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Hausse atypique de prix de la farine de maïs en lien avec les restrictions zambiennes en cours

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • République démocratique du Congo
  • Avril 2023
Hausse atypique de prix de la farine de maïs en lien avec les restrictions zambiennes en cours

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  • Messages clé
  • Situation actuelle
  • Calendrier saisonnier pour une année typique
  • Suppositions mises à jour
  • Perspectives estimées jusqu'en septembre 2023
  • Messages clé
    • La situation sur les lignes de front dans le sud de la province du Nord-Kivu est relativement calme. En effet, on observe le retrait des rebelles du M23 et l’interposition des forces régionales de East African Community (EAC). Cette situation a diminué les violences et a permis le retour de plus de 50 000 personnes déplacées entre le 13 mars et le 1er avril dans le territoire de Rutshuru, afin de s’occuper des activités agricoles durant cette période de conduite de la saison agricole B. Cependant, le gouvernement continue à refuser toute négociation avec ces rebelles et cela pourra saper toute tentative de dialogue entre l'État et le M23 à court terme.

    • Des hausses des prix atypiques des produits de base continuent sur les marchés. L’instabilité de la monnaie locale, la période de soudure dans le sud-est du pays ainsi que les restrictions sur les exportations dans les pays voisins, notamment la Zambie, et la hausse du cout de transport sont parmi les causes de cette hausse des prix. En début avril 2023, les prix des principales denrées de base montrent des variations de l’ordre de 78 et 43 pourcents comparés respectivement à la moyenne quinquennale et à la même période de l’année précédente. Cette situation présage des difficultés d’accès aux aliments pour les ménages pauvres dont les moyens d’existence restent fragiles.

    • En ce début de la petite soudure (saison B), certaines zones de l’est qui connaissent les effets des conflits prolongés resteront en Crise (Phase 3 de l’IPC) avec une augmentation de populations en Urgence (Phase 4 de l’IPC) dans certaines zones de santé des territoires de Rutshuru et Djugu, dans un contexte d’extrême violence. En revanche, le centre-est et le sud-est, avec des territoires ayant connu une campagne agricole assez complète seront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC). Les zones stables du nord qui ne connaissent aucun déficit alimentaire pour le moment seront en phase Minimale (Phase 1 de l’IPC).


    Situation actuelle

    Conflits et mouvements des populations : En février 2023, dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) ont capturé les villes de Musai, Rubaya et Mweso au cours d'une poussée vers la capitale provinciale du Nord-Kivu, Goma. À la mi-mars, le groupe rebelle a consolidé ses positions à l'extérieur de Saké, à environ 15 km au nord-ouest de Goma, coupant les principales voies de transport pour les fournitures et la nourriture de ces deux villes. Au 10 avril 2023, le groupe s'était retiré des territoires occupés dans le territoire de Masisis, quittant Kitshanga et Mweso pour permettre une occupation complète par la force multinationale régionale de la Communauté de l'Afrique de l'Est (EACRF), qui est composée d'Angolais, de Burundais, de Kenyans, des troupes Sud-Soudanaises et Ougandaises. L’EACRF s’est entièrement déployée dans l’est du Congo pour soutenir la capacité de l’armée congolaise (FARDC) à maintenir des zones tampons et à assurer le retrait du M23 des zones de Masisi et de Rutshuru. Malgré le cessez-le-feu renouvelé en mars 2023, des affrontements isolés continuent d'être signalés dans les territoires de Rutshuru et de Masisi alors que les procédures de retrait se poursuivent.

    Les Forces Démocratiques Alliées (ADF) continuent de démontrer leur capacité à lancer des attaques en dehors de leurs zones d'opérations traditionnelles, détournant leur regard du territoire de Beni au Nord-Kivu pour lancer davantage d'attaques dans la province voisine de l'Ituri. Selon les Nations Unies, plus de 144 000 personnes ont été nouvellement déplacées entre janvier et février 2023 en raison de l'augmentation des attaques du groupe rebelle. En avril 2023, plus de 30 personnes ont été tuées dans une série d'attaques des ADF entre les territoires d'Irumu et de Mambasa en Ituri, soulignant la fréquence et l'ampleur accrues des attaques des ADF contre des cibles civiles, notamment des agriculteurs et des éleveurs, ces derniers mois.

