatives de paix et les efforts diplomatiques en cours
Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Dans le scénario le plus probable jusqu’en septembre 2026, les incidents sécuritaires persisteront à travers le pays jusqu’en septembre 2026 avec un niveau probablement similaire à celui de 2025 malgré l'échec potentiel des initiatives diplomatiques. Dans un scénario alternatif, où les initiatives diplomatiques et les efforts de paix échouent et conduisent à une intensification du conflit plus que prévue et la reprise généralisée des affrontements, cela augmentera le niveau de violence et ainsi provoquer des nouveaux afflux des déplacées. Ces nouveaux afflux pourront créer une forte pression sur les moyens d’existence et détérioration de la consommation alimentaire, en l’absence de toute assistance humanitaire et ainsi créer des nouveaux mouvements des populations Une augmentation de la proportion de la population en Crise (Phase 3 de l’IPC) et Urgence (Phase 4 de l’IPC) serait probable dans ce scenario, même si les classifications au niveau de la zone devraient rester inchangés.
Figure 3
Depuis juin 2024, la situation sécuritaire à Lubero se dégrade fortement sous l’effet du repositionnement de l’ADF depuis Beni. Les attaques répétées contre les civils et les affrontements entre groupes armés rivaux ont intensifié dans le territoire de Lubero, surtout dans les zones de santé de Biena et de Mangurejipa (Figure 3). Ces zones sont les plus touchées par les attaques à répétition, caractérisées par des tueries, des enlèvements de civils et l’incendie de maisons, ainsi que de structures sociales telles que les centres de santé et les écoles. En une semaine de novembre 2025, 89 civils ont été tués par des élément ADF dans cette partie du territoire. Ces attaques entravent la mobilité, réduit l’accès aux champs et la perturbe les activités agricoles.
Ces violences ont provoqué des déplacements massifs et rapides. D’octobre à décembre 2025 suite à l’intensification des attaques des ADF, le nombre de personnes déplacées a augmenté de 79 pour cent, passant de 236 640 à 422 816 personnes, soit 29 pour cent de la population. Au 31 décembre 2025, le territoire comptait environ 655 000 retournés, soit 49 pour cent de la population du territoire (selon la Commission mouvements des populations). Ces personnes en mouvements (déplacements et retours) sont exposées à l’insécurité alimentaire en raison de l’abandon leurs moyens d’existence (les activités agricoles).
Depuis 2019, la production agricole a diminué en raison de l'intensification des conflits. Une mission conjointe d'evaluation coordonnée par OCHA en décembre 2025 dans le sud du territoire de Lubero indique que 71 pour cent des ménages n’ont pas accès à la terre. Dans d’autres zones, les propriétaires ont été empêchés d’accéder à leurs champs en raison de l’insécurité, ce qui a empêché certains ménages de récolter le manioc, la principale source de moyens d’existence dans cette région. L’accès aux terres et leur disponibilité pour l'agriculture ont diminué en raison du grand nombre de déplacés de Beni, Walikale et Rutshuru. La superficie moyenne ensemencée par ménage est tombée à environ 0,2 ares, contre environ 25 ares avant la crise en 2019, selon les informateurs clés, les rendements actuels étant en dessous de la moyenne.
Le conflit a réduit les sources de revenus des ménages, changeant leurs moyens d’existence. Selon cette évaluation menée par les acteurs humanitaires en décembre 2025, 47 pour cent des personnes déplacées vivent des travaux journaliers agricoles dans les zones de refuge, notamment dans les zones de santé de Manguredjipa, Musienene, Katwa, Butembo et Lubero, et dépend principalement du travail journalier pour assurer sa survie. Environ 21 pour cent de la population pratique l’agriculture de subsistance, tandis d’autres ménages disposent de ressources limitées ou irrégulières. L'élevage, également importante pour les ménages, a été gravement affecté par les pillages et déplacements. Entre 2018 et 2024, le territoire a eu une diminution de 52 pour cent des caprins et de 74 pour cent des ovins, selon Inspection provinciale de l’élevage, ce qui réduit les revenus des ménages. Certains ménages se tournent vers de petites activités d’élevage comme la cuniculture et l’élevage de cobayes, qui offrent des revenus complémentaires. Pour pouvoir subvenir aux besoins alimentaires dans ce contexte, la plupart des ménages pauvres ont recours aux stratégies de la vente des biens productifs, le retrait des enfants de l’école et récolte précoce, avec une proportion importante des ménages qui ont recours à la mendicité et les activités illégales.
