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Les récoltes d’août/septembre soulageront les ménages en insécurité alimentaire

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Haïti
  • Juillet - Décembre 2013
Les récoltes d’août/septembre soulageront les ménages en insécurité alimentaire

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  • Presentation nationale
  • Zones de preoccupation
  • Evenements qui pourraient changer les scenarios
  • Messages clé
    • La production agricole du printemps sera 20 à 30 pour cent inférieure à une année normale. La rareté de semences couplée aux pluies tardives et à des périodes sèches explique cette baisse substantielle de la production. 

    • Les récoltes en cours dans des zones qui ont bénéficié de pluies adéquates ont provoqué une baisse des prix des produits alimentaires dans ces dites zones. Cependant, les prix demeurent 15 pour cent plus élevés par rapport à juillet 2012 dans la plupart des zones. 

    • La faible production de 2012 a engendré une période de soudure précoce qui s’est prolongée de façon atypique au-delà de juin dans beaucoup de zones. Cette performance médiocre et des conditions climatiques défavorables ont entrainé une baisse significative dans la demande de la main-d’œuvre agricole dont dépendent les pauvres pour environ 30 pour cent de leur revenu annuel.

    • Selon une analyse IPC nationale effectuée en juin, la plupart des départements sont en Stress (Phase 2 IPC 2.0). Certaines communes, toutefois, plus affectées par les perturbations du climat et les prix élevés, sont en Crise (Phase 3 de l’IPC).


    Presentation nationale
    Situation actuelle

    Juillet devrait être le mois de la moisson à travers tout le pays, à l’exception de la zone agro-pastorale de Plateau où la récolte des semis du printemps commence généralement en août. Cette période se traduit habituellement par une amélioration de la sécurité alimentaire des ménages en milieu rural particulièrement. La disponibilité alimentaire s’accroit et les stocks se constituent tant au niveau des ménages qu’à celui des grossistes. Ces récoltes représentent plus de 50 pour cent de la production agricole du pays.

    Cette année, la situation est différente dans la majorité des zones. Des semis tardifs occasionnés par des perturbations agro-climatiques se répercutent sur la période des récoltes qui se feront avec plus d’un mois de retard.

    Toutefois, des récoltes en cours sont localisées dans des zones où la pluviométrie a démarré en avril et s’est poursuivie normalement en favorisant le bon développement des cultures. Parmi ces zones on compte certaines communes dans le sud-est comme Cayes-Jacmel et Marigot, dans la Plaine des Cayes dans le Sud et quelques communes dans les Nippes et la Grand’Anse. Le maïs, les haricots, les légumes, les bananes et les fruits d’arbre véritable sont relativement abondants dans ces zones. Ces produits contribuent tant à la diversification qu’à une augmentation de l’offre alimentaire. Leur impact est cependant localisé et ne contribue pas dans l’ensemble à atténuer les conditions de la sécurité alimentaire.

    La pluviométrie est l’un des principaux facteurs qui conditionne la réussite ou l’échec de la campagne agricole du printemps à travers tout le pays. Le retard de la saison pluvieuse et la mauvaise distribution des pluies entre avril et juin ont sérieusement perturbé le calendrier agricole. La pluviosité est inférieure à la moyenne des quatre dernières années dans la péninsule du sud et l’Ouest. Dans le département du Sud-est, par exemple, elle est 38 pour cent plus faible en se référant à la moyenne des quatre dernières années, selon l’Observatoire de la sécurité alimentaire du sud-est (Figure 4).

    Le décalage des semis ne sera pas sans conséquence sur la production dans certaines zones. Les conditions sont devenues dans de nombreux cas plus favorables à la pullulation des pestes. Par exemple, dans certaines zones dans l’Artibonite, des champs de maïs ont subi des attaques sévères de chenilles, d’après le bulletin de l’Observatoire de la sécurité alimentaire de l’Artibonite. Ces infestations entraineront une baisse significative de la production du maïs, l’une des principales sources de revenu et de nourriture des agriculteurs du haut Artibonite. Successions de période sèche, semis tardifs, attaques d’insecte auront des impacts négatifs sur la production agricole. La CNSA et ses partenaires effectuent actuellement une évaluation de la production de la campagne du printemps. Cependant, de nombreux techniciens intervenant sur le terrain estiment déjà le niveau de pertes dû à la sécheresse à environ 30 pour cent par rapport à une année normale.

