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- Des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) devraient persister jusqu’en mai dans le Grand Sud, ainsi que dans les zones touchées par les cyclones. Ces résultats sont dus à de graves chocs météorologiques ayant entraîné des pertes de moyens d’existence et la destruction des cultures, laissant de nombreux ménages dépendants des marchés dans un contexte de stocks alimentaires limités et de perte de sources de revenus. De juin à septembre, une amélioration vers des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) est attendue dans la plupart des zones grâce à l’amélioration des conditions saisonnières.
- Dans le Grand Sud, les déficits cumulés de précipitations et les températures anormalement élevées depuis janvier 2026 ont entraîné des conditions de sécheresse, endommageant gravement les cultures à cycle court (maïs, haricots) et contribuant à une production inférieure à la moyenne ainsi qu’à des pertes de moyens d’existence. Par conséquent, des écarts de consommation alimentaire devraient persister jusqu’en mai pour les ménages les plus pauvres.
- Dans les zones touchées par les cyclones à l’est et le long des côtes, les impacts continuent de perturber les revenus et l’accès à la nourriture. La destruction généralisée des cultures, les inondations prolongées, la perte des équipements de pêche et les infrastructures endommagées ont limité les revenus des ménages et le fonctionnement des marchés, certains ménages signalant des stocks alimentaires extrêmement faibles, ce qui réduit leur capacité à satisfaire leurs besoins alimentaires de base à court et moyen terme.
- Les conditions des marchés sont mitigées: l’accès à la nourriture s’est amélioré dans les zones urbaines, mais les revenus des agriculteurs restent limités. L’augmentation de la disponibilité du riz grâce aux récoltes précoces a entraîné une baisse des prix dans les principales villes, améliorant le pouvoir d’achat des ménages urbains pauvres dépendants des marchés. Cependant, la baisse des prix risque de réduire les revenus des producteurs de riz et des agriculteurs orientés vers le marché dans les zones excédentaires, limitant potentiellement leur capacité à couvrir leurs besoins non alimentaires.
Ce rapport fournit une mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire de février à septembre 2026 et des messages clés de mars 2026. L’analyse est basée sur les informations disponibles au 20 avril, 2026.
- Des précipitations exceptionnellement faibles et des températures supérieures à la moyenne depuis janvier 2026 entraînent des rendements agricoles inférieures à la moyenne dans le sud de Madagascar. Les cumuls pluviométriques sont restés largement inférieurs à la normale (Figure 1), faisant de la période allant de fin janvier à fin mars l’une des plus sèches jamais enregistrées dans les régions du sud et du centre-est du pays. Ces déficits pluviométriques ont coïncidé avec des températures anormalement élevées, les températures maximales de mars étant d’environ 2 à 4 degrés Celsius supérieures à la moyenne dans l’ouest, le sud et le sud-est de Madagascar. En conséquence, les conditions des cultures se sont fortement détériorées, en particulier pour les cultures à cycle court, telles que le maïs et les haricots, contribuant à des rendements et une production inférieurs à la moyenne.
- Les indicateurs nutritionnels demeurent préoccupants dans le Grand Sud et le Grand Sud-Est. Un dépistage nutritionnel rapide de masse utilisant le périmètre brachial (PB/MUAC), mené par le Cluster Nutrition en février 2026 à Ampanihy Ouest, Bekily, Beloha et Tsihombe, a révélé une situation nutritionnelle de niveau Sérieuse, cohérente avec une vulnérabilité accrue à l’insécurité alimentaire dans ces zones. En outre, les données du Cluster Nutrition relatives aux admissions dans les programmes de prise en charge de la malnutrition aiguë modérée ont montré une tendance à la baisse entre janvier et février 2026, en raison des ressources limitées pour le dépistage et les traitements dans le Grand Sud et le Sud-Est. Les sites de traitement du PAM destinés aux enfants souffrant de malnutrition à Ambovombe et Ampanihy ont été fermés faute de ressources.
