Perspectives sur la sécurité alimentaire

Récoltes de la saison A inférieures à la normale au Centre-est du fait d’une pluviométrie excessive

Février 2020 - Septembre 2020

Février - Mai 2020

Carte des Résultats estimés les plus probables de la sécurité alimentaire, Février-Mai 2020 : Minimal (Phase 1 de l'IPC) dans Tshopo, Bas-Uele, et Haut-Uele; Stress (Phase 2 de l'IPC) dans Maniema, Sankuru, Lualaba, Haut-Lomami, Haut-Katanga, et parties de Kasai, Kasai-Central, Tanganyika, Sud-Kivu, Nord Kivu, et Ituri; Crise (Phase 3 de l'IPC) dans parties de Kasai, Kasai-Central, Tanganyika, Nord-Kivu, Sud-Kivu, et Ituri

Juin - Septembre 2020

Carte des Résultats estimés les plus probables de la sécurité alimentaire, Juin-Septembre 2020  : Minimal (Phase 1 de l'IPC) dans Tshopo, Bas-Uele, et Haut-Uele; Stress (Phase 2 de l'IPC) dans Maniema, Sankuru, Lualaba, Haut-Lomami, Haut-Katanga, et parties de Kasai, Kasai-Central, Tanganyika, Sud-Kivu, Nord Kivu, et Ituri; Crise (Phase 3 de l'IPC) dans parties de Kasai, Kasai-Central, Tanganyika, Nord-Kivu, Sud-Kivu, et Ituri

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Non cartographié
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire. FEWS NET ne cartographie que l’est de la RDC.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Non cartographié
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire. FEWS NET ne cartographie que l’est de la RDC.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Non cartographié
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • Les récoltes de la saison agricole A ont été globalement inferieures à la normale particulièrement dans le Centre-sud du pays, du fait des inondations importantes causées par une pluviométrie excessive. Cette situation qui se produit dans une région déficitaire et subissant une forte pression de la part des retournés de toutes catégories, présage des difficultés d’accès à la nourriture dans le court terme, notamment dans le Kasaï et le Kasaï- Central.

  • En dépit du retour important des personnes déplacées internes dans la région des Kasaï, lequel est estimé à environ 63 pourcents des 1,6 millions enregistrés selon UNHCR, la faible couverture de l’assistance humanitaire actuelle, pourrait occasionner une réinsertion incomplète de ces personnes retournées, avec possibilité des choix peu recommandés comme les activités illégales voire une remobilisation des jeunes issus des différentes milices.

  • Depuis décembre 2019, on assiste à une montée de prix des principales denrées alimentaires sur l’ensemble des marchés du pays, qui se justifie, selon le ministère national de l’économie, par le glissement du taux de change, les conditions météorologiques et la dégradation des principaux tronçons routiers à travers le pays. Ces faits sont traduits respectivement par une limitation d’accès à la nourriture, une réduction de la production agricole et des difficultés d’évacuation des produits de récolte vers les centres de consommation.

  • Au cours de la période de scenario qui va démarrer avec la période de soudure de la saison B, les faibles performances de la saison précédente, l’insuffisance de l’assistance aux retournés et la reprise des hostilités dans quelques provinces de l’Est, présagent d’une situation alimentaire difficile et la zone sera en Crise (Phase 3 de l’IPC) notamment dans l’Ituri, le Nord Kivu, le Centre-sud du Kasaï et du Kasaï central. La situation dans le restant de la partie Est sera en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC), excepté les zones du Nord quasi stables qui restent en Minimale (Phase 1 de l’IPC).

Contexte National

Situation actuelle

Situation agro-climatologique : Comme les autres pays de la région australe, la RDC a été victime des perturbations climatiques sur la majeure partie de son territoire depuis octobre 2019. Les pluies excessives ont entrainé inondations, éboulements et destruction des infrastructures routières ; des nombreux ménages ont été victimes de ces catastrophes naturelles. Les provinces de l’Ouest, du centre et du Nord du pays ont été les plus touchées. A Zongo, 9168 personnes ont été victimes tandis que dans le Haut Uélé plus de 10.000 personnes ont été déplacées par le fait de ces inondations.

En plus des faibles productions attendues comme conséquence de cette pluviométrie au-dessus de la normale, les échanges commerciaux des principales denrées entre différentes zone ont été ralentis du fait de l’état des infrastructures routières qui se retrouvent dans un niveau de dégradation avancée dans ces zones où la situation humanitaire est déjà préoccupante.

Insécurité et mouvements de populations : La République Démocratique du Congo, continue à faire face à une situation sécuritaire préoccupante et sans précédent. La reprise des hostilités des groupes armés sur plusieurs fronts et des violences intercommunautaires observés dans la partie Est du pays, présagent d’un lendemain incertain pour ces zones en proie aux perpétuels déplacements des populations. C’est le cas de provinces de l’Ituri, du Nord Kivu, du Sud Kivu et du Tanganyika. Cette présence militaire dans ses zones limite l’accès des populations à leurs champs d’une part et fait perdre les récoltes à ceux qui ont réussi à semer par des actes des vols des combattants.