    D’autres effets de la pluviométrie. L’un des aspects positifs des pluies de mai et de juin dans les principales zones de production du pays est l’amélioration du niveau des points d’eau de surface et du pâturage. Le bétail de manière générale n’a pas tardé à gagner de l’embonpoint. La valeur marchande des animaux s’en trouve nettement améliorée. Ceux qui vendront des têtes de bétail en août et septembre sont susceptibles d’obtenir des prix plus alléchants que ceux qui ont vendu en juin.

    Avec les dernières pluies, l’épidémie du choléra a refait surface dans certaines communes du pays. Par exemple, des cas de personnes atteintes par la maladie sont enregistrés à Verrettes et à Maissade. Toutefois, on est loin des grandes vagues de recrudescence de la maladie qui a fait des milliers de victime en 2011 et 2012. Les efforts entrepris par les instances concernées (gouvernement, agences internationales et ONG) par la transmission de message de sensibilisation ont largement contribué à faire reculer cette épidémie. L’impact de cette maladie sur la sécurité alimentaire dans le pays est insignifiant contrairement à ce qu’on a vécu en 2011. Cependant, une recrudescence de l’épidémie demeure possible dans les zones reculées, dépourvues d’infrastructures sanitaires, à la faveur des pluies entre août et novembre. Les autorités devraient redoubler leur vigilance pour prévenir la dissémination de la maladie. D’ailleurs, la OCHA prévoit 100,000 cas de choléra pendant la saison pluvieuse.

    Main-d’œuvre agricole. La demande de la main-d’œuvre agricole pour le mois de juillet reste plus faible que la normale. Les récoltes et la préparation des sols pour les semis du mois d’août dans les montagnes humides et dans les zones agropastorales semi-humides sont retardées par suite de la perturbation de la saison pluvieuse. Les pauvres qui bénéficient de cette source de revenu auront un manque à gagner pendant tout le mois de juillet. Certains projets de cash for work entrepris soit par le Ministère de l’Agriculture, soit par les ONG ont touché à leur fin. Cependant, la production rizicole dans la Vallée de l’Artibonite, les plaines de Torbeck et de Maribaroux qui s’étend de juin à octobre absorbera comme toujours un nombre élevé de main-d’œuvre agricole.

    Evolution des prix. Les prix de tous les produits alimentaires de base sont très élevés actuellement dépassant leur niveau de 2012 à la même période ou de la moyenne du dernier quinquennat. Dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, par exemple, les prix des produits locaux se stabilisent, résultant des récoltes en cours, bien que faibles, qui s’effectuent dans certaines régions du pays. Dans d’autres communes comme Hinche, Jacmel et Cap-Haitien, les prix du haricot noir, principale source de protéine de la majorité des ménages pauvres, accusent une baisse assez substantielle, variant de 20, 8, et 6 pour cent respectivement en juin par rapport à mai. Cette tendance pourrait se renverser au cours du mois d’août parce que les semis des haricots qui commenceront en ce mois dans les montagnes humides feront augmenter la demande entrainant ainsi à nouveau les prix à la hausse. En outre, la baisse de production des haricots par rapport à une année normale d’après les observations des techniciens de terrain accélèrera la remontée des prix des haricots.

    Le prix du maïs est stable à Port-au-Prince et au Cap-Haitien. Par contre, il est en baisse de 11, 22, et 31 pour cent respectivement à Hinche, Cayes, et Jérémie en juin par rapport à mai. Des récoltes dans les périmètres irrigués et les zones bénéficiant de pluviométrie adéquate en sont les causes. Le prix de ce produit devra continuer sa chute à travers tout le pays jusqu’en octobre à la fin des dernières récoltes pour atteindre presque son niveau de juillet 2012.

