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Perspective sur la sécurité alimentaire

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Haïti
  • Juillet 2012
Perspective sur la sécurité alimentaire

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  • Messages clé
  • Conditions actuelles de la sécurité alimentaire
  • Scénario le plus probable de la sécurité alimentaire (juillet à décembre 2012)
  • Messages clé
    • L’arrêt prématuré des pluies saisonnières en mai à travers le  pays a donné lieu à des pertes importantes des récoltes du maïs et des haricots. Pour les ménages pauvres et très pauvres qui dépendent de ces récoltes pour un maximum de deux mois comme source de nourriture, ces pertes suscitent des inquiétudes quant à leur accès aux aliments dès le mois d’août jusqu’aux prochaines récoltes en octobre/novembre.

    • Les prévisions météorologiques annoncent des conditions normales de pluviométrie pour la deuxième saison pluvieuse qui commence en août.  La Péninsule du sud est la seule région du pays où il est probable d’obtenir des précipitations légèrement inférieures à la normale.  Toutefois, si la sécheresse devra se poursuivre, il se traduira par la perte de la campagne d’été et une aggravation de la sécurité alimentaire des ménages pauvres.

    • La sécheresse en cours aux États-Unis a déjà donné lieu à la spéculation sur les prix mondiaux du maïs et d'autres denrées alimentaires. Étant donné que les importations en Haïti  couvrent un peu plus de 50 pour cent des besoins alimentaires, la continuation de la hausse de prix des produits américains dans les mois à venir, en particulier ceux du maïs, de la farine et de l’huile végétale, pourrait entraîner des coûts beaucoup plus élevés pour les aliments de base des populations rurales et urbaines.

    • La sécheresse résultant de l’arrêt prématuré des pluies saisonnières  a un impact plus important en termes de pertes de récolte dans le Nord-est, le Nord-ouest, le sud-est et plusieurs poches dans les Nippes, le Plateau Central, l’ouest et le sud.  Ces pertes entrainent une baisse du revenu saisonnier et des stocks alimentaires chez les pauvres et très pauvres, qui feront face à IPC Phase 2 ou stress dès août.  

    • Au cas de la réception d’une pluviométrie normale, entre  août et octobre, les ménages pauvres des zones durement frappées par la  sécheresse de mai/juin pourront augmenter leur revenu et constituer des stocks alimentaires qui les feront passer dès octobre/novembre jusqu’en décembre de l’état de stress à l’insécurité alimentaire minime.


    Conditions actuelles de la sécurité alimentaire

    La Pluviométrie

    La première saison pluvieuse qui approvisionne en eau les cultures du printemps (avril-juin), lesquelles fournissent  près de 60 pour cent de la production agricole du pays, était plutôt erratique en 2012.  Commencées dans la plupart des régions du pays en avril, les premières pluies ont favorisé le semis des cultures dans la quasi-totalité des zones agricoles.  Pendant tout le mois d’avril et jusque vers la deuxième semaine de mai, les pluies étaient très bien réparties sur le territoire national et même dans les régions réputées généralement arides comme la péninsule du nord-ouest et  le nord-est.  Un arrêt presque généralisé s’est produit à la fin de la deuxième décade de mai.  Des lors, les pluies étaient devenues très sélectives jusqu’en juillet ; alors qu’elles étaient déficitaires dans certaines zones, dans d’autres elles étaient plus ou moins normales. La Péninsule du Nord-ouest, le Sud-est et le Nord-est sont les régions les plus touchées par cette irrégularité des pluies.

    Dans les zones comme la plaine de Baconnois dans les Nippes, la plaine du Nord jusque vers le Nord-est, les zones sèches d’agriculture et de pêche comme dans le sud-est, l’Artibonite, la plaine du Cul de Sac dans l’Ouest, l’arrêt des pluies est presque total, mises à part la réception de quelques précipitations  classées de faibles à modérées vers mi-juin.  Par contre, dans les montagnes humides, la sécheresse était moins sévère.  Cette dernière situation est observée à Rochelois et les zones environnantes : Paillant dans les Nippes, à Marmelade dans l’Artibonite, sur le Massif de la Hotte et dans le nord entre autres.  Il en est de même dans la zone agro-pastorale de plateau comme dans les régions de Hinche, Thomonde et Maissade.

