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Une période de soudure prolongée est probable dans le Sud-ouest de Madagascar

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    • Répartition atypique des pluies. En décembre, les précipitations ont été inférieures à la moyenne et mal réparties dans des parties du Sud et du Sud-ouest du pays. Les prévisions météorologiques annoncent des pluies normales à supérieures à la normale dans les mois à venir, mais le retard des précipitations suggère que les semis tardifs pourraient prolonger la période de soudure de près d’un mois. 

    • Les marchés du riz sont stables, mais les prix du manioc et du maïs continuent à être élevés dans certaines zones. Le prix du riz dans le Sud a peu varié par rapport à 2014, mais poursuivant une tendance à la hausse depuis 2014, le prix du manioc est de 114 à 200 pour cent au-dessus de la moyenne des deux dernières années, et le prix du maïs dépasse de 64 à 86 pour cent sa moyenne des deux dernières années.

    • La campagne de traitement contre les criquets de la FAO et du gouvernement de Madagascar ne dispose toujours pas d’un financement suffisant. Un déficit de financement à hauteur de 14,7 millions USD pourrait mettre fin aux opérations de contrôle 2014/2015 à dater de février, limitant l’efficacité du programme de lutte sur trois ans visant à ramener les populations de criquets à leurs niveaux avant l’invasion. L’augmentation des populations de criquets pourrait réduire la production locale et les possibilités d’activités rémunératrices. 

    Zone

    Anomalies courantes

    Anomalies projetées

    Sud et Sud-ouest

    Le retard des pluies saisonnières a entraîné des retards pour les activités agricoles et le développement des cultures.

    Un retard d’un mois pour les récoltes vertes prolongera probablement d’un mois la période de soudure, en fonction du rendement saisonnier à venir.

    Sud et Sud-ouest

    Les prix du manioc ont augmenté de 114 à 200 pour cent par rapport à la moyenne sur 2 ans et les prix du maïs s’élèvent à 64 à 86 cent de plus que la moyenne des deux dernières années sur les marchés du sud à Amboasary et Toliara.

    Les prix du manioc vont probablement augmenter, bien au dessus de la moyenne des deux dernières années, avant de baisser après la récolte de mai – juin.

    Sud et Ouest

    Les populations de criquets pourraient s’accroître si des déficits de financement empêchent de poursuivre les opérations de contrôle après février 2015.  

    L’augmentation des populations de criquets pourrait provoquer des dégâts localisés pour les cultures de maïs et de riz.

    Perspectives projetées jusqu’en juin 2015

    La majorité de Madagascar avait enregistré un retard des pluies saisonnières qui ont été inférieures à la moyenne (de 20 à 50 pour cent) jusqu’au 10 janvier. Depuis la mi-décembre, les précipitations ont augmenté dans des zones anciennement sèches dans le nord et le centre de Madagascar, qui ont aujourd’hui une pluviométrie excédentaire, en raison notamment des effets des dépressions tropicales sur la côte occidentale. Les prévisions de précipitations essentiellement normales, voire supérieures à la normale entre mars et juin soutiennent des perspectives de production moyenne et d’activités moyennes qui y sont liées pour la grande majorité du pays. Avec des importations de riz plus faibles en 2014 qu’en 2013 (350.000 MT par rapport à 550.000), indiquant l’amélioration de la production nationale, et des prix restés stables dans l’ensemble du pays, la plupart des ménages seront capables de répondre à leurs besoins alimentaires et non alimentaires sans compromettre leurs moyens d’existence, une situation qui perdurera au-delà des périodes de soudure et de récolte. Par conséquent, la majorité de Madagascar devrait faire face à une insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en juin 2015.

    ZONES DE PRÉOCCUPATION

    Districts du Sud-ouest des régions d’Atsimo Andrefana et d’Androy

    En raison du début tardif de la saison des pluies dans les zones du Sud et du Sud-ouest de Madagascar, la plantation des cultures vivrières a commencé avec 30 à 40 jours de retard. Ce n’est qu’avec les précipitations récentes de janvier que les pluies cumulées ont atteint leur niveau normal pour cette période de l’année. Par conséquent, les récoltes seront probablement en retard de près d’un mois.