    Toutefois, des produits importés comme le riz et la farine ont connu des hausses allant jusqu’à 11 à 20 pour cent respectivement entre mai et juin 2013. Une situation qui peut être expliquée, en partie, par la réaction spéculative des importateurs face à l’appréciation du dollar américain et ses possibles conséquences sur les achats futurs au niveau du marché international. Le riz importé par le Gouvernement Haïtien du Vietnam, bien que se vendant à meilleur marché, tarde encore à influencer le prix du riz importé des Etats-Unis ou localement produits. Toutefois, il reste probable de voir le prix du riz importé ainsi que celui de la farine de blé et du maïs importé fléchisse un peu suite aux récoltes en cours et celles à venir en août et en septembre. De plus, il faut noter que les cultures comme la banane, les arbres véritables et autres fruits, grandement endommagés par les ouragans Sandy et Isaac en 2012, reprennent leur production, mais toujours en-dessous de la normale. Les produits de récolte de ces cultures contribuent à augmenter l’offre alimentaire et une baisse des prix dans les zones où ont lieu des récoltes. Cependant, cette tendance à la baisse de certains produits alimentaires sera de courte durée due à la faiblesse de la production du printemps.

    Assistance Humanitaire. Certaines zones dans le haut Plateau Central, le sud des Gonaïves, Terre Neuve, certaines communes du sud-est bénéficient pendant tout le mois de juillet d’apport d’aide alimentaire. Cependant dans d’autres zones du pays comme la pointe occidentale du Nord-ouest, des institutions humanitaires sont arrivés au terme de leur contrat avec leur bailleur. En outre, les programmes de cantines scolaires resteront inactifs pendant tout le mois de juillet, les élèves étant en vacances jusqu’à la fin du mois d’août. Le programme MYAP qui prend en charge des dizaines de milliers de personnes à risques dans le sud-est, le Plateau Central et le sud arrivent à leur fin en août. Cependant, le programme d’assistance humanitaire du Gouvernement consistant en distribution de cash et de restaurants communautaires continuera ses interventions, mais ne pourra pas compenser l’absence des autres programmes.

    Suppositions

    Suite à ce constat, on est amené à émettre les hypothèses générales que voici :