- Les impacts des cyclones continuent de perturber les moyens d’existence et l’accès à la nourriture dans les zones orientales et côtières touchées. Une évaluation multisectorielle conjointe des besoins, réalisée à la mi-mars par le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et l’UNICEF, a révélé que plus de la moitié des ménages ne disposaient d’aucune source de revenus. L’évaluation a également montré que plus de 60 pour cent des ménages agricoles avaient perdu des cultures vivrières de base (notamment le manioc et le maïs) ou des cultures de rente (girofle, vanille), ou avaient subi des inondations prolongées des rizières de bas-fonds pendant plus de quatre jours. Les parcelles recouvertes de sable, les pertes de semences ainsi que les dommages causés aux équipements et infrastructures agricoles ont aggravé ces impacts. Dans les zones côtières et riveraines, la perte de pirogues [MH1] et d’équipements de pêche a réduit l’accès à des sources essentielles de nourriture et de revenus. Les stocks alimentaires sont également limités : les ménages disposaient en moyenne d’environ 20 jours de réserves alimentaires au moment de l’enquête. L’évaluation a aussi signalé des situations extrêmes dans certains fokontany (communes), où il ne restait qu’une seule journée de réserves alimentaires.
- Les marchés des denrées de base montrent une amélioration de la disponibilité alimentaire en milieu urbain, parallèlement à une détérioration des revenus pour certains producteurs. Les récoltes précoces de riz, la poursuite des importations de riz et les stocks reportés ont accru la disponibilité du riz dans les principaux marchés urbains (Antananarivo, Fianarantsoa, Ihosy et Toliara), contribuant à une baisse des prix du riz depuis décembre 2025. Les prix du riz local sont passés d’environ 2 600-3 400 MGA/kilogramme (kg) début décembre à 2 000-2 625 MGA/kg fin mars. Ces prix sont inférieurs de 5 à 33 pour cent par rapport à l’année dernière et de 16 à 49 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale sur ces marchés. À Toamasina, les prix du riz local sont restés relativement stables après une hausse temporaire de 6 pour cent immédiatement après le choc cyclonique, soutenus par les approvisionnements provenant des zones excédentaires. Les importations continuent de modérer les prix du riz à l’échelle nationale. Bien que les prix plus bas améliorent le pouvoir d’achat des ménages urbains dépendants des marchés, ils réduisent les revenus monétaires tirés des ventes de riz pour les producteurs de riz et les agriculteurs orientés vers le marché, notamment dans les zones excédentaires, comme Alaotra Mangoro.
- Les perturbations du marché des carburants liées au conflit au Moyen-Orient ont eu des impacts limités sur les prix. Les prix des carburants sont restés stables en avril après que les autorités ont déclaré un « état d’urgence énergétique » d’un mois afin de sécuriser l’approvisionnement, maintenir les prix à la pompe et suspendre le mécanisme automatique d’ajustement des prix des carburants. La panique des consommateurs a temporairement saturé les stations-service et contribué à des pénuries de carburant de courte durée dans les grandes villes.
Assistance alimentaire humanitaire
L’assistance alimentaire humanitaire de la période de soudure a repris fin avril après une interruption temporaire de la chaîne d’approvisionnement entre février et mars. À la suite de cette interruption, l’assistance a redémarré dans l’ensemble du sud de Madagascar, en ciblant les zones les plus sévèrement touchées par la sécheresse. Un paquet d’urgence financé par les États-Unis soutient l’intensification de l’assistance alimentaire en nature du PAM. Ce paquet, d’une valeur de 11,65 millions de dollars américains, a permis au PAM de se procurer 7 100 tonnes métriques de denrées alimentaires, dans le but d’améliorer la sécurité alimentaire d’environ 560 000 personnes. Les premières livraisons de produits alimentaires ont commencé le 20 avril à Toliara, avec l’arrivée au port de Toliara d’un premier lot de 5 000 tonnes métriques de sorgho, quantité jugée suffisante pour soutenir 288 000 personnes confrontées à une insécurité alimentaire sévère et à la malnutrition aiguë.
