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L’intensification des violences dans l’est du pays exacerbe l’insécurité alimentaire

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  • Messages clé
  • Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en décembre 2025
  • Mise à jour des suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire jusqu’en mai 2026
  • Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’à mai 2026
  • Annexe 1 : Mise à jour des principales sources de preuves utilisées dans cette analyse
  • Annexe 2 : Calendrier saisonnier
  • Messages clé
    • L’insécurité alimentaire devrait s’aggraver à la suite des nouvelles offensives du M23 dans les zones agro-économiquement stratégiques et densément peuplées des provinces de Sud-Kivu et Nord-Kivu, lesquelles ont provoqué plus de 500 000 nouveaux déplacements depuis le début de décembre. Les populations fuyant les violences abandonnent leurs moyens d’existence (agriculture, petits commerce, élevage)Des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC), avec des populations en Urgence (Phase 4 de l’IPC), sont attendus jusqu’en mai 2026 dans les zones les plus impactées par l’intensification des conflits à l’est du pays.
    • Les zones les plus préoccupants sont les territoires de Djugu (Ituri), Lubero (Nord-Kivu), Uvira (Sud-Kivu), et des poches du Rutshuru, Masisi, et Walikale au Nord-Kivu où les ménages sont fortement en risque des déficits de consommation alimentaire en raison des conflits très volatile. Bien que leur retrait ait été annoncé en décembre, les rebelles du M23 ne se sont pas retirés de la ville d’Uvira, qui reste officiellement sans autorité étatique. Cette instabilité prolongée perturbe les marchés, provoque des déplacements et limite l’accès aux terres agricoles, aggravant l’insécurité alimentaire des ménages dont les moyens d’existence sont déjà précaires.
    • Bien que les besoins en assistance alimentaire humanitaire diminuent après la grande soudure de la saison 2 (S2) d’octobre à décembre avec les récoltes qui débuteront de janvier à mars 2026, les besoins resteront importants dans les zones touchées par des conflits intenses telles que les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, et de l’Ituri.
    • La stabilité récente du franc congolais et le taux d’échange favorable ont entrainé une baisse notable du coût des produits alimentaires importés et favorisent ces sources d’approvisionnement. 

    Ce rapport fournit une mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire pour le mois d’octobre 2025 et des messages clés de novembre 2025. L’analyse est basée sur les informations disponibles au 24 décembre 2025. 

    Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en décembre 2025
    • Les offensives du M23 se sont intensifiées depuis la rupture des négociations, aggravant l’instabilité sécuritaire dans l’est de la RDC. En début décembre, le M23 a pris le contrôle de la ville d’Uvira, provoquant des déplacements massifs de populations (environ 200 000 personnes) vers la province du Tanganyika, les hauts et moyens plateaux et le Burundi. Sa présence a également provoqué l’arrêt des activités agricoles et fermeture des marchés, augmentant fortement le risque d’insécurité alimentaire dans le Sud-Kivu. Malgré l'annonce du retrait du M23 en réponse à la pression internationale, le gouvernement affirme que des éléments du M23 demeurent à Uvira, où les rebelles supervisent la ville et bloquent toute reprise par le gouvernement. Malgré l’accord de Doha signé partiellement en novembre entre M23 et le RDC et l’accord de Washington signé le 4 décembre, les affrontements entre le M23 et les forces pro-gouvernementales se poursuivent dans la zone autour d’Uvira, notamment à Makobola, et dans les territoires de Masisi et Walikale au Nord-Kivu ainsi que sur les axes Mwenga–Kamituga et Kamanyola–Uvira au Sud Kivu. Cette stratégie de contrôle des routes et des zones riches en minerais exerce également une pression militaire, influençant ainsi toute reprise future des négociations. En réponse, la stratégie du gouvernement déploie une stratégie d’asphyxier économiquement la rébellion, incluant la coupure du circuit financier national. Cette dynamique, en paralysant les flux économiques et agricoles essentiels, diminue la disponibilité et d’accès alimentaire pour les ménages dans les zones affecté par les affrontements.
    • Ces affrontements engendrent des attaques armées contre les populations civiles, des pillages et des déplacements forcés des populations. Selon les alertes de OCHA, plus de 500 000 personnes se sont déplacées depuis le début de décembre à la suite de ces affrontements armés. Autour d’Uvira, les déplacements répétés de la population se poursuivent à l'intérieur du pays tout comme au Burundi voisin. Ces nouveaux déplacements arrivent dans la période cruciale d’entretien des cultures pour cette saison agricole 2 compromettant ainsi les prochaines récoltes des cultures vivrières. La perturbation des marchés locaux et les difficultés d’accès aux zones agricoles réduisent la disponibilité et l’accès aux denrées alimentaires, aggravant la situation des ménages déjà vulnérables à l'insécurité alimentaire.
    • L’économie nationale continue à bénéficier de l’actualisation du taux d’échange appliqué sur la réserve obligatoire et du renforcement de la coordination macroéconomique. L’appréciation légère du franc congolais continue, soutenu par la hausse des réserves obligatoires en monnaie locale, ce qui a contribué à réguler la liquidité bancaire et à stabiliser le franc congolais, qui est apprécié de 27,54 pour cent sur le marché officiel en début décembre. Les prix du riz, du blé et du maïs importés sont en baisse par rapport à l’année précédente. Cette   configuration du marché, conjuguée à la hausse des réserves obligatoires en monnaie locale, est globalement favorable à la stabilité du CDF.
    • L’inflation continue à ralentir, passant à 2,4 pour cent en novembre 2025, comparé à 12,3 pour cent en novembre 2024. Cette dynamique et ce net ralentissement du rythme de hausse générale des prix indiquent un environnement macroéconomique plus stable et une préservation du pouvoir d’achat des ménages.

    Assistance alimentaire humanitaire

    Comme les dernières années, les besoins en assistance sont supérieurs aux niveaux d'assistance prévus. L’assistance ne couvre qu’une faible proportion de la population dans les zones les plus affectés par les conflits, et les interventions restent limitées dans les zones contrôlées par des groupes armés. Les données de PAM indiquent que sur plus de 7,3 million de personnes ciblées/touchées, seules 5 million personnes (soit 69 pour cent) ont reçu l’assistance alimentaire en 2025. En décembre, le PAM a suspendu ses activités dans les régions du Sud Kivu concernées par les affrontements en cours. Les contraintes sécuritaires et financières obligent les acteurs humanitaires à concentrer leurs efforts sur un nombre restreint de communautés, laissant des millions de personnes sans soutien suffisant.  

    Mise à jour des suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire jusqu’en mai 2026

    La plupart des suppositions qui ont soutenu l’analyse de FEWS NET concernant le scenario le plus probable pour les perspectives sur la sécurité alimentaire du pays d’octobre 2025 à mai 2026 restent valables. Toutefois, les mises à jour suivantes ont été apportées afin d’intégrer des nouvelles données : 

    • Les combats entre les rebelles du M23, les FARDC, les milices Wazalendo et divers groupes armés locaux devraient se poursuivre avec une extension probable vers les provinces de Tanganyika et du Maniéma. Les fréquences et l’intensité de ces affrontements, violents et réguliers, devraient s’intensifier dans ces provinces ainsi que dans d’autres localités du Nord et Sud-Kivu, à la suite de l’offensive des rebelles pour conquérir des nouvelles localités. Cette aggravation devrait se poursuivre, avec une probabilité d’intensification plus élevée qu’au début de l’année 2025. Cette aggravation s’explique par l’élargissement géographique des affrontements, offrant aux rebelles l’opportunité de mener des attaques sur plus de deux provinces, ainsi que par l’accroissement de leurs moyens financiers grâce à l’accès à des sites miniers situés dans les zones qu’ils occupent.
    • Ces violences continueront de provoquer les déplacements des ménages et de perturber gravement leur accès aux moyens d’existence et ainsi altérer leurs sources de revenus. La stratégie du gouvernement visant à asphyxier économiquement les zones occupées, notamment la fermeture des institutions financières et des entreprises et des services sociaux, pourra perturber fortement les revenus des ménages pauvres se trouvant dans ces zones.
    • L’inflation annuelle globale reste généralement contenue, mais de légères hausses saisonnières devraient apparaître. L’augmentation saisonnière de la demande de biens et services durant les festivités de fin d’année pourrait exercer une pression sur le niveau général des prix.
    • Une croissance soutenue est anticipée avec une légère dépréciation en 2026, ce qui devrait prolonger cette stabilité. La croissance économique de la RDC en 2025 devrait rester robuste à 5,6 pour cent, avec une projection d’une croissance supérieure à 5 pour cent en 2026, selon le FMI.
    Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’à mai 2026