    • La production de la campagne du printemps sera ente 20 et 30 pour cent inférieure à une année typique;
    • Les récoltes d’août et de septembre et la préparation des sols pour les semis d’été feront augmenter les besoins en main-d’œuvre. Cependant, la demande restera en deçà du niveau normal d’environ 10 pour cent. Les faibles récoltes et la décapitalisation des agriculteurs réduisent leur capacité d’investissement dans la production agricole. ;
    • Le prix des denrées alimentaires produites localement affichera à la baisse à travers tout le pays entre août et septembre, mais marquera une tendance à la hausse vers octobre;
    • La gourde continuera à se déprécier par rapport au dollar américain incitant la tendance spéculative des importateurs;
    • La campagne de riz dans l’Artibonite et des haricots dans les montagnes humides entre juillet et décembre sera l’occasion pour les ménages pauvres de trouver des emplois dans les champs;
    • Selon les prévisions du Caribbean Climate Outlook Forum (CARICOF), les pluies seront au-dessus de la normale entre septembre et novembre (Figure 4). Les récoltes des cultures comme le sorgho et le pois congo seront plus performantes qu’en 2012. Le modèle de ECMWF prévoit un scénario moins favorable avec des précipitations inférieures à la normale, mais le niveau de confiance du modèle CARICOF est plus élevé (Figure 5);
    • Des inondations en août, septembre et octobre dans l’ouest, le sud, l’Artibonite et le nord provoqueront une recrudescence de l’épidémie du choléra et endommageront les cultures et les infrastructures agricoles ;
    • Comme toujours en septembre, à la veille de l’ouverture des classes, et en décembre pour la fête de fin d’année, le transfert d’argent effectué par la diaspora vers les membres de leur famille en Haïti connaitra une augmentation d’environ 10 pour cent.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Frappée en 2012 par de nombreuses perturbations agro-climatiques, l’agriculture haïtienne avait accusé des pertes de production estimées à plus de 40 pour cent. Cette performance de la production a eu des retombées sur la campagne agricole du printemps de 2013 par la faible quantité de semences rendues disponibles pour sa conduite. En effet, aucune des sources habituelles de semences dans lesquelles s’approvisionnent les agriculteurs n’étaient à même de répondre à leurs besoins. Leur stock était épuisé, les prix dans les marchés étaient 30 pour cent plus élevés et les dons de semences n’atteignaient pas 50 pour cent de leur niveau habituel. Ce qui a provoqué d’après les techniciens intervenant sur le terrain une baisse d’environ 10 pour cent de la superficie habituellement cultivée au cours de la campagne du printemps, et l’utilisation de semences d’origine douteuse. De plus, les périodes sèche enregistrées entre mars et juin ont contribué soit à retarder les semis, soit à provoquer le flétrissement des cultures dans de nombreuses zones du pays. Ces différents facteurs ont pour effet une baisse de la demande en main-d’œuvre, constituée de ménages pauvres, pour la conduite des travaux agricoles, entrainant ainsi une baisse de leur revenu, estimée à 15 pour cent suite à des discussions engagées avec les agriculteurs lors des visites de terrain. Face aux prix de plus en plus élevés des produits alimentaires, ces ménages pauvres voient leur pouvoir d’achat s’éroder. D’après les résultats d’une analyse IPC conduite en juin 2013 par la CNSA et ses partenaires, la plupart des départements géographiques du pays sont en Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Cependant, certaines communes, comme Thomassique, Bombardopolis, entre autres, dont les récoltes étaient très peu performantes en 2012 et qui n’ont pu faire depuis que de faibles cueillettes dépendent presqu’à 100 pour cent du marché pour se nourrir. Les perturbations agro-climatiques y sont aussi plus sévères. Les revenus des pauvres ont diminué jusqu’à environ 15 pour cent alors que les prix des produits alimentaires de base accusent des hausses de plus de 30 pour cent leur niveau de 2012. Les pauvres vivant dans ces communes ont une consommation alimentaire à la limite. Ils sont actuellement en Crise (Phase 3 de l’IPC) et le resteront jusqu’en août. Leur situation s’améliorera à partir de septembre et se retrouveront en Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en décembre. Les prévisions de pluies au-dessus de la normale entre septembre et novembre sont susceptibles de créer des conditions favorables à une production performante des cultures comme le sorgho et le pos congo, la patate douce, améliorant ainsi l’accès à l’alimentation des ménages pauvres.

    Outre les facteurs susmentionnés, la saison cyclonique qui a débuté le 1er juin pourrait avoir de sérieux impacts sur la sécurité alimentaire en Haïti. En effet, compte tenu du niveau de dégradation accélérée de l’environnement, une forte averse suffit pour endommager les cultures et détruire les infrastructures agricoles. D’après les prévisions de Colorado State University, cette saison sera très active avec 18 tempêtes nommées, parmi lesquelles on compte 9 ouragans dont 4 majeurs. 


    Zones de preoccupation

    Zone sèche d’agriculture et de pêche : Paillant, Petite-Rivière de Nippes, Anse-à-Veau, Pestel, Corail, Roseau, Jérémie

    Situation actuelle

    La campagne agricole du printemps, la plus importante de la zone a été retardée de plus d’un mois et ponctuée de longues périodes sèches en avril et en mai. La culture du maïs et autres se trouvant actuellement au stade végétatif accusent un retard de croissance qui réduira substantiellement la production.

    On observe une baisse de 10 à 15 pour cent de la demande en main d’œuvre due au ralentissement des activités agricoles, elles-mêmes dépendantes de la pluviométrie. La fabrication du charbon de bois et le petit commerce constituent actuellement les principales sources de revenu des ménages pauvres comme les récoltes de juillet seront retardées de plus d’un mois. Les activités de pêche se pratiquent par des ménages pauvres vivant en bord de mer. Suite à une augmentation de la pluviosité en juin, on a constaté une amélioration de la qualité du fourrage, avec des retombées positives sur l’état physique des animaux.

