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Le sud-est de Madagascar continue à subir les effets des périodes de sécheresse et d’inondation au début de 2017

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Madagascar
  • Avril 2017
Le sud-est de Madagascar continue à subir les effets des périodes de sécheresse et d’inondation au début de 2017

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  • Messages clé
  • Situation actuelle
  • Mises à jour des hypothèses
  • Résultats de la sécurité alimentaire les plus probables
  • Messages clé
    • L’extrême sécheresse de décembre 2016 à février 2017 a affecté la région productrice de girofle et de café sur la côte Est, depuis Fénérive-est jusqu’à Manakara (moins de 30 pour cent de précipitations moyennes). Les régions de production rizicole dans le centre ouest de Madagascar ont reçu 30 à 40 pour cent de précipitations moyennes. Ceci affectera les revenus que les petits exploitants tirent de la vente des récoltes, en plus des revenus salariés, et pourrait aussi toucher les échanges commerciaux et les niveaux des prix dans l’ensemble du pays.

    • Le sud-est de Madagascar a expérimenté une des sécheresses les plus sévères en janvier et début février, ce qui a perturbé la campagne agricole, en particulier pour le riz et les cultures de rente. Par conséquent, dans cette partie du pays, la période de soudure normale, qui commence en janvier, atteint son pic en février et se termine en mars, pourrait durer jusqu’en juin 2017 en raison des mauvaises conditions agricoles et les prix alimentaires élevés sur les marchés. Cette région a aussi subi des inondations à la suite du cyclone Enawo en mars. 

    • L’aide alimentaire d’urgence se poursuit dans le Sud, après 3 années de production nettement inférieure à la moyenne. Cette aide pourrait devenir une aide de redressement en mai dans certains districts tels que Ambovombe, Amboasary et Taolagnaro où la situation d’urgence a pris fin. Dans les districts touchés par le cyclone au nord-est du pays, seules 41 pour cent des personnes dans le besoin ont reçu une aide alimentaire d’urgence. Elles seront donc en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’à la principale récolte en juin.


    Situation actuelle

     

    Activité cyclonique : La saison cyclonique de 2017 affectant Madagascar, stimulée par un dipôle subtropical de l’Océan Indien (SIOD) positif, a produit une grande tempête en mars 2017. Le cyclone ENAWO a frappé le nord-est du littoral de Madagascar, a traversé la majorité du pays qui est finalement sorti près d’Ambovombe dans le Sud. Les dommages sur les stocks alimentaires et les cultures faites par les ménages ont été importants, en particulier dans la zone du nord-est où la tempête avait atterri.   

    Agroclimatologie : Les précipitations se sont améliorées en mars dans l’ensemble du pays, par rapport à janvier et février, mais elles sont arrivées trop tard pour stimuler les cultures dans le sud-est et dans les principales zones de production. Les cultures qui dépendent d’un apport constant d’humidité dans le sol comme les céréales ont particulièrement été affectées. Pour l’heure, la partie occidentale (la région de Boeny) de Madagascar, qui produit normalement plus de 10 pour cent de la production rizicole de Madagascar, est toujours affectée par l’insuffisance des pluies. La production de riz ne devrait représentée que 50 pour cent d’une récolte normale dans la région de Boeny.

    Cultures de rente pour l’exportation : Les cultures de rente dans l’Est de Madagascar, qui avaient déjà été affectées par le déficit des pluies en janvier et février, ont été considérablement endommagées par le cyclone ENAWO, en particulier les cultures de la vanille qui ont été presque complètement détruites (70 pour cent des cultures de la vanille ont été endommagées dans le district d’Antalaha). Le cyclone a aussi endommagé les arbres fruitiers comme les litchi, les orangers, les bananiers et les fruits à pain, qui sont également une source importante de revenus pour les cultivateurs, notamment à Antalaha, Maroantsetra et Brickaville.

    Importations de riz : L’Observatoire du Riz (OdR) a indiqué que le volume total de riz importé s’élevait à 41.762 tonnes pendant les deux premiers mois de 2017. Ceci représente 50 pour cent de moins que la moyenne quinquennale mais 72 pour cent de plus que l’année dernière à la même époque. Les prix du riz importé en avril avaient augmenté de 30 pour cent par rapport à la moyenne entre 2012 et 2016. Comparés à mars 2017, le prix du riz importé est resté stable en avril.  