    Les modèles des différents centres météorologiques s’accordent dans leur prévision pour annoncer des pluies inférieures à la normale d’août à octobre pour la Péninsule du sud.  Pour le reste du pays en revanche, les précipitations seront plutôt normales.  Si ces prévisions s’avèrent exactes, de bonnes récoltes sont à espérer entre novembre et décembre résultant en une amélioration de la sécurité alimentaire des pauvres.

    La production agricole

    L’interruption des pluies entre mai-juin était néfaste aux cultures dont particulièrement le maïs semé en avril dans presque toutes les zones du pays.  A noter que le maïs représente environ 60 pour cent de la production nationale céréalière en tonnes équivalentes de céréales contre environ 18  et 20 pour cent respectivement pour le riz et le sorgho.  Si la grande récolte du maïs s’effectue généralement en juillet et août, il faut attendre  novembre à février pour les principales récoltes du sorgho et du riz. La production  provenant de la campagne du printemps permet en général aux pauvres de se nourrir pendant deux mois.  Les plantations du maïs ayant essuyé des pertes élevées dépassant les 80 pour cent dans la plaine de Baconnois et certaines régions du Nord-est  selon les agents de liaison de la CNSA, les pauvres n’en auront donc pas assez cette saison pour couvrir leurs besoins alimentaires sur un mois.  Certaines zones, cependant ont fait exception et ont une bonne production.  C’est le cas, par exemple, de l’Azile dans les Nippes, la plaine des Cayes pour les semis de février/mars, les Anglais et Cayes-Jacmel entre autres où la production du maïs est comparable à une année moyenne.  Les haricots ont subi des pertes aussi élevées dans de nombreuses zones comme le Sud-est où elles sont estimées à près de 50 pour cent.  A Mare Rouge, Bombardopolis dans le Nord-Ouest, les pertes des haricots sont presque totales.  Le vigna dans le Nord-est ainsi que l’arachide a accusé de grandes pertes.   Le Ministère de l’Agriculture et ses partenaires entreprennent actuellement une évaluation des récoltes à travers le pays en vue de se statuer sur le niveau réel de la production pour cette saison, ce qui lui permettra de mieux situer ses interventions dans son accompagnement des agriculteurs.

    Pour compenser les pertes de récolte du printemps,  les agriculteurs vont profiter des conditions normales de pluviométrie de la deuxième saison pour emblaver leurs parcelles de terre.   Déjà, les paysans des montagnes humides se mobilisent  pour la plantation des haricots dont la  récolte se fera en octobre.  Dans les aires irriguées de la Vallée de l’Artibonite, les riziculteurs s’attèlent au repiquage du riz, qui sera  récolté en octobre et novembre.   Dans d’autres  profils de modes de vie comme dans les zones sèches d’agriculture et de pêche, les agriculteurs planteront un peu plus de maïs qu’à l’ordinaire pour compenser les pertes de juin. Toutefois, les intrants nécessaires à la réussite de ces cultures sont chers, particulièrement les fertilisants chimiques, la main-d’œuvre et les semences d’haricots.

    Le Gouvernement Haïtien a apporté un appui à la production agricole en subventionnant le coût des engrais chimiques  à 50 pour cent  pour la deuxième saison agricole.  Suite à des accords signés entre le Ministère de l’Agriculture et les importateurs et en dépit de l’augmentation croissante du cours des fertilisants chimiques sur le marché mondial, le Ministère prendra toutes les mesures nécessaires pour maintenir le prix d’un sac de 50 kg à un niveau stable de 900 gourdes.  Cependant, il faut noter que les engrais chimiques sont dans la grande majorité des cas appliqués sur des cultures très rentables comme le riz, les haricots  et les maraichers produits sous irrigation ou dans des zones très pluvieuses.  