En Ituri depuis le mois de janvier, les miliciens « Cooperative for the Development of Congo » (CODECO) ont accentués des attaques et des exactions contre les populations civiles dans les territoires de Mahagi et Djugu. Au début de ce mois de février, environ trois cents combattants du groupe armé CODECO, qui étaient regroupés pendant plus de trois mois à Rethy, ont regagné leurs anciens maquis dans le territoire de Djugu dans les localités d’Ala, Sanduku et Aruda dans le secteur de Walendu Pitsi. Des nouveaux mouvements des populations sont signalés alors que déjà les différents alertes sur les mouvements des populations reçues par OCHA font état d’environ 1 014 405 personnes déplacées dans cette province à la fin de l’année 2019. Cette situation a causé une limitation d’accès des ménages aux ressources et une accessibilité limitée des humanitaires aux personnes en besoin d’assistance. Les Force de Résistance patriotique d’Ituri (FRPI) sont aussi cantonnés dans le territoire d’Irumu et posent encore des préalables pour leur reddition.

Dans la province voisine du Nord Kivu, en dépit des offensives des Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC), l’Allied Democratic Forces - National Army for the Liberation of Uganda (ADF-NALU) a multiplié la violence sur les populations locales à Beni et environs se soldant par des tueries qui se rependent actuellement sur les territoires voisins de Mambasa et Irumu en Ituri. Depuis le début février 2020, on note un déplacement massif des populations de la commune rurale de Magina, fuyant les hostilités, vers le centre de la ville de Beni. Dans la zone sud-est du Nord Kivu, les territoires de Masisi et Rutshuru ont connu une hausse de la criminalité, en particulier les enlèvements contre rançon et les meurtre ainsi que des combats opposant les différents groupes armés notamment les Alliance of Patriots for a Free and Sovereign Congo (APCLS), les Nduma Defense of Congo (NDC-R), les Nyatura- Forces de Patriotes Congolais (Nyatura FPC), les Nyatura Biriko, National Council for Renewal and Democracy (CNRD), Collective of Movements for Change (CMC) et Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et l’armée nationale.

Au Sud-Kivu, la défection des quelques officiers militaires avec leurs troupes pour regagner les groupes armés ne fait qu’augmenter les risques d’une grande explosion d’un conflit inter ethniques dans les territoires d’Uvira, Fizi et Mwenga. Les groupes armés en présence s’identifient aux communautés locales et poussent ces dernières à s’impliquer dans les violences. Plus de 120 miliciens Nyatura qui avait été déjà cantonnés à Numbi pour leur reddition sont retournés en brousse au mois de janvier dernier. Dans cette région, plus de 6 000 personnes auraient à nouveau fui les affrontements armés depuis le 05 janvier 2020 entre les miliciens locaux dans les villages Masango I, Rubibi et Kihuha dans le Groupement de Bijombo. Dans le territoire de Kalehe, on note l’arrivée de plusieurs chefs miliciens venus du Nord Kivu après les représailles des FARDC. On estime à environ 40 000 personnes affectées par différentes vagues de déplacements en décembre 2019 dans plusieurs localités du Groupement de Kalonge.

Dans la province du Maniema, depuis le début du mois de janvier 2019, des affrontements quasi-quotidienne ont repris entre les FARDC et la coalition Maï-Maï Malaika et Mandevu pourtant le gouvernement provincial avait déjà initier des négociations avec ces miliciens. 

Dans le Haut Uélé, on signale la résurgence du groupe armé Lord Resistence Army (LRA) près de Dungu. Des combats entre la LRA et les FARDC ont éclatés au courant de ce mois de janvier 2020 faisant 23 morts et 245 kidnappés, selon les organisations de la société civile locale.

Dans la province du Tanganyika les chefs miliciens Maï-Maï Hapa na pale de Mundus et ceux de Yakutumba ont posé une série des conditions pour obtenir leur reddition.

Avec l’amélioration de la situation politique et sécuritaire dans l’espace Kasaï, on note un mouvement important de retour aussi bien des anciens déplacés internes que des rapatriés spontanés en provenance de l’Angola.

Situation agricole : En dépit des prévisions agro climatiques énoncées ci-haut, la campagne agricole 2019-2020 a été la moins performante des trois dernières campagnes avec les récoltes de la saison A inférieures à la normale, ne pouvant couvrir les besoins des ménages que pour une durée de stock réduite à un voire deux mois au plus. On note des pertes importantes des cultures du fait des inondations des surfaces cultivées, lesquelles ont détruit les routes de dessertes agricoles rendant plus difficile l’évacuation de cette faible production vers les centres de consommation.

