Mise à jour sur la sécurité alimentaire

Début précoce de la période de soudure dans les régions Nord-est et Centre-est de la RDC

Août 2019

Août - Septembre 2019

Carte de la Sécurité alimentaire courante, Juin 2019: Minimal (IPhase 1 de l'IPC) dans le nord, Stresse (Phase 2 de l'IPC) dans le plupart de l'est, (IPC Phase 3) dans partis de Nord Kivu, Sud Kivu, Ituri, des Kasais, et Haut Katanga, Crisis (IPC Phase 3!) dans partis des Kasais

Octobre 2019 - Janvier 2020

Carrte de la Sécurité alimentaire courante, Juin 2019: Minimal (IPhase 1 de l'IPC) dans le nord, Stresse (Phase 2 de l'IPC) dans le plupart de l'est, Stresse (IPC Phase 2!) dans partis des Kasais, Crisis (IPC Phase 3) dans partis de Nord Kivu, Ituri, des Kasais

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Non cartographié
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire. FEWS NET ne cartographie que l’est de la RDC.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Non cartographié
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire. FEWS NET ne cartographie que l’est de la RDC.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Non cartographié
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • A cause des récoltes estimées inférieurs à la moyenne observée en fin de la dernière campagne agricole 2018-2019, le mois d’août 2019 marque le début de la période de soudure qui s’annonce précoce dans les parties Nord-est et Sud-est, et septembre pour le Sud-est. Cette période charnière marque aussi le démarrage de la saison A durant lesquelles les disponibilités alimentaires se verront de plus en plus réduites sur les marchés locaux. On s’attend à une situation encore plus difficile au pic de la soudure en octobre et novembre 2019.

  • L’escalade de violence des groupes armés dans les provinces du Sud-Kivu (Uvira, Mwenga, Kabambare), du Nord-Kivu (Beni, Rutshuru, Masisi) et de l’Ituri (Djugu et Mahagi) durant la période allant de mars à juin 2019 a occasionné des nouveaux déplacements des populations. En Ituri, plus de 360.000 personnes sont déplacées entre mai et juin 2019, selon OCHA. Cette situation intermittente dans la zone ne pourrait favoriser une reprise agricole normale dans ces localités dépendant essentiellement de l’agriculture.

  • L’expansion de la Maladie à Virus Ebola (MVE) au-delà des premiers foyers de Beni et Butembo créée déjà des inquiétudes pour les provinces et pays voisins. Des cas confirmés de MVE ont été signalés dans la ville de Goma (4) et dans la province du Sud-Kivu (1) en territoire de Mwenga. Cette situation vient durcir les procédures administratives d’immigration de la part des pays voisins (Rwanda et Burundi), préjudiciables aux milliers des journaliers qui franchissent les frontières pour des échanges transfrontaliers.

Situation Actuelle

Situation agricole : Etant donné le faible niveau des récoltes des saisons agricoles précédentes A et B, la période de soudure s’avère plus précoce que d’habitude. Les stocks issus de ces deux saisons ont couvert, chacune, en moyenne deux mois de consommation sur l’ensemble de la zone Est du pays. Ceci pourrait influer sur le niveau de disponibilité des aliments sur les marchés à partir de septembre 2019. Ainsi, les ménages agricoles pauvres pourront faire recours aux stratégies de survie liées au changement des habitudes alimentaires.

On observe également la présence de la cochenille farineuse (Phenacoccus manihoti) couramment appelée « Mombolenge ou mouche blanche » qui a décimé plus de 3.500 Ha de champs de riz dans les territoires de Kailo, Kibombo et Pangi en province du Maniema. Plus de 7.000 ménages victimes de cette peste sont ainsi exposés à l’insécurité alimentaire et ne pourront pas avoir accès aux semences pour la saison agricole prochaine. Notons que cette phytopathologie a été aussi confirmée dans le territoire de Kalehe au Sud Kivu sur les cultures de Manioc par le CRSN (le centre de recherche en Science Naturelle de Lwiro) au mois de Mai 2019.