    Évolution des prix des denrées

    Les marchés sont en général bien achalandés tant en produits  importés que locaux.  L’état des routes en cette saison sèche facilite leur approvisionnement.  Les prix des produits sont plus élevés que la moyenne des cinq dernières années mais généralement stables.  Les récoltes en cours quoique faibles ont aussi contribué à cette stabilité.  Toutefois, si on compare les prix des produits locaux des années antérieures pour cette même période, la tendance est plutôt à la baisse.  Il est probable, vu le niveau de la production, que les prix affichent une tendance à la hausse dès le mois d’août, particulièrement les haricots dont une partie des faibles récoltes sera utilisée comme semences dans les montagnes humides.  Le maïs suivra la même tendance.  Le riz, principale céréale de substitution, bien que largement importé, pourrait se stabiliser.  Cependant, certains facteurs, comme la baisse de la gourde par rapport au dollar, l’augmentation du cours du maïs sur le marché mondial, sont susceptibles d’entrainer une hausse du prix de cette céréale.

    Autres facteurs d’importance

    Les transferts de fonds vers Haiti ont largement contribué à l’accès des ménages aux aliments et leur permettent de faire face aux diverses dépenses.  En comparant mai 2011 à mai 2012, on a constaté une augmentation de ces transferts de 2 pour cent (fig. 3).   Parallèlement à l’augmentation des transferts, on a remarqué une appréciation légère du dollar américain par rapport à la gourde, la monnaie nationale.  Cette situation  traduit probablement une anticipation des acteurs économiques face à la dégradation de la situation sociopolitique et à  la faiblesse de la production nationale. 


    Scénario le plus probable de la sécurité alimentaire (juillet à décembre 2012)

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit ci-dessous pour les trois zones de préoccupation, de juillet à décembre 2012, se fonde sur les hypothèses générales suivantes:

    • La disponibilité des produits alimentaires locaux sera moindre sur les différents marchés notamment ceux du Nord-est, du Nord-ouest et du Sud-est, par rapport à une année normale.  Il en résultera un enchérissement des prix des produits locaux dès le mois d’aout ou septembre, rendant ainsi ces produits moins accessibles aux ménages pauvres.
    • La pluviométrie aura tendance à être normale à l’exception de la péninsule du sud où elle sera inférieure.  La récolte sera meilleure dans la région du nord et  de l’ouest  en octobre/novembre que dans la région du sud, mais tendra à être inférieure à la moyenne compte tenu du prix élevé des intrants.
    • L’attaque des pestes augmentera les pertes induites par la sécheresse sur les récoltes des cultures du riz et de l’arachide dans le Nord-est en juillet et novembre.
    • Le gouvernement continuera à subventionner le prix des fertilisants chimiques pendant toute la période de la perspective et pourra aussi ; en collaboration avec ses partenaires, créer des activités à haute intensité de main-d’œuvre dans les zones les plus affectées.
    • Le prix des animaux sera encore plus faible en septembre et octobre à l’occasion de la réouverture des écoles, limitant le pouvoir d’achat pour les dépenses scolaires.
    • La récolte des mangues dans les montagnes humides, à Cerca-cavajal  et Thomassique sera plus faible en août et en septembre à cause de la sécheresse et des coups de vent qui ont provoqué la chute des fleurs et de jeunes fruits.
    • La demande de la main-d’œuvre agricole sera inférieure à la normale au cours de la deuxième saison pluvieuse suite à la perte des récoltes de juin et juillet.
    • Vu la cherté des intrants agricoles, de nombreux agriculteurs pauvres des montagnes humides pourront emblaver moins de terres cette saison.
    • Avec la perte des récoltes de la campagne du printemps, les agriculteurs disposent de beaucoup moins de ressources pour l’achat des intrants et le paiement de la main-d’œuvre.
    • Le prix du charbon de bois au niveau du producteur connaitra  une  baisse entre août et octobre, compte tenu d’une augmentation habituelle de l’offre liée à l’ouverture des classes,  dans les zones les plus touchées par la sécheresse.
    • Une augmentation  des cas de choléra sera observée dans de nombreuses régions du pays (Artibonite, Sud-est, Plateau Central, Nippes, Grand-Anse et Ouest) entre août et novembre.
    • Les départements du Nord, de l’Artibonite, de l’Ouest et du Sud seront exposés à d’éventuelles inondations, lesquelles sont fréquentes à cette époque de l’année.
    • Les dépenses des ménages augmenteront en septembre et en décembre suite aux activités scolaires et les festivités de fin d’année.
    • Les transferts de l’étranger sur Haïti augmenteront substantiellement en septembre et en décembre dû respectivement à la rentrée scolaire et aux fêtes de fin d’année.
    • Le Gouvernement subventionnera les couts de l’écolage dans les écoles privées largement fréquentées par les enfants des ménages pauvres.
    • Le dollar continuera à s’apprécier par rapport à la gourde suite à l’augmentation des prix des produits alimentaires sur le marché international.