On notera également qu’en dépit du retour massif des populations déplacées dans leurs zones de provenance, la reprise agricole bien qu’effective sur la région de Kasaï, n’a pas été fortement soutenue par l’action humanitaire.

Marchés et prix des denrées : Depuis les deux derniers mois, on a assisté à une montée inhabituelle des prix des principales denrées alimentaires sur les marchés en RDC. En effet, à titre d’exemple le prix du sucre a presque doublé à Kinshasa passant de 6 500 à 11 500 francs congolais pour un sachet de 5 kg. Un bassin de haricot vert de 10 kg se négocie à 20 000 au lieu de 13 500 francs congolais par le passé à Bunia. Le ministère national de l’économie justifie cette hausse des prix sur les marchés par le glissement du taux de change, les conditions météorologiques et la dégradation des principaux tronçons routiers à travers le pays. Les effets du déficit céréalier, en particulier de la farine de maïs, dans les pays de l'Afrique australe (Zambie, Malawi, Zimbabwe, et l’Afrique du Sud) continuent à avoir une incidence sur les disponibilités de ce produit dans les provinces du Sud-est et du Centre-est) savoir le Katanga et une partie de la région de Kasaï.

Les épidémies : L’évolution de l’épidémie de rougeole et les flambées de choléra demeurent préoccupantes avec 203 179 cas de rougeole et 21 715 cas de choléra enregistrés entre janvier et septembre 2019, bien supérieurs aux années précédentes. Les effets de cette épidémie pourraient inclure une augmentation des mauvais résultats nutritionnels chez les enfants ainsi qu'une certaine perte de moyens d’existence pour les personnes et les ménages touchés.

La Maladie à Virus Ebola fait 20 mois que la flambée a été déclarée pour la première fois le 8 mai 2018. Le nombre de cas signalés par semaine est inférieur à la période de mars à septembre 2019 (Figure 2). Cependant, plusieurs zones de santé sont difficiles à atteindre en raison de l'insécurité, y compris la zone de santé de Mandima, où des rumeurs font état de plusieurs décès de communautés dans la zone de santé de Lwemba. Elle continue d’affecter des personnes avec des nouveaux cas dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu bien qu’une baisse globale des cas ait été enregistrée depuis juillet 2019 et la maladie reste considérée comme une urgence internationale par l’OMS. Bien que l'impact sur la sécurité alimentaire dans les zones touchées ne soit pas très important, il est probable que les ménages qui ont été les plus hésitants pendant l'épidémie seront plus enclins à reprendre leurs activités agricoles maintenant que le nombre de cas diminue.

Situation nutritionnelle : Elle reste préoccupante au niveau national. Selon le PRONANUT, dans son dernier bulletin du troisième trimestre 2019, les 50 pourcents des alertes se trouveraient dans la seule région des Kasaï avec une prédominance marquée dans le Kasaï Central qui regorge près de 75 pourcents des zones des santé en alerte. Sur le plan sanitaire et selon une enquête récente de ACTED/REACH conduite en janvier 2020, dans l’extrême Nord-est du Tanganyika, 46 pourcents des ménages dans la zone de santé de Nyemba rapportent ne pas avoir accès à une structure de santé.

Suppositions

Le scénario le plus probable de février à septembre 2020 est basé sur les hypothèses suivantes au niveau national :

