Skip to main content

Détérioration des conditions de sécurité alimentaire en marge de la sécheresse et de COVID-19

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Haïti
  • Juin 2020
Détérioration des conditions de sécurité alimentaire en marge de la sécheresse et de COVID-19

Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
  • Messages clé
    • Des pluies inférieures à la normale et irrégulières depuis la fin du mois de mars ont ralenti la poursuite des activités agricoles et retardent le développement des plantations dans presque tout le pays, hormis certaines zones irriguées dans le Sud, le Nord, le Nord-Est, l’Ouest, le Centre et l’Artibonite. Cette situation a compromis le cycle végétatif des cultures de la saison, en particulier le haricot et le maïs. La plupart des régions productrices n’ont pas lancé la campagne de printemps cette année.

    • Des récoltes de printemps très peu performantes sont le signe annonciateur des campagnes d’été/automne et d’hiver en dessous de la moyenne, étant donné la contribution de celles-ci à ces campagnes successives. En dépit des pluies cumulatives au-dessus de la moyenne, anticipées pour cette période, ces campagnes vont donner des récoltes en dessous de la moyenne.

    • Les mesures préventives contre la propagation du virus continuent d’impacter négativement le fonctionnement des marchés en termes de revenus, les transferts, et les opportunités d’emploi dans le pays. Ajouté à cela, les prix élevés des produits alimentaires de base, dans un contexte de dépréciation continue de la monnaie nationale face au dollar, et de revenu en-dessous de la moyenne, affectent l’accès alimentaire des plus pauvres.

    • Les récoltes en juin/juillet, en raison de la baisse de production anticipée, de l’inflation persistante et des effets de COVID-19, apportera une amélioration minimale a la sécurité et l’accessibilité alimentaire des ménages très pauvres. Ainsi, une insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) et de Stress (Phase 2 de l’IPC), pour la plupart, se maintient durant la période de projection.


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    Le contexte de la pandémie de COVID-19. Selon le Ministère de la Santé Publique et de la Population, au cours du mois de juin 2020, plus de 5000 cas de COVID-19 ont été enregistrés, dont 100 morts et environ 800 rétablis (MSPP, 2020). Le département de l’Ouest, où se concentrent les trois laboratoires réalisant les tests de dépistage à Port-au-Prince, enregistre près de 80 pour cent des cas.  

    La pandémie de COVID-19 peut surtout être considérée comme un facteur aggravant, dans le contexte de conditions préexistantes. En plus d’être un pays à très faible revenu, le système de santé d'Haïti manque de ressources suffisantes pour répondre pleinement aux besoins de prévention et de traitement du COVID-19. Les ressources typiquement allouées contre l’insécurité et la vulnérabilité alimentaires sont plutôt consacrées pour combattre en priorité le COVID-19. Par exemple, dans le Plan de Réponse Humanitaire (HRP), plus de 50 pour cent des ressources sont attribués à la lutte contre le virus.

    Par ailleurs, face à l’expansion rapide de COVID-19 depuis le mois de mai, le gouvernement haïtien maintient jusqu’au mois de juillet les mesures prises pour freiner sa propagation En particulier les restrictions d’accès à certains lieux publics, la limitation du nombre des passagers dans le transport public, et la réduction du nombre de jours de fonctionnement des marchés, etc., sont des mesures ayant un impact sur les activités génératrices de revenus et affectent négativement l’accès des ménages  aux aliments.

    Contexte sociopolitique. La situation sociopolitique actuelle est calme. Les restrictions contre les rassemblements de personnes pour freiner la propagation de COVID-19 limitent aussi la possibilité d’organiser des manifestations. Toutefois, son évolution reste toujours imprévisible, tant que les facteurs comme l’inflation, les hausses de prix, et le mandat du gouvernement qui finit bientôt continuent.

    Conditions pluviométriques. En termes cumulatifs, les précipitations enregistrées depuis la fin du mois de mars jusqu’à la première décade de juin ont été en dessous de la moyenne et irrégulièrement réparties dans le temps et dans l’espace. L’indice de végétation NDVI (Figure 1) reste sous la moyenne, en dépit des pluies observées fin mai. Hormis les zones pourvues de système d’irrigation (plaine des cayes, Campérin, les Anglais, dans le Sud, la Vallée de l’Artibonite, la Plaine Maribahoux dans le Nord-est, etc.), la plupart des régions est en proie à un déficit hydrique prolongé qui compromet le cycle végétatif des cultures de printemps dans les zones ayant semé plus tôt. Cette situation est similaire à celui de 2019, où une baisse de production de 12 pour cent était estimée en raison de la sécheresse (FEWS NET, Haïti : Perspectives d’offre et de Marchés, Septembre 2019) Cette année, la sécheresse a commencé plus tôt, et représente deux années consécutives de faibles pluies.