    En dépit de la sécheresse qui a induit des pertes de récolte élevées, les agriculteurs ont pu, dans la grande majorité des cas, récolter des denrées qui leur ont permis de satisfaire leurs besoins alimentaires pendant le mois de juillet.  Beaucoup comme dans le Nord-est et le Nord-ouest en sont à peine sortis d’une longue période de soudure résultant de la perte des cultures d’hiver.  Ils sont pendant tout le mois de juillet en insécurité alimentaire minime. Ces zones et de nombreuses autres  dans l’ensemble du pays seront dans la précarité en aout et en septembre.  Elles n’auront pas assez de réserves alimentaires ou d’opportunités de revenu fiables pour faire face à leurs besoins.  Cependant, avec des précipitations normales à partir d’août/septembre et la réussite de la campagne agricole de l’été, la plupart des zones passeront dans l’insécurité alimentaire minime dès le mois d’octobre/novembre  Par ailleurs, certains événements sont susceptibles de modifier ces résultats de la sécurité alimentaire parmi lesquels il faut retenir une augmentation des prix des produits alimentaires importés, un ouragan majeur qui causera des dégâts considérables aux champs ou la perte des cultures dans le Nord-est provoquée par l’attaque des pestes.

    Péninsule du Nord-ouest (Mole St Nicolas, Bombardopolis, Baie de Henne, Anse Rouge)

    La production propre entre environ 25 pour cent dans l’alimentation des pauvres et l’achat couvre 70 pour cent des besoins.  Le reste est constitué de dons et de paiement en nature.  Juillet et aout puis novembre et décembre sont les mois où les produits de leurs champs entrent dans la composition de leur alimentation.  Le marché, compte tenu de son poids, a une présence quasi quotidienne comme source d’alimentation des pauvres.  Environ deux tiers du revenu des pauvres viennent généralement de la vente de main-d’œuvre.  La vente de charbon est la seconde source de revenu.  Les pauvres vendent des volailles, des caprins ou des ovins pour répondre à des besoins pressants.   Le nombre de têtes de petits ruminants possédés va rarement au-delà de deux. Définie comme une zone agropastorale sèche, elle est souvent frappée par la sécheresse qui affecte la production agricole. 

    La campagne du printemps cette année encore a beaucoup souffert de déficit hydrique par rapport à la sécheresse cyclique.  Le maïs, la principale culture de la zone, a atteint environ 25 pour cent de la production de 2011, considérée comme moyenne, d’après les estimations du responsable du Ministère de l’Agriculture.  Quant aux haricots plantés dans la région de Bombardopolis, les pertes sont quasi-totales, rapporte ce même responsable.  Cependant, la sécheresse se prolonge encore dans cette zone, après la réception de faibles chutes de pluie à la mi-juin.  Les bananeraies qui ont pu récupérer suite aux abondantes pluies d’avril et celles des deux premières décades de mai, souffrent de déficit hydrique.  Des récoltes de maïs s’effectuent au cours du mois de juillet.  Le semis des légumes dans la basse plaine des Gonaïves crée des emplois au profit des pauvres qui perçoivent 150 gourdes par jour de travail (au niveau moyen), mais la demande est plus faible cette année.  Avec la sécheresse qui a frappé les cultures du pois inconnu, du maïs et des haricots, et qui a causé de grandes pertes de récoltes, les stocks que les pauvres auront constitués seront de 50 à 60 pour cent plus faible sinon davantage que ceux constitués en une année normale. Pendant tout le mois de juillet, la plupart des ménages pauvres sont en mesure de satisfaire leurs besoins alimentaires. Pour satisfaire leurs besoins alimentaires, ils devront dès le mois aout/septembre consacrer une plus grande part qu’à l’ordinaire de leur revenu à l’achat des aliments.  