  • Agro climatologie : Selon la NOAA et l’USGS, la saison pluviométrique bimodale de la RDC d’octobre 2019 à mars 2020 devrait être moyenne, avec des zones localisées supérieures à la moyenne. Avec cette situation, on pourrait s'attendre à des récoltes de la saison B normales à partir de juin 2020.
  • Saison agricole et main d’œuvre : En lien avec les prévisions agro climatiques qui favoriseront une campagne agricole normale de saison B, l’importance de retour non assistés dans la région du Kasaï pourrait constituer des opportunités de main d’œuvre bon marché dans les zones de retour.
  • Insécurité et mouvements des populations : La persistance des conflits dans les provinces du Sud Kivu, Nord Kivu, Ituri, Maniema, Haut-Uele, et Tanganyika pourrait dans les mois à venir, occasionner des nouvelles crises de déplacements des populations. Notons aussi que dans beaucoup de provinces, les populations en mouvements ont raté plusieurs saisons agricoles, ce qui aura des conséquences sur la production agricole.
  • Evolution de la situation politique : Depuis plus de 2 mois, on assiste à une situation d’incompréhension politique entre la coalition le Front Commun pour le Congo et le Cap pour le changement (FCC-CACH) au pouvoir. Cette incompréhension s’observe aussi dans certaines provinces où les gouverneurs et leurs gouvernements sont sous menace des assemblées provinciales. Cette situation pourrait aboutir à un éclatement général des manifestations publiques d’autant plus que lors des élections présidentielles de 2019, la population avait voté à majorité pour l’opposition.
  • Les marchés et prix : A l’instar de l’économie congolaise, le glissement du taux de change de la monnaie locale va continuer et les principaux tronçons routiers à travers le pays vont continuer à se dégrader durant cette période pluvieuse. Cette situation pourrait réduire les flux commerciaux et limiter les échanges sur les marchés. En outre, les effets du déficit céréalier, en particulier celui de la farine de maïs, dans les pays d'Afrique australe (Zambie, Malawi, Zimbabwe et Afrique du Sud) continueront d'avoir une incidence sur la disponibilité alimentaire de ces produits dans la région Sud de la RDC, particulièrement les régions de ex Katanga et le Kasaï. Cette situation entraînera probablement des prix plus élevés que d'habitude pour les aliments de base.
  • Epidémie de la Maladie à Virus Ebola (MVE) : La poursuite des efforts de réponse dans les zones de santé actives, y compris dans les zones d'insécurité, et la prévention de la réintroduction de la maladie dans les zones de santé avec des populations denses qui ont déjà été éliminées sont cruciales pour mettre fin à la transmission en cours. Etant donné cette tendance à la réduction des nouveaux cas d’infection à la MVE, on pourrait également s’attendre à un retour des déplacés dans les zones jadis affectées et à une reprise agricole effective dans la région de Beni et environs.

Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire :

Entre février à mai 2020 connaitra le pic de la soudure dans le Nord-est et Centre- est et en même temps le début des premières récoltes de la saison culturale B. Certaines zones qui connaissent le plus sévère effets du conflit et/ou des inondations qui limitent l’accès à la nourriture et aux moyens d’existences pourraient rester en Crise (Phase 3 de l’IPC) notamment l’Ituri, Sud-Kivu et le Nord Kivu, le Tanganyika et le Kasaï Central. Les provinces de Lomami, Sankuru, Kasaï Kasaï oriental, ex-Katanga qui ont en récupération des conflits récemment, qui ont moins accès à leurs moyens de subsistance normaux, et qui ont toujours des populations déplacées ou récemment retournes seront en Stress (Phase 2 de l’IPC). En revanche, les provinces de Haut-Uele, Bas-Uélé, Tshopo et une partie du Maniema qui sont plus calmes resteront en Minimale (Phase 1 de l’IPC) avec un accès normal à la nourriture et aux revenus.

Entre juin et septembre 2020 qui correspond au pic de la soudure dans l’Est de la RDC, la situation des ménages sur l’ensemble de la zone sera de plus en plus difficile avec un accès limité à la nourriture du fait de l’épuisement des stocks, on estime que les récoltes vertes de décembre pourront soulager les populations qui auront commencé à développer des stratégies d’adaptation souvent dommageables et irréversibles. Certaines zones de l’Est qui connaissent les effets de la crise prolongée pourraient rester en Crise (Phase 3 de l’IPC) notamment l’Ituri (Irumu et Djugu), Sud-Kivu (Uvira, Fizi) et le Nord-Kivu ; cependant, les provinces de Tanganyika, Lomami, Sankuru, Kasaï oriental Kasaï, le Maniema, l’ex-Katanga qui essayent de se stabiliser, où les ménages ont un meilleur accès à la nourriture et aux revenus, seront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC). En revanche, les provinces de Haut-Uele, Bas-Uélé, Tshopo qui n’ont pas connu des chocs importants resteront en phase Minimale (Phase 1 de l’IPC).

Evènements qui pourraient changer les scenarios

Zones Evénements Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire
Ituri, Nord Kivu, Sud Kivu, Tanganyika, Maniema
  • Evolution négative de la situation sécuritaire
  • Une recrudescence de violence des groupes armés contre les populations locales et l’armée nationale pourrait augmenter les mouvements des populations qui abandonneraient leurs moyens d’existence. L’accès aux personnes en besoin serait limité.

Ituri, Nord Kivu, Sud Kivu, Tanganyika, Maniema, Kasaï

  • Détérioration continue de routes de desserte agricole
  • Irrégularité des pluies en pleine saison culturale
  • Détérioration de la situation politique
  • Impact négatif dans la zone et qui pourrait fragiliser les échanges entre territoires et les disponibilités des denrées sur les marchés
  • L’excès et/ou carence/retard des pluies impactant sur le cycle végétatif et finalement sur la production agricole et pouvant exacerber les dégâts des inondations.
  • Cette situation pourrait aboutir à un éclatement général des manifestations publiques.

 

A Propos de l’Élaboration de Scenarios

Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

  • USAID Logo
  • USGS Logo
  • USDA Logo
  • NASA Logo
  • NOAA Logo
  • Kilometra Logo
  • Chemonics Logo