    La longue période de soudure et la cherté des semences ont forcé de nombreux ménages pauvres à vendre entre mars et juillet plus d’animaux qu’en temps normal. Comme la situation continue à être difficile, ils vendront une chèvre ou des volailles de plus entre juillet et août pour se nourrir et faire face aux besoins d’éducation de leurs enfants, même si de nombreux ménages ont déjà liquidé la majeure partie des animaux qu’ils possédaient.

    Les prix des produits de première nécessité se vendent entre 25 et 30 pour cent supérieurs par rapport à l’année dernière (Figure 6). Cependant, les prix de certains produits locaux, comme les haricots, amorcent une dépréciation résultant des récoltes en cours dans les montagnes humides proches. Les produits importés dont le riz et la farine de blé après une augmentation substantielle en juin semblent se stabiliser mais à des niveaux dépassant la moyenne des cinq dernières années.

    Les faibles récoltes de l’année 2012 ont provoqué un prolongement de la période de soudure qui a été allégée par la cueillette des mangues au cours du mois de juin. Les stocks alimentaires sont quasiment nuls ; la seule source d’approvisionnement reste le marché. La récolte de maïs qui constitue la principale source de nourriture au mois de juillet s’effectuera en août/septembre à cause du semis tardif.

    La fabrication du charbon de bois devenue la principale source de revenu, n’arrive pas à compenser l’apport du maïs car le prix du charbon reste stable ainsi que la demande. Le pouvoir d’achat des ménages a donc grandement diminué.

    Suite à ce constat, on peut déduire que la consommation alimentaire des couches les plus défavorisées de la population de la zone est à la limite. La plupart des ménages pauvres se trouvent en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) et le resteront pendant tout le mois de juillet jusqu’aux prochaines récoltes en août/septembre.

    Suppositions

    • Les pauvres seront contraints d’intensifier la vente du charbon, l’une des principales sources de revenu, dès le mois de juillet et jusqu’en octobre. L’argent tiré de cette intensification leur permettra de réduire les déficits alimentaires et de payer l’écolage des enfants.
    • A chaque fois qu’une zone fait face à une situation de crise alimentaire, les jeunes sont les premiers à se déplacer à la recherche du travail dans les villes ou les zones irriguées. Cette année, entre juillet et septembre, une plus grande proportion de jeunes migre vers Miragôane, Jérémie ou Port-au-Prince à la recherche d’emplois rémunérateurs qui leur permettront de supporter le reste du ménage.
    • Considérant le prix élevé du riz, l’une des plus consommées des céréales, l’initiative prise par le gouvernement d’importer le riz du Vietnam et de le revendre à un prix très compétitif contribuera momentanément à rendre ce produit plus accessible aux pauvres.
    • La récolte du maïs, aura lieu en août et septembre, puis en novembre et décembre à la même période que la patate douce, le sorgho et le pois congo. La disponibilité alimentaire sera sensiblement en-dessous de son niveau habituel mais elle permettra quand même aux ménages pauvres d’améliorer leur accès.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    L’irrégularité des pluies et le manque de semences, subséquent aux faibles récoltes de l’année 2012, ont des impacts négatifs sur le revenu et l’alimentation des ménages pauvres de la zone. D’abord, les semis ont eu lieu tardivement au cours de la première campagne agricole reportant la récolte de juillet à fin aout/septembre. Cette récolte sera d’ailleurs faible à cause des périodes sèches répétées. Ensuite, la demande de la main-d’œuvre dont dépendent les pauvres pour leur revenu à plus de 30 pour cent a chuté de manière significative, réduisant ainsi leur revenu potentiel. Parallèlement, le bétail qui est une forme d’épargne est mis à contribution depuis avril pour suppléer à l’épuisement des stocks alimentaires résultant des pertes de récolte et d’une soudure prolongée. De plus, le marché qui constitue près de 60 pour cent des sources de nourriture devient moins accessible aux pauvres suite à l’augmentation des prix des produits alimentaires enclenchée depuis août 2012. Les prix ont affiché une variation moyenne de 16 pour cent entre juillet 2012 à date conduisant à la baisse du pouvoir d’achat des ménages pauvres. Par ailleurs, si comme le prévoit ECMWF, la deuxième saison pluvieuse est beaucoup plus faible que la normale, on enregistrera une baisse significative de la récolte du pois congo et du sorgho, à la fois sources de nourriture et de revenu des ménages pauvres, entre octobre et décembre. Cependant, les prévisions de la CARICOF sont plus fiables, ce qui fait croire que les récoltes de fin d’année seront normales.