    Zones des conflits à l’est du pays : Entre décembre 2025 et janvier 2026, pendant la période de soudure, la plupart de ces zones resteront en Crise (Phase 3 de l'IPC) avec une proportion des populations en Urgence (Phase 4 de l’IPC). Ces populations continueront d’être exposées à l’insécurité et aux violences causées par différents belligérants et des attaques armées contre les populations civiles et des pillages, entraînant des nouveaux déplacements forcés de populations et l’abandon accru de leurs moyens d’existence. Les ménages agricoles déplacés pourront manquer les activités d’entretiens des cultures vivrières, réduisant leurs récoltes de la S2 qui débutera en janvier et leur accès à la nourriture. Ainsi, ces populations, principalement situés dans les provinces du Nord-Kivu (territoires de Masisi, Walikale , Rutshuru et Lubero), du Sud-Kivu (territoires d'Uvira, Fizi, Mwenga, Shabunda, et Walungu) et de l'Ituri (territoire de Djugu) déjà confrontées à des problèmes d’accès à la nourriture devront connaître des déficits alimentaires importantes. Ils devront recourir à des stratégies de survie extrêmes, telles que la mendicité ou des activités illicites, ce qui rend nécessaire une assistance humanitaire. Bien que la situation reste dynamique à Uvira, le retrait complet du M23 d'Uvira ne changerait pas de manière significative les résultats de sécurité alimentaire, compte tenu des déplacements massifs qui ont eu lieu avant le siège et des perturbations qui ont déjà affecté la S2. 

    De février à mai 2026, ces zones en conflit devraient rester en Crise (Phase 3 de l’IPC), avec une part importante de la population en Urgence (Phase 4 de l’IPC) dans les zones les plus touchées par les affrontements. Entre février et mars, malgré les récoltes faibles de la saison précédente, certains ménages ayant pu cultiver auront accès à leurs propres stocks, ce qui devrait permettre de réduire la proportion de ménages en Crise (Phase 3 de l'IPC) ou pire. À partir de mars, la soudure S1 devrait s'installer dans ces régions et la consommation alimentaire se détériorera. Ainsi, la proportion de ménages en situation de Crise (Phase 3 de l'IPC) ou pire commencera également à augmenter à nouveau. 

    Zones du bassin central : Entre décembre et janvier 2026, les territoires de Bolomba et Basoko en Équateur devraient rester en Crise (Phase 3 de l’IPC) en raison des répercussions persistantes des graves inondations passées, entraînant une détérioration de la consommation alimentaire. Ces populations adopteront des stratégies d’adaptation comme la consommation des aliments moins chers et moins préférés, la réduction du nombre et portions de repas ou la diminution d’autres dépenses essentielles tels que la santé ou l’éducation. Néanmoins, l'absence d'inondations généralisées au cours de la dernière saison agricole a permis à certains ménages de récolter et d'entamer leur redressement économique, améliorant la situation de la sécurité alimentaire par rapport deux années précédentes. D’autres provinces dans le Centre-Est (notamment le Sankuru, la Lomami et la majeure partie du Maniema) seront en Stress (Phase 2 de l’IPC). Elles font face à des coûts de transport plus élevé, ce qui entraîne des hausses de prix relativement plus importantes pendant la saison des pluies. 