    Impact sur la production agricole de la saison. Hormis les plaines irriguées et les montagnes semi-humides, l’irrégularité spatio-temporelle des pluies a perturbé le développement normal des cultures de printemps et compromis le lancement de la campagne de printemps dans les régions sèches d’agriculture essentiellement pluviale. Certaines régions telles que la Grand’Anse et le Sud devaient commencer à avoir les premières récoltes depuis mai et juin. Mais la sécheresse en cours et le retard de croissance des cultures repoussent les récoltes. Dans les autres régions, où la récolte commence ordinairement en juillet, le niveau de fructification des plantes suggère des récoltes peu performantes. Cette situation est particulièrement préoccupante au niveau des zones sèches comme la Côte Sud, la zone littorale Grand ’Anse, le Haut Plateau, le Haut Artibonite, le bas Nord-Ouest, les Nippes, certaines parties de l’Ouest (Fond Baptiste dans la commune de Cabaret).

    Les marchés urbains et régionaux. Malgré le contexte mondial de la pandémie, causée par le COVID-19, le marché national continue d’être bien approvisionné en produits alimentaires de toutes les catégories, surtout importés. Aucune rupture de stock n’a été observée jusqu’ici. En dépit des mesures restrictives, les produits alimentaires de base ont pu circuler normalement. Néanmoins, certains produits, venant exclusivement de la République Dominicaine (comme les condiments, l’huile, la farine, etc. et d’autres biens et services à usage non alimentaire), sont relativement peu disponibles après la fermeture des frontières. Cela a induit une tendance à la hausse de prix durant la période. La disponibilité des denrées locales reste toujours très faible, voire même en-dessous de la moyenne de cette période, mise à part la banane, la mangue, etc.

    Toutefois, pour limiter la propagation de la maladie en Haïti, les autorités locales et régionales maintiennent la réduction des jours et du nombre d’heures de fonctionnement des marchés, ce qui impacte négativement les revenus.

    Evolution des prix. Les prix des produits alimentaires de base ont fluctué à la hausse depuis plus de trois mois consécutifs. En premier lieu, le prix du maïs en grain a augmenté près de 7 pour cent comparé au mois précédent, la marmite de six livres s’étant vendue autour de 180 gourdes en Mai contre 168.5 gourdes en Avril. Cette situation résulte de la faible disponibilité locale en maïs en grain, ceci particulièrement dans la Grand’Anse et le Sud, où le prix a augmenté atypiquement de près de 41 pour cent en moyenne mensuelle. Par rapport à la moyenne de cinq ans, le prix de maïs en grain est en hausse, soit autour de 80 pour cent. Le prix du haricot noir local a fluctué à la baisse entre mai et juin, mais reste toujours 61 pour cent au-dessus de la moyenne quinquennale. Cette situation semble résulter de la baisse de prix observée sur certains marchés comme Hinche, Jacmel, où quelques récoltes de haricot noir ont été observées. Sur les marchés des Cayes et de Fonds-des-Nègres, qui ont été surtout approvisionnées en haricot noir provenant de Beaumont (Grand’Anse), où les plantations ont donné des résultats plus ou moins satisfaisants, les prix ont baissé respectivement de 20.2 et 13.5 pour cent en moyenne

    Le prix du riz importé reste significativement au-dessus de la moyenne de cinq ans, soit de 67 pour cent. Il a aussi augmenté de 12 pour cent depuis mars, une situation qui est fortement corrélée à la dépréciation continue de la gourde par rapport au dollar américain, au niveau élevé du prix du riz sur le marché international. Sur le marché local, la marmite de six livres s'est échangée autour de 304 gourdes en mai contre 293 en Avril.

    Quant aux autres produits alimentaires de base, en particulier l'huile de cuisine, la farine de blé, le sucre, etc., des hausses de prix relativement modérées ont été observées. Par exemple, la farine de blé et l’huile de cuisine ont accusé des hausses respectives de l’ordre de 5.3 et de 4 pour cent approximativement, notamment entre avril et mai.  En glissement annuel, les prix de ces deux produits de base, ont été de 21 et 31 pour cent plus chers ; et comparativement aux cinq dernières années, ils sont respectivement 51 et 65 pour cent plus cher.

    Situation du bétail. Dans les zones en proie aux déficits hydriques, le manque de points d’abreuvement et de fourrage entraine une détérioration de l’embonpoint des animaux, en particulier des bovins. En conséquence, leur valeur marchande diminue par rapport à la situation observée en janvier dernier. Certains cas de décès sont même signalés, notamment dans la Grand’Anse (Corail, Pestel, Anse d’Hainaut, etc.).