    Au Sud-Kivu, la situation sécuritaire s'est détériorée au cours de l'année 2022, avec plus de 1,4 million de personnes déplacées à l'intérieure la province. Dans les Moyens et Hauts-Plateaux d'Uvira au Sud-Kivu, des attaques sporadiques entre les groupes Banyamulenge, dont les Twirwaneho et Gumino, les FARDC et une coalition lâche de milices Maï-Maï se sont poursuivies ces derniers mois.

    Violence intercommunautaire: En plus des conflits persistent entre des groupes armes, la violence intercommunautaire continue de provoquer des déplacements sporadiques et de perturber des activités typiques de moyens d’existence. Alors que la menace du militantisme au Tanganyika a été pratiquement neutralisée ces derniers mois, la violence communautaire a persisté et s'est poursuivie à des niveaux élevés ces derniers mois. En avril, des affrontements intercommunautaires dans la région de Tembwe, dans la province du Tanganyika, en raison d'un conflit foncier, a poussé les villageois de la région à fuir vers Kalemie. De plus, dans le Nord Kivu et l’Ituri, l'État éprouve des difficultés de faire face à la menace d'attaques des milices armées Maï Maï, exacerbant les niveaux actuels de violence ethnique et incitant les civils à fuir à la recherche des meilleures conditions de vie. Au Mai-Ndombe et Kwilu, les violences intercommunautaires continuent entre les autochtones Teke et les non-autochtones Yaka dans les territoires da Kwamouth et Bagata. Des déplacements massifs de la population fuyant le regain des violences dans leurs villages s’observent dans le territoire de Bagata au Kwilu.

    Expulsion des Congolais de l’Angola : La RDC continue à recevoir les expulsés de l’Angola. Ces derniers se retrouvent notamment dans les territoires de Kamonia et Luiza dans la région des Kasaï et dans la province de Kwilu. Depuis le 6 mars dernier, on estime à près de 1420 personnes qui ont été expulsées hormis les volontaires. Ces personnes nouvellement arrivées et qui attendent la prise en charge de UNHCR vivent dans des conditions  précaires et dépendent de la solidarité communautaire pour la grande majorité et en ce moment précis.

    Prix des denrées de base et fonctionnement des marchés : La volatilité des prix des produits de base continue. En début avril 2023, les prix des denrées de base montrent des variations globales de l’ordre de 43 et 78 pourcents comparés respectivement à la même période de l’année précédente et à la moyenne quinquennale.  Les raisons de cette volatilité des prix sont notamment l’instabilité de la monnaie locale qui a connu une dépréciation annuelle de 10 pour cent et la situation globale de la hausse de carburant ce début avril 2023 de l’ordre de 61 et 16 pourcents comparés respectivement à la moyenne quinquennale et à la même période de l’année précédente. On note également la hausse atypique du prix de la farine de maïs dans la région sud-ouest notamment dans le Haut- Katanga, et le Lualaba du fait des restrictions récentes sur les importations en provenances de la Zambie, en protection de ses réserves stratégiques.

    Situation agricole : La période actuelle correspond aux activités d’entretien des cultures au nord-est et centre-est pour la saison agricole B, qui sont perturbés avec l’insécurité dans ces zones. En revanche, on note  le début des récoltes dans la zone unimodale du sud-est du pays. En dépit d'une pluviométrie perturbée, matérialisée par l’inondation de certains bassins de production (Kasenga et Pweto) au nord, la production agricole dans cette partie du pays sera inférieure à la moyenne et environ 40 pourcents en moins comparée à la précédente saison.  

    Accès humanitaire : La situation humanitaire de la RDC continue à se détériorer, cependant, Les opérations des acteurs humanitaires sont limitées ou entravées en raison de l'insécurité, du manque d’infrastructures et de l'enclavement de certaines zones du pays. Tenant compte de l’augmentation des besoins avec les nouvelles crises en cours dans le pays, la couverture d’assistance alimentaire restera faible.