La plupart des suppositions qui ont soutenu l’analyse de FEWS NET concernant le scenario le plus probable pour les perspectives sur la sécurité alimentaire de Madagascar de février à septembre 2026 restent valables. Toutefois, les mises à jour suivantes ont été apportées afin d’intégrer des nouvelles données :
- Compte tenu des déficits cumulés de précipitations et des régimes pluviométriques irréguliers observés dans le sud de Madagascar, la production locale de denrées de base sera probablement inférieure à la moyenne quinquennale, en particulier pour les cultures à cycle court, telles que le maïs et les légumineuses. Les ventes de bétail devraient également continuer d’augmenter, réduisant la taille des troupeaux et entraînant des résultats agricoles inférieurs à la moyenne dans les zones touchées.
- L’inflation alimentaire annuelle est passée de 10 pour cent en février 2025 à 6,7 pour cent en janvier 2026, avant de remonter à 7,2 pour cent en février 2026. L’inflation devrait continuer à ralentir au cours de la période de projection, soutenue en partie par la principale période de récolte et par la stabilité anticipée des prix locaux des carburants. Sur le plan saisonnier, les prix des denrées alimentaires de base devraient diminuer entre avril et septembre, les récoltes de mai-juin contribuant à stabiliser les conditions du marché. Les prix devraient toutefois rester supérieurs à la moyenne quinquennale.
Zones touchées par les cyclones
Des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont attendus jusqu’en mai, avec une amélioration probable vers des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) de juin à septembre. Dans les districts touchés par le cyclone tropical Gezani, la sécurité alimentaire et les moyens d’existence devraient rester gravement compromis jusqu’en mai en raison de la perte des sources de revenus, de la destruction des cultures vivrières et de rente, ainsi que d’une dépendance accrue aux marchés. Les ménages pauvres devraient continuer à recourir à des stratégies d’adaptation négatives face aux écarts de consommation alimentaire, telles que la réduction de la fréquence des repas et de la diversité alimentaire, le recours au travail des enfants et la recherche d’assistance auprès des réseaux informels d’entraide. De juin à septembre, une amélioration vers des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) est attendue, soutenue par la poursuite des opérations du port de Toamasina, qui devrait contribuer à maintenir les opportunités de revenus liées aux activités portuaires et à préserver un accès relativement stable à la nourriture.
Le Grand Sud
Des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont attendus jusqu’en mai, avec une généralisation des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir de juin. Les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) devraient persister jusqu’en mai en raison d’une production de maïs et de haricots inférieure à la moyenne, de déficits alimentaires persistants et d’une forte prévalence localisée de malnutrition aiguë. Les déficits cumulés de précipitations saisonnières et la réduction des superficies cultivées limitent les volumes de récolte et l’accès aux produits alimentaires de la production propre des ménages. D’ici mai, la demande de main-d’œuvre liée aux récoltes et l’augmentation de la disponibilité alimentaire devraient réduire le recours aux stratégies d’adaptation négatives ; toutefois, ces améliorations seront probablement de courte durée, en particulier dans les zones touchées par la sécheresse. À partir de juin, des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) devraient devenir généralisés grâce à l’amélioration de la disponibilité alimentaire issue des principales récoltes, notamment le manioc et les patates douces. Néanmoins, certains ménages pauvres disposant de peu de bétail, fortement endettés et ayant un accès limité aux bénéfices des récoltes dans les zones affectées par la sécheresse continueront probablement à rencontrer des difficultés pour accéder à la nourriture.
Le Grand Sud-Est
Des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) sont attendus jusqu’en septembre, certains ménages connaissant des situations plus graves dans les districts reculés où les contraintes d’accès aux marchés et les chocs cumulés ont affaibli la capacité des ménages à se procurer de la nourriture. La période de soudure devrait se prolonger, et les ménages continueront probablement à dépendre des aliments sauvages, des achats sur les marchés et des revenus limités issus du désherbage. Bien que des précipitations moyennes aient favorisé le développement des cultures, certains districts ont subi des pertes de récoltes en janvier/février en raison de crues soudaines (par exemple, à Ifanadiana) ou de pénuries d’eau (par exemple, à Farafangana), à la suite de cyclones dans d’autres zones ou de fortes pluies, selon le bulletin du Système d’information sur la sécurité alimentaire et la vulnérabilité. Les récoltes de maïs devraient progressivement améliorer l’accès à la nourriture, bien que les prix des denrées de base devraient rester supérieurs à la moyenne. De juin à septembre, des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) devraient persister, soutenus par les principales récoltes à venir et l’amélioration de la demande de main-d’œuvre ; toutefois, les baisses saisonnières des prix ne devraient apporter qu’un soulagement limité, et le pouvoir d’achat restera probablement contraint, les salaires demeurant inférieurs à la moyenne dans un contexte de concurrence persistante pour les opportunités de travail.