    Main-d’œuvre agricole et autres sources de revenu. La demande de main-d’œuvre est plus faible que d’habitude en raison du ralentissement des activités économiques qui a réduit la capacité des agriculteurs à financer la campagne de printemps ainsi que les récoltes faibles et tardives de cette année. Par ailleurs, l’offre de main-d’œuvre agricole a augmenté à cause du flux de migrants haïtiens venant de la République Dominicaine, la fermeture des écoles, et la baisse des autres sources de revenus dus à la pandémie De COVID-19. Ainsi, cette source de revenu relativement importante pour les ménages ruraux les plus pauvres est en dessous de la moyenne. Par ailleurs, la migration constitue une source limitée de revenu dans le contexte de la fermeture de la frontière avec la République Dominicaine et les sanctions qui freinent les points de passages informels.

    D’autres secteurs formels et informels dans les zones urbaines sont touchés par les mesures, notamment les activités nocturnes, le transport, entre autres, ce qui engendre des baisses de revenus dans ces zones

    Les envois de fonds de l’étranger vers Haïti représentent environ 34 pour cent du PIB, selon la Banque Mondiale, dont plus de 50 pour cent proviennent des États-Unis et environ 20 pour cent de la République Dominicaine. Le ralentissement des activités économiques dû à la pandémie du COVID-19 a un impact direct sur le volume des transferts de fonds vers Haïti ; ce qui affecte les sources de revenu d’une catégorie relativement importante de ménages bénéficiaires de ces transferts. En effet, une estimation de la Banque mondiale situe la baisse en volume a plus de 9 pour cent pour cette année (Dialogue, Migrants and the Impact of the COVID-19 Pandemic on Remittances, Mai 2020).

    Sur le front de la malnutrition, les résultats préliminaires de l’enquête SMART conduite en janvier dernier par le ministère de la Santé publique et de la population (MSPP) avec le support de l’UNICEF ont révélé une augmentation des cas de malnutrition (poids/taille) à l’échelle nationale par rapport à l’enquête EMMUS de 2016/2017, soit un taux de prévalence de 6  pour cent pour la malnutrition aiguë globale (MAG). A l’échelle départementale, la malnutrition aiguë sévère varie de 0  pour cent (Nippes) à 1,3 pour cent (Nord-Est). Toutefois, la situation est plus sérieuse dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, avec une prévalence de la MAG de 6,5  pour cent et de 2,5  pour cent pour la MAS.

    Impact sur la sécurité alimentaire. Les conditions de la sécurité alimentaire continuent d’être impactées par l’inflation. Si, en outre, les conditions de sécurité alimentaire continuent de subir les effets résiduels de la crise sociopolitique de l’année dernière et du debut de cette année, les conditions climatiques observées depuis la derniere décade de mars posent un sérieux problème quant au lancement de la campagne de printemps et au développement normal des cultures saisonnières. Tout cela dans un contexte marqué par la pandémie du COVID-19, lequel tend à accentuer la situation de vulnérabilité qui caractérise la plupart des régions du pays. Ainsi, la demande de main-d’oeuvre s’avère en dessous de la moyenne, même à l’approche des récoltes de printemps et du lancement de la saison été/automne à cause du fait que les agriculteurs qui ont des difficultés a financer leurs campagnes. Pourtant, l’offre de main-d’oeuvre reste importante, grossie par les retours volontaires de près de 33, 000 travailleurs de la Republique Dominicaine, selon le GARR.

    Pour les menages plus pauvres, les revenus provenant de la vente de produits agricoles et de la main-d’oeuvre patissent, en plus du faible pouvoir d’achat dont ils sont l’objet avec l’inflation persistante des produits alimentaires.