    Cependant, à cause de la sécheresse, les activités  agricoles sont très réduites, entrainant ainsi une baisse de la demande de la main-d’œuvre,  principale source de revenu des pauvres.  Pour cette saison, le revenu provenant de cette source peut être estimé à moins de 25 pour cent par rapport à 2011.  Si les pluies recommencent en aout/septembre, des semis de patate, de maïs, de haricots et des légumes auront lieu, redynamisant ainsi le secteur agricole, ce qui peut aussi créer des opportunités pour les ouvriers agricoles.  Si la sécheresse, au contraire, se poursuit,  les actifs des ménages pauvres n’auront pas beaucoup de choix. Une intensification de  la  fabrication du charbon et l’exode seront les principales stratégies qu’ils auront appliquées pour survivre.  De toute façon, qu’il pleut ou non en aout, les prix des produits alimentaires auront tendance à la hausse, à cause de la disponibilité des produits  locaux qui sera moindre.  Cette tendance peut être maintenue jusqu’au mois de novembre quand les récoltes de pois congo et de sorgho auront démarré.  Puisque le marché représentera dès cet instant la principale source de nourriture (les récoltes étant très faibles), les pauvres verront leur pouvoir d’achat s’éroder. 

    En août et en septembre, dû particulièrement aux pertes des récoltes de juillet, à la tendance haussière des prix des produits alimentaires  et aussi au manque d’opportunités d’emploi, la quantité et la qualité d’aliments consommés seront plus faibles ou minimalement adéquats.  Le besoin d’argent pour acheter la nourriture poussera les pauvres à fabriquer beaucoup plus de charbon qui pourrait avoir des effets néfastes sur les ressources sols qui deviendront plus exposés à l’érosion. Si en juillet l’insécurité alimentaire est minime suite aux récoltes en cours quoique faibles, entre août et septembre, la grande majorité des pauvres effectueront une transition vers la précarité dans la péninsule du Nord-ouest.  Avec les pluies qui commenceront en septembre, des activités agricoles seront reprises avec des opportunités d’emploi pour les pauvres ;  une amélioration de la situation alimentaire pourra alors s’amorcer en leur faveur et ils  se retrouveront en insécurité alimentaire minime.

    Sud-est (communes Cotes de Fer, Bainet, Anse a Pitres, Grand-Gosier, Belle-Anse)

    Le mois de juillet est généralement consacré à la récolte du maïs qui arrive à maturité.   La vente de la production agricole représente la principale source de revenu des mieux lotis et des moyens.  D’autres activités comme la fabrication du charbon de bois et la vente du bétail qui se pratiquent ordinairement en septembre et octobre s’initieront beaucoup plus tôt cette année chez les pauvres et très pauvres.  Des institutions humanitaires interviennent depuis quelques années dans la zone et apportent une assistance alimentaire aux femmes enceintes et allaitantes. 

    La production de la campagne agricole de printemps est nettement en-dessous de la moyenne.  La sécheresse qui a commencé depuis mai a provoqué le flétrissement du maïs planté en avril, entrainant les pertes de la  principale culture de la zone.  Les techniciens des organisations intervenant dans la zone estiment la production du maïs pour cette saison à moins de 50 pour cent de la moyenne.  La situation est pire à Belle-Anse et Cotes de Fer.  Vu la faible récolte de cette culture, principale activité économique en juillet, le mouvement migratoire qui commence généralement en août a probablement débuté depuis juillet.    Pour aggraver la situation, une onde tropicale a frappé le Sud-est le 16 juillet en causant des pertes aux bananeraies, aux avocatiers et aux autres fruits comme les citrus.  Pourtant, même si plus faibles que normale, les récoltes qui ont eu lieu en juillet ont augmenté la disponibilité et l’accès des aliments aux pauvres, étant eux aussi producteurs  de maïs.  Pendant tout le mois de juillet, la plupart des ménages pauvres sont en insécurité alimentaire minime. 