    Les ménages continueront probablement à avoir un accès limité au manioc et au maïs pendant la saison de soudure, en raison notamment des prix qui continuent à être élevés après les nombreux chocs de 2013 (le cyclone Haruna, les infestations de criquets et la pluviométrie médiocre) et des hausses saisonnières des prix. Sur les principaux marchés du sud d’Amboasary et de Toliara, les prix du manioc s’élèvent à plus de 114 à 200 pour cent par rapport à la moyenne sur deux ans. A Ambovombe et à Amboasary, les prix du maïs augmentent de 64 à 86 cent par rapport à la moyenne des deux dernières années, et de 32 à 50 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale. Les prix du manioc augmenteront probablement pendant la période des perspectives et resteront nettement au dessus de la moyenne sur deux ans. Les prix du maïs baisseront probablement après les récoltes. À cause de la hausse des prix du manioc et du maïs et les semis tardifs dans le sud à cause des pluies tardives, la période de soudure se prolongera jusqu’en avril pour les ménages les plus pauvres.

    Le Sud et l’Ouest de Madagascar continuent à être affectés par les criquets. Les conditions météorologiques qui n’avaient pas été favorables à la reproduction des criquets se sont améliorées avec l’arrivée tardive de la saison des pluies à la mi-décembre. La FAO et le gouvernement de Madagascar mettent en place un plan de contrôle des criquets sur trois ans, avec un budget de 42,9 millions USD. Le déficit à hauteur de 14,7 millions USD pour 2015 pourrait mettre fin aux opérations de surveillance et de contrôle à partir de février 2015. Un arrêt des opérations de contrôle pourrait augmenter les populations de criquets et les dégâts aux cultures dans certains endroits localisés.  

    La période des perspectives (janvier à juin 2015) coïncide avec les récoltes qui se déroulent typiquement de mars à juin, ainsi qu’avec le pic des travaux agricoles, mais les semis tardifs et la mauvaise répartition des pluies pourraient réduire les niveaux de production et diminuer ou retarder les activités agricoles génératrices de revenu. La récolte des légumineuses qui marque habituellement la fin de la période de soudure devient particulièrement importante et devrait se dérouler en avril. Les prix élevés du manioc et du maïs sur les marchés auxquels s’ajoute le retard d’un mois prévu pour les récoltes pourraient contribuer à une prolongation de la période de soudure et à une insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en avril 2015. Avec le début des récoltes, l’accès alimentaire des ménages devrait s’améliorer et les ménages feront face à une insécurité alimentaire aiguë Minimale (phase 1 de l’IPC) en mai et juin 2015.  

    Régions affectées par le cyclone et les inondations

    De fortes pluies et le passage du cyclone Chedza (15 et 16 janvier) à travers le centre de Madagascar ont causé des inondations dans l’Ouest, l’Est et le Nord de Madagascar pendant le mois de janvier. Selon le Bureau national de la gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), environ 131.000 personnes ont été affectées, dont 45.000 qui ont été déplacées. La majorité des personnes déplacées (quelque 32.000) vivent dans la capitale Antananarivo, ou à proximité de celle-ci. Des rapports préliminaires suggèrent qu’au moins certains déplacements ne sont que provisoires et que des personnes sont déjà retournées chez elles. Les régions touchées par les inondations incluent également la région occidentale de Menabe, et les districts de Manakara, Mananjary, Nosy Varika (Vatovavy-Fitovinany) et Farafangana (Atsimo Atsinanana), à l’Est du pays. Le BNGRC signale également qu’environ 7.900 ha de cultures ont subi des dégâts et OCHA rapporte (au 29 janvier 2015) qu’approximativement 9.900 ha de rizières ont été inondés. Même si les cyclones sévissent habituellement dans certaines régions de Madagascar, et que certaines cultures (comme le riz) sont particulièrement résistantes aux inondations, des inondations pendant les récoltes et/ou l’impossibilité de replanter peuvent réduire la production locale et les possibilités de revenu. Par ailleurs, plusieurs cyclones, ou des cyclones frappant certaines régions (comme le Sud-ouest de Madagascar) où les cultures résistent moins aux inondations, pourraient mener à des conséquences néfastes. FEWS NET continuera à vérifier et à suivre la situation afin de déterminer la possibilité d’impacts majeurs sur la sécurité alimentaire. 

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source : FEWS NET

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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