Même si les projections de FEWS NET se concentrent sur le scénario « le plus probable », il existe toujours un certain degré d’incertitude dans les prévisions à long terme. Cela signifie que les conditions de la sécurité alimentaire et leurs impacts sur les résultats aigus de la sécurité alimentaire peuvent évoluer différemment de ce qui était initialement prévu. FEWS NET publie des mises à jour mensuelles de ses projections, mais les décideurs ont besoin d'informations préalables sur cette incertitude et d'une explication des raisons pour lesquelles les choses peuvent se dérouler différemment de ce qui était prévu. En tant que tel, la dernière étape du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à identifier brièvement les événements clés qui aboutiraient à un scénario alternatif crédible et modifieraient considérablement les résultats projetés. FEWS NET considère uniquement les scénarios qui ont une chance raisonnable de se produire.
National
Hausse des prix des carburants
Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Une augmentation des prix des carburants afin de refléter les prix réels sur les marchés internationaux (qui représentent 150 pour cent du niveau national actuel) entraînerait probablement une inflation généralisée et une hausse des coûts de transport. Par conséquent, la sécurité alimentaire des ménages urbains, en particulier des plus pauvres, se détériorerait probablement, et certaines villes pourraient maintenir ou revenir à des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) tout au long de la période de projection. Cette inflation risque également d’aggraver la situation dans les zones préoccupantes, telles que le Grand Sud, le Sud-Est et les zones orientales touchées par les cyclones.
La plupart des principales sources de preuves utilisées pour les perspectives sur la sécurité alimentaire de février à septembre 2026 de FEWS NET restent inchangées. Toutefois, les nouvelles sources de preuves sont répertoriées ci-dessous.
| Preuves | Source | Format des données | Éléments d’analyse de la sécurité alimentaire |
| Suivi et prévisions météorologiques | Bulletin agrométéorologique mensuel (METEO MADAGASCAR) | Quantitative | Cumuls pluviométriques et prévisions des conditions agroclimatologiques pour avril 2026, début de saison et impacts des prévisions sur le riz pluvial et le maïs |
| Suivi national de la sécurité alimentaire | Bulletin SISAV janvier - février 2026, FAO | Quantitative et Qualitative | Consommation d’aliments sauvages, stocks alimentaires, prix de la main-d’œuvre, prix du bétail, des légumineuses et des noix, niveaux de vulnérabilité dans le Grand Sud et le Grand Sud-Est |
| Évaluation multisectorielle des besoins | Rapport d’évaluation multisectorielle conjointe des besoins après le cyclone Gezani, BNGRC, IFRC, and UNICEF | Qualitative | Impacts des cyclones, besoins en sécurité alimentaire, priorités et perceptions des communautés, groupes et zones les plus vulnérables, ampleur et évolution des dommages aux moyens d’existence, accès aux marchés |
| Assistance alimentaire humanitaire | Bulletin pays – mars 2026, WFP Madagascar | Qualitative | État de l’assistance alimentaire humanitaire |
| Suivi et prévisions météorologiques | Perspectives des risques climatiques en Afrique du Climate Prediction Center, National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) | Quantitative et Qualitative | Prévisions des conditions agroclimatologiques et impacts sur la saison agricole |
Citation recommandée: FEWS NET. Madagascar Mise à jour sur la sécurité alimentaire Avril - Septembre 2026: Les conditions sèches entraînent une production de cultures de base inférieure à la moyenne dans le Grand Sud, 2026.
Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.