    Il est donc probable qu’avec la combinaison de tous ces facteurs, les pauvres de cette zone soient soumis à un déficit alimentaire assez significatif jusqu’aux prochaines récoltes en août/septembre. Leurs moyens de subsistance risquent de subir des changements irréversibles, comme par exemple, l’accélération de l’érosion des sols suite à l’abattage des arbres.

    Les conditions de la sécurité alimentaires resteront très difficiles en juillet et août, dû au retard des récoltes du maïs, principale denrée de la zone, de l’épuisement des stocks alimentaires, de la baisse de la demande en main-d’œuvre et du niveau élevé des prix. La zone sera en Crise (Phase 3 de l’IPC) en juillet et août. Par contre, entre septembre et décembre on peut s’attendre à une légère amélioration de la situation alimentaire grâce aux récoltes des cultures telles que maïs, patate douce, pois congo, sorgho et arachide. La zone sera alors en Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Zone de montagnes humides (Ranquitte, Bahon, Port-Magot)

    Situation actuelle

    Contrairement à la normale, il n’y aura pas de récolte en ce mois de juillet à cause de longues périodes sèches qui ont provoqué un retard d’environ un mois et demi dans les semis (maïs, haricot, pois inconnu). Les cultures sont en phase végétative et promettent une bonne récolte qui reste toutefois tributaire de la pluviométrie du mois de juillet souvent faible.

    On a constaté une faible disponibilité en produits locaux sur les marchés et au niveau des ménages. En conséquence, les prix ont grimpé réduisant ainsi le pouvoir d’achat des ménages. Par exemple, le prix de la marmite du maïs moulu local a augmenté de 33 pourcent par rapport à l’année dernière à la même période. Comparé au prix moyen des 5 dernières années, il a connu une hausse de 12 pourcent. Le prix du riz importé a enregistré une hausse de 22 pourcent relativement à l’année 2012 et de 17 pourcent par rapport à la moyenne quinquennale.

    De façon atypique, les stocks alimentaires au niveau des ménages seront quasi nuls durant tout le mois de juillet. Ces derniers seront contraints, dans une large mesure, de continuer à s’approvisionner aux marchés. Cependant, les prix des produits sont à la hausse. L’aide alimentaire qui pourrait aider à améliorer la disponibilité des ménages est inexistante dans cette zone, contrairement à d’autres zones du pays. Les ménages pauvres arrivent difficilement à satisfaire leurs besoins alimentaires.

    En outre, la demande de la main-d’œuvre agricole, l’une des principales sources de revenus des ménages pauvres, est actuellement à la baisse. Pour compenser cette faible opportunité d’emplois, ils s’adonnent à des activités ayant des effets irréversibles sur les ressources de base, telles que la coupe de bois pour la fabrication du charbon et de planches, et d’autres activités qui entrainent leur décapitalisation comme la vente du menu bétail.

    Ces ménages continuent à être en Crise (Phase 3 de l’IPC). Des pluies tardives et erratiques pendant la campagne agricole du printemps ont provoqué des déficits hydriques qui réduiront de façon significative la production agricole. A cela il faut ajouter le prix élevé des semences et leur rareté sur le marché, conduisant à une diminution de la superficie habituellement cultivée en cette période. Ces anomalies affecteront la production de la zone dont la baisse sera probablement comprise entre 20 et 30 pour cent de la normale.