    Calendrier saisonnier pour une année typique
    Seasonal calendar for a typical year

    Suppositions mises à jour

    Les hypothèses du rapport sur les perspectives de la sécurité alimentaire de février a septembre 2023 se maintiennent, à l'exception de celles mises à jour ci-dessous:

    • Conflits et mouvement des populations: Au Nord-Kivu, malgré l'intention affichée du M23 de se retirer du territoire conquis, il est probable qu'il continuera à tenter de consolider ses acquis territoriaux tout au long de la période du scénario (septembre 2023). Les incidents pourraient augmenter en nombre et en intensité, érodant la confiance entre les autorités de la RDC et le Rwanda, compliquant davantage le processus de paix. La poursuite des opérations du M23 entraînera probablement de nouveaux déplacements de population. Cependant, avec l'arrivée des forces de l'EAC, le M23 risque d'avoir des difficultés à poursuivre son avancée vers d'autres territoires.  En Ituri, malgré une légère baisse des attaques début 2023, le niveau de violence et de décès restera à son plus haut niveau depuis 2019, et une baisse significative en 2023 est peu probable. Au Sud-Kivu, on s'attend à ce que le niveau de tension actuel soit réduit, permettant le retour probable des personnes déplacées dans leurs villages et des tentatives de participation à la prochaine campagne agricole (Saison A). En outre, les tendances actuelles de la crise des Banyamulenges dans les hautes terres de Minembwe à Fizi font qu'il est fort probable que le nombre d'incidents et de décès associés continuera d'augmenter au fil de l'année, restant plutôt similaire à ceux observés au second semestre 2022. Dans les provinces du Tanganyika, du Kasaï, du Kasaï-Central et du Maniema, les conflits intercommunautaires en cours se poursuivront sporadiquement avec une intensité qui devrait rester similaire à celle des derniers mois. Aussi, le conflit entre les autochtones Teke et les non-autochtones Yaka dans le territoire de Kwamouth (province du Mai-Ndombe) continuera d'impacter la reprise de la saison agricole et de perturber les moyens de subsistance.
    • Prix des denrées et fonctionnement des marchés : En lien à ce qui précède, tenant compte des faibles disponibilités des céréales attendus dans les prochains mois, et de l’augmentation continue du coût de carburant, on pourrait s’attendre à la poursuite de la volatilité actuelle des prix des denrées notamment les céréales comme le blé, la farine de maïs et le riz importé du fait de la rupture probable des approvisionnements en provenance des pays producteurs en crise. La volatilité extrême pour la farine de maïs dans le Haut-Katanga observée depuis ces deux derniers mois sont susceptibles d’engendrer des protestations populaires et pourrait continuer dans les trois prochains mois, du fait des pronostics de faibles récoltes locales dans la région.

    Perspectives estimées jusqu'en septembre 2023

    La fin de la période de mars- à mai 2023 devra coïncider avec les récoltes des vivriers pour la saison B alors que celle de juin à septembre constitue la période de semis au nord-est et centre-est du pays. Ces zones recevront les récoltes de la saison B qui permettront aux ménages d’améliorer leur consommation alimentaire pour le temps que dureront leurs stocks alimentaires. Malgré des récoltes estimées inférieures à la moyenne, ces ménages auront amélioré leurs revenus par la vente des produits de récolte et pourront dépendront de leur propre production dans les deux mois post-récoltes avec des stocks des ménages pour la saison agricole B qui s’épuiseront plus tôt que d’habitude, dès le mois d’août dans un contexte de faibles récoltes. A partir du mois d’aout, et avec un épuisement quasi total des réserves, la dépendance au marché sera le mode d’approvisionnement de la plupart des ménages. Les zones de l’est qui connaissent les effets du conflit prolongé resteront en Crise (Phase 3 de l’IPC), notamment l’Ituri (Irumu et Djugu), le Sud-Kivu (Uvira, Fizi) et le Nord-Kivu (Beni, Nyiragongo, Rutshuru et Masisi), avec une augmentation de populations en Urgence (Phase 4 de l’IPC), notamment dans les territoires de Djugu et Rutshuru. Les provinces de Lomami, Sankuru, Kasaï oriental, Kasaï, une partie du Maniema et l’ex-Katanga qui essayent de se stabiliser, et où les ménages ont un meilleur accès à la nourriture, aux revenus et une consommation alimentaire minimalement adéquate, seront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) excepté le territoire de Kamonia qui restera en crise avec l’afflux des derniers expulsés de l’Angola, qui arrivent dans une situation déjà précaire dans ce territoire. Les provinces de Haut-Uele, Bas-Uélé, Tshopo qui n’ont pas connu des chocs importants et qui n’accusent pas de déficit de consommation alimentaire resteront en Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    Citation recommandée: FEWS NET. RDC Mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire Avril à Septembre 2023: Hausse atypique de prix de la farine de maïs en lien avec les restrictions zambiennes en cours, 2023

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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