    De plus, la pandémie du COVID-19 reste l’un des facteurs aggravants de la situation des ménages dans les  zones vulnérables. En plus des prix déjà au-dessus de la moyenne, le ralentissement dans le fonctionnement des marchés dû aux mesures de restrictions entraine une augmentation des prix de certains produits. Le prix élevé des produits alimentaires et la baisse de revenu occasionnée, entre autres, par la fermeture ou le fonctionnement au ralenti des entreprises et la baisse des transferts de fonds de l’étranger, ont réduit le pouvoir d’achat des ménages et donc leur accès aux aliments de base. Dans ce  contexte, les ménages plus pauvres, dans certaines zones doivent s’engager dans des stratégies de stress telles que la réduction des dépenses non essentielles, l’intensification des achats de nourriture à crédit, la consommation de nourriture non préférée, la reduction de la consommation des adultes au profit des enfants, etc., pour être à même de maintenir leur consommation courrante. Ces zones font donc face à une insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Dans d’autres zones plus vulnérables aux chocs de prix et  à la sécheresse telles que le Nord-Est, le Nord-Ouest, les communes de plaines dans les Nippes, certaines communes dans l'Ouest (la Gonâve, Cabaret, -section Fond Baptiste-, par exemple), dans le Sud-est (l’arrondissement de Belle Anse), sur la Côte Sud (Tiburon), les ménages s’engagent beaucoup plus dans des stratégies de Crise, telles que l’intensification de la vente de charbon et d’animaux, de la consommation des semences et d’aliments à faible valeur nutritive. Elles sont donc en Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Les ménages plus pauvres des zones urbaines, notamment de Port-Au-Prince, font face aux prix des aliments qui sont significativement au dessus de leurs moyennes quinquennales et qui augmentent encore ces derniers mois. De plus, le couvre feu en cours, ainsi que les restrictions de mouvement ou de rassemblement impactent négativement les opportunités de revenus informels et la demande pour la main d’oeuvre salariée. Ces ménages sont en Stress (Phase 2 de l’IPC), avec les plus pauvres  en Crise (Phase 3 de l’IPC), par exemple à cité soleil.

    Suppositions

    Fort des considérations précédentes, le scénario le plus probable de juin 2020 à janvier 2021 se base sur les hypothèses suivantes au niveau national :

    Agroclimatologie

    • La saison des ouragans 2020 qui débute le 1er juin sur l'Océan Atlantique Nord, le Golfe du Mexique et le Bassin Caribéen et qui prendra fin en novembre, devrait être plus active que la normale sur le bassin atlantique, selon les prévisions de l’équipe du Projet de météorologie tropicale de l'Université d'État du Colorado (CSU).
    • La pluviométrie, en termes cumulatif, sera supérieure à la normale pendant la période à cause de la saison cyclonique qui sera au-dessus de la normale, selon les prévisions du CSU

    COVID-19

    • Les mesures du gouvernement pour limiter la propagation du COVID-19 (fermeture des ports, des aéroports des postes frontaliers, facilitation des transactions bancaires en ligne, moratoire sur les dettes des entreprises, distanciation sociale, …) devraient durer jusqu’à juillet puis s’atténuer progressivement par la suite. La réouverture de l’aéroport, prévue pour le 30 juin, est un bon début de retour à la normalité.

    Production agricole

    • Globalement, les récoltes de printemps seront de 20 à 30 pour cent en dessous de la normale. En effet, à cause de la faible performance de la principale campagne de printemps, les agriculteurs n’auront pas la capacité financière adéquate pour financer la campagne d’été et que même en cas de bonnes conditions pluviométriques les surfaces agricoles utiles (SAU) seront limitées. Les zones les plus affectées sont les zones sèches privées de système d’irrigation.
    • Pour les campagnes d’été/automne et l’hiver, la disponibilité d’intrants sera en dessous de la normale à cause des récoltes de printemps en dessous de la normale.

    Sources de revenu

    • L’offre de main-d’œuvre sera au-dessus de la normale à cause du flux de migrants haïtiens en provenance de la République Dominicaine et la fermeture des écoles.
    • La vente de charbon sera entre normale et dessous de la normale due à cause d’éventuelles limitations de mouvement imposées, mais aussi par une éventuelle baisse de la demande de charbon due à la baisse de prix du propane  
    • La migration en République Dominicaine sera en dessous de la normale, mais dépendra de la progression du COVID au niveau national et internationale.
    • Le revenu tiré de la vente de produits agricoles sera en dessous de la normale puisque les récoltes seront en dessous de la normale

    Prix/Marchés

    • Le prix du pétrole gardera sa tendance baissière à cause de la baisse de la demande au niveau international, laquelle est due à la baisse des activités économiques dans les grands pays importateurs et exportateurs
    • Le prix des produits importés sera à la hausse à cause de la hausse du taux de change.
    • Les prix des produits locaux suivront la tendance des prix des produits importés.
    • Des perturbations continueront d’être observées dans l’approvisionnement des marchés à cause du renforcement des mesures restrictives liées au COVID-19 telles que la réduction d’horaires et de nombre de jours de fonctionnement.