Situation de l’élevage : La Peste des Petits Ruminants (PPR) déclarée depuis le mois de juin 2019 dans les territoires de Pangi et Kibombo dans la province du Maniema, a décimé plus de 10.081 têtes de bétails affectant 4.800 ménages alors que l’élevage constitue une source importante de revenu dans ces territoires ; On estime à plus de 500.000$ la somme que pourrait générer aux ménages le bétail perdu. Il convient de noter la présence de cette épizootie dans les territoires de Masisi et Rutshuru dans la province du Nord-Kivu signalée depuis le second semestre de 2018.

Situation des marchés : Au mois de juillet, les prix de principaux vivriers sont restés stables sur toute l’étendue du pays comparés au mois de juin 2019. Cependant, sur le marché de Goma, on note une hausse de 23 et 15 pourcents pour la farine de maïs et l’huile de palme du fait de la réduction des flux d’approvisionnement d’environ 30 pourcent. La hausse pour le même produit à Kananga est respectivement de 17 et 6 pourcents pendant la même période. La même tendance à la hausse est observée à Uvira (11 pourcent) et Kananga (17 pourcent) pour le prix de riz importé. Les principaux produits vivriers sont disponibles sur les marchés urbains. Le taux de change est resté inchangé en juillet 2019 comparé au mois précédent, soit 1 dollar américain pour 1,600 francs congolais en moyenne.

Selon le dernier rapport de la cellule d’analyses des indicateurs de développement de mois de juillet 2019, les prix moyens au niveau national de cinq produits sur 10 suivis, ont connu une baisse (viande de chèvre –25 pourcent, riz importé –21 pourcent, farine de manioc –18 pourcent, haricot –18 pourcent, riz local –9 pourcent), quatre ont connu une stabilité des prix (farine de maïs, huile végétale, sel, sucre) et un a connu une hausse des prix (huile de palme +7 pourcent) par rapport aux prix enregistré en juin 2019.

Situation sécuritaire et mouvements des populations : La situation sécuritaire actuelle du pays reste préoccupante. Certaines localités connaissent de recrudescence des violences du fait des opérations militaires des FARDC contre les groupes armés, qui entrainent des mouvements atypiques et importants des populations. Etant donné la faible réponse humanitaire dans les zones de déplacement.Déplacés profitent de la solidarité des ménages hôtes pour s’abriter et partager les faibles ressources locales avec ces derniers.

Les affrontements dans les territoires de Djugu, Mahagi et Irumu signalés depuis septembre 2018 évoluent dans une ambiance de violences aigues et prolongées. A ce jour, OCHA estime à plus de 360.000 personnes déplacées fouillant les exactions entre les mois de mai et juin 2019. Par ailleurs, un rapport publié par l’OIM en août 2019 fait état de près de 276.193 personnes déplacées dans le territoire de Beni (cumul 2016-2019) ; 85.895 personnes nouvellement déplacées entre avril et mai 2019 et environ 401.510 personnes retournées dont 140.324 entre avril et juin 2019.

Dans la province du Sud Kivu, le Comité Régional Inter organisations (CRIO) Uvira estime à environ 262.000 personnes déplacées dans les Hauts Plateaux de Fizi et d’Itombwe ainsi que dans les Moyens Plateaux de Mutambala depuis le déclenchement de la crise intercommunautaire de mois de mai 2019. Les affrontements entre un groupe Mai-mai et le FARDC dans la localité de Bunyakiri en juin 2019 ont conduit au déplacement de 5.264 ménages.

Quant à la province du Maniema, OCHA estime à plus de 53.946 personnes déplacées actuellement réparties dans les territoires de Kabambare, Pangi et Kibombo. Cette situation des mouvements des populations cycliques anéantie l’élan de reprise normale des activités agricoles dans cette région.