    Prix des produits alimentaires cultivés localement : Les prix du riz, du maïs et du manioc locaux commencent habituellement à baisser en avril, à la fin de la période de soudure. En avril 2017, les prix du riz Gasy avaient augmenté de plus de 30 pour cent dans les principaux centres urbains par rapport à la moyenne quinquennale. De plus, l’indice des prix à la consommation (IPC INSTAT) signalait une augmentation des prix de 7 pour cent entre février 2016 et février 2017. Les prix du riz local sont particulièrement élevés par rapport aux années précédentes en raison de la faible production de la première saison rizicole à la suite des épisodes de sécheresse observés au début de 2017 dans le sud-est et les principales zones de production rizicole de Madagascar. Les prix du maïs, la principale denrée de substitution pour le riz, étaient 53 pour cent plus élevés que la moyenne quinquennale dans une grande partie du pays. Dans le Sud, les prix du manioc ont commencé à baisser ou demeurent stables.  

    Aide humanitaire : 95.650 personnes ont reçu une aide alimentaire d’urgence dans les zones affectées par le cyclone. Le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) a distribué une aide à 44. 764 personnes affectées par le cyclone dans neuf régions. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a atteint 45.272 bénéficiaires et les Services du secours catholique (CRS) ont ciblé 30.000 personnes à Brickaville tandis que l’Agence adventiste d’aide et de développement (ADRA) atteignait 5.614 personnes. Dans le Sud, le Fonds d’intervention pour le développement (FID) a organisé 20 journées de « vivres contre du travail » en mars et avril, et a ciblé 250 personnes. CARITAS URGENCE a distribué une valeur de 36.386 Euros en liquide et en aide alimentaire au début d’avril, alors que l’ONG allemande WHH distribuait 150 tonnes de nourriture dans les régions d’Androy, d’Anosy et d’Atsimo Atsinanana.

    Élevage : Avec des pluies acceptables depuis décembre dans le Sud, les conditions des pâturages sont normales. Les ménages ont commencé à régénérer leur bétail et les tailles des troupeaux s’améliorent tout en demeurent toutefois inférieures à la moyenne, notamment à Beloha et à Tsihombe.

    Nutrition : Des enquêtes SMART, effectuées du 23 février au 5 avril, ont révélé que l’émaciation à Beloha et à Amboasary avait dépassé le seuil d’alerte (plus de 13 pour cent). Concernant le retard de croissance, une situation alarmante était également observée à Beloha, de même qu’une situation d’urgence à Tsihombe, Amboasary et Taolagnaro.


    Mises à jour des hypothèses

    La situation actuelle n’a pas affecté la plupart des hypothèses utilisées pour élaborer le scénario le plus probable de FEWS NET pour la période allant de février 2017 à septembre 2017. Les hypothèses suivantes ont toutefois été actualisées :

    • Production rizicole : La production de riz dans les régions de Boeny, Sofia et Alaotra Mangoro correspondra probablement à 50 pour cent de la moyenne.
    • Cultures de rente : La production des cultures de rente baissera probablement cette année, en particulier concernant la production de vanille, litchi, clou de girofle et café. La récolte des légumineuses a commencé dans le Sud et devrait être proche de la moyenne. 
    • Ravageurs : Les cultures de maïs sont attaquées par des chenilles dans le Sud, et par des rats dans le sud-est (près de 5 pour cent de la production de maïs sont affectés).
    • Aide humanitaire : L’aide humanitaire se poursuivra jusqu’en juin 2017 dans certains districts du Sud, y compris Tsihombe, Betioky et Beloha. Dans les zones affectées par le cyclone, 170.432 personnes devraient recevoir une aide alimentaire jusqu’en juin 2017 afin de répondre aux besoins alimentaires immédiats des populations.  
    • Contexte de la sécurité : Une augmentation de l’insécurité est observée dans l’ensemble du pays, ce qui pourrait affecter la sécurité alimentaire dans certaines zones. Dans le nord-est, un plus grand nombre de vols de vanille n’ayant pas atteint sa maturité ont été signalés, et les cultivateurs pauvres sont les premières victimes. 
    • Nutrition : La malnutrition aiguë globale (MAG) baissera dans de nombreuses zones de Madagascar à la fin de la période de soudure et la prochaine époque des récoltes. Nombre d’acteurs, y compris le PAM et Action contre la faim (ACF), continueront les programmes de prévention pour lutter contre la malnutrition. Le ministère de la Santé poursuivra les dépistages massifs en mesurant le périmètre brachial (MUAC) mensuellement jusqu’en septembre 2017 dans le Sud. 