    Autres suppositions

    • La situation sociopolitique demeurera calme, mais toujours imprévisible. De surcroit, la confusion relative à la fin du mandat du président risque de créer une incertitude susceptible de compromettre le calme apparent observé ces derniers temps.
    • Le taux de change de la gourde par rapport au dollar (et au peso) gardera sa tendance haussière. La monnaie nationale, la gourde, connaitra une dépréciation supérieure par rapport à l’année dernière et la normale. Ce sera aussi le cas pour le peso dominicain qui s’échange à presque 2 gourdes dans les zones frontalières.
    • L’inflation se poursuivra pendant la période du scénario et suivra la tendance du taux de change
    • Les transferts monétaires de l’étranger connaitront une baisse d’au moins 10 pour cent par rapport à l’année dernière selon plusieurs sources (BRH, FMI, …) à la suite du fort ralentissement des économies mondiales, en particulier des Etats Unis et de la République dominicaine.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire pour la période des perspectives

    La période de juin à septembre coïncide, d’une part, avec les récoltes de printemps qui auront un impact limité sur l’insécurité alimentaire aiguë des ménages pauvres et très pauvres. La performance de cette campagne sera en dessous de la moyenne à cause de la faible capacité d’investissement des agriculteurs (moins de terres sont emblavées durant cette saison) et du déficit hydrique prolongé ayant frappé la plupart des régions productrices. Toutefois, les récoltes issues de la campagne de printemps amélioreront temporairement la situation alimentaire des ménages pauvres et stabiliseront quelque peu les prix sur les marchés, notamment dans les zones irriguées, ou les perspectives pour la production sont moyennes. Pourtant, le niveau élevé des prix des produits de base et les revenus inférieurs à la moyenne continueront d’affecter négativement l’accès alimentaire des ménages. Ainsi, les plus pauvres continueront d’avoir recours aux stratégies de crise susmentionnées. Dans ce contexte, la plupart des régions du pays resteraient en Crise (Phase 3 de l’IPC) et en Stress (IPC Phase 2) alimentaires.

    La deuxième période du scénario (octobre 2020 à janvier 2021) coïncide avec la période de récolte de la campagne d'été/automne et au lancement de la campagne d’hiver. On y trouve du haricot et du maïs dans les plaines irriguées et en montagnes humides, des racines et tubercules et de la banane. Cette période coïncide aussi avec les récoltes des cultures saisonnières comme le pois Congo, le pois de souche et génois. En dépit des conditions agro climatologiques favorables pour ces campagnes, les pertes issues de la campagne de printemps affecteront négativement la production de ces saisons, qui représentent une faible contribution à la production agricole nationale. Ainsi, l’approvisionnement des ménages aux marchés restera prédominant. De plus, vue la forte disponibilité de main-d’œuvre agricole, les activités génératrices de revenu ne pourront pas absorber le surplus, observé depuis la fermeture de la frontière par suite de la pandémie du COVID-19 des deux côtés de la frontière haitiano-dominicaine. Le revenu des plus pauvres sera encore en-dessous de la moyenne. Dans ces conditions, les ménages les plus pauvres continueront de recourir à des stratégies d’adaptation pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Ainsi, bien qu’une diminution du nombre de ménages en insécurité alimentaire soit possible, avec les récoltes issues des campagnes d’été/automne et le regain d’activités économiques à l’approche des festivités de fin d’année, la plupart des zones du pays seront, une fois encore, en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) et de Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Evénements qui pourraient changer les scenarios

    Événements possibles au cours des six mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable.

    Zone

    Evénements

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

    Résurgence des troubles sociopolitiques

    L’escalade de la violence perturberait le fonctionnement actuel de l’économie et des marchés. Ceci conduirait à une diminution de la disponibilité et de l’accès alimentaires, portant plus de ménages à adopter des stratégies négatives. Face à l’épuisement de la disponibilité de certaines stratégies, des déficits de consommation pourraient apparaitre. Ainsi, un nombre plus important de zones et de ménages pourrait être en crise (phase 3 de l’IPC).

    National

    Une amélioration de fond de la situation induite par la pandémie du COVID-19

    L'éventualité d’une stabilité de la pandémie, tant au niveau international qu’au niveau local, devrait faciliter la reprise d’envoi de transferts d’argent important vers le Pays et des activités informelles génératrices de revenus. Les sources de revenu pourraient également retrouver un état normal. Ceci devrait diminuer le nombre de personnes et de zones en Crise alimentaire (Phase 3 de l’IPC).

    Zones de production

    Une saison cyclonique plus intense que la normale

    Inondations dans les zones de production de riz, de maïs, de haricot, pourrait occasionner des pertes importantes de cultures d’été/Automne. Ce qui causerait des dommages aux moyens d’existence des ménages plus pauvres.

    Figures

    Figure 1

    Source:

    Figure 2

    Figure 1

    Source:

    Figure 3

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top