    Suppositions
    • Les prix des produits alimentaires vont continuer à se maintenir à un niveau élevé pendant tout le mois de juillet et une bonne partie du mois d’août avant d’amorcer une tendance à la baisse à partir d’août/septembre. La chute du prix du maïs, par exemple, atteindra jusqu’à 10 à 15 pour cent, pour ensuite afficher à la hausse à partir d’octobre/novembre.
    • Depuis mars/avril 2013, les ménages pauvres et très pauvres de cette zone font face à un accès réduit à l’alimentation occasionné grandement par la faiblesse des récoltes en 2012 et 2013. Cet accès réduit a l’alimentation devra continuer jusqu’à la fin du mois d’août/ début septembre, période où devront débuter les prochaines récoltes. En vue de satisfaire leurs besoins alimentaires, ces ménages intensifieront la fabrication du charbon et la production de planches jusqu’aux prochaines récoltes.
    • Les récoltes attendues en mai et en juillet n’ayant pas pu avoir lieu à cause de la sècheresse, beaucoup de ménages pauvres migreront en juillet et août à la recherche d’opportunités d’emplois.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Le début précoce de la période de soudure couplée aux semis tardifs de la campagne du printemps a entrainé l’épuisement des stocks alimentaires. Quoique le marché, pourvu en aliments variés, constitue une source importante de nourriture, les prix ont toutefois augmenté de façon inhabituelle, réduisant énormément l’accès des ménages pauvres au marché.

    Les pauvres possèdent des sources diversifiées de revenu, mais la main-d’œuvre et la vente de produits de récolte constituent des parts de revenus importants, qui ont été grandement affectés par l’effet des intempéries sur les cultures. De plus, suite à la longue période de soudure à laquelle ils ont dû faire face et à l’épuisement des stocks alimentaires, ils ont vendu les deux têtes de bétail qu’ils possèdent, ce qui entraine leur décapitalisation forcée. Les stratégies d’adaptation généralement adoptées, la fabrication du charbon de bois et la migration, ne permettront pas de compenser les pertes induites par les différents chocs.

    La grande majorité des ménages pauvres ont vu se dégrader leur accès à l’alimentation et cette situation ne changera pas jusqu’aux prochaines récoltes en août/septembre.

    Considérés en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC), les ménages pauvres y resteront jusqu’aux prochaines récoltes en août/septembre. A partir de septembre, avec la récolte du maïs, de la patate douce, des haricots et du café, leur situation alimentaire s’améliorera et seront en Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en décembre.


    Evenements qui pourraient changer les scenarios

    Zone

    Evénements

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    Haïti

    Un ouragan frappe le pays

    Destruction des plantations, des infrastructures, perturbant la circulation des biens et des services au sein des communautés. Une telle situation compromettra la capacité des ménages pauvres à s’assurer de façon stable d’une source de revenu et de nourriture.

    Haïti

    Augmentation du coût du carburant et l’appréciation du dollar américain

    Ce qui entrainerait une augmentation des couts du transport et une éventuelle hausse des prix des produits alimentaires.

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, juillet 2013

    Figure 2

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, juillet 2013

    Source: FEWS NET

    Moyenne des pluies reçues entre 2009-12 et 2013 (en millimètres)

    Figure 3

    Moyenne des pluies reçues entre 2009-12 et 2013 (en millimètres)

    Source: ACDI/VOCA

    Prévisions pluviométriques septembre à novembre 2013

    Figure 4

    Prévisions pluviométriques septembre à novembre 2013

    Source: CARICOF

    Prix du haricot en zone de montagne humide

    Figure 5

    Prix du haricot en zone de montagne humide

    Source: FEWS NET

    NDVI : indice de végétation, période1- 10 juin 2013

    Figure 6

    NDVI : indice de végétation, période1- 10 juin 2013

    Source: USGS

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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