Avec la baisse de la production agricole, les ménages de Lubero, en particulier les ménages déplacés pauvres, dépendent de plus en plus du marché. Les conflits et les déplacements perturbent l’approvisionnement des marchés locaux, avec certains axes routiers coupés à cause de l’insécurité, ce qui limite l'accès libre des commerçants et des consommateurs aux denrées alimentaires sur ces marchés. Les prix montrent de fortes variations. Selon les données collectées par REACH d’octobre à décembre 2025, la farine de maïs est en hausse à Kagheri et Kirumba contre une relative stabilité au marché central de Lubero, tandis que la farine de manioc reste plus disponible selon les marchés, et le haricot demeure globalement le produit le plus coûteux. Les différences entre les prix de farine de maïs entre les marchés s’expliquent par le fait que Lubero, sous le contrôle du gouvernement Congolais, est facilement approvisionné depuis Butembo, Beni et l'Ouganda, tandis que Kirumba, sous gestion du M23, dépendent d’un approvisionnement lourd, via Kanyabayonga ou même la ville de Goma.
Les déplacements aggravent encore la vulnérabilité des ménages à l'insécurité alimentaire aiguë et à la malnutrition. Malgré des taux de malnutrition généralement Acceptables à Lubero (entre 2 et 5 pour cent de malnutrition aiguë globale (MAG) selon les derniers enquêtes en 2025), la mission conjointe en décembre 2025 a révélé une situation plus préoccupante parmi les ménages déplacés. La mesure du périmètre brachial des enfants de 6 mois à 5 ans, a démontré un taix de MAG de 13,2 pour cent, une situation Sérieuse (>10 pour cent). Le taux de malnutrition aiguë sévère (MAS) était de 2 pour cent, ce qui indique une malnutrition aiguë modérée importante et un risque de dégénérescence en MAS. Les enfants déplacés représentent une proportion plus élevée des cas de malnutrition aiguë sévère et modérée, car ils sont souvent confrontés à un accès limité aux services de santé et à une nutrition inadéquate.
La présence de forces en conflit et la persistance des affrontements de l’ADF devront continuer dans la région, toutefois à un niveau stable ou légèrement inférieur à 2025, grâce aux opérations conjointes le gouvernement congolais et l'armée ougandaise. Le conflit continuera de perturber l’agriculture, l’accès à la terre et aux intrants, ce qui limitera fortement la participation des ménages à la S1 et réduira la production dans une zone autrefois considérée comme le grenier du Kivu. L’insécurité et les barrières routières dans le territoire de Lubero et ses environs restreignent aussi les activités des petits commerces et le commerce transfrontalier, affectant les revenues des milliers des ménages qui vivaient de ces activités. Les prix des denrées alimentaires augmenteront globalement tout au long de la période de projection, restant supérieurs à la moyenne quinquennale avec des fluctuations atypiques par rapport à l'année précédente, malgré des périodes de baisse temporaire lorsque les récoltes de juin stimulent l'offre sur le marché.
En raison du conflit persistant et de la grave perturbation des activités de moyens d’existence, la zone restera en Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’en septembre. La période de semis est entre mars et avril et le début des récoltes vertes de la S1 en fin mai 2026. Cependant, vu qu’une partie importante de la population agricole est déplacée dans le territoire, la production sera inférieure à la normale pour les cultures vivrières. Etant donné la petite soudure précoce qui est attendue fin mars dans la zone, un déficit modéré en la consommation alimentaire des ménages est anticipé. Les récoltes de la S1 en juin pourront améliorer la consommation alimentaire des ménages pauvres. Toutefois, les disponibilités alimentaires seront moins que d’habitude dès le début du mois d’août avec une épuisement précoce. Les ménages très pauvres et pauvres pourront se rabattre sur les aliments les moins coûteux et moins préférés voire dépendre de la solidarité des autres ménages, tandis que les déplacés compteront plus sur l’éventuelle assistance humanitaire dans la zone. Ainsi donc, la situation de la sécurité alimentaire dans ce territoire demeurera en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) avec probablement une faible proportion de la population en Urgence (Phase 4 de l’IPC).
Citation recommandée: FEWS NET. Democratic Republic of the Congo Perspectives sur la sécurité alimentaire February - September 2026: Multifaceted conflicts continue to hinder household food security, 2026.
Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.