    Résultats de la sécurité alimentaire les plus probables

    Concernant la Zone de moyens d'existence du l'extrême sud : manioc, maïs et élevage (MG 24), l’insécurité alimentaire s’est améliorée en avril à la suite du début des récoltes de maïs et de légumineuses en mars. Les revenus et la diversité alimentaire des ménages se sont améliorés légèrement. Les prix alimentaires étaient stables, comparativement aux mois précédents. La distribution de l’aide alimentaire devrait se poursuivre jusqu’en juin dans certaines zones toujours en difficulté depuis ces trois dernières années. Par conséquent, les ménages seront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC!), jusqu’à la principale récolte en juin, à l’exception d’Ambovombe et de Bekily (Phase 2 de l’IPC) où la situation est meilleure, même sans une aide humanitaire. Même si la production agricole devrait être supérieure à l’année dernière, elle devrait toutefois rester inférieure à la moyenne. Le processus de redressement sera ralenti en raison de problèmes structuraux, de la production des denrées alimentaires de base et des revenus agricoles et des ressources (ex. le bétail) inférieurs à la moyenne. Par conséquent, en dépit de la période des récoltes, la majorité des ménages dans cette zone de moyens d’existence continueront à faire face à des résultats de sécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) entre juin et septembre.

    Concernant la zone Sud-ouest : manioc et petits ruminants (MG 23), les prix restent élevés dans la zone productrice de riz au nord de Betioky où la sécheresse avait sévi au début de l’année. Avec le rétablissement des stocks alimentaires, et des troupeaux de bétail, ainsi que le prix élevé du manioc et du maïs sur les marchés locaux, la majorité des ménages dans cette zone seront dans une insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC) en avril 2017. Néanmoins, certains ménages dans le district de Betioky pourraient faire face à une Crise (Phase 3 de l’IPC) au cours du même mois, bien que les populations ne soient pas suffisamment nombreuses pour changer la classification de la phase pour l’ensemble de la zone. Les ménages resteront probablement dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC) pour le reste de la période des Perspectives jusqu’en septembre.

    Concernant la zone Sud-est : café, litchi, manioc (MG 19), les déficits pluviométriques ont retardé la plantation du riz. Cette zone dépend énormément des cultures de rente (litchi, clou de girofle ou café), récoltées normalement en novembre-décembre. Les ménages produisent aussi leurs propres denrées alimentaires de base au cours d’une année normale. La vulnérabilité économique élevée des ménages dans la zone MG 29 a été aggravée par des hausses récentes des prix alimentaires sur les marchés au début de cette année. Cette zone fera face à des résultats pires que d’habitude et pourrait se trouver en situation d’insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC) d’avril à septembre 2017. En particulier, certains ménages dans le district de Vohipeno pourraient être confrontés à une Crise (Phase 3 de l’IPC) en avril, attribuable aux fortes inondations après le cyclone, qui ont endommagé les récoltes (riz, café et orange) et les sources de revenus des ménages telles que les matières premières pour les objets artisanaux. Pour autant, la population affectée n’est pas suffisamment nombreuse pour modifier la classification de toute la zone.  

    Dans les zones du Nord-est et de l’est affectées par le cyclone, les dommages subis par les moyens d’existence et la difficulté de l’accès à ces zones ont stressé la situation de l’insécurité alimentaire dans ces régions. Par conséquent, de nombreux ménages feront face à une situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) en avril. L’aide humanitaire a déjà été bien répartie et le processus de redressement devrait être rapide.

    Les ménages dans l’ensemble de Madagascar. Malgré les mauvaises récoltes prévues pour la production de cultures rizicoles qui affecteront surtout les ménages urbains pauvres, les ménages continueront à avoir un accès alimentaire relativement normal grâce aux niveaux normaux des revenus, des cultures provenant de la production personnelle et les approvisionnements réguliers sur les marchés à partir des récoltes de 2017 et des importations de riz. Par conséquent, la majorité du pays devrait continuer à être dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) entre février et septembre 2017.

    Figures Figure 1. Pourcentage des précipitations moyennes du 1er décembre 2016 au 28 février 2017

    Figure 1

    Figure 1. Pourcentage des précipitations moyennes du 1er décembre 2016 au 28 février 2017

    Source: FEWS NET/USGS

    Figure 2. Prix du riz local (changement du % en avril 2017 par rapport à la moyenne quinquennale)

    Figure 2

    Figure 2. Prix du riz local (changement du % en avril 2017 par rapport à la moyenne quinquennale)

    Source: FEWS NET/OdR

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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