    A cause  de la faible production agricole et de  la tendance à l’augmentation des prix des produits alimentaires, les pauvres auront un déficit alimentaire en août, septembre et octobre et seront très vulnérables à la cherté des produits alimentaires pendant cette période.  Pour se nourrir, les pauvres vont essayer de produire beaucoup plus de charbon de bois ou migrer en plus grand nombre vers le milieu urbain ou en République Dominicaine en quête d’opportunités d’emploi.  Si les pluies sont adéquates, ils pourront vendre leur force de travail dans les champs de maïs en aout et septembre.  Cependant, l’augmentation des prix des produits alimentaires (résultant des déficits de production du printemps) pendant cette période contribuera  à faire baisser leur pouvoir d’achat à un moment où ils doivent consentir de grandes dépenses pour l’éducation de leurs enfants.  Le coût de la main-d’œuvre restera probablement inchangé, mais la demande sera faible.  Ces activités économiques seront poursuivies en octobre mais feront place en novembre et décembre aux récoltes du maïs, de l’arachide, du pois congo, de la patate douce et du sorgho.  A cause de la perte de la récolte du maïs de juillet et de la probable augmentation des prix, les pauvres seront dans la précarité entre août et septembre, mais leur situation s’améliorera avec les récoltes de novembre et de décembre et ils seront en insécurité alimentaire minime.

    Le Nord-est (Mont-organisé, Ferrier, Ste-Suzanne, vallière, Les Perches, Caracol, Mombin Crochu, Capottille)

    Le département du Nord-est est composé de trois profils de modes de vie dont la zone agropastorale sèche couvre plus d’un tiers en superficie.  Si cette dernière est la plus touchée par la sécheresse de mai et de juin, les deux autres n’ont pas été épargnés.  La récolte des principales cultures de cette zone s’effectue pendant la période de la perspective.  Par exemple, le maïs est récolté en juillet et en décembre, la patate douce et le manioc en aout, le pois inconnu et le sorgho en novembre et l’arachide en octobre.  La main-d’œuvre agricole compte pour environ deux tiers de la source des revenus des pauvres.   Le charbon de bois en constitue la deuxième.  La migration de la main-d’œuvre et la fabrication du charbon se pratiquent en grande partie entre janvier et mars.  L’achat est la principale source de nourriture des ménages pauvres duquel ils dépendent à près de 70 pour cent. 

    La population du département du Nord-est fait face à une situation marquée par la perte de plus de 70 pour cent de la récolte de printemps (maïs et haricot), précédée de la perte de la production de février/mars, selon le responsable de liaison de la CNSA dans la zone.  Parallèlement, les prix des produits de première nécessité se maintiennent élevés, pour la plupart, et tendent vers la hausse pour d’autres, sur les différents marchés, source de ravitaillement des ménages.  Par exemple, le gallon d’huile de cuisine est à 300 gourdes contre 267 gourdes, la moyenne des cinq dernières années, tandis que le maïs est à 70 gourdes, identique à la moyenne des cinq dernières années.  Toutefois, les récoltes de juillet ont permis une amélioration de la disponibilité et de l’accès aux aliments pendant tout le mois.  La plupart des ménages y sont en insécurité alimentaire minime.                                                           

    Les récoltes de printemps, en temps normal, s’achèvent au cours du mois de juillet.  A cette période de l’année, les réserves alimentaires sont généralement bonnes. Malheureusement, les mauvaises récoltes de printemps de 2012 n’ont pas permis de stocker. Dans de pareilles circonstances, pour survivre, la vente de  main d’œuvre devient l’une des premières stratégies. Cependant, le prix ainsi que la demande habituelle de main d’œuvre tendent à chuter, puisque les potentiels acheteurs ne disposent pas de moyens financiers pour la rémunérer, étant eux-mêmes des victimes des dernières conditions climatiques. Ceci dit, dans les mois à venir, les moyens de subsistance se résumeront pour certains à la décapitalisation (vente de bétails) et la fabrication de charbon de bois alors que d’autres se résoudront à se rendre en République Dominicaine.  Les communes les plus concernées par cette éventualité sont Mombin Crochu, Capotille, Caracol et Sainte Suzanne.