La situation d’Ebola : Depuis début juillet 2019, nous assistons à une expansion de la MVE avec deux cas de décès confirmés enregistrés dans la ville de Goma depuis la deuxième quinzaine du mois d’août 2019. Une forte mobilisation de l’équipe de riposte au niveau de la ville de Goma a pu stabiliser la situation avec deux cas traités et guéris en début du mois d’août en cours. Cependant, au niveau de la zone nord de la province du Nord-Kivu et de l’Ituri, la situation sécuritaire ne permet pas aux entités dédiées à la riposte de maitriser la situation de l’épidémie. Les attaques répétées des centres de traitement de la MVE et lea résistance de certaines victimes semblent favoriser la propagation de la maladie dans la communauté. Sur l’ensemble, le cumul est de 2,974 cas en date du 26 août 2019 dont 2,869 cas confirmés, 105 cas probables et un taux de létalité de 66 pourcents.

Assistance humanitaire : Elle continue d’être assurée aux personnes déplacées, retournées, réfugiées et victimes des crises par les Agences des Nations Unies (PAM, FAO, UNICEF, PNUD, ONU Femmes, …), les ONGs internationales et nationales, en partenariat avec le gouvernement. La couverture reste faible mais elle se poursuit dans les zones affectées notamment dans la région des Kasaï, dans les provinces de l’Ituri, du Nord-, du Sud-Kivu et de Tanganyika. Le mauvais état des routes et les conditions sécuritaires constituent les principales restrictions à l’accès humanitaire.

Suppositions Mise à Jour

La situation actuelle n’a pas affecté les hypothèses émises dans le développement de scénario FEWS NET le plus probable pour la période de juin 2019 à janvier 2020. Un examen complet du scénario est disponible dans le rapport sur les perspectives de juin 2019 à janvier 2020 posté sur le site de FEWS NET.

Perspectives Estimées Jusqu'en Janvier 2020

La seconde moitié de cette première période de scenario (juin à septembre 2019) coïncide avec le début de la période de soudure précoce qui pourra continuer jusqu’au mois de décembre avec un pic entre octobre et novembre. On estime qu’une proportion importante de ménages retournés notamment dans la région des Kasaï pourra participer à cette première saison agricole, qui va s’étaler de septembre 2019 à janvier 2020. Ainsi, les surfaces emblavées pour les producteurs agricoles pourraient t éventuellement augmenter du fait de l’augmentation du nombre des fermiers dans la région, avec une amélioration possible des récoltes en fin de saison. Cela pourrait donner à nouveau de la nourriture aux ménages pauvres qui dépendraient en ce moment de leur propre production.

Etant donné le faible niveau d’assistance reçu par les ménages retournés, la production de cette saison A sera estimée inferieure à la moyenne. La situation de la sécurité alimentaire ne pourrait s’améliorer substantiellement qu’au fil des campagnes agricoles complètes.

De ce fait, plusieurs zones devront donc rester en phase de Crise (Phase 3 de l’IPC) notamment une partie de la région des Kasaï, le Tanganyika, le Nord-Kivu et une partie de l’Ituri. Par conséquent l’assistance humanitaire en cette période devra être déterminante pour sauver des vies et protéger les moyens d’existence. Les entités comme l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu qui connaissent actuellement des conflits et violences, en plus de l’épidémie de la Maladie à Virus Ebola (MVE) sont toujours confrontés à des mouvements importants des populations. La situation dans ces localités restera préoccupante pendant la période de projection.

À Propos de ce Rapport

Cette mise à jour sur la sécurité alimentaire est un rapport mensuel sur les conditions actuelles et des changements sur les perspectives projetées de l'insécurité alimentaire dans ce pays. Il met à jour les Perspectives sur la sécurité alimentaires de FEWS NET. Pour en savoir plus sur notre travail, cliquez ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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