    Entre février et mai 2025, les zones les plus touchées par les inondations, comme Bolomba et Basoko, resteront en Crise (Phase 3 de l’IPC), tandis que d’autres zones moins exposées seront en Stress (Phase 2 de l’IPC). Les récoltes de la S2 amélioreront la disponibilité alimentaire, mais les ménages très pauvres continueront à rencontrer des difficultés, et un épuisement précoce des stocks est attendu de deux mois dans certaines zones. Dans Sankuru et Lomami, l’arrivée des récoltes permettra à la majorité des ménages de couvrir leurs besoins essentiels, améliorant la situation à Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    Zones du Sud-Est (Haut-Katanga, Haut-Lomami, Lualaba, Tanganyika) : Les résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) persisteront dans les zones qui ont subi des graves inondations et qui sont également confrontées au défi des conflits inter-ethniques et une forte concentration des déplacé internes. Pour la majorité de ces zones, les résultats Minimale (Phase 1 de l’IPC) sont attendues jusqu'en mai 2026. Des opportunités de travail agricole temporaire pendant les activités de semis et de désherbage pour la saison principale (avril, mai) permettront aux ménages pauvres de générer des revenus pour l'achat de nourriture et les besoins essentiels, et satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires minimaux. Le début de la récolte verte en mars et de la récolte principale en avril aussi améliorent l’accès des ménages à la nourriture. Les tendances positives des activités minières devraient continuer à avoir un impact positif sur les revenus des ménages.

    Zones du Sud-Ouest (Kinshasa, Bandundu, Kongo-Central) : À l’exception du territoire de Kwamouth, qui traverse une situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) liée aux conflits intercommunautaires Teke-Yaka (Mobondo), ces régions devraient être confrontées à des résultats Minimale (Phase 1 de l’IPC) d'insécurité alimentaire aiguë jusqu'en mai 2026. La stabilité et l'intégration économiques relatives de cette partie de la RDC devraient permettre à la plupart des ménages de satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires essentiels en raison de la nourriture et des revenus provenant de diverses sources. Le début des activités de récolte de la S2 et des activités de préparation des terres et de plantation pour la S1 augmentera de manière saisonnière les opportunités de travail agricole, au profit des ménages pauvres des zones périurbaines et rurales. Les ménages de ces zones sont également susceptibles de s'engager dans d'autres activités économiques telles que le petit commerce, les ventes précoces de bétail, la pêche, la chasse et la cueillette afin de pouvoir payer les prix supérieurs à la moyenne des produits alimentaires et non alimentaires essentiels.

    Annexe 1 : Mise à jour des principales sources de preuves utilisées dans cette analyse

    La plupart des principales sources de preuves utilisées pour les perspectives sur la sécurité alimentaire de FEWS NET d’octobre 2025 restent inchangées. Toutefois, les nouvelles sources de preuves sont répertoriées ci-dessous. 

    Preuves SourceFormat des donnéesÉléments d’analyse de la sécurité alimentaire 
    Article sur la situation macro-économiqueZOOMECO

    Qualitatives et quantitatives

     

    Tendances de taux de change, d'inflation et d'autres facteurs macroéconomiques affectent la capacité d'achat des ménages
    Alerte sur les mouvements des populations, 12 décembre 2025UN-OCHAQuantitativesTendances des déplacements (nombre, lieux d'origine et de déplacement), raisons des déplacements, conditions de vie et besoins
    Tableau de bord sur l’assistance alimentaire en RDCPAMQuantitatives et qualitativesNombre de bénéficiaires atteints en 2025

     

    Annexe 2 : Calendrier saisonnier

    Source: FEWS NET

    Citation recommandée: FEWS NET. République démocratique du Congo Mise à jour sur la sécurité alimentaire Décembre 2025: L’intensification des violences dans l’est du pays exacerbe l’insécurité alimentaire, 2025.

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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