    Sur le plan agricole, la récolte d’arachide a déjà commencé à Capotille mais, comme conséquence de la sécheresse et de l’infestation des pestes, le rendement est très faible par rapport aux années précédentes. Dans la plaine de Maribahu, la récolte du riz continue aussi. Parallèlement, les préparations de terrain pour l’établissement des parcelles de riz pluvial  et d’arachide ont aussi démarré.

    Face à la probabilité d’une tendance haussière des prix des produits alimentaires résultant de la perte quasi-totale des cultures du maïs, des haricots et de l’arachide et à l’éventualité d’une faible demande de la main-d’œuvre agricole, les pauvres seront dans la précarité en aout et septembre.  Si la saison pluvieuse commence comme prévu en septembre tout en favorisant le développement et la croissance des cultures, une amélioration de la situation alimentaire des ménages pauvres demeure possible entre octobre et décembre.  Ils seront à nouveau en insécurité alimentaire minime.

    Autres Zones

    De nombreuses régions du pays comme la plaine des Baconnois dans les Nippes, la plaine du Nord, les communes de Bahon, Pignon, La Victoire et Ranquite dans le Nord, certaines communes dans le Haut Plateau font face également à des pertes élevées des cultures du printemps.  Elles seront également dans la précarité en aout et septembre par suite de la hausse des prix des produits alimentaires et une baisse dans la demande de la main-d’œuvre agricole.  D’autres régions comme la Plaine des Cayes, les Anglais, certaines communes du Haut et du bas Artibonite, de la Vallée de l’Artibonite, les communes de Plaisance, Pilate, Limbé entre autres seront pendant toute la période de la perspective en insécurité alimentaire minime vu qu’elles sont dotées, soit de système d’irrigation, soit d’un régime pluvial beaucoup mieux réparti.

    Tableau 1. Événements moins probables dont l’occurrence peut changer le scénario le plus probable au cours des six prochains mois.

    Zone

    Evénement

    Impacts sur la sécurité alimentaire

    Tout le pays

    Un ouragan frappe le pays et cause des dommages aux plantations.

    Difficulté  à approvisionner les marchés en produits alimentaires.

    Tout le pays

    Hausse des prix des produits alimentaires sur  le marché international, particulièrement celui du maïs.

    Transmission des prix sur le marché local.

    Le nord-est

    Attaque des pestes

    Pertes des cultures comme les arachides et le riz, des cultures de rente.

    Tout le pays

    Prise en charge par l’Etat du coût de l’écolage au niveau du primaire.

    Les parents pauvres pourront en conséquence améliorer le niveau de leur alimentation, vu l’influence du coût de l’éducation sur la sécurité alimentaire des ménages pauvres.

    Tout le pays

    Les différents corps de l’Etat, les partis politiques et les organisations de la société civile arrivent à un consensus qui permet l’organisation d’élections législatives et locales libres et acceptées de la grande majorité.

    Les acteurs économiques en profiteront pour investir, ce qui contribue à la création d’emplois durables.

    Figures Calendrier saisonnier et événements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et événements critiques

    Source: FEWS NET

    Figure 1. Résultats actuels de la sécurité alimentaire, Juillet 2012

    Figure 2

    Figure 1. Résultats actuels de la sécurité alimentaire, Juillet 2012

    Source: FEWS NET

    Figure 4. Fluctuations des Transferts Reçu en Haiti

    Figure 3

    Figure 4. Fluctuations des Transferts Reçu en Haiti

    Source: Banque de la République d’Haiti

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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